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Ghosts and shadows [ft. Christian]

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Vampire

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MessageSujet: Ghosts and shadows [ft. Christian] Mer 13 Sep - 12:53



❝ Ghosts and shadows ❞


Chiyoko & Christian
Absent gods and silent tyranny We're going under Hypnotized by another puppeteer And tell me why the men in cloaks Always have to bring me down Running from the ghosts and shadows The world just disavows △


La porte du bar claque derrière la silhouette fantomatique d’une crinière rouge sang, qui s’éclipse dans la rue à la hâte. Les Louboutin cognent sur le pavé et enchaînent les pas à une vitesse inhumaine. Derrière, quelques mètres tout au plus, une paire de godillots grossiers et crasseux suivent malgré tout le rythme et ne semblent pas lâcher prise. Il respire fort, il est concentré et il a la haine au ventre. La chevelure s’éloigne un peu plus et prend de la distance, se cognant aux épaules des anonymes passants, laissant derrière elle un effluve d’un parfum coûteux. Il fixe la silhouette frêle dissimulée dans son grand manteau et presse le pas en aspirant même toute l’odeur qu’il peut, pour la suivre à la trace comme un chien s’il doit en arriver là. Il pousse deux personnes, ignore les insultes qu’on lui crache et continue, les yeux luisants, rivés sur sa prochaine victime. Sa masse se fraye un chemin dans la rue bondée d’une fin de journée à Salem. Mais il ne va pas la lâcher. Il ne peut pas se le permettre.

Elle tourne. Il suit dès qu’il atteint le carrefour, longeant le mur blanc d’un bâtiment. La silhouette demeure droite et inflexible devant lui, toujours aussi rapide, toujours aussi aérienne. Il n’avait pas de doutes quant à sa nature, et il n’a plus de doutes quant à ses actes. Il a vu la boucherie imposée sous ses lames japonaises il y a quelques temps, les corps démembrés baignant avec les chairs à part, dans le sang qui tapissait sol et murs. Et elle s’en est tirée sans problème. Il ne serait pas étonné qu’elle ait une certaine habitude de la chose. Alors il va mettre fin à l’existence de cette Immortelle. Mais lorsqu’elle disparait de nouveau à un coin, il inspire une bouffée et expire la rage, la transpire de tous ses pores, tandis qu’il se focalise un peu plus. Il a discrètement posé sa main sur une de ses armes et s’est équipé en conséquence. Il presse encore le pas et arrive dans un endroit moins fréquenté. Ici, il peut courir et la rattraper plus loin.


Chiyoko a passé plusieurs intersections au hasard depuis un moment. Elle a réfléchi rapidement à un itinéraire à prendre mais sans trop être prévisible. Pourtant si elle semble confiante, il n’en est rien dans sa tête. Oh non certes, ce n’est pas ce petit chasseur énervé qui la perturbe. C’est l’Autre qui arrive. Comme les grosses semelles de cet homme, elle arrive à grands pas. Des pas qui lui cognent dans le crâne et des paroles insensées. Pas de logique, juste de l’instinct. Un instinct dévorant et dévastateur qui gratte aux parois de son âme comme une bête affamée. Affamée de crimes et de sang, de vices en abondance et de se nourrir de la douleur des autres. Chiyoko la refoule et marche encore, un pas après l’autre, la tête un peu plus basse, le manteau bien fermé sur le tantō aiguisé qu’elle sert contre elle.

Elle va s’occuper de ce chasseur. Peut-être que l’Autre le fera. Inutile de lutter contre les deux en même temps. Cependant, la seconde personnalité n’a pas les gestes précis et maîtrisés des arts martiaux. Et il faudra brûler le corps, sinon le cacher pour qu’il pourrisse gentiment à l’abri des regards. Elle tourne légèrement la tête d’un demi-millimètre. Les pas du chasseur résonnent dans les oreilles de Chiyoko. Deux rues plus loin encore, elle tient. Puis s’arrête. Net.

Elle se retourne, fais face à l’étendue d’une allée déserte. Il faut quatorze secondes aux godillots pour retrouver sa trace. Et finalement il se présente devant elle, dix mètres plus loin. Du sssaaannng… La voix de l’Autre emplit son esprit tout à coup, comme un mauvais démon. Chiyoko tient encore un peu. L’homme s’avance, non sans poser des yeux avides sur la bague de jour qui orne l’index de l’Immortelle. Ce serait tellement facile pour lui de lui ôter… D’un geste sec, elle ouvre les pans de son manteau et dévoile le tantō qu’elle présente devant elle, aussi droite qu’un piquet. Hin, hin, hin… Le monstre s’impatiente. Pas Chiyoko. Elle attend que le chasseur s’avance, ses yeux d’encre posés sur lui.

J’étais simplement venue prendre un thé, songe la japonaise. Elle ne s’est pas demandé ce qu’on pouvait bien lui vouloir à la fixer comme ça, dans le bar. L’homme l’avait reconnu. Mais comme tous les autres, il ignore que ce n’est pas elle qu’il a rencontré auparavant. C’est l’Autre, encore une fois. Alors elle est simplement sortie, suivie de près par l’homme. On va lui mettre les tripes à l’air, ricane le monstre, et lui découper des ailes d’ange peut-être. Tais-toi… Chiyoko dégaine et pare le premier coup, se déplaçant habilement malgré son tailleur inconfortable pour le combat. Elle se baisse et esquive puis repart, donnant un coup qui fend le t-shirt débraillé en entrouvrant une parcelle de peau. L’odeur du sang afflue immédiatement. Tout se déroule très bien.

On s’ennuie, pauvre Chiyoko, tu es terriblement ennuyante… L’Autre la bouscule. Les muscles de la japonaise ont un sursaut, ce qui lui vaut une taillade. Rien de grave. Elle se referme déjà. Mais un coup violent s’enchaîne. Le corps immortel valse contre un mur, déboussolé. Il est vide à cet instant. Tu n’as pas… intérêt… à me causer encore… des ennuis… Ce sont les dernières pensées de Chiyoko qui disparaît de nouveau dans le néant.

- C’est tout ? crache le chasseur en tournant autour de la japonaise.

La main délicate qui se pose tout à coup contre le mur se crispe et fait de ses doigts, comme des serres crochues qui entament un peu le ciment. Un râle émerge et parcourt la rue. Puis tout à coup, l’Autre relève la tête et envoie le tantō dans la figure de celui qui la défie. Ce dernier s’écarte de justesse pour ne recevoir qu’une entaille qui manque de peu son œil. Comment ose-t-il ? Le corps immortel se relève et revient à l’assaut, fou de rage, incontrôlé. L’Autre ne mesure pas ses coups, elle les distribue sans relâche, avec abondance. Elle sectionne plusieurs veines, fais couler du sang mais aussi le sien. Elle s’acharne pourtant, ignorant ses propres blessures. Et puis des voix retentissent plus loin. Humains… Dégagez, mortels ! Pourtant le répit ne s’en impose pas davantage… Et puis tout à coup, une autre odeur. Désagréable. Dérangeante. Verveeeiiine...! Le corps s’alarme. L’Autre redouble de violence mais rien n’y fait. La lame s’échoue sur l’asphalte dans un vacarme retentissant, suivi de la japonaise affaiblie. Elle grogne et résiste à la douleur des multiples déchirures que subit sa peau froide… Finalement, un coup s’abat sur sa nuque, les os craquent. Le suivant les brise. Et tout ce qu’entend l’Autre avant de s’effondrer, ce sont des cris de terreur un peu plus loin.

[…]

Chiyoko est allongée. Elle a vogué dans les abîmes profonds qui l’ont englouti il y a peut-être des heures de cela. Elle sait qu’elle revient dans le corps, même inconsciemment. L’Autre ne fait plus de bruit. Elle en a certainement fini avec… Avec quoi déjà ? L’Immortelle ne se souvient plus. Encore une fois. Une millième autre fois. Elle reste calme, cependant. Une odeur particulière finit par lui parvenir, la ramenant un peu plus à elle. Ça sent les médicaments et le produit désinfectant. Ça sent… L’hôpital. Ses nerfs se crispent et elle ouvre directement les yeux alors qu’au même moment, elle est assaillie par le souvenir de ce visage hideux, celui du chasseur qui sentait le tabac et qui la fixaient de ses yeux de rat luisants.

- Qu’est-ce que…

Sa voix sort de sa gorge, embuée et maladroite, sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle s’interrompt. Elle voudrait se redresser, fuir tout de suite, mais elle en est incapable. Qu’as-tu fais ? demande-t-elle à l’Autre. Elle n’aura pas de réponse cependant, elle le sait bien. Chiyoko est déjà accaparée par cette sensation désagréable qu’elle reconnaît. Celle de la verveine qui lui a souillé le sang. Pourtant elle est douloureuse sous sa petite blouse d’hôpital, bien plus que la fois où une bonne âme l’a ramassée dans la rue, mourante et couverte de blessures. Elle écarte aussi la question sur la manière dont elle est arrivée dans un endroit comme celui-ci, ni les conséquences que cela va peut-être engendrer. Elle ne trouvera pas une seconde âme aussi charitable que celle de la sorcière, c’est certain.

À la place elle est là, dans un endroit où elle n’aurait jamais dû être, affaiblie mais pourtant encore miraculeusement en vie. Et le premier sentiment qui lui vient, est celui de la vengeance, une autre vengeance à assouvir, aussitôt qu’elle sera démêlée de cette étrange situation.


©BESIDETHECROCODILE

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Sanguisuga

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MessageSujet: Re: Ghosts and shadows [ft. Christian] Dim 17 Sep - 21:14

GHOSTS AND SHADOWS

f e a t. C H I O Y O K O N A K A Y A M A



" ...l'ombre me suit durant quelques kilomètres... je cours, je cours... je cours... mais je suis figé, vous comprenez c'est comme si mes pieds refusaient de bouger. J'ai beau... lever les genoux, rien... j'hurle, mais j'entends aucun son... et puis je sais qu'il va me rattraper, c'est juste là derrière moi... Et puis... et puis je sens ses doigts qui se referment sur moi, comme ça... vous voyez ? Les doigts entre dans ma peau... et y'a... y'a son visage qui se penche... j'ai jamais vu un visage comme ça docteur... c'est... un monstre... et puis j'me réveille... en sueurs... et j'arrive plus à fermer l’œil. ... j'ai l'impression que c'est là quelque part... dans la maison, alors j'fais l'tour du sous-sol au grenier, avec mon flingue... et j'attends, jusqu'au matin... avec la peur au ventre...
- Et vous faites ce cauchemar récurrent depuis longtemps ?
- Oh, ça doit faire un mois... depuis mon dernier rendez-vous... vos pilules là, elles m'ont peut-être aidé à dormir, mais si j'avais su que j'ferais des rêves pareils, j'me serais contenté de passer mes nuits devant la télé, vous pouvez m'croire !... regardez... "


Le bon Docteur lisse son menton de ses doigts légèrement refermés, ses orbes intrigués suivent les mouvements de son patient qui relève la manche de son chandail. Un patient qu'il suit depuis quelques années déjà, ainsi que le reste de sa famille. Les Trent, des gens charmants... surtout le paternel, inspecteur au S.P.D, division des surnaturels.

" Vous voyez ? J'suis pas fou. C'est bien des marques que j'ai là ? Ça fait deux jours que j'me réveille et c'est comme si les pattes de cette chose m'avaient fait ça pour de vrai. C'est possible ça docteur ? J'suis en train de devenir cinglé ou quoi ? "

L'Immortel étire un sourire compatissant sur ses lèvres fermées, glissant le doigt sur la peau près des lésions pour mieux les examiner.

" Vous êtes un peu jeune pour souffrir de démence, M. Trent. Voyons voir ...Uhm... ce sont des blessures somme toute assez superficielles, mettez-y un onguent antibactérien et vous en serez vite débarrassé. Ce sont sans doute des marques que vous vous êtes faites vous-même dans un épisode de somnambulisme. C'est beaucoup plus fréquent que vous pouvez l'imaginer...
- ...si vous l'dites... " qu'il soupire en réajustant son chandail.
- Comme je vous l'ai dit, il s'agit d'un traitement expérimental. Et j'ai confiance aux résultats que vous obtiendrez à long terme... Je vous encourage donc à continuer de prendre vos comprimés matin et soir. Surveillez votre alimentation, buvez vos deux litres d'eau par jour et continuez à vous entrainer au gym... Vous êtes sur la bonne voie, M. Trent... mais... tenez...

Le Docteur Lynch fouille dans un tiroir de son bureau pour tendre une carte imprimée d'une police d'écriture fine et élégante, légèrement texturée et vernie. Le jeune homme au physique avantageux prend la carte pour y lire le nom inscrit avant de relever une paire d'yeux presque insultée vers son médecin. Meredith May, psychologue.

" Il n'y a pas que le corps qui doit être en santé, M. Trent, votre tête doit l'être également. Il n'y a rien d'honteux à faire appel à une professionnelle, je la consulte moi-même régulièrement. Je lui parle de mes expériences ici, des cas que j'ai rencontré, de toutes ces fois où j'ai été impuissant devant une situation qui échappait à mon contrôle. Elle sait comment soulager les tensions, mêmes celles que vous ne soupçonnez pas.... Parlez lui de vos démons, ça vous fera du bien. ... Combiné au traitement, vous retrouverez rapidement un sommeil paisible, j'en suis convaincu. Les cauchemars naissent dans notre tête, M. Trent... il n'en tient qu'à vous d'en trouver la source... "

La main du patient serre celle du docteur avant qu'il ne quitte le bureau.

" Oh, M. Trent... n'oubliez pas de lui dire que c'est moi qui vous envoie... "

Sourire.

[...]

L'horloge affiche 22 heures et des poussières lorsque le Docteur Lynch pose la pile de dossiers sur le bureau d'accueil des urgences derrière lequel une infirmière se tient, penchée sur quelques documents. La tête blonde sursaute, la jeune demoiselle remonte ses lunettes sur son nez d'un mouvement de l'index. Elle souffle un rire, posant une main sur sa généreuse poitrine pour calmer le souffle de sa respiration saccadée.

" Docteur Lynch ! Vous m'avez fait peur... ! vous... vous êtes encore là ? Vous enchainez les gardes ?
- L’effervescence des soirées de pleine lune, sans doute... la nuit promet d'être longue. Heureusement que vous êtes là pour me tenir compagnie. " ricane chaleureusement le docteur, provoquant un couinement de cochon exagérément amusé de la part de la secrétaire médicale qui se met à rigoler elle aussi, l'expression niaise.
- Je vais chercher de quoi manger... je vous ramène quelque chose, Nadia ?
- ... Oh, oui ! Merci Docteur Lynch, c'est tellement gentil de penser à moi... ! Vous êtes vraiment un ange ! "

Évidemment.

Les portes s'ouvrent à la volée entrainant avec elles la fébrilité des ambulanciers qui transportent un brancard sur lequel repose une femme ensanglantée, inerte, qu'ils tentent de réanimer. Le Docteur se presse, l'expression sèvre, s'accrochant au convoi pour prendre le relais des interventions entamées dans l'ambulance, écoutant l'ambulancier lui faire son rapport. L'odeur de la verveine tarie l'effluve de sang immortel, une odeur qui lui prend rapidement au nez, l’œuvre d'un chasseur ?

" Femme environ 25-30 ans, de type asiatique, attaquée à l'arme blanche, en arrêt cardiorespiratoire, plusieurs lacérations aux bras, aux jambes mais surtout au niveau de l'abdomen, contusions pu... "

...mais la voix de l'ambulancier se perd dans les méandres de ses pensées alors que le bon docteur observe avec attention le visage aux paupières closes, paisible malgré le chaos de ce corps mutilé.

Vous ne pourrez jamais réanimer ce qui est déjà mort... bande d'imbéciles... et il n'existe qu'une seule façon de l'extirper des limbes...

Le Docteur court aux côtés de cette civière qui traverse le long couloir... accompagné de ses collègues qui s'affairent autour de lui, perforent son corps pour y injecter des substances qui ne trouveront pas échos dans ce cadavre, suivant les indications du médecin qui l'a prise en charge. Ils poussent la porte d'une chambre et s'y engouffrent rapidement. À trois, ils soulèvent le corps pour le poser sur le lit et ainsi libérer la civière. Il n'y a que la mort imminente qui fait hurler les équipements, et plusieurs craignent déjà le pire la concernant... jusqu'à ce que... l'atmosphère s'alourdisse tout autour d'eux... sans que rien ne paraisse... Soudainement et tour à tour, les professionnels s'immobilisent, légèrement confus, avant de regagner leur véhicule et occupations usuelles. Comme si rien ne s'était passé. Les infirmières se mettent déjà en quête d'une nouvelle tâche à accomplir, oubliant spontanément la présence de cette femme visiblement morte, ne laissant que le bon Docteur à ses côtés. L'Immortel reste posté près du lit, à regarder les petites fourmis se disperser sagement, leur esprit manipulé précautionneusement. Tout est si calme à présent... excepté le hurlement strident de l’électrocardiogramme qu'il fait taire du bout des doigts. Et le bon Docteur barbouille le dossier de cette patiente d'informations plus ou moins biaisées qu'il dispose selon le protocole en marmonnant un air presque festif, les lèvres fermées en un sourire distrait.

Quelques minutes s'essoufflent avant que Christian ne revienne avec deux poches de sang O-. Il ferme la porte et les stores pour s'assurer d'une intimité crutiale avant d'aller suspendre les précieux sacs de vitae sur la tige de perfusion. Inutile de transpercer le bras froid, il lui enfonce le tube directement dans le gosier pour qu'elle se gave de ce plasma si précieux à sa survie. Lentement, les mains du bon Docteur retirent les vêtements épargnés par les ambulanciers de la demoiselle, utilisant ses dons télékinésiques pour soulever son échine et son fessier telle une poupée désarticulée. Ses orbes luisants courent sur la peau blanche qui se dévoile, violée par la lame d'un barbare en quête d'honneur... ou de vengeance, qui sait, ce sont deux amants souvent englués l'un à l'autre. Dénudée, elle semble si fragile et innocente. Et quelque chose semble plaire au Docteur dans cette image rouge et blanche, presque attendrissante... une image qu'il dévore du regard un peu trop longtemps. Il finit par hocher la tête, constatant que les plaies commencent à se refermer, signe que le corps immortel reprend ses droits. La blancheur séduisante disparait sous une jaquette d’hôpital aux antipodes de l'érotisme.

[...]

"Qu’est-ce que… "

Le Docteur Lynch se tire des ombres de la chambre, les traits du visage mués en une expression compatissante. Un sourire relève ses joues alors que ses doigts viennent toucher son bras à la recherche de signes vitaux qu'elle n'aura jamais.

" Plus de peur... que de mal... " susurre le médecin, plongeant ses prunelles claires au cœur des siennes.

Le choix de mots est judicieux. Il fait appel à de très lointains et violents souvenirs vestigiaux encrés là, quelque part dans les méandres de sa cervelle.
Parce que je vous ai reconnue, mademoiselle, vous et vos démons, la chair de mon vice.

" Vous avez de la chance d'être en vie. "

La chance d'être mienne.

" Que vous est-il arrivé ? "

... et ne négligez pas les détails sanglants.



© MR. CHAOTIK



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