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The Son Of No One

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Chasseur de l'Elit Daemonia

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MessageSujet: The Son Of No One Mar 18 Juil - 1:32

 
THE SON OF NO ONE

Lately there's been too much of this. But don't think it's too late.




Des vampires... qui exploitaient des vampires. Il y avait bien des humains qui s'adonnaient au trafic d'humains, contraignant des personnes à se prostituer, à travailler, ou autres conneries apprêtées à la même sauce douteuse. Que des vampires soient aussi manipulateurs et traitres envers leurs congénères, n'était pas aussi choquant, finalement. Le blondin hausse un sourcil tout en ouvrant le porte-document contenant les informations du contrat, que venait de lui remettre Nev, un ami et collègue.

« Donc, si j'ai bien compris... cette organisation de vampires... enlève des vampires, les séquestre dans une baraque pour siphonner leur sang et le vendre ? »
- Ils ciblent des vampires pas trop connus, les séquestres pendant des semaines, prennent une bonne grosse dose de leur sang, et ensuite leur tranche la tête pour s'en débarrasser. Même si j'suis pas fan des vampires, quand j'ai vu les photos, ça m'a retourné quelque chose à l'intérieur.
« Des photos ? »
- Le type du contrat, Lionel, il a fait infiltrer l'une de ses connaissances dans le bordel. Il lui a demandé de prendre des photos là-bas en toute discrétion. Il s'est dit que ça nous aiderait à bien nous préparer. Au total, ils sont huit coincés là-dedans. Les statistiques datent de deux jours. Aucune idée si le compte a changé.
« Le nombre de sales têtes ? »
- On ne sait pas combien ils sont en totalité dans l'organisation, mais ils sont généralement une dizaine dans la baraque à surveiller et à faire le sale boulot. Le contrat est simple : se débarrasser de la vermine dans la place et libérer les captifs. C'est tout. Pour le reste de l'organisation, c'est pas notre problème.
« J'ai combien de temps pour y penser ? »
- T'as jusqu'à ce soir, top max. J'dois m'organiser en conséquence des hommes qui vont m'accompagner. Si t'es pas de la partie, faut que je demande à quelqu'un d'autre.
« Okay... sont où les photos ? », qu'il demande, en fouillant dans la paperasse sans les trouver.
- Je les ai pas ici, mais j'peux aller te les porter chez toi plus tard dans la journée. J'vais te les laisser devant ta porte. J'sais que t'aime pas vraiment les dents-longues, mais sont pas tous des salauds, Jas'. Si vraiment, tu t'en fous, penses au cash que ça te donnera !

Et il avait raison. Jasper avait énormément de mal à éprouver de la sympathie pour les damnés. Faute de chance, probablement, il n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer des vampires pourvus d'un cœur sur la main. Un cœur arraché dans une main, ça, par contre...


****************************


Une grande enveloppe brune en main, le blondin prend place sur un fauteuil du salon pour en sortir une dizaine de photos de l'intérieur. Honnêtement, il n'avait pas spécialement envie de faire ce contrat. Il comptait tout de même y jeter un œil, ne serait-ce que par curiosité, à savoir si ce que lui avait dit Nev n'était pas un peu exagéré, sachant qu'il était très sensible comme type. Bien calé dans son fauteuil, il commence à mater les photos, portant son attention sur la première, qui démontrait une baraque de deux étages, assez délabrée. La toiture était en ruine, la peinture écaillée, les fenêtres dissimulées derrière de larges planches de bois qu'on avait vulgairement clouées là. Quelques graffitis. Ce doit être un vrai palace à l'intérieur., songe-t-il, ironiquement. Sur le deuxième cliché, on y voyait l'ensemble du hall d'entrée. Des murs usés tout autant que le plancher. De la crasse partout. Une vraie porcherie, en somme. Il passe rapidement à la troisième où l'on pouvait voir une scène plutôt dérangeante, même pour lui qui n'était pas très émotif lorsqu'il s'agissait de sanguinaires. Une chambre, très vide, horriblement malpropre, et un vampire, les poignets et les chevilles enchaînés au montant d'un lit, semblait être dans un sale état. Les joues creuses, des veinures bleues striant la moitié de son visage, on voyait bien qu'il ne s'était pas abreuvé de sang depuis un bon moment. Des semaines, sans doute. Ils se contentent de les vider, pas de les nourrir. Pourquoi se donner la peine de nourrir des vampires condamnés à crever ? Toutefois, il se demandait pour quelle raison ils les gardaient aussi longtemps. Saigner un vampire, ça ne devait pas prendre des semaines. Par sadisme. Ils prenaient leur temps et à en voir les vilains hématomes sur son poitrail, il avait été brutalisé. Puisqu'il ne se nourrissait plus depuis un temps, il ne parvenait plus à se régénérer. Cinglés d'fuck.

Il soupire sèchement et passe aux autres photos, qui n'étaient pas bien différentes des précédentes. La plupart des vampires étaient dans un état pitoyable. Ce n'était pas bien joli à voir. Il en arrive à la dernière cette fois... et il manque près de s'étouffer avec sa gorgée de bière. Les yeux écarquillés, il dévisage la photo, ayant d'un coup l'impression de se manger une bonne baffe à la gueule.

« Fuck... c'est ce p'tit con de... »

Devan. Ou le vampire... qui s'était moqué de lui en prétendant être son fils mort depuis longtemps. Il reconnaissait ses traits, même si son état était... vraiment très moche. Non, de le voir comme ça ne lui plaisait pas du tout, même s'il n'était pas encore certain... que c'était bien lui. T'es peut-être pas certain, mais entre toi dans la tête qu'il y a une chance sur deux que ce soit lui, ton gamin. Si c'était lui ? Tu vas vraiment le laisser comme ça ? Choqué à l'idée que ce soit vraiment son fils là-dedans, il agrippe son tel, manquant près de l'échapper deux fois.

« Nev, le contrat, on l'fait ce soir. »
- Quoi ? Non, c'est prévu pour demain, on...
« On fait cette merde ce soir. Demain, ce sera trop tard. »

Et encore, il se demandait s'il ne l'était pas déjà, trop tard...


****************************


Waterboro, Maine.
Huit heures plus tard...


L'exécution du contrat s'était bien déroulée. Les vilains avaient été éradiqués rapidement et les prisonniers, libérés. Le plus laborieux avait été de s'occuper des vampires amochés, certains inconscients tellement ils étaient ''déshydratés''. Il avait expliqué à Nev que Devan était une connaissance et qu'il allait s'en occuper, sans lui donner les vraies justifications qui le poussaient à le prendre à sa charge. Il avait donc amassé sa carcasse inconsciente et l'avait installée sur la banquette arrière de sa bagnole. Sans trop réfléchir, il avait pris la direction vers Waterboro, en se disant que le chalet de Blanche serait parfait pour... penser à la suite. Une fois à destination, il avait installé Devan dans la chambre des maîtres, lui menottant un poignet au montant du lit, par précaution. Du moins, le temps que sa rage de soif se serait calmée. Tu t'es pas nourri depuis des semaines, dès que j'vais foutre une goutte de sang dans ta bouche, j'crois pas que tu vas t'arrêter tout d'suite. Le but était surtout d'éviter de le tuer s'il décidait de lui sauter dessus comme s'il était une oasis et lui, un pauvre mec assoiffé en plein désert.

Il avait commencé à l'abreuver, lui versant entre les lèvres le contenu d'une poche de sang. Une fois que le vampire avait émergé de l'inconscience et avait eu assez de force pour tenir lui-même son repas, le chasseur avait déserté la pièce en silence, lui laissant sur le lit une dizaine de sacs d'hémoglobine pour qu'il puisse apaiser sa faim et reprendre des forces. J'sais pas si ce sera suffisant, mais commence par ça, après on verra. Le blondin fume une ou deux clopes à l'extérieur, se demandant pour quelle foutue raison il l'avait ramené jusqu'ici. Tu t'poses vraiment la question ? Tu l'sais pourquoi. Il grimace, tout en balançant plus loin sa cigarette, et retourne à l'intérieur, se dirigeant lentement vers la chambre des maîtres. Il ne franchit pas le seuil, se contentant seulement d'appuyer une épaule contre l'embrasure de la porte, dévisageant en silence la dizaine de sacs vides éparpillés sur l'édredon. Son regard placide erre jusqu'au visage de Devan, le considérant avec attention. Il semblait déjà un peu mieux, mais il n'était certainement pas au summum de sa forme.

« T'en a encore besoin ? », demande-t-il, lui désignant du menton l'amas de sacs vides.

Il espérait que non puisqu'il n'avait plus de réserve. En cas contraire, il devrait retourner à la banque de sang de Waterboro et il était crevé. Il devait être près cinq heures du matin, il était tout crasse, n'avait pas encore bouffé et il avait juste envie de piquer un somme.

« Les menottes, c'est une précaution... le temps que tu reprennes le contrôle. J'vais te libérer quand ce sera bon. Après, si tu veux... y a une douche... j'ai aussi quelques vêtements propres à moi dans la bagnole... j'sais pas s'ils vont t'faire... si non... y a des boutiques au village... j'crois que tu pourras te trouver des fringues potables en attendant d'retourner au bercail... »

Il semblait bien calme, le chasseur, mais ce n'était qu'en apparence. Des pensées lui percutaient la cervelle à grande vitesse et le malaise était bien présent, même s'il parvenait à le dissimuler. J'vais foutre quoi après ? Pourquoi je l'ai amené ici, fuck. J'aurais dû seulement lui donner de quoi boire et le déposer chez lui... et partir bien loin. Tu sais bien que c'est pas Devan. C'était bien le problème, il n'en savait rien. Il se demandait même s'il avait envie de le savoir. Que ce soit parce qu'il ne désirait pas être déçu par une arnaque... ou parce qu'il avait la trouille de se retrouver père après trois siècles... père d'un vampire, qui plus est. Pourquoi c'est toujours compliqué dans ma fucking vie, on peut m'le dire ?



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MessageSujet: Re: The Son Of No One Sam 22 Juil - 17:19

The son of no one
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Devan n’avait pourtant rien fait d’extraordinaire ce jour-là. Il était resté chez lui tranquillement, sans emmerder personne et surtout sans que personne ne l’emmerde. En bref, des journées comme il les aimait. En général, on attendait rien de ce genre de journée, on ne redoutait rien non plus. On contentait de se détendre, de rester calme et de penser à tout et n’importe quoi. Bref, rien de palpitant ou de particulier à retenir de ces moments-là.

Pourtant, il avait fallu qu’il sorte. En ouvrant son frigo il avait remarqué qu’il n’avait plus de poche de sang. Merde. Il fallait qu’il aille en chercher. Mais il n’était pas vraiment chaud pour aller jusqu’à la banque, ils étaient parfois très emmerdants avec leurs lois, même si au fond, il ne les respectait pas toujours. C’était toujours très agréable de croquer dans une veine bien juteuse, sans pourtant tuer le propriétaire de cette veine. Mais bon, il n’avait pas envie de prendre le risque de tomber sur un individu plein de verveine non plus, ni de se faire coincer en flagrant délit alors il avait préféré sortir de Salem afin d’effectuer sa besogne. Cela ne devrait pas lui prendre trop de temps. Il n’avait pas tout de suite senti qu’il était suivi, pourtant en général, ses sens étaient très affûtés et ils ne le trompaient que rarement. Mais là, il les avait sentis assez tard, mais il les avait quand même repérés. Il n’avait pas fait attention à eux, feignant ne pas les avoir découverts, il ne savait pas qui étaient ces types, mais il ne reconnaissait aucune odeur connue, mais il savait en tout cas qu’ils n’étaient pas humains, en fait ils n’étaient même pas vivants. Des vampires donc. Qu’est-ce qu’ils lui voulaient encore ceux-là ? Décidément, à Salem et ses alentours on ne pouvait pas faire un pas sans qu’une merde vous tombe dessus, il était plutôt assez doué pour ça. Pour s’attirer des ennuis. Il s’arrêta au bout d’un moment, attendant que les hommes viennent à sa rencontre, histoire de savoir ce qu’ils lui voulaient. Il détestait être suivi et espérait que ça ne l’occupe pas trop longtemps toute cette histoire. En tout ils étaient trois face à lui. Ils se positionnèrent de façon à l’entourer. Comptaient-ils l’attaquer ? Il n’avait rien fait ces derniers temps qui pourrait être punissable par une bande de vampires. Qu’est-ce qui allait encore lui tomber dessus… Il l’ignorait encore mais de toute évidence, ça ne présageait rien de bon. Il n’aurait vraiment pas dû sortir de chez lui. Tant pis pour le sang, il aurait pu attendre encore, il n’était pas au bord de la sécheresse pour autant. Mais bon, il faisait souvent les mauvais choix de toute façon.

****************************

Devan ne se souvenait pas de grand-chose. Il était complètement groggy quand il se réveilla. Il ouvrait les yeux mais sa vision était floue. Même en les fermant et les ouvrant plusieurs fois, cela ne s’arrangea pas vraiment. On avait dû le droguer. Il essaya de bouger ses membres mais il constata que ses poignets et ses chevilles étaient attachés à de lourde de chaînes. Il fronça les sourcils, le poison agissait dans ses veines et il n’avait pas la force nécessaire pour tenter de les arracher. Il ne savait pas où il était, qui l’avait amené ici et pourquoi, mais il ne voyait pas ça d’un bon œil du tout. Il allait falloir qu’il trouve un moyen de se tirer d’ici et vite. Au bout de plusieurs minutes, il réussit à forcer un peu sur sa vue pour pouvoir vois les choses un peu plus distinctement. Il était dans une pièce cloisonnée, sans lumière. L’obscurité ne le gênait pas, mais cela l’aurait peut-être aidé pour savoir un peu plus où il se trouvait. Il était sur un lit, attaché toujours. Il espérait que ce n’était pas des détraqués sexuels qui l’avaient amené ici. Il ne manquerait plus que ça. La tête lui tournait encore et une sensation désagréable lui parcourait tout le corps, comme des petits courants électriques qui circulaient dans ses veines et engourdissaient tout son système. C’était plus que désagréable, malheureusement, il ne savait pas encore que tout ceci n’était rien comparé à ce qui l’attendait. Mais ça, il ne pouvait pas le deviner. Les souvenirs commençaient à lui revenir lentement. Il se souvenait maintenant des trois vampires qui l’avaient encerclé. Ils l’avaient attaqué, il avait tenté de se défendre mais l’un d’eux avait enfoncé une seringue dans son cou, le poison sans doute. Il ne savait même pas depuis combien de temps il était ici. Il n’avait aucune façon de le savoir.

Cet endroit n’avait de toute façon absolument rien de charmant et accueillant. Tout était décrépi ici, il y avait de la moisissure sur les murs qui eux-mêmes étaient fissurés par endroit. Le plafond était aussi dégarni en certains endroits, s’effritant carrément. Il avait tout l’air dans un endroit désaffecté. Une usine, un entrepôt… Quelque chose du genre. Ou alors, cette… maison était vraiment très vielle et n’avait pas été habitée depuis des lustres. Ça pouvait être pratique, si on pensait que personne n’habitait ici, personne ne viendrait vérifier ce qu’il s’y passait. Si ça se trouve, ils étaient perdus au milieu de nulle part.

Néanmoins, il n’eut pas le temps nécessaire pour poursuivre ses interrogations. Bien vite il comprit ce qui allait se passer pour lui. Il essaya de se débattre mais c’était inutile, le poison l’avait grandement affaibli et les autres pouvaient faire ce qu’ils voulaient de lui. Il ne pouvait pas les repousser alors que ces vampires lui prenaient du sang plusieurs fois. Il n’aurait pas pu dire combien de fois, ni depuis quand il était là. Les ponctions sanguines l’affaiblissaient d’autant plus et il avait de plus en plus de mal à rester conscient de ce qu’il se passait autour de lui. Par contre, il sentait leurs coups, leurs maltraitances. Au début, ses plaies se regénéraient, lentement, mais elles se regénéraient. Maintenant elle ne se soignaient plus, il n’avait plus assez de sang pour ça, il était desséché et ne pouvait pas faire grand-chose à part attendre le moment où il serait définitivement mort et qu’il n’aurait plus aucune goutte de sang dans son corps.

****************************

Il ne savait plus rien. Il avait l’impression d’avoir oublié jusqu’à son nom. Il n’arrivait même plus à penser. La seule chose qu’il arrivait à matérialiser dans son esprit affaibli était l’envie de sang. Ou plutôt le besoin. Il en était arrivé à un stade où il avait besoin de boire du sang, en très grande quantité. Il n’était plus certain de pouvoir survivre longtemps dans ces conditions, il était déjà quasiment mort. Il ne remarqua même pas le bruit environnant à l’arrivée de deux chasseurs, ni qu’on lui retirait ses chaînes et qu’on le portait pour le mettre dans une voiture. Il ne remarqua rien de tout ça, restant dans un état précaire et totalement détaché de la réalité. Il n’était guère plus consistant qu’une poupée de chiffon et on aurait pu faire absolument tout ce qu’on voulait de lui sans qu’il n’oppose aucune résistance.

Il se retrouvait de nouveau attaché, mais cette fois ci, seul un de ses poignet l’était. Sur un nouveau lit, dans une nouvelle pièce. Mais il ne s’était pas encore rendu compte de tout ça. Son premier état de conscience fut quand il sentit le sang afflué dans sa bouche. Par automatisme et sans vrai volonté il se mit à avaler, son corps en cruel état de manque il ne pouvait pas faire autre chose. Sa conscience s’éveillait petit à petit. Il ouvra à demi les yeux quand la poche fut vide. Regardant un peu autour de lui il vit d’autres poches de sang et les vida les unes après les autres. Ses blessures guérissaient et il retrouva son apparence normale. Il laissa tomber la dernière poche vide et regarda autour de lui encore un faible. Le sang l’avait guéri mais il n’était pas complètement rétabli. Il était dans une nouvelle chambre, mais il était encore attaché. Pourtant on lui avait donné du sang. Il ne comprenait plus rien. C’est alors qu’il le vit, dans l’encadrement de la porte. Son père. Qu’est-ce qu’il faisait là ? C’était lui qui était venu le secourir ? C’était assez inattendu et incroyable.

« T'en a encore besoin ? »

Devan se contenta de secouer négativement la tête. Encore un peu sous le choc de le voir là. A moins qu’il se fût mis à délirer à cause de ce qu’on lui faisait subir et que Jasper n’était qu’une illusion de sa part. Il ne savait plus mais il savait qu’il avait eu assez de sang comme ça pour le moment.

« Les menottes, c'est une précaution... le temps que tu reprennes le contrôle. J'vais te libérer quand ce sera bon. Après, si tu veux... y a une douche... j'ai aussi quelques vêtements propres à moi dans la bagnole... j'sais pas s'ils vont t'faire... si non... y a des boutiques au village... j'crois que tu pourras te trouver des fringues potables en attendant d'retourner au bercail... »

Il ne répondit rien dans un premier temps. Assimilant lentement et parcourant encore la pièce des yeux. Peut-être que tout ceci était réel. Alors cela voudrait dire que Jasper l’avait sauvé. Pourquoi ? Il avait affirmé clairement qu’il ne le croyait pas et que son fils était mort, il avait même été très hostile contre lui. Pourquoi était-il venu à son secours ? Se pourrait-il qu’il soit changé d’avis à son sujet ? Il en doutait fortement. Mais il n’avait pas d’explication qui justifierait cet acte de sa part. Ou alors il faisait juste son boulot de chasseur en tuant les « méchants » vampires. Mais depuis quand les chasseurs aidaient les vampires ? Et puis aussi loin qu’il s’en souvienne, il y avait d’autres vampires qui avaient été séquestrés. Il se redresse lentement pour savoir et dévisage le blond en face de lui, toujours perplexe.

« C’est toi qui m’a sorti de là-bas ? Pourquoi ? Je croyais que j’étais pas ton fils et qu’il était mort y’a longtemps. C’est une drôle de façon d’illustrer tes pensées. A moins qu’elles n’ont changées. Mais l’entraide chasseur/vampire n’est pas vraiment très répandue, et tu ne sembles pas spécialement les porter dans ton cœur en plus de ça. J’en sais trop rien. Mais… dans tous les cas, je te remercie de m’avoir aidé. »

black pumpkin

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MessageSujet: Re: The Son Of No One Ven 4 Aoû - 18:55

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Le vampire secoue négativement la tête en guise de réponse, ce qui honnêtement, le soulage un peu. Le village n'était pas si loin en bagnole, mais il n'avait pas envie de déplacer sa carcasse, il avait eu amplement à le faire la veille. J'mérite mon p'tit dej', ma douche, puis un lit pour m'écraser quelques heures. Toujours aussi impassible et bien calme, il lui offre quelques options de "confort", même s'il ignore franchement pourquoi il le fait. Parce que t'es con. Tu lui dois rien à c'type. Pourquoi est-ce que tu serais sympa avec lui ? Tu t'en fous si ses fringues sont déglinguées et qu'il soit tout crasse. T'oublies toute cette merde et tu vas le larguer chez lui. Fin d'l'histoire. Son visage se crispe à cette pensée et cette contradiction avec lui-même l'emmerdait viscéralement. Cette situation était dérangeante et il ne pouvait que se blâmer pour cette belle chiasse mentale.

« C’est toi qui m’a sorti de là-bas ? Pourquoi ? Je croyais que j’étais pas ton fils et qu’il était mort y’a longtemps. C’est une drôle de façon d’illustrer tes pensées. A moins qu’elles n’ont changées. Mais l’entraide chasseur/vampire n’est pas vraiment très répandue, et tu ne sembles pas spécialement les porter dans ton cœur en plus de ça. J’en sais trop rien. Mais… dans tous les cas, je te remercie de m’avoir aidé. »

Le blondin se braque un peu, loin de s'attendre à se faire poser des questions et aussi rapidement. Fuck, pourquoi il parle autant ? Il aurait pu s'contenter d'me dire merci et rien d'autre. Hmph. Il soupire sèchement et secoue lentement la tête de droite à gauche.

« Te fais pas de fausses idées... j'avais un contrat et j'suis tombé sur toi par hasard. Y a rien d'autre à y voir. J'crois toujours pas que... que t'es celui qu'tu prétends être. »

Fucking menteur. Tu sais pas du tout c'qu'il faut croire et t'aurais jamais accepter de participer à ce contrat si t'avais pas su qu'il y était. Ouais, bah, il n'allait pas l'encourager dans son délire s'il se foutait vraiment de sa gueule depuis le début. De lui montrer qu'il était parvenu à semer le doute dans son esprit n'était pas une option pour lui. C'est pas un peu trop tard pour jouer l'indifférent ? Tu trouves pas que c'est chelou de l'avoir ramené ici déjà ? Tu vas répondre quoi quand il te posera la question ? Que tu t'es trompé de chemin et que t'as fait presque deux heures de route hors de Salem comme un foutu touriste, pour rien ?

« Mon avis sur les vampires n'a pas changé... j'ai seulement accepté l'contrat parce que... j'avais besoin d'argent. Tes potes de galère ont été libérés aussi, au cas où tu t'demandais. »

Il n'avait pas besoin d'argent, du moins, il n'y avait pas d'urgence à ce niveau. Il en avait amplement de côté pour le moment, assez pour se permettre de refuser un contrat, qu'il soit payant ou non. Mais encore, hors de question de lui dire qu'il s'était précipité à son secours comme un crétin, alors qu'il était toujours dans le doute. J'l'ai fais pour pas regretter, si jamais... Si jamais c'était vraiment Devan. En vérité, certains pourraient le trouver bête de ne pas voir à quel point l'homme devant lui était sa presque copie, seulement plus jeune d'apparence. S'il se bornait autant à douter, c'était surtout parce qu'il avait souvent été leurré dans sa vie. Le mensonge, il en avait goûté différentes saveurs et il en avait souffert plus d'une fois. Maintenant, il n'arrivait plus à accorder sa confiance, même avec des indices évidents sous les yeux. Il se protégeait lui-même... parfois excessivement. Au point de nier, de repousser... ou de s'aveugler à des vérités flagrantes. J'peux plus avoir confiance en personne. Le seul en qui j'ai une confiance aveugle, c'est Jake. Parce qu'il m'a jamais fait souffrir comme d'autres. J'y peux rien. J'veux plus souffrir. J'ai eu mon lot, maintenant, j'peux plus. Il était impossible pour lui d'avoir confiance en cet homme, à moins qu'il ait une preuve irréfutable que ce qu'il prétendait était vrai. Autrement... c'était mort. Même si ce vampire lui ressemblait, qu'il avait un paquet de raisons de croire que c'était bien son fils... il s'inventait une panoplie de scénarios totalement ridicules pour justifier qu'il ne l'était pas. Sans doute le réflexe d'un mec complètement paranoïaque. Normal que j'le sois. Les trucs qu'on m'a fait croire et que j'ai crus parce que j'suis trop naïf... j'prend plus d'chance. C'est fini.

Le blondin fouille dans la poche de son pantalon pour en ressortir la clef des menottes, qu'il lance en sa direction.

« Si t'essayes une fois d'me bouffer une artère ou si tu tentes une connerie, j'te tue. T'es prévenu. »

Sans un mot de plus, il s'éclipse de son champ de vision et revient deux minutes plus tard avec des vêtements, qu'il dépose sur la commode. Un simple jean et une chemise noire qui pour lui était un peu trop ajustée aux épaules. Puisque le vampire était un peu moins robuste du haut, il se disait qu'elle allait sans doute lui faire mieux à lui. Il le dévisage un moment, de haut en bas, et grimace un peu en réalisant qu'il était vraiment dans un piteux état.

« Finalement, la douche, c'est pas une option. C'est une obligation. On va avoir d'la visite ce soir et pas question que tu ressembles à un épouvantail. Les chiottes sont dans la pièce juste à côté. Quand t'auras fini, tu viendras m'rejoindre dans la cuisine... faut qu'on cause. »

Même si j'en ai pas vraiment envie. Sans s'attarder, le blondin quitte la pièce pour aller à la cuisine, pressé de se préparer quelque chose à se mettre sous la dent. Il se contente d'un gros sandwich avec une bière en accompagnement. C'est un nouveau concept de p'tit dej'. Il s'installe à la table et dévore son repas en moins de deux minutes. Une fois le ventre plein, il repousse son assiette et poursuit à boire tranquillement sa bière, attendant patiemment que le vampire vienne le rejoindre. Heureusement, il ne tarde pas trop. Le chasseur lui désigne la place libre devant lui d'un mouvement du menton, l'invitant à y prendre place. Après un instant de silence à le dévisager placidement...

« On est à Waterboro, dans le Maine... ce chalet, il est pas à moi, mais à une bonne amie. Elle viendra ce soir. C'est une sorcière de l'énergie... j'lui ai demandé qu'elle regarde dans ta tête, à savoir si tu t'fous d'moi ou non avec cette histoire. », dit-il, d'un ton très neutre. « Il te reste encore du temps si tu veux te défiler. Ce soir, ce sera trop tard, j'vais découvrir la vérité et j'm'attend pas à c'que ce soit une bonne vérité. Et si c'est pas une bonne vérité, ça va m'foutre en rogne et j'vais sans doute t'arracher la tête. Parce que j'apprécie pas qu'on s'foute de moi. Surtout pas quand il est question... d'mon fils. Alors... si tu veux éviter la fatalité, j'te conseille de partir avant 19h00 ce soir. »

S'il se moquait de lui depuis le début, il n'allait certainement pas rester ici à attendre au risque de se faire détrôner la tête. Il allait probablement partir. En cas contraire, si vraiment, il restait... ce serait un peu difficile de trouver une excuse cette fois pour justifier que cette histoire n'était qu'un tissu de mensonges fabriqué par un vampire en manque d'attention ou peu importe les raisons, toutes aussi cinglées. À moins qu'il soit vraiment suicidaire et qu'il veuille bien que j'le tue, j'vois pas pourquoi il resterait en cas contraire. Le blondin soupire tout en fixant sa bouteille de bière... et lève son regard vers lui, un peu blasé.

« T'es vraiment prêt à risquer ta tête là-dessus ? Parce que c'est pas des conneries, j'vais t'la trancher si tu t'es foutu d'moi. Penses-y bien. », finit-il par dire, soutenant son regard pour y déceler une faille, peu importe laquelle.

Allez. Dégage maintenant que j'puisse aller dormir tranquille. Tu vois pas que tu fous l'bordel dans ma tête ? Et que même si t'es vraiment Devan, que tu vas en foutre quand même dans ma tête ? C'était un fait. Devan ou non, il ne fallait pas s'attendre à de la simplicité avec Jasper. Les émotions et lui, c'était un vrai foutoir en permanence. Une autre raison pour laquelle il souhaitait qu'il parte. Que ce soit une stupide arnaque. Si t'es vraiment mon fils... j'sais que j'vais te décevoir. J'serai jamais assez bien. J'ai rien à t'offrir. J'sais même pas c'que c'est d'être un père. J'sais pas comment m'gérer moi-même et tu veux que je joue le rôle du paternel ? Crois-moi, tu vas vite te barrer quand tu réaliseras que j'suis pas du tout à la hauteur. Même si c'est vrai, part. Fais-le pour toi.




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MessageSujet: Re: The Son Of No One Dim 13 Aoû - 12:03

The son of no one
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Devan était encore un peu perdu et perplexe face à tout cette situation. Après ces semaines de séquestration il n’aurait jamais cru se réveiller comme ça, et en plus face à son père. C’était un revirement de situation tout à fait inattendu. De toute évidence, Jasper l’avait sorti de cette galère et en plus de ça il lui avait donné de quoi se nourrir mais le fait qu’il soit là, attaché à il ne savait quel lit et sans les autres vampires était troublante. Jasper avait affirmé qu’il ne croyait pas à son histoire de paternité et Devan ne comprenait donc pas ces agissements. A moins qu’il ait changé d’avis mais Jasper ne semblait pas être le genre d’homme qui changeait d’avis aussi facilement. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de poser la question, après tout, peut-être qu’un miracle s’était produit, même si très honnêtement c’était très peu probable. Mais bon, il devait tout de même y avoir une explication à tout cela. Et Devan était très curieux de la connaître. C’était légitime après tout. Il toisait Jasper du regard, comme s’il essayait de lire en lui. Mais ce n’était pas une chose facile. La seule fois où il l’avait réussi c’est quand il était entré dans sa tête par sécurité d’identité. Mais ce n’est pas ce qu’il voulait cette fois-ci. Il voulait que les réponses viennent de lui-même et pas qu’il ait besoin d’aller les chercher de force. Mais il savait que cela allait être compliqué et il n’avait ni la force mentale, ni la force physique de lui tenir tête en cet instant. La situation était encore très loin de trouver des solutions ou de se régler.

« Te fais pas de fausses idées... j'avais un contrat et j'suis tombé sur toi par hasard. Y a rien d'autre à y voir. J'crois toujours pas que... que t'es celui qu'tu prétends être. »

Mouais. Ça n’expliquait pas ce qu’il faisait ici, sans les autres séquestrés. A moins que tous les autres soient morts mais il ne croyait pas à cette option. Il y avait peu de chances pour qu’il soit le dernier survivant. Même s’il ignorait tout de l’état des autres vampires. Il voulait bien croire à son histoire de contrat, ça c’était tout à fait possible mais il restait des zones d’ombre.

« Pourquoi tu m’as amené ici alors ? »

C’était pas vraiment une question piège. Il se posait vraiment la question et avait du mal à suivre le plus âgé. Il voulait bien croire que c’était le bordel dans sa tête avec cette histoire mais il y avait tout de même de sacrées incohérences entre ce qu’il disait et ce qu’il faisait. Il fallait qu’il choisisse. Devan ne lâcherai rien et ne lui dirait jamais qu’il avait menti puisqu’il ne l’avait pas fait, et même si cela soulagerait Jasper, ce n’était pas son intention.

« Mon avis sur les vampires n'a pas changé... j'ai seulement accepté l'contrat parce que... j'avais besoin d'argent. Tes potes de galère ont été libérés aussi, au cas où tu t'demandais. »

Hm. Restait que c’était pas clair tout ça mais bon. Il avait pas la foi de cuisiner Jasper là tout de suite. Il le ferait un peu plus tard, lorsqu’il se sentirait un peu mieux mais ce qui était sûr c’était qu’il n’allait pas le laisser s’en tirer comme ça. Il comptait bien lui faire entendre raison. Il accepterait tôt ou tard que son fils était en vie. Enfin… Qu’il n’était pas enterré comme il devrait l’être s’il était resté humain, mais ce n’était pas le cas. Jasper avait beau être aussi têtu qu’il le voulait, Devan n’était pas mal dans son genre, et c’était quelque chose qui lui tenait bien trop à cœur pour qu’il laisse couler. Il voulait juste que Jasper le reconnaisse en tant que tel, il voulait apprendre à le connaître. Il ne demandait pas la lune. Du moins, pour lui ce n’était pas l’insurmontable. Ses potes de galère… Il n’en connaissait aucun. Il ne connaissait aucun des noms ou des visages de ceux qui avaient été séquestrés et vidés comme lui. Mais bon, tant mieux s’ils avaient pu au moins s’en sortir. C’était une bonne chose. Devan continuait de dévisager Jasper. Il n’aurait jamais pensé que ce soit lui qui vienne à son secours, bien que de toute évidence, cela avait relevé du hasard comme il le lui avait si fermement dit, il n’en restait pas moins agréablement surpris. Cela aurait d’autant plus significative s’il l’avait lui-même recherché après sa « disparition » mais il ne fallait pas trop en demander et savoir se montrer raisonnable, du moins pour le moment, avec un peu de chance, les choses s’arrangeraient bientôt.

« Si t'essayes une fois d'me bouffer une artère ou si tu tentes une connerie, j'te tue. T'es prévenu. »

Il attrapa les clés avec sa main libre, ses réflexes lui étaient revenus. Bonne chose. Il le regarda partir et leva les yeux au ciel à l’idée de le mordre, il n’aurait aucun intérêt à faire ça. A part des motivations suicidaires mais il y avait beaucoup plus simple pour un vampire qui voulait mourir que de se fatiguer à attaquer un chasseur. Il mit la clé dans la serrure et se débarrassa de son attache, libérant son poignet. Il soupira de satisfaction d’être enfin libre après toutes ses semaines d’emprisonnement et s’assit.

« Finalement, la douche, c'est pas une option. C'est une obligation. On va avoir d'la visite ce soir et pas question que tu ressembles à un épouvantail. Les chiottes sont dans la pièce juste à côté. Quand t'auras fini, tu viendras m'rejoindre dans la cuisine... faut qu'on cause. »

Il haussa un sourcil. Etait-ce le moment où il allait enfin accepter la vérité et surtout l’assumer ? Les choses allaient peut-être s’arranger plus vite qu’il ne le pensait. Il se leva et attrape les fringues laissées par son père avant d’aller se décrasser dans la salle de bain. C’est vrai qu’il en avait sérieusement besoin et il ne se rappelait pas avoir autant apprécié une douche. Il enfila les affaires qui étaient à peu près à sa taille, il n’allait pas chipoter après tout. Il retourna voir Jasper ensuite et s’assit, attendant ses explications avec un attention toute particulière. Il espérait vraiment avoir de bonnes surprises. Il n’avait plus qu’à attendre.

« On est à Waterboro, dans le Maine... ce chalet, il est pas à moi, mais à une bonne amie. Elle viendra ce soir. C'est une sorcière de l'énergie... j'lui ai demandé qu'elle regarde dans ta tête, à savoir si tu t'fous d'moi ou non avec cette histoire. Il te reste encore du temps si tu veux te défiler. Ce soir, ce sera trop tard, j'vais découvrir la vérité et j'm'attend pas à c'que ce soit une bonne vérité. Et si c'est pas une bonne vérité, ça va m'foutre en rogne et j'vais sans doute t'arracher la tête. Parce que j'apprécie pas qu'on s'foute de moi. Surtout pas quand il est question... d'mon fils. Alors... si tu veux éviter la fatalité, j'te conseille de partir avant 19h00 ce soir. »

Alors c’était donc ça le plan. Il n’était pas très enchanté avec l’idée qu’une inconnue vienne fouiller dans sa tête mais si c’était pour prouver à Jasper qu’il était bien son fils, il voulait bien faire un effort pour cette fois. Il se retient de sourire en écoutant les menaces de Jasper. Il semblait toujours convaincu que Devan mentait mais au moins, le vampire avait su mettre le doute dans son esprit, il ne manquait pas grand-chose pour qu’il admette la vérité, il ne manquait qu’une sorcière apparemment. Il secoua la tête.

« J’ai l’intention d’aller nulle part. Fais donc venir ta sorcière qu’on en finisse. »

Que toute cette histoire soit enfin éclaircie et qu’ils puissent aller tous les deux de l’avant. Alors que Devan se disait que cette affaire-là allait être résolue, d’autres questions et angoisses se bousculaient dans son esprit. Et si Jasper ne voulait pas de lui, ne voulait pas le voir ou le rejetait. Devan s’était tellement concentré sur l’envie d’être reconnu qu’il n’avait pas pensé à çà et il devait admettre que de ce côté-là, rien n’était sûr. Est-ce qu’un homme pouvait devenir père près de trois cents ans plus tard ? Le voulait-il seulement.

« T'es vraiment prêt à risquer ta tête là-dessus ? Parce que c'est pas des conneries, j'vais t'la trancher si tu t'es foutu d'moi. Penses-y bien. »

Il ne l’écoutait presque plus. Perdu dans ses pensées. Il n’était sûrement pas le fils rêvé pour Jasper. Déjà par sa nature de vampire. Et puis il n’était pas parfait, loin de là, il avait son caractère et ses défauts. Certains les acceptaient, d’autres non. Devan recherchait un père mais est-ce que Jasper était prêt à l’être.

« Je te dis que je n’irai nulle part. Au moins si je mens dis-toi que t’auras fait une bonne action en tuant un vampire. Mais tu vas plutôt devoir admettre que je disais vrai. »

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MessageSujet: Re: The Son Of No One Lun 11 Sep - 7:13

 
THE SON OF NO ONE

Lately there's been too much of this. But don't think it's too late.




« Je te dis que je n’irai nulle part. Au moins si je mens dis-toi que t’auras fait une bonne action en tuant un vampire. Mais tu vas plutôt devoir admettre que je disais vrai. »

Tu seras déjà chanceux si j'reste devant toi sans m'barrer loin. En vérité... il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire. Il était horriblement confus en ce moment, le front plissé, le faciès tendu, le cerveau en ébullition. Il reste silencieux, se contentant de le dévisager... puis finit par soupirer sèchement avant de boire d'un trait son restant de bière et se lever de table.

« J'vais m'coucher... t'as encore le temps d'partir... », finit-il par marmonner, d'un ton calme... et un brin chétif, moins... confiant.

Sans rien ajouter, le blondin passe à ses côtés et se dirige vers la chambre d'invité, le gosier asséché. Il se demandait s'il allait parvenir à fermer un œil puisqu'il était... nerveux. Et il ignorait si cette nervosité était positive ou négative. Il était bien là, le problème. Toujours le même, par ailleurs. En permanence, il se sentait prisonnier entre deux rives et ne parvenait jamais à choisir laquelle des deux était la destination la moins hostile, autant pour sa santé mentale que pour sa vie... et surtout, celle des autres. À ce stade, autant dire que c'était une profonde dysfonction, une maladie qui lui pourrissait l'existence au quotidien. Peu importait pour qui ou pour quoi, c'était un éternel combat qu'il menait avec lui-même, une spirale toujours en rotation et qui ne cessait de l'attirer vers le fond. Même qu'il en venait à paniquer dès qu'il était question de faire un choix émotionnel, au point d'en perdre ses repères. Et ça empire avec l'âge. T'aurais mieux fait de venir un siècle plus tôt. Parce qu'aujourd'hui... j'suis un putain d'parano qui vis mal ses échecs... et qui a la trouille d'en accumuler d'autres. Dès qu'il passe la porte, il la referme derrière lui, et ne tarde pas à se laisser tomber dans le moelleux du matelas. Et même malgré l'angoisse qui le tenaille... il parvient à s'endormir rapidement une fois les yeux fermés. Et quand j'vais les ouvrir, tu seras plus là.


************************************


Il était 19h12 et le chasseur venait à peine d'émerger des limbes. Lorsqu'il s'extirpe hors de la chambre, il comprend que... le vampire est toujours là, confortablement assit au salon. T'es vraiment... sérieux... me fais pas ça... j'arriverai pas à gérer... j'sais pas comment j'vais faire. Il réalisait soudainement... qu'il y avait de fortes chances que cet homme-là soit... son fils. Il ne voyait plus comment expliquer une ruse ou une quelconque machination. Non. Puisqu'il était toujours présent... et qu'il n'avait aucune raison de l'être s'il lui avait divulgué des mensonges. Il prend un temps avant de s'avancer vers lui, paralysé par cette évidence qui commençait à s'insinuer en lui. Malgré son visage calme, la panique lui scinde l'estomac, et il doit déglutir avant de lui adresser la parole.

« J'vais prendre une douche... Blanche devrait arriver d'ici peu... ouvre-lui la porte... vous avez pas besoin de m'attendre, semblerait qu'elle n'a pas besoin d'moi pour son rituel, seulement d'toi. », lui dit-il, restant quelques secondes planté devant lui, seulement à le dévisager.

Inconfortable, il s'éloigne en direction des chiottes, une façon de fuir cet instant où la vérité commençait à envahir son encéphale. Moment où il voudrait bien être... six pieds sous terre.  


************************************


Il est 19h20 lorsque Blanche arrive enfin et que Devan lui ouvre la porte. La sorcière aurait pu utiliser sa clef pour entrer, mais elle s'était abstenue, ayant conscience qu'elle risquait d'interrompre une conversation. Immobile devant la porte ouverte, ses yeux s'écarquillent à l'instant où elle considère le visage du vampire. La blondinette vacille légèrement et manque près d'échapper le coffret qu'elle tient entre ses mains.

- Mon dieu..., bredouille-t-elle, sans parvenir à se retenir.

Ses paupières frétillent et son cœur manque un battement. Abasourdie... par la ressemblance. Par cette soudaine apparition... d'un Jasper plus jeune. Pour elle, c'était une évidence, même risible... Un peu embarrassée, elle se redresse légèrement et tente un sourire chaleureux.

- Je suis désolée... c'est... je suis Blanche, et toi... tu es certainement Devan... et tu es bien le fils de ton père... aussi borné, je suppose... sans quoi tu ne serais pas encore ici à essayer de le convaincre., ajoute-t-elle, laissant un rire franc s'échapper d'entre ses lèvres.

Pour elle, il n'y avait absolument aucun doute qu'il était bien le fils du chasseur et elle n'éprouvait aucun besoin d'aller fouiner dans sa tête pour en être certaine. D'un geste bienveillant, elle lui tapote l'épaule et passe le seuil, laissant son regard errer autour d'elle. Elle constate que Jasper n'est pas dans les environs, sans doute à se doucher puisqu'elle pouvait entendre l'eau couler en provenance de la salle de bains. Doucement, elle dépose le coffret sur la table de la cuisine et invite Devan à s'asseoir.

- Je devais sonder ta tête, mais j'ai changé d'avis. Je connais un moyen beaucoup moins épuisant, autant pour toi que pour moi, qui en reviendra au même résultat., dit-elle, ouvrant le coffret et se saisissant entre ses doigts d'une fiole dont le contenu laissait percevoir un liquide d'une teinte blanche ivoirine. - J'ai confectionné un sérum de vérité, très efficace. Tout ce que tu auras à faire, c'est de le boire en totalité. Tu auras quelques symptômes peu agréables, le temps de quelques secondes : vertiges, sensation de lourdeur, et tu auras la sensation de planer un peu. Normal, aucune inquiétude. Ces sensations disparaîtront en un laps de cinq minutes. Lorsque la potion fera effet, tes iris auront une couleur comme celle du sérum... nous pourrons à ce moment te poser des questions et tout ce que tu diras ne sera que la vérité. Aucun mensonge ne pourra sortir d'entre tes lèvres. Simple, non ? Jasper sait comment ça fonctionne, je lui en ai déjà fabriqué par le passé, pour l'une de ses '' missions ''. Il sait que c'est efficace... alors je crois bien que ça suffira à le convaincre., finit-elle par articuler, lui adressant un petit sourire en coin.

Lentement, elle se défait de sa veste et la dépose sur le dossier d'une chaise et prend place à la table à côté de lui. Elle l'observe en silence un instant... et pose une main amicale sur la sienne, esquissant un sourire presque affectueux, tentant de le rassurer. Blanche était une sorcière d'une bonté exceptionnelle et avait un instinct affûté. Ses pouvoirs tirés de l'énergie lui permettaient de ressentir bien des aspects chez autrui et elle parvenait sans mal à distinguer chez Devan une certaine inquiétude. Et il ressemblait tellement à Jasper, qu'elle ne pouvait s'empêcher de sympathiser avec lui...

- Peu importe ses réactions, ne t'en laisse pas impressionner. Je connais Jasper depuis des années et c'est un homme bon, sensible malgré les apparences. Il a seulement... beaucoup de démons à combattre... et la plupart de ces démons, proviennent de lui-même. Tu comprends ?... laisse-lui le temps., finit-elle par dire, suivit d'un petit clin d'œil.

Lorsque la porte de la salle de bains s'ouvre, la sorcière retire rapidement sa main de celle du vampire et se lève afin de s'avancer vers son ami, lui offrant une étreinte qui ne laissait aucun doute à cette complicité qu'ils entretenaient. Le blondin esquisse un sourire réjoui, la serrant contre lui comme il avait l'habitude de le faire. Blanche était une femme qu'il appréciait énormément et de la voir le réconfortait un peu dans ce moment de... total chaos mental.

- Jasper, comment vas-tu ?
« J'vais bien... j'suis content d'te voir. »

J'vais pas très bien... mais j'vais m'abstenir de t'le dire. Après quelques paroles échangées, Blanche l'invite à les rejoindre à la table tout en lui expliquant qu'elle avait changé sa méthode, lui dévoilant une fiole, dont il reconnaissait les capacités. Putain, Blanche ! J't'avais dit que j'voulais faire ça plus privé ! J'ai pas envie d'être devant lui quand j'aurai la réponse. Pourtant, le blondin se contente d'acquiescer de la tête, s'agitant un peu sur son siège... évitant de croiser le regard de Devan au risque de se choper une crise d'angoisse. J'veux pas faire ça. J'veux pas savoir. J'veux qu'tu partes. Si tu dis que t'es vraiment Devan, j'crois que j'vais juste crever devant toi. C'est c'que tu veux ? Le poitrail oppressé, il tente de calmer les pulsations frénétiques de son palpitant qui lui défoncent la cage thoracique au point de lui occasionner des sueurs aux tempes. Un malaise très physique, qu'il n'avait jamais éprouvé aussi intensément auparavant. Il se demandait même s'il était possible qu'il se tape réellement une crise cardiaque. Après tout, il était un chasseur âgé et certains à cet âge, crevaient d'un arrêt cardiaque, le cœur trop fatigué d'avoir vécu autant. On n'est pas surnaturels, on est seulement des hommes dont l'système a été modifié par une toxine. Tôt ou tard, le corps s'épuise et on crève... j'continue de vieillir, même si ça paraît pas. Et mon cœur a tellement déconné souvent dans ma putain d'vie, qu'il doit râler comme un vieux schnock sur son lit d'mort.

Les trois maintenant installés à la table, Blanche procède et tend la fiole à Devan, lançant un regard en biais à Jasper, qui semblait... horriblement mal dans sa peau. Un peu inquiète, elle le dévisage.

- Ça ira ?
« J'vais bien, ça va. », expulse-t-il, d'un ton un peu haché.

Allez, bois la saloperie d'potion d'fuck que j'puisse crever une bonne fois pour toute. Il se doutait bien de ce qu'il allait lui dire. À ce stade, se borner à en croire le contraire était stupide. Lorsque Devan ingurgite le sérum, le blondin retient involontairement sa respiration, réalisant qu'il était trop tard pour faire marche arrière. Ils attendent une minute avant que la potion réagisse et que le regard du vampire en devienne lactescent.

- Très bien... c'est le moment... , dit la sorcière, déviant son regard vers le cadet Rhodes, qui avait le faciès crispé, le teint plus pâle que coutume.

Il prend quelques secondes avant de parvenir à articuler des mots, la gorge trop contractée pour émettre un son.

« T'es mon fils... ou pas ? Si c'est vrai que tu l'es... tu veux quoi d'moi ?... qu'est-ce que tu veux ? »

J'ai jamais été un père pour toi. J'ai jamais été là. Pourquoi, alors ? J'vaux même pas l'attention qu'tu m'portes... j'comprend pas. Tu devrais pas être là. Tu devrais pas...



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