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Who Are You?

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Sorcière du Feu

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MessageSujet: Who Are You? Ven 11 Aoû - 4:53

Il y a une semaine…

Pratiquement hypnotisée par le crépitement des flammes qui brûlaient dans le creux de la petite cheminée de la chambre de motel, Alyson ne pouvait détacher son regard de la scène qui se déroulait devant elle. Un pentacle était tracé sur le sol, des bougies allumées à chaque pointe. Sa sœur était penchée sur un livre dont la couverture n’était pas visible. Ses lèvres bougeaient comme si elle récitait quelque chose qu’Alyson ne pouvait entendre. C’était comme regarder un film sur « Mute ». Elle n’arrivait pas à reconnaître les lieux où elle se trouvait, il y faisait trop noir. Elle pouvait distinguer un crucifix accroché au mur, sans doute une église abandonnée. Un peu plus loin, dans un coin sombre, elle put apercevoir une tête brune. Intriguée, elle l’observa encore quelques secondes avant de se rendre compte qu’elle l’avait déjà vu dans certaines visions de sa sœur qu’elle convoquait. Elle ne savait ce qu’il lui voulait, mais il était quelques fois près d’elle. La lumière lunaire éclaira un bout de son pendentif, le faisant briller l’espace d’un instant. Un chasseur…

Le sort prit fin. Elle n’avait plus l’énergie nécessaire pour le maintenir. Elle releva la tête. La pièce était plongée dans la pénombre, les rideaux étant tirés complètement afin qu’on ne puisse pas voir ce qui s’y passait. Le feu qui brillait dans la cheminée réchauffait la pièce déjà chaude vu la saison. La sorcière aurait pu exécuter son sort à l’aide d’un miroir ou même d’un verre d’eau. Mais, elle avait toujours eu un penchant pour le feu, quitte à crever de chaleur. C’était son élément après tout. Elle l’éteignit, repensant aux images qui dansaient devant ses yeux quelques secondes plus tôt. Elle ouvrit les rideaux de sa petite chambre de motel, laissant les rayons lunaires y pénétrer. Une seule pensée flottait dans sa tête : qui était cet homme?


Il y a trois jours…

Observant le tableau d’un pub, Alyson lisait les petites annonces qui se trouvaient devant ses yeux, cherchant quelque chose qui ressemblerait à la sienne. Dans l’une de ses mains se trouvait une petite fiche cartonnée lignée sur laquelle était rédigée une annonce qu’elle avait écrite il y a trois nuits.  Dans l’autre, elle avait quatre petites punaises au bout en plastique orange avec lesquelles elle jouait machinalement. Repérant finalement un trou entre celle d’une attaque de vampire et une demande de colocation, elle plaça la première punaise entre son pouce et son index tandis qu’elle plaquait sa fiche contre le babillard, son pouce au centre de cette dernière pour la retenir de tomber au sol. Dans chacun des coins, elle enfonça les petites punaises l’une après l’autre. Finalement, elle relit une dernière fois son annonce, un sourire aux lèvres.



Besoin d’aide :
Petit boulot concernant une sorcière.
Paiement de la valeur que vous le souhaitez.
Vous pouvez me rejoindre au 555-837-0731 pour les détails.
Merci.


"Maintenant, à nous deux, chasseur," pensa-t-elle, avant de sortir du pub.

Dès qu’elle mit les pieds dehors, elle sorti une feuille de papier où une liste d’établissements qui acceptaient les petites annonces y étaient rédigés de son sac à main. Des yeux, elle parcouru les noms alors que sa main replongeait dans le sac pour y trouver son stylo. Elle le trouva à la toute fin et le raya comme tous les autres. Elle avait déjà déposé une annonce dans le journal de Salem. Il ne pouvait manquer l’annonce. Enfin, selon elle….

Aujourd’hui…

Assise à la table la plus reculée de l’établissement, la rouquine sirotait son verre lentement, scrutant chaque nouvel arrivant. La pièce était pratiquement vide, seuls les habitués étaient assis au bar, jasant avec le barman de service. Il était encore trop tôt pour que The Bestial Bistrot soit bondé de monde. Il faut dire que ça ne faisait que quinze minutes qu’il était ouvert. Et rares étaient ceux qui commençaient à boire dès dix-sept heures quinze. Ses yeux s’attardèrent sur son téléphone l’espace d’un instant, jetant un coup d’œil à l’heure pour la énième fois. Comme elle aurait aimé naître avec le pouvoir d’avancer le temps! Son regard passa de la petite horloge de son cellulaire à la porte d’entrée qui venait de s’ouvrir. Son cœur s’accéléra en voyant une petite tête brune entrée dans le pub. Ses doigts refermés sur son verre réchauffèrent doucement sa boisson sans le vouloir. Voyant les petites bulles commencer à se former dans le liquide, elle le lâcha aussitôt. La jeune femme releva la tête, cherchant le brunet des yeux. C’est avec une pointe de désappointement qu’elle s’aperçut que ce n’était pas celui qu’elle attendait. Il n’avait même pas de pendentif au cou.

La journée d’avant, la sorcière de feu avait reçu un coup de fil de la part d’un chasseur qui se disait intéressé par son annonce. Elle lui avait donné rendez-vous dans ce pub irlandais vers dix-huit heures, se disant que ce serait assez tranquille pour discuter. N’entendant que sa voix, elle ne pouvait garantir qu’il s’agissait de celui qu’elle recherchait, mais elle l’espérait fortement. Elle avait déjà rencontré deux autres chasseurs et avait dû refuser leurs services, prétendant qu’il s’agissait d’une fausse alerte finalement. Elle n’avait pas envie que la rumeur démarre au sein des chasseurs. Elle en perdrait son faux contrat. Faisant tourner son verre du bout de ses index, elle perdit son regard dans la couleur du liquide, se préparant à l'arrivé de celui qu'elle attendait...
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MessageSujet: Re: Who Are You? Ven 8 Sep - 6:17



WHO ARE YOU
feat. La Rouquine
BANG.BANG.BANG.

Il entend. Encore. Abattant son poing sur cette damnée porte d'entrée pour la troisième fois, ayant pour que de réveiller la colère de Monsieur Couscous, un cabot qui doit faire à peine un demi kilo vu le jappement aussi strident qu'hystérique qu'il amplifie à chaque coup donné.

" Monsieur Couscous ! Allons ! du calme. Mais du calme voyons, on aboie pas comme ça !! Allez... ! Coucouche panier. Cou-couche panier, j'ai dis ! Obéis à maman. Hop hop ! Mais cesse de me passer entre les jambes, tu vas m'faire m'casser l'cou ! Aller, pousse-toi maman doit ouvrir la porte maintenant... "

Et ça doit faire cinq minutes qu'il l'entend marcher dans la maison, la vieille avec sa voix nasillarde qui trahit son âge. Le pas trainant en train de négocier avec le chien, le laissant moisir derrière la porte visiblement incapable de venir à bout de la bête... laisse moi le une seconde voir comment j'vais t'le servir, ton couscous...

Jake tape. Fuck si le bois craque sous son poing. Le troisième coup s'interrompt lorsque les gonds grincent, laissant apparaitre une silhouette recourbée, une octogénaire aux cheveux gris attaché en chignon derrière sa tête. Elle se présente, elle, sa canne, son odeur de boulamite mais surtout SURTOUT M. Coucous. Le p'tit poméranien couleur caramel qui se jette sur lui, sautillant sur ses pattes, nerveux et affolé. Les jappements incessants du canidé font rebondir ses tympans désagréablement... et pas besoin d'être un chasseur à l'ouïe fine pour être agressé. L'idée d'le kicker out du jardin lui traverse violemment l'esprit. Il inspire lentement pour apaiser cette solution qui serait o combien efficace. Ses yeux se redressent vers mémé qui abaisse ses lunettes sur son nez pour mieux zieuter le chasseur qui se présente pour répondre à son annonce. Loin d'être impressionnée par l'attirail et les armes, au contraire, elle ricane et étire un sourire sur ses lèvres fripées.

" Ohhh... c'est mon jour de chance. Un si beau jeune homme qui répond à mon annonce. N'est-ce pas Monsieur Couscous ? Hein, qu'il nous débarrassera de la vilaine bête. Venez mon p'tit, entrez... il y'a un courant d'air et j'ai horreur des mouches... "

Jake soupire pour emboîter le pas de la vieille, M. Couscous lui passe entre les jambes, se faufilant dans la maison en hâte. Le tueur de monstres étouffe un juron dans un sifflement agacé. Debout derrière le fauteuil recouvert d'un plastique protecteur, Jake tente de rester immuable devant la décoration figée dans les années 70, loin d'être fin connaisseur, c'est plutôt la collection de clowns en poterie un peu partout dans la pièce qui perturbe sa quiétude mentale.

" Dites-moi, mon p'tit, vous prendrez sans doute une tasse de thé ?
- ...et si on parlait du monstre au sous-sol avant...
- AH ! ...oui, bien sûr ! Un vrai professionnel, comme je les aime. Tout ça a commencé il y'a presque deux semaines. C'était... mardi dernier, non mercredi. Oui, mercredi, parce que chaque mercredi je joue aux cartes avec Yvette et ...
- ...la version courte...
- Toutes les nuits je l'entend... c'est comme un grincement dans la ventilation... ouiiiiiiinnnnnn ouiiiiiii miiiiii miiiiiiiii ! ... Vous savez... miiiiiiiii miiiiiii ouinn miiii miiiiiii...
- Hm... je vois. "

La vieille est déglinguée d'la cervelle. Ou son appareil est mal ajusté. Qu'importe, vaut mieux jeter un œil à ce fameux sous-sol.

" La cave, c'est par là.
- Oui oui mon p'tit, faites bien attention. Je peux vous envoyer M. Couscous, c'est lui qui repousse le monstre habituellement.
- ...j'devrais pouvoir me débrouiller...
- Bien sûr, bien sûr, je vous fais confiance, soyez prudent ! "

C'est ça. Jake referme la porte derrière lui, négligeant volontaire d'ouvrir la lumière. Il tente en vain d'éviter de faire craquer les marches sous son poids, mais la maison est trop vieille pour ne pas céder. Il pose le pied sur le tapis rose qui recouvre l'entièreté du sous-sol. Le chasseur arpente précautionneusement toutes les pièces, de la salle de bain aux chambres, du salon au bureau. Il ne trouve pas la trace du moindre monstre... omis le festival du mauvais goût, rien de dangereux n'a élu domicile ici...

Mouiiiiiii.

Froncement de sourcils. Quelque chose bouge, au fond. Jake tire son épée puis s'avance. Des feulements... non... des ... miaulements ? Le chasseur s'immobilise, regarde autour de lui, avant de s'intéresser à une bouche d'aération. Ses doigts se faufilent et tirent. Ils sont là... les monstres. Cinq bestioles poiles, la plus grosse est nerveuse, se recroqueville pour tenter de protéger les quatre autres. Une chatte et ses chattons. C'est ça, les bruits que la vieille devait entendre la nuit. De quoi faire paniquer M. Couscous pour sûr. Le chasseur soupire.

...

" Le v'là, votre monstre. "

Le chasseur tend la bête qu'il tient par la peau du cou devant lui. Mémé baisse ses lunettes avant de secouer la tête. Une guerre s'enclenche entre le chat et M. Couscous qui se met à japper en tournant autour du félin qui crache sa colère. Le chasseur fait que raffermir sa poigne et lève la bête un peu plus haut.

" Ah non mon p'tit, ça c'est un chat.
- ...c'est pas un chat ordinaire. Celui là se transforme en monstre si on lui donne pas du lait chaque jour et de quoi à bouffer. Heureusement que j'l'ai trouvé avant qu'il réussisse à entrer et à pisser partout... mais il s'est déjà reproduit.
- Oh mon Dieu !
- Hm. Une fois adulte vous aurez qu'à les mettre dehors. En attendant ils protègeront votre maison contre les bestioles...
- Oui ! Oui, bien sûr. Merci mon p'tit, merci infiniment. Voilà, voilà la somme promise pour votre labeur.
- ... ce sera pas nécessaire... c'est qu'un chat...
- Un chat qui se transforme en monstre ! "

C'est ça...

" ...prenez... prenez au moins un biscuit ! " qu'elle insiste, la vieille, en lui tendant un plateau d'argent...

Et le chasseur repart de la baraque, des p'tits fours plein les poches. Reste qu'il doit se trouver un contrat plus lucratif. Le sanctum a besoin de réparations et il peut pas s'acheter de matériel avec des biscuits d'mémé beurre et pépites de chocolat.

Le chasseur pousse la porte du Bestial Bistrot de l'épaule, s'immobilise près du babillard dans l'entrée, un babillard qu'il consulte souvent vu la clientèle qui a l'habitude d'errer dans l'coin. Ses yeux errent tandis qu'il mastique grossièrement en engouffrant un énième biscuit dans sa gueule. Ses yeux errent jusqu'à ce qu'ils s'accrochent aux punaises orangées. Des bouts de couleur qui détonnent, comme si cette annonce était encadrée spécialement pour capter son attention. Mais ce serait se donner un peu trop d'importance, non... Il l'arrache du bout des doigts. Un boulot à propos d'une sorcière. Aucune prime offerte, négociable. Alléchante, cette annonce. Peut-être trop belle pour être vraie. Qu'importe, y'avait dix mille façons d'en avoir le cœur net. Il tire son portable de sa poche pour signaler le numéro de téléphone indiqué sur le carton...

...

Le houblon dévale dans son gosier, jusqu'à en vider entièrement la chope qu'il claque contre la table. Il sape en soupirant, essuyant les dernières gouttes du revers de la main. Les yeux fixés sur la rouquine assise à quelques tables de lui. Ça faisait un bon moment qu'il l'observait, elle et ses mouvements nerveux. Elle s'impatientait, jouait anxieusement avec les objets qui lui tombaient sous la main, ramenait trop souvent ses cheveux derrière son oreille. Elle lui avait dit qu'elle était rousse et qu'elle porterait une montre rose, qu'il la reconnaîtrait facilement. Des indices dont il aurait pu se passer simplement en analysant son langage non-verbal. Il fait signe à la serveuse de lui en amener une autre, bière.

Et si la donzelle en vient presque à la conclusion que le chasseur lui a posé un lapin en fixant l'ambré de son verre, le tueur de monstres atterrit lourdement sur la chaise en face d'elle, claquant sa choppe contre la table, tirant la rouqine sauvagement de ses rêveries. Difficile de le voir venir avec tous ces bruits ambiants, lui qui savait se faire discret malgré son attirail. Les orbes de Jake scrutent le visage de celle qui lui fait face, les traits immuables, l'expression presque sévère. Il plisse un œil avant de s'intéresser au fond de son verre qu'il attire à ses lèvres.

" Comme ça, on a un problème de sorcière ? "

Raconte-moi ton histoire. Et épargne moi les détails débiles, j'ai déjà eu ma dose de bonne femme cinglée.



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Sorcière du Feu

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MessageSujet: Re: Who Are You? Lun 9 Oct - 0:22

Arrivée avec quarante-cinq minutes d’avance, le regard d’Alyson alternait sans cesse entre la porte d’entrée et sa montre rose qu’elle portait bien en évidence, afin qu’on puisse la repérer facilement. Les seuls indices qu’elle avait donnés au chasseur qu’elle attendait étaient le fait qu’elle était rousse et qu’elle porterait cette montre. Elle l’avait sortie d’une de ses valises dans ce but bien précis. Ça faisait un moment qu’elle ne l’avait portée. La sensation du bracelet en cuire un peu trop grand qui lui collait à quelques centimètres au-dessus de son poignait lui était étrange. Et elle ne cessait de la ramener sur son poignet, la petite horloge restant collée toujours un peu plus loin sur son avant-bras. Trente minutes avaient passé, toujours personne qui correspondait à celui qu’elle attendait n’avait franchi la porte. Il lui restait toujours quinze minutes pour être à l’heure. D’une main, elle attrapa le sel posé un peu plus loin sur la table. Plaçant son index ainsi que son pouce sur le capuchon métallique troué, elle le souleva d’un centimètre ou deux au-dessus de la table. Et, machinalement, elle le déposa sur la table pour faire glisser ses deux doigts tout le long de la salière, rencontrant la surface dure de la table. Elle recommença le même mouvement encore et encore, sans quitter la porte d’entrée du regard.

Finalement, la porte s’ouvrit. Un jeune homme noir entra, se dirigeant vers le bar où il s’accouda pour parler avec le barman présent ce soir-là. Soupirant de déception, la jolie rousse lâcha la salière et baissa les yeux sur sa montre, son index et son pouce toujours sur le capuchon de la salière, mais, maintenant, immobiles. Les aiguilles indiquaient qu’il était déjà dix-huit heures et neuf minutes. Du dos de ses doigts, elle poussa le sel vers le poivre, le guidant jusqu’à ce qu’ils soient côte-à-côte. Puis, ses doigts emprisonnèrent son IPhone rose posé sur la table, elle vérifia qu’il était bien sur la sonnerie. Si jamais il l’appelait, elle voulait être sûre de l’entendre.  Peut-être allait-il décommandé ou qu’il allait être un peu en retard. Bien entendu, il était déjà sur sonnerie. Et il n’y avait aucun message. Elle le redéposa sur la table tout en appuyant sur le bouton qui montrait la surface du téléphone où une photo de famille y apparaissait une dernière fois. Dix-huit heures et onze minutes. Peut-être qu’il n’allait tout simplement pas venir…

La sorcière replaçait une énième fois une mèche de cheveux rousse derrière son oreille, tout en se disant qu’elle partirait quand la grande aiguille de sa montre indiquerait « et demi », lorsqu’un homme qui sembla surgir de nulle part se laissa tomber sur la chaise en face d’elle, sa chope de bière atterrissant bruyamment sur la table. Elle sursauta, surprise. D’où il arrivait, celui-là? Le pub s’était rempli doucement, s’animant de toute part. C’était l’excuse qu’elle se disait pour ne pas l’avoir vu arriver. En réalité, son focus s’était porté sur la porte d’entrée ou sur les petits objets placés sur la table depuis qu’elle était arrivée. Il devait lui avoir échappé d’une manière ou d’une autre. Pendant un instant, elle l’observa, muette. Brun, grand, massif, il correspondait à l’image que lui renvoyaient les flammes lorsqu’elle convoquait l’image de sa sœur. C’était lui, ça ne faisait aucun doute. L’expression sérieuse qu’il abordait lui donnait un air sévère, presque intimidant. Fascinée, curieuse, elle ne pouvait s’empêcher de le dévisager. L’avoir en face d’elle était beaucoup mieux que simplement observer ses faits et gestes d’une image de lui. Dès qu’il baissa les yeux vers sa chope, elle fut ramenée à la réalité comme libérée du charme qu’il lui avait jeté. Et pourtant, c’était elle, la sorcière. Ses yeux furent attirés par le pendentif qu’il portait au cou. L’emblème des chasseurs. Juste avant de porter son verre à ses lèvres, il lui adressa la parole, cassant ainsi le silence qui s’était installé entre eux. L’odeur de l’alcool empestait son haleine. Il devait être là depuis un moment.


- Oui, j’ai un problème de sorcière, lui confirma-t-elle, revenant finalement sur Terre.

Un peu décontenancée par l’arrivé du brunet, la rouquine avait perdu le fil de son mensonge. Elle ne s’était attendue qu’il arrive de nulle part comme s’il était tombé du ciel. Occupée à étudier les traits de son visage, elle n’y pensait plus. Puis, tout lui revint comme un boomerang, lorsqu’il lui posa sa première question. Ses parents assassinés, sa sœur, son départ pour l’Amérique. Pendant une fraction de seconde, elle se demanda par où commencer. Elle n’avait pas planifié d’étaler son histoire au grand jour tout de suite. Autant le faire languir un peu.


- En fait, j’ai de la difficulté à localiser une sorcière… commença-t-elle. Et j’ai des raisons de penser qu’elle pourrait être en contact avec l’un d’entre vous.

La jeune femme planta son regard dans le sien, se demandant s’il avait deviné qu’elle parlait de lui. Plus elle parlait, plus elle retrouvait son assurance. Sa nervosité, son impatience et sa surprise s’en allaient lentement.

- Avec vous, plus précisément, ajouta-t-elle au bout de quelques secondes.

Elle prit une longue gorgée de son verre, lui laissant le temps d’ajouter quelque chose s’il le souhaitait avant qu’elle de poursuive. Elle avait oublié qu’elle avait réchauffé la boisson par mégarde et tenta tant bien que mal de cacher sa grimace de dégoût. Non, décidément, ce truc n’était pas bon chaud. Elle poussa doucement son verre quelques centimètres devant elle. Ne l’ayant plus à porter de main, elle aura moins tendance à en boire.


-  À chaque fois que j’invoque une image d’elle, vous n’êtes jamais loin, poursuivit-elle, rattachant ses yeux aux siens.

D’un glissement de doigt sur l’écran tactile de son IPhone rose, elle alla chercher une photo de sa sœur. Une des dernières qu’elle avait d’elle avant que leur famille ne soit détruite. Sélectionnant la photo désirée, elle tendit l’appareil au chasseur. Sur la photo, on pouvait y voir la brunette devant l’arrière d’une maison, souriant à l’appareil photo.


- Mais, à chaque fois que je suis sur le point de la retrouver, elle a déjà pris la fuite, comme si quelque chose la traquait, la chassait…

Oui, oui, elle soupçonnait le chasseur d’être la raison pour laquelle sa sœur fuyait autant. Elle ne pouvait faire moins subtile dans le genre sous-entendu. Elle fit signe d’approcher à la serveuse qui passait tout près de leur table.

- J’aimerais un autre verre, s’il-vous-plait, lui dit-elle en le lui tendant, celui-ci n’est plus très frais.

Celle-ci s’en retourna avec le verre plus chaud qu’à l’ordinaire à moitié terminé de la sorcière. La rouquine reporta son regard noisette sur le chasseur.


- J’aimerais savoir ce que vous lui voulez, conclut-elle, lentement. En échange, je vous paierai la somme que vous souhaitez pour vous avoir fait perdre votre temps.

Elle était bien consciente qu’en bavardant avec elle, il perdait l’occasion d’être sur une véritable affaire qui demanderait son expertise. Et, il perdait ainsi un client qui a réellement besoin de son aie et, surtout, qui le paierait en conséquence. La serveuse revint avec un verre identique à celui qu’elle avait emporté, mais celui-là était frais et plein.

- Merci, lui dit-elle avec un sourire avant de porter le verre à ses lèvres.

Alyson laissa le liquide orangée descendre le long de sa gorge, alors qu’elle attendait la réponse du chasseur. L’arrangement qu’elle lui avait proposé lui semblait honnête. Et elle tenait à retrouver sa sœur qu’elle avait si longtemps cherchée. Elle reposa doucement son verre devant elle qu’elle lâcha presque aussitôt. Il n’était pas question de réchauffer celui-ci…

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