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Ghosts and shadows [ft. Christian]

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Vampire

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MessageSujet: Ghosts and shadows [ft. Christian] Mer 13 Sep - 12:53



❝ Ghosts and shadows ❞


Chiyoko & Christian
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La porte du bar claque derrière la silhouette fantomatique d’une crinière rouge sang, qui s’éclipse dans la rue à la hâte. Les Louboutin cognent sur le pavé et enchaînent les pas à une vitesse inhumaine. Derrière, quelques mètres tout au plus, une paire de godillots grossiers et crasseux suivent malgré tout le rythme et ne semblent pas lâcher prise. Il respire fort, il est concentré et il a la haine au ventre. La chevelure s’éloigne un peu plus et prend de la distance, se cognant aux épaules des anonymes passants, laissant derrière elle un effluve d’un parfum coûteux. Il fixe la silhouette frêle dissimulée dans son grand manteau et presse le pas en aspirant même toute l’odeur qu’il peut, pour la suivre à la trace comme un chien s’il doit en arriver là. Il pousse deux personnes, ignore les insultes qu’on lui crache et continue, les yeux luisants, rivés sur sa prochaine victime. Sa masse se fraye un chemin dans la rue bondée d’une fin de journée à Salem. Mais il ne va pas la lâcher. Il ne peut pas se le permettre.

Elle tourne. Il suit dès qu’il atteint le carrefour, longeant le mur blanc d’un bâtiment. La silhouette demeure droite et inflexible devant lui, toujours aussi rapide, toujours aussi aérienne. Il n’avait pas de doutes quant à sa nature, et il n’a plus de doutes quant à ses actes. Il a vu la boucherie imposée sous ses lames japonaises il y a quelques temps, les corps démembrés baignant avec les chairs à part, dans le sang qui tapissait sol et murs. Et elle s’en est tirée sans problème. Il ne serait pas étonné qu’elle ait une certaine habitude de la chose. Alors il va mettre fin à l’existence de cette Immortelle. Mais lorsqu’elle disparait de nouveau à un coin, il inspire une bouffée et expire la rage, la transpire de tous ses pores, tandis qu’il se focalise un peu plus. Il a discrètement posé sa main sur une de ses armes et s’est équipé en conséquence. Il presse encore le pas et arrive dans un endroit moins fréquenté. Ici, il peut courir et la rattraper plus loin.


Chiyoko a passé plusieurs intersections au hasard depuis un moment. Elle a réfléchi rapidement à un itinéraire à prendre mais sans trop être prévisible. Pourtant si elle semble confiante, il n’en est rien dans sa tête. Oh non certes, ce n’est pas ce petit chasseur énervé qui la perturbe. C’est l’Autre qui arrive. Comme les grosses semelles de cet homme, elle arrive à grands pas. Des pas qui lui cognent dans le crâne et des paroles insensées. Pas de logique, juste de l’instinct. Un instinct dévorant et dévastateur qui gratte aux parois de son âme comme une bête affamée. Affamée de crimes et de sang, de vices en abondance et de se nourrir de la douleur des autres. Chiyoko la refoule et marche encore, un pas après l’autre, la tête un peu plus basse, le manteau bien fermé sur le tantō aiguisé qu’elle sert contre elle.

Elle va s’occuper de ce chasseur. Peut-être que l’Autre le fera. Inutile de lutter contre les deux en même temps. Cependant, la seconde personnalité n’a pas les gestes précis et maîtrisés des arts martiaux. Et il faudra brûler le corps, sinon le cacher pour qu’il pourrisse gentiment à l’abri des regards. Elle tourne légèrement la tête d’un demi-millimètre. Les pas du chasseur résonnent dans les oreilles de Chiyoko. Deux rues plus loin encore, elle tient. Puis s’arrête. Net.

Elle se retourne, fais face à l’étendue d’une allée déserte. Il faut quatorze secondes aux godillots pour retrouver sa trace. Et finalement il se présente devant elle, dix mètres plus loin. Du sssaaannng… La voix de l’Autre emplit son esprit tout à coup, comme un mauvais démon. Chiyoko tient encore un peu. L’homme s’avance, non sans poser des yeux avides sur la bague de jour qui orne l’index de l’Immortelle. Ce serait tellement facile pour lui de lui ôter… D’un geste sec, elle ouvre les pans de son manteau et dévoile le tantō qu’elle présente devant elle, aussi droite qu’un piquet. Hin, hin, hin… Le monstre s’impatiente. Pas Chiyoko. Elle attend que le chasseur s’avance, ses yeux d’encre posés sur lui.

J’étais simplement venue prendre un thé, songe la japonaise. Elle ne s’est pas demandé ce qu’on pouvait bien lui vouloir à la fixer comme ça, dans le bar. L’homme l’avait reconnu. Mais comme tous les autres, il ignore que ce n’est pas elle qu’il a rencontré auparavant. C’est l’Autre, encore une fois. Alors elle est simplement sortie, suivie de près par l’homme. On va lui mettre les tripes à l’air, ricane le monstre, et lui découper des ailes d’ange peut-être. Tais-toi… Chiyoko dégaine et pare le premier coup, se déplaçant habilement malgré son tailleur inconfortable pour le combat. Elle se baisse et esquive puis repart, donnant un coup qui fend le t-shirt débraillé en entrouvrant une parcelle de peau. L’odeur du sang afflue immédiatement. Tout se déroule très bien.

On s’ennuie, pauvre Chiyoko, tu es terriblement ennuyante… L’Autre la bouscule. Les muscles de la japonaise ont un sursaut, ce qui lui vaut une taillade. Rien de grave. Elle se referme déjà. Mais un coup violent s’enchaîne. Le corps immortel valse contre un mur, déboussolé. Il est vide à cet instant. Tu n’as pas… intérêt… à me causer encore… des ennuis… Ce sont les dernières pensées de Chiyoko qui disparaît de nouveau dans le néant.

- C’est tout ? crache le chasseur en tournant autour de la japonaise.

La main délicate qui se pose tout à coup contre le mur se crispe et fait de ses doigts, comme des serres crochues qui entament un peu le ciment. Un râle émerge et parcourt la rue. Puis tout à coup, l’Autre relève la tête et envoie le tantō dans la figure de celui qui la défie. Ce dernier s’écarte de justesse pour ne recevoir qu’une entaille qui manque de peu son œil. Comment ose-t-il ? Le corps immortel se relève et revient à l’assaut, fou de rage, incontrôlé. L’Autre ne mesure pas ses coups, elle les distribue sans relâche, avec abondance. Elle sectionne plusieurs veines, fais couler du sang mais aussi le sien. Elle s’acharne pourtant, ignorant ses propres blessures. Et puis des voix retentissent plus loin. Humains… Dégagez, mortels ! Pourtant le répit ne s’en impose pas davantage… Et puis tout à coup, une autre odeur. Désagréable. Dérangeante. Verveeeiiine...! Le corps s’alarme. L’Autre redouble de violence mais rien n’y fait. La lame s’échoue sur l’asphalte dans un vacarme retentissant, suivi de la japonaise affaiblie. Elle grogne et résiste à la douleur des multiples déchirures que subit sa peau froide… Finalement, un coup s’abat sur sa nuque, les os craquent. Le suivant les brise. Et tout ce qu’entend l’Autre avant de s’effondrer, ce sont des cris de terreur un peu plus loin.

[…]

Chiyoko est allongée. Elle a vogué dans les abîmes profonds qui l’ont englouti il y a peut-être des heures de cela. Elle sait qu’elle revient dans le corps, même inconsciemment. L’Autre ne fait plus de bruit. Elle en a certainement fini avec… Avec quoi déjà ? L’Immortelle ne se souvient plus. Encore une fois. Une millième autre fois. Elle reste calme, cependant. Une odeur particulière finit par lui parvenir, la ramenant un peu plus à elle. Ça sent les médicaments et le produit désinfectant. Ça sent… L’hôpital. Ses nerfs se crispent et elle ouvre directement les yeux alors qu’au même moment, elle est assaillie par le souvenir de ce visage hideux, celui du chasseur qui sentait le tabac et qui la fixaient de ses yeux de rat luisants.

- Qu’est-ce que…

Sa voix sort de sa gorge, embuée et maladroite, sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle s’interrompt. Elle voudrait se redresser, fuir tout de suite, mais elle en est incapable. Qu’as-tu fais ? demande-t-elle à l’Autre. Elle n’aura pas de réponse cependant, elle le sait bien. Chiyoko est déjà accaparée par cette sensation désagréable qu’elle reconnaît. Celle de la verveine qui lui a souillé le sang. Pourtant elle est douloureuse sous sa petite blouse d’hôpital, bien plus que la fois où une bonne âme l’a ramassée dans la rue, mourante et couverte de blessures. Elle écarte aussi la question sur la manière dont elle est arrivée dans un endroit comme celui-ci, ni les conséquences que cela va peut-être engendrer. Elle ne trouvera pas une seconde âme aussi charitable que celle de la sorcière, c’est certain.

À la place elle est là, dans un endroit où elle n’aurait jamais dû être, affaiblie mais pourtant encore miraculeusement en vie. Et le premier sentiment qui lui vient, est celui de la vengeance, une autre vengeance à assouvir, aussitôt qu’elle sera démêlée de cette étrange situation.


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Sanguisuga

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MessageSujet: Re: Ghosts and shadows [ft. Christian] Dim 17 Sep - 21:14

GHOSTS AND SHADOWS

f e a t. C H I O Y O K O N A K A Y A M A



" ...l'ombre me suit durant quelques kilomètres... je cours, je cours... je cours... mais je suis figé, vous comprenez c'est comme si mes pieds refusaient de bouger. J'ai beau... lever les genoux, rien... j'hurle, mais j'entends aucun son... et puis je sais qu'il va me rattraper, c'est juste là derrière moi... Et puis... et puis je sens ses doigts qui se referment sur moi, comme ça... vous voyez ? Les doigts entre dans ma peau... et y'a... y'a son visage qui se penche... j'ai jamais vu un visage comme ça docteur... c'est... un monstre... et puis j'me réveille... en sueurs... et j'arrive plus à fermer l’œil. ... j'ai l'impression que c'est là quelque part... dans la maison, alors j'fais l'tour du sous-sol au grenier, avec mon flingue... et j'attends, jusqu'au matin... avec la peur au ventre...
- Et vous faites ce cauchemar récurrent depuis longtemps ?
- Oh, ça doit faire un mois... depuis mon dernier rendez-vous... vos pilules là, elles m'ont peut-être aidé à dormir, mais si j'avais su que j'ferais des rêves pareils, j'me serais contenté de passer mes nuits devant la télé, vous pouvez m'croire !... regardez... "


Le bon Docteur lisse son menton de ses doigts légèrement refermés, ses orbes intrigués suivent les mouvements de son patient qui relève la manche de son chandail. Un patient qu'il suit depuis quelques années déjà, ainsi que le reste de sa famille. Les Trent, des gens charmants... surtout le paternel, inspecteur au S.P.D, division des surnaturels.

" Vous voyez ? J'suis pas fou. C'est bien des marques que j'ai là ? Ça fait deux jours que j'me réveille et c'est comme si les pattes de cette chose m'avaient fait ça pour de vrai. C'est possible ça docteur ? J'suis en train de devenir cinglé ou quoi ? "

L'Immortel étire un sourire compatissant sur ses lèvres fermées, glissant le doigt sur la peau près des lésions pour mieux les examiner.

" Vous êtes un peu jeune pour souffrir de démence, M. Trent. Voyons voir ...Uhm... ce sont des blessures somme toute assez superficielles, mettez-y un onguent antibactérien et vous en serez vite débarrassé. Ce sont sans doute des marques que vous vous êtes faites vous-même dans un épisode de somnambulisme. C'est beaucoup plus fréquent que vous pouvez l'imaginer...
- ...si vous l'dites... " qu'il soupire en réajustant son chandail.
- Comme je vous l'ai dit, il s'agit d'un traitement expérimental. Et j'ai confiance aux résultats que vous obtiendrez à long terme... Je vous encourage donc à continuer de prendre vos comprimés matin et soir. Surveillez votre alimentation, buvez vos deux litres d'eau par jour et continuez à vous entrainer au gym... Vous êtes sur la bonne voie, M. Trent... mais... tenez...

Le Docteur Lynch fouille dans un tiroir de son bureau pour tendre une carte imprimée d'une police d'écriture fine et élégante, légèrement texturée et vernie. Le jeune homme au physique avantageux prend la carte pour y lire le nom inscrit avant de relever une paire d'yeux presque insultée vers son médecin. Meredith May, psychologue.

" Il n'y a pas que le corps qui doit être en santé, M. Trent, votre tête doit l'être également. Il n'y a rien d'honteux à faire appel à une professionnelle, je la consulte moi-même régulièrement. Je lui parle de mes expériences ici, des cas que j'ai rencontré, de toutes ces fois où j'ai été impuissant devant une situation qui échappait à mon contrôle. Elle sait comment soulager les tensions, mêmes celles que vous ne soupçonnez pas.... Parlez lui de vos démons, ça vous fera du bien. ... Combiné au traitement, vous retrouverez rapidement un sommeil paisible, j'en suis convaincu. Les cauchemars naissent dans notre tête, M. Trent... il n'en tient qu'à vous d'en trouver la source... "

La main du patient serre celle du docteur avant qu'il ne quitte le bureau.

" Oh, M. Trent... n'oubliez pas de lui dire que c'est moi qui vous envoie... "

Sourire.

[...]

L'horloge affiche 22 heures et des poussières lorsque le Docteur Lynch pose la pile de dossiers sur le bureau d'accueil des urgences derrière lequel une infirmière se tient, penchée sur quelques documents. La tête blonde sursaute, la jeune demoiselle remonte ses lunettes sur son nez d'un mouvement de l'index. Elle souffle un rire, posant une main sur sa généreuse poitrine pour calmer le souffle de sa respiration saccadée.

" Docteur Lynch ! Vous m'avez fait peur... ! vous... vous êtes encore là ? Vous enchainez les gardes ?
- L’effervescence des soirées de pleine lune, sans doute... la nuit promet d'être longue. Heureusement que vous êtes là pour me tenir compagnie. " ricane chaleureusement le docteur, provoquant un couinement de cochon exagérément amusé de la part de la secrétaire médicale qui se met à rigoler elle aussi, l'expression niaise.
- Je vais chercher de quoi manger... je vous ramène quelque chose, Nadia ?
- ... Oh, oui ! Merci Docteur Lynch, c'est tellement gentil de penser à moi... ! Vous êtes vraiment un ange ! "

Évidemment.

Les portes s'ouvrent à la volée entrainant avec elles la fébrilité des ambulanciers qui transportent un brancard sur lequel repose une femme ensanglantée, inerte, qu'ils tentent de réanimer. Le Docteur se presse, l'expression sèvre, s'accrochant au convoi pour prendre le relais des interventions entamées dans l'ambulance, écoutant l'ambulancier lui faire son rapport. L'odeur de la verveine tarie l'effluve de sang immortel, une odeur qui lui prend rapidement au nez, l’œuvre d'un chasseur ?

" Femme environ 25-30 ans, de type asiatique, attaquée à l'arme blanche, en arrêt cardiorespiratoire, plusieurs lacérations aux bras, aux jambes mais surtout au niveau de l'abdomen, contusions pu... "

...mais la voix de l'ambulancier se perd dans les méandres de ses pensées alors que le bon docteur observe avec attention le visage aux paupières closes, paisible malgré le chaos de ce corps mutilé.

Vous ne pourrez jamais réanimer ce qui est déjà mort... bande d'imbéciles... et il n'existe qu'une seule façon de l'extirper des limbes...

Le Docteur court aux côtés de cette civière qui traverse le long couloir... accompagné de ses collègues qui s'affairent autour de lui, perforent son corps pour y injecter des substances qui ne trouveront pas échos dans ce cadavre, suivant les indications du médecin qui l'a prise en charge. Ils poussent la porte d'une chambre et s'y engouffrent rapidement. À trois, ils soulèvent le corps pour le poser sur le lit et ainsi libérer la civière. Il n'y a que la mort imminente qui fait hurler les équipements, et plusieurs craignent déjà le pire la concernant... jusqu'à ce que... l'atmosphère s'alourdisse tout autour d'eux... sans que rien ne paraisse... Soudainement et tour à tour, les professionnels s'immobilisent, légèrement confus, avant de regagner leur véhicule et occupations usuelles. Comme si rien ne s'était passé. Les infirmières se mettent déjà en quête d'une nouvelle tâche à accomplir, oubliant spontanément la présence de cette femme visiblement morte, ne laissant que le bon Docteur à ses côtés. L'Immortel reste posté près du lit, à regarder les petites fourmis se disperser sagement, leur esprit manipulé précautionneusement. Tout est si calme à présent... excepté le hurlement strident de l’électrocardiogramme qu'il fait taire du bout des doigts. Et le bon Docteur barbouille le dossier de cette patiente d'informations plus ou moins biaisées qu'il dispose selon le protocole en marmonnant un air presque festif, les lèvres fermées en un sourire distrait.

Quelques minutes s'essoufflent avant que Christian ne revienne avec deux poches de sang O-. Il ferme la porte et les stores pour s'assurer d'une intimité crutiale avant d'aller suspendre les précieux sacs de vitae sur la tige de perfusion. Inutile de transpercer le bras froid, il lui enfonce le tube directement dans le gosier pour qu'elle se gave de ce plasma si précieux à sa survie. Lentement, les mains du bon Docteur retirent les vêtements épargnés par les ambulanciers de la demoiselle, utilisant ses dons télékinésiques pour soulever son échine et son fessier telle une poupée désarticulée. Ses orbes luisants courent sur la peau blanche qui se dévoile, violée par la lame d'un barbare en quête d'honneur... ou de vengeance, qui sait, ce sont deux amants souvent englués l'un à l'autre. Dénudée, elle semble si fragile et innocente. Et quelque chose semble plaire au Docteur dans cette image rouge et blanche, presque attendrissante... une image qu'il dévore du regard un peu trop longtemps. Il finit par hocher la tête, constatant que les plaies commencent à se refermer, signe que le corps immortel reprend ses droits. La blancheur séduisante disparait sous une jaquette d’hôpital aux antipodes de l'érotisme.

[...]

"Qu’est-ce que… "

Le Docteur Lynch se tire des ombres de la chambre, les traits du visage mués en une expression compatissante. Un sourire relève ses joues alors que ses doigts viennent toucher son bras à la recherche de signes vitaux qu'elle n'aura jamais.

" Plus de peur... que de mal... " susurre le médecin, plongeant ses prunelles claires au cœur des siennes.

Le choix de mots est judicieux. Il fait appel à de très lointains et violents souvenirs vestigiaux encrés là, quelque part dans les méandres de sa cervelle.
Parce que je vous ai reconnue, mademoiselle, vous et vos démons, la chair de mon vice.

" Vous avez de la chance d'être en vie. "

La chance d'être mienne.

" Que vous est-il arrivé ? "

... et ne négligez pas les détails sanglants.



© MR. CHAOTIK



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You cannot hide in the darkness. Can you hear the rumble that’s calling? I can feel the thunder that’s breaking in your heart. I can see through the scars inside you. Can’t you see that you’re lost? Can’t you see that you’re lost without me? Now there is nothing between us from now our merge is eternal.


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MessageSujet: Re: Ghosts and shadows [ft. Christian] Dim 24 Sep - 22:22



❝ Ghosts and shadows ❞


Chiyoko & Christian
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Retrouver ce chasseur, faire la peau à cette créature immonde, humain avorté… Je vais le tuer, moi-même avec cette personnalité-ci… Je vais le tuer. Retrouver mon honneur… Chiyoko se le promet, se le répète au fond d’elle. Il aurait dû la tuer dès qu’il en avait l’occasion, il n’aurait pas du la laisser vivante, aussi agonisante était-elle. Qu’importe ses raisons sur le moment, elle va revenir. Cette fois c’est elle qui va le suivre à travers la foule et se venger. Elle ne peut pas perdre son honneur. Ce combat n’est pas achevé. Alors il doit l’être. La japonaise en a laissé trop sans réponse ni terme, celui-ci n’en fera pas partie. Elle a imprimé le visage de cette vermine, ce moins que rien. Elle a gardé son odeur en mémoire. Ça oui, bien en mémoire… Et elle ne fera pas de bruit quand elle sera derrière lui, contrairement à ses gros godillots crasseux qui cognaient le pavé. Chiyoko les entend encore, quand elle y pense… Elle le voit déjà mort, les entrailles bien aérées pour libérer l’âme lâche qui trempait dans ce sang impur. Il se videra sur le pavé d’une ruelle sale, entre deux poubelles grouillantes de bêtes… Hum, le seppuku serait trop digne…

Elle coupe soudainement court à ses pensées. Ses sens encore engourdis n’ont pas tout de suite réagi, si bien que Chiyoko ne prend conscience d’une autre présence qu’à la seconde où un homme surgit pour se dévoiler à ses yeux vitreux. Elle sent pourtant que le cœur de celui-ci ne bat pas ni qu’aucune odeur de vie et de chaleur n’émane de lui. Un des siens. Elle en est presque soulagée après ce chasseur ignoble. Et puis il parle. Ses mots, emprunts d’un petit quelque chose d’étrange, s’échappent de ses lèvres fines. Elle soutient un peu son regard à ce moment, tentant de déchiffrer à qui elle a affaire au travers de ces traits, à première vue largement dignes d’un Immortel aussi mature que délicieux.

Elle aurait entre autre voulu lui répondre que la peur n’est pas dans son registre mais les mots ne sortent pas à cause de sa gorge sèche. Elle fronce cependant légèrement les sourcils en détectant un léger sous-entendu dans ses paroles, qui semblent encore à présent flotter dans la pièce. Peut-être rien, une simple impression. Peut-être est-ce encore l’effet de la verveine.

Pourtant une nouvelle vague de colère déferle en Chiyoko. Elle baisse les yeux sur le contact de l’Immortel à son poignet. Tu vas t’en remettre… C’est comme la dernière fois, il faut du temps. Et de la patience. Il faut seulement reprendre ses esprits, se rassembler… Elle fait un effort intérieur, et impose le vide dans sa tête. Plus de trois cent ans d’habitude et toujours autant de difficultés à retrouver l’attitude droite qu’elle se donne souvent en objectif à atteindre, l’idéal de la stabilité qu’elle adore en rêve sans jamais pouvoir l’accomplir. Elle tend seulement vers l’objectif sans jamais l’atteindre.

La japonaise abandonne la tentative de discernement de celui qui lui fait face. La subtilité qui luit dans ses yeux clairs donne sans doute sur autre chose à comprendre qu’elle n’a pas la capacité de saisir à l’instant. En réalité, elle a soif. Bien qu’elle ait encore un léger goût du sang qui a sans doute servi à la réanimer, elle a la gorge sèche. À supposer que la colère n’y soit pas pour rien non plus.

- Vous avez de la chance d'être en vie.

Chiyoko ne peut que légèrement sourire à ses paroles. Chance et vie sont assez relatives mais oui, elle est chanceuse en quelque sorte. Deux fois de suite que ce fâcheux incident lui arrive, et deux fois de suite elle y survit malgré tout. Deux fois à cause de l’Autre. Elle bascule les yeux sur le plafond stérile. La troisième sera bel et bien ma mort si cela continue… Et ça ne va pas. Ça va même mal. De pire en pire…

- Que vous est-il arrivé ?

La question fatidique. Elle devait arriver. Les justifications, les réponses… Tout va devoir y passer peut-être. Cette idée la fatigue déjà. L’hôpital n’était vraiment pas la meilleure des solutions. Ce n’est pas tant l’Immortel mais surtout les autres qui défileront derrière. Les flics et tout ça. Avec son interlocuteur, elle sera polie et patiente car elle le reconnaît comme l’un des siens. Sans compter que ce doit être lui qui lui a sauvé la vie. Mais les humains et autres sortes de parlants qui la harcèleront de questions pour leurs enquêtes inutiles, elle les fuira et aura disparu avant qu’ils n’aient le temps de se retourner. Elle a l’habitude. Seulement elle est faible pour l’instant, étendue sur un lit d’hôpital dans une blouse tout à fait laide, assoiffée et emplie de questions.

Chiyoko couvre de nouveau l’Immortel de ses yeux d’encre. Que dire encore une fois ? Elle fait un effort, entrouvre ses lèvres et tente de formuler des syllabes.

- Un chasseur… Que j’ai du contrarier, certainement. Je ne sais pas…

Elle marque une pause, faisant un nouvel effort sans broncher sur la tempête qui se déchaîne dans son crâne. Colère, questions et trous de mémoire, le lot habituel. Elle est lasse de tout ça à force… Elle a simplement la honte du samouraï qu’elle a été, qui refait surface, là, sur sa conscience.

- Il m’a suivi un moment, il a du reconnaître ce visa… enfin mon visage. Je l’ai isolé et on a commencé à… régler nos comptes… et ensuite je ne me souviens... s’interrompt-elle en réalisant qu’une fois encore elle va livrer un récit de sa folie entière sans faire attention. J’ai été mauvaise, voilà tout, ajoute-elle surtout pour elle-même, la mâchoire serrée. J’allais pourtant le découper proprement, éradiquer  sa misérable existence mais…

Agacée contre elle-même, Chiyoko secoue un peu la tête. Mais Elle est venue et a failli nous tuer en plus de nous déshonorer.

- Je ne sais rien de plus, Docteur. Comme d’habitude, je ne m’en souviens pas… Croyez-moi, je suis la première à déplorer cette mémoire instable. Mon incompétence m’a amené ici, dans un endroit où je ne devrais pas être. Et je vous fais perdre votre temps.

Chiyoko dans cet accès de colère énergique, finit même par se redresser pour s’assoir sur le lit. Cependant la force l’abandonne rapidement. Elle n’a pourtant pas envie d’attendre ici et jette un œil circulaire à la chambre d’hôpital, à la recherche de son tantō qui pourrait avec un peu de chance, avoir été amarré au même port qu’elle. Pourtant il n’en est rien. Elle doit donc aussi avaler ça. Alors ses épaules retombent au moment où elle traine encore ses yeux sombres sur la monotonie de l’endroit. Elle est définitivement sans rien avec elle, entre quatre murs dépourvus de charme comme de luxe, et en situation délicate. Elle soupire et repose finalement ses yeux sur l’Immortel, cherchant presque encore quelque chose de positif dans sa situation. Puis Chiyoko réalise surtout à quel point son propre comportement lui a échappé. Encore… Elle ne trouve pas ça convenable, même si elle revient d’un certain moment d’inconscience, elle n’aime pas cette attitude de sa part.

- Pardonnez mon humeur, se reprend-elle. Vous n’y êtes pour rien dans cette affaire. C’est simplement que je ne supporte pas être aussi assoiffée et affaiblie, encore moins à cause d’un chasseur… Et j’en oublie mes manières. Je vous remercie sincèrement de m’avoir sauvé la vie, Docteur. Je vous en serais toujours reconnaissante.

À ses dernières paroles, Chiyoko pose la main sur son cœur pour appuyer sa pensée. Puis elle ne dit plus rien, goûtant encore à l’amertume de l’oubli qui assèche d’avantage sa gorge, essayant de digérer cette colère pour ne plus en parler. Elle voudrait se débarrasser rapidement de cette situation embarrassante, se désolant qu’un des siens l’ait trouvé en si mauvaise posture. Elle est pourtant rarement désavantagée, la petite japonaise aux cheveux écarlates… Et cela redeviendra comme tel… Bientôt…

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MessageSujet: Re: Ghosts and shadows [ft. Christian] Ven 6 Oct - 4:15

GHOSTS AND SHADOWS

f e a t.   C H I O Y O K O  N A K A Y A M A



Les doigts de l'Immortel sillonnent discrètement la peau blanche, les orbes accrochés au visage de la japonaise attentif au récit de sa mésaventure. Un sourire las rehausse subtilement ses lèvres naturellement avenantes. Sans jamais dévoiler la pointe d'une canine. Il peut ressentir la sincérité de la honte qui la dévore, de cette honneur bafoué si précieux à ses origines. Le Docteur se souvient de cette noirceur qui croupit dans le creux de son crâne, L'Autre qui vit naguère tel un fauve indomptable. Ce qui l'avait mortellement attiré à elle il y a de cela plus de trois siècles à présent. Forcé de constater qu'elle luttait toujours autant contre ses propres démons malgré les dons de l'Immortalité.  

" [...] Et je vous fais perdre votre temps."

Le sanguin fronce les sourcils, esquissant un mouvement de tête agacé lorsque la demoiselle se redresse fiévreusement pour prouver qu'elle n'est pas de celles qui courbent l'échine. Et pourtant, les bras du Docteur viennent cueillir le corps encore trop frêle qui peine à résister dans cette position assise. Une main dans le haut du dos, l'autre accrochée à son poignet.

" Patience, mademoiselle, patience... vous êtes bien trop faible pour vos ambitions... "

Il la délaisse lorsqu'elle s'oblige à résister, par orgueil sans doute. Lentement, le Docteur contourne le lit, sans la quitter du regard, l'oeil légèrement plissé alors qu'elle le remercie sincèrement, lui vouant une reconnaissance éternelle. Bien... alors dans ce cas... Christian relève le menton, au même moment la vampire peut ressentir une pointe brûlante lui transpercer la nuque, comme le ferait une aiguille sauvagement enfoncée. Pourtant, il n'y a rien. Juste la marque qui se forme sur son derme blanc sous sa longue chevelure écarlate.

" Ils arrivent... " le bon Docteur reconnaîtrait cette démarche chancelante à travers n'importe quelle foule grouillante de larves. Il retourne aux cotés de la demoiselle pour glisser délicatement sa main sur le contour de sa mâchoire. Ses prunelles noircissantes s'enfoncent dans les iris confus de celle qu'il surplombe. " Lorsqu'ils vous interrogeront, ne cherchez pas à dissimuler votre véritable nature. Vous êtes une citoyenne de Salem comme toutes les autres qui avez le droit d'être protégée. Quand ils vous demanderont de raconter votre agression, vous leur parlerez de cette piqure que vous avez ressentie dans votre nuque, de la sensation horrible qui vous a traversé le corps, de votre faiblesse occasionnée par la verveine et de comment vous vous êtes défendue... que vous décidiez de porter plainte ou non importe peu, le plus important c'est la description que vous donnerez de l'agresseur qui n'a rien d'un chasseur... cet agresseur... décrivez-le judicieusement et je vous signerai le congé qui vous retournera chez vous sans l'ombre d'un soupçon... "

L'Immortel glisse le pulpe de son pouce contre la joue froide, implantant dans la cervelle de la sanguine les souvenir d'une vision qui n'est pas la sienne, celle d'un humain banal, un homme d'une trentaine d'années aux cheveux blonds tombants sur ses épaules, négligés, barbe naissante, les yeux bruns derrière un masque qui lui couvre le haut du visage. Cet homme quelconque habillé d'un pantalon cargo et d'un pullover gris. Elle peut revoir la scène vécue plus tôt, imaginée par le Docteur, cette image d'elle qui erre dans une ruelle en sentant une présence derrière elle... trop tard pour arrêter le dard empoisonné qui vient se loger dans sa nuque. Elle geint, s'affalant contre le mur de briques alors que l'homme blond vient l'attaquer sauvagement, cet homme qu'elle ne connait ni d'Adam ni d'Ève mais qui lui est pourtant...un brin familier. Un monstre plein de haine qui semble l'avoir pris pour cible qu'importe ses desseins. Puis... tout devient noir, jusqu'à ce que les murs de la chambre d’hôpital ne renaissent autour d'elle. Le Docteur Lynch se redresse, la laissant légèrement confuse, le temps que la vision s'estompe, une vision qu'elle sait factice mais qui pourrait, pour des esprits plus faibles, prendre place du véritable souvenir. L'Immortel retourne au pied du lit, s'emparant du dossier de la demoiselle pour y jeter un dernier coup d’œil. Pourquoi vouloir faire accuser un homme innocent plutôt que le chasseur véritablement coupable ? Et pourquoi cet homme tout particulièrement ? Autant de questions interrompues par trois coups qui raisonnent à la porte de la chambre. Le Docteur relève la tête, faussement surpris, pour saluer les représentants de la S.P.D. qui font leur apparition.

" Inspecteur Craig, inspecteur Trent, comment allez-vous ? " la main du Docteur s'étire pour venir serrer fermement celle des inspecteurs qui se tendent tour à tour.
- Bien merci, Docteur Lynch. Nous voudrions nous entretenir avec votre patiente quelques minutes, si son état le permet.
- Je vous en prie.  "

Le bon Docteur s’éclipse dans le couloir, dossier en main, étirant son regard sur la demoiselle avant de refermer la porte derrière lui.


©️ MR. CHAOTIK



_________________


You cannot hide in the darkness. Can you hear the rumble that’s calling? I can feel the thunder that’s breaking in your heart. I can see through the scars inside you. Can’t you see that you’re lost? Can’t you see that you’re lost without me? Now there is nothing between us from now our merge is eternal.


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MessageSujet: Re: Ghosts and shadows [ft. Christian] Ven 13 Oct - 18:16



❝ Ghosts and shadows ❞


Chiyoko & Christian
Absent gods and silent tyranny We're going under Hypnotized by another puppeteer And tell me why the men in cloaks Always have to bring me down Running from the ghosts and shadows The world just disavows △

Le Docteur est aimable, tactile, poli, presque toutes les qualités de l’Immortel, si bien que Chiyoko a parlé sincèrement avec lui sans se douter de rien, jamais, comme elle a l’habitude avec les siens. Peut-être aurait-elle du remarquer qu’il ne semblait pas surpris mais plutôt inlassablement posé et régulier dans ses réactions trop calmes au fur et à mesure qu’elle parlait ; ou encore le fait qu’il soit très sûr de lui… Mais cela est passé sous son œil vitreux sans qu’elle ne mette le doigt sur aucun élément qui porte à se questionner.

En réalité, le doute - ou plutôt cette infime sensation de doute - s’écoule dans son esprit lorsque le Docteur se dérobe de sa vue comme une fumée indomptable. C’est le regard surtout, ses yeux qui l’écrasent d’un poids insistant, comme un oiseau de mauvais augure qui plane au dessus de sa tête écarlate. Quand l’a-t-on déjà regardé de cette manière ? Jamais, ou pas dans ses souvenirs. Et pourtant même sans le voir elle sent ses iris comme s’il la touchait sans pudeur… Chiyoko porte soudainement sa main à sa nuque, faisant mourir un soupir de surprise et de souffrance dans sa gorge, en sentant comme une piqure intense qui interrompt toute forme de pensée qui commençait à germer en elle. Son corps droit vacille de quelques millimètres sous la douleur, et ses lèvres s’entrouvrent pour se déformer sous le supplice tandis que par réflexe, elle se redresse un peu plus sur son lit.

Chiyoko reste muette sous l’intensité du mal qui la parcourt, un frisson plus glacé qu’elle, un quelque chose de vicieux qui viole l’entièreté son réseaux nerveux. Ses lèvres ne prononcent rien, elles frémissent à peine, même lorsque le Docteur revient face à elle. La japonaise est confuse, ne comprend pas ce qu’il se passe. Elle veut pourtant agir, et ne peut pas accepter de laisser faire… Ses doigts fins quittent rapidement sa nuque pour saisir le poignet de cette main froide et habile qui parcourt déjà le bas de son visage, regardant l’Immortel d’un air interdit et plus dur. Enfin, il lui semble que ses yeux perçant ne sont plus si clairs que ça, à cet instant, tandis qu’elle se perd…

Et puis les paroles résonnent… Chiyoko n’entend que les mots glissés à ses oreilles, boit chaque syllabe prononcée par le Docteur… Lui, qui lui conte tant de choses si évidentes, si facilement applicables sur son esprit… Oui ses droits, bien sûr… La piqure, oui, elle la sent encore là dans sa nuque, c’est vrai que ça fait mal, terriblement mal… La verveine… Mais oui, l’agresseur… Cet agresseur là…

Les doigts de Chiyoko lâchent la pression autour du poignet du Docteur et retombent sans force ni volonté, sur ses propres genoux. Elle sent à peine le pouce qui se promène sur sa joue, se tenant un peu plus courbée, la tête légèrement vacillante sous l’hypnose abrutissante qui l’enveloppe comme un drap de soie léger. Elle le voit bien, cet homme blond, peut-être familier mais d’assez loin… La description, l’image et le souvenir, tout se forge dans son petit crâne qui a effacé le visage du Docteur se tenant à ses cotés, pour ne voir que son agresseur. Et enivrée de la sensation qui s’applique dans son esprit, Chiyoko reste abandonnée… Quoi… L’Autre a un soubresaut. Qu’essst-ce qu’il se paaassse ? Elle s’éveille, ne comprend pas cette sensation qui tombe comme une mauvaise pluie sur l’esprit indépendant de Chiyoko. Elle dévisage le gouffre profond et noir dans lequel elle se tient, tapie au fond d’une tête où une épidémie semble se répandre et ronger tout dans un brouillard encore inconnu jusque là. Elle ne bouge pas, cette Autre, et regarde comme elle n’avait encore jamais vu auparavant. Qu’essst-ce qu’on faaaiiit ? C’est quoi… çaaa… C’est quoooiii !? Et pourtant, elle ne peut pas bouger, comme si l’inconscience de Chiyoko avait tout pouvoir… Ou que cette chose qui se répand dessus et l’emprisonne, empêche par la même occasion, le monstre d’émerger. Un barrage infranchissable. Qu’essst-ce que ça nous faaaiiit… ?

Le champ de vision de Chiyoko semble tout à coup se dégager, comme si elle émergeait d’un rêve ou d’une sorte de transe. Confuse mais encore silencieuse, elle regarde sans ciller le Docteur qui est le premier à apparaître à elle. Quelque chose la gène, là dans sa tête… Ça prend de la place et l’embrouille, lui alourdit la pensée… Mais plus que tout, la japonaise sent l’Autre. Qu’a-t-elle ? Pourquoi la sent-elle de cette manière, comme si elle la voyait en même temps qu’elle voit le monde réel, mais de l’intérieur ? Une foule de questions déferle dans son esprit, noyé par l’incompréhension et ce drôle d’état dans lequel elle est plongée.

Pour toute réaction extérieure, Chiyoko ne fait que se redresser sur son lit, ne quittant pas des yeux le Docteur. L’Autre… C’est l’Autre qui l’alarme. Et non pas parce qu’elle veut ressortir, mais parce que Chiyoko a pour une fois, ressenti une sensation que ce monstre a eu alors qu’il n’était pas censé être conscient. Sans compter cet état dans lequel elle est. Elle fixe l’Immortel. Lui. Si elle ne comprend pas tout - même rien - elle sait qu’elle n’a pas pu subir ce choc et ce changement intérieur toute seule. Il y est pour quelque chose. Il a fait quelque chose. Ses yeux d’encre s’accrochent à son visage avenant, ils détaillent avec ardeur l’éclat d’un iris étrange et fouillent sans vergogne à l’intérieur, alors que le Docteur prend son dossier, l’air de rien. En pleine forme, elle lui aurait bondit dessus dans l’immédiat, lui aurait fait cracher ce qu’il cache pour lui enlever ce masque indéchiffrable qui colle à ses traits trop bien faits, trop parfaits, trop mensongers… Mais elle reste immobile alors même que les deux hommes attendus entrent dans la chambre.

Ils apportent avec eux l’odeur de l’humain, ce sang qui manque à sa gorge et qui lui ferait sortir les crocs, si elle était encore trop jeune pour se contrôler avec cette soif au ventre… Ou s’ils ne portaient pas ces agaçants colliers de verveine. Chiyoko quitte le Docteur des yeux durant une demi-seconde pour les saluer. Elle écoute, imprime les noms et les comportements qui s’offrent à elle… Docteur Lynch, inspecteur Craig, inspecteur Trent… Docteur Lynch… Elle l’a déjà emprisonné de nouveau dans son regard. Docteur Lynch… Elle entend à peine ce qu’ils disent ensuite, suivant des yeux l’Immortel qui s’éloigne et le défiant absolument quand il pose les siens sur elle, un air dans son iris d’encre qui lui dit : « Ne partez pas trop longtemps, Docteur… Nous avons à parler, vous et moi. »

Et la porte se ferme, la laissant avec les deux hommes. Ses yeux carnassiers tombent sur eux comme une hache viendrait fendre le bois. Directs, agressifs, impatients. Mais sur les lèvres de Chiyoko, se dessine un léger sourire qui adoucit son visage, et termine de lui donner ce bel air innocent qui la caractérise si bien lorsqu'on ne la connaît pas.

- Cela ne prendra pas longtemps, mademoiselle Nakayama commence l’inspecteur Trent.
- Je suis à votre disposition, répond poliment l’Immortelle en détaillant discrètement les deux humains.

Il sourit nerveusement devant la jeune femme affable et à peine habillée, puis entame les questions habituelles. Chiyoko y participe avec volonté, commençant son jeu d’actrice. Elle confirme son identité, sa race et son adresse, puis raconte mot pour mot ce souvenir qui comme une espèce de carton que l’on a collé par-dessus la vérité étouffée, fait office de récit dans la bouche de l’Immortelle. Tout à fait précise et presque émouvante lorsqu’elle en arrive au passage de l’agression, elle décrit le type blond et mal entretenu qui l’a agressée, cette chose qui l’a piquée dans la nuque et qu’elle dévoile en soulevant sa chevelure de sang d’un geste délicat… Tout y passe sur cet homme, des cheveux aux pieds, alors que ses mots sont griffonnés sur un carnet par l’inspecteur Craig. Ce n’est pas la première fois qu’elle fait ça, loin de là. Si bien que l’impatience qui la ronge de retrouver le Docteur pour en tirer des réponses, ne se voit pas à l’œil humain. Elle joue de son récit, met le grappin sur l’inspecteur Trent qui ne cesse de la dévorer du regard comme elle aimerait lui dévorer la gorge ; tandis que son collègue à les yeux rivés sur son carnet. Doucement, presque subtilement, elle l’accapare, faisant passer cet espèce de courant dans lequel les humains pensent reconnaître le chant de l’attirance. Elle joue de son corps à peine dissimulé sous la blouse qu’elle a discrètement lâchée un peu plus, adoptant la séduction visuelle avec une habitude inconsciente. Ses hanches ondulent un peu lorsqu’elle se repositionne, son épaule dénudée s’incline, ses lèvres dansent avec un soin particulier sur chacun de ses mots…

- Je ne porte pas plainte, comprenez inspecteur, que je ne veux pas causer de souci et pardonne l’excès de cet homme, car je m’en suis sortie. De plus je vous fais confiance pour faire votre travail, ajoute-t-elle avec un sourire sincère.
- Et il sera fait, mademoiselle, répondit-il agréablement surpris avant de se reprendre. J’ai une dernière question, quant à cette… arme (il sort en même temps, le tantō qui allume dans les prunelles de la japonaise, sa convoitise) Nous l’avons récupéré lors de votre transport jusqu’ici, elle vous appartient n’est-ce pas ?

Chiyoko acquiesce sans hésiter, jouant encore la carte de l’honnêteté pour ne faire que l’attendrir d’avantage et plus que tout, elle perçoit enfin le but de sa petite scène de charme qui se présente de lui-même.

- Je suis une collectionneuse. Je transportais cette pièce sur moi en effet, pour la faire rejoindre les autres dans leur vitrine de mon appartement. Le mal du pays, vous savez. L’humain s’en est servi contre moi, comme je vous l’ai dit. Si vous voulez mon permis d’arme et les justificatifs qui vont avec, ils sont chez moi, j’en ai bien peur.
- Cela peut s’arranger, ne vous en faîtes pas…

Les mots de l’inspecteur ont pris le pas sur sa pensée mais Chiyoko lui offre immédiatement un sourire pour l’encourager à se perdre un peu plus, se prêtant au jeu de l’homme qui devient grossier lorsqu’il a quelque chose de bien précis en tête. Tous plus corrompus les uns que les autres… Je sais ce que tu veux, mortel, je ne le sais que trop bien… Et finalement, après lui avoir demandé de se tenir à leur disposition (ce qu’elle accepta en y mettant toute sa volonté), ils tournent les talons. L’inspecteur Craig quitte la chambre en premier…

- Inspecteur Trent, appelle-t-elle un peu plus bas, comme pour l’inviter à revenir seul.

Et lorsqu’il mord à l’hameçon, elle se penche vers lui pour avoir toute son attention… Mais surtout pour qu’il trempe au travers de l’ouverture de la blouse un peu dénouée, son œil dans l’indécence d’un corps de porcelaine impudique. Et alors qu’elle se délecte de cet échauffement dans ses sangs, elle pose sa main délicate sur son bras, tandis que la seconde arrache d’un geste infime et professionnel, le collier de verveine qui pend à son cou palpitant. Puis ses lèvres pulpeuses lui murmurent quelques mots alléchants au creux de l’oreille pour qu’il ne fasse pas attention à ce qu’elle lui dérobe et qu’elle écarte d’eux deux, avant d’en venir au but.

- … et vous allez me rendre l’arme. Quand vous quitterez cette pièce, vous serez convaincu qu’elle est dans votre manteau au point que vous ne vérifierez pas, quoi qu’il arrive. Oh, et veuillez trouver le Docteur Lynch : dites lui bien que je l’attends… avec impatience. Maintenant allez-vous en, soyez naturel avec l’autre inspecteur, et oubliez cette partie de mes paroles à la sortie de l’hôpital.

L’inspecteur acquiesce docilement, lui glissant son tantō dans ses doigts trop heureux de le retrouver, et il s’éclipse tandis que Chiyoko le salue une dernière fois avec une infinie politesse.

[…]

Le temps d’attente qui suit, Chiyoko ne le compte pas. Elle s’est mise là sur son lit d’hôpital, droite et calme, une main sur son genoux, l’autre sur son tantō et médite depuis ; le collier de verveine sagement posé à côté d’elle. Elle a cherché à comprendre la réaction de l’Autre, à prendre le dessus et à déchirer cette fausse image, ce souvenir synthétique implanté dans son esprit confus. La japonaise a aussi réuni ses forces. C’était prendre le sang de cet humain influençable, ou bien l’arme… les deux auraient été trop gourmands de sa part et elle devait absolument réussir cette emprise discrète sur lui. Elle a choisi l’arme. Parce que ce Docteur, elle a des précautions à prendre avec lui. Qu’a-t-il fait ? Et pourquoi ? Elle le revoit encore se subtiliser de son regard et sent toujours la pointe qui lui brule la nuque…

Lorsqu’il apparaît enfin, Chiyoko ouvre ses yeux d’encre qu’elle abat directement sur l’Immortel. Mais la seconde suivante, avec toutes ses maigres forces rassemblées, elle a bondit de son lit si vite qu’elle est déjà à la porte, sa main frôle celle du Docteur pour aller la fermer avec empressement, tandis que l’autre brandit la petite lame du tantō juste sous sa gorge. La japonaise, malgré le fait de se trouver dans cette blouse ridicule et de devoir se dévisser la tête pour le regarder dans les yeux, ne s’arrête nullement dans ses idées.

- Je suis assez ancienne pour reconnaître la manipulation, et assez expérimentée pour la comprendre, Docteur Lynch, dit-elle en appuyant son nom. Sans doute, l’êtes-vous aussi, et je croyais par conséquent que nous en étions plutôt au respect mutuel, et ces choses que des Immortels s’échangent lorsqu’ils sont bien élevés. Donc veuillez m’éclairer sur un point… Qu’est-ce que vous apporte le fait de me manipuler, moi ? Vous aurai-je offensé par le passé sous cette forme, cependant mue par un esprit alors plus dévastateur ? Et pourtant je ne crois pas que vous cherchiez la vengeance car vous n’en avez pas l’odeur.

À ses paroles elle cherche une réaction, quelque chose à lire sur cet esprit impénétrable.

- Il vous serait facile de nier ou de mentir, bien évidemment, ajoute Chiyoko avec une air songeur avant de revenir sur le sujet principal. Or croyez-bien que ce ne sera pas comme ça avec moi. Vous êtes certainement roi ici, mais tentez encore quoi que soit sur mon esprit et vous aurez à faire à ça, (à ses mots, elle frôle de son arme la peau de l’Immortel avec une précision telle qu’il n’en ressent qu’un chatouillement) ne doutez pas du fait que je sais m’en servir et que je n’hésiterai pas, même dans cette posture qui pourrait porter à croire que je suis désavantagée.

Si elle ne le quitte toujours pas des yeux, son expression change cependant pour former sur ses lèvres, un léger sourire espiègle qui va s’ajouter à ses derniers mots.

- Sans compter que vous seriez lâche de fuir la réponse… ou ne serait-ce que de la détourner.

Chiyoko n’hésite pas à provoquer calmement ; car sur aucun de ses mots elle n’a haussé le ton ni les a teinté de rage. Puis elle fait un pas en arrière pour prendre une distance plus sécurisante, faisant retomber son bras qui tient l’arme, le long de son corps. Elle ne craint pas ce qui peut se passer ensuite, animée par une colère qui gronde encore doucement, indomptable et martiale, malgré la faiblesse qui demeure. Qu’il répooonnnde… Elle est là, elle aussi, comme un murmure qui pourtant, balaye son crâne d’un vacarme assourdissant. L’Autre qui attend le bon moment pour surgir… L’Autre qui sait peut-être ce qu’il s’est passé…

- Parlez, Docteur, je risque de ne pas être courtoise longtemps, ajoute Chiyoko avec un regard teinté de dureté, sentant que l’Autre cogne aux portes de son corps encore faible.

©️BESIDETHECROCODILE

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Yeah, you don't know my mind You don't know my kind Dark necessities are part of my design Tell the world that I'm falling from the sky Dark necessities are part of my design
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Ghosts and shadows [ft. Christian]

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