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Anything that can go wrong will go wrong [ft. Cathan]

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Sorcière de l'Énergie

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MessageSujet: Anything that can go wrong will go wrong [ft. Cathan] Ven 27 Oct - 11:22



❝ Anything that can go wrong will go wrong


Cathan & Lysandra
Draw another picture Of the life you could have had Follow your instincts And choose the other path You should never be afraid You're protected From trouble and pain Why, why is this a crisis In your eyes again △

L’année 2014 se terminait. Il y aurait bientôt les fêtes, les réjouissances et les regroupements de familles… Toutes ces choses qui se font lorsque l’on a une vie normale. Mais le jour où Lysandra arriva à New York, était comme tous ceux qui l’avaient précédé. Morne et froid, sans saveur pour combattre l’amertume de la solitude, sans légèreté pour la soulager du deuil qui l’écrasait. Ce poids a courbé ses épaules et creusé des cernes sous ses yeux d’opale. Dissimulée dans ce grand manteau noir, elle avançait d’un pas ferme dans les rues sales et encombrées de la ville au petit matin. Imperméable aux bonnes humeurs qui flottaient, elle garda le regard rivé sur ses pieds, hâtive d’accomplir sa mission qui lui ferait peut-être oublier, durant quelques instants, qu’elle était de nouveau seule et sans famille.

Elle avait rendez-vous avec un type qu’elle ne connaissait pas, là, dans un bar tout près. Lysandra ne prendrait pas de précautions. Elle ne ménagerait pas sa future victime ni ne ferait en sorte de n’avoir été qu’un fantôme. Étant donné la violence de ses émotions par les temps qui courraient, il n’y aurait aucun problème à le faire s’abattre rapidement ou avec un peu d’aide… Un tout petit peu. Louis n’aimait pas tuer inutilement, il fallait qu’il en garde un certain plaisir, et c’était comme tel qu’il avait éduqué Lysandra. Mais pour autant, la sorcière aurait tué n’importe qui sur son passage depuis qu’il s’était effondré dans un nuage de cendres, sur le feu terrible de l’astre diurne. Elle essuya rageusement cette énième larme qui s’échappait et courait sur sa joue, avant de pousser la porte du bar. Sans même regarder, elle se dirigea droit vers le réceptacle d’émotions qui l’intéressait - « G » comme il avait signé son message la faisant quérir. Bizarre, ce type… Elle prit place en face de lui, impatiente. Il sembla surpris de trouver un minois de poupée comme celui de Lysandra pour exécuter son contrat, mais ne lui fit pas moins confiance, au contraire.

- Voici votre homme, commence-t-il en posant une photo sur la table. Il est bien gardé, je vous l’assure.
- Qu’est-ce que je dois en faire ?
- Finissez-le, je vous en serais gré. Il me gène…
- Mmm, comme d’habitude. Si on m’appelle, c’est que le type gène. Pourquoi il est « bien gardé » comme vous dîtes ?
- Parce qu’il a des choses à se reprocher.

Lysandra leva un sourcil en sentant la culpabilité qui s’insinuait dans les nerfs de l’homme.

- Ecoutez, reprit-il rapidement. Voilà déjà 100 000 dollars. Vous en aurez 200 000 de plus une fois la mission accomplie.

La sorcière contempla les liasses de billets alignées sur la table. Ça ne lui fit ni chaud ni froid, en réalité. Elle en a connu un qui aurait frissonné jusqu’à l’orgasme en voyant une telle somme… Jusqu’à tuer un vampire. Saloperie de chasseur, tu dois pourrir quelque part à l’heure qu’il est… D’accord alors, pour l’argent, mais surtout d’accord pour tuer un type bien protégé. Ça mettrait du challenge et ça l’occuperait un peu plus de temps. Lysandra conclut l’affaire rapidement et s’en alla après avoir récolté les billets verts et un bout de papier avec une adresse griffonnée. Prochain rendez-vous demain matin, même heure, pour régler la totalité promise.

La fin de journée arriva et Lysandra n’avait pas chaumé. Elle s’était à peine habillée, une parure de mousseline et de petites choses affriolantes qui lui tombaient sur le corps, le tout mis sous un manteau pour la cacher du froid. Une fois arrivée, elle se fit passer pour une prostituée de luxe commandée par sa cible. Elle força un peu l’émotion du majordome et entra, conduite jusqu’à l’enfoiré qui l’intéressait. On la livra à lui dans un bureau richement meublé. Inutile d’être empathe pour sentir que ce type était plein aux as et pas grâce aux dents qu’il prétendait soigner. Malgré les recherches de Lysandra sur sa cible, un cinquantenaire entretenu au botox et aux implants, il n’avait rien dévoilé d’autre que la panoplie de l’excellent dentiste réputé dans son milieu. Elle l’engloba alors de son regard tandis que son esprit sonda celui qui rôdait déjà autour d’elle, malgré le fait qu’il ne se souvenait pas de l’avoir commandée.

- À vrai dire c’est la surprise d’un bon ami à vous, susurra Lysandra en ôtant finalement le manteau qu’elle laissa choir au sol.

Elle ignorait les yeux luisant qui la violaient du regard, se dirigeant vers la petite table où s’alignaient des bouteilles. L’empathe choisit quelque chose de fort et lui servit un verre, l’aguichant un peu, retenant ses émotions et aspirant son énergie au fur et à mesure qu’il la touchait. Finalement, au bout d’une heure, il était vautré par terre, saoul et épuisé. Lysandra quant à elle, était en pleine forme. Elle s’assit à côté de lui et commença à lui murmurer à l’oreille. Soudain, l’homme eut une excessive et irrépressible envie de planer. La sorcière lui redonna un peu de cette énergie dont elle s’était gavée, afin qu’il puisse s’emparer d’aiguilles largement remplies…

Le lendemain, ce cher dentiste était mort d’une overdose et la prostituée partie depuis des heures, envolée comme de la fumée. Lysandra été rentrée à son hôtel dès qu’il avait rendu son dernier souffle imbibé d’alcool. Dégoûtée d’avoir du se laisser un peu tripoter par ce type, elle prit une longue douche et se prépara pour le rendez-vous au bar… Puis quelque chose lui vint alors qu’elle se perdait une énième fois dans ses pensées mornes. Une sensation assez inqualifiable en réalité. Mais surtout une sensation qui ne venait pas d’elle et qui pourtant, était bien proche pour la grandeur de sa chambre luxueuse.

Cependant, lorsque Lysandra se décida à sortir, elle se retrouva nez à nez avec une dizaine de canons d’armes à feu, et au bout, des paires de bras et des visages cagoulés.

[…]

On l’avait drogué. Lysandra en était sûre. Elle se sentait lourde, vacillante… Il y avait quelques vagues lumières alentours qui agressèrent ses yeux papillonnants. Assez peu. Puis quelques silhouettes qui se détachèrent du flou artistique. Elle dodelina de la tête, tenta de bouger désespérément. Mais rien n’y fit pour l’instant. Son corps était tout simplement trop engourdi et hors service. Son regard parcourut l’environnement aussi loin qu’il le put, entre les paupières lourdes. La sorcière sentait qu’elle était dans une position tout à fait inconfortable. Un temps indéfini s’écoula durant lequel elle lutta pour revenir à elle. Et puis au bout d’un long moment, elle entendit et vit mieux. Elle ignorait où ils étaient, mais ça sentait le neuf dans cette vaste pièce qui n’était pas encore aménagée. Des pas résonnèrent tandis que Lysandra se redressa sur la chaise en fer à laquelle elle était attachée. Son petit visage de poupée bâillonnée releva un regard dur vers l’arrivant. Elle avait reconnu cet effluve émotionnel… Et dans son champ de vision aux contours flous, ce fut bien son enfoiré de client, le fameux « G » qui s’avança, les mains dans les poches et un sourire dissimulé sur sa gueule de salaud. Les nerfs de Lysandra se contractèrent alors qu’elle expira bruyamment entre le tissu qui lui enserrait la mâchoire. G s’accroupit devant la sorcière avant d’ouvrir la bouche.

- Messieurs, nous avons retrouvé la meurtrière de notre regretté dentiste. En tant que remplaçant de mon estimé collègue parmi notre confrérie, je vous ai promis de venger sa mort… qui nous a tous profondément affecté.

Et tandis qu’il parlait, il ne quittait pas des yeux Lysandra. Quel salaud… Quel salaud… En même temps la sorcière passait en revue tout ce qui était louche depuis le début de cette affaire. Ça pouvait mal se passer, c’était assuré… Et par conséquent ça c’était mal passé. La loi de Murphy, vous connaissez ? Parce que c’était bien la seule loi à laquelle Lysandra n’arrivait pas à échapper. Et tandis que G fanfaronnait sur le déroulement supposé des choses quant au crime qu’elle avait commis, l’empathe réfléchissait à comment se tirer de là. Il était évident qu’elle avait à faire à une sorte de gang - si elle était chanceuse - ou de mafia, et donc qu’elle les avait aux basques pour un moment. Résultat : elle était mal. Mais pourtant, aussi angoissant que cela pouvait paraître, elle ne ressentait rien de tel. Le deuil lui donnait cette attitude un peu suicidaire qu’elle avait déjà eue avant que Louis ne la trouve.

Puis une piqure dans le cou lui fit tendre les nerfs alors que la drogue s’insinuait de nouveau en elle, lourde et étouffante. Le visage de G la contempla d’un œil vicieux, tandis que l’ensemble des silhouettes s’amassèrent pour sortir de la pièce. Une fois seul avec elle, sa main parcourut la surface du visage de Lysandra sans jamais le frôler, puis elle descendit jusque sur ses cuisses.

- Ça n’a rien de personnel, chère enfant. Il me fallait un prétexte, et tu étais là au bon moment… Et puis, j’ai une sainte horreur des sorcières, murmura-t-il.

Impuissante elle sentait en lui le bouillon d’émotions perfides et grasses qui attendaient l’heure où elle sombrerait de nouveau, emportée par la drogue… L’heure où elle serait inoffensive et où elle pourrait être touchée sans risque.


©️BESIDETHECROCODILE

_________________

Someone took me by surprise I was cast among the stars Heard a million voices call Why didn't I understand Someone's hand was holding out Now Just do as I say Keep Your Lips Sealed Walk away Now Just do as I say Keep your sweat cold Don't betray
| © Vent Parisien



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MessageSujet: Re: Anything that can go wrong will go wrong [ft. Cathan] Dim 5 Nov - 19:24

04 heures.

L’ivresse la plus totale, la défonce joyeuse, comment avait-elle pu tenir aussi longtemps sans sa compagnie ?

Les décibels éclataient ses tympans et les basses faisaient trembler son corps et ses tripes, atténuant ses sens surhumains et hyper-développés. La piste de danse, plongée dans l’obscurité, n’avait comme lumières uniquement quelques spots multicolores et des effets stroboscopiques. Sa vision ne lui servait plus à rien. Elle dansait donc, se défoulait sur la piste, les yeux fermés, son corps pressé contre les autres en une espèce de miasme convulsant au rythme que crachait les enceintes. Cathan avait perdu le compte, combien de temps cela faisait-il ? Où était-elle ? Elle était tellement droguée qu’elle n’aurait pour sûr pas été capable de se rappeler de son propre prénom. Seul comptait la rechute et ses effets bénéfiques instantanés ; elle avait oublié. Impossible de quitter le défouloir, son organisme était complètement HS. Elle prenait de toute façon trop de plaisir pour réfléchir, ses neurones n’étaient plus capable de se connecter, il n’y avait plus aucune transmissions synaptiques dans son petit lobe frontal. Seul l’excitation et la satisfaction sous sa forme la plus pure restait active. Son corps et son esprit transpiraient d’une fièvre bien trop agréable, conséquence spécifique d’une drogue bien connue ici, à New-York : le sang de vampire.

12 heures.

Un bruit retentit au milieu de l’océan noir, profond et silencieux. Il semblait comme étouffé, presque inaudible, comme s’il venait de très loin... Cathan se retourna pour enfouir sa tête sous l’oreiller moelleux alors que le bruit devenait de plus en plus fort. L’obscurité finie par se transformer en une brume grisâtre se dissipant lentement, révélant aux sens de la chasseuse une sonnerie de téléphone insistante. La tête dans le cul et ses muscles endoloris la poussèrent à ignorer l’appel, elle balança donc en réponse son oreiller en direction de la sonnerie en grognant avant de se réfugier sous la couette. Evidemment, la messagerie se déclencha et la voix agréable de Jacob retenti dans la chambre luxueuse de son appartement, sa voix mielleuse semblant lui susurrer les mots au creux de l’oreille alors même qu’elle se trouvait toujours à l’abri sous ses draps.

« Mademoiselle O’Leary, j’ose espérer que vous êtes enfin réveillée de votre petit somme, ce n’est jamais que la sixième fois que j’essaie de vous joindre. Mes infants m’ont racontés une histoire délicieuse à votre sujet. Non pas que je doute de votre professionnalisme, mais je ne pense pas qu’abuser du produit du contrat en question vous aidera à mieux comprendre le problème. Quoi qu’il en soit, veuillez me rappeler dès que vous aurez pris connaissance de mes messages. ». Cathan lâcha un soupir et s’apprêtait à replonger dans les bras de Morphée, mais Jacob en avait décidé autrement. « Oh, j’allais oublier. Notre cher Alpha a également eu vent de vos trépidations nocturnes. Tous les membres du conseil en vérité. Il ne devrait plus tarder. » Un ricanement moqueur puis le bip de fin de message, accompagné du râle de Cathan.

Je suis tellement dans la merde.

Plus qu’une solution s’offrait à elle : déguerpir avant son arrivé. Elle s’extirpa avec difficulté de son lit et se traîna jusqu’à son dressing où elle sauta dans ses fringues habituels : jean, sous-pull, veste. Puis la chasseuse pris la direction de sa petite armurerie personnelle, à savoir une pièce de 40 mètres carré où ses armes de prédilection étaient stockées. Différentes épées étaient attachée au mur, accompagnées par des fusils, uzi et autres armes à distance. Ses lames de dagues et de couteaux de lancer se trouvaient sur des présentoirs avec les petites armes à feu, artefacts magiques et gadgets en tout genre. Un espace était réservé aux plantes et aux flacons : c’était l’espace alchimie, où elle concoctait nombre de potions améliorants ses sens et affaiblissant ceux de ses adversaires. Enfin, contre le mur du fond, entre quatre panneaux de verres, les plus chanceux pouvait avoir un aperçu de son ancienne vie. Son long blouson noir en cuir gravé de multiples décorations celtes reposait sur un mannequin de bois. A ses cotés trônaient une longue épée reluisante, une arbalète en argent et un insigne dans une boite de velours. Celui de l’Elit Daemonia. Cathan laissa son regard s’attarder sur la vitrine avant de partir, suffisamment équipée pour réduire à néant un nid entier de vampires.

12 heures 50.


75 étages. Situé en plein Midtown, non loin de Central Park, la tour où elle logeait comprenait 75 étages. Evidemment Cathan logeait au dernier, petite pépite de tranquillité qui lui avait coûté pratiquement toutes ses économies. Mais ça valait le coup, la vue sur la Grosse Pomme était imprenable, et elle voyait la capitale comme personne. Dans sa vie comme dans son lieu de vie, la chasseuse dominait la capitale. Son appart’ était flambant neuf, suffisamment grand pour également accueillir son cabinet, tout en argent chromé et impersonnel au possible, elle avait inconsciemment recréé l’ambiance froide du fort Volsek. Elle avait beau dire, faire une croix définitive sur l’organisation maudite était un poil plus difficile que prévu.

C’est qu’elle se sentait seule. Au volant de son SUV, déambulant dans les rues qu’elle connaissait par cœur, Cathan luttait contre les restes d’effluves du sang de vampire. Sa morosité habituelle reprenait le dessus et la chasseuse détestait ça. Elle détestait sa solitude, son rôle dans cette ville. Cathan était… fatiguée.

New-York l’avait accueillie 50 ans auparavant, et elle n’avait plus quitté la capitale depuis. De 1964 jusqu’en 2000, Cathan avait monté son entreprise, détective privée pour les humains et la communauté surnaturelle, et Dieu savait que le boulot ne manquait pas. Les monstres, bien que discrets à l’époque, s’accordaient bien quelques dérapages de temps à autres, et New-York ne faisait pas exception à la règle : grosse ville = grosses emmerdes. Mais les révélations de l’an 2000 avaient tout changé. Les membres du consulat mis en place comprenait les monstres les plus puissants de New-York, à savoir Jacob, maitre des vampires de la ville, Samuel, Alpha de la meute locale, et Morgane, représentante des sorcières. Sam’ avait le poste humain du consulat, et il allait de soi que la communauté surnaturelle tirait les ficelles de toutes les décisions politiques de la ville. Et pourtant. Le conseil avait pris la décision de veiller au grain sur son territoire, New-York, véritable vitrine politique des États-Unis, était bien plus connue par le commun des mortels que Salem, petite ville perdue du Massachusetts. Il était évident que New-York devait montrer l’exemple et prouver que la cohabitation était possible. Ainsi, le consulat et la police, renforcée suite aux révélations, marchait mains dans la main et s’arrangeaient pour maintenir la paix sur la ville.

Et Cathan dans tout ça ? Et bien, en plus d’être détective, elle était devenue tueuse à gage indépendante. Elle œuvrait pour le consulat et parfois pour la NYPD, en toute discrétion bien sûr. Ce qu’elle faisait avant le changement par hobbie, elle le faisait maintenant en toute légalité. Quand un étranger posait ses bagages en villes et provoquait trop de dégâts, on l’envoyait faire le ménage. Contre une clause de confidentialité sur ses origines et un salaire non négligeable, bien entendu. Autrement elle n’aurait jamais pu loger au CitySpire Center. Les résultats de cette organisation avaient été plus qu’efficace, la paix régnait à New-York, du moins autant que faire se peut. La tranquillité attirait les espèces en tout genre, des familles entières cherchant un endroit où s’installer, un endroit sûr, paisible, où les malfrats n’avaient pas leur place. En 14 ans, la population surnaturelle à New-York avait triplé. Elle était loin derrière Salem, naturellement, mais New-York restait tout de même la deuxième ville la plus peuplée de monstre des States.

Au final, Cathan veillait sur son territoire depuis maintenant 50 ans. Inutile de dire qu’elle avait besoin de vacances.

23 heures.

Après avoir passé l’après-midi à jouer au chat et à la souris avec Samuel, Cathan avait finalement décidé d’avancer sur son enquête. Jacob et la NYPD lui avait demandée de tracer les membres de ce qu’il semblait être une nouvelle mafia qui s’était installée à New-York. Cela faisait deux mois qu’elle était dessus. Tout avait commencé avec la disparition de vampires locaux. 5 jeunes vampires, envolés, disparus du jour au lendemain. Les indices retrouvés chez deux de ces vampires laissaient penser à des kidnappings. A peine quelques jours plus tard, du sang de vampire en grande quantité avait été retrouvé au marché noir. Non pas qu’il était inhabituel de trouver ce genre de drogue, mais le problème était précisément là : Jacob contrôlait les ventes sur New-York. Quelqu’un avait décidé de faire de la concurrence, et visiblement le pauvre fou ne savait pas sur qui il était tombé. Voir les vampires sous sa protection disparaitre et qu’on lui fasse de la concurrence sur son propre territoire avait rendu Jacob complètement malade. Le consulat avait décidé qu’il valait mieux laisser l’affaire aux mains expertes de Cathan si on voulait éviter l’incident politique : elle trouvait l’identité des kidnappeurs, leurs planques, puis la NYPD s’occuperaient du reste. Simple comme bonjour, n’est-ce pas ?

Ouais… C’était avant que Lysandra se retrouve mêlée à toute cette merde.

Elle avait passé la nuit en planque, jumelle à la main, à suivre l’homme qu’elle pensait être à la tête de l’organisation illégale. Elle avait pu obtenir une poignée d’informations précieuses de son fournisseur de sang frais chez qui elle avait décidé de passer commande afin de remonter la hiérarchie de l’organisation. Bien évidement elle n’était pas sensé consommer mais… une rechute était si vite arrivée ! Quand la chasseuse n’était pas défoncée, elle passait ses nuits à suivre les dealers, puis les vendeurs, et enfin les gros poissons. C’était un travail de titan que de remonter la chaine alimentaire, mais heureusement pour elle, ses membres ne semblaient pas très prudents. Elle avait pu suivre des gros bras et des revendeurs se rendre à deux endroits différents : une maison isolée dans le Bronx, et une villa-forteresse dans l’Upper East Side appartenant à Gabriel Stanthon, dentiste émérite très connu chez les personnes suffisamment friquées pour se racheter une dentition parfaite. Cathan ne voulait pas de sourire Colgate, mais simplement savoir pourquoi Lysandra avait débarquée sur le seuil de sa porte.

Elle avait mis un bout de temps pour remettre le prénom correspondant à ce visage familier. Cette jeune humaine était la fille adoptive d’un vampire extrêmement puissant pour qui elle avait travaillé plus d’une fois. Ils s’appréciaient presque. Qu’est-ce que son infant foutait ici ? Louis n’était pourtant pas en ville. Autrement ce dernier lui aurait rendu visite. Louis voulait-il s’accaparer des ventes d’Omega ? Non, ça n’avait aucun sens, pour lui le sang de vampire était bien trop précieux pour être gâché et souillé par la vente. C’était un vieux vampire un peu bougon, la vente d’O’ l’ennuyait. Dans ce cas, pourquoi Lysandra était-elle ici ? Les multiples petits bruits dus aux déclenchements de son appareil photo alors qu’elle mitraillait Lysandra entrain de rentrer dans la villa recouvrirent son audition. Puis s’installa le silence, celui de l’attente et de la réflexion.

10 heures, le lendemain.

Toujours assise derrière le volant de sa voiture, Cathan commençait sérieusement à avoir mal au cul. Entre les crampes et les fourmillements, elle ne rêvait que d’une chose : sortir de sa caisse et aller bouffer un plat suffisamment gras pour déclencher un diabète de type 2. Au lieu de ça, elle se retrouvait à suivre la voiture dans laquelle Lysandra avait été enlevé. Cathan avait décidé d’abandonner sa filature habituelle pour la suivre elle, bien trop curieuse pour son propre bien. Une idée qui s’était avérée pas si stupide. Elle ne comprenait honnêtement rien à ce qui se passait : Lysandra trainait avec la mafia mais Louis n’était pas présent, lui qui était si protecteur n’aurait jamais laissé son futur infant se faire enlever, même en pleine journée. Cette situation n’avait vraiment aucun sens, mais elle était sur d’une chose, si elle laissait faire du mal à Lysandra, Louis la tuerait. Enfin, non : il la tortuerait puis l’achèverait lentement et douloureusement. Il était donc vital qu’elle lui vienne en aide.

Sans surprise, la petite bande roulait en direction de leur planque dans le Bronx. Elle avait supposé que les vampires étaient retenus ici, mais elle attendait d’avoir suffisamment de preuves pour lancer la NYPD sur place. Tant pis pour la patience et la discrétion, il semblait finalement qu’elle allait devoir aller zieuter les lieux par elle-même, le tout sans mandat.

Cathan avait pris soin de rouler à quelques voitures de distances pour ne pas alerter les kidnappeurs de sa présence. Elle s’était garée quelques pâtés de maisons plus loin et avait fait le reste du chemin à pied jusqu’à la maison en question. Comment procéder ? La porte d’entrée était gardée par deux gorilles, et elle savait que d’autres membres circulaient dans la maison. Hors elle ne pouvait pas se permettre de tirer à tout va, malgré le froid hivernal qui s’installait sur New-York, quelques passants circulaient dans les rues. Rester discret. Putain, je suis naze pour cette merde.

La chasseuse vissa un silencieux sur son arme à feu de prédilection et s’élança dans le jardin arrière de la baraque. Une fois arrivée en dessous d’une fenêtre, elle attendit quelques secondes afin de savoir si sa présence avait été détectée. Le silence qui lui répondit guida son arme. Cathan tira deux fois dans la fenêtre au double vitrage et explosa le reste avec son poing. Elle se hissa et roula à l’intérieur du bâtiment pour se retrouver en plein milieu d’une pièce à vivre. Autant pour la discrétion, elle n’était pas seule. Cinq hommes jouant aux cartes – un tarot, visiblement- tournèrent brusquement leurs visages vers elle. Le temps que les cerveaux minuscules et sous alimentés de ces gros bras intègrent l’information d’une intrusion sur le lieu du deal, qu’ils se relèvent sans se rentrer dedans et dégainent leurs armes, Cathan avait déjà fait son œuvre. Un fumigène roula jusqu’à leur pieds, répandant une épaisse fumée aux propriétés puissamment somnolente, mélange toxique de plantes de lotos et de belladone.

Sans perdre plus de temps, la chasseuse dépassa les corps endormis des gardes et se dirigea vers l’étage où Lysandra était retenue captive. Retirant le morceau de tissu lui couvrant le nez, elle inspira une grosse goulée d’air et suivi l’odeur de l’unique parfum féminin présent dans la maison. Elle dépassa une porte, puis une deuxième, tourna à gauche dans un couloir… et se retrouva nez à nez avec un sbire gardant une porte, bras croisés sur sa poitrine. A sa vue, ce dernier se jeta sur elle. Trop lent, trop pataud, Cathan esquiva ses coups sans mal et lui asséna un violent coup du tranchant de la main au niveau de la nuque. Il tomba raide sur la moquette, inconscient. Un coup de pied dans la porte plus tard, la chasseuse se retrouva face à une Lysandra dénudée et à un inconnu tripoteur retenant sa bave avec difficulté.

« Recule si tu ne veux pas te prendre une bastos ». Son flingue pointé droit sur le pervers, elle fit un signe de tête à la sorcière. Bouges toi.

Visiblement le vicelard ne l’entendait pas de cette oreille et semblait plus con que son physique ne le laissait penser. «  Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez moi ? Vous n’avez aucune autorité ici ! AUCUNE ! »

Cathan avait enfreint assez de lois pour la journée, et pourtant elle ne savait pas réellement quoi faire : s’enfuir avec Lysandra, où chercher les vampires avant de partir ? La légitime défense avait ses limites, mais si des vampires étaient retenus captifs, alors aucunes poursuites lancées contre elle ne serait recevables. Alors que le gros continuait de vociférer, elle luttait intérieurement pour ne pas lui tirer dessus. Pas de meurtre, pas ici, pas comme ça. Un coup d’œil en coin à la jeune humaine lui indiqua qu’elle était prête à partir. Parfait.

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MessageSujet: Re: Anything that can go wrong will go wrong [ft. Cathan] Jeu 16 Nov - 22:06



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Elle luttait. Lysandra secouait la tête - où plutôt elle avait l’impression de le faire - à mesure que le palpitant déconnait dans sa petite poitrine battante. Et ses yeux qui s’attardaient, qui se forçaient à rester ouverts, devenaient un peu plus secs. Les paupières lui pesaient lourd, s’affaissaient malgré les efforts qu’elle fit pour résister à la drogue. Elle aurait voulu être une furie, foutre en l’air cet endroit, montrer à ce type qui était au dessus dans la chaîne alimentaire… Ah elle était bien jolie la petit sorcière, foutue n’importe comment sur sa chaise, liée et bâillonnée. Alors elle ouvrait encore les yeux dans un spasme de conscience, les laissait rivés sur l’abruti qui commençait à trop approcher sa main sur son visage. Elle était floue. Lui aussi. Pourtant il parlait toujours.

- Une sainte horreur des sorcières… Et encore plus des sorcières qui fréquentent les vampires.

Ah si elle pouvait lui sauter à la gorge ! Ce salaud, il allait payer. Lysandra le toisa avec toute la force qu’elle pouvait encore mettre dans son œil opalin. Quelles infos avait-il encore sur elle ? Depuis quand savait-il qu’elle les fréquentait ? Parce qu’il faisait forcément allusion à Louis, d’une manière plus ou moins sous-entendue. Cette ordure avait sans doute fait des recherches sur elle après avoir négocié le contrat… Ignorant les doigts impatients qui effleuraient son cou, Lysandra a fermé les yeux. Pour mieux réfléchir. Elle aurait voulu se laisser emporter par la drogue intense qui la tirait avec force aux fonds des songes… Ne pas sentir ce qui descendait, avide et obscène, sur sa poitrine pour en dessiner les contours arrondis… Elle aurait voulu partir déjà… Pas encore, il faut lutter. La paire de mains s’emparaient de ses hanches… Reprendre… G…G a cherché qui j’étais…pour savoir… à quelle sauce…il me cuisinerait… Intelligent, ce salaud…

Et puis Lysandra sombra, ne luttant plus du tout.

[…]

Il y a quelques mois

Le corps de Lysandra ondula dans les drapés de soie. Elle se tourna vers Louis qui demeurait allongé à côté d’elle, le regard bleu-vert porté au loin, songeur comme à son habitude avec toute la puissance d’un œil prédateur qui sait se contenir et adopter en même temps, une douceur infinie. Parfois il avait ce brin d’attitude particulière qui lui faisait penser à Armin dans les rares souvenirs qu’elle en gardait. La sorcière tira sur ses lèvres un sourire admiratif. Elle était en paix avec tout ça. Grâce à lui.

- À quoi songez-vous ? lui demanda-t-elle en français, en sachant bien que cet esprit voyageait sur des questions qui dépassaient son propre entendement, vieux de deux dizaines d’années seulement.

Elle aimait le faire parler pourtant. Écouter le raisonnement d’une bouche séculaire, regarder les traits de Louis lorsqu’il racontait, sentir le changement infime et presque inexistant de ses humeurs…  Elle parlait souvent dans sa langue maternelle, parce que malgré l’américanisation de l’Immortel, il restait français d’origine et elle appréciait de s’en souvenir. Il baissa la tête sur elle et caressa du bout des doigts, le crâne platine de Lysandra qui attendait patiemment. Et puis elle perçut une variation légère et subtile en lui. Elle se redressa.

- Quelque chose vous contrarie ? ajouta-t-elle immédiatement après.
- Je pense à New York. Jacob, au consulat, n’apprécie guère ce va-et-vient de toutes les faunes. Il a un mauvais pressentiment… que je partage.
- Je croyais que vous appréciiez peu Jacob ? Ne contrôle-t-il pas des ventes d’Omega ?
- Si. Mais cela ne doit pas venir interférer l’union des Immortels pour laquelle j’œuvre également. Je veux simplement savoir ce qu’il se passe. New York est agitée ces temps-ci. J’irai parler à Cathan qui est certainement sur place, elle doit être au courant des changements et je la crois digne de confiance. Ce sera rapide, personne ne saura rien de ma venue. Peut-être partirai-je bientôt… Je dois encore y réfléchir.

Lysandra acquiesça en silence, cachant sa moue en inclinant un peu son crâne. Puis elle releva la tête, entrouvrant ses lèvres pour La question. Cette question qu’elle réitérait souvent et qui agaçait un peu Louis quelque fois.

- Serai-je à point lors de votre départ ?
- Certainement pas. Tu es encore trop jeune, répondit-il en s’irritant légèrement. Et je ne te laisserai pas seule juste après ça… Hors de question que tu sois seule…

Sa voix suave mourut dans sa gorge alors qu’il amena d’un bras, Lysandra qui se blottit contre lui. Il savait ce que ça faisait. L’empathe le sentait d’ici, ce sentiment amer qui raclait encore le cœur de glace de l’Immortel. Alors elle n’insista pas.


[…]

Temps présent

Le corps dénudé, à moitié violé. La belle sorcière n’était à cet instant, qu’un bout de viande sur une chaise… Rien cependant, ne pouvant arrêter l’esprit perfide qui quittait progressivement le sommeil de la drogue. Il remontait à la surface, vers le jour, vers la réalité. Il avançait, grondant, malicieux, près à bondir en quête de vengeance, de domination. La conscience revenue juste assez, son corps aspira tout à coup sans bouger, un peu de l’énergie de G, par ses doigts au creux de sa cuisse, par la proéminence qui s’y frottait, et par la main qui tenait plus fermement son épaule fine pour s’équilibrer… Durant ce temps, Lysandra restait immobile et impassible, simplement concentrée sur ce dont elle s’emparait. Il se fatiguerait vite. Et plus elle prenait, plus il s’essoufflait sans comprendre… Bientôt il était impuissant. Ça retombait, c’était mou, il n’y avait plus rien pour violer ce corps. Et tout à coup, un vacarme lui déchira les oreilles. Le bruit strident, déformé sous les effets des traces de drogue qui circulaient encore dans ses veines chaudes, lui vrillait dans les tympans comme un écho qui s’étirait à l’infini. La sorcière gémit et sa tête bougea légèrement. Elle aurait pu ouvrir les yeux maintenant, mais mieux valait jouer celle qui n’était pas à craindre pour retourner la situation à son avantage ensuite.

Une nouvelle carcasse d’émotions peu importantes était là. Elle le sentait surtout à G qui s’énervait. Et cette voix de femme qui retentit… Lysandra la reconnut vaguement, bien que sur le moment elle n’aurait pas pu l’identifier. Elle finit par ouvrir les yeux à entendre son agresseur donner tous les noms d’oiseaux qu’on pouvait vociférer en anglais. Ses prunelles opalines restèrent fixées sur le type. Il gueulait, tentait d’imposer ce qu’il n’avait plus vraiment à cause de Lysandra. La sorcière bascula son œil sur la nouvelle venue, une silhouette noire qui se dessinait peu à peu alors qu’elle forçait son regard à faire mieux que ça. Elle revenait à elle un peu plus. Et puis, l’empathe remarqua qu’elle avait été détachée. G, ce crétin abruti, l’avait libéré pour faire ses petites choses salasses. Bien, bien…

La sorcière remit en place les derniers bouts de tissus qui la couvraient - c’est-à-dire ses sous-vêtements - et se redressa faiblement, rien à faire qu’on la voit en position délicate. Et puis l’autre qui gueulait, qui s’affalait un peu sous le manque d’énergie, appelant en balançant des injures par la même occasion. Merde, il va rameuter tout le monde cet idiot… Dans un élan de rage, Lysandra bondit et s’effondra sur lui, encore déséquilibrée, les jambes qui tanguaient et qui vacillaient. Mais elle ne s’arrêta pas pour autant, la sorcière qui grognait, attrapant les cheveux de ce porc, le tirant en arrière. Et elle le pompa, lui aspira l’énergie qu’il avait encore, lui donnant aussi cette envie irrépressible de fermer sa grande gueule. Il s’étrangla, émettant un gargouillis… Vengeance, vengeance, vengeance… Le corps était parcouru de spasmes.

Et puis elle a oublié la présence de la femme qui l’a sauvée. Lysandra se tourna vers elle. Cette femme en noir, avec son flingue dans sa main, sacrement jolie sous sa tignasse de jais. Mais elle, elle ne voulait pas de mort ici. La sorcière devait lutter pour laisser la parcelle de vie qu’il restait à G. Elle s’exécutait simplement parce que la nouvelle venue l’avait tout de même un peu sauvée. Lysandra déglutit, et puis ça retomba d’un bloc en elle. La colère, la rage, le dégoût, tout qui dégringolait comme une putain de pluie sale s’écoulant dans l’égout. Les épaules de l’empathe s’affaissèrent. Regarde-toi… Qu’est-ce que t’es sans Louis ? Rien… Putain, rien du tout… T’es que dalle. Elle regarda le tas foutu par terre, suant et à moitié inconscient, la respiration pénible. Puis son œil abattu revint sur la femme. Une chasseuse, à son attitude, à sa façon de ressentir les choses… Et aussi parce que la sorcière l’avait entendu de vive voix par le passé. Cathan… C’est ça, c’est son nom. Elle a bossé pour Louis. Il devait venir la voir… Il n’en a pas eu le temps… Putain, Louis qui n’a pas eu ce temps là…

Il fallait se tirer. Les autres arrivaient. Lysandra les sentait. Sa main empoigna son jean noir et le pull qu’elle portait initialement. Elle n’avait même pas de chaussures quand on l’avait embarqué. Elle était pieds nus comme une pauvre moins que rien, la première pouilleuse qui passait par là. Si Louis voyait ça… Pourtant elle était riche, la sorcière. Plus qu’il ne le fallait. Parce qu’elle avait hérité de la plupart des choses qui appartenaient à son mentor en plus d’être grassement payée par ses clients… Sauf celui là, peut-être. D’ailleurs si elle se souvenait bien, il y avait quelque chose pour Cathan dans les lègues. Mais Lysandra, sur le moment et sous le coup du deuil, était incapable de se rappeler quoi.

Elles déguerpirent sans tarder, se planquèrent dans une pièce alentours alors que les pas cognaient déjà dans l’escalier, se bousculant, se hâtant. Lysandra encore un peu étourdie, avait suivi Cathan sans poser de questions. Une fois posées pour quelques secondes, elle en profita pour remettre ses malheureux vêtements. Elle se sentait sale, insignifiante, si ce n’est rien. Alors la sorcière ravala tout ça, releva la tête pour faire face et encaisser. Continuer à vivre, à se battre, à faire comme si de rien n’était… Tout passe avec le temps. Parce que c’était sa seule consolation. Il fallait du temps. Au bout d’un moment ça passera et Lysandra se reconstruira. Bien que là, elle ne voyait aucune issue, aucun point positif à la suite des choses, elle s’entêtait à penser comme ça.

La pièce dans laquelle elles avaient atterri était débraillée, le crépi des murs tombait et les quelques meubles miteux qui l’occupaient étaient en phase terminale. Rien de spécial… Sauf ce sang qui tachait le sol un peu plus loin, au niveau où des cartons étaient entreposés. Lysandra se demanda immédiatement ce qu’il y avait dedans et pourquoi ils étaient si bien fermés. Quelles étaient ces différentes adresses inscrites dessus ? Elle lutta contre l’irrépressible envie de satisfaire sa curiosité impulsive et décida d’abord de comprendre un peu plus de choses sur ce foutoir.

- On est où là ? chuchota Lysandra tout bas. C’est quoi ce bordel ?

Les voix retentirent de nouveau dans le couloir. Ils avaient relevé G qui grognait encore à moitié dans les vapes. Lysandra écouta leurs émotions alors qu’ils échangeaient plus ou moins aimablement, les sondant pour en déduire leurs faits et gestes. Ils étaient à bout, un peu dépassés, et un peu pas très réactifs. Un type monta les escaliers avec une délicatesse avoisinant celle d’un éléphant, les interrompant.

- Négatif au rez-de-chaussée.

Silence. Ça rumine, ça réfléchit…

- Elles sont encore là alors, déclara une voix plus amusée.
- Salope… bégaye G. Cette salope… et puis l’autre qu’a débarqué… Magnus, il faut faire quelque chose…
- L’autre ? le presse l’intéressé.
- Oui monsieur, intervint le garde. Une femme a débarqué en bas et a lancé un fumigène pour endormir mes hommes.
- Merde ! Trouvez-les, maintenant ! Faîtes toutes les pièces et encerclez cette foutue baraque ! ordonna vivement Magnus alors que l’exécutant dévalait déjà les escaliers.
- Salope… qu’il continuait de baver, ce porc. Tuez-les… tuez-les ! Magnus, Jackson… Vite…

Lysandra se serait volontiers cogné la tête contre les murs. Elles étaient piégées, alors que les cliquetis des armes à feu qui s’enclenchaient, retentissaient. Bras droits et compagnie de G étaient prêts à prendre les devants.

- Va-t-en Cathan, dit-t-elle du bout des lèvres. Quoi que tu sois venue faire ici, barre-toi rapidement. Qu’ils me trouvent. J’en n’ai rien à faire, ils me rendront service.

Et elle était là, affalée contre le mur qui la protégeait à peine de ceux qui allaient les chercher dans quelques instants. Sa tête platine et ses traits fatigués ne montraient qu’à moitié le vide qui la creusait, car son esprit perfide cherchait tout de même, calculait une issue, un moyen de retrouver le contrôle de la situation. Lysandra dans son mécanisme de survie involontaire, fut interrompue par autre chose… Là… C’était loin, peut-être en bas… Oui en bas. Il y avait quelque chose. Ou quelqu’un. Elle se redressa, le regard fixant un point invisible, se concentrant sur une dimension qui n’était entendue et comprise que par elle seule. Soit la personne ressentait très fortement les choses pour que cela atteigne Lysandra jusqu’ici… Soit ils étaient plusieurs aux émotions identiques, comme ces salauds qui approchaient à pas de loups, et qui se croyaient discrets pour l’ouïe de la chasseuse ou l’empathie de la sorcière.

- Il y a de la peur ici… murmura-t-elle très bas alors que ses yeux paraissaient aveugles. Je le sens, il y a quelque chose qui flotte… Pas le genre qui émane d’un garde ou d’un mafieux comme ces types.

Mais putain, dans quel foutoir on s’est mise ?

©️BESIDETHECROCODILE

_________________

Someone took me by surprise I was cast among the stars Heard a million voices call Why didn't I understand Someone's hand was holding out Now Just do as I say Keep Your Lips Sealed Walk away Now Just do as I say Keep your sweat cold Don't betray
| © Vent Parisien



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Anything that can go wrong will go wrong [ft. Cathan]

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