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2 Guys 1 Coin

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Vampire

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MessageSujet: 2 Guys 1 Coin Dim 20 Aoû - 19:03



Lorsqu'on voyait Brett Walker, une pensée venait immédiatement à l'esprit : Petit con pété de fric. Il avait toujours la tête haute, comme si elle était attachée a un fil tiré par le Saint Patron de l'argent. Cette tête toujours haute était couronnée par des cheveux blonds coiffés impeccablement, refusant de se soumettre aux caprices du vent. Sur son nez droit et légèrement retroussé trônaient souvent une paire de Ray Ban qu'il gardait même la soirée. Ses costumes étaient sur-mesure et ses chaussures italiennes étaient toujours parfaitement lustrée. Il riait fort à ses propres blagues en montrant ses dents trop blanches.
Lorsqu'on apprenait à le connaître, on avait une révélation : il était réellement, positivement, absolument un petit con pété de fric, et à celà s'ajoutait le qualificatif de fils à papa. Il aimait parler de lui, évidemment, et on apprenait vite qu'il était directeur adjoint d'une société de ventes aux enchères dirigée par son paternel. Si on creusait un peu plus (et, sincèrement, pourquoi le voudrait-on), on apprenait également qu'il était fan de belles voitures de sport, qu'il faisait du polo, mais surtout qu'il transportait parfois avec lui, dans une malette solide, de l'argent afin d'acheter aux antiquaires quelques objets anciens pour le compte de son père.

Ethan n'avait pas pris le temps de faire connaissance avec Brett Walker. Il n'avait pas cherché à creuser et en apprendre plus sur sa passion des voitures de sport ni sur ses performances au polo. Il en était resté à la première impression et avait conclu, comme tant d'autres, que Brett était un petit con pété de fric. Il ignorait ce que contenait la malette quand il vit le jeune homme dans la rue. Il avait seulement remarqué le beau costume, les lunettes hors de prix, les chaussures brillantes, et le bel attaché-case. Peut-être que celui-ci ne contenait que des documents ou des rapports comptables, mais Ethan n'en avait pas grand chose à faire : il y avait une possibilité qu'il y ait de l'argent là-dedans, et il avait envie de tenter sa chance. Voir cet empafé sortir de sa bagnole de riche et se diriger vers le quartier des antiquaires de Salem lui avait suffi.

En fait, il serait faux de dire qu'Ethan Wheeler ne fit pas connaissance avec Brett Walker : Pour être plus précis, le front d'Ethan fit fortement connaissance avec le nez de Brett dans un coup de tête ravageur.
Le jeune directeur adjoint tomba à la renverse, lachant sa malette. Sonné, il se teint le nez et gémit, son beau costume s'imbibant de l'eau sale d'une flaque. Il était encore trop dans les vappes et resista à peine quand son agresseur lui fit les poches et s'empara de son portefeuille. Il secoua la tête, essayant de reprendre ses esprits, puis il tendit faiblement la main en essayant d'attraper sa malette qu'Ethan ramassait à deux pas de lui.

- "Reste au sol, salope." Fit le vampire. Les diverses menaces proférées par le jeune flambeur étaient inaudibles, tant il avait de sang dans la bouche et tenait toujours son nez cassé. Ethan se retourna et couru, le sourire aux lèvres. Il n'y avait pas vraiment de quoi être fier, mais il s'en fichait pas mal.

Le cliché courant était que les vampires roulaient tous sur l'or. Ce stéréotype n'était pas forcément faux, ils avaient eu des décénnies pour amasser une fortune, par la force, par hypnose, ou même par des placements judicieux en bourse. Ethan était encore un tout jeune vampire qui avait une philosophie basée sur le Carpe Diem. Sa situation financière avait toujours été limitée, tout simplement parcequ'il n'était pas très prévoyant. S'il avait besoin d'argent, il trouvait un petit boulot, faisait des combats, volait parfois. Il avait tout récemment trouvé un travail au Midnight Circus, mais sa première paye n'était pas encore tombée et il avait besoin d'une télé. Le petit appartement pourri qu'il s'était trouvé à Salem était à peine meublé, et il s'y ennuyait vite. Il était sorti pour se racheter des clopes et trainer un peu et avait vu cette proie facile, ce petit branleur habillé comme un ministre, qui sortait de sa Lamborghini orange. L'occasion avait été trop belle.

La malette toujours en main, le portefeuille toujours en poche, Ethan arrêta de courir. Il eut un petit rire. Lorsqu'il était humain, il n'était pas le coureur le plus rapide. Devenir vampire avait amélioré bien des choses, sa vitesse s'était décuplée.
Il était arrivé aux abords de Salem. Il sortit son paquet de cigarette pour s'en allumer une. La nuit était belle, il avait eu envie de se dépenser et ce petit vol sans prétention l'avait agréablement distrait. La course lui avait envoyé un bon petit boost d'adrenaline, et la nicotine acheva de le mettre définitivement de bonne humeur. Il fit un p'tit tour sur lui-même et enchaîna un p'tit pas de danse en fredonnant une chanson, le sourire aux lèvres.
- "Quoi, y a un problème ?" Grogna-t-il à l'encontre d'un passant qui l'avait dévisagé. Il se sentit un peu idiot. Ben merde, quoi, on avait pas le droit d'être jouasse ?

Ethan alla s'asseoir sur un banc et prit le portefeuille dans sa poche pour en examiner le contenu. Une Gold, une AmEx, une Visa. Trois cartes de crédit d'un coup, ça va, y'en a qui se font pas chier... Il trouva également une carte de membre d'un club de gentlemen huppé, un permis de conduire et une carte de licencié d'un Polo Club au nom qui sentait l'argent et la frime. Il avait gardé le meilleur pour la fin et sortit du portefeuille 450 dollars en liquide.
- "Ouh ouh, ça c'est pour papa !" Chantonna-t-il en roulant les billets pour les mettre dans sa poche intérieure. Il garda également les cartes de crédit, mais sans grand espoir de pouvoir les utiliser. Il pourrait peut être tenter de faire un ou deux achats sur le net avec, puis s'en débarasser avant que la police ne le repère... Il n'était pas encore sûr de la manière dont fonctionnait la police de Salem, mais dans une ville comme ça, les vampires ne devaient pas être au dessus des lois et les agents devaient être bien entraînés.
Il prit ensuite la malette et la posa sur ses genoux. Il frotta ses grandes mains calleuses en soufflant un nuage de fumée de cigarette.
- "Et maintenant Mesdames et Messieurs, le plat de résistance." Entonna-t-il pour des spectateurs imaginaires. Il fit claquer les loquets de l'attaché-case et ouvrit la malette.

- "Putain, fait chier." Souffla le vampire, sa tête et ses épaules tombant un peu. Le bagage contenait en tout et pour tout une petite collection de pièces anciennes américaines, une dizaine environ, dans une boîte fine de la taille d'une carte postale, quelques dossiers, et un pendentif. Il regarda les pièces. N'étant en rien numismate, il ignorait leur valeur. Elles dataient des années 50, peut être qu'il irait voir un antiquaire pour les faire estimer et les refourguer. Il ne montra aucun intérêt aux dossiers et porta son attention sur le pendentif. Une chaîne fine en or, aux maillons serrés, usés et sales par endroits. Comme médaillon, encore une pièce. Elle était en or également, elle ressemblait à ces vieilles pièces japonaises et avait un trou carré en son centre par lequel la chaîne passait. Ethan la rapprocha de ses yeux, par curiosité, afin de mieux voir les signes inscrits. Ça ne ressemblait pas à des écritures asiatiques, mais plutôt à des runes nordiques. Du moins, c'était ce qu'Ethan en déduit, il n'était pas un expert, loin de là.
Il gratta de son ongle une petite trace de saleté sur la pièce et, pendant un très bref instant, il imagina qu'un génie allait se matérialiser comme s'il s'était agi d'une lampe magique. Il eut un petit soupir, les yeux toujours fixés sur la pièce. Après quelques secondes de contemplation, il passa la chaîne du pendentif autour de son cou. Aucune manifestation surnaturelle à nouveau, mais Ethan eut la légère impression d'entendre de très faibles murmures derrière lui. Il tourna la tête. Personne. Il se retourna, fronçant les sourcils en se grattant l'oreille. Il prit la petite collection de pièces qu'il glissa elle aussi dans sa poche intérieure avec les billets. Il ferma la malette et tapotta ses mains dessus. Son sourire revint un peu. Au final, c'était pas si mal ! Il y avait les billets trouvés, et, qui sait, la dizaine de pièces anciennes et le sou runique en médaillon se revendraient peut être un bon prix. Il faudrait par contre qu'il trouve une voiture afin de se rendre dans une ville plus éloignée pour refourguer tout ça. Si la police était sérieuse, elle saurait suivre la trace de ces breloques...
À ce bilan matériel s'ajoutait la satisfaction d'avoir étalé un petit merdeux friqué. Cool.

Le vampire se leva et jeta la malette et le portefeuille quasiment vide dans une poubelle publique. Ayant fini sa cigarette, il s'en ralluma une autre et marcha tranquillement, prenant la direction du quartier de Salem où etait son appartement.
À quelques kilomètres de là, non loin du quartier des antiquaires, Brett Walker s'était relevé et regardait son téléphone portable. S'il appelait Walker Père, il risquait l'engueulade du siècle. En effet, il n'était pas sensé être à Salem. Son paternel détestait cette ville qu'il jugeait remplie de dégénérés et d'aberrations contre-nature et, par question de principe, refusait d'y acheter quelconque objet pour d'éventuelles ventes aux enchères.. Le vieux haïssait tout ce qui était en marge, que ce soit par la couleur de peau, l'orientation sexuelle, ou le surnaturel. Walker Fils n'était pas forcément plus tolérant, mais il aimait le mystère, la débauche et les frissons à deux balles que lui procuraient ses visites dans cette ville qu'on disait dangereuse.
Il avait bravé l'interdiction parentale. Il avait fait affaire avec des marchands de Salem et il avait prévu de se rendre dans un bordel ou autre lieu du même acabit. Cerise sur le gâteau, il s'était fait agresser et s'était fait voler les deux objets qu'il avait acquis avec l'argent de papa.
Brett renifla, avalant un peu de sang, et rangea son portable dans sa poche. Depuis le temps qu'il visitait cette ville, il avait appris quelques choses par ci par là, notamment qu'on pouvait faire appel à des espèces de chasseurs pour régler certains petits problèmes. Non, il n'allait pas appeler son père. Il allait régler le souci lui-même, comme un vrai boss.

Walker remit ses lunettes de soleil cassée sur son nez qui l'était aussi et alla en quête de plus amples informations sur les Contrats des Chasseurs.
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#5D787D
MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Sam 26 Aoû - 20:50

2 Guys 1 Coin

Ethan & Luka




Le soleil dans un interstice de la persienne lui saccage la face. Mine exténuée, Luka grogne et se retourne et damne la Terre entière pour le nouveau jour qui s'annonce. Il est défoncé à petits coups de nuits blanches. À grands coups de veillées et délires nocturnes.
Cervelle arrachée hors du crâne. 
Les minutes défilent. 
Le temps s'allonge et le buste recroquevillé sur le divan, l'enfant perdu à travers l'homme se rendort. Un sommeil presque paisible, presque réparateur. Si on enlève le bourdonnement insupportable de la musique, en fond, qui dans l'appartement condense son anarchie. Si on enlève également la télévision et les images qui y défilent, les lumières et variations qui explosent la pénombre. Les écrans bleus des ordinateurs gerbant leurs ondes, nocives, qui dévastent l'être, à ce qu'ils prétendent. Du genre gangrène des neurones, pulvérisation de l'esprit et encore et toujours le bruit le bruit le bruit partout qui lui démonte un peu plus les songes. 
Mais là, abandonné aux bras de Morphée, Luka n'en a plus grand-chose à foutre, c'est vrai. Ronflant, épris d'un monde inconnu, luttant et bravant une kyrielle de monstres lovés à l'intime, il s'agite et contracte les muscles, pourvu de cet instinct de survie qui le révulse. 
Et le portable s'allume, claque sa mélodie stridente – une mélodie basique, choisie au hasard de la liste fournie. Refrain de notes minables qui s'amoncellent et tranchent le voile mystique et chimérique, le néant et l'eau trouble. L'abîme intérieure sous les paupières closes. 
Ça lui fait ouvrir un œil puis l'autre, tendre le bras, chercher avec la main sur le bordel de la table basse l'appareil fou. Un verre tombe, renverse de la flotte sur les clopes, dans le cendrier plein à ras bord de mégots, sur des papiers, sur un carton de pizza où repose encore quelques bouts du cadavre aux anchois. Deux olives noires roulent et roulent et ça ne stoppe pas – le bruit le bruit le bruit démultiplié par la sonnerie qui fendille le cortex, perfore les tempes avec l'acharnement d'un marteau-piqueur miniature. 
Le portable crache son cri de sirène quand lui étire les doigts, le torse. Puis se vautre. Le poids emporté par la gravité. Sa masse chute sur le parquet et son front percute l'arête de la table basse. Et le portable, ce putain de portable, s'arrête de claironner tandis que le choc file la migraine file la gerbe file une envie de brailler que putain mais putain ça fait vraiment chier. Et c'est qui le connard qui appelle et c'est pour quelle putain de connerie aussi. Fait chier, qu'il faudrait ajouter, putain putain fait chier. Un lundi matin à onze heures, y a pas idée. Le rythme et les semaines éclatées par son statut de chasseur par son inertie chronique, son hyperactivité maladive aussi ; par son décalage avec la réalité, tout naturellement. 
Le silence relatif et le recommencement, moins de trois secondes après. 
Salves miséreuses, cataclysme psychique. Luka saute sur le monstre métallique et dit :
— Quoi putain quoi, en appuyant sur le rond vert affiché à l'écran.
— Un contrat mec, un truc discret, vite fait. 
— Tu pouvais pas envoyer un sms trou d'cul ?
— Le mec dit qu'il veut régler ça vite. J'fais circuler l'info.
— Y en a combien sur le coup ?
— Pour l'instant pas plus d'trois.
— C'est quoi le délire, rage-t-il. Ça pue c'est ça ? Ça pue sale comment.
— Un prob' avec un fils à papa qui s'est fait chourer son attaché-case.
— Et y a quoi dans son putain d'attaché-case.
— Il a pas détaillé, il a juste donné des infos sur un type et sur un pendentif. Il veut le mec vivant ou mort – mais surtout mort – et récupérer son bien. 
— Pourquoi il passe pas par la voie normale.
— Papa sera pas content. Et j'crois que le type magouille d'genre antiquités et toutes ces merdes-là. 
— Ok, ok. Envoie les infos. 
— Tu prends ?
— J'ai b'soin de liquidités. C'est combien.
— 2 mille si tu ramènes son joujou. 3 mille si t'ajoutes avec la tête du type. 
— 3 mille ? 3 mille sans déconner. Il ricane, sent déjà la merde lui éclabousser la trogne. Et ça l'excite. C'est quoi ce type, au juste.
— D'après les infos et la revente dans les villes du coin j'suis remonté jusqu'à une sangsue. Jeune. Pas à son premier coup. Il a juste pas tapé sur l'bon type là. Il devrait pas trop poser d'problème. 
— Ok je prends. 
La communication est coupée. Le cul se soulève, non sans difficulté. Coincé entre le divan et la table basse, Luka lutte pour s'extraire du fossé. Démarche bancale, il tend les bras à l'horizontal pour ne pas perdre l'équilibre et se flanque ensuite sur son fauteuil, tourne, roule jusqu'à pouvoir taper l'adresse sur son clavier. Cherche les données que Stan lui a envoyées. Une liste, des photographies pour dire de trouver la tête de con, et son arrêt de mort, le terminus et 3 mille dollars pour adoucir la crasse incrustée à l'âme, le sang sur les doigts. Un presque mort. Et une mort définitive. Luka serre les mâchoires, fronce les sourcils, tente de se concentrer, d'ingérer les informations, de les imprimer tandis que les synapses se font la guerre et les pupilles brûlent, forcent à battre des cils pour ne pas perdre la vue. Brouillard aux perceptions, la somnolence repoussée. 
Vingt minutes plus tard, Luka est prêt. Sort de sa piaule et entame sa maraude dans les rues de Salem, à la recherche de la petite enflure à dents longues. 

- - - - - - - -

Ruelles sordides et puanteur abominable. Les ordures entassées dans les bennes qui vomissent leurs sachets et leurs cartons ; et les rares noctambules admirant la lune se font la malle, dès lors qu'il relève le piff et plante ses prunelles dans la moindre silhouette qui puisse renseigner, qui puisse indiquer. Personne ne veut parler, par-ici. Personne ne veut se frotter à un mecton comme lui, surtout. Tee-shirt et sweat, capuche vissée au crâne et jean. Il a tout d'une dealer de base, de l'enfoiré qui cherche les embrouilles. Et ça fait fuir les braves gens ou les peureux, et ça affriole l'attention des plus furieux. Mais il ne répond rien et il avance. Il flaire et cherche surtout. Son calibre planqué dans le dos, au creux des reins. Balles emplies de poudre et de verveine. Deux lames trempée dans cette identique saloperie. Une à chaque flanc. Luka, il présuppose que si ça ne suffit pas, s'il doit vider son chargeur et perdre ses lames dans la tripaille du monstre, il lui restera les poings et les dents. Un sachet de cendre de sorbier dans la poche arrière pour emprisonner, pour asticoter si nécessaire : Dernier recours.
Et il se rappelle de Stan, Stan et sa parole : il est jeune. Il ne devrait pas poser de problème.
Et Luka, il se rappelle aussi de lui-même et soudain ça lui vrille les nerfs. Il est jeune. Et toute son existence est un gros problème.
Un soupir s'évade hors de ses babines et dans l'obscurité de l'allée qu'il remonte, il chope son paquet de clopes, niche une tige entre ses lèvres, sort le briquet. La flammèche au bout de la cibiche sur laquelle il tire. Inspire. Fumée grise dans les bronches et attente et analyse de l'endroit en arrière-plan. La proie vivote souvent dans le quartier et deux autres. Et Luka, il a opté pour celui-ci comme on joue à Pierre-papier-ciseaux.
Ainsi, il fume, sur le trottoir où ça criaille et ça ricane. L'endroit peu fréquenté, un restaurant et un bar accolé dont il essaye de lire les noms en sinuant sur les néons qui lui pètent les rétines.
Il plisse les yeux. Le bleu des iris devenu fentes en lagune. Et ça continue de glousser et ça interpelle et ça l'interpelle, lui.
— Hey, jappe un gros blond.
— Ouais toi, là, ça ajoute par derrière.
— T'cherches quelq'chose, ça demande en se marrant méchamment.
Un majeur levé bien haut en guise de réponse déclenche les hostilités.
On vient à lui et Luka hausse les épaules. Un poing est comprimé et trace dans son champ de vision une ligne blanchâtre. Il laisse les phalanges percuter sa gueule. Lippe qui craque et gencive qui suinte et cigarette qui s'envole. Il liche le sang – son sang – en prémices des coulées qui s'en suivront puisqu'il répond, dans l'expiration qui suit, cette fragile seconde où l'hésitation se peint sur les visages. Coups de boules et coups de poings se mêlent et se joignent et la fragrance ferreuse à l'atmosphère s'éparpille, s'élève, assez pour attirer au piège grossier quoique douloureux quoique jouissif et notablement efficace ; tout un tas de viandards livides – et Luka espère dénicher dans le tas, celui dont il a le portrait, imprimé et plié en quatre, dans la poche avant de son jean. Ethan. Ethan xxx. Le nom effacé de la psyché tant l'adrénaline débute sa course en intraveineuse, lui irradie les membres, lui nique la tête. Bagarre de rue à trois heures du matin, dans une venelle pouilleuse au Nord de Salem.

© MR. CHAOTIK



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MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Dim 27 Aoû - 13:46

De son vol, Ethan n'avait gardé que la pièce runique. Il avait préféré ne pas tenter le diable et s'était débarrassé des cartes de crédits. Il avait pris la route pour une ville à quelques kilomètres de Salem et avait rendu visite à un antiquaire qui lui avait acheté la petite collection de pièce des années 50 pour un montant de 720 dollars. Au final, la conclusion de cette affaire était parfaite : Pas d'embrouilles et du fric, que demande le peuple ? 

Le premier antiquaire chez qui il était allé n'avait pas montré d'interêt pour la pièce en médaillon. Il était donc passé en voir deux autres, sans plus de succès. Enfin, il avait rendu visite à un préteur sur gage qui lui dit que la pièce ne valait pas grand chose et ne lui en proposa que son prix au poid de l'or, ce qui effectivement n'était pas beaucoup. À ce prix là, Ethan avait préféré la garder. Oui, bien sûr, ça représentait un risque de se faire repérer par quelque relation du gosse de riche, mais le risque était minime.
De toutes façons, il n'avait pas eu de nouvelles de la part du petit bourgeois qu'il avait étalé. Il s'était attendu à peut être voir quelques policiers fouiner aux alentours de son quartier. Il avait aussi imaginé quelques hommes de main, plus efficaces que les flics, qui auraient pu tenter de le chopper pour le faire payer. Mais rien. Nada. Keutchi. Soit les gosses de riches ne savaient plus comment se venger, soit Ethan était juste trop doué et était passé entre les mailles du filet !


Alors que Luka zonait dehors à sa recherche, Ethan prenait du bon temps. Avec l'argent facilement gagné, il s'était payé sa télé et avait même pris une console et quelques jeux. Et ce soir même, alors que Luka s'allumait une clope sur le trottoir, Ethan n'était pas chez lui. Alors que le chasseur levait son majeur pour répondre à des petites frappes, le vampire prenait une pute en une levrette furieuse, dans un appartement vétuste où la demoiselle ramenait ses clients. Les yeux rivés sur la nuque de la professionnelle, il reflechissait sur son sort. La question n'était pas de savoir s'il allait la boulotter : ça, c'était certain. Il s'était levé avec une faim de loup qui grandissait et serait dévastatrice post-coït. La question était où est ce qu'il la mordrait. Plutôt le cou, plutôt l'aine, il ne savait pas encore.
En bas, à quelques mètres de là, le poing d'un mec s'écrasa dans la face de Luka, faisant gicler le sang. Ethan fila un grand coup de rein et stoppa net. Ses pupiles se dilatèrent. L'odeur du sang supplanta celle de l'encens cheap que la pute avait allumé pour masquer les relens de foutre de précédents rapports. Sentant l'excitation sanguinaire monter, ses hanches reprirent leur travail de sape. La professionnelle était une gueularde et n'était pas avare en cris et en encouragements dignes de dialogues de films X. Mais l'odeur du sang pris le dessus, faisant aboyer le vampire :

- "Attends- La ferme- Tch, ferme ta gueule, putain, j'entend rien !" Ordonna-t-il alors qu'il couvrait la bouche de la pute de sa grande main. Elle eut l'air mi-surpris, mi-vexé de passer au second plan ! L'enfoiré alla même plus lentement afin que ses hanches ne claquent pas sur le cul de la demoiselle et qu'il puisse mieux entendre.
Des grognements, le bruit des coups, des insultes, et toujours l'odeur entêtante du sang qui le rendit fou et décupla sa faim. 
Il agripa les hanches de sa partenaire et la dégagea violemment de sa queue. Elle se cogna la tête sur le mur et se mit à engueuler son client, qui l'ignorait royalement. Extrèmement vexée, elle attrapa un petit cendrier sur sa table de nuit qu'elle jeta sur le vampire qui lui avait tourné le dos. Ethan sentit à peine le cendar frapper son omoplate. La faim avait surpassé l'envie de se finir, il remontait son pantalon et regardait par la fenêtre. Quatre mecs se fritaient violemment dehors, à trois contre un, apparement. 
Il remit son t-shirt et enfila son blouson, n'écoutant toujours pas la pute qui tentait tant bien que mal d'ebranler sa masculinité à coup d'insultes. Elle lui jeta un autre truc qui lui tomba sous la main, une chaussure à talon haut, qui atteignit la tête du vampire. Celui-ci se retourna et se précipita vers elle en un eclair, à deux centimètres de son visage, pour lui lacher un rugissement animal dans la gueule, tous crocs dehors. La professionnelle glapit, ses jambes s'agitèrent, la poussant dos au mur. Les yeux ecarquillés, elle regarda son client sortir directement par la fenêtre et sauter du troisième. Sa main tremblante agripa sa deuxième chaussure à talon qu'elle balanca par la fenêtre, chassant le démon à coup de Jimmy Choo contrefaites.

Les pieds d'Ethan s'ecrasèrent sur le bitume trois étages plus bas. Les jambes et la colonne vertébrale d'un humain auraient été en miettes, mais ça faisait un peu plus de dix ans qu'Ethan était plus qu'humain. Ses genoux s'étaient pliés pour encaisser l'impact. Il se redressa de toute sa hauteur, fit craquer ses doigts et son cou. Il fit quelques pas qui se muèrent en course, lourde et puissante. Il s'ecrasa comme un train de frêt sur l'un des types, peu importait lequel tant que ça percutait. Le mec poussa un grognement sourd alors que sa tête claquait le béton. Il n'eut pas le temps de reprendre ses esprits. Ethan était déjà assis sur lui et entreprit de lui coller plusieurs coups de poings, faisant gicler plus de sang, encore, encore plus. Le type fut k.o. au troisième coup, mais le vampire en ajouta deux autres, juste pour le fun. Il se releva, en voulant plus, encore plus. Il lécha son poing en sang, un sourir jouissif illuminant son visage de mort. 
Un autre gars était en train d'essayer d'attrapper Luka qui se défendait comme un beau diable. Cet autre type fut le premier qu'Ethan vit après s'être relevé de son attaque au sol, ce fut donc lui qui eut la malchance d'être le suivant. Ethan le choppa au col et l'attira violement à lui avant de lui asséner un furieux coup de tête qui l'aurait fait tomber si le vampire ne lui tenait toujours pas l'encolure.
Le type lacha un cri de terreur un peu étouffé et gargouillant alors qu'Ethan, n'y tenant plus, le mordait au cou. Un flot de sang épais et pas franchement fameux envahit la bouche de la bête. C'était déjà mieux que rien. Il avait trop faim, trop envie de joindre l'utile à l'agréable. Et tout ce sang par terre, c'est gâché, non ?
Ethan lacha le type, déboussolé, qui tituba en se tenant la jugulaire. Le vampire porta son attention sur les deux derniers mecs qui se chamaillaient toujours. 

Bien sûr, il ne savait pas que l'un d'eux était chasseur. Et qu'il était venu se frapper avec trois branleurs rien que pour lui.
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#5D787D
MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Jeu 31 Aoû - 16:22

2 Guys 1 Coin

Ethan & Luka




Les coups dans la viande qui se contusionne quand la colère grimpe, quand la colère enfle dans le poitrail au point d'en devenir douloureuse. Alors il cogne, et il cogne et il cogne encore sans entendre immédiatement les pas précipités – la course du vampire qu'il recherche depuis moins d'une heure. La bonne pioche ou tout autre connerie du genre : Le karma, le destin, la chance. Il n'en sait foutrement rien et s'en branle. Ne demeure que la fureur calcinant les veines sous un ciel d'encre. La lumière pisseuse des lampadaires transcendant l'obscurité et le goût ferreux de l'hémoglobine barbouillant les gencives, humectant la langue. Un fabuleux délire carmin ne provoquant que l'extase, insane, en son sein malade.
Il sourit, Luka, sans plus pouvoir s'arrêter.
Malgré les souffrances dues aux chocs, malgré les phalanges gouttant leur rouge. L'adrénaline anesthésiant l'ensemble et démultipliant les désirs fous qui le portent aux courbes de dame Violence.
Un adversaire disparaît, croit-il. Nuage de poussière et brouillard cotonneux d'un nouveau calvaire lorsque deux reviennent, se jettent, fracassent. Heurts des torses et bitume dans le dos. Plongée et renverse. Luka se redresse, se débat. Il tient bon, sur ses guibolles. Et il feule et il encaisse, sans aboyer sa haine – celle suppurant dans les artères, intoxiquant les muscles bandés et abîmés, par ce tabassage en règle qu'il accepte pourvu du vertige, de la jubilation des camés que les manques bousillent. Et qui replongent, et qui se lamentent et rient aux éclats tant tout se mélange.
C'est un joyeux bordel d'ultraviolence.
Un vortex d'agressions diverses. La frénésie des garçons furieux que la rue exalte.
Un second mec s'envole et enfin, le clébard remarque ce qu'il n'aurait pas dû ignorer, ce que son nase aurait dû dès le départ renifler : Une sangsue dans les rangs, bouffant à même la jugulaire la précieuse liqueur. S'en salopant le pâle du visage qui aussitôt se recouvrir d'un grenat qui le fascine déraisonnablement. Une seconde, ou deux. Un battement de cœur dézingué. Une expiration engloutie par le vacarme dans le thorax.
Le poing dans sa face met un terme à la contemplation – face qui valdingue. Le craquement retentit. Ça gicle un peu plus fort dans le gosier. Il avale son hémoglobine à s'en étouffer, à s'en faire gerber. Le fluide coulant dans la gorge, se tassant dans le ventre qui reçoit un énième impact qu'il encaisse en contractant les abdominaux, en ramenant les bras devant : position défensive. Et Luka, il comprend que les entraînements de Gbo, l'initiation à la boxe, lui sont finalement d'une aide précieuse. Pour éviter l'éclatement du foie, ou d'un rein, la rupture de la vessie ou le méli-mélo des viscères déchirées dans le chaud du bedon.
Il expire, le trop plein d'air qui pourtant fait défaut.
Et il glisse l'arme à feu dans sa pogne, charge et tire. L'agresseur tombe raide. Luka tire, encore, un coup puis deux. Une balle dans chaque rotule de l'enflure derrière eux, prête à se jeter sur lui, ou sur l'assaillant qui gémit à terre, se tenant la guibolle où, dans la cuisse, sur le jean bleu délavé s'esquisse maintenant un trou et une tache rubiconde qui s'étale et s'étale.
Luka, il dit :
Ferme ta gueule toi.
Et à l'autre de fermer sa gueule – ou du moins essayer. Puisque l'envie de se battre n'est plus. L'envie de survivre en seule option irriguant le système nerveux. La connexion des synapses agitée de soubresauts convulsés.
Luka s'éloigne du tas recroquevillé et bavant sa disgrâce, puis se baisse, vérifie le pouls d'un des deux gaillards humains. Rien. Il vérifie l'état du second, au poignet sans pouvoir trouver quoi que ce soit dans le carnage sanglant au cou : morsures profondes, chair crevassée. Il va crever, c'est une certitude. Prunelles voilées et bouche molle, évasée sur un empyrée sourd à ses complaintes.
Ça lui fait un brin tirer la tronche, ce constat. Parce qu'il ne voulait peut-être pas d'un tel massacre, parce qu'il aurait dû peaufiner la méthode, le plan, parce que ce gros délire risque de laisser quelques traces, parce qu'on pourrait lui reprocher ensuite l'acte et les cadavres, parce qu'il n'est pas chasseur depuis longtemps et qu'il se tape déjà une réputation de presque boucher, sans que les contrats ne trouvent jamais pleine satisfaction. « J'ai fait du mieux qu'j'aie pu m'voyez. » en unique réplique ourlant à la volée ses babines piteusement soulevées.
Un soupir s'évade d'entre ses dents dégueulassées de vermillon et Luka s'approche finalement d'Ethan Il-ne-sait-plus-quoi et ses deux rotules explosées. Articulations fracturées pour il ne sait combien de temps par les balles trafiquées – c'est à dire, expliquera-t-il posément, que c'est là la première fois qu'il les essaye. Que c'est une bidouille de son cru, pour voir comment ça allait se présenter, en situation réelle. Comment les plaies allaient se former puis se résorber. Les secondes ou les minutes en échelles à comparer, à noter, et il aimerait soudain demander au macchabée à longues quenottes s'il est possible, de retirer son pantalon afin d'apprécier plus précisément les contours des béances et la cicatrisation en cours.
Un coup de pied sur l'un des genoux, mesquin, et les gémissements ténus, ravalés, de l’énergumène qu'il contourne, en tenant son flingue d'une main et en tâtonnant sa gueule de l'autre – figure boursouflée, crassée de carmin, griffée par le goudron et ouvert, à l’arcade sourcilière quand se devine déjà les contours d'un magnifique coquard au-dessous. Lippe fendue en deux que la langue lape nerveusement, inconsciemment, tandis que les deux iris où se mussent un océan plein d'orage fixent la monstruosité à la silhouette humanoïde.  
Un toussotement, bronches encombrées de glaires, il crache un mucus rosâtre au sol puis articule :
Ta tête vaut mille dollars, tu l'savais ? mille putains de dollars mec. Mais- mais...
La toux qui revient, secoue la poitrine et l'oblige à se pencher. Les paluches sur les cuisses, les lésions internes débutant leur lente et désagréable réparation, non par l'opération du Saint Esprit mais par ce poison dont ses veines sont saturées, depuis son fabuleux suicide raté : l’Épreuve qui fait de lui, dorénavant, cette épave de chasseur aux méthodes discutables,  on ne peut plus hards.
Merde ça fait mal cette connerie.
Se tenant les côtes, Luka lorgne Ethan toujours étendu sur l'asphalte.
Levant son Glock, pareille une tentative de paix foireuse, ou une espèce de menace pour qu'il la boucle.
J'le range et on cause, OK.
Une affirmation qui n'escompte aucune connasse de réponse.
À la parole, le geste.
L'arme est glissée dans la ceinture, coincée dans le dos. Le sweat est rabattu par-dessus et la paume accrochée à son flanc dont il suppute une côte fêlée, Luka s'accroupit à trois pas du viandard.
Bah merde alors, j'pensais pas qu'tu radinerais ton cul aussi vite. Bref, j't'explique : T'as pas dépouillé l'bon gars, et maintenant, l'gars il a appelé d'autres gars pour venir chercher c'que tu lui as piqué. Il veut récupérer son pendentif.
Reniflant un coup sec, le revers de sa dextre frotte son front, y délaisse une marque purpurine.
Luka reprend, les menottes moites de son propre sang et de celui des autres, ouvertes sur du rien :
Son pendentif, c'genre, une jolie pièce avec des symboles chelous d'ssus, et...-
Luka se gratte l'occiput, lisse sa tignasse en arrière. Prend le temps de détailler, détaché de l'instant. En marge absolue de la réalité terrifique et ignoble : Deux types morts, un troisième au fémur pulvérisé et un quatrième non-humain avec lequel il bavasse ; comme il le ferait avec la vieille sortie promener son caniche un soir d'hiver, croisée au coin de la rue.
… et trouée en son centre. Tu vois d'quoi j'parle ? Ça t'ennuie si j'te fouille vite fait, pour pas qu't'essayes de m'entuber avec des mensonges à la con, demande-t-il sans attendre un « oui » ou un « non » ou un « j'sais pas ».
Luka s'approche, extirpe de son étuis à l'aisselle un couteau de chasse trempé dans de la verveine. Et d'un geste ample le fiche à la glotte d'Ethan qui sitôt crame. De son autre main libre, il entreprend, patiemment, de fourrager dans les poches du futal, sans franchement s'imaginer que ses balles sont un semi-fiasco, qu'à cette précise minute les rotules d'Ethan se reconstruisent, et que le vampire pourrait, gavé qu'il est au sang frais, s'impatienter et riposter. Et d'une ruade, envoyer Luka  trois mètres plus loin, avec un ou deux petits os tristement brisés.

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MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Jeu 31 Aoû - 21:43

Par onze fois par le passé, Ethan s'était fait tirer dessus. Deux fois lorsqu'il était humain. Neuf fois en tant que vampire. Ça avait fait mal, très mal à chaque fois. Mais une fois vampire, il ne restait que la douleur. La possibilité de mourir était nulle, la plaie se refermait, la balle tombait, point barre. Aussi, lorsqu'Ethan vit le dernier homme sortir un flingue, il ne put s'empêcher de lacher un petit rire sifflant. Qu'importe. Des années dégueulasses, comme autant d'enfers sanglants, s'étaient enchainées. Des années rudes, cruelles, pendant lesquelles il avait appris ce qu'était la douleur. Il ne la craignait plus. Il n'avait peur de rien ni de personne, et c'était pas des petits bouts de métal tirés à 500 mètres/seconde qui allaient lui faire peur. Il avait mangé, il était sous adrénaline, il était invincible.

Il chargea Luka. Les coups de feu claquèrent, trois fois. Un pour l'un des pleupleus qui restait. Deux autres pour lui.

Il eut l'impression que ses genoux explosèrent, et la surprise fut, sur le moment, plus grande que la douleur. Puis, comme de la lave en fusion, la souffrance reprit le dessus et se répandit en lui, brûlant ses os, déchirant ses muscles. Quelque chose n'allait pas. En temps normal, la douleur l'aurait fait chanceler. Il aurait manqué quelques pas, mais il aurait continué. Mais quelque chose était différent, c'était comme si on lui avait coupé les jambes.
Il s'effondra sur le côté dans un râle bestial. Il porta les mains à un de ses genoux, les sentit grésiller. Putain de bordel de merde. Verveine. Et alors que Luka se penchait sur l'autre victime par balle, Ethan tourna la tête pour mordre avec force dans le col de sa veste, étouffant des grognements d'animaux pendant qu'il labourrait de ses ongles la chair de ses genoux meurtris, essayant de les purifier. La douleur amplifia, des doigts entrant en contact avec la verveine elle aussi. Il gratta, déchira sa plaie, plus fort.

Un coup l'atteint au genou droit. Le putain de batard de fils de pute lui avait décoché un coup de pied. Trop fier même dans la douleur, Ethan serra ses grosses mâchoires et serra les lèvres, tentant d'étouffer un gémissement. Il bougea le bras, essayant de se relever, mais la saloperie de concoction le rendait faible. Et, beaucoup plus, énormément plus que la douleur, il haîssait être faible. Et la haîne qui habitait perpetuellement son coeur mort commença à prendre une ampleur plus grande encore.

Et pendant que l'infâme petite raclure lui dit qu'il vaut mille dollars, Ethan imaginait un million de façons de le tuer, de le démembrer, de lui faire cracher boyaux et tripes, par une des deux extrémités.
- "J'le range et on cause, OK." Fit le chasseur après qu'il ai craché ses poumons.
- "Carre-le-toi dans le cul, connard." Répondit le vampire, crachant un peu de sang.
Il ecouta Luka d'une oreille distraite alors qu'il tentait une nouvelle fois de se redresser. Le chasseur lui apprit qu'il n'était pas passé entre les mailles du filet comme il le pensait. Brett Walker avait fait appel à ces demeurés de chasseurs, incapable de se débrouiller par lui-même. Et voilà que le chasseur décrivait le sou runique qu'il avait gardé.
- "Son pendentif, c'genre, une jolie pièce avec des symboles chelous dessus," commença Luka, s'approchant de lui. "et trouée en son centre. Tu vois d'quoi j'parle ? Ça t'ennuie si j'te fouille vite fait, pour pas qu't'essayes de m'entuber avec des mensonges à la con ?"
- "Si tu veux, sac à merde." Fit Ethan qui s'était redressé à genoux, sentant la douleur s'amenuiser peu à peu. "Et après, c'est toi que je vais trouer en son centre. Je vais-"
Il fut interrompu lorsque Luka appliqua sa lame empoisonné sur son cou. Encore une fois, il refusa de lui donner la satisfaction de crier, serrant ses machoires presque à se les faire péter. Son large torse se soulevait et s'abaissait au rythme d'une respiration rendue rapide par la douleur et la colère, toujours plus puissante. Ethan était sacrément, positivement, massivement soulé. Sa patience, qui n'était déjà pas très grande en temps normal, était absolument à bout. Luka en avait fini avec les poches, il glissait sa main sous son t-shirt, et la paluche ensanglantée du chasseur frôla la pièce runique. La colère qui dominait le vampire étouffa le murmure de l'outre-monde à ses oreilles.

Luttant contre la douleur, n'écoutant que la haîne, il agripa de sa main droite le poignet de Luka, celui dont la main tenait la lame. Le plat de la main gauche du vampire alla s'ecraser sur le coude du chasseur, lui pliant le bras dans le mauvais sens. Il lacha le poignet et remis un coup au bras pour l'éloigner, lui et sa lame de gros lâche. Manquant de temps pour filer un vrai coup de poing avant que Luka ne s'éloigne, il rabattit son bras et colla une tarte, du dos de la main, au chasseur. 
Ethan se releva, la peau de ses genoux encore en charpie. La douleur était atténuée, les plaies se refermaient. Peut être que celle-ci laisseraient des cicatrices, comme l'avaient fait les balles lorsqu'il était encore humain, il n'en savait rien. Il s'en foutait. Et tant qu'à faire, il s'en foutait aussi de cette connerie de sou en médaillon. Si ce chasseur le voulait tellement, il allait lui donner. Mais il allait avant ça prendre le temps de le broyer. Et ensuite seulement, il enfoncerait son poing dans la gorge de cet espèce de chevelu aux allures de junkie, et il y fourrerait ce putain de sou de merde pour qu'il s'étouffe avec. 

Il se jeta sur le chasseur en lachant un rugissement de bête, visiblement enragé, et fit pleuvoir les coups. Gauche, droite, gauche, droite, coup de pied, de tête, pour blesser, pour faire souffrir, pour tuer. Certains furent parés, d'autre portèrent. Dans sa fureur, il négligeait sa garde et le chasseur rendit des coups, dont l'un atteignit Ethan au nez, faisant craquer l'os et pétant des vaisseaux. Pendant sa charge, le sou avait échappé les plis de son t-shirt et se balançait au bout du médaillon. Dans la furieuse empoignade, le sang giclant du nez d'Ethan éclaboussa le médaillon, se mélant avec celui de Luka qui l'avait touché plus tôt. Les murmures en langue inconnue gagnèrent leurs oreilles à eux deux, les assourdirent. 

Le sang du vampire, mort et vicié. Le sang du chasseur, épais et empoisonné. Par eux le tribut est payé, la vie est offerte. Par la pièce de sang tachée, la porte est ouverte.

Et Ethan saisit Luka par le col, puise dans ses forces bestiales et le soulève alors qu'il se précipite vers le mur le plus proche, avec comme projet de fracasser cette tête de rocker grunge contre les briques, de lui mettre la colonne en pièce. Mais lorsque le dos de Luka frappe le mur, le coup est encaissé car les briques ne tiennent pas et se brisent, comme si le mur était fait de papier. Ils passent tous les deux de l'autre côté, qui donne sur le néant, sur du vide aussi noir que l'oeil d'un corbeau. 

Et dans ce néant, dans ce rien terrifiant, ils tombent tous les deux.


La chute sembla durer deux secondes et deux heures à la fois. Ils gardèrent les yeux ouverts mais à part l'un et l'autre, il n'y avait rien à voir. Parce qu'il ne comprenait pas ce qui se passait, Ethan sentait la peur l'envahir et il détestait ça plus que tout. Il n'avait toujours pas laché le col du sweat à capuche de Luka, ses grosses mains trop crispées pour réagir. 
Dans le néant, Ethan n'avait pas vu le sol se rapprocher, mais il le frappa néanmoins, s'écrasant sur le bitume. Ils étaient tombés pendant une éternité, mais le choc au sol était de ceux qu'on sent quand on saute d'un premier étage. Sonné, il bougea la tête sur le côté. Sa vision dansait un peu, et il vit deux Luka étalés au sol, qui se réunirent en un une fois que le vampire aie secoué la tête et cligné des yeux. Puis vint le gros du travail : soulever son imposante masse du sol. Il poussa sur les bras, levant son torse. Il ramena ses genoux, se mettant à quatre pattes. Puis il se releva. Se massant la nuque, il regarda alentours.

C'était la même rue, exactement la même rue dans laquelle il s'étaient battus il ya quelques secondes éternelles. À ceci près que l'éclairage public était d'une lumière bleutée, donnant un aspect froid et mort à la scène. Les volutes de brumes léchaient le sol, les murs, s'insinuant dans les rues adjascentes. Au dessus, un ciel de nuit noire, sans étoile et sans lune. Ethan regarda le mur sur lequel il s'était projeté avec Luka avant qu'il se brise et les fasse basculer. Intact. Salem by night était généralement bruyante mais ici, pas un son, pas un cri de mec bourré, pas un bruit de crissement de pneu. Juste ce silence dérangeant qui forca Ethan à claquer des doigts plusieurs fois pour vérifier qu'il n'était pas sourd. Les claquements résonèrent dans cette rue bleue et froide.

- "Mais où on est, putain..." souffla le vampire.
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#5D787D
MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Ven 1 Sep - 20:17

2 Guys 1 Coin

Ethan & Luka




La douleur explose. Violence incroyable. Elle l'aveugle, durant plusieurs secondes. Son bras, dans le lointain de sa conscience carbonisée, il le remarque étrange : Angle inversé. L'articulation déviée tandis que les doigts lâchent le couteau. Surin projeté et perdu à la ruade qui s'en suit. Le vampire se dégage, se redresse. Et la gorge de Luka n'est qu'un cratère s'emplissant de lave et de cris – des cris d'aliéné tant la souffrance longe, tire sur les nerfs, sur les muscles. Salves d'acidité trouvant la cervelle qui sitôt disjoncte et repasse en boucle, ce son si particulier, lugubre, ignoble. Un bout du monde s'écroule. Le viandard récidive, avant qu'il ne puisse réagir : Un choc sec, atroce. L'articulation remise en un axe acceptable mais les os, brindilles craquées, sous la chair, irradient de l'extrémité du majeur jusqu'à la nuque, jusqu'aux tripes qui se serrent. La nausée monte, provoque la crampe et le battement frénétique des paupières. La bave accumulée dans le gosier ; écume qu'il est incapable d'avaler et ce teint pâlot qui lui enduit la tronche par après, en menace d'évanouissement. Si on lui a déjà fracturé les membres, une jointure ainsi retournée, défiant les lois de la gravité, est une première, une putain de première, une première qu'il espère dernière. 
Une expiration et une inspiration.
Une expiration, encore, une inspiration. Et l'autre le percute. Luka ravale les vociférations qui pourtant manquent dégueuler d'entre ses ratiches qui claquent, la langue miraculeusement indemne ; cette langue qu'il aurait pu, dû, trancher en fermant les mâchoires, en dégustant la rafale en forme d'homme. La respiration démontée par l'impact, par l'empoignade.
Ces conneries de balles, à l'évidence, ne sont pas tout à fait au point : Éclat de lucidité à travers le vortex que devient son horizon, que devient son corps, que devient la silhouette d'Ethan au-dessus de la sienne.
De la colère, beaucoup de colère. De la rage et puis un besoin dérisoire de vengeance, imagine-t-il. Les phalanges d'Ethan percutant sa face, ses clavicules, ses côtes. Son torse qui se tortille pour se défaire de l'étreinte imposée ; son bras le plus rapide, agile, fracturé, impossible à bouger afin de récupérer la seconde lame, au flanc gauche. En parallèle à ce bordel d'irruptions, d'informations emmêlées, d'hostilité, il sent son calibre lui niquer les reins quand le macchabée s'amuse à donner du rythme à la danse, usant de ses pieds. Symphonie d'organismes qui se détruisent. Luka, il se contracte et il rend, coup pour coup. Et parfois la garde s'abaisse et parfois l'erreur déséquilibre ce combat de chiffonniers ; tourment sensoriel bousillant l'entendement, les réflexes. On n'apprend pas ça, aux entraînements. On apprend pas ce courroux, cette sauvagerie, on n'explique pas les esquives, les possibilités, les dérobades. On apprend pas que tout part en vrille quand tout devient réel. Et Luka, il n'arrive pas à concevoir comment il survit, là, sous cette bête dégénérée qui après avoir eu deux rotules en morceaux, se relève et n'a, pour dessein, que de lui ruiner l'ossature avant, possiblement, que l'envie de l'écorcher vivant sinue entre les neurones et ne déclare sa fin. 
Sous ses mirettes : une péninsule rouge à l'odeur ferreuse, le visage furieux d'Ethan qui pisse son carmin par le nez. Geyser écarlate après un poing balancé et le sinistre crépitement du cartilage mutilé et ce rouge ce rouge tout ce rouge poisseux qui se répand sur ses ridules, qui humecte sa langue. Luka s'étrangle en voulant avaler ou recracher. Sa trachée bientôt tapissée de son propre sang et de celui, infecte, de ce gros enculé. 
Et soudain le sol disparaît de sous son dos. Soulevé par l'enflure, Luka n'a que l'occasion de couiner une absurdité du style « non » du style « fais pas ça » du style « j'ai mal » du style « sois cool » du style « on peut s'arranger », avant que son épine dorsale ne rencontre le dur d'un mur – de cela, il est certain. Sans avoir à regarder, sans avoir à considérer les dégâts plus en avant. Espérant ne pas sentir sa boîte crânienne se fêler et ses vertèbres se disloquer. Matière grise répandue à l'asphalte. Espérant que le heurt lui torpille les cervicales et que le néant le gobe comme une grenouille le fait d'une mouche. 
Mais rien ne se déroule comme prévu.
Le mur derrière se disloque au contraire de ses vertèbres qui demeurent intactes et c'est une chute, ensuite, une chute interminable, une chute irréelle, une chute où plus rien ne paraît exister hormis le vide. Le rien. Inanité du cerveau qui déraille, présume-t-il. Luka se contente de mater la trogne d'Ethan décomposée par la situation. Et ça le fait éclater de rire. Vraiment éclater de rire. Un rire sans musique, sans note, qui ne trouve pas d'échos, un rire avalé par le vide, le vide partout, ce grand précipice de rien qui les a gobé comme l'aurait fait la grenouille. Deux mouches pour le prix d'une. La grande traque à la chieuse volante conjuguée par l'insignifiance d'un humain plus tout à fait humain et d'un vampire pas tout à fait classe.
Luka, dans la chute, la chute infinie, l'abîme sans jour sans nuit sans lendemain, il observe, émerveillé, Ethan. Sous la paupière gonflée d'hémoglobine au globe droit, sous le voile vermeil qui couvre les deux. Ouais, il observe Ethan qui bascule avec lui sans savoir, pouvoir, vouloir, le lâcher. Les pognes de la créature fermement agrippées au col de son sweat. Mine désespérée, hébétée quand Luka, lui, repense à Vampire Diaries ou Buffy ou même Twilight et putain il ne comprend pas, non il ne comprend pas, ce qui fascine tellement les gens pour cette race de sangsues géantes. Il aurait pu méditer sur Underworld, il aurait pu demander si les Sélène existent ; malheureusement la chute trouve son achèvement. Son bassin rencontrant à nouveau le bitume en un choc affreux, lui faisant oublier Sélène et tout le reste. Y a juste le gémissement qui résonne, son gémissement à lui. Et sa carcasse qui chavire de côté, quand il présuppose son cul en miettes et que les perceptions sont opaques, où la réalité lentement lui échappe. Et qu'il est encore, Luka, pris entre l'hilarité qui ne le quitte pas, son supplice qui ne désenfle pas et les odeurs qui se mélangent et Ethan, Ethan qui raconte, babille :
— Mais où on est, putain...
Dans ton cul.
Et il ricane de plus belle, s'avachit. Étalé, les bras et les jambes écartés : une étoile de mer. Luka reluque le firmament crasse, observe cette nuit sans étoiles et sans lune où pourtant batifole mille et une comètes ; ça danse devant ses rétines aux visions fragmentées.
Le monstre ou Ethan ou il ne sait plus très bien quoi à moins d'un mètre, l'instinct dicte de se mouvoir, d'attaquer. Néanmoins halluciné par l'Oméga, ce baptême qui lui grille l'encéphale et qui le fait gémir et glousser tout à la fois en redressant l'échine, en daignant reluquer les environs et s'informer. Il est déchiré entre deux pôles, Luka, déchiré déchiré complètement déchiré. Le sourire effacé, le bras pendant, la main bizarrement repliée sur ses cuisses, il bloque. Ses orbes bleuâtres scrutant le rien devant le rien derrière, la rue vide, identique et différente. Le froid sans frisson et le goût de la cendre au palais. Les ondulations, les changements de couleurs du passage des ombres aux lampadaires supposément éteints – lueur métallique et fog sibérien. Et les silhouettes qui s'avancent et reculent, des chimères ou des sirènes, des spectres qui vont et viennent, des souvenirs au tangible qui achoppe son intellect renversé.
Luka articule d'une voix insupportablement calme :
Les zombies ça existe, genre...
Et il réfléchit ou du moins essaye, le regard papillonnant et dérivant en direction d'Ethan. Vers ses épaules. Vers son cou. Vers le lointain et encore, ses délires :
J'crois que, j'crois et-
Déglutissant, penchant la bouille comme pour faire le point, l'objectif déréglé par la dope ingérée. Pupilles dilatées et bouche blessée, suintante, entrouverte.
Le soupir :
Les zombies ça court.
Question ou affirmation. Question et affirmation et l'euphorie qui prend, attire, les quilles qui se solidifient et sa masse qu'il redresse sans trop savoir comment. Vacillant, bras mort à droite, et bras armé à gauche ; Luka repointe son flingue vers Ethan, tremblant tant les tendons sont dézingués.
J'vise pas bien, avec cette main, croit-il judicieux de préciser.
Et il n'a pas même terminé sa phrase que la prune est crachée du canon pourvue de son bruit de déflagration, son rugissement de poudre et de souffrance à venir. Elle voltige, tranche dans la joue du vampire et vient se planter dans le crâne spongieux du zombie, derrière. De la chimère, de ce machin dégueulasse et silencieux, pas plus épais qu'un courant d'air ; pourtant palpable. Ce fantôme endiablé, ce pantin désincarné, qui convulse dorénavant au sol quand trois autres déjà s'amènent, expulsés d'une venelle.
Luka lâche son flingue, sans y penser, contemplant ses doigts salopés d'hémoglobine qui dès à présent tâtonnent ses lèvres ; il augure qu'elles disparaissent et c'est effrayant, de ne plus avoir de bouche.
J'ai encore des gencives genre... j'ai encore et- ça tient, ça tient. Mes dents, j'ai pas perdu mes dents, interroge-t-il, s'acharne-t-il, divague-t-il. Les prunelles écarquillées, le bas du bide précipitamment contracté, par la libido incontrôlée, la surcharge d'adrénaline, par le cœur qui bat à péter les tempes ; un tambourinement qui paraît remuer et activer, sonner les pas des mochetés qui arrivent. Tempo et guide et la bouche qui s'agrandit. Ses phalanges frottent ses yeux et Ethan disparaît de son champ de vision. La première saleté l'emboutit pareille à une bagnole tue un chien. Luka, toutefois, ne s'écrase pas au sol, non. Il valdingue, des mètres plus loin, la saloperie accrochée aux épaules. Un vol plané et l'arrière du crâne percutant la chaussée, ou Ethan. La chaussée et Ethan, quand la bestiole, elle, braille son cri strident, à faire saigner les oreilles.
Ça grogne et ça grince des chicots pourris à deux centimètres de son pif.
La seconde mocheté s'ajoute à la danse, pèse son poids sur le buste de la première qui s'écrase sur Luka qui s'écrase un peu plus sur Ethan. Et Luka gueule et gueule, comme une espèce de feulement inarticulé, reluquant la langue verdâtre s'extirper d'entre la rangée de rasoirs pour lui laper le museau. Il gueule et y a le ciel, qui gronde, qui crachote sa pluie pour rendre la situation, sans doute, un peu plus immonde et grotesque avec la boue sous les ongles, la merde des rues humidifiant les fringues. Un crachin glacé. Et le glaireux de l'espèce de zombie à la mâchoire fendue par la lame qu'il a enfin réussi à récupérer, et qu'il a coincée, plantée dans le triangle osseux, poignardant la langue qui frétille et frôle ses babines déformées par l'horreur.

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MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Dim 3 Sep - 20:00

Il y a toujours matière à rire quand un "dans ton cul" est bien placé, quand c'est la chose la plus logique à dire. Mais là, dans cette rue aux lumières blafardes et bleutées... Dans cette rue sans bruit, sans odeur, prise sous une cloche de verre... C'est dur de rigoler.

Luka ne se privait pas, lui, tout fier de sa blagounette. Il restait étalé au sol, dans son petit paradis du Lol. Dans la cohue, Ethan n'avait pas vu les quelques gouttes de son sang finir dans le gosier du chasseur. Il ne savait pas exactement pourquoi ce chevelu de merde gloussait comme un petit dindon, mais il n'avait pas l'air plus inquiet que ça. Le vampire en déduisit que Luka savait ce qu'il se passait, et que ça ne devait pas être trop grave puisqu'il était mort de rire.
- "Oui, oui, ho ho ho, c'était la réplique de ta vie, ducon." Grogna Ethan, qui se tourna vers l'autre homme qui s'était relevé. La chute, la douleur, la bizarrerie du lieu, il ne savait pas, mais quelque chose rendait le chasseur bien trop jouasse, d'une manière anormale. Ce qu'il disait n'avait pas de sens non plus, il se parlait a lui-même plus qu'il ne parlait au vampire. Et pendant qu'il marmonnait au sujet de zombies, il leva son flingue trafiqué, visant Ethan.

Celui-ci se mit aux aguets, muscles tendus. Il avait été déphasé par cet endroit étrange, mais la colère revint tel un choc electrique dans tout son corps. S'il se prenait une de ces balles traîtres dans le torse ou la tête, ça allait être une autre affaire que dans les genoux. 
- "Ouais ? Ben t'as intérêt à bien viser, pourtant. Parce que si tu me loupes, je vais t'arracher les yeux pour te les carrer dans le cul, histoire que tu puisses voir comment t'es pourri à l'intérieur, fils de pute."
Le verdict tomba, la balle fut tirée. Et Ethan ne sut jamais vraiment si c'était voulu, mais le projectile alla se loger dans le crâne pourri d'une créature derrière lui, non sans l'érafler au passage. Il claqua sa main sur sa joue crépitant à la verveine en poussant un cri de rage et de douleur. Il regarda brièvement en arrière pour voir le supposé zombie qui convulsait au sol avant de partir en cendres neigeuses. D'autres de ses congénères sortaient des rues avoisinantes, en claudiquant sur leurs jambes vérolées, leurs lèvres rongées laissant échapper des grognements qui terminaient en chuchottis crépitants. Ça devenait de plus en plus n'importe quoi, et ça commençait vraiment à le gonfler !

Il se retourna pour regarder son compagnon d'infortune à nouveau et l'engueuler éventuellement, mais il n'en eut pas le temps. Ces horreurs boîteuses avaient plus de force qu'il n'y parait : l'une s'était précipitée sur le chasseur et l'avait percuté, créant un pathétique effet domino qui fit tomber cet etrange trio à la renverse, dans un ridicule sandwish au Luka pris entre une tranche de vampire et une tranche de... chose. A croire que ladite chose aimait les gars mal peignés, parce que cet espèce de zombie défraichi était en train d'essayer de rouler a Luka la pelle de sa vie, sa langue se déroulant comme un tuyau d'incendie moisi. Ethan avait les cheveux de Luka plein la gueule et se promit, quand il aurait le temps, de chopper un rasoir et de tondre le chasseur. Il avait la tête dure, en plus, cet enfoiré : il essayait de se soustraire à cette langue invasive et appuyait l'arrière de sa tête sur la joue du vampire.
Un gargouillis se fit entendre et Ethan secoua la tête pour chasser une touffe de ces cheveux un peu plus clairs que les siens. Luka avait enfoncé son couteau dans les machoires de la bestiole, dont la langue voulait vraiment, vraiment continuer à léchouiller la face de la tranche du milieu, et continuait de se tortiller.
- "Désolé, grand, je vois bien que t'es en train de tomber amoureux, mais là, ça commence vraiment à me souler !" Siffla Ethan entre ses dents serrées. Il pressa sa main sur le dos de la créature pour la maintenir, puis attrapa le couteau toujours planté dans la machoîre décharnée pour l'en déloger. Il l'enfonça à plusieurs reprises dans le dos du zombie, tentant de toucher le coeur, ou n'importe quoi d'autre qui pourrait le faire crever. Entre eux, Luka, toujours prisonnier, était aux premières loges dans l'espèce de pantomime grand-guignolesque de ce visage mort au dessus de lui et qui mourrait encore. Le zombie se contorsionna en lachant ses cris stridents, crachant un sang noir et goudronneux qui atteint Luka au visage, le faisant bouger la tête sous le coup du dégoût. Le second crachat d'hémoglobine de la bestiole fut pour Ethan, qui rugit de colère lorsque son front fut maculé.
- "Va chier avec ton éjac faciale, salope !" Rugit Ethan, portant le dernier coup de couteau qui mit fin à ce bordel abracadabrant. Le zombie, comme son congénère un peu plus tôt, partit en cendres duveteuses emportées par le vent. La main d'Ethan qui maintenait un dos qui n'existait plus était appuyée sur le bidon de Luka, les doigts crispés. La main d'Ethan qui tenait le couteau du chasseur retomba mollement sur le sol. Quelques secondes. Il n'avait pas oublié les autres horreurs chancelantes qui etaient sorties des autres rues, non. Mais il avait besoin juste de cinq petites secondes, qu'il compta dans sa tête. Cinq petits instants d'éternité pour reprendre ses esprits. 

Avec un grognement, il roula sur le côté, emportant le pauvre Luka avec lui, qui se retrouva donc face contre terre, avec cet idiot de vampire sur lui. Rapidement, Ethan se redressa et s'assit sur les fesses du chasseur, juste le temps de lancer le précieux couteau sur l'un des monstres, l'atteignant à l'épaule. Non, Ethan ne visait pas très bien, malheureusement... 
Le vampire poussa un grognement de déception et se leva. Bon, puisqu'il visait comme une merde, il n'avait qu'à faire ce qu'il savait faire de mieux. Il couru vers le zombie qu'il avait blessé à l'épaule afin de finir le boulot à mains nues, ce qu'il fit avec une rage non dissimulée. Il attrapa un poignet decrepit, tira, arrachant le membre entier de l'épaule pourrie de son propriétaire, et entreprit de frapper le zombie à la tête de manière répétée avec son propre bras. La langue de l'atroce bestiole sortait, ses machoires claquaient, malgré les coups répétés qu'il se prenait.
- "T'es ! Pas ! Mon ! Type !" Beugla Ethan, ponctuant chaque mot d'un coup de bras. Le zombie tomba en arrière, convulsant, essayant d'attraper Ethan qui s'était accroupit à côté de lui. Le vampire força cette langue dégueulasse a rentrer au fond de cette bouche moisie alors qu'il enfonçait le bras du zombie dans sa gueule béante, aussi profond qu'il le pouvait. Et alors que la bestiole griffait son avant-bras, essayant de dégager le membre invasif, Ethan s'était relevé et asséna un coup de pied, de toutes ses forces, dans la tête de la créature, la séparant du reste du corps. Elle fut projetée quelques mètres plus loin, ne roulant pas des masses car freinée par le bras qui lui sortait toujours de la bouche. Ethan poussa un rugissement de victoire avant de se tourner vers un autre de ces invités moisis et chancelants, ne prenant pas le temps de regarder le corps partir en cendres.
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#5D787D
MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Mar 5 Sep - 23:42

2 Guys 1 Coin

Ethan & Luka




— Désolé, grand, je vois bien que t'es en train de tomber amoureux, mais là, ça commence vraiment à me soûler !
Le couteau quitte ses doigts, puis quitte la mâchoire de la cochonnerie devant lui. Et le besoin fulgurant  de japper qu'il ne peut pas qu'il n'a pas le droit que c'est son couteau et que c'est du vol putain du vol, écorche les neurones sans qu'il ne parvienne à déblatérer ses conneries. Trop absorbé dans la contemplation de la bestiole et de ses dents, et du fond de sa gorge – une gorge profonde, vraiment profonde, une gorge dans laquelle il imagine, une fraction de seconde, glisser les doigts ou glisser la queue.
Mais la voix d'Ethan – sa connasse de voix – cogne fort l'arrière du crâne, cogne la compréhension. Et les gargouillis de la bestiole sinuent jusqu'aux tympans, fatalement. Se lovent au cortex pour ne plus s'en déloger. Borborygmes devenus rapidement cris – des saloperies de cris ouais qui démontent la raison. Ce peu de raison disponible, là, quelque part à travers la cabèche échevelée du chasseur qui se débat, encore et toujours, avec l'existence et le peu de réalité qu'il effleure du bout des sens. Il ne veut pas, non il ne veut pas, que la langue avide et livide lui lape le nez ou la joue ou les lèvres. Et il ne discerne définitivement plus rien au moment. Son sexe durci par l'Oméga, l'adrénaline en explosif déversé à l'organisme et l'envie de baiser et l'envie de glapir et l'envie de se battre et l'envie de se rouler en boule jusqu'à ce que mort s'en suive, tour à tour inondent ses perspectives.
Un imbroglio de désirs contraires fracassant l'encéphale.
Luka, sous la bestiole qui frétille, qui grogne et feule, son haleine fétide en déflagration à la trogne, sent la douleur à son entrejambe et serre les dents, expulse une espèce de râle ; entre plaisir et répulsion. Il veut se barrer, s'échapper de l'étreinte forcée pour respirer, reprendre un semblant de contrôle. Mais c'est impossible. Purement et simplement et extraordinairement impossible. Un vampire derrière, un zombie-goule devant, et lui au milieu ; victime d'une presque partouze tout habillé.
Et la mocheté finit par crever, dans un craquement puis une gerbe écarlate qui lui macule immédiatement les ridules. Des vagues et des vagues, qu'il évite d'un mouvement de nuque ; Ethan aux premières loges du geyser rubescent :
— Va chier avec ton éjac faciale, salope !
La rage et l'ultime coup de lame, désamorçant le délire. Tout s'efface, disparaît. Volutes et grisaille en réminiscences fanées et la main de la sangsue sur son bide.
Et touche pas ma bite.
Unique pensée forgée dans les artères de sa conscience explosée. Conscience qui refuse et accepte, qui veut et ne veut plus et veut encore et ne veut plus du tout. Perceptions en scories et lambeaux. Il halète, crache le dégueulis de la bête achevée et n'a pas le temps de reprendre ses esprits que tout repart en vrille.
Mouvance du vampire, rapide et sèche, qui le fait dégager. La tronche rappée par le bitume et le poitrail écrasé, Luka pousse quelques jérémiades inarticulées dont Ethan se fout, s'installant sur son derche. Un bruit de lame tranchant l'air puis percutant une bestiole – le bruit évoquant celui d'avant, appel lugubre d'outre-monde dans la violence et la souffrance, forçant la bouille esquintée à se redresser et constater la visée merdique quand déjà le vampire se soulève, lui passe au-dessus et s'élance.
Un bras arraché plus tard et une crise exprimée sur un tempo endiablé :
— T'es ! Pas ! Mon ! Type !
Ethan tapant sur sa victime avec l'arme improvisée et Luka, assis et désorienté, se frottant le crin et retenant la nausée qui va et vient telle la marée.
La gorge tout aussi profonde que la première observée, reçoit le bras dans le gosier. Et le pied d'Ethan termine le travail : cervicales brisées et poussière, de nouveau. Fine poussière duveteuse s'évaporant à travers le vent, à travers la bruine, à travers cet univers décomposé sur lequel, patiemment, Luka daigne enfin porter son attention.
Au loin, encore, les silhouettes dégingandées, débarquant des tréfonds des ruelles et des venelles, à la recherche d'un peu de viande à becqueter – la leur, s'alarme sa psyché. Luka, sans précipitation, appuie sur le bouton off à l'intérieur de sa tête et bat des paupières, régurgite sur ses cuisses les restes de morve de la mocheté et puis son repas du midi, aussi. Des bouts de tagliatelles au saumon sur le futal qu'il reluque piteusement. Le revers de la pogne essayant sa face maculée de rouge.
Son bras fracturé pendant mollement le long de son flanc, il se redresse pourtant vaillamment.
Et, debout sur ses guibolles qui tremblotent, il dit :
J'ai vomi.
Il a l'air d'un môme prêt à chialer, à réclamer sa mère et sa maison.
Toutefois ses prunelles se perdent, soudainement, dans l'exploration de la ruelle sans plus discerner les monstres qui s'amènent, de droite de gauche de derrière et puis devant. Il guigne les immeubles, les couleurs. Bouche entrouverte, globes oculaires fixes, hallucinés, il avance d'un pas puis de deux. Se colle à Ethan et lui prend la main.
Les vampires ça peut voler non ? Envole-toi Ethan envole-toi vite, chuchote-t-il, en balançant sa figure tuméfiée et sale vers lui.
Et Luka se conçoit subitement  propulsé dans un vieux porno gay des années quatre-vingt dix, saupoudré de science-fiction et encombré de très mauvais acteurs. Selon toute vraisemblance, la vérité perfore son encéphale. Le doute n'est plus permis : Il rêve. Il s'est endormi à attendre ce connard de vampire dont il a encore la photo dans la poche. Ou les trois cons l'ont tellement tabassé qu'il délire à moitié mort dans le cul-de-sac du quartier nord.
Y a pas d'autres explications.
… non, y a pas d'autres explications, continue de murmurer Luka à lui-même. Le museau dorénavant baissé sur sa trique, sur ses godasses bonnes à jeter, sur son jean bon à jeter, sur son tee-shirt bon à jeter. Et il espère pouvoir garder son blouson, parce qu'il lui a coûté une blinde et qu'il est cool.
Sourcils froncés, et éclat de rire enjoué par après.
Il se souvient, ouais il se souvient qu'il ne faut pas s'inquiéter.
C'est qu'un rêve putain, s'exclame-t-il en lâchant la main d'Ethan, récupérant son couteau abandonné à l'asphalte.
Teint blafard, lèvres bleutées par le froid, par la douleur qu'il ne réussit même plus à appréhender tant elle a péter le plafond du concevable, par la dope ingurgitée, par les coups reçus, par les hémorragies internes, possiblement ; Luka penche le museau de côté, puis penche littéralement le buste tout entier. Manque se vautrer. Compte jusqu'à dix, en silence. Et d'une poussée sur ses jambes, cavale droit devant ; dans un élan de suicidaire aguerri, que l'excitation dévore plus que la peur. Il cartonne un premier zombie qui valdingue, lacère la gorge d'un second puis d'un troisième. La morsure ne tarde pas, sur son bras amorphe. Un quatrième sur lequel il donne un coup de semelle. Un bout de barbaque entre les dents, arrachée sous l'impact. Luka expire un faible gémissement et la lame reprend. Frénétique, le gosse terrible ouvre des sourires à la volée pendant que ses épaules et sa masse lui permettent de se frayer un chemin ; jusqu'à déboucher sur le vide, jusqu'à délaisser son carnage, les fringues définitivement salopées et la peau moite de bile et de fiel, tapissée de poussière.
Il titube, genoux flageolant, et sans se retourner et sans plus méditer à son partenaire de déroute, il reprend sa course de néant. Galope tel un dégénéré à travers le labyrinthique de la ville, et s'écroule avec raideur la minute qui suit. Sur le bitume, le goudron, ondoyant sous son corps, le prenant, l'absorbant, le digérant, pour ce qu'il en sait. Ce morceau de bitume devenu eau, devenu étang, devenu fleuve dans lequel Luka se repose. Le dos porté par les ondoiements, il considère le ciel sans nuage et sans lumière, le ciel noir, sans défaut, le ciel qui avale les angoisses et les questions.
Luka délire sagement, le souffle irrégulier et la tête dodelinant sous l'ondée.
Ce pourrait être le Styx lui-même qu'il n'en serait pas surpris. Luka, il fantasme des sirènes, des mains baladeuses. Avant qu'une horde de cadavres-esprits portés en direction des enfers ne se décide, d'un instant à l'autre, à le couler. Parce qu'il n'y a jamais de rêves dans son sommeil, non jamais de rêves. Luka, il ne fait que cauchemarder. Alors, il présuppose que des bras efflanqués et des doigts maigres vont l'emmener dans les abysses d'il ne sait quel foutu monde souterrain et tant pis. Tant pis, se répète-t-il. Il ne veut qu’entrapercevoir des sirènes, sombrer en direction d'une nouvelle Amérique et disparaître ensuite aux tréfonds de Limbes version grecque et glauque. Et il se promet d'arrêter de lire avant d'aller dormir, et il se promet de ne plus dériver sur les vidéos bizarres de Youtube et il se promet aussi d'appeler Eireann, à son réveil, juste pour lui dire « salut » juste pour l'entendre lui répondre, juste pour l'entendre bâiller, juste pour... il ferme les yeux et il sourit et lève sa main puis son bras valide, haut, très haut, assez haut pour supposément être aperçu au bord de la rive où il se représente Ethan, digne, hésitant.
Son majeur à la verticale : il lui offre un doigt d'honneur, royal. Et cet abruti, comme lui, dans ce fabuleux songe, se fera inéluctablement bouffer. Ouais, ils se feront bouffer. Et Luka, ça le fait marrer.

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MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Mer 6 Sep - 2:35

Alors qu'il s'affairait à brutaliser un nouveau zombie chancelant, Ethan hasarda un regard vers le chasseur qui semblait de plus en plus bizarre. Il le vit lacher une galette épaisse qui s'étala sur son jean, avant de se relever et de constater, sybillin : 
- "J'ai vomi."
Non, sans blague, ducon.
Le vampire reporta son attention sur son adversaire qu'il avait acculé contre un mur et tenait à la gorge d'une main en tirant sa longue langue de l'autre. L'organe finit par céder et fut arraché de la gorge du monstre. Même détachée et prisonnière du poing fermé du vampire, la langue continua de tortiller. Il la balança rageusement avant de rouer le zombie de coup de poing, enfonçant la cage thoracique desséchée. Encore un autre qui partit en cendre. Ethan se tourna, localisant sa prochaine victime, quand il sentit une main chaude saisir la sienne. Ça faisait chelou, dans ce monde où tout -lui y compris- était si froid. Il fit volte-face et vit Luka qui avait l'air toujours aussi déboussolé.
- "Les vampires ça peut voler non ? Envole-toi Ethan envole-toi vite." Chuchotta le chasseur qui avait un regard étrange, qui le fixait intensément.
- "Ouais, on sait aussi cracher du feu et chier des abeilles, mais t'es en train de me kryptoniser, loser. Rend-toi utile, putain, va botter des cul au lieu de... de me regarder comme ça, merde !" Grogna Ethan, qui observa ensuite, incrédule, Luka murmurer un autre truc qu'il n'entendit pas alors qu'il regardait ses fringues et- oh wow. Serieux.
- "Ecoute, connard, que tout ça te fasses bander, c'est super cool. Mais putain jte jure, mets-toi au boulot, sers-t-en, va l'enfoncer dans l'oeil d'un de ces trucs parce que sinon, je te jure, je te la couple et je t'en fait un collier !" S'emporta Ethan. Il ne sut pas trop si c'était ce qu'il avait dit, ou l'état second dand lequel était Luka, mais celui-ci se marra, lachant la main du vampire et affirmant que tout était un rêve. Qu'est ce que ce serait bien si s'était vrai, putain...

Mais apparement, être dans le pays des rêve sembla plutôt bien réussir au chasseur qui, malgré ses blessures et son bras pété, se mit enfin au travail et participa au massacre. Pas trop tôt. 
Ces zombies avaient l'avantage d'être plutôt fragiles. C'était leur nombre qui rendait la tâche plus fastidieuse que difficile. Ethan ne lacha pas l'affaire, continuant à les défoncer  un par un, ecrasant le crâne de l'un sur celui d'un autre, arrachant des membres, toussant lorsque les cendres cadavériques lui assechait la bouche parfois. Dans la cohue, il ne remarqua pas l'éloignement de Luka, et ne s'en rendit compte qu'après avoir ecrasé la tête du dernier zombie contre un mur. Il se tourna, s'appuya sur ce même mur et s'alluma une cigarette, tatant une griffure qu'une des bestiole lui avait fait au visage. Ça soignait déjà, yes. Il regarda aux alentours mais ne vit personne, que des cendres. Il se redressa, fronçant les sourcils.

- "Hey..." Putain, il connaissait même pas son nom, en plus. "... Ducon ?" Héla-t-il, sans recevoir de réponse. Il grommela et remonta la rue qui s'enchevetrait. Mais c'etait quoi ce délire, c'était quoi cet endroit, et c'était quoi ces trucs décharnés ? Alors qu'il marchait, il regardait un peu partout, espérant appercevoir une "vraie personne", une fenêtre ouverte, une porte entrebailée. Mais chaque fenêtre était barricadée par des planches, chaque porte n'avait pas de poignée. Il essaya bien d'en défoncer une avec l'épaule, mais rien n'y fit, elle resta inviolable. Il continua son chemin, et après avoir tourné à gauche, il vit une silhouette immobile tout au bout de la rue. C'etait un gosse. En petit short, avec des cheveux bien peignés. Il attendait là, comme un p'tit con, au bout d'une rue lugubre.
Ethan grogna et roula des yeux. Pitié.
- "Hey." Fit-il d'une voix forte à l'attention du garçonnet. "J'ai déjà vu Shining et ça a super mal vieilli, donc on pourrait p'têtre arrêter les conneries et genre tu m'ouvres un portail vers chez moi, morveux."
Sa reflexion sembla vexer le garçon qui devait sans doute penser qu'il avait pris une forme super originale. Ses membres craquèrent, se détachèrent, tombèrent au sol et se muèrent en une nuée de rats qui décampèrent. N'ayant pour l'instant aucun autre point de repère, Ethan se résolu à suivre l'armée de rongeurs faute de mieux. Les rats courrurent, le vampire sur leurs talons, pour finalement déboucher sur une place. Ils prirent un virage sec à droite et s'engouffrère dans une grille d'égoût toute proche. Ethan se rua sur la grille et s'agenouilla, appelant les rongeurs. 
- "Revenez, bordel ! Changez-vous en quelque chose qui sait parler et qui suce plus son pouce !" Bien sûr, pas de réponse. Il eut la déprimante impression que toute interaction qu'il aurait avec les autochtones de cet endroit zarbi allait être cryptique et agaçante.
Il se releva et se tourna pour regarder la place qui s'étendait. Toujours entourée de murs de briques, il y avait quelques eclairages ça et là, les mêmes qui diffusaient leur lumière bleutée. Il reconnut l'endroit, il y avait une place comme ça à Salem, mais les murs n'etaient pas que de briques et comptaient des boutiques. Et au milieu de la place, il y avait normalement une fontaine qui ne marchait qu'une fois sur quinze. Mais là, au milieu de la place, point de fontaine : juste un type. Luka. 

Ethan gromella, regardant la grille d'égoût, maudissant les rats qui, plutôt que de l'avoir mené à une sortie, l'avaient conduit vers cette grosse tanche. Et au loin, il vit le chasseur lever son majeur en l'air. Ok, s'il avait envie de se faire péter un doigt...
Ethan courut sur le bitûme qui ondula sous ses pieds, comme de la flotte. "Mais merde, quoi." Chuchotta Ethan qui s'arrêta, regardant les ondulations. Il sauta sur place. Pas d'eclaboussure, juste des ondes, sur un bruit de béton. Perturbant.
Il trotta vers Luka et s'arrêta. Pourquoi le chasseur faisait la planche alors que lui marchait sur l'"eau", il ne savait pas trop. 
Il attrapa le majeur tendu de Luka et le brisa sans autre forme de procès. Cet endroit lui foutait les nerfs et il voulait être chez lui pépouze avec une bière, pas se prendre des fuck par un pauvre sosie du Christ qui flottait sur l'eau comme une étoile de mer déphasée. Ethan entreprit ensuite de placer son pied sur la hanche de Luka et d'y appliquer une poussée, faisant dériver le pauvre chasseur vers la rive-trottoir. 
- "T'as l'air plutôt relax, mon gars, j'ai l'impression que ça t'affole pas plus que ça qu'on soit dans ce trou paumé, ce qui me dit que tu sais où on est." Hop, une autre poussée du pied pour rapprocher le radeau Luka du bord. "Donc voilà ce qu'on va faire : tu vas me sortir d'ici, et je te filerai de mon sang pour te retaper. Pis si tu joues au con, je te bouffe, et j'essaye de trouver la sortie tout seul." 
Pouf, une dernière poussée, et le chasseur heurta mollement le trottoir sur lequel Ethan grimpa avant d'attrapper le bras valide de Luka et de le tirer vers lui, passant son propre bras dans son dos pour l'aider à rester debout.
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#5D787D
MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Mer 13 Sep - 19:29

2 Guys 1 Coin

Ethan & Luka




Son microcosme flippant désintégré par l'apparition du macchabée : Ethan au-dessus, tel le Christ ressuscité, se promenant sur l'eau, le front cerclé d'or.
Battements de cils convulsifs et bouche s'entrouvrant ; Luka, il adorerait torcher une réplique cinglante, noter la symbolique religieuse, lui en faire un exposé. Mais il n'a le temps de rien. Ou le temps de tout. De prévoir, d'envisager, d'oublier et puis recommencer. Son doigts toujours tendu, depuis des heures ou des secondes – il ne sait plus, il n'a jamais su. Il s'en fout. Son doigt, donc, toujours tendu. Et précipitamment brisé. Un crépitement d'os, l'articulation bousillée et la douleur, la douleur, l'intemporelle douleur qui crevasse un peu plus sa cervelle.
Il pourrait hurler, il pourrait cracher des insanités, il pourrait dégueuler une seconde fois, et ravaler – car, obligatoirement, le sens gravitationnel des choses reprendrait ses droits. Le gosier encombré des fluides de l'estomac. Et l'ensemble retrouvant par après le chemin du pharynx, et des boyaux et des... non, la douleur. La douleur qui explose les neurones. Bulles de limonade éclatant derrière les yeux qui d'emblée roulent dans leurs orbites.
Ça déborde de partout. Ça déborde hors de lui, peut-être. Surtout.
Luka ne sent plus son corps qu'il abandonne aux poissons, aux piranhas, aux dauphins ; à la moindre connerie du genre qui puisse vivre au-dessous son fessier trempé.

Et c'est ainsi qu'il dérive et dérive vers un monde meilleur ou pire.
Luka dérive et dérive, avec l'aide d'Ethan dont le pied se fiche à sa hanche. Ce pied donnant de brèves impulsions – nécessaires – afin de bouger cette masse flottante qu'est le chasseur amorphe.
— T'as l'air plutôt relax, mon gars, j'ai l'impression que ça t'affole pas plus que ça qu'on soit dans ce trou paumé, ce qui me dit que tu sais où on est, souligne Ethan.
La rive choque contre son flanc et Luka gémit ; c'est un gémissement bas, un gémissement de mec qui abdique. Sa seule réponse. Lymphatique ; dans l'attente du réveil, du trépas, d'une disparition instantanée. Luka se tait.
— Donc voilà ce qu'on va faire : tu vas me sortir d'ici, et je te filerai de mon sang pour te retaper. Pis si tu joues au con, je te bouffe, et j'essaye de trouver la sortie tout seul.
Le bitume retrouvé, sa carcasse tirée hors de la flotte par ce bras à l'extrémité cassée dont la sangsue s'empare derechef. Il ambitionne crier sans plus détenir l'énergie requise.

Un bras passé sous ses épaules et son poids tenu, retenu, par Ethan et la question voltigeant toujours entre les synapses cramées. Luka expire :
C'pas un rêve c'est ça hein.
Et il ne sait même pas comment agencer les éléments passés et les éléments présents. Il ne sait même pas comment mettre en ordre cette pagaille à ciel ouvert ; qui les a amenés jusqu'ici. Et c'est , ce ici. Et c'est quoi. Les paupières tombantes ; regard en fente. Il lorgne l'horizon glacée et il retient la chiale qui monte, parce qu'il a mal partout et qu'il regrette, le contrat – le fumeux contrat qu'il n’achèvera pas. Il le pige, à la seconde où le tangible se fraye un passage dans sa psyché.
Ses guibolles tremblent, sa peau se pique d'une chair de poule dure ; par le froid, par le fleuve et son onde huileuse dont il est couvert des orteils aux oreilles.
Il soupire et son crâne chavire en avant. Sa tignasse ruisselante lui balaye le visage. Ses yeux scrutent ses chaussures et celles du vampire.
On va crever, c'est ça hein, on va juste crever, dit-il, platement.
Et si l'idée ne l'émeut pas plus qu'à l'ordinaire, une peur étrange s'installe cependant en son sein. Elle picore les perceptions, qui agite le thorax d'une respiration saccadée. Une respiration bouleversée par la promesse de mort et par les rats, ces innombrables rongeurs qui s'amènent entre leurs jambes. Puis par deux bras puis quatre puis six s'extrayant du fleuve infernal.
Des visages jaillissent de sous la flotte noire. Minois à moitié pourris à moitié sublimes ; des portraits indescriptibles sur lesquels ses prunelles se figent.
Luka fait un pas en arrière. Force Ethan a reculer quand les bras se tendent, les doigts décharnés, gonflés par la pourriture et l'eau, tentant d'agripper ses chevilles et ses lacets.
Et y a la voix, qui ne sort d'aucune bouche. Du moins, d'aucune de celles qu'il regarde, mi-choqué mi-fasciné.
« La clef » répétée, répétée jusqu'à l'oraison, jusqu'à la déraison. « La clef » toujours et les saloperies, les sirènes faisandées hurlant en chœur un chant déchirant les tympans. Les gestes plus agressifs et les gueules ouvertes sur des rangées de dents en épines. Épidermes translucides et veines violacées sinuant sur les membres, sur les traits. Elles sont chétives, animales et sublimes.
Luka hoquette et « la clef » en récidive, en courant d'air, en prière. Mélodie démentielle provenant de derrière. Dans leur dos, le gosse – Shining le retour – et ses multiples voix, badigoinces en béances, un vide intersidéral. Il profère son incantation quand l'une des salopes de sirènes, buste avancé sur la rive, seins ripant sur l'asphalte, happe pour de bon Luka. Luka qui ne bouge plus, Luka qui ne fait que mater sans plus savoir aligner deux pensées à la suite. Il contemple la chevelure opalescente, il contemple l'épiderme nu, il contemple les courbes et il oublie tout. Son regard à elle dans son regard à lui. La phonation bloquée à la trachée, les pupilles dilatées, fixées sur le poiscaille qui lui enserre fermement le mollet, plantant ses griffes dans son muscle, à le faire chuter, à le faire tout bonnement dégager, glisser, rejoindre ses sœurs.
Alors, il braille enfin. S'accroche de son seul bras valide, de sa main en torture, à tout ce qu'il trouve : soit Ethan. Tandis que le mioche continue son exaspérante et mystique mélopée, pour finalement se démembrer de lui-même en un tas de gros rats sombres crapahutant à terre, grimpant ensuite sur Luka qui beugle de plus belle, les guibolles harponnées par les requins aux allures de femmes, le torse et les hanches encombrés de gros rats qui le mordent.
Et les pétasses océaniques expirent elles aussi leur litanie « à nous » « à moi » « la clef » encore et toujours « la clef ».
Luka, il rugit :
Va te faire foutre c'ma moto, et il lâche stupidement Ethan pour appuyer la paluche sur sa poche de jean, pour ne pas qu'elles lui volent la clef de son bolide. Car oui, Luka est un con qui ne comprend rien, Luka est con qui ne discerne pas les sous-entendus, qui n'entrave que dalle aux murmures et énigmes du monde des morts. Luka est un con que la souffrance et l'oméga rendent encore plus con, et inconscient des dangers.
Ainsi, il récidive :
… c'ma moto tu l'auras pas connasse !
Et il s'enfonce dans la flotte qui dorénavant lui arrive au nombril, les rats continuant de le becqueter gaiement afin de se gaver de son sang.

Au loin, sur le fleuve-bitume qui ondule sous la rixe provoquée, une barque merdique flotte paisiblement, avec, à son bord, une petite silhouette voûtée et encapuchonnée.

© MR. CHAOTIK



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MessageSujet: Re: 2 Guys 1 Coin Ven 22 Sep - 4:01

- "Ben non dugland, c'est pas un rêve." Répondit Ethan à la question de Luka qui ne le rassurait pas le moins du monde. Merde. Peut être qu'au final, le chasseur ne savait vraiment pas où ils etaient. Par contre, il semblait toujours autant dans les vappes, et ça devenait gonflant : dans cet espèce de plan ethéré et sans queue ni tête, Ethan aurait préféré un compagnon de fortune valide, lucide. Et mieux coiffé.

- "On va crever, c'est ça hein, on va juste crever." Ajoute Luka, laconique.
- "Moi non, je suis déjà mort. Mais toi, ouais, ça peut s'arranger, si tu continues à faire de la merde." Répondit le vampire, qui resséra son bras autour du chasseur pour le réhausser afin de mieux le tenir contre lui.
Ethan fit quelque pas en grognant d'agacement, avant de remarquer que ça croustillait sous ses chaussures. Il baissa les yeux et vit une multitude de rats qui grouillait à leurs pieds, sans se préoccuper du fait que certains de leurs congénères venaient de se faire broyer sous les chaussures des deux compères. Le vampire allait gromeller encore quand il sentit une main l'attraper à la cheville, le faisant pousser un petit cri de surprise. Un rapide coup d'oeil derrière lui lui permit de contempler la légion de corps gris bitume qui surgissait de l'etang d'asphalte. 
- "Putain de-" fit Ethan avant de manquer de trébucher. Luka avait reculé, l'entrainant avec lui. Le vampire leva son pied et l'abattit plusieurs fois sur le poignet décharné qui serrait sa cheville. L'entité lacha prise, permetrant aux deux compères de s'ecarter un peu plus, mais ce fut inutile. Elles... ou ils... Les choses étaient des centaines à s'extraire du goudron devant eux, rampant les unes sur les autres, avançant inexorablement vers eux. Elles etaient légion mais semblaient guidées par un esprit unique, avec un leitmotiv précis que ni Ethan, ni Luka ne comprirent. La mélopée incessante provenait de partout, provenait de nulle part, et reclamait la clef. Paumé, Ethan voulut faire demi-tour mais se figea lorsqu'il vit l'enfant-rat immobile derrière eux avec, dans son dos, une nouvelle légion de sirènes qui s'extrayait lentement des murs de briques. Tous demandaient la clef, encore et encore, de plus en plus fort, à tel point qu'Ethan eut l'impression qu'on lui attaquait la boite cranienne à la perceuse. Et au milieu de ce bordel démentiel, de cet enfer bleu-nuit, de ces voix fantomatiques, le vampire baissa les yeux vers le chasseur, voyant en lui un ironique semblant de normalité. Luka et lui venaient du monde du dessus, dans lequel les vampires avaient été révélés, dans lequel il y avait des loups, des chasseurs et des sorciers. Et les voilà tous les deux, normaux sans l'être vraiment, mais perdus comme deux connards dans un monde qui l'était encore moins. 
Et soudain, sa réalité fut attaquée. Une sirène du bitume avait profité du massif effet de surprise et s'était emparée du chasseur, le tirant par le mollet, y enfonçant ses griffes. Derrière, le môme se démembra à nouveau, son corps se fondant en une nouvelle nuée de rats qui s'attaqua directement à Luka. Ce dernier s'accrochait à Ethan comme on s'accrochait à un rocher. Et le vampire fit de même, voulant s'accrocher au peu de réel qui existait encore. 
Mais sa réalité fut arrachée. Dans un geste délirant, Luka chercha à sécuriser des clés dans sa poche, lachant prise. Les sirènes avaient atteint son torse, tiraient sur ses vétements, sur son futal, foutant le chasseur presque cul nul alors qu'elles l'entrainaient et que les rats le boulottaient. Et bien sûr, Ethan, qui ne comprenait toujours rien, se sentit envahi par une nouvelle vague de colère bouillante, alimentée par l'incompréhension et le ras-le-bol général. Tout sens logique lui echappa, et, sans qu'il sache vraiment pourquoi, sa rage fut aussi motivée par le fait qu'une bande de harpies goudronnées etaient en train de le séparer de sa seule prise avec le réel. Si Luka buvait la tasse au milieu d'une mer de connasses et de rongeurs, il allait se retrouver seul au milieu de limbes délirantes et il allait devenir taré. Si Luka se noyait parmi des pouffes de l'asphalte et des rats, il allait mourrir de faim sans le sang du chasseur dont il ignorait la toxicité. Si Luka perdait pied dans cet océan de grognasses et de nuisibles, alors... Qui est ce qu'Ethan allait pouvoir engueuler ?
Il refusait de laisser l'iréel gagner, bordel à queue.

- "Il est à moi, salopes !" Beugla le vampire, s'enfonçant délibérement dans les flots de femmes, donnant autant de coups de poings et de coups de pieds qu'il le pouvait, motivé par le besoin irrepressible de reprendre sa proie qu'on était en train de lui voler. Il devenait un Moïse de l'ultraviolence, séparant la mer de sirènes du mieux qu'il le pouvait, prenant une godiche pour taper sur une autre. Heureusement pour lui, la marée de bonnes femmes ne l'avait pas encore amené très loin, et il n'eut que quelques mètres à faire avant de pouvoir enserrer Luka à la taille. Puisant dans sa rage grandissante, il entama le chemin du retour, s'efforçant de ne pas trébucher alors qu'il essayait de revenir sur la rive le plus vite possible. Ça ressemblait à ces cauchemars dans lesquels on tente de courir mais que tout est ralenti et qu'on va aussi vite qu'un insecte pris dans de la mélasse, Ethan etait retenu par des mains, des dents, qui s'enfonçaient dans ses chairs et tentaient de l'attirer en arrière, lui et son compagnon d'infortune. 
Le vampire jeta un coup d'oeil rageur et apperçu enfin, au milieu du lac fait d'êtres, une embarcation dans laquelle tronaît un... quoi, un sac à patate ? Il avait du mal à le distinguer d'ici, mais franchement, après tout ce qu'il avait vu, ça aurait pu être un clown ou une giraffe qui pète sur cette barque, il n'aurait pas été étonné. Il soupçona cependant que l'intention de l'océan de harpies était peut être d'entraîner Luka et lui vers cette silhouette, vers cette chose qui régnait peut être en maître sur ce harem maritime. Son intuition fut quelque peu confirmée lorsque la barque se déplaça. La silhouette n'eut même pas à ramer : obéissantes, les sirènes étendaient des dizaines et des dizaines de bras pour porter la barque, la faisant se déplacer au dessus de leurs têtes difformes. Le capitaine du frel esquif était bien encapuchonné, et, en lieu et place d'un visage qu'Ethan aurait du normalement distinguer, il n'y avait qu'un néant béant duquel s'echappait quelques volutes de légère fumée noire, ressemblant à celles d'une cigarette. Et au milieu du vide, deux lueurs blanchâtres qu'on pourrait peut être, dans un délire lovecraftien, appeler des yeux.

Ethan murmura quelques "putain" alors qu'il redoublait d'effort pour lutter. Il atteint enfin la rive et s'y hissa tant bien que mal, ecrasant encore quelques rats. Il tenta de retrouver une certaine logique qu'il esperât ne pas avoir perdu après avoir contemplé les yeux luminescent de l'encapuchonné. Ses bras, toujours serrés autour d'un Luka aussi paumé que lui, refusaient de lacher prise. Le chasseur était chaud, tangible, il ne partirait pas en cendres et ses yeux étaient bleu-vert et pas blanc-mort. 
Une issue. Il fallait une issue. Maintenant. Ethan tourna la tête rapidement, à s'en faire péter les vertèbres, cherchant une échappatoire. Les sirènes du bitumes continuaient leur lente avancée, et la barque qu'elles portaient à tour de rôle se rapprochait également. Des harpies sortaient des murs de briques entourant l'etang vivant. La seule issue etait l'unique rue par laquelle Ethan etait arrivé plus tôt, guidé par l'enfant-rat. Pas le choix. Avec un grognement rauque, Ethan hissa Luka sur son épaule et le tint fermement alors qu'il se mit à courir vers la venelle. Des bras et des visages s'extrayant des murs se tendirent vers lui alors qu'il remontait la rue, prenant des virages, à droite, à gauche, se paumant dans un labyrinthe de béton et de brique. Il tentait de temps à autre un coup d'oeil derrière lui et vit au loin la barque et son occupant qui continuait d'être portés par le flot des bras et des mains. Par chance, la course du vampire s'avéra plus efficace qu'une marée de membres porteurs, et la barque maudite perdit du terrain. Après plusieurs minutes de galopage acharné, Ethan passa une porte qui, contrairement à toutes les autres, n'était pas barricadée de planches et de clous. Il stoppa sa course, manquant de s'etaler au sol, et fit demi-tour, maugréant un "Allez, merde" alors qu'il enclenchait la poignée pour se ruer à l'intérieur et claquer la porter derrière lui. 

Il fit quelque pas dans ce lieu qu'il ne connaissait pas. C'etait une caverne sordide sur les murs de laquelle etaient accrochées des torches. Encore une fois, la lueur etait bleutée et froide et provenait de flammes de même couleur. Tenant toujours Luka sur l'épaule comme un sac, il fit quelque pas vers la table au milieu de la grotte. Elle avait des allures d'autel sacrificiel, on pouvait y voir des sangles, sans doute censées maintenir quiconque y serait attaché. 
- "On est où là, dans un donjon SM ou quoi..." Fit Ethan, sans savoir qu'il avait sous les yeux une replique morte de la caverne et de la table sur laquelle Luka avait été attaché afin d'y foirer un suicide par les plantes il y a quelque temps, pour en ressortir finalement transformé de recrue à chasseur.
Ethan jeta un coup d'oeil vers la porte d'entrée. Pas un bruit. Ils semblaient avoir semé l'océan de connasses et leur capitaine bâché. Le vampire se tourna ensuite vers une autre porte. C'etait soit ça, soit la caverne pourrie, autant tenter le coup. Il tourna la poignée et entra dans la pièce jouxtant la grotte. Ses sourcils se froncèrent aussitôt, et il chuchotta un "Non mais merde, quoi."
C'etait à son tour de renouer avec le passé. Bien la lumière fut ici aussi bleue et froide, bien que de légères volutes de brumes léchaient le sol de cette pièce comme dans la grotte, il reconnut la chambre d'Elizabeth. C'etait dans cette pièce qu'il y a environ dix ans, il s'etait lui aussi transformé, passant d'humain à vampire. Ses machoires se serrèrent et il sentit sa gorge se serrer un peu. Le souvenir en lui-même n'était pas douloureux. Il avait aimé devenir vampire, et aujourd'hui, il ne le regrettait toujours pas. Il aimait ce qu'il etait. Mais d'autres souvenirs étaient associés à cette pièce, à son occupante. C'etait ici qu'il avait réellement commencé à vivre en tant que vampire, et cette pièce, comme tout le reste, semblait si morte... Enfin. C'etait toujours mieux qu'une caverne d'illuminés.

Il s'avança vers le lit et y déposa Luka, le corps du chasseur soulevant un léger nuage de cendres lorsqu'il s'affala sur la couette. Ethan, connaissant encore le lieu par coeur, se dirigea machinalement vers un petit buffet dont il savait qu'il contenait de l'alcool. Enfin, c'etait il y a des années, et dans le vrai monde. Lorsqu'il ouvrit la porte du buffet, il y trouva bien des bouteilles, mais elles étaient remplies d'un liquide noir et épais. Le vampire gromella quelque chose d'inaudible et retourna vers le chasseur. Il tira une chaise qu'il amena jusqu'au lit et s'y affala. Il fouilla dans ses poches pour y sortir son paquet de cigarettes. Il eut l'impression que ça faisait une éternité qu'il n'avait pas fumé... Il compta les sèches. Douze en tout. Il allait falloir qu'il trouve vite la sortie de ce cauchemar, parcequ'il fumait comme un pompier et que douze clopes, c'etait peu pour lui.
Il s'en alluma une et porta son attention sur Luka. Le chasseur faisait peine à voir. Ethan ignorait encore qu'il avait avalé quelques gouttes de son sang et de toutes façons, ça devait être trop peu pour qu'il puisse le remarquer : Luka avait encore des plaies et des os cassés que le peu d'Omega qu'il avait avalé ne permettait pas de soigner.
Le vampire souffla de la fumée de cigarette par le nez et se demanda pendant quelques secondes pourquoi donc il avait pataugé dans une mer de puputes et de rats pour sauver des eaux un trou du cul aux faux airs de Jesus. Sous le coup de la panique et de la colère, ça semblait avoir du sens. Sortir un compagnon d'infortune d'une situation perilleuse, c'etait un reflexe naturel. Mais Luka, dans le monde du dessus, l'avait attaqué, lui avait tiré dans les jambes, et voulait le livrer au gosse de riche a qui appartenait le sous runique qu'il avait toujours autour du cou. C'était pas le genre de glandu qu'on voudrait sauver, non ? Et pourtant. Ethan dut se rendre à l'évidence : il avait agi sur un coup de tête (comme toujours), et avait paré au plus urgent. Sur le coup, ça avait paru logique et sensé de vouloir garder près de soi le dernier symbole du monde réel. De vouloir garder un casse croute potentiel sous la main. De vouloir garder quelqu'un a qui parler pour pas se parler à soi même, et parce que deux têtes valaient mieux qu'une.

- "En fait, tu sais rien du tout... tu sais pas où on est, t'es aussi paumé que moi, hein, trouduc ?" Demanda Ethan vaguement. Et la situation... Tout ce bazar démentiel... Les rats, le gosse, les corps decharnés, la barque qui avait bougé comme une groupie dans la fosse d'un concert, portée par des bras... Et cet espèce de con hirsute et brisé, allongé sur le lit de sa princesse, avec ses cheveux de baba et sa barbe de hipster... 
Ethan eut un rire nerveux et tapa sa cuisse de sa grande main. Il toussa, la fumée de clope lui ayant raclé la gorge suite à son éclat de rire. Il émit un dernier gloussement en secouant la tête, incrédule et souriant. 
- "Allez tiens, chose promise, chose due, comme on dit." Fit le vampire, bougeant les pieds pour rapprocher la chaise du lit autant que possible. Il s'ouvrit le poignet de ses crocs et plaqua sa plaie sur la bouche de Luka.
- "Vas-y, suce, salope." Se permit-il d'ajouter, se faisant rire tout seul comme un connard.
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