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What's up ? [ft.Elizabeth]

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Vampire

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MessageSujet: What's up ? [ft.Elizabeth] Lun 11 Sep - 21:05



❝ What’s up ?❞


Chiyoko & Elizabeth
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La plupart de la nuit de travail de Chiyoko est relativement calme et ponctuée par l’organisation. Elle a su trouver le rythme, s’intégrer presque normalement. C’était son but, il l’est encore aujourd’hui. Mais parfois, pour une âme éternelle et aussi instable que la sienne, l’ennui s’insuffle dans ses veines avant qu’elle ne s’en rende compte, et la surprend. Cela fait plusieurs jours, voire semaines qu’elle ressent cette nuance. Elle voudrait pourtant se contenter de son quotidien. Et si elle compte bien, en partant du principe que l’Autre en elle ne lui ait pas fait de coup bas, voilà deux semaines qu’elle ne s’est pas vue subtiliser le contrôle du corps. Ce qui est un exploit. Avec un tel intervalle, la japonaise a même toujours le petit espoir que l’autre ne reviendra pas. Cependant elle s’interdit de penser encore comme tel, étant donné que c’est généralement la petite provocation de plus qui lui fait perdre les pédales.

Chiyoko se force a ne plus y songer… Mais tout de même, le temps est long dans cette petite clinique privée, bien propre et luisante, pour attirer l’œil de quelques immortels qui veulent se donner bonne conscience en venant acheter du sang en poche. Car c’est bien cela qu’ils font. Se donner bonne conscience. Les siens sont au fond les mêmes prédateurs qui n’hésitent pas de temps en temps, à prendre la Vie directement au cou d’un palpitant. Et malgré ses bonnes conduites et sa volonté d’être irréprochable, Chiyoko est la première à le faire. Cette première image que l’on a en entrant dans la Banque est tout aussi trompeuse que les manières des clients. Elle et son chignon vermeil, tirée à quatre épingles derrière le comptoir de l’accueil. Elle vous sourira, vous servira quelques mots d’accueil chaleureux et passera outre votre sale humeur si vous en faites preuve. Elle prendra votre commande ou vous l’apportera et au revoir. Alors oui, Chiyoko s’ennuie.

Après s’être aveuglée d’un destin plus sage et posé, peut-être plus harmonieux avec l’Autre, elle découvre que ce n’est pas ce qui la satisfait. Bien évidemment. Mettre une immortelle qui a vécu trois cents ans de voyages et de retournements, derrière un comptoir, n’est pas une bonne idée. Cependant, à y réfléchir, Chiyoko a rarement de bonnes idées. Peut-être croit-elle sans cesse que quelque chose va s’arranger, qu’elle va surmonter sa nature et se contrôler totalement. La japonaise s’en persuade encore.

Alors elle s’est mise derrière son comptoir, a fait son chignon que le kanzashi de bakélite tient serré, et a enfilé un tailleur Dior crème et vermeil pour finir monter sur une paire de Louboutin. Elle a mis le sourire professionnel sur ses lèvres carmines et se redresse lorsque son ouïe détecte les pas dans la rue.

La porte s’ouvre sur un homme, un immortel, dont le pas résonne sur le pavé chic de la clinique. Un habitué… Malheureusement. Pour couronner le tout, Chiyoko ne l’aime pas beaucoup mais elle est obligée de lui souhaiter la bienvenue. Il a le sourire faux qui tire ses lèvres grossières en un rictus malsain à chaque fois qu’il la salue. Elle ignore ce détail et plonge dans son registre pour vérifier la commande, puis va dans la petite pièce à côté, prendre le paquet correspondant. Le but étant qu’il s’en aille le plus rapidement possible. Des fois, il l’abrutie avec ses exploits, ses aventures et autres blabla qui ennuie terriblement Chiyoko. Seule l’arrivée d’un autre client peut la sauver. Et il semblerait que pour affubler sa nuit d’un peu plus de non joie, il ait décidé de s’acharner sur elle. Alors Chiyoko écoute, d’une oreille distraite, ce qu’il lui dit. Le tantō sous mon comptoir pourrait facilement te couper ta sale petite langue perverse. Et pourtant, elle n’est pas du genre à vouloir agresser ses semblables. C’est dire à quel point il est affligeant.

Plusieurs minutes, qui lui semblent encore plus longues que sa propre vie, s’écoulent ainsi. Le sourire imprimé sur le visage de la japonaise, commence à s’essouffler. Elle pense aussi à ce qu’elle va faire en sortant de ces quatre murs… Se divertir parmi quelques mortels. Mais pas de crime. Ni d’hypnose. Elle ne doit pas céder à la facilité. Elle y arrivera bien autrement.

- … et là il se retrouve devant moi, déguisé en travesti !
- Vraiment ?
feint Chiyoko avec un étonnement tout à fait faux, pour faire semblant de participer.

Bazar, celui qui t’a infanté devait être bien imbibé cette nuit là… La japonaise doit absolument trouver une excuse… Ce n’est plus possible. Un type du labo pourrait aussi venir à sa rescousse mais ce genre de chose n’arrive que pour ceux qui sont chanceux. Autrement dit, pas pour la réceptionniste aujourd’hui. Pourquoi suis-je ici ? Elle s’apprête à véritablement désespérer. Tu n’as pas autre chose à faire dans ta si géniale vie, que de me faire saigner les oreilles toutes les semaines ?

Et puis tout à coup, le miracle. La porte s’ouvre. Chiyoko relève tout de suite les yeux brillants d’espoir sur son sauveur… Sa sauveuse, à vrai dire. Et pas n’importe qui. Elle ne l’a pas oubliée. Elle la reconnaît directement. La belle Elizabeth, son amante de Paris. Les cheveux de cuivre, l’allure élancée et féline, l’artiste qui l’a peinte et fait d’elle sa Muse d’un temps. La japonaise ne s’attendait pas du tout à la voir ici. C’est une bonne surprise. Alors elle la salue, avec une amabilité sincère cette fois. Elle espère que l’anglaise la reconnaîtra également.

Puis l’autre immortel finit par abandonner la proie de son supplice et s’en va avec son paquet sous le bras, non sans arborer sa démarche énervante. Chiyoko est si soulagée qu’il s’en aille finalement, qu’elle le salue presque de bon cœur. Elle offre ensuite son sourire à Elizabeth avant de suivre des yeux le type qui s’éclipse derrière la porte, histoire de s’assurer qu’il ne ballade pas ses oreilles indiscrètes sur la conversation des deux immortelles. Et enfin, elle parle.

- Bonsoir Elizabeth, la salue-t-elle. C’est un sincère plaisir de te revoir.

Chiyoko se rend compte qu’elle ne sait pas comment reprendre la relation aussi proche qu’elle a entretenue avec la rousse, il y a des dizaines d’années de cela. Comme de bonnes amies, sans doute. Avec Elizabeth, elles ont souvent vécu au jour le jour à Paris. Elle verra comment cela se passera cette fois. Bien que Chiyoko se soit assagit pour la plupart du temps.

- Quel bon vent t’amène ici ? Si je peux t’être utile, ce sera avec plaisir.

A ses mots, la japonaise se remémore les soirées mondaines que la France leur a offertes, mais aussi cette rencontre au bar qui est peut-être reconstruit aujourd’hui. Elles n’avaient laissé derrière elles à l’époque, qu’un tas de cendre pour brûler la boucherie de corps déchiquetés et baignant dans l’abondance du sang qu’elles avaient fait couler. Juste pour s’amuser un peu.

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MessageSujet: Re: What's up ? [ft.Elizabeth] Mer 13 Sep - 9:59




Elizabeth & Chiyoko
What's up ?


- Tu devrais songer à la Banque du Sang … moi je n’ai pas à m’en plaindre, c’est toujours pratique, au cas où tes sources personnelles devaient à mourir. Et ça ne m’empêche pas de chasser ou de m’amuser. Ici, c’est illégal, il me semble, mais avec quelques billets tu peux tout obtenir.

Elizabeth termina sa coupe de vin, installée à la table du plus chic -et onéreux-restaurant de Boston. Un établissement tenu par un immortel aux goûts délicieux, agrémentant ses recettes par des sangs divins. Et rien que pour ça, Elizabeth ne refusait pas de payer cher. Bien qu’en ce jour, elle était l’invitée. L’Anglaise avait roulé jusqu’à Boston en début de matinée pour rejoindre une ancienne connaissance installée dans la ville. Un ami totalement charmant avec qui l’Immortelle entretenait des relations totalement platoniques, pour une fois. Mais surtout un fidèle acheteur qui, comme toujours, avait payé cher pour obtenir l’une des toiles que l’artiste venait de terminer. Une commande particulière qui avait demandé de nombreuses heures de travail. Mais Elizabeth avait, comme toujours, su peindre un chef d’œuvre qui lui apporta de nombreux dollars.

- Il y en a une à Salem, mais je n’y ai jamais mis les pieds, je l’avoue. J’ai tellement l’habitude d’avoir mes sources personnelles ...
- Essayes, au pire, tu ne recommenceras pas. Au moins avec ça tu ne tomberas jamais en panne … Bien que toi, tu sais comment faire pour te procurer ce que tu désires.

Elizabeth souriait aux mots pleins de sous-entendus de son ami. Il était vrai que la rousse savait y faire lorsqu’elle souhaitait obtenir quelque chose. Et pourtant, il y avait bien des domaines dans lesquels elle s’avérait tout sauf douée et à l’aise. Mais il n’en était pas question à ce moment précis. Elizabeth garda l’idée de la banque du sang en tête, se disant qu’après tout, elle n’avait pas grand-chose à perdre en y jetant un coup d’œil. Ce ne fut que vers vingt heures que la belle quitta Boston et son ami, se promettant de se revoir bientôt pour un autre déjeuner. Leur journée s’était achevée sur une note sanguine dans les appartements du riche Américain. Elizabeth avait même tâché son chemisier blanc, l’empêchant donc de se rendre directement à la banque du sang de Salem en rentrant. La belle s’arrêta donc chez elle pour se changer, enfilant un tailleur blanc cassé, très chic, avec des chaussures Louboutin, ses préférées. Ses lèvres furent peintes d’un rouge sombre, mettant en valeur sa peau blanche. Ses cheveux, quant à eux, restèrent sauvages et légèrement ondulés, dansant le long de son échine au fil de ses pas qui la conduisirent à nouveau vers sa voiture de sport.

La belle arriva dans le centre-ville de Salem et se gara sur le parking privé de cette petite clinique aux allures stériles et presque chic. À croire qu’il fallait du luxe pour attirer les immortels de la ville. Elizabeth en vint à se dire qu’il valait mieux ça qu’un endroit à l’hygiène douteuse. De ce qu’elle pouvait en apercevoir, la belle eut l’impression qu’elle s’apprêtait à pénétrer une de ces cliniques privée de chirurgie esthétique, carrelée, soigneusement décorée, avec des lumières agréables, des tableaux neutres, quelques plantes. Et elle ne fut pas étonnée en découvrant qu’effectivement, c’était presque ça. Mais ce qu’elle découvrit surtout en poussant la porte de cette clinique, ce fut le visage de cette femme là, derrière le comptoir de la réception. Cette femme qui posa son regard sur elle alors qu’elle la saluait, un sourire ravi perché sur ses lèvres. Nul doutes qu’elles s’étaient toutes les deux reconnues. Comment aurait-il pu en être autrement ? Elizabeth avait passé de beaux et agréables moments avec la Japonaise, apprenant de son art, la peignant, s’amusant toutes deux. La période parisienne de l’Anglaise avait été l’une de ses préférées, pleine de douceur et de folie ; pleine de rencontres et de plaisirs. La compagnie de Chiyoko avait été parfaite, si bien qu’il était impossible de la lier à des souvenirs désagréables. Elizabeth lui rendit donc son sourire, la saluant avec politesse en attendant que le client avant elle cesse de s’accaparer son… sa … qu’était-elle d’ailleurs maintenant ? Une amie ? Une compagne ou une ancienne compagne ? Une connaissance ? Nul doute qu’elle serait bientôt fixée, car l’homme se décida enfin à partir, jetant un regard presque hautain à Elizabeth qui se serait bien amusé à lui crever les yeux en d’autres circonstances. Mais pas cette nuit. Les pas de la belle claquèrent sur le carrelage lorsqu’elle s’avança jusqu’au comptoir où Chiyoko la salua une nouvelle fois, sa voix venant caresser l’ouïe sensible sa congénère.

- Bonsoir Chiyoko, c’est un plaisir partagé sache le. Je suis heureuse de te voir.

Et elle était sincère. Comment ne pas l’être ? Chiyoko était une créature parfaite, divine et fascinante. Elizabeth se demanda si la belle parvenait à gérer un peu mieux ses soucis d’identité ou si son Autre prenait toujours le dessus sur elle. Cela n’avait jamais dérangé l’Anglaise, qui avait su partager des moments parfaits avec chacune d’elles. Parfois doux et tendre, parfois sanglants et violents. Tout ce qu’Elizabeth aimait, cette femme avait su lui offrir. Les souvenirs se rappelèrent à elle, agréable, délicieux. En fermant les yeux, la rousse aurait presque pu entendre leurs voix, sentir les mains de la Japonaise sur sa peau, entendre leurs rires … Mais elle resta concentrée, fascinée malgré tout par la beauté peu commune de son ancienne Muse.

- Un ami m’a conseillé de venir ici, pour me fournir en sang. J’ai disons… des fournitures régulières, mais selon lui on est jamais trop prudent. Je viens donc me renseigner sur les démarches à suivre, les coûts, mais... La belle s’appuya légèrement sur le comptoir, se penchant un peu vers la belle aux cheveux rouges, … mais le simple fait de te voir ici me fait oublier les raisons de ma présence. J’ai beaucoup pensé à toi Chiyoko… Comment vas-tu ? Depuis quand es-tu en ville ?

Elizabeth aurait voulu lui poser des tonnes de questions, mais elle se contenta de celles-ci. Et elle trouva fou de constater à quel point la simple vue d’une personne pouvait réveiller des tonnes de choses, délicieuses et grisantes. De nombreuses envies vinrent chatouiller l’esprit tordu de l’Anglaise qui espérait pouvoir rattraper le temps perdu avec sa belle.


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MessageSujet: Re: What's up ? [ft.Elizabeth] Dim 24 Sep - 19:24



❝ What’s up ?❞


Chiyoko & Elizabeth
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Elizabeth semble ravie de la revoir aussi. Elles se sourient, se remémorent sans doute toutes les deux leur temps à Paris et se parlent. Chiyoko est surtout curieuse de ce qu’elle a pu vivre depuis mais aussi, elle se demande pourquoi une femme aussi rebelle et surprenante qu’Elizabeth vient à la Banque de sang. Une décision sans doute prise il y a peu et peut-être soudainement, si ses habitudes demeurent comme dans son souvenir. Combien de fois ont-elles vécues au jour le jour, décidant de ce qu’elles feraient finalement à la nuit tombée ? Car elles n’avaient que l’embarras du choix à l’époque. Il n’y avait ni lois, ni découvertes et tout ce qui s’en découle. Mais ce que la japonaise appréciait chez son ancienne amante, c’est qu’elle a toujours su la prendre telle qu’elle était, elle ou l’Autre. Il est un caractère particulier qui fait briller Elizabeth et qu’elle voit toujours en la rousse, avec ce pétillant qui anime ses yeux d’azur et la malice de son sourire. Rien n’a changé en elle, il semblerait.

Et puis la belle anglaise lui explique sa présence ici avant de s’approcher un peu. Chiyoko plonge l’encre de ses iris dans ceux de l’Immortelle qui se rapproche finalement. Toujours aussi agréablement entreprenante. Elle sourit du coin des lèvres, touchée par ses allures et ses paroles qui ne la laissent pas indifférente. Depuis Elizabeth, Chiyoko n’a eu que quelques autres relations avec des femmes, mais très peu cependant, restant difficile en choix parmi ses congénères féminines. L’anglaise est donc un de ses meilleurs souvenirs en cette matière, de même qu’en… massacres. Un point qu’elle s’efforce à présent de refouler au plus profond d’elle pour étouffer cette envie, cette pulsion insatiable de semer la souffrance qui lui plait tant à voir et à entendre… Il ne faut pas…

- C’est un ami bien sage que tu as là, répond Chiyoko avec un sourire un peu rieur, songeant bien sûr que se fournir ici est une couverture pour la plupart d’entre eux. Cependant… ajoute la japonaise en s’approchant également un peu, je t’avoue que moi aussi j’ai pensé à toi. Souvent. Comment oublier ?

Elle lui offre un nouveau sourire. Elle n’en ait pas avare avec Elizabeth, et d’ailleurs ils viennent tout seuls, se glissant sur ses lèvres si naturellement qu’elle n’y fait pas toujours attention.

- Je vais bien, je m’efforce de mener une vie correcte à Salem - cela fait presque deux ans, il me semble - et surtout de vivre en concordance avec les lois et toutes ces nouveautés… Même si ce n’est pas toujours évident à vrai dire, avec… Elle.

Ce dernier mot, elle l’a ajouté sur un ton plus bas. Bien sûr elle veut parler de l’Autre, celle qui met toujours tout sans dessus dessous, restant fidèle à ses boucheries et à sa débauche habituelle, laissant derrière elle cet insupportable et si caractéristique trou de mémoire. Plus de trois cents ans comme tel et elle n’a jamais changé.

- Pour le système de la Banque, tu peux passer tes commandes ou acheter directement si le stock est disponible. Le coût varie entre 5 et 14 dollars selon ce que tu souhaites, et je t’épargne le discours « satisfait ou remboursé ».

Elle lui explique très vite, pressée de passer à autre chose mais tout de même forcée de rester professionnelle dans son cadre de travail, en répondant aux questions des clients. Alors voilà qui est fait. Il n’y a rien de compliqué en soi puisque cela est conçu pour encourager à venir s’approvisionner ici… Si l’on en oublie le détail du plaisir que l’on tue à boire des sachets de sang sans le cou, la chaleur de la peau et le contact d’un humain… Pourtant Chiyoko ne peut pas exprimer cette idée à haute voix. C’est contre les principes de la Banque et contre son code personnel qu’elle s’efforce de suivre malgré tout.

Pour l’instant, elle est surtout curieuse. Elle revoit rarement ceux qu’elle a croisés sur son chemin, hormis quelques anciennes victimes qui rampent vers elle en quête d’une vengeance rapidement déçue. Rien de comparable donc, à cette charmante surprise. Et elle ne peut pas rester ici à bavarder avec Elizabeth comme si ce n’était qu’une cliente parmi tant d’autres. Non, il leur faut un endroit digne de ce nom, de quoi leur rappeler les bons souvenirs et surtout fuir cette atmosphère sage et professionnelle. Alors elle s’approche encore de la rousse malgré le comptoir qui les sépare, et sur lequel elle appuie ses coudes en se cambrant très légèrement.

- Mais avant tout, si tu as du temps, je serais ravie que nous parlions autour d’un verre. Je n’attends personne en particulier pour ce soir et mes collègues peuvent se charger de l’accueil si client il y a.

Et lorsqu’Elizabeth accepte, Chiyoko s’en va parler quelques secondes à l’un de ceux qui travaillent au laboratoire. Evidemment, ils acceptent que la réceptionniste parte pour une « urgence » à traiter avec une cliente qui attend à la réception. Qui seraient-ils pour refuser ce petit service à une Immortelle comme elle ? Puis la japonaise prend rapidement congé d’eux, repartant avec la belle rousse. Elle ose même dans un geste léger et pudique malgré tout, lui prendre la main pour la mener vers la sortie.

- Allons parler affaire, lui dit-elle en lui ouvrant la porte.

[…]

La café qu’elles ont choisi n’est pas aussi mal fréquenté et délabré que ce bar de Paris, qui renfermait entre autre la pire canaille humaine. Mais il reste assez discret dans son genre, Chiyoko évitant trop de se montrer lorsqu’il fait encore nuit ; car elle ne serait pas étonnée de malencontreusement croiser un chasseur ou une victime survivante à ces heures imprévisibles. Il en rôde partout, et elle en a bien trop souvent dans les pattes, à vrai dire. Et eux, ils n’accrochent pas à son petit air innocent et ses manières de jeune femme bien élevée. Ils savent quel monstre se cache au fond de sa silhouette frêle. Alors la japonaise veut un endroit tranquille pour passer ce moment avec Elizabeth.

Les deux immortelles se sont assises à une table dans l’ambiance un peu sombre et feutrée de l’endroit. Il fait presque chaud sous l’effervescence des quelques humains alcoolisés à cette heure tardive, mais elles ont connu bien pire. Lorsque leur commande arrive, Chiyoko offre alors de trinquer à ces agréables retrouvailles. Elle prend ensuite une gorgée de son bourbon et le repose sur la table pour venir effleurer de son index, le rebord rond du verre frais. En réalité, elle n’attend pas plus longtemps pour reprendre leur conversation de tout à l’heure.

- Mais toi comment vas-tu, Elizabeth ? Qu’as-tu fais après Paris et qu’a trouvé une artiste telle que toi, à Salem ?

D’après les dires de certains, on venait chercher des réponses ici, dans le berceau du surnaturel. Pour d’autres c’était simplement la corruption de l’endroit qui plaisait, dissimulée sous les bonnes allures de Salem sur lesquels on aimait s’aveugler. Chiyoko était venue pour la première raison mais elle s’est surtout retrouvée prise dans la deuxième. Alors en prenant un peu de son bourbon, elle écoute ce qu’il en est de la rousse.

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MessageSujet: Re: What's up ? [ft.Elizabeth] Sam 7 Oct - 10:34




Elizabeth & Chiyoko
What's up ?


Finalement, Elizabeth ne regretta pas de s’être rendue dans cet endroit, d’avoir écouté les conseils avisés de ce vieil ami. Non par parce que l’établissement semblait parfaitement sérieux ou parce que l’idée d’avoir du sang en poche la réjouissait, bien au contraire d’ailleurs. Mais parce que Chiyoko se tenait là, derrière ce comptoir indigne d’elle. Parce que cette vieille amie, cette vieille amante, était là, toujours aussi superbe, peut-être même plus dans cette tenue d’une époque qui avait bien changée. Elizabeth, experte en mode et en vêtements chic, apprécia la tenue de l’immortelle. Elle était loin derrière elles, l’époque des vêtements aux couleurs fluo et agressives. Aujourd’hui, Chiyoko était vêtue d’un tailleur, Dior si la rousse ne se trompait pas, aux couleurs délicieuses, qui mettaient en avant sa peau blanche et ses cheveux rouges parfaitement coiffés. Elle était belle sa Japonaise, son artiste, sa Muse des années parisiennes. L’Anglaise en oublia presque sa présence ici, troublée par la vision de la belle immortelle.

Elle souriait, ravie d’entendre qu’elle avait pu hanter quelques fois les pensées de son aînée. Après tout, elles avaient passé des moments merveilleux toutes les deux ; des nuits douces ; des nuits de folies ; des instants dont elles s’étaient toutes deux délectées. Et, Elizabeth avait pu se vanter d’avoir fait découvrir une nouvelle forme d’amour, de sensualité et de sexe à la belle Japonaise et à son Autre elle. Elle écoutait, la vie de Chiyoko, contée rapidement. Voilà deux années que la belle aux cheveux rouges vivait à Salem. Comment avaient-elles pu ne pas se croiser ? La ville n’était pas si grande et Elizabeth sortait beaucoup. Son nom résonnait d’ailleurs chez les plus grands de la ville, ne serait-ce que chez Ezekiel Von Loth. Des années perdues. Mais que la belle comptait bien rattraper, avec Elles. D’ailleurs Elizabeth ravie de savoir qu’elles étaient encore deux, que Chiyoko n’avait pas perdu cette particularité divine, mais qu’elle ne semblait toujours pas complètement assumer. Elle se contenta donc de sourire à ces derniers mots soufflés. Ce n’était pas l’endroit pour parler de ça.

- Deux années déjà ? J’ai posé mes valises ici il y a trois ans environ. C’est fou que nous ne nous soyons pas croisées avant !

Le temps était venu de parler de cette Banque de sang. Car Chiyoko devait faire son travail et qu’après tout Elizabeth était venue pour ça. Alors elle écouta attentivement. La belle griffonna alors son adresse et son numéro de téléphone sur un papier.

- Fais moi livrer le meilleur et le plus cher. Quelques poches uniquement ? Du Sorcier si possible. Ils sont mes préférés, je l’avoue. Deux litres, pas plus, histoire de tester. J’ai des habitudes différentes en temps normal … les poches de sang… Elle leva les yeux au ciel en souriant. Mais bon, si je suis là autant tester n’est-ce pas ?

Les choses furent rapidement réglées et, bien vite, Chiyoko proposa à Elizabeth de se retrouver autour d’un verre, ce qui ne pouvait que ravir l’Anglaise qui n’avait, pour une fois, rien prévu pour sa soirée.

- J’ai tout mon temps pour toi Chiyoko. Allons où tu voudras, je suis à toi pour la nuit, dit-elle à nouveau en souriant, le regard plein de promesses délicieuses.

Chiyoko s’éclipsa alors, réglant quelques affaires avec ses collègues. Elizabeth la contempla, admirant sa démarche gracieuse, ce corps divin perché sur des Louboutin. Lorsque les belles se retrouvèrent, le corps de la rousse fut parcouru d’un frisson agréable au contact de la main de son amante. La rousse n’abandonna pas sa voiture sur le parking.

(…)


L’endroit où les belles entrèrent n’avait rien d’un des endroits classieux où Elizabeth aimait se rendre, bien qu’à Salem ce genre d’endroit ne courait pas non plus les rues. Mais il n’était pas non plus immonde et pleins de vauriens pouilleux et manquant cruellement de savoir vivre. L’endroit était simple, discret et suffisant. Une légère musique résonnait, l’odeur de l’alcool et de la sueur agressèrent légèrement les sens sensibles de l’Artiste qui fronça le nez quelques instants en allant s’installer à une table un peu à l’écart des corps alcoolisés et titubant pour certains. La belle commanda un Cosmopolitan, bien qu’elle aurait préféré un verre de vin rouge. Mais elle doutait de la qualité du vin de cet établissement, se disant qu’il serait incapable de satisfaire ses papilles. Ensemble, les deux femmes trinquèrent, yeux dans les yeux.

Elizabeth avala une gorgée de son cocktail avant de reposer lentement le verre sur la table, jouant avec le pied du bout de ses doigts délicats.

- Je me porte à merveille. J’ai continué à voyager après Paris sans jamais me poser réellement. Jusqu’en 2000 où j’ai finalement posé mes valises à New-York. J’y ai exercé mon art avec beaucoup de plaisir, je m’y suis fait un nom, de plus en plus d’ailleurs et j’y ai rencontré de belles personnes. Un sourire, presque nostalgique, étira les lippes maquillées de l’Anglaise alors qu’elle repensa à son Infant retrouvé, à Ezekiel. C’est l’une de ces personnes qui a réussi à me convaincre de venir me poser à Salem. Il est un Vampire influant dans la communauté, je le considère comme … un Mentor, un Père. Et c’était peu dire. Je suis ici depuis 2013, j’ai ouvert ma galerie d’ailleurs.

Quelques éclats de rires gras et trop forts firent tourner la tête d’Elizabeth qui crut reconnaître Ethan, sa progéniture. Mais ce n’était pas lui. Décidément, la belle semblait le voir partout depuis qu’ils s’étaient retrouvés. Secouant légèrement la tête, elle posa à nouveau son regard sur sa partenaire, lui souriant sincèrement.

- Je suis si étonnée que nous ne nous soyons jamais croisées en ville. À croire que tout a été fait pour que nos retrouvailles tardent.

La main d’Elizabeth se glissa vers celle de son amie, la caressant doucement du bout de ses doigts, se mordillant la lèvre durant quelques instants.

- Et toi alors ? Qu’as-tu fait ? Pourquoi as-tu rejoint cette ville maudite ? Dis-moi tout ma douce.

L’Anglaise était curieuse de nature, mais surtout elle était sincèrement, voulant savoir ce que son amie était devenue après leur séparation qui s’était faite naturellement. Sans cris, sans larmes, sans dispute.


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MessageSujet: Re: What's up ? [ft.Elizabeth] Jeu 19 Oct - 15:07



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Chiyoko & Elizabeth
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Chiyoko ne sait pas vraiment expliquer ce qu’il se passe entre elles, ni s’il y a vraiment un mot. Elle se dit qu’elle est simplement heureuse et que c’est un bon moment. La suite donnera ce qu’elle donnera. Alors elle écoute Elizabeth et se réjouit du bonheur qu’elle a trouvé, de ses voyages et de ses rencontres. Elle non plus n’a pas compris pourquoi elles ne se sont pas retrouvées avant, depuis le temps qu’elles sont à Salem. Alors il faut rattraper ces instants perdus avec l’Artiste, celle qui lui a fait découvrir les merveilles sous son pinceau, qui lui a donné à aimer d’un corps de femme…

Elle écoute le récit de la belle rousse, ses voyages et ses rencontres. Chiyoko n’est pas étonnée qu’Elizabeth se soit fait un nom dans son domaine. Puis ses lèvres s’étirent dans un sourire léger lorsqu’elle lui parle de son Mentor, la figure de père… Un sujet délicat pour Chiyoko qui ne connaît que trop bien ce que fait ce manque. Un manque qui à présent a été transformé en un quelque chose d’amer depuis qu’elle sait de quel sang immortel elle a bu. Pourtant elle se réjouit sincèrement pour l’anglaise, mettant de côté ce goût si étrange que donne la qualification de Sir. Le sien aussi est influent, dans tous les sens du terme et à un point inimaginable, malheureusement pour la japonaise, qui en d’autres circonstances aurait facilement adoré un tel être.

- Ta galerie ici, vraiment ? s’enthousiasme Chiyoko comme pour se forcer à penser à autre chose malgré sa sincérité. Je serais heureuse de la visiter. Sans doute m’y verras-tu bientôt.

Puis Elizabeth tourne la tête vers une poignée d’hommes qui rient de leurs gorges suintantes d’alcool. Chiyoko remarque son expression qui n’est pas celle de l’Immortelle prête à tuer, mais elle garde le silence pour l’instant, ignorant si ce serait indiscret de lui demander ce qu’il y avait. Surtout lorsqu’elle perçoit ce léger mouvement de tête qui secoue à peine sa belle crinière cuivrée. Et puis Elizabeth est déjà revenue à elle, sa main déjà sur la sienne comme un message subtil auquel la japonaise répond, tournant sa paume pour venir enlacer celle de l’anglaise. Cette dernière l’interroge sur elle et les yeux d’encre de Chiyoko tombent dans son verre, cherchant comment se détourner du sujet du Sir, qui encombre son esprit et pourtant avec lequel elle ne veut pas gâcher les retrouvailles.

- J’ai voyagé aussi, à Londres. Je la trouve superbe et un peu mystique avec ces bâtiments sombres, répond-elle avec un sourire mélancolique. Mais je suis revenue ici… Je ne sais pas… Je crois que j’étais obligée, tu sais. Je devais faire ça. C’est ici que je suis née, d’aussi loin que je me souvienne, bien sûr.

C’est ici qu’il a fait de moi ce que je suis…

- Une ville maudite pour une Immortelle maudite, je suppose, reprend-elle avant de lâcher un petit rire sarcastique. Je cours toujours après les réponses à mes questions. Je tourne en rond. C’est probablement stupide, mais plus le temps passe et plus je persiste, parce que j’y ais déjà consacré tant d’efforts… Même s’il est probable que la vérité ne me plaise pas.

Parce que c’est déjà mal parti en tout cas. Si elle avait pu, elle l’aurait tué, son Sir. S’il n’était pas un Originel, si elle ne venait pas directement de la source même des siens. Mais qui sait, peut-être qu’un jour, comme le temps fait tout passer, il fera aussi passer sa rancune… Parce qu’il est tout de même celui l’a créé, qui l’a faite éternelle, et à qui elle doit sa puissance en même temps que son abandon. À cette pensée et sans s’en rendre compte, Chiyoko a serré un peu plus la main d’Elizabeth. Remarquant sa faille, elle se redresse un peu et sourit.

- J’ai trouvé ce travail à la Salem Blood Bank, je voulais me poser, être plus raisonnable. Mais la vérité est que je m’y ennuie terriblement, de plus en plus chaque nuit. Être derrière un comptoir et sourire à des gens comme celui qui était avant toi tout à l’heure, cela me convient de moins en moins. Bien sûr il y a beaucoup de clients intéressants, mais ça ne suffit plus. J’espère que c’est une passe… Ou peut-être que j’irai ailleurs, il y a certainement d’autres emplois à Salem, je veux dire des emplois convenables. J’ai ma dose de déchéance avec l’Autre… elle s’interrompt immédiatement, pour se donner un air plus joyeux. Mais je t’accable avec tout ça, ma belle Elizabeth. N’y fais pas attention, s’il te plait.

Alors elles continuent de parler, presque insouciamment. Elles se font des sourires entre deux gorgées d’alcool, alors qu’Elizabeth finit par lui parler de sa galerie à laquelle il manque une employée. Chiyoko reçoit cette proposition avec beaucoup d’enthousiasme, ayant de toute manière promis d’aller visiter l’endroit, c’est pleine de joie qu’elle accepte. Il est vrai que la japonaise connaît l’art de l’anglaise et a appris davantage dans ce domaine par ses soins. Elizabeth est si passionnée quand elle en parle, qu’elle contamine toujours Chiyoko, de la même manière que cette dernière avec les arts martiaux. Il y avait beaucoup à voir et à découvrir à Paris. La japonaise est donc très curieuse de savoir ce que la rousse peut créer à Salem. Sans doute sera-t-elle surprise et peut-être même découvrira-t-elle cet endroit de corruption sous une meilleure nuit. L’immortelle a toujours su colorer son quotidien et Chiyoko réalise à quel point ça lui a manqué. Cette idée est donc la meilleure qu’elle ait entendue depuis un certain temps. Surtout qu’elle a en ce moment la fâcheuse tendance à s’attirer les ennuis, voire à les cultiver et les entretenir avec une certaine habilité, qui pourrait tenir du génie si c’était à s’en réjouir. Être dans la galerie d’art d’Elizabeth peut difficilement envenimer les choses, n’est-ce pas ?

À cet instant de réjouissances, Chiyoko sent comme un regard s’étendre jusqu’à leur table. Elle lorgne furtivement les yeux qui les épient. Isolé au bar, un type qui s’est écarté du groupe d’hommes avec qui il buvait juste avant, et vers qui Elizabeth s’était tournée… À moins qu’il ne vienne juste d’arriver. La japonaise n’en ait plus sûre. Il est voûté sur un verre qu’il boit à peine, mettant ses iris noirs de leur côté à intervalles réguliers. Il a aussi cette balafre sur la joue et sans doute d’autres blessures de quelques jours qu’elle croit apercevoir entre son écharpe autour de son cou. On aurait presque dit un chasseur, mais la japonaise ne le pense vraiment pas, bien qu’elle puisse affirmer qu’elle ne l’a jamais vu avant. C’est surtout son cœur qui s’est accéléré, qui retient son attention. Finalement elle se penche vers Elizabeth et lui murmure très bas, de manière à ce que seule cette oreille d’Immortelle puisse entendre.

- Tu les connais ? Il m’a semblé que tu les regardais tout à l’heure.

Pourtant cet homme paraît de moins en moins être en rapport avec la viande saoule qui enfile les verres à la chaîne, derrière lui. S’ils rient aux éclats de leurs blagues bien grasses et déplacées, lui reste stoïque, ne voulant pas se mêler à leur déchéance. Il regarde les deux Immortelles avant de balancer son œil sur ce verre qu’il ne se résout pas à boire. Même si Chiyoko a l’impression que c’est elle qui est davantage visée, elle trouve qu’il fixe le dos d’Elizabeth de plus en plus. Doit-elle se résoudre à suggérer la raison fatale ? Si elle se souvient bien, ou justement qu’elle ne se souvient plus, cette aurore où elle s’est réveillée au nord de Salem, il y avait du sang sur sa robe… Oui elle avait du s’en séparer avec un grand regret, parce qu’elle l’aimait beaucoup mais elle était irrécupérable.

Chiyoko déglutit. À l’allure où il avale sa boisson, il risque d’assiéger le bar encore pour un moment… Ou pas. Il se lève à l’instant même où elle se résout à supporter l’œillade de ce type, pour se diriger vers elles. Aïe… Elle annonce les ennuis qui arrivent d’un coup d’œil à Elizabeth, avant de prendre la dernière gorgée de son whisky. Mais l’homme, il trépigne déjà devant leur table, la bouche déformée par une colère pressante. La japonaise lui aurait volontiers dit de partir avec politesse s’il ne portait pas cet affreux collier de verveine… Pitié plus de cette chose infecte, je vais en faire un overdose. Oui, parce qu’après s’être faite ramasser dans une ruelle par cette sorcière dont la gentillesse tenait du miracle, et avoir fini à l’hôpital la seconde fois entre les mains d’un médecin assez peu conventionnel, elle apprécie de moins en moins les effets de cette horreur. Qui sait où elle atterrira la prochaine fois ?

- Fais pas semblant de pas m’reconnaître ! hurle le type en sortant tout à coup de ses gonds pour abattre ses mains avec violence sur leur table. Saloperie d’vampire, tu t’en sortiras pas deux fois… T’as baisé qui à la flicaille pour que tu t’en sortes avec que dalle de c’taffaire ?!

Zut… La première réaction de Chiyoko est de nier. Elle reste posée, presque un peu blasée, assurant qu’elle ne voit absolument pas de quoi il parle, tout en visualisant de nouveau cette entrevue avec un de ces hommes de loi, un dîner financé par ses soins, nul part ailleurs qu’au Pulp’n’Skin. Voilà comment elle avait nettoyé les quelques soupçons qu’on lui portait, quand on l’avait interrogé sur l’agression d’un homme il y a quelques jours, en plus d’avoir fait jouer son influence. Donc tout en étant entrain de feindre les ignorantes, la japonaise assure qu’il a certainement confondu…

- Ouais t’as raison, j’en croise tous les jours des bridées à ch’veux rouges… Arrête tes conneries, putain !

Le gérant arrive sans qu’elle n’ait autre chose à ajouter. Il crie après le type, le type crie après lui… Et finalement il se fait empoigner par le bras et tirer jusqu’à l’autre bout du bar, où on lui fait passer la sortie sous les yeux des quelques clients encore présents.

- Garde ton amie avec toi, la sangsue, j’ai les miens aussi qui t’attendent dehors ! crie-t-il avant que la porte ne se ferme sur lui.

Finalement un silence embarrassant retombe… Rapidement entamé par les ivrognes qui remettent leur ambiance. Chiyoko soupire et se laisse tomber dans le fond de la banquette en jouant avec son verre du bout des doigts.

- Je suis fort navrée de tout ça, Elizabeth. L’Autre a refait des siennes il y a quelques jours… On m’a décrit un homme s’étant fait mordre de multiples fois après avoir eu la peau finement découpée sur la gorge et le torse, avec une arme blanche… Et il donnait ma description. Evidemment il semble qu’il n’ait pas obtenu satisfaction…

La japonaise se masse le front en réfléchissant. Elle va devoir le retrouver, là dehors. Il faudra que ça fasse le moins de bruit possible, voilà trop de fois qu’elle a à faire aux autorités ces temps-ci. Le mieux serait de les hypnotiser mais la verveine est un obstacle. Si seulement ce monstre avait tout fait oublier à cet humain avant de partir ! Ça te plait toujours autant de me mener la vie dure, n’est-ce pas ?

- Que faire ? Je préfère agir tant qu’il fait encore nuit, une bague de jour peut être vite subtilisée dans ce genre de « conversation »… Et comme une idiote, j’ai oublié mon tantō dans le comptoir à la Blood Bank… Vraiment je suis désolée que tu sois mêlée à ça… Peut-être que si tu empruntes une autre sortie tu pourras t’enfuir alors que je pendrais la grand porte. Qu’en dis-tu ?

Ce qu’elle regrette que ça se termine de cette manière ! Mais jamais elle ne réclamerait l’aide d’Elizabeth, à moins qu’elle ne s’impose, Chiyoko pour tout au monde ne ferait jamais une telle demande. Parce qu’à deux se serait plus facile… Comme à Paris. Or elle n’en montre rien, s’apprêtant à sortir pour affronter cette humanité ennuyeuse et trop collante.

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MessageSujet: Re: What's up ? [ft.Elizabeth] Sam 28 Oct - 18:31




Elizabeth & Chiyoko
What's up ?


Elizabeth connaissait certains des démons de la belle aux cheveux rouges. Chiyoko et elles s’étaient confiées l’une à l’autre durant leur vie commune parisienne. Elizabeth n’avait d’ailleurs pas beaucoup de secrets pour sa congénère. À l’époque, son esprit n’avait été que perturbé par son Créateur, son abandon, sa mort potentiel ; par la distance avec Talia, sa ‘protégée’, cette femme tant aimée qu’elle avait retrouvé à Salem quelques mois plus tôt. Aujourd’hui, l’existence de l’Anglaise avait changé. Si certains démons étaient toujours les mêmes, d’autres s’étaient envolés, laissant la place à de nouveaux dont l’un portait le doux prénom d’Ethan. Elizabeth et Chiyoko avaient passé des moments inoubliables dans la capitale française et l’artiste n’avait que pu se réjouir d’avoir deux femmes pour le prix d’une. La douce et la sanguinaire. La plus fragile et la violente. Deux femmes en une, pour le plus grand plaisir de la rousse. Et elle savait, pour ses démons à elle, pour ses craintes, ses doutes. Elle imaginait donc facile que son amie avait vécu des instants difficiles quand son Autre se manifestait et repartait en ne laissant derrière elle que le chaos, du sang, des cadavres. Elle pouvait comprendre la belle, qu’il était difficile de laisser la place à une Autre sans pouvoir contrôler quoi que ce soit. Elle-même n’aurait peut-être pas aimé vivre de cette manière. Mais Elizabeth fut ravie d’entendre que la belle avait pu voyager, qu’elle avait aimé Londres, celle ville qui tenait une place particulière dans le cœur de l’Anglaise. Mais elle se montra peinée d’entendre que Chiyoko cherchait toujours des réponses qu’elle ne parvenait à obtenir. Peut-être que la ville maudite dans laquelle elles avaient toutes deux élu domicile, pourrait lui apporter ce qu’elle cherchait. Elizabeth le lui souhaitait en tout cas. Car Chiyoko était une femme que la belle appréciait beaucoup, une femme douce et généreuse, une femme passionnante, divertissante. Une femme qui méritait mieux que de travailler derrière un comptoir pour servir des Vampires feignants. Elle méritait mieux que cet emploi ennuyant qui ne semblait, selon ses propres dires, ne lui apporter que très peu de satisfaction et de plaisir. Alors une idée traversa l’esprit d’Elizabeth dont les lèvres s’étirèrent en un sourire sincère et heureux.

- Figure toi que j’ai besoin d’aide dans ma galerie. Je cherche désespérément une employée, mais personne ne convient, tu me connais, je suis exigeante. Je cherche quelqu’un qui … Quelqu’un qui s’y connaît en art, quelqu’un qui connaît et comprend mon art… quelqu’un qui sait se tenir en public, qui a de la prestance et je crois, ma Douce, qui tu as tout ça. Je paie bien, les horaires pourront être discutés. Mais je serais ravie de t’avoir à mes côtés. J’ai entièrement confiance en toi, tu serais une digne représentante de mon domaine. Son sourire s’étira alors qu’elle ne quittait pas Chiyoko des yeux. Alors, qu’en dis-tu ma belle ?

Et pour le plus grand plaisir d’Elizabeth, Chiyoko accepta. C’était inattendu, presque inespéré et si soudain, mais travailler avec Chiyoko ne pouvait être qu’une bonne chose. Qui de mieux que quelqu’un comme elle pour vendre les toiles de l’Artiste ? Elles avaient passé du temps ensemble, de longs et merveilleux mois durant lesquelles Elizabeth s’était nourrie de l’art de la belle pour peindre. Alors la belle leva son verre et trinqua.

- À notre collaboration alors. Tu n’imagines pas à quel point cela me rend heureuse ! Je te ferai visiter la galerie durant la semaine, nous fixerons un rendez-vous. Tout sera fait dans les règles de l’art.

Car en bonne femme d’affaires, Elizabeth faisait tout pour qu’on ne puisse rien lui reprocher. Ses contrats, de vente ou pour ses employés, étaient tous établis par notaires et avocats grassement payés pour ça. Malheureusement, les réjouissances furent de courte durée. Elizabeth sentit son amie se tendre un peu, perturbée par quelque chose qu’elle comprit rapidement.

- Non, j’y ai cru, mais non. Pourquoi, que se passe-t-il ?

Bien vite, la bonne humeur s’en alla quand un homme s’approcha de leur table, venant perturber leur  moment d’intimité. Elizabeth n’aimait pas qu’on la dérange. Et à cet instant, elle n’apprécia pas de lire le trouble sur le visage de sa compagne du soir. Tout comme elle n’apprécia pas le ton employé par l’inconnu au cœur battant la chamade. Elle aura bien planté ses crocs dans son cou si cet imbécile ne portait pas de la verveine. Un grognement s’échappa des lèvres de la rousse lorsque la table trembla sous le coup des mains venant s’y abattre. Nul doute que la belle avait envie de le réduire en charpie pour cet affront. Peu importe de quoi Chiyoko était coupable ou non, cela l’importait peu. La seule chose qui comptait était ce regard troublé qu’elle portait sur cet homme. Homme qui fut bien vite interpellé par le gérant des lieux. Autour d’eux, l’ambiance en avait pris un coup, les regards rivés sur elles, sur eux. En quelques minutes, les deux femmes furent débarrassées de cet énergumène non sans une dernière menace. Les gens retournèrent à leurs occupations, à leurs verres d’alcool et leurs rires gras. La main d’Elizabeth vint rapidement attraper celle de son amie, en guise de soutien. Cette dernière s’excusa et expliqua les choses. L’autre personnalité de Chiyoko avait fait des siennes, encore une fois, au grand désespoir de la belle qui n’avait rien pu faire et qui, comme souvent, devait payer les pots cassés.

- Hors de question de te laisser toute seule avec ce gens de types Chiyoko. Il veut ta peau et l’aura. Crois moi … j’ai moi-même du subir la vengeance d’un Sorcier il y a peu. Heureusement, quelqu’un m’est venu en aide et j’ai pu les neutraliser … Cette nuit, c’est à mon tour d’aider. Je ne t’abandonnerais pas.

D’un signe de la main, j’appelais la serveuse pour repasser commande.

- Laissons les un peu attendre. Ici, nous ne craignons rien. Donc profitons en un peu et détend toi. Je te jure que je ne laisserais personne te faire du mal Chiyoko.

Elizabeth avait beau être bien plus jeune que la Japonaise, elle n’en restait pas moins une immortelle qui savait se battre et qui n’avait pas peur de tuer. La mort, la vraie, était venue rôder près d’elle. Et depuis cette nuit où Devan l’avait sauvé, la belle trouvait son immortalité encore plus précieuse. Et puis franchement, devaient-elles se laisser faire par ces vulgaires créatures ? Non, c’était hors de question, se dit-elle en accueillant leurs nouvelles consommations.

- Dis-moi de quoi tu aurais besoin. Il est évidemment hors de question que nous mettions le bar à feu et à sang. Mais je connais du monde que je pourrais appeler ou … ou alors nous les provoquons. Notre rapidité nous permettra de nous rendre rapidement à ma voiture. Ils nous suivront, c’est certain et nous pourrons les emmener hors de Salem … Je n’ai pas peur d’eux. Il a beau bomber le torse, porter de la verveine, je n’ai pas peur.

Elizabeth était prête à tout pour aider son amie. Mais c’était à elle de mener la danse et de dire ce qu’elle voulait ou non. En attendant, l’artiste laissa l’alcool glisser sur sa langue, s’abreuvant de ce vin qui n’avait rien de transcendant.



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MessageSujet: Re: What's up ? [ft.Elizabeth] Jeu 9 Nov - 22:25



❝ What’s up ?❞


Chiyoko & Elizabeth
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Elizabeth n’a pas apprécié l’intervention de cet idiot tout autant que Chiyoko. Il ne manquait plus que ça. Une lueur plus joyeuse dans sa nuit longue et ennuyante, et la voilà déjà soufflée, brisée par cet intrus, ce minable humain, ce mortel insignifiant… La japonaise, bien élevée - et parce qu’elle s’applique à être l’exact contraire de son Autre monstrueuse - est restée calme, mais pas moins tendue. Ce qui l’ennuie davantage encore, c’est qu’elle s’enthousiasmait il y a quelques instants, de son nouvel emploi, de ce tournant dans sa carrière professionnelle. Une surprise inattendue comme sait lui en offrir Elizabeth encore aujourd’hui. Malgré ça, toute sa joie est retombée en chute libre et a passé la porte en même temps que cet enragé.

Pourtant l’anglaise ne le prend pas de la même manière. Chiyoko sourit. Elle aurait du s’en douter. La belle rousse est toujours optimiste, énergique et pétillante dans son genre. Ça lui a manqué. Elle remet une mèche de cheveux écarlate qui s’était échappée, en place, puis se redresse comme pour se reprendre, logeant son autre main dans la paume froide d’Elizabeth qui la saisit. Cette dernière lui assure qu’elle ne la laissera pas et ça ne l’étonne pas. Mais elle tend un peu la tête, désagréablement surprise en entendant un bout de confidence sur son agression récente de la part d’un sorcier. Elizabeth aux mains d’un mortel ? Chiyoko n’aime pas ça, cependant ce n’est pas le sujet le plus pressant sur le moment. Elle s’en est sorti après tout. Parce qu’elle n’était pas seule… Moi je le suis, trop souvent peut-être… Aussi ironique que cela peut paraître… Parce que oui, la japonaise aurait certainement évité bon nombre de problèmes avec de la compagnie régulière. Mais ce n’est pas une surprise, elle n’aime pas demander de l’aide, ni même rester toujours avec les mêmes. Un caprice de sa nature ou de son caractère, peu importe c’est comme ça et il faut vivre avec. Ou survivre. Certainement une conséquence du fait qu’en réalité, elle est toujours deux à l’intérieur.

Elizabeth demeure enthousiaste et positive. Cela nous sera bénéfique de travailler avec elle, se dit Chiyoko en acquiesçant à ses paroles. me sera bénéfique… Pas « nous », pas « nous »… Qu’est-ce qui t’arrives à penser comme ça ? …Non n’y pense pas, n’y pense pas… Oublie ça, ce n’est rien. Bien sûr elle aurait voulu protester et assurer qu’elle aurait très bien pu s’en sortir, parce qu’elle a l’habitude de régler ses comptes en solo. Mais au final et même si sa fierté de samouraï est trop importante pour qu’elle puisse l’admettre, la compagnie d’Elizabeth la rassure. Même si l’Autre vient, elle ne sera pas seule. L’Autre apprécie Elizabeth aussi, elle devrait la suivre si elle a à se modérer… Tout va bien se passer. Cependant Chiyoko ne dit rien contre car elle sent bien que c’est non-négociable pour la rousse, et elle sait encore mieux que lorsqu’elle a décidé quelque chose, elle va au bout.

Cette dernière passe commande de nouveau, définitivement prête pour la suite des choses. Chiyoko s’efforce de se détendre, acquiesçant de nouveau aux conseils de l’Immortelle, et se poussant à esquisser un sourire. Ce qui l’ennuie le plus, c’est que cela se passe ici, en public, et sous les yeux de l’anglaise. Mais les choses sont comme telles et il faut les accepter.

- Merci de ton soutien. J’en suis tout de même fort ennuyée, mais je n’insisterai pas. Merci… répète-t-elle en serrant doucement la main d’Elizabeth.

Merci d’être toujours aussi pétillante, ma belle. Si j’avais ce don moi aussi… Le troisième siècle de Chiyoko l’enfouit probablement un peu plus dans cette mélasse de problèmes que l’on prend plus au sérieux qu’avant, parce que le quotidien est lassant, parce que l’on n’avance à rien au final. C’est peut-être ça. Et pour Chiyoko, l’anglaise est jeune. Mature mais jeune en même temps. Un subtil mélange qui se reflète dans l’azur de ses yeux qui s’illuminent lorsqu’elle ouvre la bouche, lorsqu’elle s’anime là, sous l’iris sombre et fatigué de Chiyoko. Alors cette dernière profite de cette lueur qui la rend de meilleure humeur et accueille le nouveau verre que la serveuse apporte, avec plus d’entrain.

- Non je ne préfère pas de monde en plus, répond Chiyoko en secouant la tête. Je t’ai déjà mêlée à ça Elizabeth, je ne veux pas en faire pâtir d’autres personnes. Mais oui, allons à ta voiture si ça ne te dérange pas. J’aime assez l’idée de les faire piétiner un peu. Puis elle sourit un peu plus en imaginant ça. Ah, Elizabeth, tu ne cesseras jamais de m’impressionner. Filons loin, à l’abri des regards. J’en ai déjà trop tourné sur moi ce soir… Et je n’aime pas ça, tu le sais bien. Prenons une revanche et savourons-la.

Chiyoko s’adosse de nouveau sur la banquette et avale deux gorgées de son bourbon. Les glaçons tintent au fond du verre lorsqu’elle le repose sur la table. Puis elle ôte son kanzashi, laissant ses cheveux écarlates se déverser sur ses épaules comme la rivière de sang qui glisserait dans une gorge froide. Elle s’approche de la rousse et baisse d’un ton pour ses prochaines paroles.

- C’est en bakélite. Cet accessoire peut servir d’arme, il devrait être relativement solide. C’est tout ce que j’ai, hormis mon corps. As-tu de quoi te défendre, toi ? On doit neutraliser ces abominables colliers… La verveine, j’en ai par-dessus la tête. Cette chose a bien failli avoir ma peau deux fois déjà… Après nous verrons. Ou bien ils meurent et je règlerai les détails avec quelques autorités corrompues, ou bien nous leur faisons oublier…

Elles terminent ensuite leur boisson, la japonaise restant songeuse quant à la suite des choses. Puis vers la fin, Chiyoko désigne le verre d’Elizabeth du bout du menton, voyant clairement que la boisson n’était pas à son goût. Elle avait choisi cet endroit pour être au calme - elle y avait vraiment cru - mais finalement, un tour dans un salon chic pour déguster un de ces vins à la robe de sang aurait été bien plus agréable.

- Tu me laisseras t’offrir mieux que ce breuvage, dès que nous en auront terminé, lui dit Chiyoko. J’ai certainement de quoi satisfaire ton palais à mon appartement. Je te le dois bien.

Elle lui ajoute un sourire, une attitude plus calme, plus posée. Peut-être même un sous-entendu, offert librement, à prendre ou à laisser. Chiyoko n’est plus aussi pudique et réservée qu’à l’époque de la France, pour ces choses. Et pour être tout à fait honnête, elle aura besoin de se changer les idées au lever du jour. Elizabeth fera ce qu’elle voudra. Boire un verre, faire plus peut-être, peu importe son souhait, la japonaise acquiescera. Mais pour le moment, il est temps de sortir. Le jour pointera bientôt, et Chiyoko n’aime pas le soleil, même lorsqu’il ne lui brûle pas la peau. Alors les deux Immortelles se lèvent, prêtes à filer rapidement jusqu’à la voiture.

En sortant, Chiyoko remonte son manteau sur ses épaules et jette un œil aux alentours. Il y en a un à dix heures, l’autre sur le côté du bar à droite, et sa victime sur le trottoir en face, une clope coincée entre les lèvres. Les mortels qui pressaient leur fin par ces plaisirs au goudron et à l’intoxication ont toujours amusé l’Immortelle. Elle le toise rapidement, juste le temps que les jeunes femmes passent comme un courant d’air. Les portes de la voiture claquent, et le véhicule part à toute vitesse loin de la population de Salem.

[…]

Elles se sont arrêtées lorsqu’elles ont quitté la ville. Salem vue d’ici, pourrait presque paraître comme une ville normale, une ville américaine avec des gens qui aiment les hamburgers et qui défendent leur équipe préférée. Or la concentration de cette ville à moitié endormie aime le sang et les sorts, mettant au défi son intelligence cruelle, imposant une jungle où les plus faibles n’ont pas leur place. Les yeux de Chiyoko parcourent en silence cet amas d’immeubles et d’habitations, réalisant qu’il y a un moment qu’elle n’a pas porté un regard extérieur à cet endroit qui l’a tirée à lui, il y a presque deux ans maintenant. Elle hait cette ville comme elle est attirée par elle. Il ne servirait à rien de la fuir de nouveau.

Puis un bruit de moteur chatouille son ouïe et entrave le silence d’une aube qui bientôt, poussera à l’horizon.

- Les voilà, murmure-t-elle en sachant bien qu’Elizabeth les a aussi entendu. J’espère que ce sera rapide…

La voiture se gare un peu plus bas que la leur, de manière à ce que les Immortelles les voient de loin. Ainsi ils n’osent pas se jeter au feu directement… Bien que leurs cœurs soient animés de cette colère qui les fait battre plus fort et plus vite. L’un d’eux à même un peu peur, si Chiyoko en croit ses sens. Ils avancent progressivement dans leur direction, méfiants, armes à feu en main et colliers de verveine bien serrés à leurs petits cous palpitants.

- Je dois te prévenir, Elizabeth, car il se peut que l’Autre vienne. C’est une circonstance qui l’amuse, cela pourrait l’attirer, ajoute Chiyoko sans quitter des yeux les types qui avancent. Prête ?

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