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Lose It [Jake]

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MessageSujet: Lose It [Jake] Lun 3 Juil - 1:54

LOSE IT

Jake & Eir


Rentrer dans le moule. Frapper. Encore. Prendre des coups. Pas pleurer, pas couiner. Se relever, retomber mollement sur le sol. Dévisager, analyser, parer, cogner. Encore et encore. Indéfiniment. Jusqu’à ce que ça fasse plus mal. Jusqu’à ce que ça ne fasse plus rien de bouffer le sable. Pas penser à la merde au fond, réfléchir comme une machine. Chercher les failles, les trouver et en profiter. Défoncer, plus savoir s’arrêter. La douleur partout, partout dans mon corps et dans mon crâne. Il dit « Ca suffit pour aujourd’hui. » Et je le dévisage. « Non, encore. »
Il soupire. Le bâton frappe mes jambes, me déstabilise et c’est le ciel que je vois. Je reste clouée par terre et il répète avec un peu plus d’aplomb dans la voix me semble-t-il. « Ca suffit Campbell. »
Il tend la main que j’ignore, absorbée par le voile cotonneux que je fixe. Il se décline en des teintes roses et orangées, le ciel. Les nuages épais et blancs en forment de monstres hideux. J’ai mal pense-je. Partout. Vraiment partout. J’sais pas si je dois m’en réjouir ou pas. Sans doute pas. Parce qu’il m’a touché plus que moi je ne l’ai fait. Parce que j’suis putain de nulle à chier.
La main insiste, les phalanges s'agitent et je la saisis enfin pour qu’il me remette sur mes guibolles. Mon regard se perd dans l’opale de ses yeux, sur la cicatrice sous son œil droit et sur celle au milieu de son menton. Il y a ses lèvres qui s’animent, forment des mots, vraisemblablement mais que je n’entends pas vraiment. Des conseils sans doute. Du genre utile. Un espèce de débriefing que j’finis par écouter parce que, dans la merde qui tapisse mon encéphale j’me souviens des mots d’Eddie. Alors... J'écoute.

« Va voir Deb, elle te filera ce qu’il faut pour les contusions. Dans la tour là-bas. »

Un signe de tête par politesse alors qu’il s’éloigne sans rien ajouter. Ça tombe bien, j’suis pas très causante comme meuf.
J’me fous des regards des autres, de ce qu’ils peuvent en dire. C’est à peine si j’remarque qu’on tente de me causer. La chevelure est libérée en une cascade blonde quand l’autre continue de parler. Fuck, c’quoi que tu comprends pas quand les gens ils te répondent pas ? Tu piges pas que tu m’emmerdes là, que tu bouffes mon oxygène ?

« Hum… t’as dit quoi ?
-J’disais que tu devrais venir avec nous demain. Avec les gars on doit partir en exploration autour du fort.
-Pour quoi faire ?
-Bronzette ! Ahah …. Non euh parce que ça grouille de bestioles autour du fort et qu’il faut bien qu’on se fasse la main tu crois pas ? »

J’le dévisage pas trop certaine de ce qu’il me baragouine. J’hausse les épaules pas méga convaincue par les têtes de losers qui attendent sagement dans un coin que leur pote fasse le job.
Ouais sauf que les losers parfois ça sauve la vie y parait alors ce serait con de se foutre mal avec des futurs camarades. Je grogne à peine.

« Ouais. Ouais, ok. On verra ça demain quand j’repasserai.
-Tu dors pas là ?
-Non.
-Tu manques des trucs, c’est super cool ici pis on s’y fait à la longue. C’est dommage, on aurait pu se recroiser en fin de soirée.
-Possible.
-Du coup tu crèches en ville ?
-Ouais.
-J’croyais que les meufs ça parlaient beaucoup moi, t’as pas l’air d’être ce genre…
-Exact.
-Ok ok bah j’te dis à demain alors, ça marche ?
-Ciao. »

Il reste perplexe quand moi je trace mon chemin. Non mais sans déconner… Ça fait plusieurs jours que j’arpente le fort et c’est aujourd’hui que je dois me taper le cassos de services. Le truc c’est que j’suis pas là pour m’faire des potes même si on arrête pas d’me rabâcher à longueur de journée qu’un frère ou une sœur d’armes ça peut te sauver la peau du cul. J’comprends bien. Ce que j’sais, c’est que j’irai pas faire équipe avec des gens qui parlent trop. Parce que sinon j’suis bonne pour me taper cent milligrammes arrivée au soir à la place de mon verre de whisky. Et ça. Ça fait chier.
J’grimpe sagement les marches de la tour pour tomber sur la rousse qui semble régner en maîtresse des lieux. Pas la première fois que je viens la voir ceci dit. La deuxième seulement.
Elle sourit. De ce sourire qui fait qu’on offre sa confiance au premier battement de cils. J’lui parle pas vraiment. Me contente d’hocher la tête d’un sens ou de l’autre. Ses doigts fins glissent sur ma peau déjà marquée, je grimace avant qu’elle me file un baume. Le genre de baume qu’avait l’Autre dans sa trousse à pharmacie et que j’passais mon temps à lui appliquer. Je me braque légèrement quand elle le pose dans ma main avec les consignes d’applications. J’ai presque envie de lui dire de se taire, que j’sais déjà comment ça marche mais j’préfère rien dire de plus.

La vérité, c’est que j’ai juste envie de rentrer chez moi pour prendre une douche. Le genre bien bien chaude qui apaise et détend les muscles. J’descends les marches vitesse grand V, revigorée à l’idée de me poser sous l’eau brûlante. En chemin j’croise des gars bien plus abimés que moi. ouuuutch toi, tu t’es pas raté putain. Il a la gueule balafrée, on dirait un coup d’épée ou j’sais pas trop comment il a pu se faire ça. Vachement plus absorbée par ce qui se passe derrière moi, j’percute un truc. Un peu dur, un peu moelleux. J’pousse un hoquet de surprise quand mon visage daigne enfin analyser l’obstacle. Du genre un mètre soixante-quinze, les cheveux bruns, une barbe et les yeux bleus. Difficile d’oublier ton visage. J’fais un pas en arrière, esquisse une tentative pour le contourner dans l’optique de simplement passer à côté. Ouais tiens, prétexter une amnésie, pouf, disparu ton visage de ma cervelle. Mais y a un truc qui me dit que tu vas pas trop croire si j’te le dis. J’crois que mon regard me trahit.
Mes prunelles le décortiquent. Je cherche les mots dans mon crâne crasseux. J’voudrais te demander pardon, pour avoir disparu de la circulation. Pour pas avoir filé de nouvelles, pour pas en avoir pris des tiennes. Te dire que tu m’as manqué et que j’suis désolée de t’avoir rien dit. De te reprocher de m’avoir laissé, de m’avoir oublié, de t’en foutre de ça comme du reste. Ouais. J’voudrais te raconter ce qu’il a fait. Avec les détails sordides, les plus moches, les plus pourris juste pour voir si ça t’ferait cligner des yeux, si ça t’ferait avaler ta salive de travers. J’voudrais te frapper, pour te faire mal. J’voudrais te tabasser, juste pour m’accrocher à toi.
Le temps file et file sans qu’un seul mot ne sorte de ma bouche. Ils sont coincés dans le fond de mon gosier ces cons là, ils se bousculent et c’est le merdier partout dans ma tête.

« Salut, Jake... J’passais juste chercher ce truc-là. »

J’agite le petit pot devant ses mirettes comme si j’tenais là une pépite d’or. De l’or à base d’herbes qui pue. J’regarde derrière moi dans l’espoir de trouver une échappatoire. Genre un pauvre gars qui deviendrait subitement mon meilleur ami pour la vie.

« T’as l’air d’aller bien. »

Des mots lâchés comme ça. Fuck, j’suis nulle en relation sociale tu devrais le savoir… Alors arrête d’me regarder comme ça.


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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Mer 5 Juil - 6:48

   

LOSE IT
feat. Eir'
Elle s'avance. La démarche oscillante, les mouvements disgracieux, son corps se balançant avec l'élégance d'une momie constipée. Elle s'approche, reniflant l'air succulent, faisant apparaître aux coins de sa bouche des filets de salive acide. Sèchement, elle balance sa tête vers l'arrière, faisant voler les rares, longues et grasses mèches de cheveux qui s'accrochent désespérément à son crâne dégarni, émettant un cri guttural, comme un couinement d'excitation dans un langage qui n'existe pas. Ses griffes effleurent un moment son abdomen proéminent à cause de ses organes putréfiés qui s’y agglutinent de l'intérieur. Elle gratte les cloques de peau qui s'effritent sous son contact, sur sa peau grisâtre. Un claquement de dents et la voilà tout près... tout près des carcasses de chevreuil qui s'empilent dans cette petite crique depuis assez longtemps pour que la chair s'affaisse sur les os, répandant une odeur de mort au fumet assez prononcé pour attiser l'appétit d'une nécrophage. Une gueuse. Une belle, un vrai beau spécimen de putréfaction ambulant.

Allez... vas-y... fais pas ta pute, j'cuisine pas pour n'importe qui...

Des cadavres. Un endroit reclus. De l'eau où se cacher. Tous les ingrédients pour que la gueuse décide d'y établir son nid. Elle ne tarde pas d'ailleurs à disposer des vieilles branches près des racines d'un arbre pour en créer la base. Le chasseur patiente toujours, inerte, observant la nécrophage s'accaparer les lieux... De longues minutes s'écoulent... puis une heure... avant que le monstre se décide à planter ses griffes dans le premier cadavre pour l'attirer vers le nid nouvellement construit. Les cadavres se conservent plus longtemps dans l'eau fraiche... Les mains décharnées s'activent, déchiquettent la carcasse. Goulument, le monstre porte les lambeaux mous à sa bouche qu'il mastique entre ses dents tranchantes qui émettent des bruits de mastication rebutants, il avale la chair dans ses premiers stade de décomposition. Juste à point. Les insectes qui se régalaient déjà du festin tentent de s'échapper en vain du cadavre dévoré, mais la plupart finissent en guise d'assaisonnement dans une bouillie infâme dont l'odeur, acolyte au spectacle, vrillerait le cœur du commun des mortels. Et le repas se poursuit goulument... Jusqu'à ce que les griffes inquisitrices s'enfoncent dans l'abdomen affaibli par la décomposition des tissus... puis... une détonation raisonne. Une faible explosion qui projette l'amante des nécrophile vers l'arrière, dans un cri plaintif. Le chasseur a déjà bondit sur ses pieds, l'épée tirée. Un seul coup suffit, net et précis, à trancher la tête de la gueuse en un geyser de sang qui éclabousse le plastron du tueur de monstres. Hm. Des jours de préparation qui, au final, lui auront offert un combat aussi rapide et efficace. Limite emmerdant.

Jake tire le corps du nécrophage sur la plage puis le considère un moment, un genou au sol. Son couteau de chasse en main, il explore du regard la carcasse repoussante de la gueuse avant de créer une entaille près de la protubérance qui devrait être un nombril. L'odeur qui s'en dégage n'a rien à envier à la gibelotte de chevreuil. Il enfonce deux doigts gantés dans la cavité, puis la main entière, cherchant quelque chose de très précis dans le ventre de la créature. Une légère grimace de concentration le défigure un moment tandis qu'il cherche... Un organe qu'il parvient à détacher simplement en broyant les tissus putréfiés entre ses doigts. Il tire puis l'extirpe dans un schllluck charmant. La boule grise roule délicatement sur sa paume pour s'assurer qu'il s'agit bien du bon organe, puis il l'envoie rejoindre le fond d'une boîte métallique solide que le chasseur fourre dans sa poche. Les doigts du chasseur s'accrochent ensuite à la tignasse cadavérique, soulevant la tête tranchée aux yeux globuleux et à la bouche ouverte crachant toujours son dernier cri d'agonie.

Go back home, honey.

...

Jake s'immobilise près du lac en bordure de Fort V. Il laisse la tête rouler au sol puis s'affaire à retirer son plastron souillé et le chandail en dessous. L'odeur de mort lui colle à la peau, alors il frotte avec une pâte qui lui sert de savon, se passe un peu d'eau au visage et derrière la nuque. Jusqu'à ce que des murmures... puis des ricanements lui fassent tourner la tête. Trois donzelles perchées sur un rocher assez loin de lui gloussent et sifflent. Des recrues, sans doute. Des buveuses de lait. Qu'importe, elles ont tiré leur ligne à l'eau. Le chasseur ignore ce qu'elles comptent pêcher dans ce lac là, mais il serait bien le dernier à en bouffer vu à quoi il sert généralement... le lac. Ses oreilles fines ne captent que des bribes de leur conversation... elles se demandent qui il est, 'le beau brun' ... monsieur abdos. Le chasseur se relève, le plastron dans une main, la créature dans l'autre... il en profite pour les saluer d'un mouvement de tête... pas la sienne... celle de la gueuse décapitée. Des cris dégoûtés lui ravissent les oreilles. Il s'éloigne le pas lourd, un sourire subtile accroché aux lèvres. Et ça veut devenir chasseur... qui j'suis, vous l'saurez bien assez vite.

...

Hochement de tête. C'est tout ce qu'il répond à ceux qui osent le saluer. Entre les recrues qui profitent d'un rare temps libre et les maîtres d'arme trop peu nombreux qui les ont pris en charge, il passe rarement inaperçu entre les murs du Fort qui l'ont formé jadis. Trois siècles de chasse obligent. Une popularité née des dortoirs et des salles communes où l'on racontait les frasques des anciens. Une popularité à laquelle il ne se fait pas. Jake avait son lot d'aventures salaces et violentes, de quoi ravir la jeunesse fougueuse. On le disait colérique, intransigeant et inaccessible de quoi exciter ceux qui se pensaient élus des dieux et destinés à de grands desseins. La réputation qui s'en suivait était difficile à démentir -surtout pour ceux qui l'avaient croisé- et beaucoup de recrues rêvaient d'apprendre de lui -et quelques donzelles avec des intentions moins nobles- afin d'obtenir les honneurs sans se soucier des conséquences et des effets réels de la chasse. Bande de fuckers. Apprenez à pisser droit sans vous salir les mains avant et on verra si vous pouvez tuer un groupe de noyeurs à l'épée.

Jake bifurque sur un chemin familier, celui qui conduit au laboratoire de Deb'. C'est pour elle qu'il a chassé la gueuse, après tout, pour lui prélever des échantillons précis qui devraient servir à des... expérimentations... potions alchimiques... merdes abracadabrantes... qu'est-ce que ça peut lui foutre, au final, pourvu que la rouquine soit comblée dans ses attentes et qu'elle trouve le moyen de transformer la bile de gueuse en régénérateur de cellules...

Ça le percute. Encore.
Il commence à avoir l'habitude de se faire rentrer dedans par les recrues. Parce que malgré sa carrure, il se déplace discrètement, beaucoup trop pour des oreilles de chasseurs en herbe. Son regard noir s'abaisse sur la donzelle... Mais cette fois... c'est différent. C'est pas une simple recrue qui rebondit sur son torse dénudé, c'est presque un an englué dans le passé qui émerge sournoisement. Immobilisé, il s'enfonce dans un état presque léthargique alors qu'ils se dévisagent. Deux imbéciles confrontés au néant, celui qui hantait leur tête. Elle ne trouve rien à dire... et lui, se contente de l'haïr en silence. C'était donc vrai. Eddie était revenue au Fort en compagnie d'Eireann. Il fallait bien que ça lui percute le coin de la gueule pour qu'il daigne y croire.

" Salut, Jake... J’passais juste chercher ce truc-là. "

Froncement de sourcil. Jake en a rien à chier du pot, Jake continue de fixer avec indécence ce visage rongé par le malaise, sa tête s'incline lentement, très lentement vers sa droite.

" T’as l’air d’aller bien. "

Really. Il cligne des yeux. C'est tout ce qu'elle trouvait à dire... à lui, qui tenait une tête de gueuse morte entre les doigts, ruminant les derniers instants qu'ils avaient passé ensemble, la hargne qui serrait ses poings. Et pourtant... c'était si bon de la revoir là... devant lui... son coeur tapait dans sa poitrine, déchiré entre l'envie de lui faire faire un vol plané du haut des remparts et celle de la serrer dans ses bras. Jake avance, presque menaçant, l'obligeant à reculer. Il mastique le vide, la mâchoire serrée, les yeux étrangement luisants. Il ne s'arrête que lorsque la recrue et lui se retrouvent isolés dans une des nombreuses réserves du fort. Il inspire... lourdement.

" Déshabille-toi. "

La tête de gueuse roule au sol. Le plastron tombe pas trop loin.

" ... j'ai dis... déshabille-toi ... "  



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Dernière édition par Jake Rhodes le Dim 6 Aoû - 20:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Ven 7 Juil - 0:11

LOSE IT

Jake & Eir


On se dissèque, on se jauge, on se juge.
Et je sais pas quoi foutre ni quoi te dire. J’peux pas arriver la bouche en cœur et te demander comment ça va, te demander ce que t’as foutu ces six ou sept derniers mois comme si je m’en souciais vraiment. Parce que j’ai aucun droit et sans doute que j’ai pas envie de savoir non plus ce que tu branlais pendant que moi j’crevais à petit feu. Après tout, y avait pas de promesses. Y en a jamais eu. On se doit rien, tu t’souviens ? Et y a ce malaise qui s’installe, qui commence à prendre toute la place. Comme de la glue merdique qui m’empêche d’me barrer de sa vue alors que c’est clairement tout ce que j’ai envie de faire. C’pas comme si on s’était quitté avec des embrassades et le cœur déchiré. Non. On s’est quitté comme deux étrangers qui n’avaient plus rien à faire ensemble. Alors me regarde pas comme ça. Barre-toi. Casse-toi. Oublie même que j’existe, après tout… Tu l’faisais très bien jusqu’à aujourd’hui, pas vrai ?
Mon cœur bat trop fort, je l’entends entre mes tempes quand une boule se forme dans ma poitrine. De l’angoisse ou quelque chose qui s'en approche. De la colère aussi, probablement, refoulée au plus profond. Moi j’me souviens de ta mâchoire crispée et de tes mots crachés sans plus d’explications, sans rien. Ouais. J’me souviens de ton regard, du voile sombre et j’ai pas posé de questions. J’me suis contentée de tourner les talons parce que c’est ce que j’sais faire de mieux. Fuir. T’as même pas tressauté de la paupière quand j’t’ai dit que j’quittais la ville. Parce que ça comptait pas. Parce qu’il n’y avait rien et c’est pas grave. C’est mieux comme ça.

Il avance, Jake et j’ai plutôt l’impression qu’il va m’en coller une bonne plutôt que me prendre dans ses bras. Je recule. Il fait un pas quand j’en fais deux en arrière pour maintenir une distance de sécurité imaginaire qui ne servirait de toute évidence à rien. J’apprécierai que moyennement que tu me colles une mandale quand tu t’es si bien abstenu de tout commentaire jusqu’à maintenant. J’halète, comme si je venais de taper un sprint à travers la forêt menant jusqu'ici sauf que… non. C’est juste Lui. Je manque de trébucher en cognant dans un caillou à la con. Mon regard furète à la recherche d’une silhouette à héler. Et trop vite on se retrouve dans un coin isolé, une pièce où s’entasse des caisses et autres conneries du genre. Mon dos se colle à la paroi rocailleuse. Je peux plus reculer, merde. Et il s’arrête. Me fait face. Me darde de ses orbes luminescents. Et j’comprends rien à la lecture du regard, tu fais chier. Je sais pas si t’es content ou si t’es énervé ou peut-être un mélange des deux, qui sait ?!
L’ordre claque entre ses lippes, me déstabilise suffisamment pour que j’affiche une moue d’incompréhension, arquant un sourcil interrogateur. Tu viens de dire quoi, là ?! Et comme s’il pouvait lire à travers moi, Jake réitère ses propos et ça pète à l’intérieur de ma cage thoracique. J’ai l’impression que j’vais étouffer parce que mon cœur rate quelques battements et se met à cogner de façon totalement désordonnée.

Mes prunelles fixent la tête dégueulasse qui roule sur le sol dans un bruit spongieux et visqueux avant de se détourner vers le plastron. Il cavale mon regard. De ses pieds, à ses cuisses, à son torse dénudé. S’arrête un instant dans des souvenirs étranges, lointains - de mes doigts te touchant - avant de le dévisager à nouveau.
Je pousse un soupir avant d’retirer mes pompes et de poser le pot que Deb’ vient de me filer, manière à pas le briser parce que je sens que je vais en avoir besoin. Mes phalanges agrippent le débardeur et j’hésite un court instant avant de le soulever en expirant l’air qui semblait s’être bloqué dans mes poumons quelques secondes. Le pantalon dégage sans grande classe pour atterrir à ses pieds. On est loin de l’effeuillage sensuel que j’pouvais pratiquer, j’te l’accorde. Je plisse des yeux quand mes paumes effleurent mon ventre puis mes flancs avant de se coller le long de mon corps.
Quelques balafres se sont ajoutées depuis. Des cicatrices, petites. Quelques hématomes en voie de guérison et des rougeurs liées aux futurs que je vais me taper. La plus grosse, celle qui tape à l’œil plus que les autres, c’est celle qui traverse mon bidon désormais vide. Encore un peu boursouflée et rosée, difficile de la rater. A quoi ça rime tout ça, Jake ? C’est quoi l’anguille ? Tu vas m’foutre à moitié à poil devant d’autres recrues, juste pour voir ? T’as un intérêt soudain pour mes tatouages et tu veux voir si j’ai collé un petit cœur avec le prénom de Seth dedans ? Tu voulais voir si j’avais pas de micro ou j’sais pas quelle autre connerie que tu pourrais t’inventer, toi aussi ? Tu voulais que j’me sente vulnérable face à toi ? Et ? Ça fait du bien à l’égo ? Ou alors tu voulais voir si même dans la bagarre j’portais toujours de la dentelle et pas du coton de grand-mère, du genre simple curiosité ? Alors, soulagé de voir que de la dentelle noire s’harmonise toujours sur mes courbes ?
Et je peste intérieurement, imagine tout et n’importe quoi sur les raisons de cet ordre qui fait appel à des souvenirs que je peine à digérer et que je balance au fin fond de ma boite crânienne. Là où toute la merde s’entasse. Mon ventre se tord, l’envie sournoise s’immisce à l’intérieur. Le silence nous entoure, nous oppresse. J’avance d’un pas, puis deux. La distance se réduit, jusqu’à devenir inexistante. Je dois lever légèrement la tête pour le regarder, une lueur de défi dansant dans mes iris.

« T’attends quoi ? »

Pour m’engueuler, m’embrasser, me baiser, me défoncer, m’humilier, me repousser. Ouais, t’attends quoi, Jake ?
Dis-moi, est-ce que je t’écœure ? …Quand tu m’regardes, qu’est-ce que tu vois ? L’amie ? La baise utilitaire ? La garce ? La traitresse ? Parce que je suppose que t’es au courant, pour la mort de Seth. La vraie mort s’entend. Celle qu’Eddie lui a donnée, pas celle qu’il avait orchestrée et dont j’ai été un des instruments. Je m’interroge, tu vois. Je m’interroge vraiment sur ce qu’il y a dans ta caboche parfois.

Un frisson me parcourt l’échine. J’ai froid me dis-je. Les poils s’hérissent sur mes avant-bras sans savoir si c’est vraiment la fraicheur ou une espèce de peur pourri ou autre chose que j’ai pas envie de nommer. Et j’ai chaud aussi, ajoute-je. De cette chaleur qui gonfle dans mes entrailles et explose entre mes côtes et mes reins. Il me semble que le temps s’étire encore et encore. Comme des secondes qui s’égrènent avec la lenteur des minutes. Je ferme les yeux, m’enivre de son odeur. Celle cachée derrière la sueur et la mort. Mes mains viennent se plaquer sur ses pectoraux. Je déraille en mon intime. Partagée entre le désir insidieux qu’il fait naître et cette colère lointaine qui gronde. La pulpe de mes doigts dessine des arabesques chimériques avant de cesser. Et je le repousse, à moins que ce ne soit moi qui recule.

« Tu devrais te doucher. » souffle-je.

Une conclusion merdique alors que je ramasse mes fringues qui trainent juste à côté. Quand je me redresse il est toujours là, tout près.
C’est tout mon corps qui se tend. Je perce ses yeux tempête, titube légèrement quand mon palpitant tambourine toujours autant. J’me sens comme un bateau pris en plein orage.


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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Dim 6 Aoû - 21:37



LOSE IT
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Son oeil bouge, la décortique, elle et ses mouvements comme si il y verrait les signes d'une quelconque usurpation, comme si les dooplers n'avaient rien de mieux à faire qu'à venir se foutre de sa gueule en prenant les traits d'Eireann. Les yeux du chasseur remontent sur les courbes pour la détailler, de son corps marqué par le passé et sa courte expérience au fort, sur les dessins encrés dans sa chair qui ont déjà reçu le souffle des lèvres envieuses et qui ne s'effaceront jamais comme la merde que t'es venue décharger dans ma tête.

" T’attends quoi ? "

La question elle seule aurait pu le faire sursauter, lui qui est juste assez enfoncé dans les abysses de sa cervelle malmenée par les souvenirs pour perdre un moment le pied avec la réalité. Il plisse les yeux, pleins de mépris et d'interrogation. J'attends de voir l'effet que ça m'fait de t'regarder, j'attends d'voir si y'a autre chose que la trace de ses doigts sur ta peau, si j'arrive pas à renifler sur toi l'odeur de sa crasse et d'sa sueur... si j'entendrais pas les murmures de ses mensonges dégueulasses, de ceux qu'il t'a raconté et qui t'ont suffit à t'barrer... Ça. Ou juste parce que j'déteste pas t'voir à poil et que tout ça t'avait rendue pas mal pudique faut dire... alors qu'est-ce que ça peut foutre au final, du moment qu't'obéis...

Immobile. Il attend que le désir de la toucher lui prenne. De la toucher du bout des doigts, de prendre son temps pour apprivoiser ce qu'il avait perdu en se demandant si ça valait vraiment la peine. Et pourtant, une seule partie de lui manifeste ses envies vestigiales sournoisement, gavé d'émotions qui ne l'ont jamais privé de ses plaisirs primaires. Les ongles pointus de la donzelle sillonnent sur le derme du chasseur, accentuant sa chute, comme une caresse brûlante, comme le fer chauffé à blanc, comme si elle les traçait avec la pointe de son hypocrisie. Si le soupire se devait langoureux et un brin avide, il s'extirpe sèchement de ses nasaux agacés.

...si tu savais comme c'est plus simple de t'haïr...

" Tu devrais te doucher. "

C'est l'ordre qui le fait dérailler. Comme un train lancé à pleine vitesse sans chauffeur à son bord et ça explose dans le premier virage en ravageant tout sur son passage. Jake l'attrape comme il se jetterait sur une buveuse de sang. La relève en lui faisant échapper tout ce que ses doigts peinent à soutenir. Parce qu'il n'avait aucune intention de la laisser s'enfuir... ce serait trop facile, pas vrai... de partir sans regarder derrière... Il la retient entre lui et la surface rugueuse et froide du mur. Ses doigts de sang la retiennent, se faufilent sur son visage, dans ses cheveux alors qu'il se serre un peu plus contre elle, répandant l'odeur de la mort et du visqueux avec un étrange plaisir dans le regard.

" ...t'as un problème avec la crasse... alors va falloir me dire c'que t'es venue foutre ici, la recrue, parce que la crasse tu vas ramper dedans, t'en mettre partout en dessous des ongles, tu vas t'frotter à t'en arracher la peau... mais ça... tu devrais être habituée. "

Et il la repousse, sèchement, passant le revers de sa main sous son nez avant de relever le menton et la toiser d'un oeil noir.

" ...qu'est-ce que tu fous ici... t'es venue pour apprendre à casser d'la grosse bestiole... tu veux montrer qu't'es devenue forte, que t'as plus peur des monstres... T'es venue pour te venger ? "

Pour le venger lui ? De quoi ? De sa vie d'merde. De ce pourquoi il est mort ? Parce qu'avec tous vos mensonges de fuck, à toi et Eddie, va savoir si il est vraiment mort d'une balle dans la gueule. Il siffle, un ricanement, mesquin entre ses mâchoires serrées. Une grimace de sarcasme le dévisage alors qu'il hoche furtivement la tête.

" J'sais pas c'qu'Eddie est allée t'foutre dans l'crâne... mais si tu crois avoir les épaules d'un chasseur tu t'fourres un doigt dans l'cul. Ta place, elle est pas ici, alors prend ton cracheur de feu, promènes toi dans les ruelles, va plomber d'la sangsue si tu penses que tu vas t'sentir plus vivante, si tu penses te rendre utile et que ça donne un sens à ta vie d'fuck... mais dégage d'ici... "

Une dernière esquisse du regard, intransigeante, avant qu'il tourne lui-même les talons, jugeant que le message avait le mérite d'avoir été clair.

Adieu, j'imagine.




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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Lun 7 Aoû - 1:29

LOSE IT

Jake & Eir


Je le repousse, Jake. Je le repousse parce que sa proximité m’empêche de réfléchir, désordonne les battements de mon cœur. Ouais, Jake, il m’empêche de reprendre mon souffle, d’avaler l’air qui me manque cruellement, m’empêche de respirer correctement. Je déraille en mon intime, me brise, là, juste sous ces yeux. Parce qu’il y a le poids des souvenirs. De tous ces souvenirs qui se déroulent - du premier au dernier - comme un vieux film abimé. Je me souviens de ta voix, de ton odeur, de ton regard. Je me souviens de ta chaleur, celle de ton corps et celle de tes bras. Je me souviens, ouais, je me souviens te regarder avec ce petit air niais. Ce petit air niais qui découle d’une admiration certaine. Et on s’est perdu sans trop savoir comment, sans trop savoir pourquoi. Seth a pris toute la place, m’a arraché à ces nouvelles racines. M’a arraché à toi. L’homme, le chasseur, l’ami, le patron, l’amant. Je ne pense qu’à fuir, la seule réponse que je connaisse à tous mes maux. La fuite. Facile, pratique. Celle qui évite les questions, l’inconfort, les jugements. Celle qui permet de se sortir indemne d’une situation compliquée qu’on sait parfaitement qu’on ne saura jamais en mesure de gérer. Je veux partir, loin de toi, loin de tes orbes qui me jugent sans savoir. Je ne peux pas. Je ne suis pas prête à te confronter toi. Je ne suis pas prête, Jake. Je ne suis pas prête… A te perdre.

Mais il s’en fout, de cette douche qu’il devrait pourtant prendre. Il s’en fout, de ce malaise qu’il installe et de cette peur qu’il fait naître dans le creux de mon ventre. Une peur qui étouffe le désir de son voile tortueux. Ouais, il en a rien à foutre Jake quand il chope, bouscule et me fait trembler là, tout contre lui et ce mur trop froid, trop rêche. Je m’y colle, enfonce la peau tendre de mon dos dans les pierres comme s’il pouvait céder, s’éventrer et me dégueuler dans la cour, de l’autre côté. Loin de lui. Les fringues sont lâchement abandonnées, retombent sans un bruit sur le sol poussiéreux. Ses phalanges poisseuses dégueulasses mon visage, accrochent mes cheveux alors qu’il se colle encore et encore. La respiration se coupe quelques secondes qui me paraissent une éternité. Et je ne comprends pas ce soudain revirement, ne veux surtout pas le comprendre. Et les mots sortent de ses lippes pareilles à des balles qui me perforent l’encéphale. J’ai envie que tu fermes ta gueule, ouais, que tu la fermes et que tu ne l’ouvres plus. J’ai pas envie d’entendre, pas envie de comprendre que j’ai tout perdu, Jake. Toi, surtout toi. Regarde-toi putain. Regarde-toi à m’appeler recrue comme si on ne se connaissait pas, comme si rien n’avait existé avant, quand ton corps qui se presse contre le mien, lui, se souvient. Je crève d’envie de te dire que t’es qu’un sale con, ouais, rien que ça. Que tu peux pas ordonner et encore moins me juger. Que j’sache, t’as jamais été tout blanc Rhodes.
Et comme toujours c’est moi qui ferme ma gueule, expire sèchement quand il me repousse, les épaules cognant la pierre secouant ma carcasse.

Mais il s’arrête pas, Jake. Il enfonce les derniers clous, remet tout en cause. Ma présence, mes envies et mes délires. Les mots s’entassent encore dans ma gorge, il n’y a qu’un grognement sourd qui la fait vibrer si bas que s’en est ridicule. La cage thoracique se soulève, rapide, désordonnée. Je suis essoufflée. Essoufflée alors que je n’ai pas prononcé un seul mot, que je n’ai pas bougé, que je n’ai rien fait. Si j’étais forte, j’serais certainement pas ici, à vouloir apprendre, à m’entrainer. J’aurai jamais remis un seul foutu pied dans cette pute de ville et pas parce que tu t’y trouves mais parce qu’elle me rappelle ce que je n’ai plus. Et ça me confirme ce que je ne voulais pas voir, pas savoir. Et tu comprends rien putain, tu comprends tellement rien. J’en ai rien à foutre de tes sales bestioles, des contrats et de l’argent sale. Ouais, moi j’en ai rien à foutre de tout ça. J’suis pas là pour qu’on m’regarde et qu’on dise que ce que j’fais c’est bien ou c’est mal. J’ai pas besoin d’une réputation, qu’on dise que j’suis la meilleure que je tue comme je bats des cils putain. Et me venger… Me venger de quoi ? De ton abandon ? Parce que tu crois que j’aurais mis tout ce temps pour te retrouver ? Tu crois que j’me serais entrainée à en bouffer la terre, à en avaler des morceaux ? Si j’voulais te buter, ou buter n’importe lequel d’entre vous pour une raison sordide, ridicule, j’me contenterai de charger une arme et tirer sans sommation. Et ça, sans même que tu ne puisses voir une seule de mes mèches de cheveux. Tu te crois intouchable, Rhodes ? T’es rien dans la lunette d’un sniper qui te mire. Personne ne l’est. C’est ce qui rend le crime parfait et propre. A quel moment tu crois que j’ai perdu mes valeurs et ma morale ?

La colère prend forme et saccage. Je sens mon cœur battre dans ma gorge d’une façon tout a fait désagréable. Il palpite à un rythme dingue quand Jake m’inflige le coup de grâce. Il y a son rire d’abord, sifflant, infernal. Et c’est comme s’il foutait des coups de pieds dans mes fondations à chaque syllabe qu’il prononce. Ça me fait mal, ça me fait un mal de chien. Et il juge encore, juge toujours. Se moque, prétend que je n’ai pas les épaules pour devenir l’une des leurs. Et je pourrais lui dire qu’il n’a peut-être pas tort, que j’en crèverai certainement avant de pouvoir porter ce collier. Un collier pour permis de tuer. Il dit dégage d’ici. Et ça résonne partout, partout tout autour et partout en dedans. Ça me vrille, me défonce. Tu me butes sans même me laisser le temps de m’expliquer. Tu m’extermines sans même laisser place au doute. Et il se casse, tourne les talons comme si c’était suffisant, comme si j’avais eu mon compte. Comme si j’allais devoir prendre mes affaires et me barrer d’ici juste parce qu’il l’a ordonné. Mais t’es pas mon mentor.

« Non ! » feule-je.

Mon propre cri me coupe la chique, surprise tout autant que lui de son intensité. Je m’agite sur mes guibolles avant de m’animer et me planter devant lui. Moi, tu m’as pas laissé le choix, moi tu m’as pas laissé fuir. Alors tu vas rester là, ouais, avec celle que tu détestes vraisemblablement. Parce que tu vas écouter putain, pour une fois tu vas écouter et je vais parler.

« T’es qui, merde, Jake, pour dire que ma place n’est pas ici ? Le mec le plus respecté de ces murs ? Et alors quoi, j’dois battre des cils, te laisser me clouer sans ouvrir ma gueule ? Comment t’oses faire ça putain. Parce que quand t’étais minot t’avais les épaules pour être chasseur, Jake ? C’est quoi, un espèce de sexisme à la con ? Ta façon de bizuter les nouvelles recrues ? J’mérite d’être ici au même titre que les autres, que ça te plaise ou pas. Tu crois que t’es tout seul à faire la guerre, que t’es le seul à avoir bouffé la poussière ? Tu connais rien, rien de moi. Et t’oses me coincer dans cet endroit de merde, pour me foutre une pression à la con, t’es sérieux putain ? »

Elle dégueule et déborde, cette rage.

« C’est quoi ton putain de problème ? T’en avais rien à foutre quand j’suis partie Jake, tu t’en battais les couilles de ma gueule, tu m’as laissé partir sans rien dire, d’où tu t’permets aujourd’hui de commenter mon retour ? TU SAIS PAS ! TU SAIS RIEN - RIEN - RIEN ! »

Je le pousse et j’aimerai qu’il bouge, qu’il recule comme je me l’imagine. Mais de toute évidence c’est comme percuter un mur.



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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Lun 7 Aoû - 5:36

   

LOSE IT
feat. Eir'
Le hurlement le percute comme le boulet d'un canon, un canon blond soufflé d'adrénaline et bourdonnant de rage. Si elle n'était pas venue se planter devant lui avec toute sa hargne, il aurait sans doute eu un moment d'hésitation dans sa démarche. Elle crache toute la merde qu'elle a sur le coeur, comme si il avait mis le doigt dans l'trou en pleine diarrhée, forcément, ça lui revole partout sur la gueule. De quoi lui faire plisser les yeux pour voir clair dans cette ondée puante dans laquelle où il s’enfonce à deux pieds pesants.

" T’es qui, merde, Jake, pour dire que ma place n’est pas ici ? Le mec le plus respecté de ces murs ? Et alors quoi, j’dois battre des cils, te laisser me clouer sans ouvrir ma gueule ? Comment t’oses faire ça putain. Parce que quand t’étais minot t’avais les épaules pour être chasseur, Jake ? C’est quoi, un espèce de sexisme à la con ? Ta façon de bizuter les nouvelles recrues ? J’mérite d’être ici au même titre que les autres, que ça te plaise ou pas. Tu crois que t’es tout seul à faire la guerre, que t’es le seul à avoir bouffé la poussière ? Tu connais rien, rien de moi. Et t’oses me coincer dans cet endroit de merde, pour me foutre une pression à la con, t’es sérieux putain ? "

T'aimerais bien, que j'sois un fucker machiste, pas vrai, peut-être que ce serait simple de m'caser avec les autres... ça aussi, ça serait plus facile...

" La vérité... c'est que ni toi... ni aucune autre recrue mérite d'être entre ces murs... parce que si t'avais la moindre idée de qui j'suis... de c'qu'Eddie est de c'que ton foutu Vegas était vraiment... t'aurais jamais mis les pieds ici pour faire partie des nôtres... On choisit pas d'être chasseur. On choisit pas cette vie là... on nait chasseur, parce que c'est tout c'qu'on est... c'est en nous bien avant l'épreuve, avant qu'on injecte du poison qui bute toute ta fuckin' humanité... tu comprends c'que j'dis !? Personne choisit de passer l'éternité à tuer et à ramper dans la merde, si c'est pas déjà une fuckin' obsession à la base... ceux qui sont venus nous trouver dans les ruelles... ils avaient l’œil, l'instinct... ils nous lisaient comme si on était des salopperies d'fantômes transparents. Ils savaient comment faire de c'qu'on était du talent brut... FUCK ! Tu crois que Fred' m'a recruté parce que j'avais d'beaux yeux et une carrure pas trop dégueulasse !? No fuckin way ! J'étais qu'un chicot, un ramassis de merde, déjà plein de saloperies dans la cervelle ... et il l'a vu, il a vu comment Jas' et moi on survivait, comment on s'débrouillait avec la rage qui nous bouffait par dedans et jusqu'où on était près à aller pour faire un gros fuck à cette vie qui en avait rien à foutre de nos gueules... il m'a donné une épée et m'a montré comment m'en servir... jamais il m'a appris à tuer... "

Parce que c'était inné. Plaisant. Dès le début. Presque jouissant. Trop malsain. Trop facile. Trop addictif. Il inspire. Parce que son corps le lui exige. Il aspire le souffle de sa colère, l'air chaud qui semble planer autour de lui, une bonne bouffée pesante comme les nuages d'orage qui assombrissent le ciel les nuits de tempête. C'est lourd jusque dans les poumons et ça serre, au moins autant que ça hurle entre ses tempes... un fuckin' tonnerre qui gronde...

" ... et pour les têtes folles qui réussissaient à s'faufiler... ou quand l'maître avait mal jugé, les apprentis... c'est l'épreuve qui s'chargeait d'eux... "

Si tu penses avoir connu la souffrance, c'est que t'es pas chasseur. Juste pour ce poison d'fuck qui te court dans les veines. Juste pour sentir la mort baiser tes organes un à un, chacune des cellules de ton corps à t'faire baiser avec la folie...

" C’est quoi ton putain de problème ? T’en avais rien à foutre quand j’suis partie Jake, tu t’en battais les couilles de ma gueule, tu m’as laissé partir sans rien dire, d’où tu t’permets aujourd’hui de commenter mon retour ? TU SAIS PAS ! TU SAIS RIEN - RIEN - RIEN ! "

Ses pattes l’écorchent avec toute la violence que son corps lui permet, avec toute la haine que son âme souillée voudrait lui exprimer. Et il capte, même si il bronche à peine, solidement planté sur ses pieds. Aussi endurant que cette forteresse de chasseurs a été construite, solide comme les murs qu'il a entretenu au fil des années, attaché à cette maison qui est devenue la sienne, son seul véritable repère. Un chez-lui que jamais il ne laissera souiller par des buveurs de lait, ou des têtes brûlées. Si il doit la calmer, ses réflexes n'aident en rien. Ses mains larges viennent emprisonner ses poignets, la soulevant sous le souffle de son impulsion. Les doigts du chasseur se referment sèchement, la mâchoire serrée.

" Tu crois pouvoir devenir ma soeur d'arme !?... Faut avoir confiance un envers l'autre pour ça... et ma confiance, tu t'es torché l'cul avec en partant... comment j'peux compter sur toi alors que j'sais à peine c'que t'es et c'que t'étais vraiment venue foutre dans ma vie... "

Il se tait, pour plisser l'oeil, pour scruter jusque dans l'fond de son âme, pour y lire des choses qui lui échappent, trop ivre de sa propre folie pour se raisonner.

" Je sais d'où tu viens. J'sais pour Max. J'sais pourquoi j't'ai trouvé le cul à l'air dans une ruelle. Je sais... pas mal plus que tu peux l'croire. Qu'est-ce que tu crois, hein !? TU CROIS QUE J'ME CONTENTAIS DE T'BAISER SANS M'POSER D'QUESTION ? TU CROIS QUE J'T'OFFRIRAIS UN BOULOT SANS CHERCHER À SAVOIR QUI T'ES. "

...tu crois que j'vais pleurer pour toi... alors que tout c'que j'sais sur ta gueule, j'ai du aller l'chercher dans les bases de données par les services de Megara. Tu m'as toujours tout caché, si c'est pas par honte, c'est par culpabilité... alors quoi... t'attends quoi d'moi, Babe ? QU'EST-CE QUE TU VEUX ? Que j'te prenne dans mes bras et que j'te dise que c'est terminé... alors que j'sais même plus pourquoi j'ai été assez con pour te faire confiance...


" J't'ai ouvert les portes de mon univers, d'mon deuxième chez-moi qui m'a pris toute ma fuckin' vie à bâtir. Je t'ai présenté des amis, j't'ai pris sous mon aile, j'aurais été t'chercher dans n'importe quel fuckin' trou d'arachnides même si tu t'étais jetée dedans tête la première... "

Pis t'as dis qu'tu partais. C'était bon. T'avais eu tout c'que tu voulais ?

" Depuis combien de temps il t'utilisait contre moi, hein ? Ça fait combien de temps que tu lui racontes nos p'tits secrets sur l'coin de l'oreiller... C'était qui la cible, moi ? Frederick ? L'Elit ? Hein ? depuis combien de temps tu me nargues, à genoux devant lui, depuis combien de temps tu l'combles en lui racontant comment tu manipules tout ceux qui t'regardent danser, tu lui as susurré le mot de passe du Hell-O à l'oreille pendant qu'il avait un doigt dans ton cul... tu lui as donné les secrets d'Ed' ... t'as fouiller dans mon bureau ? qu'est-ce que t'as vu ? qu'est-ce que t'as fais, Eireann... !? T'ES CONSCIENTE DE TOUT C'QUE T'AS PU LUI DONNER COMME ARME CONTRE L'ELIT... DE C'QU'IL AURAIT PU EN FAIRE SI ON L'AVAIT JETÉ DANS LA FOSSE !? "

...et il la serre de plus en plus fort, qu'importe si il la brise, qu'importe si ses os implose... qu'elle se faufile entre ses doigts réduite en poussière... parce que t'as aucune idée de c'que ça m'fait à moi que tu viennes passer le tisonnier dans ces cicatrices là... que tu plantes tes ongles dans mon palpitant... ça fait un moment que j'ai arrêté d'saigner... tout c'qui m'reste, c'est la colère...




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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Lun 7 Aoû - 12:04

LOSE IT

Jake & Eir


Les mots en aversion, le genre que j’utilise que trop rarement. Parce que j’aime pas parler, j’aime pas m’éventrer. C’est comme ouvrir un sac de riz et le regarder dégueuler sur le sol. Et il me force, Jake, à ouvrir ma putain de gueule autrement qu’en mono syllabe, autrement qu’en petites phrases banales. Et ils vomissent de mes lippes, les mots en question pour savoir, pour comprendre quand j’ai juste envie que ça s’arrête. J’ai envie de lui dire qu’il faut pas, que c’est pas bien, qu’on arrivera plus à stopper l’hémorragie si on continue et que ça nous fera crever, ouais, crever. Lui dire que j’ai pas envie d’entendre toute cette merde, pas envie de savoir qu’il la pense vraiment.
Mais il laisse le temps de rien, Jake. Quand je reprends ma respiration il enchaine, ne me laisse aucun répit. Il violente mon encéphale les phrases lancées comme des couteaux, les yeux revolvers, on se bute encore, encore et encore. Il y a les blessures, celles qui dégoulinent, qui suppurent, invisibles à l’œil nu. Les blessures à l’âme qui s’écorche et qui s’effrite à mesure que les langues se délient et blessent. Quand je t’écoute je comprends plus très bien ce qui a pu, autrefois, nous rapprocher. Parce que tu te crois digne de quelque chose qui est tout sauf ça. Tu fais preuve d’élitisme, tu crois que vous étiez les meilleurs, qu’on a décelé chez vous un potentiel tu serais bien triste de comprendre, je crois, que tous les mômes en ont et qu’ils sont façonnés comme des putains de pantins. Alors redescend de ce piédestal sur lequel tu t’es érigé tout seul. Ouais, redescend, parce que le propre du môme c’est la survie et que t’as été manipulé, apprivoisé, façonné. Y a aucune fierté là-dedans. On peut faire ce qu’on veut d’un mioche. Ouais tout ce qu’on veut. Et je sais. Je le sais parce que j’dois avoir un instinct de survie plus développé que le commun des mortels. Parce que mon père m’a forcé à l’avoir. Marche ou crève. Qu’une seule devise. On ne naît pas chasseur. On naît du bon ou du mauvais côté de la barrière. On naît avec un capital de vie. On naît avec une destinée pré-tracée. Une destinée déviée à cause d’une rencontre, d’un évènement. On ne naît pas quelqu’un Jake, on le devient.

Et j’enrage à m’en écraser contre lui, lui pareille à une muraille. Il ne plie pas, bouge tout juste. Ça n’a pas du tout l’effet escompté. Ce n’est pas du tout comme je me l’imaginais, un gros coup qui sèche la respiration, lui qui bascule en arrière et s’éclate sur le sol et moi qui grimpe sur son buste et qui déverse la bile qui remonte dans ma gorge, brûlante, acide, dévastatrice. Mais non. Il reste droit et fier, Jake. Le mépris en seul et unique regard.
Les phalanges accrochent mes poignets qui butent contre son torse. Et tel un serpent il vient distiller son venin, me parle d’une connerie de confiance quand je ne comprends pas tout ce qu’il prononce. J’essaye pourtant, ouais, j’essaye vraiment de saisir le sens de ses paroles. Comment tu peux dire tout ça quand j’t’ai jamais fait de coup de pute. J’me suis pas torchée avec ta putain de confiance mais de toute évidence, tu t’es torché avec le respect.
Parce qu’il n’y a plus aucun respect entre nous, plus aucune retenue. Il n’y a plus de filtres, il me considère comme de la merde et me le fait savoir. Moi, moi j’sais plus très bien là, ce que je dois penser et où j’en suis en réalité. Parce que ça fait mal, trop mal. Parce que la seule raison pour laquelle j’me retiens de chialer c’est parce que j’ai trop de fierté pour m’écrouler devant lui. Que ça attendra, quelques minutes, quelques heures. Que ça prendra une douche pour laver la honte en gouttes qui jaillissent de mes yeux. Il agite et remue tellement de sentiments contraires, des que je ne comprends pas, ne connais pas.
Il prononce « Max » et ça me fait l’effet d’une bombe. Je me décompose littéralement là, entre ses paumes qui enserrent toujours mes poignets.
Et il gueule, Jake. J’esquisse un mouvement de recul.
Arrête, tais-toi, arrête, tu vas aller trop loin. Tu vas aller beaucoup trop loin et il n’y aura plus rien, plus de filets, plus de barrières. Tu vas nous buter Jake, tu vas nous faire exploser en vol et on va s’écraser avec tellement de force qu’il n’y aura plus rien à récupérer. Tais-toi, s’il te plait, tais-toi. Tu me fais peur. Quand tu serres, quand tu gueules, quand je t’écœure.

Les reproches s’étalent, me font vaciller quand il me semble comprendre que j’ai compté à un moment donné. Les mâchoires se serrent et les larmes sont ravalées. Je peux pas. Je peux pas faire ça, Jake. Je peux pas te regarder nous piétiner comme ça avec tes suppositions à la con. Tu fais comme si je n’avais jamais rien fait pour toi, comme si je t’étais redevable quand j’ai marché à tes côtés. Tu m’as sorti des griffes de vampires et j’ai fait l’appât pour toi. J’ai payé les factures pour vivre sous ton toit. Je t’ai aidé pour le Hell-O à dépoussiérer, ranger, j’ai ramené Vanessa. Dans ce trou d’arachnides duquel t’es venu me sortir, t’oublie que j’t’ai sauvé là, moi aussi. Tu es injuste. Injuste et cruel parce que j’faisais tout ce que tu me demandais de faire, Jake. Et le nœud du conflit se dévoile enfin. Sa voix vibre plus fort encore et sa poigne se resserre autour des membres prisonniers. Alors c’est ça, en fait, le problème. Tu penses que je t’ai menti, que je t’ai piégé. Tu viens balayer les moments biens, les bons. Tu viens de balancer les œillades, les rires, les battements de cœur l’un contre l’autre. C’est facile de jeter, pas vrai ? C’est facile de faire comme si ça n’avait pas existé et que j’étais là juste pour t’espionner. Je te déteste. Je te déteste tellement... Les sourcils se froncent quand mon corps est attiré un peu plus vers le bas comme si ça pouvait stopper la douleur qui irradie dans mes os qu’il broie sans vergogne.

« TU SAIS RIEN JAKE ! ET... ET TU ME FAIS MAL ! »

Physiquement, psychologiquement. Tu me crèves avec une lenteur insoutenable.

« J’étais pas une arme contre toi, contre l’Elit. Quand il a su qu’il s’était passé quelque chose entre nous au hasard d’une question, il m’a demandé de partir du Hell-O. J’lui ai jamais donné le mot de passe, putain. J’lui ai jamais parlé de toi, tu voulais que j’lui raconte quoi ? J’ai manipulé personne, Jake. Alors tu peux bien te targuer de connaître des choses de moi quand tu ne sais que dalle. Quand tu m’accuses sans aucune foutue preuve de choses que je n’ai pas commise. Tu me traites de menteuse, de voleuse, tu te rends compte de ce que tu dis putain ? TU TE RENDS COMPTE ?! »

Je le bouscule encore, cherche à retrouver une liberté crevée. Les mâchoires se serrent et crachent.

« T’étais pas là quand Max m’a fait enlever, Jake. T’étais pas là quand une fucking sorcière m’a presque tué. T’étais pas là quand un fou furieux m’a enfermé dans une putain de maison pour ruiner ma vie en me plongeant dans un bol d’aiguilles. T’étais pas là quand les médecins ont parlé de cette maladie qui me gangrène et qui me bute. T’étais pas là quand il criait et qu’il me faisait peur. T’étais pas là quand il a appuyé sur la détente pour me buter. T’étais pas là quand j’suis restée des jours et des jours dans cet hôpital. T’étais pas là JAMAIS. JAMAIS ! ALORS COMMENT TU PEUX PRÉTENDRE A TOUTE CETTE MERDE ? COMMENT TU PEUX ME MENTIR ET DIRE QUE J’AI COMPTE QUAND T’EN AS JAMAIS RIEN EU A FOUTRE ! T’ÉTAIS PAS LA PUTAIN ! »

Les yeux s’embuent et la voix déraille, chargée d’une émotion soudaine. Il y a quelque chose qui pète à l’intérieur. Du genre qui ne se réparera jamais. Je ferme les yeux quelques secondes quand j’ai l’impression d’être en pleine tempête, en plein cauchemar.
Je t’en veux, moi aussi. Je t’en veux parce que t’as rien vu, t’as rien essayé de faire. Je t’en veux parce que t’as pas posé de questions, parce que tu t’en foutais. Je t’en veux parce que tu l’as laissé me détruire, parce que je comptais pas assez. Je comptais pas plus que ton inferis à la con après qui tu courrais tout le temps pendant qu’il me tuait. Je t’en veux de pas avoir été là pour moi et c’est ingrat, parce que tu as été là parfois. Mais ça n’a pas été suffisant, tu vois. Et puisque tu te permets de me briser, permets-moi de croire que tout est de ta faute. Ouais. Si seulement… Si seulement t’avais été là quand on m’a enlevé et ramené en Irlande. Si t’avais été là, alors Seth Vegas n’aurait jamais fait partie de ma vie. C’est ta faute. Ta putain de faute.


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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Mar 8 Aoû - 2:55

   

LOSE IT
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Un souffle de colère, une impulsion qui tape, s'enrage contre la chair du chasseur. Rien ne la maitrise, violence réincarnée qui se débat parce qu'elle refuse de se laisser mourir. Eireann, fauve, sauvage... blessée.

Je sais pas dans quelle espèce de langage y faut que j'te parle pour que tu comprennes... Y'a vraiment rien qui va t'dégoûter assez pour que tu t'ouvres les yeux plein d'merde !? J'sais pas quand tu vas enfin capter que j'ai aucune foutue envie de t'voir devenir chasseuse. Qu'est-ce que tu comprends pas, quand j'te dis qu'j'ai aucune envie de t'voir passer les 300 prochaines années à manger des coups, à baiser avec la mort, à t'enlaidir, à noircir ta putain d'âme !? ... T'as jamais compris que c'que j'détestais pas chez toi, qu'tu sois qu'une fuckin' humaine avec assez d'cran pour botter un cul qui t'emmerde mais juste assez d'faiblesse pour te coller quand l'monstre te fait sursauter à travers l'écran d'télé !? FUCK, EIREANN, FUCK... !

...à quoi j'te sers si t'deviens aussi laide que moi...

Froncement de sourcils.

" TU SAIS RIEN JAKE ! ET... ET TU ME FAIS MAL ! "


Et il le réalise.

Bien avant qu'elle le lui reproche. Avant qu'elle se braque contre sa paranoïa futile, contre ses accusations grotesques. Et j'te crois quand tu dis t'es innocente. Parce que personne peut mentir avec ce regard là, avec autant d'émotions dégueulasses à gérer. Et elle le martèle, avec ses questions. Tous ces reproches. Il doit reculer d'un pas malgré lui, le coeur battant, l'oeil plissé par ce qui lui cogne sur la gueule et qu'il arrive plus à encaisser... Toutes ces fois où j'ai échoué, toutes ces fois où j'ai laissé ceux que j'devais protéger mordre la poussière... parce que Rhodes est en train de crever, noyé dans sa propre merde. De se faire claquer en pleine gueule, c'est pire qu'une douche enlacé au grille-pain. T'es p't'être un excellent chasseur, mais t'es un ami à chier, un protecteur dangereux, un frère merdique et par dessus tout un père pourri jusqu'à la moelle qui aurai jamais du avoir le privilège de répandre son adn maudite... vraiment Rhodes, y'a que tes frères d'armes qui peuvent compter sur ton épée ? Que tes amantes qui peuvent la faire reluire ? Il ouvre la bouche. Puis la referme. Il tangue, ivre, gavé d'émotions contraires. Que la seule chose qui s'accroche à son orgueil, c'est sa foutue colère.

' ...t'aimerais que j'lui soit reconnaissant p't'être... d'avoir pris ma place quand t'avais besoin d'moi !?... "
 

... t'as l'droit de m'en vouloir... mais me reproche jamais ma haine pour lui ... Plus de deux siècles à marcher dans les ténèbres. À errer à travers les âges, sans but, autre que répandre le sang et la mort. Et dans les abysses, une parcelle de bonheur est apparue... comme une lumière dans les ténèbres... comme si toi, t'avais droit au bonheur... fuck que tu peux être con... Une beauté sans nom venue pour le sauver de la mort, puis, de lui-même...

" ...IL ME L'A TUÉ. ET JE L'AIMAIS..... ... je l'aimais... ... " la gorge nouée, l'air s'extirpe de ses nasaux aussi sèchement que ses paroles filent au rythme de la rage qui s'abandonne il suffoque alors qu'une main invisible s'entiche de son palpitant, le serrant à le faire imploser. Ses mouvements sont secs. Fous. Désordonnés. En chute libre. Il pointe le vide de l'index avec une colère démente, celle des douleurs vestigiales oubliées depuis trop longtemps. Ses propres mots sont comme un aveu inconscient, de la barrière brisée de ses émotions refoulées. Tu l'aimais. Fuck, que tu l'aimais... et jamais tu vas t'en remettre... " ... et lui, il m'a envoyé sa tête dans une boîte... LA PROCHAINE FOIS, TUE LA TOI MÊME QU'IL AVAIT GRAVÉ DANS SON FRONT. " Tu te souviens de l'odeur. Celle de Mirage mêlée à son sang, aux effluves de sa chair souillée par la mort. Tu te souviens de la douleur que t'avais au genou cette nuit là, au goût qu'avait ton repas de la veille... et la violence renait à chaque fois que ça te revient à l'esprit... Ses mains attrapent le visage d'Eireann, percute son front contre le sien. Combien d'fois je l'ai vu, sa tête dans une boîte, les yeux vitreux, la mort bavante au coin des lèvres. Qu'est-ce que tu crois qui m'est passé dans l'crâne quand j'ai repris son pendentif de l'Elit d'entre tes mains après sa mort... qu'est-ce que tu crois qu'j'ai pensé quand j'ai compris que tu l'avais protégé de ses mensonges... jamais y'aurais eu d'place pour nous deux dans ta vie... t'as aucune idée de comment ça aurait pu s'finir si j'avais su avant de lire dans ton regard...

Jake la relâche, jetant sa tête vers l'arrière, sentant les larmes de fureur salées mouiller le coin de ses yeux. Son dos percute le mur et glisse jusqu'à c'que son cul s'écrase au sol. Sa tête retombe vers l'avant, les avant-bras perchés sur ses genoux repliées.

J'crois que c'est l'moment de partir. Débarrasse toi de ta gangraine. Vas-y, va leur raconter comment t'as réussi à percer Jake Rhodes sans tirer d'lame. Raconte leur comment il est horriblement humain, faible et méprisable... Dis-leur que ses morceaux trainent un peu partout dans d'la merde de gueuse, attendant de pourrir, bouffés par les insectes. Leur cache rien surtout, qu'ils comprennent toute la laideur qui dégueule de lui, qu'ils évitent de glisser dans sa crasse en s'approchant et qu'ils grimacent en voyant toute cette belle merde qui est venue souiller le sol de l'Elit.

Dis leur que c'est fini...
Dis leur que j'en ai plus rien à foutre...

Laisse moi juste reprendre mon souffle... après... là où j'vais, y'aura plus personne pour me suivre.





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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Mar 8 Aoû - 12:43

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Jake & Eir


La douleur est désagréable, insupportable. Pas la physique mais l’autre, celle qui bousille mon encéphale. Parce que j’comprends pas la logique, j’comprends pas ses reproches merdiques. Je ne sais déjà même plus comment ça a commencé, qui a gueulé le premier. Ce que j’sais par contre c’est que tu m’as saccagé Jake. Avec tes mots grossiers, ta véhémence et tes affirmations débiles. A crier que je suis une menteuse, putain. Mon paternel, il était comme toi. Persuadé de détenir toutes les vérités, persuadé que je mentais… Ouais, tu ressembles à l’un des hommes que je méprise le plus au monde, Jake. Un homme qui a cassé mon affectif, qui m’a brisé comme personne ne peut briser, qui m’a rendu dysfonctionnelle et carrément instable. Et toi… toi… T’es en train de reproduire le même schéma, sans même avoir conscience de ce que tu es pour moi. Tu nous martyrises, tu nous condamnes. C’est comme coller un flingue sur la tempe et presser la détente en espérant connement qu’il va s’enrayer et que la balle ne va rien défoncer. Sauf que c’est trop tard. T’as tiré, Jake. T’as buté ce qu’on avait ou ce que je croyais qu’on avait, j’en sais rien maintenant, j’suis plus très sûre de rien. Il y a les cris - les miens - qui se répercutent sur la roche, partout dans la pièce. Et ces larmes qui cherchent à jaillir pour terminer de ruiner le tableau pourri de nos retrouvailles. Des retrouvailles amères qui viennent de m’achever. Tout se désordonne, le palpitant ne trouve plus son rythme, bat de traviole quand mon souffle est en total anarchie. J’ai l’impression d’avoir couru un marathon. J’ai la gorge sèche, ça bourdonne dans mes oreilles, compresse mes tempes.

Je t’idolâtrais Jake. Parce que tu es fort, solide, robuste. J’avais confiance en toi, j’avais pas peur quand tu étais là parce que j’savais que tu me protègerais. Et même quand t’as pas été là, j’ai continué d’y croire, à te voir comme un espèce de héros. T’es le premier mec avec qui j’ai dormi, Jake. Avec qui j’me suis couchée et réveillée le lendemain matin. Et ça parait ridicule, sans importance mais ça l’est pas pour moi. Tu comptais. Tu comptais vraiment. Ca a pris tout son sens dans ce nid d’arachnides. Parce que quand la peur s’accroche à tes tripes tu deviens soudainement plus lucide. Et j’avais peur. Peur pour toi, peur de te perdre, peur que tu disparaisses de mon existence. T’étais quelqu’un pour moi, jusqu’à ce que tu décides de devenir personne…
Son rejet me fait mal. Ses mots, ses regards, c’est comme s’il avait le pouvoir de déchirer chacune de mes pages. Ca me touche, ça me plante, comme des lames qui lacèrent et s’enfoncent dans ma chair. T’as tout pété Jake. Mon bouclier, mes barrières. Et tu cognes en plein dans mon cœur, tu brises des morceaux de façon irréversible et j’pige pas comment tu peux pas t’en rendre compte, comment tu peux persister à me mutiler alors que j’suis déjà à terre, la gueule dans la poussière. Et j’me bats pour pas crever, pour pas que tu me crèves. Mais c’est trop tard ça aussi. C’est trop tard, ouais.

Il murmure un truc entre ses dents. Ça me fait l’effet d’un sifflement parce que j’entends que dalle. J’entends que le palpitant qui déraille et se déchaine dans sa cage, résonnant partout dans ma caboche. Il y a ce bref moment d’accalmie qui me permet de reprendre mon souffle et mes esprits entre deux bouffées de chaleur suffocante. Puis il feule, Jake, à m’en faire sursauter. Et j’comprends pas tout de suite qui est « il » jusqu’à ce que ça m’éclate à la gueule comme une bulle de merde. Et j’ai de la merde partout sur moi. Non, du sang.
Et il y a cette sensation dérangeante, ce rappel violent qui me gifle. J’étais avec un monstre. Je le savais. Je savais qu’il tuait pour de l’argent. Et j’ai rien dit, j’ai rien fait. Je suis un monstre.
Il raconte, Jake. L’histoire sordide de la femme qu’il aimait, buté par l’un des siens. Une histoire dont j’avais connaissance sans aucun détail. Une histoire qui se résumait à un contrat à honorer que Jake n’avait vraisemblablement pas fait.
Je réalise les mensonges, les versions différentes et les théories fumeuses. Et je ne sais pas comment j’ai pu m’attacher à un mec comme toi, Seth. Je pige pas comment j’ai pu être aussi conne pour ne pas voir que t’en avais rien à foutre et que tu me gardais avec toi en me lâchant quelques vérités foireuses. Tu m’as rendu complice de tes actes, de tes morts. Tu t’es foutu de moi. Et moi, moi j’restais là. Le monde autour s’effrite. Un peu plus vite lorsqu’il percute mon front du sien, Jake. La détresse, partout. Celle qui suinte par tous les pores de sa peau, qui me touche et me blesse aussi.

J’ai envie de te demander pardon, de te dire que j’en savais rien, que j’connaissais pas l’histoire, pas comme ça et les détails pourris qui l’accompagnent. Te dire que je suis désolée, parce que c’est ce qu’on dit dans ces cas-là, je crois. Je voudrais te dire tout ça quand pourtant, j’en suis foutrement incapable. Parce que si tu avais été là, t’aurais pu me raconter ça avant, autour d’un verre ou devant une connerie de documentaire. Parce que tu savais qu’il était dangereux et pourtant quand je t’ai ramené son putain de collier t’as même pas cherché à discuter, à me poser des questions alors que j’étais pas bien. Et t’aurais dû, putain, me protéger. T’aurais dû m’engueuler au lieu de m’offrir ton mépris et ton silence. Tu pouvais me retenir, me dire de ne pas partir. Tu pouvais me montrer un signe d’intérêt, me pousser dans mes retranchements pour que je te parle de ton si grand ennemi. Mais au lieu de ça Jake, t’as rien dit. Tu m’as laissé partir sans savoir… Sans savoir que je rejoignais les bras d’un monstre qui, quelques semaines plus tard braquera son flingue sur moi dans l’unique but de m’effacer, de me rayer. Il me relâche brusquement, flanque sa tête en arrière puis s’en va glisser le long du mur. Il me laisse, là, au milieu de notre champ de bataille où y a plus rien qui tient debout. Il me laisse, là, au milieu de notre saccage, comme on laisse un cadavre, des cartouches de balles.
Les sentiments en confusion, contraires. Je reste plantée devant lui, les bras ballants sans savoir ce qu’il faut dire ou ce qu’il faut faire. Les viscères à l’air et le cœur arraché, à se demander comment ça a pu arriver. A se demander ce qu’on a fait. Il y a Jake, assis dans sa misère, dans ses faiblesses et moi. Moi debout, perdue, lâchement abandonnée.
Je m’approche finalement, l’imite et m’assois contre le mur de pierres. C’est désagréable - sans doute parce que j’ai toujours pas de fringues et que ça me parait encore plus froid. Il n’y a plus de mots entre mes lippes. Plus de formulations, de reproches. Le silence en réponse, en réconfort.
Il n’y a que ma main qui cherche la sienne et les doigts qui s’entremêlent et se referment. Le temps s’étire quand tout semble mort autour.
La tête sur la pierre, les yeux rivés devant moi, je viens rompre cette bulle.

« Il était jaloux et possessif, j’avais peur. Alors j’ai appelé la seule personne qui le connaissait, Eddie. J’avais besoin qu’elle m’aide, qu’elle le calme. Mais ça n’a rien calmé au contraire. Alors, il a sorti son arme, Jake. Il a visé ma tête comme on vise une grosse pastèque et il a tiré. Ouais. Il a tiré. Comme ça, parce que je venais de le contrarier... Et j’serais pas là à t’en parler si Eddie l’avait pas buté. Elle s’est logée là – la main libre caresse la cicatrice - dans mon bide. J’ai juré que j’laisserai plus personne me faire aussi mal. »

Le ton presque monocorde pour ne pas s’étrangler, pour ne pas craquer, chialer. Et ça ne suffit pas pourtant. Réminiscences douloureuses qui broient l’âme.
Quelques gouttes salines s’échappent, dévalent la pommette, s’effacent dans un revers de main.

« J’veux pas… Que tu m’abandonnes. »

Les mots en murmure, demande presque muette.


© MR. CHAOTIK



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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Sam 12 Aoû - 20:49



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La main glacée de la donzelle se glisse sur celle du chasseur. Glacée par le givre de son esprit tourmenté, par le sang qui a abandonné ses doigts fins pour mieux faire tambouriner son palpitant. L'onde le traverse brièvement, l'obligeant à redresser son échine pliée. Le baume est brûlant sur son derme. Même si il enlace ses doigts, même si son pouce vient danser sur sa peau lisse. Et ça l'apaise. Un peu. Et puisqu'ils échappent dégueulassement à leurs lèvres, les mots deviennent futiles. Se taisent. Un silence qui nous unit si bien.

J'aimerais t'dire que j'suis désolé. Mais j'suis pas un menteur. Parce que c'est un peu moins lourd, même si ça fait pas d'bien. ... J'veux pas de ta pitié, j'veux pas de ta compassion.

Combien de vies surnaturelles se sont essoufflées au bout de sa lame ? Combien d'existence réduite à néant en échange d'un sac d'or, d'un liasse de billet ? Les jours passent et se ressemblent. Les années s'éternisent jusqu'à s'effacer... Combien d'orphelins, combien de veuves éplorées sont nés du fruit de son labeur ? On t'a donné le droit de juger de celui qui est dangereux ou de l'autre qui ne l'est pas... alors que tu distingues à peine le bien du mal. De ceux qui ont été épargné, combien se sont jetés à gorge déployée sur des innocents, femmes et enfants ? Qui est mort par ta faute ? À quoi il aura servi, ton beau fuckin' destin ? Si seulement tu en ressentais les regrets...

J'veux pas de ta pitié.
Parce que j'en ai jamais eu pour personne.


Les mots extirpés péniblement de ses lèvres à elle viennent balayer cette léthargie dans laquelle ils s'étaient enfoncés. Elle lui raconte ses derniers instants. Le moment où le gros Seth a déraillé, où son humanité méprisable a eu raison d'lui... Et j't'en veux de pas m'avoir appelé moi pour te sauver. Même si ça aurait la pire des solutions. Même si j'sais qu'on seraient surement morts tous les deux, sans honneur, gisant dans notre merde. J't'en veux de m'avoir privé de ma vengeance égoïste. J'aimerais dire que de l'savoir bel et bien mort suffit à calmer le mal qui me ronge, que j'devrais m'réjouir parce que personne viendra le vénérer sur un tombeau à Fort Volsek... la réalité, c'est qui fait toujours aussi noir...

Quand on a plus rien à haïr, y reste que les échos du vide.

" J’veux pas… Que tu m’abandonnes. "

Quelque chose tire son cœur vers le bas, ce vieil organe désuet qui survit à peine à ses propres tourments. Jake se redresse, l'effleurant à peine du regard, comme si ses yeux pouvaient la blesser davantage. Une seconde le retient, presque honteusement, d'oser étirer son bras pour attirer son corps au le sien. Pour que ses bras recouvrent son corps soudainement un peu trop fragile sous ses peintures de guerre encrées. J'peux te protéger des monstres, te montrer comment les trouver, comment les traquer, comment les piéger, comment les tuer... je peux t'enseigner comment on lit sur les visages, comment on remarque les détails, de ceux qui nous donnent l'avantage dans les combats autant que dans les duels de mots... j't'enseignerai à survivre avec tes restes d'humanité si tu veux... mais jamais... jamais j'pourrai te protéger de moi...

" ...reviens au Hell-O... retourne derrière ton bar, avec Ed'... prends toi une chambre là-bas, j'te donnerai des monstres à taper... deviens combattante dans l'sanctum, si tu veux... mais pars d'ici... "

M'oblige pas à être celui qui trace ta voie... Fais pas de moi ton exemple... J'veux pas voir d'admiration dans tes yeux, ni d'envie. J'ai pas envie de reconnaître les traits de mon frère en toi. J'ai pas envie de t'arracher une vie que tu mérites, loin d'la noirceur, en te faisant croire que c'est la chasse qui nous garde vivants. J'ai pas envie que ta seule envie soit courir après la mort en attendant qu'elle vienne cogner le coin de ta gueule. J'ai aucune envie de t'détruire en pensant que c'est juste. En pensant que j'ai eu raison d'le faire. Parce que ça arrivera. ... ça arrivera... et que par dessus tout...

...j'ai aucune envie que tu deviennes ma sœur d'arme...



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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Sam 12 Aoû - 23:40

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Jake & Eir


Je ne sais plus vraiment comment c'est arrivé. Comment on s'est perdu et comment on s'est déchiré. La mémoire en défaillance, à cause de la crasse qui tapisse mon crâne. J'arrive plus à me souvenir des comment et des pourquoi et je cherche, cherche et cherche sans les trouver. J'ai envie de me blottir contre lui, de me repaître de sa chaleur autant que de la fuir. Parce que même s'il est mon horizon, Jake, il est aussi celui qui me ramène à lui. A lui tout le temps et à mes choix merdiques. Il me ramène à toutes mes erreurs et toutes mes faiblesses. Jake n'est pas seulement un présent, il est un passé. Un passé difficile à porter que j'aimerai parfois oublier. Et on a beau dire que les épreuves forment ce que l'on devient, c'est de la connerie putain. C'est juste un peu de miel pour faire accepter le goût infecte de nos échecs, de nos pertes. On se fourvoie en pensant que ça nous rendra plus fort, meilleur, c'est de la merde.

La main figée dans la sienne et son pouce en caresse je m'ouvre. Parle pour la première fois de cet incident qui aurait pu me coûter la vie. Qui a coûté la vie à l'être qui grandissait dans mon ventre. Mais je ne dis rien. Lui épargne le détail sordide de la vie en bouclier, arrachée à mes entrailles. Et ça soulève des douleurs qu'on aurait pu penser éteintes. Des douleurs qui étreignent mon ventre et mon âme. Il est mort et il ne reviendra jamais. Je l'ai vu tu sais. Avant de tomber, je l'ai vu sombrer lui. Il m'a semblé que son regard était mort comme tout le reste. Vitreux. Figé dans sa rage. Je pourrais pas te mentir Jake. Jamais sciemment. Et tu aurais su la vérité bien avant si tu avais cherché dans les détails. Mais c'est pas grave. C'est terminé maintenant. Ouais, c'est terminé.
Et le calme, notre calme et nos silences reprennent comme si nous nous étions jamais vraiment séparés. Comme si on savait, comme si on comprenait. La parole en complainte, je demande, quémande un peu d'attention. Parce que j'ai besoin de savoir ce qui se cache sous les débris de cette confrontation. Et la peur toujours accrochée au ventre, la même, éternelle.
J'ai besoin de savoir ce qu'on va devenir maintenant. Maintenant qu'on a crevé les abcès et arraché le sparadrap. Parce que je sais pas, moi, si tu as toujours envie d'avoir une place dans ma vie et je ne sais pas s'il y en a une pour moi quelque part. Je sais pas qui t'es, Jake. Je sais pas ce que tu deviens, où tu en es dans ta vie et dans tes galères.

Y a son bras qui s'étire et m'attire contre lui pour toute réponse. Et je me niche, me blottis tout contre son torse. Je ferme les yeux et le respire. Je retrouve son odeur derrière le sang, derrière la mort. Son odeur à lui, celle qui venait remplir mon air lorsqu'il rentrait et se couchait juste à côté. Moi j'ai pas oublié, Jake. Je peux pas oublier parce que tu as été quelqu'un dans mon monde en friche. Et il parle, le chasseur. Sa voix résonne dans sa cage thoracique et je peux entendre les variations et son souffle qui s'extirpe. Il me demande de revenir au Hell-O, est prêt à faire quelques concessions en me laissant combattre dans le sanctum. Lui qui pourtant avait trouvé l'idée absurde la première fois que je lui en avais parlé. Ouais, il est prêt à tout ça du moment que je quitte le fort.
Tu me demandes de retrouver ma vie d'avant. De faire comme si Seth n'avait jamais existé, comme si je n'avais aucune capacité. J'arrive pas à déterminer si c'est parce que t'as peur que j'en crève ou parce que tu ne me trouves pas digne. Pas digne d'être comme toi. Et ça me blesse là, quelque part. Est-ce que tu te rends compte de ce que tu me demandes, en fait ? De cet énorme pas en arrière que tu réclames que je fasse ? Pourquoi ? Pour rester cette pauvre humaine, incapable de se protéger, de survivre. Dépendante des autres. Dépendante de toi. Et toi là-dedans ? Tu feras quoi ? Tu me diras salut, tu me tendras ma paie à la fin de la semaine, du mois ? Tu passeras me demander s'il ne manque rien dans la réserve ? Comme avant...

Je me redresse légèrement, décide d'enjamber ses cuisses et de m'y asseoir. Les iris le fixent, le détaillent, cherchent à comprendre le sens de cette demande. Ma paume glisse sur son torse quand les doigts s'attardent sur les cicatrices qui attirent toute mon attention. Alors je ne le regarde plus, je fixe ma main qui redessine les marques faites à sa chair.

« Je vais mourir Jake. Dans un mois, ou deux. Une année ou plus. On m'a refilé une maladie pour me punir. Une maladie purement humaine et il n'y a rien à faire. J'ai un traitement, le genre qui coûte une fortune mais qui ne guérit pas, il ne fait qu'empêcher les symptômes de s'installer. Ça me permet de vivoter en attendant qu'il provoque un cancer ou d'autres merdes. »

Le minois se relève, retrouve ses prunelles.

« Tu comprends, Jake ? Je suis condamnée... Et j'ai tout perdu. Même toi. »

Les phalanges glissent sur ses lèvres. Pour le faire taire peut-être. Ou juste pour me souvenir des contours, je sais pas vraiment.

« J'ai passé ces derniers mois à survivre grâce à Eddie. J'attends plus rien. Rien qui ne soit pas de la peur de ne pas me réveiller un matin. De me faire enlever au bout de la rue. Et il se passera quoi, Jake, quand mes ennemis se souviendront où je suis ? Quand ce cinglé qui m'a rendu malade trouvera que ma mort ne vient pas assez rapidement ? Quand la mafia Irlandaise que j'ai quitté retrouvera ma trace ? Tu vas passer ton temps avec moi ? A me surveiller, me protéger ? Tu sais bien que non. »

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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Dim 13 Aoû - 3:09

   

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Ses orbes luisants la suivent lorsqu'elle se relève pour le chevaucher, un voile d'interrogation dans son regard plissé. Si ses instincts s'éveillent malgré lui au contact de son corps contre le sien ou lorsque les doigts du chasseur viennent instinctivement dessiner la courbe de son échine courbée avant de s'accrocher à ses cuisses, tout s'estompe au fil de ses paroles. Quatre mots qui lui déboitent la raison.

" Je vais mourir Jake. "

Non.
Non.

Il tombe. Creux. Tout au fond de sa caboche amochée. Il n'y pas de pourquoi, ni de comment qui trouvent échos dans sa cervelle. Jake reste un long moment figé, l'air presque hébété, les yeux vides. Juste le sifflement du vide entre ses tempes. Ses pupilles dévisagent les siennes à la recherche du mensonge. Mais rien. Il n'y a rien du tout là-dedans. Juste la grosse vérité dégueulasse. La main de Jake accroche le poignet d'Eir' un peu trop sèchement, pour stopper sa caresse, pour l'empêcher d'amenuiser le tambour dans sa poitrine, pour l'empêcher de dédramatiser quelque chose qu'elle semble déjà avoir assimilé. Quelque chose qu'il refuse de croire et encore moins d'accepter.

" Une... une maladie humaine... de quoi tu... whathefuck, Eireann, pourquoi t'as rien dit... !? "

Il la coupe dans son élan défaitiste. En colère. En colère contre elle, mais surtout contre lui, parce qu'il n'avait jamais fait de lien avec son teint cireux, ses malaises spontanés et ses nombreuses absences. Tous les signes étaient là... Mais il était trop aveuglé pour le voir. Trop préoccupé pour s'en soucier... Alors quoi... tu vas mourir et puis point barre !? J'aurai qu'à t'arracher 2-3 fleurs en m'souvenant de nos meilleurs moments et jeter une poignée d'terre sur ta tombe avant d'passer à autre chose ?

" T'en a parlé à Ed' au moins !? Tu sais qu'il... "
Bien sûr. Mais il n'y a rien. C'est ça ?.
Rien de rien. Juste la mort à l'horizon...


Jake soupire, glissant ses mains contre son visage, lentement, trop lentement, étouffant son envie de beugler sa rage. Et lui, et lui il faisait quoi pendant qu'on te rendait malade... !? à c'que j'sache, il a pas trop l'air d'avoir su te protéger non plus. Ses mains s'accrochent aux coudes d'Eireann, la secouant comme si il cherchait à la convaincre, alors que c'est lui qui était en train de perdre pied.

" Tu mourras pas. " et il insiste. Avec force et amertume.

Tu mourras pas, t'as compris. Tu mourras pas. T'AS PAS L'DROIT. T'AS COMPRIS, T'AS PAS L'DROIT D'CREVER. Il se relève d'un bon. La laisser choir au sol. Il marche, comme si ça l'aidait à mettre de l'ordre dans le fil de ses pensées éraillées. J'croyais plus t'revoir. Je l'ai espéré, sans savoir. Alors si t'es revenue, le cœur ouvert, c'est surement pas pour v'nir mourir dans mes bras... No fuckin' way.

Il marche encore, le pas lourd. De long en large, sa main lissant la carrure de sa mâchoire, les sourcils froncés par l'introspection. Il est vrai que la régénération dont sont dotés les chasseurs lui permettrait de combattre naturellement la maladie... c'était d'ailleurs sa seule issue... FUCK. si seulement c'était aussi simple...

" ...que tu le veuilles ou non, tu pourras jamais devenir chasseuse. Même si tu sais comment tirer, même si tu passes des mois à t'époumoner sur les remparts à sauter les obstacles, à prendre les coups... Même si tu deviens la meilleure recrue... Si ton système est affaibli, si tes défenses immunitaires sont déjà attaquées par la maladie ou les médocs, l'épreuve te tuera en moins de deux heures... "

Y'a rien d'plus certain qu'ça. Et crois-moi, personne veut de cette mort là.

Le chasseur lui tourne le dos, poursuivant sa démarche réflexive... avant de s'immobiliser. Frappé d'une idée aussi sordide qu'évidente. Et il relève la tête.

" L'épreuve, c'est trop risqué... mais si tu veux t'régénérer... ça va te prendre une autre génétique... "

Quelque chose de fort et puissant. Le chasseur lui lance un regard lourd de sens par dessus son épaule avant de fixer le mur à nouveau devant lui.

" ...comme la lycanthropie. " il se retourne pour venir s'agenouiller devant elle sans lui laisser reprendre son souffle " J'ai des contacts dans une bonne meute. Ils vont t'apprendre, à chasser, à te contrôler. T'auras une vie presque normale... Vrai que tes instincts vont changer... mais tu vas t'régénérer... tu pourras assurer ta protection toi-même quoiqu'il arrive... et j'serai pas loin. "

Tu m'as dis de pas t'abandonner.
J'compte bien tenir parole... même si tu dois devenir une grosse machine à tuer poilue de 200 kilos pour que j'puisse revoir ton sourire hors des nuits de pleine lune.




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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Lun 14 Aoû - 15:02

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Cette maladie j'ai mis du temps à l'accepter, du temps à comprendre ce qu'elle allait possiblement engendrer. J'en ai parlé à personne parce que ça paraissait moins réel si personne ne savait. Comme si j'avais pu imaginer les rendez-vous avec les médecins, le choc de la nouvelle et toute la merde qui a pu suivre. C'est plus facile de ne rien dire, de nier, de faire comme si ça n'avait jamais existé. Et c'est devenu réel à cause de ce truc qui poussait dans mon ventre et des précautions à avoir. Ce truc qui m'empêchait de prendre le traitement mais maintenant qu'il n'est plus là, j'ai juste à avaler des cachets tout rond, comme ça, sans plus de formalités, sans précautions particulières si ce n'est celle de ne pas avoir de rapport sexuel sans protection. Ça m'évite le teint jaunâtre, les vomissements, la perte de poids. Ça contient les symptômes mais ça empêche pas la merde de s'épanouir telle une gangrène, attaquant mon foie jusqu'à ce que j'en crève, un jour, peut-être.

Mais Jake il comprend pas les nuances, les explications. Ou peut-être que si, qu'il les comprend justement. J'en sais rien finalement. Je pousse un hoquet quand il attrape ma main qui le caressait comme si c'était interdit, comme si j'avais plus le droit de le toucher. Tu voulais que je te dise quoi, Jake ? Hey salut tu vas bien ? Moi pas trop on vient de me diagnostiquer une merde, les médecins sont pas vraiment rassurants. Je vais crever mais c'est cool sinon, t'inquiètes, ça va aller... Non. Je pouvais pas. Je suis même encore incapable de formuler le nom de cette merde qui me bouffe de l'intérieur. Tu comprends ça ? J'ai survécu à des trucs qui auraient dû me foutre en l'air plus d'une fois. J'ai échappé à la mort tellement de fois avec lui... Pour crever bêtement d'une maladie qu'on a injecté dans mes veines... Et peut-être que je le mérite tu sais. Peut-être que ça doit se passer comme ça, qu'est-ce que j'en sais. J'ai tellement un karma à chier que j'arrive plus bien à savoir moi. J'ai tué des gens, Jake. J'en ai tué des tas, des anonymes qui avaient une famille, des amis. Parce que je vendais cette merde, ouais, en sachant que s'en était. Et je devrais avoir des remords, je suppose, mais moi j'en ai pas vraiment, pas tout le temps. J'ai jamais été quelqu'un de bien faut croire...

Le minois s'abaisse, j'arrive même plus à soutenir son regard quand il parle d'Ed. Et je voudrais te dire que j'ai essayé la magie, que j'suis allée voir un sorcier qu'on lui avait conseillé et que j'ai faillis en crever. Te dire que j'ai peur de la magie depuis que j'ai été enfermé dans une boule de cristal qui a volé des bouts de moi. Ouais j'aimerai te dire tout ça, pour que tu saches, pour que tu comprennes surtout. J'ai pas besoin que tu dises que t'es désolé, que tu me consoles ou que tu jures que ça arrivera plus jamais. C'est pas ça que j'attends. Non. Je sais même pas ce que j'attends de toi, Jake. Je sais pas pourquoi je reste plantée là, devant toi à te dire tout ça. Peut-être pour justifier ma présense à Fort Volsek. Peut-être que je suis juste conne et que j'ai besoin de tes bras, de tes lèvres, de toi tout entier. Peut-être que je veux te retrouver, avant Seth, avant ton Inferis. Quand c'était facile, quand y avait pas la merde autour. Que tu redeviennes quelqu'un dans le chaos de mon existence.

Et il me secoue Jake, ma tête dodeline d'avant en arrière et il dit que j'vais pas mourir. Ça me vrille à l'intérieur, la secousse n'est pas que physique, elle se répand partout à l'encéphale comme une vague qui dévaste tout des pieds à la tête. Le cœur se serre, se broie, la sensation est horrible, désagréable, j'ai l'impression d'en crever. Il se redresse d'un bond et je retombe, cul par terre, totalement déboussolée, l'âme en friche. J'ai envie de chialer comme une gamine, de me rouler en boule dans un coin. De fermer les yeux, de boucher mes oreilles en attendant que ça passe, en attendant que la déchirure cesse. Mais je n'en fais rien, reste au sol sans bouger, sans me retourner, totalement perdue. Je sais plus quoi faire, Jake. Je comprends pas tes réactions. Je comprends rien et je me sens... si seule et si paumée, là. Ça m'empêche de respirer et ça fait mal, partout putain, partout. Et alors que je suis déjà à terre, KO, il assène le coup de grâce. Il remet tout en cause, ma présence ici. Il anéantit mes rêves d'une poignée de mots qu'il me balance à la gueule, m'assurant que je deviendrais jamais chasseuse. Pas parce que je serais pas assez bonne mais parce que ma maladie me crèvera. Je le regarde alors, cherche son regard parce que je dérive, là. Je dérive vraiment et y a plus rien pour me raccrocher.

Il baragouine des trucs de génétiques dont je pige rien, encore trop choquée pour piger quoi que ce soit, pour décortiquer les mots. Il me semble entendre un terme que je n'assimile pourtant pas. Et il vient se poser devant moi, s'agenouille alors que je me décompose. Il dit des trucs qui n'ont pas de sens, Jake. Des trucs qui me font écarquiller les yeux et oublier de respirer.

« Quoi... » finis-je par lâcher dans un souffle perdu.

Je recule légèrement, manière de voir son visage sans qu'il soit flou. Les sourcils se froissent d'incompréhension et tout mon être vacille. Une faiblesse dans le bras sur lequel je prends appuie manque de me faire m'écrouler. La poitrine se soulève dans une rythmique aléatoire, pourrie.
Comment tu peux faire de moi ce que tu combats.. .Comment tu peux Jake...

« Non ! » feule-je.

« Tu veux... tu veux faire de moi un monstre Jake ? Du genre sanguinaire qui bouffe des gens, des innocents ? Tu veux faire de moi une bête monstrueuse, putain ! Et il se passera quoi, Jake, si un contrat tombe sur ma tête ? TU FERAS QUOI JAKE ?! TU ME TUERAS ?! »

Et il y a les larmes qui inlassablement se déversent sur mes joues sans même que je ne les remarque.

« Tu donnes à ceux qui veulent me tuer, un permis pour le faire, tu t'en rends compte ? » lance-je d'une voix brisée.

« Si tu veux te débarrasser de moi y a des moyens plus efficace que ça Jake... » ajoute-je dans un murmure, les yeux rivés sur le sol qui, il me semble, se dérobe sous moi pour m'avaler.

Parce que je doute tout le temps. Parce que je sais pas si tu m'en veux, si tu pardonnes, si tu me détestes. J'comprends pas. J'comprends jamais rien et ça me bute.

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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Mer 16 Aoû - 5:51



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Le feulement. Le déni. Les bras accrochés à ceux d'Eireann, le chasseur la dévisage sans mot, incapable lire toute la détresse qui l'attire vers le néant. Jake raffermit sa poigne sur elle pour lui éviter de sombrer, la zieutant comme si l'incompréhension, la détresse et la colère qui la dévorent de l'intérieur lui échappaient complètement. J'ai jamais été doué pour ça, tu l'sais... Pour la délicatesse. Le tact. Le respect. Il est là, à analyser froidement le cas Eireann, comme si il dresserait la liste des faiblesses et des forces d'une goule. Comme si ce serait facile et vite réglé. Et le refus de cette facilité est pire qu'une gifle cinglante pleine de haine sur le coin de sa gueule.

" Tu veux... tu veux faire de moi un monstre Jake ? Du genre sanguinaire qui bouffe des gens, des innocents ? Tu veux faire de moi une bête monstrueuse, putain ! Et il se passera quoi, Jake, si un contrat tombe sur ma tête ? TU FERAS QUOI JAKE ?! TU ME TUERAS ?! "

Ses orbes se plissent, l'air pantois. Ses lèvres charnues s’entrouvrent, laissant filer son souffle muet... avant que sa mâchoire se referme sur son incertitude. Il hésite. Ce n'est pas tant l'affirmation lâchée dans une prise de panique qui le fait dérailler... mais plutôt... qu'elle l'imagine capable de la tuer sans un once de remord de conscience. Pour quel espèce de monstre de fuck tu m'prends, Eir'..!?

" Si j'aurais voulu m'débarrasser t'toi, tu crois qu'on seraient encore là, à parler !? " qu'il crache sèchement malgré lui, trop secoué pour regretter ses paroles. " Tu crois que j't'ouvrirais les tripes pour 1000$ !? FUCK Eireann, FUCK ! "

Vrai. J'ai pas toujours été très empathique. Ni clément. Et que j'déteste pas l'or contre les belles histoires... Reste que j'ai encore une cervelle dans l'crâne et un cœur qui cogne quelque part là-dans. Il soupire d'agacement, cherchant à retrouver son calme. Parce qu'elle écarte le seul moyen qui lui semble logique pour la sauver. La solution la moins risquée à ses yeux, selon ses connaissances. La colère est là, elle bourdonne dans le creux de son ventre, parce que la donzelle s'entête. Parce qu'il aimerait qu'elle acquiesce sans se fendiller de partout, sans paniquer alors que c'est impossible, pas après tout ça. Ni jamais. On ne propose pas à une donzelle qui aspire à la chasse de devenir une poilue. On propose ça à personne. Jake sourcille, néanmoins, après s'être répété l'une de ses phrases mentalement.

" Qui ça ? Qui ça qui veut te tuer ? Les amis d'Max ? Qu'tu sois chasseuse ou non, tu crois que ça les empêchera vraiment de t'tuer ? L'Elit est pas blindée contre les humains, Eir', l'Elit s'occupe des dents-longues et des nécros... "

Tu veux partir en vendetta ? Si tu veux abréger tes souffrances, ça aussi c'est un bon moyen.

" Peu importe où t'es et qui tu seras devenue, si ils veulent te retrouver, ils le feront... suffit que toi tu puisses te défendre. Et idéalement, faudrait que tu sois encore capable de te tenir debout c'jour là... "

Viens m'dire que tes traitements t'aident vraiment à te remonter. Fais-moi croire que la douleur te poussera jamais à chercher des solutions plus radicales... suffit d'un type avec de beaux mots... et tu gouttes à ce que t'as déjà vendu, que t'en deviennes accro, que tu t'penses sur la bonne voie. Puis que ça s'arrête subitement. Que tu deviennes l'un d'eux. Les vrais monstres, sont ceux nés d'la malédiction des Inféris... pas d'leur bénédiction. Ce sont eux, les plus imprévisibles... ce sont eux qui propagent la gangrène...

Jake avale sa salive. Une gorgée acide et dégueulasse. Il en grimacerait presque si ses traits n'étaient pas aussi draconiens. Parce qu'avoir l'air sévère, ça parvient souvent à convaincre. Ce n'est pas une façade, juste le reflet de la carapace qui lui entoure le palpitant. Qui le protège.

" Tu ... Tu connais Vince. C'est un bon gars. Tu t'souviens ? Celui avec le tattoo de loup sur le bras... Tu détestais pas l'servir au Hell-O. J't'ai souvent vu t'asseoir sur ses cuisses... rire de ses gags à deux balles... " t'as p't'être même baisé avec lui, vu comment il t'chuchotait à l'oreille " ... s'en est un, lycan... et depuis pas mal de temps déjà... " une grimace d'inconfort le défigure un moment, parce qu'il a un peu d'mal à aligner ses idées peut-être dérangé par les images des corps qui se frottent que tu t'es entré dans l'crâne " ...c'que j'veux dire, c'est que... "

Ouais. Qu'est-ce que tu veux dire au juste ? Que l'plus important en tant qu'lycan, c'est de garder tes griffes sagement rentrées pendant le shlack pour éviter d'avoir un jeune contaminé à materner ?

" ...le boulot d'un chasseur... c'est pas juste de tuer des non-humains en échange d'un paquet d'fric... c'est ... c'est aussi de protéger l'équilibre... d'un côté comme de l'autre... des contrats bidon, j'en ai eu. ... et les monstres méritent pas tous d'être tués... "

Comme elle. Celle qui m'a sauvé. Celle qui en avait sauvé d'autres avant moi. Celle que j'aurais du suivre au lieu d'abandonner... Celle que j'aurais du aimer... Celle qui s'est faite tuer parce que j'étais pas doué pour ça... Sa mâchoire se serre à nouveau, broyant ses paroles. Mâchant tout ce qui vient avec. Son regard malaisé se jette autour de lui, parce que sa dernière solution risque aussi de lui déplaire.

" ... j'connais des sorcières... pas mal puissantes qui pourraient t'examiner... "

Mais à quel prix... ça... il l'ignorait. Et les conséquences également... Jake finit par soupirer, à bout de souffle et de ressources. Son attention revient sur elle, il dévisage ses yeux rougis tour à tour avant de marmonner.

" ... on fera comme tu voudras... "

Quoiqu'tu décides... J'te demande même pas d'être forte. Juste de t'accrocher à moi, ... et d'me faire confiance... Fuck... fais-moi confiance...

"... mais laisse-moi t'aider ... "

Ses doigts s'accrochent à sa joue maladroitement, son pouce vient lisser sa tempe humide.



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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Mer 16 Aoû - 15:56

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Je ne veux pas être un monstre. Je ne veux pas être une bête qui a faim de chair. Et si personne n'arrivait à me contrôler, si le loup prenait le pas sur l'humaine qu'est-ce qui se passerait ? Je serais pleine de cette rage qui animera ma carcasse, fera luire mes yeux. Je devrais me cacher ? Rester sagement attachée ? C'est quelle genre de vie, ça ? Ça rime à quoi si je deviens mon propre ennemi ? Qu'est-ce qui se passera, Jake, si un contrat tombe sur ma tête ? Si toi tu me tues pas, d'autres le feront pour toi... T'as vraiment envie que l'histoire se répète ? Parce que Seth ne doit pas être le seul déglingué, Jake. Il doit y en avoir qui agissent dans l'ombre. L'argent. Les gens tuent pour ça, tu crois que vous êtes différents ? Tu crois que l’appât du gain ne rend pas fou ? Malgré sa fortune colossale, Seth tuait. Tuait tout le temps pour des sommes folles que d'autres fous étaient prêts à lui verser. Il n'a pas d'odeur, ni de couleur l'argent. Et je veux pas être celle qu'on abattra dans les règles... Ce n'est pas une solution... C'est une malédiction...

Et la colère est contagieuse, elle vibre jusqu'à lui, rampe sous sa peau et il crache plus qu'il ne parle.  Je renifle, essuie les larmes d'un revers de main. J'en sais rien si tu pouvais me tuer, pour mille putain de dollars de merde. J'en sais rien Jake. J'sais pas qui je suis pour toi et j'ai peut-être pas envie de le savoir. Parce que ça rendrait ça encore plus compliqué que ça ne l'est déjà. Mais tu feras quoi si ça arrivait, sérieusement ? Tu me cacherais, où ça ? Au Hell-O, sous terre ? Et tu viendrais me rendre visite de temps en temps comme on vient voir un malade sur son lit de mort ? Ça n'a aucun foutu sens tout ça, tu le sais, je suis sûre que tu le sais. J'ai pas passé des années à survivre pour me contenter de ça. Je peux pas. Eddie ne me laissera pas faire, elle croit en moi plus que moi-même. Et je peux pas la perdre elle, tu comprends ? Elle a été là, là tous les jours depuis que cette balle s'est logée dans mon bide. Du réveil au coucher. Pendant les cauchemars et les rires. Je hurle presque chaque nuit, Jake. Hurle à m'en péter les cordes vocales. Incapable de me défaire de cette journée infernale qui recommence encore, encore et encore, comme une boucle, un cercle infini, vicieux. Et parfois t'es là, avec ce petit sourire en coin que peu de gens arrivent à déceler parce que t'as toujours l'air de faire la gueule. Mais moi j'ai appris ouais, j'ai appris à reconnaître tes mimiques. Même si j'suis incapable de lire dans ton regard, de lire dans le reste de tes gestes, y a des traits que je reconnais... Je te demande pas de me sauver, juste... d'être là, ouais. Même si c'est pas parfait, même si on comprend pas tout.

Jake, il semble assimiler une information donnée plus tôt. Il parle des amis de Max, de ces gens qui veulent me tuer, s'imagine que je vois en l'Elit la seule façon de pas être tuée. Mais je sais que ça fera pas de moi Robocop ou une connerie du genre. Je sais que je pourrais crever quand même. Mais je serais apte à me défendre et à me protéger. Parce que c'est ce qu'on m'aura enseigné. Et je pourrais te dire tout le mal que pensait Seth de cette institution, te dire que je le fais aussi par vengeance puérile, continuer en te disant que je le fais pour Eddie, aussi. Pour marcher dans ses pas. J'ai pas besoin d'argent, ni soif de sang. Mais je crois... Que ça me donnerait le sentiment d'appartenir à quelque chose, de ne plus être à la dérive en attendant que la mort vienne me cueillir.

« Ils ne sont pas tous humains, Jake. Max était devenu vampire, voulait devenir immortel. Il a engendré des montres comme lui pour le protéger. J'étais là quand il est mort, ouais. Enfermée dans une putain de piaule dans son hôtel luxueux. Tu sais pas qui il était. Tu sais pas ce qu'il m'a fait... Et quand ses sbires comprendront, ils viendront me chercher et j'préfère crever plutôt que d'être injectée dans un réseau de putains, Jake. »

Parce que je sais que j'y survivrai pas, pas comme ça. Ils traitent les meufs comme du bétail. C'est pour ça que j'vendais sa merde, pour m'éviter de finir là-dedans. Parce que c'est une chose de vouloir se faire un peu de blé en vendant son corps, sans rien devoir à personne. S'en est une autre d'être enfermée et utilisée comme un accessoire pour des cinglés en manque de sensations. Qu'importe qu'ils soient dix ou vingt. Et Jake me parle de Vince, il me faut une poignée de secondes pour remettre un visage sur son nom. Un habitué du Hell-O qui appréciait ma compagnie. Il était sympa et drôle mais avait les mains baladeuses. Il chuchotait des conneries à mon oreille sur ses voisins de table. C'est comme ça que j'ai su que Kent s'était fait mordre la queue par un serpent et d'autres anecdotes du genre. J'hoche la tête et arque les sourcils lorsqu'il m'avoue que c'était un lycan lui aussi. Suspendue à ses lèvres, j'attends la suite qui tarde un peu à s'extirper de ses lèvres.
Je sais tout ça, je sais qu'ils ne méritent pas tous d'êtres tués. Rhydian mérite tout sauf la mort. Mais ce n'est pas le problème. Le problème c'est qu'il suffit d'un seul contrat pour me retrouver avec des chasseurs au cul. Peu importe si c'est juste ou pas. J'ai peur Jake.
J'ai l'impression d'être prise dans un étau. C'est le bordel dans ma tête, j'suis perdue, complètement larguée et foutrement effrayée. J'veux pas mourir, tu sais. Cette maladie me bute et j'peux rien faire pour l'arrêter... Parce qu'on guérit pas d'une hépatite.
Jake, il offre une autre solution, hésite à la formulation. Je ne dis rien, me contente de le regarder. Tu sais que la magie à des conséquences ? Qu'il y a toujours un retour de bâton... En tout cas moi, je l'ai appris à mes dépends.

Puis il lâche prise, comprend que rien ne semble m'emballer ou peut-être qu'il en a marre que je me braque ou que j'ferme ma gueule, je sais pas trop. Il baragouine, ajoute qu'on fera comme je voudrais mais insiste pour m'aider. Et je me noie dans l'azur de ses prunelles. Un sourire triste étire mes lèvres, les paupières clignent lentement comme remerciement muet.

« Ok. » souffle-je. « On ira les voir si tu veux... Tes sorcières... Même si j'ai peur. Je veux bien essayer... Si t'es là. Que si t'es là. »

Je veux bien essayer pour toi, pour moi. Parce que je te fais confiance, aveuglément. Parce que … Parce que c'est comme ça, ça s'explique pas.
Et il n'y a pas besoin d'explications, de détails supplémentaires à apporter. Pas besoin de raconter l'impensable, de parler de ces sorciers qui ont croisés ma route, d'accorder de l'importance au passé que je tente d'effacer naïvement. Comme si toute la crasse de mon crâne pouvait se dégager aussi facilement.

Et la main s'avance, effleure son poignet avant de s'en saisir pour le tirer vers moi. L'autre glisse à sa nuque et pince légèrement la chair. Je me redresse sur mes genoux, le surplombe tout juste et pose mon front contre le sien.

« Me laisse plus. Plus jamais. Me laisse plus partir... » murmure-je.

Parce que j'ai besoin de toi dans ma vie. Parce que tu comptes, que t'as compté dès le premier jour. Peu importe la place que tu voudras bien me donner. Peu importe si je dois ravaler ces envies sournoises dès que je te vois. Ces envies de te toucher encore, de sentir ton souffle si proche, si proche que mon cœur déraille. J'arriverai peut-être à ne plus frissonner à ton contact comme maintenant. J'oublierai que j'ai envie de goûter tes lèvres pour me souvenir de ce que ça fait. J'me mentirais si c'est pour te garder. J'me ferais croire que tu n'es qu'un maître d'armes, qu'il n'existe aucune attraction physique et que ça ne me fait rien quand t'es là. J'arriverais à me convaincre, même, qu'il n'est jamais rien arrivé.

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Dernière édition par Eireann Campbell le Lun 16 Oct - 15:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Ven 8 Sep - 5:45



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Les doigts accrochés à la main tremblante d'Eireann, Jake passe son pouce sur les phalanges, distraitement, y laissant mourir les souvenirs de Max et de ses alliés. Les monstres c'est comme les hydres, suffit d'en trancher une tête pour que deux repoussent. Les ennemis, ils vont s'enchainer aussi longtemps qu'ton épée gardera son tranchant. Si c'est pas Max, ça en sera un autre. Si les dents-longues finissent par te foutre la paix, d'autres viendront... ou ce sera les poilus, puis les brasseurs de marmites. Si tu crois que tu t'es fais des ennemis dangereux durant tes dix dernières années, combien tu crois que j'en ai ramassé pendant trois siècles ? Les chasseurs sont peu nombreux... pas juste parce que l'épreuve les tue sur la table... mais parce qu'ils crèvent... ils crèvent tous au combat...

Mais il souffle. Presque soulagé quand elle lui concède la victoire. Qu'elle accepte de s'faire examiner. Il hoche la tête, acceptant silencieusement sa condition, cherchant à relever son regard du sien. J'y connais rien aux maladies d'fuck, ni aux abracadabras... mais j'te laisserai jamais t'battre toute seule. Et j'payerai si y faut, en or, en sang, j'en ai rien à foutre, y'aura rien d'assez cher ou d'trop risqué pour que ça t'empêche de guérir...

Quelque chose le happe, ses yeux suivent le mouvement du corps qui se glisse devant, accroché à son derme. Quelque chose lui bouffe l'échine, lui arrache un frisson. Sa main glisse naturellement contre sa hanche, remonte dans l'creux de son dos. Il cligne des yeux en inspirant lentement, cet air chaud qui s'extirpe des lèvres ourlées, il avale à pleine gueule son feulement de supplications...

" Me laisse plus. Plus jamais. Me laisse plus partir...
- ...j'ai pas envie qu'tu partes. "

J'ai jamais eu envie de t'laisser partir. Même si j'l'ai fait. C'était plus facile de croire tes mots qui sonnaient faux que de t'retenir... et de devoir te répondre quand tu m'aurais demandé c'que j'en avais à foutre que tu restes ou non. J'crois que ça m'arrangeais bien, au final, que tu partes ça m'évitais de d'voir le faire à ta place...


Il abaisse la tête, ses lèvres effleurent la peau chaude, il expire. Les yeux fermés, étourdi par les battements des palpitants qui cognent trop fort. Ça pince. Ça coince. ... on dirait... la peur... de ses propres gestes, d'autres regrets. Alors ça s'enclenche..., soudainement, l'odeur de la gueuse revient lui mordre le nez, la trace de ses fluides, le regard mort de la nécrophage le fixe, pleine de jugements. Et quand il croit perdre pied, il s'accroche à la raison. Froide et placide. Son mécanisme de défense inconscient depuis plus de trois siècles...

" ...faut y'aller... "

Maintenant. Tout d'suite. Avant que tu changes d'idée... avant que tu disparaisses parce que la peur va avoir pris le dessus sur tes sentiments. Sur tes promesses. Tu m'as donné la permission de t'aider, alors j'vais l'faire. Surement mal, surement pas comme t'aurais voulu... mais j'vais l'faire, parce que c'est qu'il faut faire... J't'amène voir les sorcières... là... maintenant... tout d'suite.

" Faut juste que j'laisse ça à Deb' avant... ce s'rait con d'gaspiller... " surtout après c'que j'ai du faire pour l'avoir... " ...rhabilles-toi, on a une longue route à faire... "

Parce qu'à elle aussi, j'lui ai promis un truc et faut jamais avoir une sorcière contrariée sur le dos.
Jake laisse à Eireann à peine le temps e replacer ses idées et de s'habiller qu'il serre sa main dans la sienne beaucoup trop fort, comme si il craignait de la voir s'enfuir pour mieux l'entrainer dans la tour avec lui. Le chasseur se contente que d'abattre sèchement la tête de la nécrophage sur une table et de donner les échantillons recueillis à Deb' sans grandes cérémonies avant de délaisser la sorcière, Eir' sur les talons. La main toujours bien attachée dans la sienne. Parce que j'te laisserai pas partir.

...

Jake s'avance dans le long couloir qui borde la pièce centrale du temple du Lux Aeterna. L'immensité de la flamme éternelle qui brûle en son centre leur réchauffe le coté du visage. Plusieurs adeptes sont recueillis autour, priant silencieusement pour leur propre salut. Il y a quelque chose de très solennel dans cet endroit déjà impressionnant par sa candeur et son architecture particulière, de quoi convertir les moins croyants. Jake étire le regard à la recherche de Leah, les sourcils froncés. Il finit par la trouver dans l'infirmerie, comme toujours. La jolie prêtresse aux longs cheveux blonds et aux tâches de rousseurs sur le dessus du nez s'avance vivement vers lui, s'accrochant à son cou pour lui embrasser les joues.

" Jake ! ... "

Agréablement surprise, elle n'hésite pas à offrir ses sincères salutations à Eireann qui contrairement à elle, semble visiblement mal à l'aise.

" Bienvenue au temple du Lux Aeterna, mon nom est Leah, je suis ravie de vous rencontrer ... alors dites-moi, quel bon vent vous amène ? "

Pas un vent... une tempête. Une fucking tempête de merde et des rivières sanglantes.

" Tu connais quoi aux hépatites... " demande le chasseur en assassinant l'ambiance déjà précaire.

Le visage de la guérisseuse s'affaisse légèrement, ses sourcils se froncent d'introspection alors qu'elle adresse un sourire compatissant à la donzelle blonde, devinant qu'il s'agissait de son cas et non de celui du chasseur immunisé par définition. Elle finit par retrouver son zèle, lui offrant un nouveau une attitude réconfortante.

" Suivez-moi, je vous prie... j'aimerais vous examiner, si vous me le permettez..."

Jake acquiesce bien avant Eireann. C'est pour ça qu'ils sont là, non... il tend le bras pour la laisser passer devant.

Restant pas loin derrière.



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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Mar 19 Sep - 16:39

LOSE IT

Jake & Eir


Et on s’englue dans nos regrets, dans nos peurs. Les miennes, surtout. Et je quémande son attention, son affection. Comme une môme complètement paumée qui déraille et qui ne sait plus où aller. Alors je m’accroche à lui, à lui maintenant. Parce qu’il n’y a que lui dans mon horizon à cet instant. Que lui qui me fait face. Que sa main qui remonte de ma hanche jusqu’à la cambrure de mes reins. Et j’ai envie de lui, de l’embrasser, de le savourer, de me lier pour ne plus perdre pied. Parce qu’il n’y a que ça que je connais, que ça que je sais faire pour m’attacher, pour ne plus tomber. Mon corps se tend vers lui, le désir à en perdre la raison, à en oublier tous ces mois, toute cette rancœur. A en oublier l’endroit et les idées pourtant ancrées à la psyché. Celle de devenir chasseuse, de devenir comme lui, de devenir ce qu’il ne veut pas que je sois pourtant. Et les phalanges effleurent, mémorisent ses contours. Un soupir et son souffle chaud sur ma peau. Je m’approche, le respire encore alors que mes hanches s’agitent machinalement. Et Jake il me fait ouvrir les yeux précipitamment, me coupe dans mon élan, cloue ma respiration. Il dit qu’il faut y aller et ça me pousse vers le néant, vers l’absence totale de raisonnement. Je me rhabille mécaniquement, ne comprend pas pourquoi il arrête, pourquoi il fait ça, pourquoi il se lève et pourquoi et pourquoi et pourquoi il ne veut pas de moi.
Et ça me secoue, me choque, me blesse même. Totalement désaxée, incapable de penser à autre chose qu’à ces milliers de pourquoi qui se bousculent dans ma caboche. Il me traine pourtant, monte les marches de la tour sans envie, les dévale par la suite dans un même mécanisme. Et il n’y a plus de mot qui sort de ma bouche. Plus de questions, plus de demande d’attention. Il n’y a que l’azur de mes yeux qui le scrute, le détaille, cherche à comprendre encore.
Parce que je suis pas assez bien, peut-être ? Parce que j’ai perdu de ma valeur en baisant avec ton pire ennemi ? Parce que tu préfères ta sorcière ? Depuis quand tu te formalises de ce genre de choses, Jake ? Depuis quand tu me rejettes ? Depuis quand ça a une quelconque importance ce que je suis, ce que j’ai fait, ce que je veux faire ?

Je ronge mon frein, me tends pour ne pas dégueuler une insulte, une connerie. Je me musèle et le laisse me conduire je sais pas trop où. Et les promesses ont le temps de se fissurer sur le chemin. Une fois arrivée je n’ai plus envie qu’il m’aide, je veux rentrer chez moi, dans cet appartement vide et froid. Je veux retrouver ce confort impersonnel qu’offre les murs blancs et sans vie de ce putain de foyer qui porte mon nom. C’est le bail qui le dit. J’ai envie de lui dire que c’est bon ça suffit maintenant, que c’était pas une bonne idée, que je suis une cause perdue et que ça sert à rien de vouloir essayer. Ouais je voudrais lui dire qu’il y en a d’autre qui ont voulu essayer, qui ont tenté de m’arracher cette merde et que ça n’a pas fonctionné. Que c’était pire. Que ça a donné naissance à un bâtard qui s’est formé là, dans mes entrailles. Et je peux pas. Non, je peux pas laisser quelqu’un me toucher encore. Parce que j’aime pas qu’on me touche, qu’on m’effleure. Parce que j’ai plus confiance, que je connais ces gens par cœur. Qu’ils ne me veulent pas du bien, putain.
Et j’ai envie de lui gueuler qu’il est con, qu’il ne comprend pas et qu’il ne comprendra jamais. Parce qu’il sait pas, qu’il veut pas comprendre comment je fonctionne. Que j’avais besoin de lui, de lui vraiment. De la chaleur de sa peau contre la mienne qu’importe les fluides dégueulasses, qu’importe l’endroit. C’est de lui, seulement lui dont j’avais besoin pour faire taire les peurs, pour calmer l’aigreur. Mais t’as pas pigé, t’as pas voulu, t’as pas saisis.

Et on marche sur les pavés, de larges pierres pareilles à du carrelage d’imitation. Sauf qu’il n’y a pas d’enduit entre et que ça rend ça plus réel. Mal à l’aise, l’endroit intimide, me fait me sentir merdique. J’ai qu’une envie, faire demi-tour à peine les premiers pas sont effectués. Mais la beauté de l’architecture laisse mes yeux s’arrondir et s’émerveiller en regardant tout autour. Et si ça se veut reposant, je me sens très vite pas du tout à ma place. L’estomac se noue, les doigts s’agitent et le cœur tambourine. La marche mécanique accompagne Jake et la flamme réchauffe le visage d’une manière qui me semble pourtant si désagréable. Sans doute parce que j’ai pas du tout envie d’être ici. Et une blondinette se met à cavaler, me fait reculer d’un pas quand elle saute dans ses bras à lui. Les sourcils se froncent tandis qu’elle embrasse sa joue. Elle a le timbre clair, se présente avec une joyeuseté qui me laisse pantoise. Elle a un petit nez retroussé, et des tâches de rousseurs. Elle me fait penser aux enfants, trop enjouées, le genre que j’ai oublié d’être un jour.
Je reste muette comme toujours, incapable de décrocher un « salut » ou un « bonjour ». Y a rien qui veut sortir de mon gosier asséché. Il n’y a que mes jambes qui veulent courir d’un côté ou de l’autre.
Jake il balance le sujet de l’hépatite comme on demande comment ça va. La blonde est déstabilisée sur l’instant, son sourire perd en énergie avant de se reprendre, tournant son visage angélique vers moi. La compassion dégueule de ses traits. Et j’sais pas si j’aime vraiment ça. On sent à son attitude qu’elle ne se force pas, que c’est inné chez elle, cette compassion, cette notion si abstraite pour la plupart des gens qui se forcent à l’être en croyant bien faire. Et il y a quelque chose chez elle, d’unique, de sincère. Ouais. Un truc que j’arrive pas bien à définir et qui fait que j’ai pas encore dégagé mon derche de ce temple.

Et elle demande de la suivre quand mes yeux s’arrondissent, blindés d’une panique débile. Comment ça tu veux m’examiner. Non. Non. Fais tes trucs à distance putain, t’es une sorcière ou t’es une diseuse de bonne aventure ? Fuck !!!!
Je recule d’un pas, encore, quand Jake acquiesce à ma place m’ouvrant le chemin de son bras pour que je la suive elle. Et ma tête qui se balance de droite à gauche et qui dit non, qui dit toujours non. Et mes pieds qui reculent encore, la respiration qui devient anarchique et qui me donne l’impression de manquer d’air. Crise d’angoisse, ni plus, ni moins.
Parce que tu sais pas putain ce qu’ils m’ont fait Jake, tu sais pas et tu m’emmerdes ! PUTAIN TU M’EMMERDES !

« Non, non, j’veux pas, j’veux pas, non. » répète-je inlassablement dans un murmure qui ressemble pourtant à des cris dans ma tête.

Et je bute contre de la pierre, une paroi, un mur. Je m’y moule comme si je pouvais me fondre à ce dernier, comme si c’était possible. Elle s’approche la blonde, avec ses mots tendres et sa voix qui chante telle une berceuse. Elle dit que tout va bien, qu’elle ne veut pas me faire de mal, qu’elle veut juste savoir où se trouve le mal.

« Partout, partout. Touche pas. » souffle-je terrifiée.

Elle sourit, sourit tout le temps, de cette belle dentition blanche qu’on pourrait lui envier. Sa main se tend et je la dévisage comme si elle était un instrument de torture à elle seule. Et il y a les larmes et les « j’peux pas » quand elle assure et rassure qu’elle peut aider, qu’elle répète sans jamais se lasser qu’elle ne me fera rien, rien que je ne veux pas. Mon regard trouve celui de Jake qui semble pas vraiment comprendre, sans doute s’agace, qu’est-ce que j’en sais. J’ai jamais été capable de piger. Elle l’empêche d’intervenir parce qu’elle veut gagner ma confiance. Et comment j’peux faire confiance à des gens comme toi qui m’ont fait du mal ?
Et le temps s’étire sans qu’elle ne flanche, jusqu’à ce que je me calme un peu et retrouve un semblant de raison, quittant mes pompes de gamines pour reprendre celles de l’adulte.
Je finis par obtempérer, accepte de la suivre sans pour autant l’approcher de trop près. Une nouvelle pièce, des bougies et une odeur d’encens se répand dans l’air, mélange de plantes dont je ne reconnais que le bois de santal. Et elle invite à s’allonger, là, par terre, sur un espèce de matelas. Même rengaine, je me braque quand elle demande à nouveau avec toute la gentillesse et la patience dont elle est capable de faire preuve.
Je m’exécute en lâchant un regard à Jake. Du genre qui veut dire, j’te déteste de me faire subir ça.
Et elle passe ses mains au-dessus de moi, quand j’accroche vivement son poignet. Geste qui la fait sursauter et pousser un hoquet.
Elle promet qu’elle ne touchera pas, sa moue surprise retrouvant très vite son assurance et cet apaisement qu’elle dégage en tout temps.
Y a cette espèce de chaleur qui me traverse sans que ce soit douloureux ou désagréable. Les poings se serrent et la blonde dit qu’il faut que je me détende. Elle ne tarde pas à repérer le mal accroché au-dessus de mes entrailles.
Et Leah, elle a l’air vachement emmerdée quand elle s’arrête, son visage se peint d’un sourire un peu triste. Je me relève, trop contente que ce soit déjà terminé.

« Vous souffrez d’une maladie purement humaine Eireann et notre magie ne peut vous guérir. Je ne peux que diminuer les symptômes mais ne peut traiter la cause, j’en suis navrée. »

Et elle regarde Jake, s’adresse à lui plus qu’à moi cette fois.

« Nous ne faisons pas ce genre de choses Jake. Nous ne pouvons traiter ce genre de mal humain, ce serait contraire à l’équilibre. Une vie pour une vie. »

Et l’œillade qu’elle lui lance semble vouloir dire un truc. Ce délire d’une vie pour une vie. Et quoi, faut sacrifier une chèvre, un macaque, un serpent, un bébé nain ?

« C’est pas grave, merci Leah. »

Les seuls mots que j’arrive finalement à prononcer sont ceux-là. Parce qu’ils veulent dire au revoir.


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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Lun 30 Oct - 3:56

   

LOSE IT
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Tout dégueule d'Eireann. Son amertume, cette peur latente qui bourdonne dans ses tripes, cette panique qui s'installe dans sa cervelle à chaque pas qui raisonne dans le temple. Elle n'a pas envie d'être là. Faut pas être un brasseur de marmites pour comprendre que ses promesses, elle les lui enfoncerait bien dans l'cul si ça pouvait lui permettre d'être ailleurs qu'ici. C'est sans doute pour cette raison qu'il marche si près d'elle, juste au cas où l'idée de prendre les jambes à son cou la pousserait à agir. Et c'est pire encore quand Leah apparait, qu'elle demande à la donzelle. C'est pas le moment de se taper une crise d'apoplexie... Jake grimace un peu, passe sa main sur son bras pour l'inciter et lui rappeler qu'elle ne craint rien du moins, pas tant qu'il sera là. Parce qu'il sait pertinemment qu'aucune once de malice erre dans la cervelle de la guérisseuse.  

Il comprend rien. Rien de cette terreur qui la gagne... de son regard horrifié, comme si le monde de la magie lui échappait totalement. On aurait dit une bestiole prise en piège devant des prédateurs affamés, comme si Leah lui avait promis de la lobotomiser à sec...  

" ...oui tu peux. T'es venue ici pour ça... du calme... " un mélange de calme fendu par une colère sournoise. T'as dit que t'acceptais de t'faire examiner FUCK tu vas pas reculer... tu peux pas reculer... Et les doigts légèrement serrés, il s'avance peut-être pour la saisir, peut-être pour tenter de la reconnecter avant qu'elle s'envole trop loin dans les méandres de ses pensées disproportionnées. Mais Leah le lui interdit, l'obligeant d'un signe de main à ne plus bouger. Elle devine que Jake est un canalisateur, mais il est aussi maladroit et impatient. La confiance qu'Eireann doit porter en elle est bien plus importante que ne pourrait le penser le chasseur. Alors elle insiste sans violence, usant de son charisme naturel pour apaiser le mal qui ronge la donzelle. Le tueur de monstres reste un peu pantois, les sourcils froncés, les traits tirés par l'inquiétude. Ses orbes voguent d'une tête blonde à l'autre jusqu'à ce Eireann concède la victoire à Leah...

Le chasseur demeure silencieux, à défaut d'apporter quoique ce soit d'utile. Il s'installe en retrait, le dos appuyé au mur les bras croisés, il ramène la semelle de sa botte contre le gypse sans les quitter du regard. L'odeur de l'encens lui percute le nez, lui arrachant une faible grimace. Son regard toise celui d'Eireann qui le perce, pleine de rancoeur. C'est ça, t'essayeras de m'assassiner plus tard, maintenant contente toi de guérir...
Les mains de Leah s'agitent et il se braque quand Eireann s'en prend à elle. Mais il attend, parce que contrairement à la blonde allongée, lui, connait toutes les qualités de la guérisseuse. Alors elle s'active... et quand son visage se fend, Jake devine que le verdict sera loin de lui plaire...

" Nous ne faisons pas ce genre de choses Jake. Nous ne pouvons traiter ce genre de mal humain, ce serait contraire à l’équilibre. Une vie pour une vie. "

Quelque chose implose. Même si il l'avait vu venir, quelque chose qu'il n'arrive pas à canaliser. La colère due à l'abandon. La fatalité. La fucking fatalité qui s'abat tout naturellement. Life is life. Ses bras se sont déliés, son dos a quitté le mur pour s'avancer vers la guérisseuse, presque menaçant. Ses mots percent, menaçants, et déchirent ceux d'Eireann qui accepte beaucoup trop facilement cette fuckin fatalité.

" Arrête avec tes conneries Leah... je t'ai vu guérir des fous, je t'ai vu sauver des maudits... c'est qu'une fuckin hépatite, me dit pas que tu peux rien faire pour ça...
- Ces maux n'ont rien de naturel, Jake. Et beaucoup d'entre-eux ont trouvé le chemin de la guérison à travers la foi... Briser l'équilibre entrainerait des conséquences beaucoup plus graves autant pour Eireann que pour moi... " elle parle, la main légèrement levée devant elle en signe de défense. La colère du chasseur est impulsive elle le sait bien, mais de le voir s'emporter ainsi la déstabilise.
" Alors quoi ? Je l'assomme et on l'enterre !? " qu'il gueule avant de se mettre à faire les cents pas " Une vie contre une vie... J'vais t'en amener des vies à sacrifier. Tu veux quoi, un lycan ? Un vampire ? J'en connais des tas qui méritent juste de crever les tripes à l'air... donne moi deux heures et j't'en rapporte un.
- Un sacrifice délibéré ?... vous n'êtes pas sérieux, Jake... " la voix de la jeune femme est plus ferme, malgré la froideur du chasseur " Vous savez que mes pouvoirs de guérison sont reliés à ma pité... si je prends une vie, jamais plus je ne pourrai utiliser la puissance de la lumière éternelle... et je m'y refuse. Nous sommes dans un lieu de culte, chaque âme à droit à son salut. "

Jake s'immobilise une fraction de seconde, l’œil mauvais, mâchant son juron avant de passer une main contre la carrure de sa mâchoire, sur sa repousse de barbe négligée. Puis il se met en branle, frappé par l'évidence.

" ...moi... "

Il tire sur son fourreau, le détache de son dos avant de placer son épée contre le mur. Le chasseur enlève son chandail qu'il laisse choir au sol avant d'aller s'asseoir sur le lit près de celui où s'était allongée Eireann. La guérisseuse lui lance un regard interrogateur tandis qu'il tire sa flasque de sa poche avant d'en descendre plusieurs rasades.

" Tu vas faire ton truc sur moi... " qu'il dit en sapant " ...tu vas m'refiler son hépatite et j'm'occuperai d'la détruire moi-même... "

La jeune femme ouvre la bouche, un peu stupéfaite avant de réduire l'espace qui les sépare, le regard froissé d'inquiétude.

" Un rituel de transfert n'a rien de simple... c'est même très risqué... "
- Quoi ? J'vais avoir des démangeaisons au cul, et après...
- En tant que récepteur, vous aurez tous les symptômes de la maladie de manière condensée... et malgré votre condition particulière, je crains que le rituel vous affaiblisse assez pour nuire à vos capacités de régénération... Vous devez comprendre que vous offrirez également une partie de votre vitalité à Eireann pour qu'elle puisse guérir... Vous pourriez y laisser votre vie, en êtes-vous seulement conscient ?... "
- Hm. Bon, on commence le rituel ou on continue à supposer un paquet d'trucs qu'on saura jamais à moins d'le tester... "
- Jake... " elle insiste, presque suppliante, mais le chasseur l'ignore, englué dans son idée. Il s'allonge même, les doigts liés sur le ventre, la mâchoire serrée.

Il s'impatiente en silence quelques secondes avant d'insister à son tour devant l'inertie et les protestations féminines au dessus de lui.

" J'ai chopé la lycanthropie une bonne centaine de fois, sans parler de toutes les infections parasitaires, gangrène de fuck, pandémie bubonique... j'ai été maudit une bonne dizaine de fois, et tout ça, c'était bien avant que t'apprennes à chier sur une toilette... et à c'que j'sache, j'suis toujours là. Alors tu vas m'lâcher avec tes histoires et faire c'que t'as à faire. Parce que j'partirai pas d'ici sans ma foutue hépatite... "

Les yeux fixés au plafond, il inspire lourdement, emplissant ses poumons de cet air tari d'émotions. J'en ai rien à foutre de mourir. Tu le sais mieux que personne. Tu sais ce que j'ai fais. Pour l'inferis. Tu sais c'que j'ai fais pour Eva. Tu sais ce que j'suis prêt à sacrifier quand j'ai un truc en tête... et que j'ai aucune foutu notion du risque. Alors sérieusement, pourquoi tu gaspilles ton énergie à m'faire chier alors que tu devrais déjà être en train de soulager une des seules personnes qui redonnent un sens à mon existence de fuck...




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MessageSujet: Re: Lose It [Jake] Dim 5 Nov - 14:46

LOSE IT

Jake & Eir



Y a plus rien à faire, je suis un cas perdu, c’est elle qui l’a dit. C’est humain, on traite pas les problèmes humain avec de la magie. Alors merci, salut, au revoir, adios, on se casse mon pote. Mais non. Quand je crois qu’on va juste dire merci à Leah dans une poignée de main, Jake délire. Et il délire grave. Sa colère vient me clouer le bec. Parce que je le connais, que je sais la repérer dans ses gestes et dans sa façon de respirer. Comme la peur. Et je sais plus trop si t’es en colère ou si t’es en train de flipper en réalité, parce que ça se superpose et que je sais pas lire dans tes fucking prunelles qui me dévisagent comme si j’avais fait une grosse connerie. J’y peux rien moi si j’ai chopé cette merde. C’était ça ou crever. Crois-moi que je me demande si j’aurai pas mieux fait d’y crever dans cette maison. Ça m’aurait évité de perdre mon temps avec un dégénéré, ça m’aurait évité la douleur, la physique mais surtout celle qui m’bouffe les tripes chaque jour que j’me lève. Alors me regarde pas de travers, fais pas la gueule, c’est moi qui l'ai cette putain de maladie, pas toi. C’est moi qui suis faible et débile, pas toi putain.
Elle tente de le raisonner alors qu’il est déjà en train de penser aux gens qu’il va pouvoir lui ramener pour les sacrifier... Au nom de quoi ? De moi. Pour me sauver. Et je sais pas trop en fait si ça me comble de joie qu’il fasse ça, ou si ça me fout en rogne. J’ai du mal à assimiler les choses, du mal à capter leur conversation comme si j’étais une attardée. Tu te rends compte un peu de ce que tu veux entreprendre pour moi ? T’sais la fille que t’as lâché, que t’as laissé partir parce que c’était plus facile de le faire. Tu m’as rejeté et maintenant t’es presque en train de bousculer une meuf de la lumière de je sais pas quoi. Mais en fait, t’attends quoi de moi, Jake ? J’te jure que j’y pige rien. Moi j’ai juste besoin que tu sois là, près de moi. J’ai juste besoin de tes lèvres et de la chaleur de nos corps pendant que c’est encore possible. Juste pour me rappeler ce que c’était, que je suis toujours Moi. La gonzesse que t’as ramassé dans une ruelle un soir pendant qu’elle vendait sa came de mauvaise qualité. Celle que t’as laissé entrer dans ta vie et qui partageait ton lit. Celle que tu baisais parfois, de manière sauvage, brutale, juste pour dire qu’on s’appartenait le temps que ça durait avant de repartir chacun de son côté, vaquer à nos occupations. J’veux juste être cette fille-là, à nouveau. Sans la maladie, sans les souvenirs de Seth qui me bouffent la gueule à chaque pas que je fais. Pour l’oublier, définitivement.

Et je les écoute parler, ils font comme si j’étais pas là, comme si mon avis à moi comptait pas. Elle essaye de le mettre en garde, sur les risques que ça peut représenter à cause de cette connerie de transfert. Parce que Jake, il a décidé qu’il serait le réceptacle de mon hépatite comme ça, sur un coup de tête sans même me demander ce que j’en pense. Et ça me défonce, ma bouche s’ouvre et se ferme comme si j’étais devenue subitement un putain de poisson rouge, pas plus capable de penser. Il s’allonge, crache sa bile à la gueule de l’autre blonde qui reste décontenancée par la demande. Elle ne sait plus quoi lui dire, Leah. Elle ne sait plus trop quoi faire mais elle ne peut pas lui refuser. Parce qu’en ce sens, elle n’a aucune raison de lui dire non si ce n’est l’affection qu’elle porte au chasseur. Les mises en garde ont été évoquées, elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour le retenir mais Jake s’en fout. Ouais. Il s’en fout.

« Très bien. Je reviens d’ici quelques minutes… »

Et elle part, Leah. A la recherche de grigris magiques sans doute. Je me plante à ses pieds, les bras croisés et je le dévisage salement.

« A quel moment tu penses que me concerter pour ce genre de conneries serait utile, Jake ? T’es sérieux ? Et si ça foire ? Et si ça se passe mal putain ?! MAIS TU TE RENDS COMPTE QUE CA PEUT TE TUER !? NOUS TUER ?! Dans quel espèce de monde tu vis pour faire confiance à la magie, fuck ! La dernière fois que j’ai fait confiance à des gens comme ça j’me suis retrouvée avec un monstre dans mes entrailles Jake ! Et mon Hépatite s’est jamais barrée ok ?! Alors on se casse putain, on se casse ! »

Je balance un coup de pompe dans les siennes dans un geste rageur. Lui aussi, il décidait tout, tout le temps. Cette simple idée me fait péter une pile. Je me rue sur lui, le frappe comme pour sortir cette merde qu’il vient de s’ancrer dans le crâne. Il me maîtrise trop vite, son corps à lui écrasant mon corps à moi.

« T’as pas le droit, putain, de m’abandonner. Et si tu crèves, je ferais quoi moi ? » souffle-je le cœur broyé.

Leah débarque, racle le fond de sa gorge pour nous indiquer sa présence. Tout de même, il n’oserait pas faire ça… ici. Dans son lieu de culte. Parce qu’elle ne saisit pas elle, le pourquoi du comment ils se retrouvent là, allongés l’un sur l’autre. Non, elle n’a pas vu, Leah, les coups portés et la rage de ces derniers. Alors elle s’avance, le rose s’invitant à ses joues pleines. Quelques herbes sont dans ses mains, ainsi qu’une fiole au liquide bleuté.

On se détache quand j’ai la sensation que j’aurai beau hurler et cogner, Jake ne se détournera pas du chemin qu’il a choisi. Les recommandations, encore et toujours, dictée par Leah et sa voix douce mais pas tout à faire sereine. J’en sais rien au fond. Je n’écoute pas les mots, juste son timbre qui varie d’un mot à l’autre.



La fiole est tendue à Jake puis à moi. Ce truc bleu à des allures chimiques mais Leah assure que ce ne sont que des plantes qui lui permettront de mieux nous lier lui et moi.

« Du coup on va pas devenir des schtroumphs, genre c’est sûr ? Non pas que j’doute de tes compétences ni rien, tout ça. M’enfin j’ai pas non plus envie d’avoir la gueule d’un avatar parce que même si je pense que Luc Besson me prendra dans son prochain film, je suis pas trop fan de la couleur quoi… »


Et je parle bêtement, juste parce que c’est mieux de dégueuler des mots que de dégueuler pour de vrai et saloper mon voisin. Elle arque un sourcil, Leah.

« Ouais, ok. J’me tais. »

Et je me rallonge sagement, les doigts qui se crispent sur mon bidon qui tiennent ce bout de tee-shirt de peur qu’il s’en aille, de peur que la cicatrice soit visible. C’est ridicule mais je ne pense qu’à ça. A ce tissu qui veut remonter quand je m’applique à le maintenir en place. Et y a l’odeur de bois mouillé, de pluie même qui s’insinue dans le nase.
J’ai l’impression que des mains viennent appuyer sur mes épaules pour me clouer au sol. Sol plein d’eau. Je suffoque et suffoque, me noie dans cette flotte alors que le ciel se zèbre d’éclairs.



Pleine tempête, le corps engourdit qui se réveille dans la boue et la vase. L’orage tonne à m’en faire sursauter. J’y vois rien, il fait froid et ça schlingue tout autour. Comme une odeur de mort, de viscères à l’air. Dans ce chaos une porte pourtant, comme si la forêt avait un mur et que la tapisserie se délavait à mesure que l’eau tombait.
Un premier pas sur un parquet en bois. Un pas spongieux à cause de la flotte et de la crasse qui le recouvre. Trempée jusqu’à l’os je me retrouve dans cette vieille maisonnette que je ne connais pas. Dans l’âtre un feu qui flambe les dernières bûches fraichement ajoutées. Des bruits de pas autres que les miens s’ajoutent et je me planque sous la table comme une pauvre gamine. La voix d’un homme retentit.

« JASPER ! VIENS ICI PETIT MERDEUX ! »

Il braille encore et encore, fait les cent pas, racle sa gorge dans un bruit désagréable avant de ravaler son glaviot. La paume de ma main se referme sur ma bouche pour ne pas faire de bruit.
Le môme est attrapé par le bras et secoué dans tous les sens. J’la vois, sa petite tête blonde qui dodeline.

« Regarde ce que t’as fait ! Regarde la merde que t’as foutu partout ! »

Et il chiale le môme. Il chiale encore et encore et dit que ce n’est pas lui qui a salit le sol. C’est pas lui, c’est moi... Et un autre gamin débarque, un peu plus grand. Il dit que c’est lui, qu’il va nettoyer et la maison disparait subitement. Mes genoux se retrouvent dans la boue à l’entrée de la grange. Le bonhomme frappe avec déraison et les traits se confondent avec ceux de mon propre père, et le gamin devient gamine aux cheveux de blés. Devient moi.

Je me redresse, ne comprends rien à ce qui est en train de se passer. Et je hurle un « NON ! » comme si ça pouvait tout changer, comme si tout pouvait s’arrêter. Il me regarde alors, se déplace vers moi et à chaque pas sa carrure s’élargit. Ce n’est plus un père, mon père, mais Seth. Il y a la douleur, celle de son poing dans mon ventre. Je tombe à genoux alors qu’il se détourne pour faire face à Jake qui est là depuis je ne sais combien de temps.

« Elle était belle. C’était quoi son nom déjà à ta ponette ? Misha… Mina… Ah. Mirage. »

Et Seth devient cet autre. Ce père qu’il exècre.

« Tu n’as toujours été qu’une déception. »

« Je te faisais confiance, je t’aimais Jake. » sanglote Mirage.

« Tu as tué toutes les femmes qui t’aimaient, Rhodes. Et tu vas la tuer, elle aussi. Par ton incapacité à protéger et parce que tu n’as jamais eu qu’une pierre à la place du cœur, homme machine, je l’ai toujours dit. » débite Seth, sourire aux lèvres. Il s’approche de lui mais telle une chimère, il est intouchable. Fantôme du passé qui lie et délie les âmes marquées. « Elle est à Moi, Rhodes. Mon odeur à moi partout sur elle, tu ne le sens pas ? Allez, fais un petit effort. »



Parce qu’un rituel de transfert implique le mélange des âmes et que les blessures de l’un deviennent les blessures de l’autre. Une fois le pont instauré, alors la maladie rampera d’un corps à l’autre et se développera telle une gangrène.


©️ MR. CHAOTIK



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RUINS
Beauty in the breakdown. I'm not afraid. The love you never gave me is slipping away. And I loved the voices inside of my mind will never be silenced until I can find a way to let go of what we left behind.
I just sort the ashes and the pain will fade away. Leave with hungry passion it's the price we had to pay…Sometimes love is ours to burn at times.
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Lose It [Jake]

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