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Mind your tongue [Jesus dos Santos]

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Chasseuse de l'Elit Daemonia

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MessageSujet: Mind your tongue [Jesus dos Santos] Mer 26 Juil - 22:50

Benedict observait la foule à l'intérieur de l'église se presser de plus en plus, désorganisant les rangs et s'insultant au visage.

"Vous n'êtes qu'une mégère mal-baisée !"

"Et vous une zoophile, comment pouvez-vous nous comparer à ces animaux ?!"


Son sermon avait commencé dans le silence le plus total -il était mal convenu de parler durant la messe, même celle du soir. Il avait choisi un passage de la bible, de la Genèse plus précisément, racontant la création de l'univers et de l’homme par le Seigneur. Jamais il n'aurait pensé provoquer un débat de cette envergure, quoi que cela ne ressemblait plus vraiment à un échange d'idée mais à un concours de vulgarité et de surenchère. La grande Révélation de l'an 2000 avait tout changée, les Eglises avaient vu leur taux de fréquentation exploser, tout comme les mouvements extrémistes. Malheureusement pour lui, Benedict ne pouvait s'empêcher de voir une corrélation entre les deux, son public étant devenu beau-coup plus arrêté sur les idées d'amour et de partage. Déjà que l'être humain avait du mal à respecter ses pairs, alors imaginer le vivre ensemble avec d'autres espèces... Le Prêtre évitait toujours d'aborder ce thème ultrasensible, il savait l'effet désastreux qu'il provoquait sur les fidèles. La collision entre les pro et les anti était inévitable, et rien de concluant ne sortait de ces débats stériles. Benedict lui s'en fichait un peu. Bien sûr, il avait un avis sur la question, mais il se contentait de suivre les ordres de l'Archevêque, lui-même dépendant du Cardinal. Son avis, il n'avait pas à l'exposer.

"Calmez-vous s'il vous plait. Vous êtes dans Sa maison, vous en parlerez dehors une fois la messe terminée."

Rien à faire, les esprits étaient trop échauffés et trop désireux d'en découdre. Alors qu'il regardait ses fidèles vociférer dans tous les sens, complètement impuissant, une silhouette vêtue d'un long blouson en cuir se frayant un chemin jusqu'aux portes accrocha son regard. Cette femme ne ratait jamais la messe du vendredi soir. Elle se contentait de s'asseoir au fond de la salle et d'écouter la cérémonie en fermant les yeux. Elle n'était jamais venue prendre l’Ostie. Benedict la regarda partir en ayant la désagréable sensation d'être inutile. Lorsque les portes se refermèrent sur elle, il déposa son regard sur le troupeau d'agneaux enragés, et se surpris à lâcher un soupir las. Comment en était-il arrivé là?

[...]

Cathan se frayait un chemin parmi les corps qui se pressaient les uns contre les autres, bien décidés à la recracher vers l'estrade. Elle se serait crue prise au piège dans un courant marin. A force de mouliner à travers la foule, elle finit par atteindre l'entrée. Une fois dehors, elle referma doucement les portes massives en bois brutes derrière elle et émergea en haut de la volée de marches en pierre qui menait à l'Eglise. La chasseuse pris une longue inspiration, savourant la fraicheur de la brise sur son visage. L'existence d'êtres surnaturels affiliés à l'ancien archange mal-aimé avait poussée des millions d'hommes dans les lieux de cultes. Les églises étaient prises d'assaut, devenue l'objet d'une sécurité imaginaire, d'une assurance post-mortem de ne pas descendre dans les entrailles de l'enfer. Car si les rejetons du Diable existaient, alors l'Enfer, Dieu et le Paradis se devaient d'être également de la partie. Cathan elle n'avait pas attendu d'apprendre que les monstres des placards étaient réels pour croire en Dieu. Plus qu'une habitude ou qu'un héritage culturel, c'était la seule chose que sa mère lui avait léguée : l'amour de Dieu. Elle ne l'avait jamais connue, mais elle portait sa croix comme un talisman. C'était son bien le plus précieux. Sa foi était pure, dénuée de toute pensée nombriliste et égoïste, contrairement aux trois quart des fidèles qui étaient réunis ce soir. Ils avaient peur. Ils venaient ici en espérant recevoir l'aide divine. Ils ne comprenaient pas que Dieu, contrairement à Satan, ne se mêlait pas des affaires humaines. Elle aurait pu se sentir blessée par les propos tenus à l'intérieur de l'édifice par les quelques ignorants présents, mais comment leur en vouloir? Elle avait trucidé des monstres à la pelle durant des siècles. Venir leur faire la morale aurait été quelque peu hypocrite. Et pourtant, voir la petite graine du Cornu plantée dans la tête de si nombreux partisans lui faisait de la peine. Dépitée, Cathan sortie son flacon de whisky de la poche de son manteau et avala une très, très longue rasade d'alcool.

"On dirait que tu as passé une sale journée."

La voix venait de derrière elle, sur sa gauche. Jesus. Le fils prodige. Elle se tourna pour l'avoir dans son champ de vision. Le jeune homme était adossé contre le mur de l'église, vêtu d'une chemise blanche, d'un pantalon en toile crème et d'une paire de lunettes de soleil. C'est que le soleil des étés à Salem tapait dure. Étonnée par son look particulièrement soigné, lui qui était plutôt du genre débardeur et jean, elle ne pu s’empêcher de laisser un petit sourire dessiner ses lèvres. Ça lui allait bien. Il avait le physique type du latino taulard, dans ses habits de tous les jours on aurait pu le prendre pour un dealer ou pour un vendeur de tacos. Enfin, il était l'incarnation visuelle des clichés. Elle l’aimait bien. Il était le parfait exemple de la dualité humaine : faire le mal pour un bien plus grand. Il avait compris la notion de sacrifice et l’assumait avec brio. Il était bosseur aussi : en plus de son travail de nuit au Moorise Club et des roberies pour aider financièrement sa famille, Jesus travaillait également pour elle. En échange de ses services, la chasseuse lui payait ses heures le double de son salaire au Moon’ - c’était en quelque sorte sa prime de risque.

"Dis que j'ai une sale gueule pendant que t'y es." , dit-elle d'un ton sarcastique.

Cathan dévala les marches en lui faisant signe de la suivre, regardant droit devant elle. Ils s'étaient donnés rendez-vous devant l'Eglise afin de parler business durant le chemin pour aller au parc. Il l'avait surprise en venant avec autant d'avance.

"As-tu réussi à trouver les documents ? »

Ils bossaient sur une enquête de concurrence déloyale que subissait une grosse entreprise de logistique près de Boston, victime de détournements de clientèle et de dénigrement qui avait fait chuter dramatiquement son chiffre d’affaire. Après avoir ciblée les dirigeants et responsables commerciaux des entreprises concurrentes de la région, Cathan avait passé près d’un mois en filature. Le job de Jesus dans toute cette galère était d’installer des micros et des caméras dans la maison des suspects, ainsi que dans leur bureau. Il devait d’ailleurs chercher durant l’installation du matériel si des documents à en-tête, des contrats ou d’autres supports commerciaux prouvaient des manœuvres commerciales illégales. Ils se devaient de réunir un maximum d’information pour construire un dossier en béton, car c’était ces missions la qui lui rapportaient le plus.

« Si non ce n’est pas un problème. Les micros nous en diront bien plus. Oh, d’ailleurs. Tu vas avoir une camarade de jeu. Ce sera ton dernier entrainement ici. La semaine prochaine, rendez-vous à cinq heures devant le Moorise, je viendrai te récupérer. »

Cathan l’entrainait depuis deux mois maintenant, pratiquement tous les soirs au coucher du soleil dans la foret épaisse de Ledge Hill Park, au pied de la montagne. Mais si elle devait également prendre Valeska sous son aile, il valait mieux commencer les séances au lever du soleil. Jesus avait de très bonnes bases, mais ce n’était pas du tout le cas de la sorcière, et elle n’avait ni l’envie ni le temps de les entrainer chacun de leur côté. Un dojo serait parfait. Au moins pour commencer.

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Dernière édition par Cathan O'Leary le Ven 25 Aoû - 22:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mind your tongue [Jesus dos Santos] Mer 16 Aoû - 22:00




"Mind your tongue"


Cathan & Jesùs








Jesùs s'était longtemps demandé quel serait son avenir. Depuis son adolescence, le seul but qu'il s'était fixé fut de soigner sa sœur. Tout faire pour amasser suffisamment d’argent pour payer médicaments et médecins le temps de trouver un sorcier suffisamment doué pour la soigner définitivement. Il voulait aussi accumuler suffisamment pour lui payer ses études jusqu'au bout, mais aussi un cadeau exceptionnel pour le jour où elle se mariera. L'idée du mariage le chagrinait un peu, la partager avec un autre lui étreignait tout simplement le cœur et, l'idée que cet homme, qui n'existait pas encore, pouvait lui faire du mal le mettait déjà en rogne. Mais, avant même de penser à lui, la simple hypothèse de sa sœur heureuse, souriante et bonne santé le comblait, tout simplement. Notre ami s'était aussi mis en tête de s'occuper de sa chère mère qui avait tant fait pour ses enfants. Elle qui avait traversé les frontières pour leur permettre de vivre loin de la violence et des cartels, mais aussi pour leur offrir un avenir, sacrifiant tout le reste. Elle qui avait travaillé comme personne, espérant pouvoir subvenir aux besoins de sa fille. Elle qui les avait éduqués de la meilleure des façons. Elle était sans doutes, la meilleure mère que l'on puisse espérer. Pourtant, notre homme l'avait déçu, il avait basculé du côté obscur de la force, se mettant à voler. Certes, c'était pour de bonnes raisons mais … Elle qui était une fervente croyante ne pouvait réellement cautionner la chose, même si, au final, cela se révéla être la seule chose envisageable pour la survie de sa sœur. Oh, l'aîné avait essayé de gagner sa vie honnêtement, il était un artiste, il avait fait des études dans une prestigieuse école et en était ressorti avec un joli diplôme qui … Ne lui servit jamais à rien. On le le prit jamais au sérieux avec sa dégaine de taulard, ses tatouages ou encore son origine. Il lui était même arrivé qu'on lui dise, en face, qu'il avait certainement dû voler des tableaux qu'il essayait de vendre. Alors, à son plus grand désespoir, l'homme de la famille reprit ses affaires, finissant même par tomber sur une certaine Izabella qui facilita grandement ses finances. Pourtant, malgré son passage du côté obscur, Jesùs espérait toujours accomplir un des rêves de sa mère, avoir sa petite maison confortable avec le potager dont elle avait tellement évoqué dans leur enfance. Cette maison, il voulait lui acheter, mais qu'avec de l'argent remporté honnêtement. Argent qu'il mettait de côté depuis quelques années déjà, espérant obtenir le compte un beau jour.

Ce don qu'il avait eu à la naissance, cette agilité supérieure à la normale, qui lui avait permis d'embrasser sa carrière, si l'on peut en parler ainsi, l'homme était certain que c'était un cadeau du Seigneur, afin de lui permettre de pouvoir secourir sa sœur s'il en avait le courage. Peut-être que l'idée pouvait paraître insensée et loufoque à la grande majorité des gens, pourtant, Jesùs était certain que toute chose avait un but. Toute création avait une raison d'être et, obtenir pareille capacité avait forcément une raison. Certes, il aurait pu essayer de devenir un athlète de haut niveau et gagner sa vie de cette manière, mais, cette effroyable peur de perdre Rosa, le poussa à agir de la seule façon sensée à laquelle il pouvait penser. A travers ces tortures, essayant de se tenir à la limite du bien et du mal, l'Unique pensa bon de le mettre sur la route de quelqu'un qui allait apaiser son âme et ses doutes. Une certaine Cathan, chasseuse de son état. Une personne étrange, alcoolique, secrète et assez difficile à comprendre mais qui pourtant, gardait en elle une profonde bonté du point de vue du Guatémaltèque. Elle avait fait appel à ses dons, pour l'aider dans des enquêtes en toutes sortes. Elle s'était présentée comme détective privée, ayant besoin de ses facilités à faire irruption chez les gens pour poser micro, caméras et récupérer quelques dossiers compromettants. Force était de constater que, toutes ses enquêtes étaient pour la bonne cause. N'était-ce pas là un signe divin ? Celui qui lui montrait le bon chemin, se servir de son don pour le bien d'un plus grand nombre. Comment pouvait-il refuser ? D'autant plus qu'elle lui offrait un bon salaire, mais aussi des entraînements réguliers, pour lui permettre de se défendre contre toutes les espèces non humaines.

Leur rencontres étaient nombreuses et, de temps à autres, dans des lieux assez incongru. L'une de ses retrouvailles se déroula d'ailleurs dans une église non loin de Ledge Hill Park. Lui devait rapporter ses trouvailles sur l'enquête en cours, mais aussi, tout deux avaient un entraînement de prévu dans le Park, après la messe. Respectueusement, Jesùs arriva au début du culte, habillé sobrement, un pantalon simple, mais aussi une chemise blanche, suffisamment épaisse pour recouvrir ses tatouages. Dessous, il portait un marcel blanc, afin d'être plus à l'aise pour l'entraînement. Transpirer et que cela se voit ne lui faisait pas plus peur que cela. Dans la maison du Seigneur, l'on se devait d'être habillé de la bonne façon, il n'y avait pas la moindre négociation possible. Le jeune homme était particulièrement croyant et à cheval sur de nombreux concepts. Certes, il violait régulièrement un des commandements, mais, il n'avait guère le choix. La vierge était d'ailleurs tatouée sur son bras dans une remarquable manche qu'il avait lui-même dessiné avec grande fierté. A vrai dire, cette dualité entre l'éthique et les besoins de sa vie le taraudaient machiavéliquement et, essayait de faire au mieux qu'il pouvait pour vivre comme un homme bon se devait de le faire. Une fois la messe terminée, le jeune homme chercha son rendez-vous, qu'il surprit en train de descendre une jolie lampée d'alcool. Alors, avec un sourire moqueur, il se permit une petite taquinerie. « On dirait que tu as passé une sale journée. » Chose à laquelle elle répondit du tac au tac et, d'un ton sarcastique, ce qui l'amusa de plus belle. « Tu es une bien trop belle femme pour avoir, un jour, une sale gueule. » Se rapprochant un peu plus avec un petit sourire gêné, l'homme se permit un petit chuchotement, sans savoir si c'était une bonne chose à faire ou non. « Néammoins je … Suis désolé hein, mais je doute que ce soit le lieu le plus adéquat pour … Ce genre de boisson. »

L'employeuse descendant les marches en invitant son compagnon à la suivre celui-ci s'exécuta, marchant doucement en direction du parc, jusqu'à ce que la détective commence à parler boulot, demandant s'il avait réussi à trouver ce qu'elle avait demandé. L'étranger fit une moue presque boudeuse à cette question, attendant qu'ils aient au moins traversé la route avant d'en parler, l'idée d'en parler si peu devant une église le mettait mal à l'aise. C'est alors qu'il dégaina un sachet plastique de son dos, quelques peu humide. Il ôta ce dernier pour le balancer proprement dans une poubelle et tende une large enveloppe kraft bien chargée avec un petit sourire. « J'ai les copies des contrats et des relevés de comptabilités de la société. Honnêtement, j'ai vraiment eu du mal. La sécurité pour aller jusqu'au coffre et pour l'ouvrir … Cet homme à quelque chose à cacher. J'ai rajouté une clé aussi, j'ai farfouillé sur son ordi, j'ai trouvé des dossiers que … Je ne comprenais pas vraiment, je me suis dit que cela pourrait être utile à un moment ou un autre. En plus des micros, j'ai mis deux petites caméras, bien cachées au niveau des angles de son bureau. On devrait avoir de quoi faire je pense. » Souriant avec fierté, il fut cependant très vite surpris par la dernière annonce de la demoiselle. Une compagne de jeu, cela était intéressant. « Je … La connais ? Ceci dit, c'est une bonne chose, je me sentira moins seul en me prenant des raclées contre toi à chaque fois. Et heu … Elle a des bases, quelque chose ? Ou, est-ce qu'elle est humaine ? Attention, je ne doute pas de ton choix, ou je ne sais quoi. Mais au final, si je peux m'entraîner avec une louve ou une vampire, je me dis que ça peut peut-être aider. Et … Désolé, je pose beaucoup de questions, on s'entraînera où ?»

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MessageSujet: Re: Mind your tongue [Jesus dos Santos] Mer 13 Sep - 12:05

Cathan laissa échapper un bref éclat de rire et répondit au jeune naïf d’un ton désabusé « Jesus transformait l’eau en vin. Il m’en voudra pas pour si peu ».

Elle avait prononcé le prénom Divin à l’espagnol, parce que le parallèle la faisait marrer et rendait toujours Jesus un peu mal à l’aise. Il prenait la foi bien trop au sérieux pour son âge. Cela avait été également son cas quelques siècles auparavant, mais pour sa défense, on risquait à son époque de finir au bucher si l’on ne respectait pas les préceptes sacrés. Les années qui avaient suivis sa transformation, elle les avait passé à massacrer des familles entières au nom d’un Dieu qu’elle ne connaissait finalement ni d’Adam ni d’Eve. La religion et les idéaux portés par Frédérick et les membres éminents du Fort Volsek avait guidé son bras et ses armes durant plus d’un siècle, lui servant d’excuse pour commettre et justifier des actes que tout autre Dieu aurait condamné. Cathan s’était par la suite construite une vision bien personnelle de la religion, remettant en cause son existence et celle des autres créatures du monde par la morale et l’éthique. Elle estimait que tous les habitants de cette chère planète Terre étaient habités à la fois par Dieu et par Satan. Chacun méritait sa chance et si la partie lumineuse de la Force l’emportait sur le côté obscure, alors vous aviez gagné votre ticket pour le Paradis et tous les délices qui allaient avec. En revanche, si vous cédiez aux plaisirs rouges carmins offerts par Lucifer et que vous aimiez le crier sur les toits, et bien… vous aviez droit au coup de pied au cul de Cathan et elle vous expédiait droit en Enfer. Tout n’était que nuances, elle qui avait vu en noir et blanc durant si longtemps, pouvoir avoir enfin accès au gris avait tout remit en question.

Heureusement pour sa santé mentale, elle s’était sérieusement calmée en prenant de l’âge, et elle se contentait aujourd’hui de photographier divers amants en plein coït – on gagnait son pain comme on le pouvait. Et ce n’est certainement pas parce qu’elle allait en terre consacrée une fois par semaine qu’elle allait se laisser laver le cerveau une nouvelle fois.

Sa flasque rangée et ses souvenirs d’antant oubliés, elle marchait d’un pas tranquille et posé vers le parc, Jesus à son côté. Elle avait beau détester cette ville, il fallait avouer que Salem avait son charme. Le soleil couchant envoyait ses rayons caresser leurs visages, réchauffant leur peau en répandant une chaleur douce, agréable et apaisante. Si ses yeux scrutaient l’horizon, ses oreilles étaient bien attentives et elle pris note de tous les efforts que son protégé avait fait pour le bien de leur compte en banque respectif. L’enveloppe de papier kraft fini par absorber sa pleine attention, visiblement Jesus avait trouvé bien plus de choses que prévu. Cathan haussa les sourcils en feuilletant les relevés, impressionnée. Son poulain était vraiment très doué, bien plus qu’elle ne l’aurait pensé au premier abord. Il apprenait vite et ne s’était jamais fait chopé jusqu’à maintenant. Elle rangea les documents accablants dans l’enveloppe qu’elle roula et glissa dans la poche intérieure de son long blouson en cuir.

« Très bon travail. Je scannerai tout ça à l’avocat demain matin et organiserai un rendez-vous avec le client. Tu devrais venir »

C’était plus un ordre sous-entendu qu’une véritable demande. Il fallait qu’il vienne, qu’il en découvre plus sur le métier, surtout en ce qui concernait la partie administrative. Jesus avait un don pour ça, il méritait tellement mieux que de perdre son temps derrière le comptoir du Moonrise à servir cocktail et clin d’œil… Du gachis, voilà ce que c’était. Il avait de l’avenir dans le domaine, mais encore fallait-il qu’il soit prêt à s’engager dans un boulot sérieux à plein temps, et ça, Cathan en doutait fortement. Un soupir las et discret s’échappa d’entre ses lèvres.

« Et non, ça m’étonnerait que tu la connaisses », lui répondit-elle. Amusée par la suite de son discours, Cathan se rapprocha et lui tapota l’épaule d’un air compatissant. « Navrée de te décevoir, ce n’est qu’une vulgaire sorcière inexpérimentée. Mais tu risques d’être surpris, il n’y a pas que ceux qui portent des crocs qui soient dangereux. Un seul contact physique avec elle, et tu termines congelé. J’espère que ça sera une motivation suffisante pour te mettre le feu au cul lors des prochains entrainements »

Son rire se répercuta contre les murs de la ruelle, accompagné par une grande tape dans le dos qui fit trébucher Jesus. Lui n’avait pas l’air de trouver sa tirade très amusante, ils ne partageaient visiblement pas le même sens de l’humour. Ah, elle sentait que les semaines à venir décoreraient son visage d’un sourire au moins une fois par semaine. C’était une bonne chose. Pour elle, en tout cas.

[…]

Une demie heure de marche plus tard, Cathan et Jesus se retrouvèrent au beau milieu de la forêt dense et épaisse de Ledge Hill Park. Ils ne s’étaient pas aventurés très loin, juste assez pour être à l’abri des bruits de la ville et du regard de ses habitants. Les seules nuisances sonores qui parvenaient à leurs oreilles venaient de la forêt : le vent qui faisait bruisser les feuilles, les hululements des chouettes, les rongeurs qui se baladaient au pied des arbres… Seuls dans une minuscule clairière plongée dans l’obscurité grandissante du crépuscule, l’endroit semblait calme, mais pour l’ouïe surhumaine de Cathan, il débordait de vie.

La chasseuse pris place au centre de la clairière après s’être débarrassée de son manteau et de ses armes qui l’attendaient sagement au pied d’un tronc d’arbre. Vêtue d’un jean un peu large et d’un simple sous pull noir à manche longue, Cathan ne payait franchement pas de mine. Les bras croisés sur sa poitrine presque inexistante et son regard sérieux dévisageant Jesus sonnèrent le départ de l’entrainement hebdomadaire.

« Echauffe moi ces muscles. Surtout tes jambes, on va travailler un peu tes tibias ».

Je devrais lui apprendre à tirer sur une cible mouvante, pensa-t-elle. Pourquoi se prendre autant la tête ? Si un loup ou un vampire parvenait au corps à corps avec lui, il se ferait bouffer dans la seconde. Cela dit, leurs rendez-vous deviendraient beaucoup moins marrants s’ils se transformaient en stand de tirs. Voir son poulain galérer l’amusait, mais l’observer s’améliorer de jour en jour l’emplissait de fierté – bien qu’elle ne laissait jamais rien transparaître.

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