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And every demon wants his pound of flesh — PV Meredith

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Sorcière de l'Air

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MessageSujet: And every demon wants his pound of flesh — PV Meredith Dim 27 Aoû - 23:53


 
And every demon wants his pound of flesh
(julia stone) ▽ And I feel as I've been here many times before,
as I kneel and I pick up the pieces on the floor.  


En y repensant, c’était une belle connerie que se pointer dans l’état dans lequel elle était au manoir de sa psychiatre. Docteur May lui avait donné l’adresse en cas d’urgence, tout en lui faisant bien comprendre que le type d’urgence concerné était probablement une envie suicidaire irrépressible — donc, quand elle aurait déjà ses poignets tranchés. Pour sa défense, elle se sentait presque capable de se laisser tomber d’un toit, surtout lorsqu’elle pensait à … Non, ce n’était absolument pas le moment d’y penser, c’était justement pour se sortir ces visions de la tête que Siobhán s’était déplacée jusque chez son médecin. Il était tard — ou tôt, tout dépend de votre point de vue — lorsque la sorcière s’écroula sans la moindre dignité sur le pas de la porte du vampire. Quatre heures, cinq heures peut-être, tout ce qu’elle savait était que le soleil n’était pas encore levé, et que son médecin, certainement, ne dormait pas encore. Les vampires dormaient-ils, de toute façon ? La question resterait probablement sans réponse, et il lui fallait avouer qu’elle avait d’autres préoccupations. Entre autres, cette équation qu’elle était incapable de résoudre. N versus NP, l’une des dix équations de son temps, lui prenait la tête depuis déjà plusieurs semaines. Elle ne s’y était pas penchée dans le but de la résoudre — bien trop consciente que cela était au-delà de ses capacités, notamment parce qu’elle n’avait pas l’endurance nécessaire pour passer sa vie sur un projet pareil — mais bel et bien d’occuper son esprit à quelque chose de (peut-être) utile.

Clairement, obséder sur retrouver sa mère biologique ne l’aidait pas du tout. Comme le Docteur avait essayé de lui faire comprendre, c’était une façon pour elle de chercher une solution à son état naturel, et ça ne mènerait probablement à rien — d’autant que Siobhán n’avait pas recherché quoi que ce soit plus loin que cet objectif. Ce n’était pas sain, de se jeter corps et âme dans une quête qui risquait de ne jamais aboutir, ou alors sur un résultat négatif. L’Irlandaise d’adoption n’était pas vraiment prête à réaliser la vérité derrière ces mots, mais elle se faisait à l’idée, petit à petit, qu’il lui faudrait autre chose pour vivre que l’espoir de retrouver la trace de ses origines. Le problème était, qu’elle ne savait pas vraiment quoi pouvait la rattacher à son existence. Il y avait son frère, bien sûr, mais elle était bien loin de lui, et elle refusait de l’emporter avec elle dans sa spirale d’idées noires et de tendances dévastatrices. Le garçon méritait mieux que tout cela, évidemment, et elle avait assez de culpabilité dans son cœur pour en plus y rajouter ruiner la vie de son petit frère. La mort de leurs parents était une erreur déjà bien assez grande.

C’était cette mort qui l’avait poussée, cette nuit-là, à se laisser glisser contre la porte de cette femme en qui elle avait, bon gré mal gré, confiance. Elle avait clairement besoin d’aide, et le Docteur May semblait assez compétente pour l’aider — tout du moins, c’était l’impression qu’avait Siobhán. Après un début assez désastreux — pendant lequel l’Irlandaise était terrifiée de se faire assassiner par un vampire en colère (après tout elle buvait leur sang) ; elle se sentait assez à l’aise pour tout lui déballer, presque. Au moins la mort de ses parents, qu’elle avait causée, le dégoût de sa condition, la quête perpétuelle de ses origines. Elle avait eu besoin de parler quelques minutes seulement de son enfance pour que le vampire sache à quel point elle avait été privée d’affection. C’était surprenant, presque, comment le vampire parvenait à comprendre aussi bien les troubles qui l’affectaient, et si cela ne paraissait pas aussi fou, elle penserait à une certaine forme de télépathie. Ca, ou le vampire était particulièrement perceptif. Quoi qu’il en soit, c’était après un énième cauchemar qu’elle avait pris la décision de prendre peut-être un peu trop d’Omega ; plus que la dose qu’elle s’autorisait habituellement. Elle était à bout, épuisée, mais tout cela était vraisemblablement un mauvais calcul de sa part, puisque cette fois-ci, son cerveau refusait de s’éteindre.

Aussi, au bord de la crise de nerf, elle avait décidé d’aller faire un tour. Elle était sans défense, maintenant que sa magie avait disparu ; mais elle n’avait jamais été très inquiétée par sa survie, ou sa propre sécurité. C’était presque inconsciemment, qu’elle se retrouva devant le Manoir de son médecin. Elle n’avait pas le temps de regretter son aventure qu’elle avait déjà sonné la porte, avant de s’effondrer contre la porte. Elle était à la fois euphorique et dévastée, et elle soupira longuement, sa tête bougeant de gauche à droite. Lorsque la porte s’ouvrit derrière elle, elle n’eut pas le temps de réagir et elle tomba un peu plus au sol, les yeux fixés sur la forme de son médecin. Elle s’osa à un sourire, un peu tremblant, sans faire l’effort de se réveiller. « I feel like you’re going to be mad. » Hâtivement, elle voulut se redresser, et y parvint après quelques essais. Elle était pathétique, elle n’en avait aucun doute. « I can’t sleep, Doctor. I’m exhausted. I don’t know what to do. That … O, is so bad though. It’s not shutting my brain down, I can’t stop thinking. I’ve been up for thirty-eight hours, can you believe it ? » Elle rit alors, et c’était self-depreciative. « Fuck, I’m so tired. » Elle déglutit, s’adossant au cadre de la porte, et fermant les yeux une longue seconde. « Don’t be mad. » Murmura-t-elle, sachant pertinemment qu’elle l’entendrait. Elle était fatiguée, et incapable de retenir ses mots. « I hate it when you’re mad. »

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Dernière édition par Siobhán O'Hara le Dim 10 Sep - 12:54, édité 1 fois
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• Le/la client(e), psychologiquement instable, psychiatriquement atteint(e) qu'elle soigne de façon peu conventionnelle (à voir si elle le traite, sans qu'il le sache, avec son sang, pour tester (a)) ;
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MessageSujet: Re: And every demon wants his pound of flesh — PV Meredith Mar 29 Aoû - 15:33

& every demon wants his pound of fleshSo just trust me, you'll be just fine I need your trust just for tonight. This is not a place in my head, reach out your hands and tell me just what you feel. This is not just all in your head, mind over matter makes these things feel so real. — PVRISEmbobelinée d’un drap diaphane, la stature longiligne de la créature de la Nuit faisait face à sa large baie vitrée, une tasse d’eau chaude et fumante glissée contre l’une de ses paumes. Ces derniers temps, elle sentait son moral en berne, engoncé dans une vie dans laquelle rien ne se passait. Ses patients ne lui apportaient plus grand chose de bien divertissant, dernièrement, et, outre ‘l’étrangère’, personne n’avait su titiller son intérêt ; le commun des mortels avait des problèmes bien insignifiants, au fond. Cette dernière semaine, d’ailleurs, Meredith n’avait pas eu à cœur de se nourrir autrement que par des mets bien mortels et bien peu nutritifs. Elle aurait aimé trouver le courage d’aller à la banque de sang, ou juste d’appeler une âme charitable prête à lui offrir son cou, mais elle n’était pas pressée. Elle aurait voulu prendre congé de cette vie qu’elle voyait passer sans parvenir à y prendre part. Peut-être lui fallait-il des vacances, après tout.

Et l’Immortelle aurait pu sortir ce soir, retrouver des habitudes qu’elle délaissait depuis quelques semaines, déjà, des gens et des lieux qu’elle fuyait sans vraiment trop le vouloir. Mais, allez savoir pourquoi, elle n’avait plus non plus cette motivation, cette envie gratuite de parader ou de se fondre dans une foule qu’elle méprisait, la plupart du temps. Aussi avait-elle choisi de passer sa soirée et sa nuit dans une solitude bercée par les notes suaves et rondes d’un blues qu’elle connaissait jusque sur le bout des doigts. Cette musique avait ce don de traduire des émotions, des sentiments qu’elle n’arrivait plus à ressentir ou ne serait-ce qu’à évoquer avec quiconque. Ambrosia prit une gorgée de son eau, ne sentant pas la chaleur qui aurait brûlé n’importe quelle gorge humaine. Elle tourna finalement les talons, retournant à ses fourneaux qui travaillaient pour tout un régiment, alors qu’elle était seule à festoyer à sa table. Elle reposa sa tasse d’eau – bien fade – et se servit un verre de vin rouge, français, l’un de ceux qu’elle gardait normalement pour de belles occasions.

Sa solitude méritait peut-être d’être fêtée.

Elle soupirait maintenant, tournant dans une vaste cuisine, dans une trop vaste demeure qui souffrait de ne laisser résonner aucun rire, aucun son à part la tristesse d’un blues qui prend aux tripes. Elle avait envie d'appeler Gbo', l'un de ses rares amis, pour meubler le temps et combler le vide qu'il y avait autour d'elle. mais l'homme, bien heureux en ménage et père d'une jolie marmaille n'avait plus autant de temps libre qu'avant. Soupir. Méredith était si lasse de sa situation qu’elle pouvait clairement sentir le poids de sa malédiction sur ses épaules. C’était dans ces moments là qu’elle haïssait les sorciers, ces Inferis, au delà du raisonnable, au delà du quantifiable et elle aurait voulu les tuer, quitte à s’occire avec eux. Perdue dans les abîmes de sa rancœur, la ‘jeune’ femme ne sentit sa poigne de fer se serrer autour de son verre que lorsque celui-ci se brisa entre ses doigts. « Fuck… What a shame, wasting such a good wine. » Elle fredonnait maintenant, regardant distraitement sa main d’où le vin coulait et retournant à son îlot central pour remplir un nouveau verre ; les débris amoncelés dans sa main rejoindraient la poubelle, cimetière de bien d’autres verres.

La musique tonnait encore dans le grand salon, faisant écho, rebondissant sur les murs jusque dans les étages pour caresser avec volupté l’ouïe aiguisée de Meredith. Le son était peut-être trop fort, mais elle s’en fichait ; elle avait besoin de cette présence, tout autant qu’elle avait besoin de voir les visages sur sa grande télé pour se donner l’illusion de ne pas être si esseulée. Et, glissé au milieu d’une mélodie plaintive, un son strident vint faire éclater la bulle de l’infante de la nuit. Elle fronçait maintenant les sourcils, jetant un coup d’œil à l’horloge qui trônait dans son salon – non pas que le temps l’inquiète – comme pour lui rire au visage. Avalant une lampée de son breuvage alcoolisé, elle reposait son verre, se dirigeant vers l’entrée alors qu’elle réajustait son drap autour de sa frêle forme. L’odeur vint avant la vision et elle pouvait déjà savoir, sentir qui se trouvait derrière sa porte. Elle eut un moment d’hésitation : déjà que dans son cabinet, elle avait du mal à s’en tenir à son éthique, il était fort à parier que chez elle, elle aurait plus de mal encore.

Soupirant pour se donner contenance, Meredith ouvrit sa porte pour trouver Siobhán à ses pieds. L’étrangère – comme elle l’appelait – n’avait pas l’air éveillée… Et ses mots – tranchants, incisifs – firent grincer les dents du vampire. Elle aurait du la renvoyer, elle aurait pu lui expliquer que ce n’était pas une heure raisonnable pour venir chez elle, mais qui tromperait-elle ? La ‘dents-longues’ ne dormait pas, nul doute alors de la trouver encore debout, aussi tard dans la nuit. « Siobhán. » Elle avait presque envie de lui assener une gifle. N’attendant pas, elle la prit par le poignet et l’attira dans son antre, refermant derrière elles cette porte qui, dans un bruit sec et résonnant, mettait peut-être un terme à la relation professionnelle que Meredith et l’irlandaise entretenaient jusque-là.

Sans un mot, elle la fit s’asseoir devant l’îlot avant de sortir des couverts : pour une fois que quelqu’un d’autre pouvait manger à cette table, Meredith n’allait pas se priver de cette occasion. Elle servit à la jeune femme de quoi nourrir plus d’un brave guerrier et fit chauffer de l’eau. « Eat. » Elle lui tournait le dos, essayant encore de ne pas se plonger dans les prunelles de la sorcière pour aller chercher dans sa caboche des réponses qu’elle crevait d’envie de d’avoir. C’était peine perdue, de toute façon. Alors, comme elle l’avait déjà fait si souvent durant leurs séances, la psychiatre alla fouiller, d’une simple regard, dans la psyché instable de cette femme brisée. « I hate it when you’re mad. » — Ça avait tant de sens, finalement… La jeune orpheline avait l’irrépressible besoin de plaire aux gens, d’être dans les bons petits papiers, alors, décevoir, ça lui était difficilement concevable. Et Meredith, en « bonne » psy’ qu’elle était, s’était bien assurée d’avoir assez d’ascendant et de pouvoir sur cette pauvre âme en perdition. « I am mad, Siobhán. » - elle retenait encore les rennes de sa rage – « What were you thinking ? Are you stupid ? » Elle s’était rapprochée de la sorcière, forçant dans sa main une fourchette. « Now be a dear and eat before it gets cold or God helps me… »

Un pas en arrière et elle remettait entre elles une distance dont elle avait terriblement besoin. Car si Siobhán aimait plaire et satisfaire, Meredith, elle, adorait avoir des gens sous sa poigne d’acier, prêts à répondre à ses moindres commandements. Et, derrière le regard vague et implorant de son invitée, elle pouvait presque sentir cette soumission l’appeler. Seulement, aussi grisant que cela puisse être, Meredith avait encore quelques – rare – scrupules… Mais allons, elle savait bien qu’avoir une sorcière, avoir cette femme aux pouvoirs encore bruts pouvait être une force non négligeable. Que risquait-elle au fond ? Et ce sang - ce sang qui courait dans ses veines et qui avait des effluves trop enivrantes pour être ignoré – n’aidait pas la vampire. Elle avait faim, horriblement faim, finalement.
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MessageSujet: Re: And every demon wants his pound of flesh — PV Meredith Mar 29 Aoû - 20:07


 
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De tout ce qu’elle attendait, le silence du vampire n’était pas du tout ça. Elle s’était attendu à un long soupir, à un grognement peut-être même, à de la colère, ou de la pitié ; n’importe quoi sauf de l’indifférence. Mais Meredith avait simplement prononcé son nom, de ce ton indéchiffrable, qui pouvait tout autant être un reproche qu’une simple constatation. Elle ne savait jamais à quoi s’en tenir, avec cette femme — elle n’arrivait pas à la comprendre, à la lire. Elle n’avait nul doute que cela venait des siècles d’existence de ce vampire, mais c’était terriblement irritant. Elle était sans défense, face à sa psychiatre — et finalement, c’était peut-être pour le mieux. Après tout, pour se livrer totalement, il lui fallait entièrement démonter ses murs, ceux-là même qui protégeaient (du moins le pensait-elle) son âme, et son cœur. Son remède pour ne plus jamais être abandonnée ? Ne pas s’attacher. Résolution qu’elle était en train de briser en ce moment-même, puisque malgré le fait qu’elle refuse de se l’avouer, elle était devenue dépendante de son médecin, et pire que ça, elle s’était attachée à elle. Elle donnait une importance beaucoup trop grande à ce que le vampire pensait d’elle ; et elle n’avait nul doute qu’elle finirait par se brûler. Elle ne vivrait que pour regretter cette confiance hâtivement accordée, et comme Icare se rapprochant maladivement du Soleil, elle ne pouvait faire marche arrière.

Alors, cette main qui saisit durement son poignet la surprit, et elle lâcha un hoquet, honteuse d’être ainsi étonnée. Quelques secondes plus tard, la force surhumaine du vampire la força à se relever, et elle pénétra bon gré mal gré dans la demeure, trébuchant sur ses pieds. Elle serait tombée si ce n’était la main de fer qui attrapait son poignet, et elle se voyait déjà attirée vers les confins de cette immense bâtisse. L’idée d’être terrorisée (de mourir) ne lui traversa même pas l’esprit alors qu’elle se retrouvait assise, sans avoir protesté, devant un comptoir. Elle fut surprise d’y voir de la nourriture — les vampires mangeaient-ils vraiment alors ? Elle savait qu’ils en avaient la possibilité, mais elle ne pensait pas qu’ils en avaient forcément envie. Une assiette brûlante — bien trop remplie — fut posée devant elle, et Siobhán la contempla, confuse, avant de relever les yeux vers la psychiatre. Les intentions du médecin n’étaient certainement pas claires, et l’Irlandaise n’avait pas la tête à manger ; n’avait la tête à rien d’ailleurs, bien trop occupée à ressasser souvenir après souvenir. L’Omega avait un effet désastreux sur son cerveau, et loin d’être euphorique, elle était horrifiée de pouvoir soudainement sentir en détail toutes les saveurs de son plat, elle était aveuglée par les lampes. Elle voulut partir, alors, mais la voix du vampire la figea.

C’était ce qu’elle craignait le plus qui franchit les lèvres délicates de l’être immortel, et Siobhán resta là, prostrée, à la fixer. Elle déglutissait difficilement, et les larmes lui montaient aux yeux, sans qu’elle ne puisse rien y faire. Le regard de Meredith semblait lire en elle tout ce qu’elle dissimulait — mal, certes, mais tout de même ; et l’Irlandaise ne s’était jamais sentie aussi vulnérable qu’à ce moment-là. La déception, claire sur le visage centenaire, la faisait trembler, et elle attrapa la fourchette qui lui était fourrée dans la main sans réfléchir. Elle était bien consciente de la menace qui planait dans la voix du vampire, et elle obéit sans attendre, plantant l’objet dans le plat et se forçant à avaler une bouchée. Elle n’en voulait pas, pas quand l’Omega exacerbait toutes les saveurs jusqu’à lui donner la nausée, mais l’idée de décevoir une nouvelle fois son médecin la glaçait, si bien qu’elle engloutit une partie de son assiette en quelques courtes minutes. Elle s’obligea à faire une pause, pourtant — ayant peur de s’étouffer à la vitesse où elle mangeait — et elle posa sa fourchette, ses mains se rejoignant dans un automatisme nerveux. Elle pinça délicatement la chair entre son index et son pouce, pour se garder présente, autant que possible ; pour empêcher son esprit de divaguer. Combien de pièces cette bâtisse avait-elle ? Meredith dormait-elle dans un cercueil ? Dormait-elle tout court ? Etaient-elles seules, ici ? Siobhán était-elle la première de ses patients à pénétrer ce lieu ? Focus, Siobhán. « You sounded just like my brother, you know. » Dit-elle alors légèrement, sur le ton de la conversation. Elle avait repris sa fourchette, mais elle ne mangeait plus, bougeant simplement sa nourriture d’un côté à l’autre de l’assiette. Le silence du vampire la rendait anxieuse, alors elle s’efforça de continuer, pour le meubler. « ‘Are you stupid ?’ » Elle eut un rire, self-depreciative, et secoua la tête. « Apparently. » Murmura-t-elle alors, relâchant la fourchette pour prendre sa tête entre ses mains.

C’était comme si elle n’apprenait jamais de ses erreurs. Certes, l’Omega l’aidait généralement à dormir, étouffait ses pouvoirs jusqu’à-ce qu’elle en fût libre — et elle ne pouvait s’empêcher de penser, soudainement si sa consommation quasi-permanente lui permettrait un jour d’en être privée totalement (elle espérait). Elle ferma les yeux, et tira légèrement sur ses cheveux, forçant son cerveau à revenir dans l’instant présent, à se concentrer sur la présence en face d’elle — présence qu’elle avait recherchée inconsciemment. « I’m not a junkie. » Elle rouvrit les yeux, assez pour les fixer sur la forme du vampire. Elle gardait sa tête entre ses mains, pourtant, agaçant des mèches de cheveux avec ses doigts.  « It’s not why I take it. I don’t care about the high ; if anything, it’s an inconvenience. » Elle soupira alors, posant une main maladivement agitée sur la table, alors qu’elle détournait finalement le regard, pour le poser à nouveau sur son assiette, dont la vue lui aurait presque donné la nausée. « It just … It shuts it down. My Thing. It stops. I don’t feel it in my veins anymore, always crawling, waiting to be set free. » Elle se mordit la lèvre, laissant le silence durer, alors qu’elle fermait les yeux à nouveau, presque soulagée. « It’s like I can finally breathe. I’m not afraid of breaking things anymore ; hell, of killing people. » Elle crispa sa mâchoire, écartant son assiette d’un geste un peu trop brusque. « They weren’t the nicest people to have around, but they didn’t deserve to die. » Car cela revenait toujours à cela, au final. Ses parents. Ceux qui ne l’avaient jamais aimée — ou alors peut-être qu’elle en avait toujours trop demandé, peut-être que l’amour n’allait jamais plus lui que ce qu’ils lui avaient offert ; ceux qu’elle avait tué sans le vouloir. Sa culpabilité ne la quitterait jamais, se dit-elle, alors que des années plus tard elle n’arrivait toujours pas à penser à autre chose.

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MessageSujet: Re: And every demon wants his pound of flesh — PV Meredith Ven 22 Sep - 16:43

& every demon wants his pound of fleshSo just trust me, you'll be just fine I need your trust just for tonight. This is not a place in my head, reach out your hands and tell me just what you feel. This is not just all in your head, mind over matter makes these things feel so real. — PVRIS« What a petulant child… » — Devant la mine renfrognée de Siobhán, Meredith ne pouvait penser qu’à cette analogie : la jeune femme se comportait comme un enfant capricieux. Elle s’occupait, pourtant, l’écoutant d’une oreille attentive sans jamais cesser de faire autre chose de ses mains. Elle lui fit une tasse de thé brûlante, se servit un thé, elle aussi – qu’elle ne boirait pas, mais allons, quelle importance – et finalement un autre verre de vin. C’était presque normal de voir des verres à pieds trainer partout, dans chaque pièce de cette maison, mais Meredith ne s’en plaignait pas ; ça lui donnait l’illusion que cette maison était plus habitée que la réalité. Déposant alors la tasse fumante devant la sorcière, Meredith prit enfin la peine de la regarder, à nouveau. Elle avait l’air à bout, fatiguée, épuisée, tant moralement que physiquement. Jamais encore elle ne l’avait vu en si piteux état et ça la dérangeait, presque. Elle connaissait les plus sombres pensées de la jeune femme mais n’avait encore jusque là pas percé l’abcès : il fallait que l’initiative vienne de la patiente, et non du médecin.

Soupirant alors, la sangsue vint finalement s’asseoir en face de son hôte, son verre sécurisé dans l’une de ses paumes, déjà trop vide à son goût. L’assiette de Siobhán devait être froide, maintenant, mais son invitée s’était au moins forcée à en avaler quelques grosses bouchées et la vampire espérait – même si elle ne doutait pas de ses talents de cuisinière – que cela lui ait plu, malgré les désagrément de l’Omega. Maintenant, ‘l’enfant’ semblait se perdre dans ses rêveries, repensant sûrement à ses parents qu’elle avait, par mégarde, tué dans un accès de magie. Cette culpabilité, Meredith la comprenait tout comme elle la méprisait. Siobhán se sentait coupable pour des raisons qu’elle trouvait futiles et cherchait, en conséquence, des solutions tout à fait inaccessibles et ça, ça rendait la psychiatre verte de rage. Pourtant, même si durant leurs séances elle avait toujours su peser ses mots, ce soir, elle n’avait ni la patience, ni l’obligation de le faire. Bien que l’étique ne disparaisse pas en dehors du cabinet, Meredith sentait, savait qu’elle allait l’oublier, de toute façon… Alors ce soir, dans quatre jours ou six mois, l’instant  n’importait plus. Toutes ces fois à l’entendre se ‘cracher’ dessus, à l’entendre se plaindre de ses pouvoirs, cela n’avait plus d’importance maintenant : Meredith avait fait son choix, et, le vampire terrassant le psychiatre, elle se releva d’un bond, passant sa main libre dans ses mèches rousses et laissant un rire sec et glacial briser le silence qui avait pris place après les derniers mots de Siobhán. « Maybe I sound like your brother because just like him I care ?! » - elle faisait à présent les cents pas derrière son îlot et si elle s’était sentie d’humeur à le faire, elle aurait peut-être cuisiné, occupé ses mais pour se calmer. – « And stop with your self-depreciating habit, will you ? You are not stupid you’re just… Lost and misguided by your fears. » Enfin. Enfin elle lui crachait les mots que le psychiatre, jamais, n‘aurait pu lui dire en séance. Faisant fi de ses ‘pincettes’, ou même de son attitude toujours neutre ou positive, Meredith entrait dans le vif du sujet, sans préambule ni fioritures. « Your ‘thing’ is a gift, Siobhán, and you need to learn to control it. Trying to shut it down is a waste of time. » Engloutissant son verre d’un trait, elle le reposa dans un bruit de verre brisé, alors que sa main s’ouvrait légèrement, laissant une perle aux reflets carmins couler avant que sa main ne soit de nouveau intacte et vierge de toute cicatrice.

« Come here. » N’attendant aucune réponse, elle prit à nouveau le poignet de la jeune femme et l’entrainait à sa suite pour aller s’installer dans sa vaste bibliothèque. Là, un feu crépitait doucement, plongeant la pièce dans une ambiance orangée et ajoutant aux odeurs de papiers, celle, plus cendrée, du bois qui se consume. « Sit. » Le nouvel ordre jeté, Meredith s’installa dans une marquise, sans prendre la peine de resserrer sa robe de chambre. Le vampire prit une grande inspiration, avant de poser ses mains sur ses tempes ; elle aussi, semblait lasse. « Stop lying to yourself, darling. You are a junkie. You need your shot of Omega because it makes you feel someting… » - Elle soupirait, gênée d’avoir les mains vides et surtout gênée de devoir en arriver là. « Who gave you that shit ? Was it safe or are you byuing your drugs from some cheap dealers, some cheap vampires running out of money ? » - elle fulminait, se refusant encore à la regarder dans les yeux. – « You will stop buying Omega to them right now Siobhán do you hear me ? » Elle s’était relevée, marchant frénétiquement et se forçant à concentrer son esprit sur quelques tranches de bouquins alors qu’elle savait déjà qu’elle allait franchir le pas, ce pas de trop qui fait basculer une relation professionnelle vers quelque chose d’autre, quelque chose de plus flou et surtout, de plus dangereux. « You need to understand that I can no longer be your therapist, Siobhán. Not anymore, not after what I’m going to tell you. » Enfin, enfin elle se tenait droite, fière et presque hautaine dans une posture qui pourtant hurlait la nonchalance. « From now on and when you’ll feel the need to have some Omega you will come here. I cannot tolerate your lake of discernmen and I don’t want you to take inconsiderat risks when I can provide healthy blood for you. Am I clear ? » Il lui était maintenant impossible de faire marche arrière. Et elle n’en avait pas envie, de toute façon… Il fallait juste que Siobhán accepte, après tout, et Meredith n’avait aucune crainte à ce sujet : encore une fois, la jeune femme voudrait à tout prix ne pas la décevoir, après tout. Lentement, le vampire s’approcha de son invitée, apaisée et plus calme que l’instant d’avant. Presque maternelle, elle vint caresser la joue de la jeune femme alors qu’elle esquissait un sourire qui se voulait rassurant. « I will help you darling. I will help you with your addiction and most importantly with you powers. You don’t need to be afraid anymore, I’ll take care of everything… Do you trust me ? » La question, simple, dans le fond, avait bien plus de profondeur aux yeux du médecin et elle espérait que son sens caché parvienne jusqu’à l’esprit embué de l’irlandaise. « I will teach you how to controle your ‘thing’, Siobhán but you need to trust me. »

Son regard brillait presque, dans la douce pénombre de la bibliothèque et seule le crépitement du foyer venait déranger les murmures rassurants de la rousse. Elle voulait l’aider, c’était vrai, mais elle décelait aussi tout ce que ces pouvoirs pourraient lui offrir, à elle. Et dans son égoïsme, elle était prête, pourtant, à lui tendre la main. Bien consciente de rendre sa patiente plus dépendante d’elle encore, elle ne pouvait pourtant clairement pas se plaindre de la tournure des évènements ; elle y gagnait au change et peut-être pourrait-elle, un jour, goûter à ce sang qui battait dans ses veines. Manipulatrice, Meredith l’avait toujours été, et elle pensait avoir joué un coup de poker, encore peu alerte sur l’implication que cela lui demanderait, encore peu consciente de l’impact qu’aurait cette femme, dans sa vie. Sans un mot de plus, elle lui prit la main et l’emmena, encore, dans une autre pièce. « You need to sleep, darling. Here’s the guestroom. I’ll be near if you need me. » Elle ne voulait pas que la nuit s’arrête ainsi, mais Siobhán, sorcière qu’elle était, mortelle qu’elle était, avait besoin de dormir, elle. Elle se montrait hésitante à la laisser, là, et se perdait dans les yeux de la jeune femme. Non, décidément, Siobhán lui jetait au visage - sans même le vouloir - bien des raisons de se sentir coupable, elle aussi, de vouloir jouer avec elle ainsi. Pour l'une comme pour l'autre, la dépendance n'était maintenant plus à prouver.
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MessageSujet: Re: And every demon wants his pound of flesh — PV Meredith Jeu 5 Oct - 11:44


 
And every demon wants his pound of flesh
(julia stone) ▽ And I feel as I've been here many times before,
as I kneel and I pick up the pieces on the floor.  


La réaction du vampire n’était pas celle qu’elle attendait, et l’Irlandaise sursauta, le rire de son hôte l’arrachant violemment à ses pensées. Elle fixa la forme centenaire sans la voir, les yeux troubles et confus, alors qu’elle se recroquevillait juste un peu sur elle-même, la colère de son médecin la glaçant. C’était tout ce qu’elle détestait, qu’on lève le ton à cause d’elle, qu’elle soit une déception, encore, et ce sentiment était exacerbé par le fait que ce soit Meredith, entre tous, qui s’énervait en face d’elle. La vérité des mots du vampire ne parvenait pas au cerveau de la sorcière, et elle était incapable de croire que cette dernière puisse effectivement véritablement s’inquiéter pour elle. Elle ne méritait pas une telle attention, pas quand tout ce qui la caractérisait était une forme terrible de lâcheté et de peur. La violence des mots de Meredith la choquait, et Siobhán restait à la fixer, incapable de prononcer un mot, manquant même la volonté de chercher à se rebeller dans les termes cruels qu’elle pouvait à peine comprendre. Le vampire n’avait jamais fait preuve d’un tel manque de tact à son égard, depuis qu’elles se connaissaient, et l’Irlandaise avait peur de ce que cela voulait dire. Avait-elle abandonné ? Allait-elle la renvoyer, lassée par son manque de progrès ?

Ce fut le bruit d’un verre brisé qui la fit finalement réagir, alors que ses yeux retrouvaient leur focus pour se concentrer sur le sang qui maculait à présent la main de Meredith, avant de remonter vers les yeux du vampire, secouant la tête légèrement. « It may seem like a gift to you, but you don’t know what it’s like to be lacking that much control. It’s not a gift, it’s a curse, and I don’t want it. I never wanted it. Not when it meant that my parents, the ones that wanted me, would look at me like I’m a thing to be feared, or studied. » Car c’était là qu’était la base de son obsession ; sa mère adoptive et son manque de compréhension, le besoin viscéral de se faire accepter dans cette famille qui avait voulu d’elle juste assez longtemps pour l’adopter, mais plus assez pour l’aimer. Et c’était à ses pouvoirs qu’elle avait associé ce manque d’amour, d’affection ; ce rejet perpétuel de la part de ses parents qui ne lui avaient jamais rien adressé d’autre qu’une indifférence polie.

Elle n’eut guère le temps de s’enfoncer dans des pensées sombres, cependant, alors que son médecin l’attrapait par le bras, l’attirant sans attendre de réaction vers les couloirs de son manoir, jusqu’à une bibliothèque imposante que Siobhán aurait adoré observer. A présent assise, elle empêchait son regard de la distraire, et se força à se concentrer sur la forme assise en face d’elle, observant la chair découverte d’un œil appuyé mais désintéressé par l’Omega ; presque distraitement, comme si elle ne réalisait pas la vue d’un décolleté qui l’aurait d’ordinaire faite rougir. Meredith l’accusait, et l’Irlandaise voulait se rebeller, affirmer qu’elle n’était pas un junkie – comme elle aimait à se le répéter à chaque dose – she knew better. La sorcière était enfoncée dans le déni, mais pas assez pour ne plus être lucide quant à sa condition. Alors, elle baissa la tête, incapable de soutenir le regard de son interlocutrice alors qu’elle appuyait vérité après vérité, déchirant douloureusement les pansements de mensonges maladroitement appliqués par Siobhán. La voix du vampire se faisait plus forte, et elle geint malgré elle, se recroquevillant dans ce fauteuil alors qu’elle hochait la tête en réponse, incapable de ne pas obéir à Meredith, incapable d’imaginer faire autre chose que sa volonté. Cette faiblesse la dégoûtait ; elle se dégoûtait, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher, affamée d’une moindre miette d’approbation, quelque chose qui lui donnerait l’impression de ne pas être un gâchis d’espace.

Les prochains mots du vampire furent à peine entendus, mais ils choquèrent Siobhán, lui faisant relever la tête violemment alors que déjà des larmes coulaient, et qu’elle observait Meredith, sans comprendre. « W-What ? No, nononononono … You can’t do that, Doctor; you can’t give up on me. Please! Please, I’ll do better but don’t … Don’t send me away. Please don’t send me away … » Elle hoquetait, les sanglots secouant ses épaules alors qu’elle était incapable de comprendre ce que le vampire lui disait, à présent, tellement terrifiée qu’elle était prête à se mettre à genoux et à supplier, toute notion d’égo ou de fierté disparue. Il y avait quelque chose dans la voix du vampire, pourtant, une force qui força la sorcière à l’écouter, et elle se trouvait plus confuse à chaque seconde. Pourquoi lui dire qu’elle ne la traiterait plus pour ensuite lui proposer son sang ? Que souhaitait-elle accomplir ? Cela pouvait se voir dans ses yeux, alors qu’elle calmait ses larmes et qu’elle pressait sa joue contre la caresse si délicatement offerte, incapable de rejeter l’affection qui lui était portée. Plus tard, elle blâmerait ses réactions pathétiques sur l’Omega, mais elle savait que c’était plus que cela.

Mais Meredith lui proposait de l’aider, et cela voulait forcément dire qu’elle comptait la revoir, qu’elle n’allait pas la laisser ; c’était ce à quoi Siobhán se raccrochait désespérément, alors qu’elle avait attrapé le poignet de son médecin pour l’empêcher de retirer sa main, les yeux rougis de ses larmes et sa peau plus blanche encore que d’ordinaire. « I do. I trust you. But … What does it mean, that you can’t treat me anymore ? I … I’m not okay, Doctor. I need help. I need help, because else I’m going to drift away and I’m scared of what I might do. I don’t trust anyone else with my life but you. I need you. » L’Omega n’avait aucune importance, pas quand on regardait the big picture. Elle était assez lucide pour savoir qu’elle mettait elle-même sa vie en danger, par ses habitudes ou par ses simples pensées. Elle savait qu’il lui en faudrait peu pour franchir ce cap ; elle était un risque pour elle-même et si … Si Meredith ne la traitait plus alors … L’idée de se retrouver seule face à ses démons la faisait paniquer, et elle se raccrocha à la main de Meredith désespérément, alors qu’à nouveau elle se faisait entraîner dans les couloirs – pas vers la porte, pitié, pas vers la porte.

Elle ne s’attendait pas à être mise au lit, mais elle devait avouer que l’idée de s’allonger quelques heures était tentante (nécessaire). Elle avait besoin de dormir, viscéralement, et bien qu’elle doute de sa capacité à éteindre son cerveau assez longtemps pour parvenir à l’inconscience, elle espérait que cet environnement, dans lequel elle se sentait en sécurité, lui suffise. Mais elle ne voulait pas être seule, ne pouvait pas être seule, pas lorsqu’elle l’avait été toute sa vie. Alors, sa prise sur le poignet du vampire se fit plus forte, et elle arrêta son mouvement, mâchoires crispées. « Can you … Would you stay with me, until I fall asleep ? Please. » Elle non plus n’attendit pas vraiment de réponse, baissant la tête et lâchant Meredith, espérant qu’elle accepte. Elle pénétrait la pièce, se dirigeant vers le lit sans observer une seconde les alentours, et commença à se dévêtir, les vêtements tombant au sol les uns après les autres. Elle ne se sentait pas pudique, pas devant le vampire, et bien vite elle fut seulement en sous-vêtements, son corps trop blanc et trop maigre disparaissant rapidement sous les couvertures. Attrapant un coussin, elle le serra compulsivement contre sa poitrine, se recroquevillant sur elle-même, comme elle avait toujours l’habitude de le faire. Elle sentit le matelas s’enfoncer derrière elle, et elle relâcha le souffle qu’elle avait inconsciemment gardé, se détendant juste assez pour s’endormir, épuisée.

***


Lorsqu’elle ouvrit les yeux, la pièce était éclairée par le Soleil, et il lui fallut une longue seconde pour se souvenir d’où elle était. L’Omega n’avait plus de prise sur elle, et elle pouvait sentir sa magie vibrer sous sa peau, la faisant déglutir alors qu’elle se forçait à ne pas paniquer. Elle était seule dans la pièce, mais une mélodie parvenait jusqu’à sa porte, la séduisant alors qu’elle attrapait un drap, l’entourant autour d’elle alors qu’elle se faisait violence pour sortir du lit. Les souvenirs de la veille étaient flous, et elle ne passa que peu de temps à chercher à s’en souvenir, son crâne éclaté par une migraine qui pulsait derrière ses yeux. Elle n’avait nul doute qu’elle avait passé une partie de la nuit à pleurer, et elle rougit de honte, enfermant son corps plus durement contre le tissu délicat. Presque inconsciemment, ses pas la guidèrent vers la mélodie, à travers des couloirs qu’elle reconnaissait vaguement, jusqu’à la massive bibliothèque. Adossée contre le cadrant de la porte, Siobhán observa sans un mot la silhouette de son médecin caresser les touches d’ébène et d’ivoire. Seulement lorsque les mains se figèrent n’osa-t-elle casser le silence, sa voix rauque remplissant le vide avec hésitation. « Who taught you to play ? »

▲ Me, Myself & I
(c) AMIANTE

 


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I know you're bleeding, but you'll be okay + You'll find a rooftop to sing from, or find a hallway to dance. You don't need no edge to cling from, your heart is there, it's in your hands. I know it seems like forever, I know it seems like an age. But one day this will be over, I swear it's not so far away
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And every demon wants his pound of flesh — PV Meredith

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