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Just One Night [Valska & Feodor]

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MessageSujet: Just One Night [Valska & Feodor] Lun 3 Juil - 13:01

JUST ONE NIGHT

Valska & Feodor



Janvier 2017

Ses doigts sales et abîmés par les épreuves vinrent trouver le contact de son flanc ensanglanté, emplissant sa main d’un liquide visqueux… Sa plaie ne cessait de saigner depuis que la balle avait pénétré ses chairs tuméfiées, provoquant une douleur lancinante dans ses côtes déjà bien éprouvées par les expériences peu reluisantes qui jalonnaient sa longue existence. Un fluide sirupeux formait des taches sombres à sa suite telle une piste bien trop visible pour qui souhaitait le filer. Grognant de douleur, l’homme jeta un regard inquiet en direction de la forêt qu’il venait de traverser sous sa forme lupine. L’aconit enduite sur la balle qui l’avait transpercée lui donnait déjà la nausée et il peinait à se déplacer, légèrement chancelant. Arrivé proche des habitations, il se fondit dans les ombres salutaires des bâtisses, le crépuscule ayant déjà envahi le quartier résidentiel... Une vieille bâche couvrait un tas de sable et il s’en empara, le bulbe de ses doigts s’égratignant un peu plus sur l’aspect rugueux du tissu. Il s’en enveloppa pour dissimuler une partie de sa nudité, les lambeaux des vêtements qu’il avait porté ne faisant quasiment plus leur office. Sa main ensanglantée laissa une marque bien visible sur le bois clair d’un mur alors qu’il s’y maintint. Inquiet, il tenta de l’essuyer avec un pan de sa bâche, frottant sans énergie le rouge vif qui maculait le bois orangé, mais en vain...

Un craquement de branche le fit soudain sursauter, stoppant net le frottement hâtif qu’il avait débuté, et il fit volte face, manquant de perdre l’équilibre avant de repérer rapidement le coupable : un petit chat gris qui feula en voyant la silhouette penaude du Loup Garou. Le cœur battant, Feodor abandonna sa tâche et tenta, tant bien que mal d'accélérer le pas, tandis que son sang battait à ses tempes, lui provoquant une migraine virulente. Reprenant son souffle alors qu’un étau imaginaire semblait se resserrer sur son crâne, son épaule prit appui sur un autre mur. Le sang qui coulait de sa plaie laissa une flaque huileuse à ses pieds qu’il tenta d’enterrer en poussant une motte de terre du bout du pied. Il devait se cacher coute que coute, trouver un refuge qui le dissimulait aux yeux experts du chasseur qui l’avait poursuivi, il en dépendait à présent de sa survie.

Pestant contre la souffrance supplémentaire engendré par l’aconit, Feodor fit un nouvel effort pour reprendre sa difficile progression. Traversant plusieurs jardins, enjambant maladroitement des clôtures, manquant plusieurs fois de s’étaler dans un potager et laissant parfois un lambeau de tissu ou de peau sur les pics menaçant d’un grillage,  il trouva bientôt une fenêtre entrouverte.

Humant l’air, il n’identifia aucun danger immédiat et entreprit donc d’escalader la paroi bleutée. Agrippant le rebord de la fenêtre, il se hissa, le bois buvant une partie du liquide poisseux qui s’échappait de son flanc. Sa jambe passa par dessus le rebord et il finit par s’écrouler sur le plancher brut d’un salon, provoquant le vacillement d’un guéridon et la chute d’un vase qu’il tenta vainement de rattraper. Il l’effleura à peine tandis qu’il roula sous un canapé, sans se briser, fort heureusement. Serrant les dents, le cœur battant, son regard balaya la pièce, espérant très fortement que l’habitant de la demeure soit absent. Il se redressa difficilement, prenant appui sur la paroi murale qu’il souilla malencontreusement de son sang. Adossé au rebord de la fenêtre, le puits sans fond de son regard détailla chaque parcelle de la pièce, attentif à chaque babiole tandis que son ouïe sur développée tentait de déterminer si les lieux étaient occupés.

Son oreille perçut soudain ce qui ressemblait à des pas traînants paraissant provenir d’un corridor un peu plus loin… Lestement, du moins avec ce qu’il lui restait d'agilité, il se déplaça le long du mur, se postant silencieusement près de l’embrasure de la porte, le dos collé contre le mur, il se pencha légèrement, glissant son regard insidieux dans le couloir… Il aperçut la silhouette d’une femme, sa démarche fatiguée gravissant doucement les marches qui menaient à l’étage. Elle ne semblait pas l’avoir entendu et il s’en trouva quelque peu soulagé alors qu’un haut le cœur vint empoigner ses entrailles, preuve que l’aconit avait pénétré dans ses veines. Il inspira profondément, le coin de l’œil toujours braqué sur la lente progression de la vieille dame, et expira, tentant de ramener une certaine sérénité à son estomac rendu douloureux. Mais la silhouette âgée poursuivi sa progression et elle disparut bientôt de son champ de vision..

Épuisé, il se laissa glisser le long du mur, se retrouvant assis par terre, les jambes ramenées à lui tandis que son corps se mit tout à coup à grelotter, conséquence de sa blessure et des effets indésirables du poison sur son corps meurtri. Il rampa littéralement sur le sol, laissant derrière lui une traînée de sang gluante alors qu’il se dirigeait vers un imposant canapé. Un dernier effort qui lui parut surhumain, l’aida à se hisser sur les coussins confortables du meuble sur lequel il s'effondra, épuisé de douleur, brisé de fatigue aussi… Il tenta de lutter contre le sommeil, l’ouïe alerte, mais les bras de Morphée vinrent bientôt l’envelopper d’une douce chaleur réconfortante dans laquelle il se fondit, éreinté, à bout de force et bien incapable de résister au soulagement de l’inconscience salutaire...

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MessageSujet: Re: Just One Night [Valska & Feodor] Ven 7 Juil - 9:19

Valeska ft. Feodor - Just one night


« J’ai vraiment besoin de ces plantes (…) Non, il me les faut pour hier (…) oui vraiment. C’est l’hiver ici, les plantes ne poussent pas aussi bien malgré mes soins. Les vôtres me sont donc nécessaires et vous avez eu l’argent par virement bancaire. (…) Je vous le redis, si je ne suis pas livrée en fin de semaine, je dépose un recours. »

Un soupir fatigué s’échappa de mes lèvres. L’hiver apportait son lot de petits soucis. Même si j’étais particulièrement douée pour faire pousser les plantes, pour les entretenir et les utiliser, certains poussaient difficilement en hiver. Il me fallait donc passer commande à l’autre bout du monde. Mon stock de certaines plantes commençait à se vider. J’avais récemment sauvé une Vampire, Chiyoko, qui avait eu besoin de mes soins, de mes plantes, de mon sang. Il était donc nécessaire de refaire le plein, pour ne manquer de rien. Mes clients et patients devaient pouvoir venir chez moi et obtenir ce qu’ils désiraient. Il était évident qu’être une Sorcière de l’énergie aurait certainement été bien plus pratique. Je faisais donc avec ce que j’avais, avec mes connaissances avancées, grâce à ma défunte grand-mère.

Ce jour-là, j’avais commencé ma journée en me rendant en forêt pour relever mes pièges. Malheureusement, l’hiver ne m’aidait pas non plus de ce côté-là et les animaux se faisaient un peu plus rare. J’avais cependant pu attraper un chat sauvage et étais parvenue à me nourrir de sa chaleur sans le tuer. Le pauvre animal, épuisé, avait bien mérité un repas et quelques plantes pour le retaper. Je devais bien avouer que j’étais assez fière de moi sur ce coup. J’avais l’impression de maîtriser un peu mieux ma malédiction, c’était rassurant. J’avais cependant encore très peur des contacts physiques. Je soignais mes patients en portant mes gants et en évitant les contacts trop prolongés, par précaution. Mais il y avait un peu de mieux.

(…)

La journée avait finalement suivi son petit rythme. Mes recherches familiales n’avaient guère étaient fructueuses. J’avais passé mon temps à lire un ancien journal d’une de mes ancêtres dont j’avais ignoré l’existence jusque-là. Ma mère avait fait de belles trouvailles avant moi, c’était indéniable. Le journal était daté entre 1850 et 1860. Dix années de vie, étalées de manière aléatoire. Dix années à ressasser les galères de la vie, de nos malédictions. Amélia Aberline avait eu une belle vie malgré tout, mère d’une fille prénommée Ella. Elles avaient toutes eus des enfants. Des filles uniquement. Toutes les femmes Aberline étaient passées par la case grossesse. Sauf moi… Je m’étais plongée dans la vie de mon ancêtre qui relatait ses propres recherches. À croire que nous avions presque toutes cherché à découvrir la vérité, le pourquoi, le comment. Mais à ce jour, les recherches étaient vaines et les malédictions toujours bien présentes.

La nuit avait fini par tomber sans que je ne m’en rende compte. Mon corps avait muté, passant de la jeune femme à la vieille dame. J’étais habituée maintenant. Cela ne me faisait plus grand-chose. J’avais finalement zappé le dîner. Perdue dans ma lecture, je ne fis attention à rien. De toute manière, je n’attendais aucune visite, n’ayant que très peu d’amis. Avant de me coucher, je pris un peu de chaleur de la lanterne magique que mon amie Alyson m’avait donné, pour me réchauffer.

(…)

Il était encore tôt lorsque mes yeux s’ouvrirent. Un coup d’œil à mon réveil m’indiqua qu’il n’était que six heures du matin. Ma nuit avait été agitée en rêves de mes ancêtres, de Vampires et de loups. Mon esprit semblait vouloir faire des connexions entre les races surnaturelles, en vain. Je quittais mon lit, le corps endolori par la vieillesse qui m’habitait toutes les nuits. Les genoux craquaient, le dos se déplia, les hanches se débloquaient. Emmitouflée dans mon pyjama noir bien chaud, je fis un tour par les toilettes et la salle de bains, histoire de me rafraîchir un peu la tête. Puis, mon ventre grogna, me rappelant que j’avais oublié de dîner la veille.

Le pas léger, je descendis les escaliers pour rejoindre la cuisine. Et c’est là que je vis la traînée de sang, donnant sur une fenêtre à l’arrière de ma maison. Je suivis la trace séchée, une boule au ventre. Alors je le vis, allongé sur mon canapé. Un homme. Un inconnu. Sans attendre, je me glissais vers la cuisine, empoignant un long couteau de cuisine avant de revenir à pas de loup vers le salon. J’attrapais un coussin, le balançais à la tête de l’inconnu.

« Réveillez-vous ! ALLEZ DEBOUT !»

Je n’aurai pu dire si j’avais un air menaçant, mais en tout cas, je pointais mon couteau vers lui, prête à me défendre. J’ignorais qui il était ou s’il était dangereux. Peut-être aurais-je du appeler la police ou me mettre en sécurité. Mais ma logique n’était pas si logique que ça, je devais bien l’avouer. En attendant, je patientais, observant l’homme qui se réveilla douloureusement. Réactive, j’avais déjà observé les blessures, d’après les taches de sang et les mouvements de corps. Le flanc avait été atteint. Mais la masse de sang perdue semblait importante et la blessure ne paraissait pas, ou plus, si imposante que ça. Qu’était-il ?

« Qu’est-ce que vous faites chez moi ? Et qui vous a fait ça ? Donnez-moi une bonne raison de ne pas appeler la police et vous faire coffrer pour vous être introduit chez moi sans mon accord.»

Mon instinct me disait pourtant de ne pas me méfier, que tout allait bien se passer. Et il fallait avouer que j’étais un peu une bonne samaritaine, à chercher à aider avant de chercher à comprendre qui étaient les gens. J’en avais eu la preuve avec Chiyoko, Vampire que j’avais soigné sans savoir si elle allait me tuer.



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MessageSujet: Re: Just One Night [Valska & Feodor] Mar 11 Juil - 18:12

JUST ONE NIGHT

Valska & Feodor



***...l’odeur ferreuse du sang vint effleurer son odorat délicat, jouant de ses arômes particulières avec les papilles envieuses du prédateur. La fragrance sucrée si familière venait tenter ses sens à l’affût, mais son regard de ténèbres ne parvenait à déceler les contours du lieu où il se trouvait, comme emprisonné d’un foulard noir… Ses doigts vinrent trouver le contact de son visage, cherchant, en vain la douceur d’un tissu qui n’était pourtant pas présent… Était-il aveugle ? Sa vue lui jouait des tours, lui qui savait pourtant percer les mystères de l’obscurité grâce à son sens hyper développé propre à ceux de son espèce. N’était-il plus qu’un simple humain ? Impossible… Il était né loup, la lycanthropie coulait dans ses veines depuis sa plus tendre enfance, lui procurant une force dont peu d’hommes pouvaient se vanter.

Le bulbe de ses doigts tâtonna, entra en contact avec une surface escarpée, un mur, ce qui semblait être une paroi de pierres qu’il se mit à suivre, la peau de sa main s’égratignant sur l’étendue rêche à mesure qu’il avançait, prudemment… Soudain, une lumière intense et blanche l’aveugla, son avant bras trouvant immédiatement le contact de son front pour protéger ses pupilles douloureuses. Il fronça les sourcils, plissa les yeux, mais ne distingua rien d’autre que la source lumineuse qui paraissait provenir du bout d’un tunnel, loin, très loin. Il s’avança, tituba légèrement, désorienté qu’il était par l’éclatante apparition et soudain, il tomba, le sol se dérobant sous ses pieds, il tombait dans un néant de noirceur, incapable de trouver la moindre prise, ses bras jouant des moulinets, témoins de la panique qui l’habitait…***




Une douleur lancinante lui arracha un gémissement alors qu’il atteignit les planches d’un parquet usé, son regard trouvant soudain un ancrage, celui d’un plafonnier qu’il avait déjà vu par le passé… Quelque peu désorienté, ses iris cherchaient des indices, des détails familiers, tandis que sa main vint trouver le contact de son crâne endolori par la chute… Il redressa un peu sa tête, le sang venant immédiatement battre la cadence à ses tempes, lui arrachant un nouveau râle… A présent sur les coudes, il scruta les alentours, ses pupilles entrant en contact avec un canapé qu’il connaissait.. Sa mémoire lui revint soudain, foudroyante, alors qu’il jetait un coup d’œil rapide en direction de la fenêtre, s’assurant que le jour n’avait pas encore point… Mais la nuit était bien noire, la lune tout juste en début de son cycle éclairant à peine le jardin désert, alors qu’une chouette hululait non loin.
Avec peine, il retrouva le confort du sofa, grimpant difficilement, les entrailles tenaillées par la souffrance. Il n’avait du dormir qu’une heure tout au plus à en juger par l’avancement des astres qu’il percevait à peine, les bras de Morphée l’enveloppant déjà à nouveau de leur douce quiétude et il se laissa emprisonner à nouveau par ses songes tortueux, épuisé...



***...l’odeur ferreuse du fluide vital vint à nouveau titiller la sensibilité de son odorat, le parfum enivrant joua encore avec ses sens en éveil tandis que les ténèbres enveloppaient toujours son regard aveugle. Mais cette fois, il accéléra le pas, courant éperdument vers la lumière aveuglante, ses doigts saignant de filer sur la surface abrupte du mur de pierre… Bientôt, il aperçut les contours des chaînes, bientôt il vit la silhouette meurtrie d’un homme, bientôt il reconnut sa propre douleur, l’odeur métallique de son propre sang qui coulait le long de son échine… Il était là, devant lui, l’homme meurtri, le chien torturé de ces infâmes vampires, il était là, sous ses yeux, des yeux qui le jugeaient, des yeux qui le trouvaient écœurant à gésir là, suspendu à ses chaînes, ses genoux trempant dans ses propres déjections, les relents d’odeurs nauséabondes violant son odorat…

Ses pupilles s’ancrèrent soudain dans celles de la femme qui se tenait là, un couteau affûté à la main, un sourire sur les lèvres, son parfum enivrant profanant ses narines sensibles. Elle était là, sa belle, son amour, le toisant de son regard sombre, alors qu’il souffrait le martyre. Elle était là sa maîtresse, la mère de son enfant mort né, la victime de la haine des siens, propageant sa vengeance en ses songes suppliciés. Les larmes vinrent emplir les ténèbres de son regard, alors qu’il l’observait, hypnotisé par sa beauté, fasciné par sa cruauté… Elle était morte, il le savait au fond de lui, depuis des décennies à présent, mais elle le hantait toujours et encore, le torturant dans les tréfonds tortueux de ses rêves cauchemardesques, la vengeance comme seul moteur.

Il tenta de s’approcher, de poser une main sur son épaule dénudée, mais comme toujours elle s’évapora le laissant seul avec lui-même tandis que son songe lui échappait déjà, les contours de son fantasme s’évaporant peu à peu en une brume épaisse, l'impitoyable réalité le tirant à elle…***




Le cliquetis d’une lame vint effleurer son ouïe, loin, loin dans la réalité, des pas légers, à peine perceptibles, chuchotèrent à son oreille endormie, encore, lorsque tout à coup une masse informe vint percuter son visage, tirant violemment le loup de sa torpeur… Ses paupières dévoilèrent brusquement ses iris noirs alors que ses doigts agrippaient déjà l’agresseur qu’il rejeta, paniqué, vers le pied du canapé.. Une voix aiguë se fit entendre. Elle se voulait menaçante mais elle était imperceptiblement teintée de peur et Feodor ne tarda pas à en trouver l’origine, son regard se posant sur la silhouette frêle d’une jeune femme. L’homme fronça les sourcils, forçant son esprit embrumé à se concentrer tandis qu’il la détaillait rapidement. Brune à la peau hâlée, la silhouette svelte de la jeunesse, les lèvres pulpeuses, les yeux perçants, elle tenait un couteau à la main, énervée, apeurée peut-être aussi…
Levant les mains en signe de paix, Feodor se redressa doucement, une douleur fulgurante électrisa ses chairs, lui arrachant un gémissement de souffrance et il ne pu s’empêcher de porter à sa plaie encore ouverte ses doigts couverts de sang desséché. La bâche qui lui servait de vêtement glissa légèrement, dévoilant l’intégralité de son torse. Il ancra son regard dans celui de la jeune femme, sa seconde main toujours en avant, signifiant ainsi qu’il n’avait aucune intention d’attaquer.
Toussotant légèrement comme pour s’éclaircir la voix, acte qui déclencha une nouvelle vague de souffrance à son corps meurtri, il fit une grimace avant de balbutier quelques mots qui parurent incompréhensibles sur le moment car prononcés dans sa langue natale…

- Je… vous… ce n’est pas ce que… enfin…

Il ferma un instant les yeux tentant de ramener un certain calme en son sein avant de s’éclaircir à nouveau la voix, son regard ne manquant pas de chercher une échappatoire tout en se lançant dans une nouvelle tentative… en anglais cette fois mais avec un accent qui ne pouvait tromper sur ses origines...

- Je… Du calme… Je ne vous veux aucun mal… Je.. Je suis désolé… Je me suis introduit chez vous parce que j’avais besoin de me reposer, je n’aurai pas du, je sais mais… Je suis blessé… Une balle… Un chasseur, sans doute.. J’ignore son identité… N’appelez pas la police, je vous en prie… C’est… Je n’ai aucun papier d’identité et...

Il tenta à nouveau de se calmer alors qu’il essayait douloureusement de se redresser, dominant la jeune femme de sa taille imposante… D’ailleurs où était donc passé la vieille qui logeait ici ? Quand la jeune femme était-elle rentrée ? Et pourquoi ne l’avait-il pas entendu ? Soupirant, il essuya sa main ensanglantée sur le tissu rugueux de la bâche avant d’esquisser un pas en avant, ses doigts frôlant la main gantée qui tenait la lame.

- S’il vous plait… Je vais m’en aller, je vous le promets… Laissez-moi juste quelques instants, le temps de reprendre des forces…

Un léger picotement vint titiller ses doigts lorsqu'il entrèrent en contact furtif avec la main gantée de la belle, son instinct lui criant que la femme en face de lui n’appartenait pas à la race des mortels à proprement parlé… Mais qu’était-elle ? Vampire, sorcière… Il l’ignorait, bien que sa façon de se défendre le faisait plus pencher vers la seconde catégorie…

- Sauriez-vous m’aider ? S’il vous plait… Je… la balle… Elle était enduite d’aconit et…

Il n’osait pas poursuivre, observant minutieusement les réactions de la jeune femme à ses mots, le sous-entendu ne pouvant tromper quiconque connaissait l’existence des loups.

Sa tête lui tourna soudain, la perte massive de sang la nuit dernière lui provoquant des vertiges… Il porta sa main à son front, désorienté avant de perdre l’équilibre et de s’affaler à nouveau sur le canapé…

- Je crois que je ne suis pas en état de m’en aller pour l’instant… Mais par pitié n’appelez pas les autorités.. Je vous jure que je ne vous veux aucun mal… Vous voyez bien dans quel état je suis… Comment pourrais-je ? Si vous aviez juste un peu de nourriture pour me requinquer… ? Ensuite, je partirai, je vous le promets…

Tenta-t-il une dernière fois pour la convaincre...

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MessageSujet: Re: Just One Night [Valska & Feodor] Mer 12 Juil - 23:13

Valeska ft. Feodor - Just one night


L’homme sur mon canapé grimaçait de douleur. Tout son corps se tendait. Ce qui lui servait de vêtement, une vieille bâche, glissa et dévoila son torse, me mettant un peu mal à l’aise mais me permettant de voir l’étendue des dégâts. Il n’était clairement pas en état de m’attaquer, à moins qu’il ne sache jouer à ce point la comédie. Je l’observais, menaçante, mon couteau à la main. Et une partie de moi eu instantanément pitié de lui, constatant la douleur qu’il secouait son corps. Puis il prononça des mots, dans une langue qui m’était étrangère. Du Russe, je crois. Comment pourrais-je lui faire confiance alors que je ne comprenais rien à ce qu’il me disait. Fronçant les sourcils, j’étais hésitante. L’homme était vraiment mal. Par chance, ce fut en anglais qu’il reprit la parole, difficilement, la souffrance hachant ses mots soufflés non sans mal. Rapidement, il m’expliqua qu’il était entré chez moi pour se reposer. Je n’avais rien entendu, il était temps que j’installe une alarme, ou quelque chose comme ça. Il m’avoua qu’il était blessé. Quelqu’un lui avait tiré dessus un Chasseur visiblement. Un Chasseur ou un policier ? Et pourquoi ? Il avait beau me supplier de ne pas appeler la police, l’idée restait bien présente dans mon esprit. Et c’est alors qu’il se redressa avec beaucoup de peine, se rapprochant de moi, frôlant ma main armée. Il était grand, me dominant de sa taille, pas ben difficile vu la mienne. Il était impressionnant malgré sa blessure. Je reculais d’un pas, refusant tout contact, refusant cette proximité qui me mettait mal à l’aise. Et il promettait de partir, me demandant juste de le laisser reprendre ses forces, de l’aider.

Mes lèvres s’entrouvrirent sans qu’un son ne s’en échappe. Je compris alors. Une balle, en aconit. Il était un loup. Voilà pourquoi il souffrait à ce point. Voilà pourquoi il cicatrisait sans réellement y parvenir. Cet homme avait été traqué ? Peut-être. Pourquoi ? État-il dangereux ? Pas dans son état. Il était bien trop faible. Incapable de faire plus de trois pas s’en souffrir. La sueur perla sur son front. L’aconit devait le ronger de l’intérieur. Là, affalé sur son canapé, blessé, je l’observais. Durant quelques secondes. Je savais ce que j’avais à faire.

« N’essayez pas de vous lever, vous allez aggraver la plaie. L’aconit empêche votre loup de cicatriser. Votre organisme doit s’en débarrasser. En attendant, je vais vous soigner. »

Je n’en dis pas plus, l’abandonnant là pour partir à la recherche de tout ce dont j’avais besoin. En silence, je fis des allers-retours entre la cuisine, ma salle de soin et le salon où l’homme n’avait pas bougé. J’apportais des serviettes-éponges, de l’eau tiède et une bassine, et de quoi soigner. Mon matériel lui donnerait certainement une indication sur ce que j’étais… Sorcière et guérisseuse. Des pots, contenants des onguents fabriqués par mes soins. Au bout d’une petite dizaine de minutes, tout était prêt. Je rapprochais ma table basse pour me mettre assise dessus. Les conditions n’étaient pas idéales, mais je ne pouvais pas demander à cet homme de se rendre dans ma salle de soin. Il n’en avait évidemment pas la force et je n’étais pas assez forte pour l’aider à marcher.

« Oui, je suis une Sorcière, guérisseuse. Vous êtes entre de bonnes mains. Et je n’appellerais pas la police. On m’a appris à laisser le bénéfice du doute. »

Je préparais un verre d’eau et y glissais le contenu d’une gélule avant de le lui tendre.

« Buvez ça. Des plantes, qui vont permettre à votre organisme de se désintoxiquer et d’autres, qui vont apaiser les douleurs. Vous aurez à manger après ça d’accord ? … Maintenant, je ne vous cache pas que je vais vous faire mal. D’abord je vais nettoyer tout ce sent, vérifier que la balle est bien ressortie. Ensuite j’appliquerais un onguent. Avez-vous … d’autres blessures ? Même interne. Je dois savoir. »

Il me fallait retirer mes gants, qui auraient fini trempés et inutiles pour en enfiler des stériles. Puis je trempais une serviette dans l’eau tiède pour nettoyer les fluides qui recouvraient le corps de l’homme, dévoilant ainsi les plaies laissées par la balle. J’évitais tout contact direct entre mes mains et son corps, par prudence. Même si les loups semblaient visiblement plus résistants à mon contact, il était en si mauvais état que je ne devais pas prendre le moindre risque. Je palpais malgré tout la plaie, doucement, le corps, cherchant des gonflements anormaux. Je n’étais pas médecin, ni infirmière. J’avais de bonnes bases malgré tout. Mais je n’aurais pu dire si la balle avait touché des organes. Bien que, par logique, si tel avait été le cas, il n’aurait certainement pas survécu à cette nuit. (…) La plaie nettoyée de l’extérieur, j’entrepris de la nettoyer de l’intérieur. Et c’était là la partie la plus douloureuse. Dans une seringue démunie d’aiguille, remplie d’un produit désinfectant que j’allais injecter dans les plaies.

« Je suis désolée, je sais que ça fait mal … Pardon … c’est presque terminé ... » dis-je d’une voix douce, réellement désolée de le faire souffrir de la sorte. Mais je n’avais pas le choix.

Je fus moi-même soulagée lorsque j’en eus terminé. Il ne me restait plus qu’à appliquer des compresses avec mon onguents cicatrisant et purifiant. Truc de sorcière. Et, quelques minutes plus tard, j’en avais terminé. Ce n’était désormais plus entre mes mains. Il fallait attendre que l’aconit s’évacue de son organisme. En attendant, il risquait de souffrir encore un peu.

« Je vais ranger tout ça et vous apporter quelque chose à manger d’accord ? Au fait … moi c’est Valeska.»

La pression redescendait doucement. Je m’appliquais à ranger rapidement, laissant le loup se reposer un moment. Je revenais finalement, une dizaine de minutes plus tard, avec des tartines à la confiture, ne sachant franchement pas ce qu’il voulait manger ; ainsi qu’une tasse de thé qui l’aiderait à se sentir un peu mieux. Je déposais le tout, silencieuse, sur la table basse nettoyée, et m’installais dans l’un des fauteuils, gênée, méfiante encore.

« Vous avez conscience que vous ne pourrez pas partir tout de suite ? Il faut vous manger et surtout vous reposer. Et … si vous promettez de ne rien tenter contre moi, j’accepte de vous garder ici et de ne pas prévenir les autorités. Mais j’ai besoin de savoir si je peux réellement vous faire confiance. »

Et j’avais tendance à bien sentir lorsque l’on me mentait. Des années d’expérience, aux côtés d’une grand-mère tellement douée pour lire dans le regard des autres.

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