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Death ♱ Wish

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Chasseur de l'Elit Daemonia

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MessageSujet: Death ♱ Wish Mer 9 Aoû - 19:26

   
DEATH ♱ WISH

Some of them want to use you. Some of them want to get used by you.






Tous ses os semblent craquer, se tordre en un grincement désagréable... sous sa peau tendue... raide comme une carcasse animale qui crame sous un soleil trop... agressif. Son regard terne dévisage, vrille le faciès de son vis-à-vis... avec l'envie de se saisir du stylo qu'il tient en main... et de lui planter dans la gorge. Pourtant, il n'esquisse aucun mouvement, il reste là, immobile sur sa chaise, à attendre qu'il ouvre... sa saloperie de gueule pour lui balancer ce qu'il savait. Deux jours maintenant. Deux foutus jours qu'il était à l'hôpital, à attendre des réponses cohérentes des médecins, à attendre qu'un miracle se produise... que Gallagher ouvre les yeux. Deux jours qu'il ne bouffait plus. Qu'il dormait à peine. Qu'il ne faisait que rester là à son chevet... à moitié vivant. Des cernes se creusaient sous ses billes bleues, deux iris plantés en plein cœur d'un blanc un peu rougeoyant... à force d'aller chialer comme une merde dans les chiottes. Jake devait venir un peu plus tard pour prendre la relève, même s'il n'y aurait aucune différence que l'un ou l'autre reste scotché ici à attendre. Tu fais vraiment chier, Gallagher. J'peux pas croire que tu m'fasses un truc pareil. Si tu sais pas conduire une putain d'bécane, t'en conduit pas. Il était furieux. Furieux contre elle, furieux contre lui-même, furieux contre les Von Burgess, contre... toute la putain de planète.

- Nous avons refait des analyses, ainsi que différents scans... monsieur Rhodes... nous avons étudié méticuleusement tous les résultats... et n'avons toujours rien trouvé qui justifierait son coma. J'en suis moi-même... complètement confus. Sa commotion cérébrale est de gravité légère. C'est totalement... incompréhensible.

Le médecin semble perplexe tandis qu'il dévisage, les sourcils froissés, quelques clichés de radiographie et scanner étalés devant lui. Le blondin, quant à lui... était à deux doigts de tout saccager dans son bureau. Incompétent d'fuck !!! Comment tu peux pas l'savoir ?! C'est ton fucking job de trouver c'qui va pas !!! Elle peut pas être juste dans l'coma, sans raison ! T'as pas regardé comme il faut !

« J'veux un deuxième avis. », finit-il par siffler, les mâchoires si serrées qu'elles devaient être sur le point de se déboîter.
- Monsieur Rhodes, tous les...
« J'veux un... PUTAIN DE DEUXIÈME AVIS !!! », qu'il gueule, abattant sèchement son poing sur un coin de bureau, faisant tressaillir l'homme, dont le visage ne tarde pas à blêmir. « Vous êtes payé pour faire quoi ?! DU SUDOKU ?! C'est impossible ça ! Vous l'faites exprès pour m'emmerder ?! Ça fait deux jours qu'elle est dans l'coma et vous m'disez que vous savez pas pourquoi ?! CONNERIE !!! »
- Monsieur Rhodes, je vous en prie, calmez-vous. Je sais que vous êtes exténuez et que vous appréciez Nolan. Je comprends votre chagrin et votre frustration. Mais je vous assure que je vais poursuivre mes recherches, quitte à renouveler les tests. Moi-même, je suis... réellement embêté par ce manque de justifications. J'ai demandé l'avis de mes collègues afin de m'assurer que je ne passe pas un détail, si infime soit-il, mais tous m'ont dit la même chose. La même conclusion.

L'homme se redresse sur son séant et replonge son nez dans son dossier, la mine contrariée.

- À l'exception d'une pression artérielle légèrement élevée, de deux cotes fracturées - sans lésion pulmonaire -, d'un bras gauche fracturé au niveau de l'os radius, d'une jambe gauche fracturée au niveau du tibia - rien ici qui nécessite une intervention chirurgicale -, quelques blessures superficielles et ecchymoses légères... rien. Son sang ne révèle aucune anomalie particulière, elle respire normalement, aucune trace d'infection quelconque, de lésion, de dysfonction ou de maladie. Elle est... en parfaite santé.

Ouais, eh bien... visiblement, vous avez loupé quelque chose., se borne le chasseur, soupirant sèchement, révélant une impatience évidente. Le médecin lève son regard vers lui et s'incline vers l'avant, conservant le silence quelques secondes avant de...

- J'aimerais vous poser une question, même si celle-ci vous semble indiscrète ou déplacée... mais croyez-vous que Nolan pourrait compter... des ennemis... dans le domaine du surnaturel ?
« Vous croyez que son coma pourrait être... »
- C'est une possibilité à ne pas négliger, ne croyez-vous pas ?

Les seuls ennemis qu'il connaissait à Gallagher, étaient les Von Burgess. Il n'en restait qu'un seul de vivant, le plus tortueux... et il n'avait pas ce type de profil. Le chasseur connaissait bien ces vampires, depuis bon nombre d'années, et il savait leurs méthodes beaucoup plus élaborées et extravagantes lorsqu'ils s'y mettaient à jouer avec leurs victimes. Ils aimaient les regarder paniquer, les voir se détruire, alors un coma... rien à voir. C'est pas leur genre. Aucun de ces salauds ne la foutrait dans l'coma, c'est pas assez satisfaisant pour leur cervelle de psychos. Alors, si ce n'était pas le Von Burgess et l'un de ses plans pour faire virer dingue... il ignorait totalement qui pouvait en être responsable. Nolan ne lui avait jamais mentionné avoir des ennemis ou des emmerdes, du moins, des emmerdes assez sérieuses pour lui en parler ouvertement. T'as des ennemis que j'connais pas Gallagher ? Un cinglé qui aime bien faire chier les p'tites recrues ?

« J'crois pas... si elle a des ennemis... j'suis pas au courant. », finit-il par marmonner, d'une voix chétive.

Ce serait pas la première fois... que tu m'caches des choses.
Mais ça, ce serait encore plus con de pas me l'avoir dit.



****************************

Depuis cinq jours maintenant, le blondin se retournait la cervelle dans tous les sens. À se demander si ce coma avait été provoqué par quelque chose extérieur à cet accident. Que ce soit un ennemi à Gallagher... ou l'un des siens. Putain, me fait pas éplucher ma liste d'ennemis, parce que fuck, j'en ai pour des années à chercher l'trou du'c qui t'a fait ça. Mais cette théorie ne lui disait rien de cohérent. Si j'étais un enfoiré qui cherche à faire mal, j'me serais déjà dévoilé à l'heure qu'il est. Et pour l'instant... c'est silence radio. Non. Il devait y avoir une explication plus simple, que ni lui, ni les médecins, ne parvenaient à saisir. Assit sur un fauteuil merdique non loin d'une fenêtre, il la jauge en silence. Comme il l'avait fait les jours d'avant... sans qu'il n'y ait une seule... différence. Aucun tressaillement, ni battement de paupières, pas même... un petit mouvement de doigts... rien. Gallagher... reviens. J'pourrai pas supporter ça... me laisse pas comme ça... si t'es pour partir... reviens au moins m'dire adieu... que j'puisse faire mon deuil comme il faut. Et elle, qui voulait devenir chasseuse et lui, le con, qui avait accepté d'être son mentor. C'est une bonne chose que j'le sois plus. Au moins... maintenant, j'ai une excuse pour pas t'faire passer l'épreuve... si tu reviens... j'aurai pas à t'regarder crever... à m'bouffer de l'intérieur à l'idée que t'en reviendras jamais. Comme maintenant. Il avait sous les yeux, juste là, une image d'une recrue sur son lit de mort... ou presque. Ça ressemblerait à ça... j'vais pas endurer cette merde-là, pas une seconde fois. Alors tu t'démerderas sans moi. J'veux pas participer à ça. Pas question. Il avait presque envie de la secouer pour qu'elle émerge. Lui foutre des baffes. Lui hurler dans les oreilles. Lui faire mal. N'importe quoi pour qu'elle bouge... qu'elle ressuscite.

Exténué, surtout de trop penser... ses paupières se ferment tandis qu'il laisse sa tête se reposer contre le dossier du fauteuil. Elle va revenir... elle va revenir... laisse-lui... un peu d'temps... elle va... revenir... Une semaine qu'il se disait les mêmes choses. Une semaine qu'il attendait qu'elle revienne, refusant de croire qu'elle ne reviendrait peut-être... jamais. Il hisse à nouveau les paupières, l'observant, les yeux humides, sur le point de craquer, encore. Il se lève lentement et tire son fauteuil afin de s'asseoir près d'elle. Une main se glisse dans la sienne et serre doucement.

« J'veux qu'tu reviennes... on s'était dit qu'on allait crever ensemble, tu t'souviens ? T'es qu'une... putain d'lâche. Tu vas encore m'abandonner ? T'as pas l'droit. J't'interdit. Alors tu vas... t'magner à revenir... PARCE QUE T'AS D'QUOI T'FAIRE PARDONNER !!! TU VAS REVENIR MAINTENANT ! MAINTENANT ! OUVRE TES PUTAINS D'YEUX !!! OUVRE-LES !!! »

Il disjoncte d'un coup. Une machine d'émotions qui déraille, dont l'engrenage court-circuite, saute et explose. Ses mains s'agrippent après le col de sa chemise d'hosto couleur chiasse et il se met à la secouer comme un névrosé, lui faisant dodeliner la tête d'un côté et de l'autre.

- Monsieur Rhodes !!!! Qu'est-ce que vous faites ?!! J'vais prévenir la sécurité si vous n'arrêtez pas immédiatement !!!, s'insurge l'infirmière, qui venait d'entrer dans la chambre, alerter par ses gueulantes.

Le blondin relâche sa prise et dévisage le faciès de la recrue, le souffle saccadé, le visage suintant, les yeux dépités. Putain, mais qu'est-ce que j'dois foutre pour que tu reviennes ? J'ai pas assez gueulé ? Il se laisse retomber sur son fauteuil, et se met à... chialer sans retenue. De gros sanglots merdiques, qui lui éraflent péniblement les poumons et le poitrail, lui faisant tressauter ses larges épaules et hoqueter comme un môme perdu.

- Tout va bien aller, monsieur Rhodes... gardez espoir., lui dit l'infirmière, tentant au mieux de l'apaiser.

Va chier, toi. VA CHIER.




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Dernière édition par Jasper Rhodes le Lun 4 Sep - 17:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Death ♱ Wish Sam 26 Aoû - 3:18

Le fil qui nous relit à la vie est si ténu qu’il peut se casser à tout moment. Si seulement j’avais tenu compte de ça alors que j’étais vivante… Peut-être aurais-je accordé une plus grande importance à ma vie. Peut-être que non. Après tout, une partie de moi était morte lorsque j’avais vu les miens se faire massacrer sous mes yeux. Allongée sur le sol, je n’avais pas envie de remuer ne serait-ce que le petit doigt. À quoi bon, de toute façon? J’allais me relever, constater l’accident et puis… Et puis quoi? J’étais tout de même étonnée de ne ressentir aucune douleur. Impossible que l’impact n’ait pas causé plus de ravages. Cependant, pour l’instant, j’avais pas envie d’le savoir. Sans doute pour ça que j’restais allongée, la gueule dans l’herbe… L’herbe? Comment j’pouvais avoir la gueule dans l’herbe si j’ai un casque sur la tête? Prise de panique, je me relevai rapidement. J’eus le souffle coupé devant le paysage qui défilait sous mon regard. Où est-ce que j’étais, fuck?

Peu importe l’endroit où je posais les yeux, j’avais l’impression qu’on avait retiré toutes les couleurs du paysage. Le ciel n’avait pas une joli teinte bleuté, il était plutôt couleur cendre. Les nuages étaient gris sale et l’écorce des arbres tiraient plus sur le noir que sur le brun foncé. L’herbe n’avait pas cette couleur vert tendre, non, elle était plutôt gris foncé. Le vent se leva et balaya la surface m’envoyant à la gueule un nuage de poussière. Je me protégeai du mieux que je le pouvais à l’aide de mes mains, mais ce n’était pas suffisant. Elle était où, la lumière blanche? Celle qui devait nous conduire au paradis. Pas possible que je l’ai raté! Est-ce que j’étais dans les limbes? Non, c’était des trucs qu’on racontait aux enfants pour leur faire peur, si? En fait, j’commençais vraiment à en douter. De plus, je commençais à moins apprécier ce qui se tramait autour de moi. J’entendais des chuchotements : je jetais des regards par-dessus chacune de mes épaules, mais il m’était impossible de savoir d’où ça provenait. J’avais l’impression d’être cernée par une meute d’âmes en perdition. Quoique, c’était peut-être pas faux, mais j’avais pas envie d’le savoir. J’réalisai rapidement que je n’avais pas des milliers d’options, sauf qu’il était hors de question que j’reste plantée là à attendre qu’on décide de mon sort pour moi. Le vent me renvoyait par intermittence des hurlements et je frissonnai : dans quel merdier je venais d’me foutre les pieds? Jetant un dernier regard circulaire derrière moi, je me mis en route, ne sachant pas trop ce que je devais chercher ici. C’était clair qu’il devait y avoir une porte, n’importe quoi pour me faire sortir d’ici.

***

Depuis combien de temps je marchais? J’en avais aucune idée. Le soleil et la lune ne semblaient jamais échanger leur rôle ici. Le temps était toujours gris et un astre quelconque nous renvoyait sa lumière blafarde. Je commençais à avoir l’impression de tourner en rond et ça m’agaçait au plus haut point. Autre truc qui m’agaçait : la solitude. Je n’avais croisé aucune âme qui vive. J’devais pas être la seule pourtant. Fallait bien qu’il y ait quelqu’un d’autre ici, non?

« Ok, ok. Réfléchis un instant. Si t’es arrivée ici, c’parce que… »

C’parce que t’es morte et que tu vas pas rentrer chez toi. Cette option s’imposait de plus en plus clairement, mais je refusais de m’avouer vaincue. Non, il y avait une solution, une porte de sortie, n’importe quoi! Les chuchotements se rapprochaient un peu plus, comme s’ils guettaient chacun de mes pas. J’en avais plus qu’assez d’entendre constamment ce bruit de fond qui m’accompagnait. C’était à rendre n’importe qui dingue! Soudain, je vis du mouvement sur ma gauche. Décontenancée, je crus d’abord que mes yeux me jouaient des tours. Après tout, bien que je ne ressentais aucune fatigue ici, c’était possible que j’le sois sans vraiment le réaliser. Je fermai les yeux un moment et les ouvris de nouveau. Scrutant les alentours, je ne vis rien. J’allais me remettre en marche lorsque je perçus du mouvement sur ma droite. Décidément, on avait décidé d’entrer en communication avec moi. Mais qui? J’pouvais pas seulement essayer de rentrer dans l’tas sans savoir à quoi j’avais affaire, simple question de logique. Je sentais mon cœur s’accélérer dans ma poitrine. Fallait vraiment que j’sorte d’ici.

Il ne passa plus rien pendant un bon moment. Jusqu’à ce que j’atteigne le pied d’une petite colline escarpée. Soupirant tout mon découragement, j’savais même pas ce que j’allais trouver en haut. Mais j’pouvais pas rester immobile non plus, la folie m’guettait et j’savais qu’elle ne mettrait pas beaucoup de temps avant de m’attraper et de m’entraîner avec elle. Alors que je commençais à gravir la colline, je pensai de nouveau à ma dernière conversation avec Jasper. Je revoyais encore sa mine déconfite, les mots crachés… Je savais que j’méritais chacun des mots qu’il avait prononcés. Seulement… Seulement quoi, Nolan? Tu veux pas assumer les conséquences? Ouais, peut-être bien… J’savais plus. Alors, pourquoi faire tout ça? Après tout, il ne voulait plus de moi comme recrue. Et si je ne devenais pas chasseuse, pourquoi retourner vivre? J’pouvais très bien rester ici pour toujours, non? Mon pied rata une crevasse ma jambe glissa et mon poids m’entraîna plusieurs mètres plus bas. Non, ça ne servait à rien que j’y retourne. Aussi bien attendre que la folie m’emporte complètement et espérer crever ou me désintégrer, j’savais plus trop en fait. Allongée à même le flanc de la colline, je fixai à nouveau le ciel grisâtre : et ne plus jamais revoir ma famille… Ça non! Si le paradis existait et qu’ils y étaient tous, j’voulais être avec eux! Je me relevai et entrepris de gravir cette colline avec toute l’énergie dont je disposais. J’arrivai au sommet essoufflée et incrédule : rien. Ok, j’m’attendais à quoi? Une porte sur lequel on aurait mis un écriteau paradis? Non, c’était vraiment trop con. Je posai mes mains sur mes hanches et secouai la tête. J’sortirais jamais d’ici et pourtant, j’savais bien que j’pouvais pas rester ici : je n’appartenais pas à ce monde! Ça, j’en étais persuadée.

Sans aucun autre espoir et aucune autre solution pour le moment, je m’assis en haut de cette colline, ramenant mes genoux sous mon menton tout en encerclant mes jambes avec mes deux bras. J’observai la forêt noire qui s’étalait sous mes yeux. Je vis à nouveau du mouvement entre les arbres. Et cette fois-ci, je vis quelqu’un courir. Il courrait si rapidement, comme si quelque chose d’horrible le pourchassait. J’pouvais même l’entendre hurler. Saisie d’effroi, je n’osais pas bouger le moindre muscle de mon perchoir. J’observais en spectatrice muette la scène qui se déroulait sous mes yeux. Le pauvre n’aurait aucune chance puisque deux ombres s’étaient mises à le pourchasser. Cette fois-ci, je ne pouvais demeurer indifférente : deux contre un, c’était un combat déloyal.

Je me mis à dévaler la pente le plus rapidement possible pour essayer de rejoindre une de ces ombres. Fallait que j’fasse vite. Je voyais l’homme courir devant moi, pourchasser par deux… je sais pas quoi. Courant à toute vitesse, je pus rattraper ce dernier et il me fut impossible de décrire l’expression qui se dessina sur ses traits à cet instant : surprise, joie, détresse, colère… De toute façon, rien à foutre. Y’avait quelqu’un d’autre ici avec moi, j’allais pas le laisser s’volatiliser. J’lui fis signe de tourner au même endroit que moi, ce qu’il fit. Nous n’arrêtions pas notre course folle – de toute façon, nous ne ressentions même pas le besoin de nous arrêter non plus. C’est alors que je fis une masse noirâtre foncer droit sur nous. J’eus le temps de m’écraser au sol pour l’éviter, mais pas mon partenaire. Les deux autres foncèrent droit sur lui et j’entendis ses hurlements de terreur alors qu’ils l’entraînaient je sais pas où. Je restai là un moment… Un court moment avant que mon cerveau ne se remette en marche. Si les masses l’avaient eu lui, sans doute qu’elles ne mettraient pas beaucoup de temps avant de revenir pour moi. Ravalant ma salive, je me remets aussitôt à courir. Fallait que j’trouve la fucking sortie! Les branches des arbres fouettaient mon visage et cela ne ralentissait nullement ma course. Hors de question que ces choses m’entraînent avec elles. Je stoppai net ma course : fuck de fuck! La colline s’arrêtait à cet endroit. J’avais deux options : retourner sur mes pas et sans doute croiser les ombres qui ne feraient qu’une bouchée de moi ou sauter. Sauf que si j’sautais, j’allais atterrir dans une rivière qui avait l’air de posséder un bon débit d’eau. Le vent souffla et je crus percevoir un mouvement. Pas l’temps d’niaiser. Sans l’ombre d’une hésitation, je sautai.

Je fus balloter par les flots de la rivière comme si j’étais un ballon de plage. Pas besoin de dire que j’espérais ne pas me fracasser sur des rochers qu’auraient pu dissimuler les flots. Chanceuse dans ma malchance, rien ne se produisit pendant que je valsais au rythme du courant. Il me fut bientôt possible de quitter cette soupe gris sale pour retourner sur la terre ferme. Trempée, je pris un moment pour réfléchir : fallait que j’trouve la sortie. LA sortie. J’pourrais pas me faire pourchasser constamment par ces créatures sans nom. En levant les yeux, je la vis, droit devant moi : la lumière blanche. Elle n’était pas grise ou noir comme le reste du décor ici : non, elle était blanche! BLANCHE! Et elle brillait. Sa lueur chaude dégageait une telle énergie. Je souris, soulagée : enfin, je serais bientôt réunie avec les miens. Enfin! Je n’avais qu’à suivre cette lumière et tout serait terminée. Je me levai et commençai à marcher dans cette lumière. La douceur et la chaleur qui m’enveloppèrent à cet instant me firent oublier le reste. J’étais sauvée. Sauvée de cet endroit. Jasper… Jake… Non, ils seraient beaucoup mieux sans moi. Jasper… Jake… C’était mieux ainsi. Alors que je continuais d’avancer, une voix s’éleva dans le silence de ce tunnel.

« Ce n’est pas encore ton heure, Nolan Gallagher. »

Avant même que je ne puisse réagir, je fus projeter hors de ce tunnel, mon corps fut propulser avec une force incroyable et au moment même où mon corps aurait dû heurter le sol…

***
Bip… bip… bip… bip…

« Tout va bien aller, monsieur Rhodes... gardez espoir. »

Monsieur Rhodes? Mes paupières papillonnèrent. J’étais où, fuck? Quelqu’un sanglotait… J’avais du mal à voir clairement, mais j’aurais reconnu c’te silhouette entre mille.

« Jasper. »

Ma voix n’était qu’un murmure enroué. La bouche pâteuse, j’avais du mal à bien articuler. Je dus faire un effort surhumain pour garder les yeux ouverts. Avec quoi on m’droguait là? Lorsque le grand blond se retourna vers moi, son visage attristé me vrilla le cœur : pourquoi pleurait-il s’il n’en avait plus rien à foutre de moi? À moins que… Oh, Jasper!

« Je suis tellement désolée… »

Et des larmes se mirent à couler sur mes joues. Je tentai de les cacher du mieux que je pouvais avec ma main droite. Tellement désolée d’être encore en vie. Tellement désolée ne pas avoir crevée dans cet accident. Tellement désolée d’être revenue d’entre les morts… Désolée d’être encore là. Mon corps fut secoué par un flot de sanglots. Juste désolée pour tout, Jasper, si tu savais à quel point je m’en veux.




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MessageSujet: Re: Death ♱ Wish Lun 11 Sep - 7:11

   
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La fatigue charcutait ses méninges et l'accumulation de merdes avait eu raison de lui. Au quotidien, il tentait de paraître inébranlable, comme si rien n'allait parvenir à démolir ses fondations, à le faire sombrer dans l'abîme... mais c'était de la foutaise. Il passait son temps à s'enfoncer toujours plus bas et il se demandait s'il allait parvenir à faire semblant encore longtemps. Il refoulait constamment, le blondin, à essayer de continuer d'avancer malgré le poids sur ses épaules qui lui écrasait tous les os. Mais à un moment, ça devenait trop lourd... et les os se brisaient en miettes. Et maintenant, même l'orgueil n'arrivait plus à lui faire ravaler son amertume. Bientôt, faudra m'interner dans un fucking asile. Après tout ce qu'il avait vécu, toutes ces situations qui pousseraient n'importe quel homme à s'enliser dans la folie... chialer comme un môme n'était pas si mal comme résultat, au final.

« Jasper. »

Le faciès accablé du chasseur se redresse subitement, portant ses prunelles ternes en direction de la comateuse... qui maintenant, ne l'était plus. Le temps de quelques secondes, il est persuadé qu'il se monte un film, qu'il s'imagine cette scène dans sa cervelle déglinguée... mais non. La vision embrouillée, il essuie rapidement ses larmes du revers d'une main, tentant de gober la nouvelle information, comme si de la voir les yeux ouverts n'était plus une trame possible.  

« Il était temps... », finit-il par souffler, un chétif sourire sur les lèvres.
« Je suis tellement désolée… »

Et elle se met à chialer, provoquant un soudain malaise chez le blondin, qui ignorait si elle parlait de l'accident... ou du conflit juste avant qu'elle se décide à prendre la route. Il reste silencieux quelques secondes, en se disant qu'il valait mieux éviter d'évoquer ce sujet sensible pour l'instant. Il était toujours en colère, surtout heurté par ce qu'elle avait fait... mais il y avait des limites à pousser sa rancœur jusqu'à la détester, à ne plus se soucier d'elle au sens littéral du terme. Il affectionnait la blondinette, même si elle l'avait désappointé et peiné. Mais s'il rayait de son existence toutes les personnes qui l'avaient un jour déçu ou chagriné, il serait probablement seul au monde. Ça fait mal, justement parce que j't'aime bien. Ça fait toujours plus mal quand c'est quelqu'un qu'on apprécie qui nous déçoit.

« T'as pas à être désolée... un accident, ça arrive... l'important c'est qu'tu sois en vie... c'est tout c'qui compte... », finit-il par articuler, un morne rictus crispant ses lèvres.

Alerté par l'infirmière, le médecin entre dans la pièce et procède à un examen de '' routine '', très sérieux et méticuleux à sa tâche. Le chasseur se lève, portant attention à ses gestes et expressions, le front plissé par l'inquiétude à l'idée qu'il y ait un problème. On peut m'laisser un peu d'répit maintenant, non ? J'crois que j'ai assez galéré. Ses examens achevés, le médecin adresse un regard à sa patiente, toujours aussi sérieux.

- Mademoiselle Gallagher, vous avez besoin de repos. Votre pression artérielle est élevée et j'aimerais vous garder en observation encore un jour ou deux afin de m'assurer qu'il n'y ait aucune complication. Votre cas est plutôt exceptionnel et je souhaite m'assurer que tout est en ordre... monsieur Rhodes, je vous demanderais de quitter afin de laisser votre amie se reposer... et à en juger la pâleur de votre visage, vous avez besoin de repos aussi. C'est un ordre !, finit par dire le doc', d'un ton presque tranchant.

Le blondin fronce légèrement les sourcils, dévisageant l'homme au sarrau tandis qu'il s'éloigne. T'es chiant toi. Le chasseur expire un soupir agacé et se saisit de son veston pour l'enfiler.

« Semblerait que j'dois t'laisser tranquille, c'est un ordre. », dit-il, sarcastique. « J'pourrai pas venir demain, j'dois aller voir une amie pour un truc important... mais j'viendrai après-demain. Jake passera sans doute ce soir, j'vais l'aviser que t'es revenue... j'crois qu'il sera soulagé. Il s'inquiétait pour toi... à sa façon. », ajoute-t-il, ponctué d'un petit ricanement.

Jake n'était pas très expressif, mais il s'était déplacé jusqu'ici... s'il ne s'était pas inquiété, il ne l'aurait pas fait. Une fois prêt à partir, il hoche lentement la tête et s'avance vers elle... pose une main sur la sienne, la pressant un peu.

« Essaie de t'reposer, okay ? »

Un petit sourire, fatigué... triste... un peu inconfortable aussi. Normalement, il lui aurait sans doute offert une étreinte ou un baiser sur le front... mais il y avait cette... chose... coincée en travers de la gorge. Cette chose qu'elle avait provoquée et qui maintenant avait fait dresser un muret entre eux. J'suis content qu'tu sois en vie... mais j'peux pas t'en donner davantage. J'ai besoin d'temps pour digérer.


************************


Visiblement, deux jours étaient suffisant pour faire foisonner les problèmes. Dès qu'il avait remis les pieds à l'hôpital, le médecin l'avait intercepté dans le couloir et l'avait invité à venir discuter en privé du cas de Gallagher, la mine tellement sévère que le blondin avait pressenti les mauvaises nouvelles. Nerveux, il l'avait écouté lui dire... que la blondine avait passé deux mauvais jours, à avoir le sommeil agité, à faire de soudaines crises de panique, prétendant qu'elle voyait des choses ou des personnes qui n'étaient pas là. Sans compter de nombreuses crises de larmes... pour terminer par lui dire que Gallagher avait tout des symptômes d'une dépression psychotique. C'quoi cette merde ?

- Les individus atteints de dépression psychotique souffrent d'un épisode dépressif majeur accompagné de symptômes psychotiques incluant les délires et ou les hallucinations. Les délires peuvent être classifiés comme interférant avec l'humeur, aux dépens de leur nature. Les états d'humeur qui accompagnent les délires incluent la culpabilité, l'auto-blâme, ou une mauvaise perception de l'image de soi. La moitié des patients font l'expérience de délires. Les délires surviennent sans hallucination une fois sur deux sur trente patients atteints de dépression psychotique.
« Putain... On peut faire quoi pour ça ? »
- Je vais lui prescrire des antipsychotiques et des antidépresseurs. Il serait recommandé qu'elle prenne du repos un temps, hors du stress, de situations angoissantes... ça ne pourrait pas lui nuire.

C'est avec un visage décomposé qu'il s'était extirpé hors du bureau, ayant cette impression dégueulasse... que tout ça était de sa faute. C'est pas d'ta faute. T'as rien fait d'mal. T'as l'droit d'être en rogne. Pourtant, il se sentait merdique... et en colère aussi. J'devrais pas m'sentir comme une merde, Gallagher. C'est toi qui l'a cherché. Ce qui était frustrant, était de réaliser qu'elle n'avait aucun contrôle là-dessus, et qu'il se retrouvait à en subir tout de même les conséquences. Il prend une grande inspiration avant d'entrer dans la chambre et son visage s'affaisse un peu lorsqu'il voit celui de la blondinette... yeux cernés, teint blême... et semblait nerveuse.

Il s'avance en sa direction et s'appuie le dos contre un mur, l'observant en silence un instant, hébété... un peu confus... dépité.

« J'viens de causer avec le médecin... il dit que t'es en dépression psychotique... il m'a parlé de tes crises... il dit qu'tu vois des trucs... tu m'expliques un peu ? Y s'passe quoi ? »

C'est moi qui devrais être en dépression, fuck. J'ai tellement d'merde encrassées dans ma cervelle, j'sais même plus où la foutre pour pas qu'ça déborde.



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MessageSujet: Re: Death ♱ Wish Mer 1 Nov - 2:02

Respirant profondément, je mis un moment avant de calmer le torrent de tristesse qui m’envahissait. Je ne voyais que très peu la scène qui se déroulait sous mes yeux, mais j’avais conscience que je n’avais pas envie de vivre ce moment. Le docteur avec sa grande blouse blanche qui fait irruption dans la place, l’infirmière sur les talons. Je voulais juste leur gueuler de foutre le camp, que ce n’était pas le bon moment, que je me reposerais plus tard, mais là, c’était important, je devais parler à Jasper. Sa mine déconfite, le regard qu’il m’avait jeté : même s’il s’était inquiété pour moi, je sentais qu’un truc s’était brisé entre nous. Et j’pouvais pas attendre à demain pour le réparer. Non, demain, il serait trop tard. À l’instant même où j’allais m’opposer au départ du grand blond, je sentis sa main se poser sur la mienne : le contact froid de cet échange me vrilla à nouveau le cœur. Pitié, tout, mais pas ça. J’pouvais pas supporter de l’avoir déçu. J’revis son départ précipité suite à l’incident qui nous avait séparés. J’revoyais sa grande silhouette carrée s’éloigner de moi. Je manquai subitement d’air et mes doigts cherchèrent à s’agripper aux siens. Hélas, trop tard. Je dus à nouveau subir cet éloignement qui me fit hurler.

« Laissez-moi passer, laissez-moi… Foutez l’camp! Sortez d’ici! J’dois aller lui parler… Vous comprenez pas… VOUS COMPRENEZ RIEN ! LÂCHEZ-MOI! JASPER! »

Mon corps luttait pour se lever, épuisant mes maigres ressources, combattant une infirmière et un médecin qui me calmèrent de façon déloyale.

« Qu’est-ce que… Allez vous faire… »

Foutre. Je n’eus même pas le temps de prononcer ce mot que la drogue suivit son parcours : allongée, dans un état presque végétal, je n’arrivais pas à croire que Jasper ait obtempéré aussi rapidement aux ordres du docteur. Pourquoi avait-il accepté de s’en aller? Pourquoi n’était-il pas revenu sur ses pas quand il m’avait entendu hurler? Des larmes silencieuses tracèrent leur parcours au milieu de celles qui leur avaient ouvert la voie.

***

Je courais. Je n’arrêtais pas de courir. Je voulais fuir, m’éloigner de ce lieu. J’entendais le cri strident de ces hyènes au visage couvert de leur grande cape noire. Elles me voulaient. MOI! Je zigzaguais entre les branches des arbres, essayant de les semer. Jusqu’à ce qu’une main décharnée m’agrippe solidement par l’épaule jusqu’à enfoncer ses ongles dans ma chair. La brûlure de ce contact me fit hurler de douleur. Lorsque j’ouvris les yeux, je mis un moment à reconnaître le décor autour de moi : une lumière réglée sur l’intensité la plus basse éclairait faiblement la pièce et je tressautais dans mon lit. Il y avait quelqu’un – ou quelque chose – dans la chambre avec moi. Mon cœur cognait de façon désordonné dans ma cage thoracique et je n’essayais même pas de le calmer. Je voulus ouvrir la bouche, mais l’ombre me fit taire.

« Calme-toi. T’as besoin de te reposer. »

Je reconnus cette voix et je n’eus aucune peine à identifier celui qui se terrait dans la pénombre : Jake. J’avais tellement de questions à lui poser. Que savait-il? Comment allait Jasper? Est-ce que Jasper lui avait parlé? Oui, Jasper lui avait sans aucun doute parlé.

« Jake, je… »

Avant même que les questions soulevées n’obtiennent de réponses, je me trouvai à nouveau dans le néant, entre la vie et la mort, perdue entre deux mondes. Je revis ces ombres sans visage me pourchasser. Elles allaient de nouveau s’agripper à moi, je devais les en empêcher! Mes yeux s’ouvrirent de nouveau pour constater que l’ombre avait changé de place. Je poussai un soupir de soulagement. Soulagement cependant qui fut de courte durée lorsque je réalisai que ce n’était pas Jake qui était désormais dans ma chambre. Mes lubies cauchemardesques se transposaient-elles désormais dans la réalité? Une infirmière fit irruption dans ma chambre. Avais-je crié? Aucune idée. La peur se lisait sur chacun de mes traits. Mon corps tremblait et il m’était impossible de contrôler ses tressautements.

« Vous l’avez vu, n’est-ce pas? Il était là! Juste là! Vous voyez? »

Mon doigt pointa l’endroit où se tenait, quelques secondes auparavant, une forme noire dépourvue de visage. Je vis l’infirmière tourner sa tête en direction de l’endroit que je lui pointais, avant de reposer son regard sur moi. L’incrédulité sur ses traits me laissait perplexe. Elle devait bien avoir vu cet homme encapuchonné sortir de ma chambre!

« Il était là, juste là! »

Les accents de ma frayeur résonnaient dans chacun des mots que je prononçais. Pourquoi ne me croyait-elle pas?

« Essayez de vous reposer mademoiselle Gallagher, je vais… »

« NON! »


Rugissant mon mécontentement à l’aide de ce mot de 3 lettres, il était hors de question que je me repose de nouveau. Je savais ce que j’avais vu. Je n’étais pas folle!

« Sortez d’ici. Dégagez! Maintenant! »

J’entendis quelques vagues paroles sortir de sa bouche. J’attendis sagement que l’infirmière quitte ma chambre avant d’arracher le fichu tube qui me donnait, à doses régulières, de la morphine. Hors de question que je laisse quiconque engourdir mon organise. Les effets de la morphine cessèrent de se faire ressentir au bout d’un moment et je pus sentir une douleur physique parcourir mon corps. C’était si intense, si douloureux que j’avais du mal à me contenir pleinement. Mes yeux ne cessaient de scruter chaque recoin de ma chambre à la recherche de cette ombre : il fallait qu’elle soit là. Je l’avais vue. Je n’étais pas folle. Non, je n’étais pas folle.

« Chui pas folle, chui pas folle… »

Les mêmes mots qui revenaient constamment en boucle. Alors que je tentais de me rassurer, je vis quelque chose bouger dans le coin le plus obscur de ma chambre. Agitée, nerveuse, angoissée, mes pupilles se mirent en quête de démasquer le sombre individu qui se terrait ainsi dans ma chambre. Non, non, je n’étais pas folle. Il y avait bien quelque chose… Mon instinct ne pouvait pas me tromper à ce point. Je n’arrivais plus à fermer l’œil, me sentant constamment épiée dès que je le faisais. J’arrêtai, au bout d’un moment, d’en parler aux infirmières et médecins qui déboulaient dans ma chambre. Le regard qu’ils me jetaient chaque fois… Jasper. Je devais attendre Jasper. Pas besoin de dire que ces deux journées furent les plus longues de toute mon existence. J’entendais des chuchotements, on parlait de moi! Cependant, impossible d’affirmer que le bruit… Ça provenait du couloir cette fois-ci, j’en étais certaine! Mes yeux épuisés ne cessaient de décortiquer chaque petit recoin, y cherchant la preuve hors de tout doute raisonnable. Du moment que je fermais les paupières, j’entendais toujours un bruit qui me faisait sursauter : impossible d’avoir ne serait-ce qu’une minute de repos. La porte s’ouvrit et mon angoisse augmenta jusqu’à ce que…

« Jasper! Jasper, faut que tu me sortes d’ici, Jasper. S’il-te-plaît… Sors-moi d’ici. Je ne veux pas rester ici… Il faut que tu m’emmènes avec toi. Ne me laisse pas ici, je t’en supplie… s’il-te-plaît, Jasper… »

La frayeur se lisait dans ma voix et sur chacun de mes traits. N’ayant pas fermé l’œil depuis son départ, je n’avais aucun mal à imaginer ma gueule de morte-vivante en ce moment. Je ne cessais de lancer des regards inquiets autour de moi, guettant le moment où un autre être sombre se pointerait le bout du nez.

« Chui pas en sécurité ici, Jasper. Y’a quelque chose qui veut ma mort. Il m’attend… il me guette… J’en ai parlé aux infirmières et aux médecins, Jasper. Ils ne me croient pas. Mais toi, tu me crois, n’est-ce pas? N’est-ce pas que tu me crois, Jasper? »

Il devait me croire. Lui plus que tous les autres devait me croire. Parce que si Jasper ne me croyait pas, j’étais bonne pour me faire enfermer dans une maison de fous. Après tout, qui s’opposerait à ce que je sois enfermée? Personne. Cependant, il n’avait aucune raison de me faire confiance. Après tout, ne l’avais-je pas trahi une fois? Mon cœur se gonfla et mes yeux se remplirent de larmes. Je ne pouvais pas lui demander de me faire confiance. Pas après ce qu’on avait vécu. Et pourtant…

« Jasper… dis-moi que tu me crois. Sors-moi d’ici. J’vais tout t’expliquer. Mais pas ici… Non, pas ici… Ils vont revenir, Jasper. Et quand ils vont revenir, je ne serai plus là. Faut que tu m’sortes d’ici… »

Cachant mes yeux derrière mes mains, je me mis à sangloter. La porte s’ouvrit et un infirmier entra dans la chambre.

« C’est l’heure de prendre vos médicaments, mademoiselle Gallagher. »

« Tu peux t’les mettre où j’pense des fucking pilules! »

« Ne me forcez pas… »


Mon regard suppliant chercha celui de Jasper.

« Jasper, le laisse pas me donner ce médicament… Je sais ce que ça fait comme effet. Ça engourdit le cerveau… J’ai pas d’hallucinations, Jasper. C’que j’vois, je sais que c’est réel. »

Fallait que Jasper me sorte d’ici, car plus le temps passait et plus je sentais le souffle froid de la mort le long de mon échine. Les mains tremblantes, la mine déconfite, je refusais de me résigner à prendre ces foutues pilules. Je n’étais pas malade… Je savais que je n’étais pas malade. Pourquoi personne n’acceptait de me croire? Mes pupilles suppliantes croisèrent de nouveau celles de celui qui fut mon mentor.

Ne m’abandonne pas… s’il-te-plaît…


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Death ♱ Wish

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