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Eyes wide shut

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Chasseur de l'Elit Daemonia
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MessageSujet: Eyes wide shut Mer 21 Juin - 19:31

 
EYES WIDE SHUT

AND I HAVE BEEN POISONED INSIDE. BUT I FEEL SO ALIVE.



Pourquoi faire simple alors que tout pouvait être si compliqué ? Simple, c'était ce qu'il avait espéré. Que tout se déroulerait bien, normalement, dans la mesure où la sorcellerie pouvait être "normale". Pourtant, avec l'expérience qu'il avait, il savait qu'il ne fallait jamais trop espérer. Se leurrer à des résultats positifs ne rimait à rien. Pessimiste ? Non, réaliste. Son voyage aux caraïbes avec Lexie, ce beau rêve éveillé... s'était transformé en véritable cauchemar. Au moins, ils étaient toujours en vie et en un morceau, mais restait qu'il ne pouvait jamais avoir la conscience tranquille. Il savait d'instinct que la poisse lui collait à la peau et que tout était toujours trop beau pour perdurer. Il était de retour depuis seulement deux jours et dès qu'il était revenu à bon port, il avait contacté Blanche pour régler cette histoire de malédiction qui le poussait à éprouver l'envie de se venger. Celle que John Sewall - ou plutôt le fantôme frustré d'un inferis - lui avait légué avant de se faire gober par le néant. Même prisonnier dans un putain de talisman, tu fais chier. Heureusement, jusqu'à maintenant, cette malédiction n'avait occasionné aucun dommage. Elle fonctionnait par phase, parfois dormante, parfois, elle s'éveillait, il avait au moins quelques bons moments de répit. Mais le blondin savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne surgisse à nouveau et il n'avait pas spécialement envie que ça en arrive à ce stade. Le problème avec cette malédiction, était que seule la vengeance comptait... et rien d'autre. Lorsqu'il était dans cet état de rage froide, il se foutait complètement des dommages collatéraux. Blesser ou tuer un innocent pour en arriver à ses fins ne lui faisait aucun pli sur la différence... et c'était le principal problème avec cette merde. Il n'était pas encore allé jusque-là et c'était pour cette raison qu'il avait demandé de l'aide à Blanche. Ça devait faire maintenant des heures qu'il était chez elle et qu'il avait galéré autant physiquement que mentalement à se faire balancer des sortilèges à la gueule pour qu'on lui retire cette malédiction... et tout ça... pour rien ?

« Ça fait des heures que j'suis ici, à suer comme un porc sur votre putain de table chelou, à m'sentir comme un steak sur le grill, et tu m'dis que ça n'a rien changé ? C'est encore là ? »
- Toujours... je ne sais pas quoi te dire, Jasper. Cette malédiction provient d'un inferis et visiblement... il s'est assuré que personne ne la brise.

Le blondin s'agite sur le fauteuil, encore ébranlé et surtout épuisé, le regard perdu et à la fois angoissé.

« J'vais foutre quoi maintenant ? J'peux pas vivre avec ça tout l'temps, Blanche. J'vais finir par tuer des gens qu'il faut pas. J'en ai rien à branler de tuer des gros méchants qui m'ont fait chier, c'est pas l'problème. Le problème, c'est que j'fais plus la différence quand j'suis dans cet état. Mon seul but, c'est d'faire mal à ces gens-là, peu importe la façon et peu importe si j'trucide un pauvre type qui n'a rien à voir pour y arriver. J'veux pas tuer des innocents... faut trouver un moyen. J'sais pas... tu pourrais téléphoner Aurora. Elle sait peut-être comment y arriver... »
- C'est déjà fait... je crois que... selon elle, en voulant t'aider... j'ai aggravé la situation.
« Qu... quoi ? Putain, mais... comment ça aggraver ?! »
- Plutôt que de la retirer, je l'ai... amorcé pour de bon. Je ne m'attendais pas à ça. Ce John, il avait tout prévu. Si on tente de briser la malédiction, le contraire se produit... elle s'amplifie. Aurora croit que la seule façon de la retirer, c'est qu'un sorcier aussi puissant que lui s'y colle.
« Dis-moi que tu t'fous d'ma gueule. Pour m'en débarrasser, y a qu'un inferis qui peut l'faire ? Non non non, il doit y avoir un autre moyen. Faut trouver. », dit-il, s'acharnant à croire en un autre moyen d'y remédier... inexistant.

Il le fallait, parce que la seule inferis susceptible de l'aider était Abigaïl, mais Abigaïl... n'avait plus ses pouvoirs d'inferis et il ignorait si elle allait les retrouver un jour. Ça veut dire... que c'est foutu. Dépité, il essayait naïvement de se rassurer en se disant qu'il n'allait jamais parvenir à... tuer un innocent. Même sous l'emprise d'une foutue malédiction. J'suis pas comme ça, alors j'devrais pouvoir contrôler mes pulsions. Pourtant... il redoutait le pire de lui-même. C'était bien ce qu'elle faisait, cette malédiction, en quelque sorte. La conscience humaine, la sagesse d'esprit, elles semblaient se barrer quand cette merde revenait. La première fois que ça lui était arrivé, Nev avait été présent et l'avait aidé à ne pas faire des conneries. Ouais, mais à c'moment là, la malédiction n'était pas complètement enclenchée. J'avais encore un certain retient... si c'est plus l'cas...

« J'comprends pas. Pourtant, j'me sens bien. J'ai pas envie de tuer personne, j'suis pas en colère... j'vais bien, j'me sens comme d'habitude. »
- Pour l'instant... mais il suffit de croiser quelqu'un qui t'aura blessé pour l'amorcer... et cette fois, ce sera pour de bon. Tu ne pourras plus retenir cette colère comme auparavant. C'est elle qui te contrôlera, tu comprends ? Je te conseille fortement de modérer tes sorties, du moins le temps que l'on trouve un moyen de... tu sais. Moins tu te baladeras et moins tu auras une chance de croiser quelqu'un susceptible de jeter de l'huile sur le feu.
« ... Okay. »

Un rire amer s'extirpe de ses lèvres. Ce serait sympa', vivre comme un fucking ermite, barricadé dans la baraque. Mais il allait le faire. Il préférait rester enfermé que de risquer de faire un carnage et de regretter le reste de ses jours. Il espérait seulement... qu'ils allaient trouver une autre solution. Et vite.


*****************************


DEUX JOURS PLUS TARD...

Lexie lui avait téléphoné un peu plus tôt pour prendre des nouvelles et il avait dû refuser la sortie qu'elle lui avait proposée pour la soirée. Il ne lui avait pas expliqué en détail la raison pour laquelle il préférait éviter, mais lui avait promit de tout lui expliquer bientôt. J'ai des problèmes à régler, Lex, et j'préfère pour le moment te tenir à l'écart. Pour ton bien. Il n'avait pas envie qu'elle soit impliquée dans ses problèmes, elle méritait mieux. Dès que ce serait réglé - et il l'espérait fortement -, alors ce serait une autre histoire. Il avait aussi besoin de se retrouver un peu seul. Mine de rien, ce voyage aux Caraïbes avait été rudement épuisant et il avait sérieusement besoin de repos, tranquille.

Après avoir pris sa douche, il s'installe au salon pour mater un peu la télé lorsque son tel sonne. D'un mouvement vif, il s'empare de son cellulaire trônant sur la table basse. Il jette un œil rapide à l'afficheur qui lui démontre le nom de Patrick. Patrick était un humain bien ordinaire qu'il avait aidé, il y avait quelques années avec un problème de vampire. Ils étaient resté en contact depuis et s'entendaient plutôt bien. Il était marié avec une certaine Valérie et avait une fille de cinq ans du nom d'Élise. Une belle petite famille, en somme. Des gens bien.

« Hey. Comment tu vas ? »
- Pas très bien, je suis à l'hôpital en ce moment, Élise a fait une crise d'asthme.
« Ah, merde. Mais elle va bien ? J'veux dire, c'est grave ? »
- Non, ça ira, mais elle nous a fait peur. Désolé si je te dérange, mais j'ai un service à te demander. Quand je suis venu chez toi hier, j'ai oublié une enveloppe sur ton comptoir. Une grande enveloppe brune ? Il faut absolument aller la porter à l'adresse sur le dessus. C'est des papiers juridiques importants à donner à William Peterson. Je lui ai téléphoné pour le prévenir que quelqu'un passerait dans la soirée pour lui donner. Tu peux faire ça pour moi ?
« J'veux bien faire ça. »
- Tu me sauves la vie, merci ! Je t'en dois une !

La communication se termine rapidement, instant où le blondin se saisit de l'enveloppe. Il était 21h00, les rues étaient calmes dans le coin à cette heure. Le risque était faible pour lui de rencontrer quelqu'un, surtout s'il prenait la bagnole pour se rendre chez ce William. Y a des limites à devenir parano. Quelles étaient les probabilités qu'il tombe face à un ennemi ? Il ne connaissait pas ce type, donc tout devrait bien aller... ou pas.


*****************************


Le blondin cogne contre la porte, l'enveloppe dans une main, le regard errant un peu partout autour de lui, admiratif. Il ignorait ce que faisait dans la vie monsieur Peterson, de toute évidence, il était friqué. Sans doute, un avocat, un truc comme ça. Sa maison, on dirait un palais. Un terrain bien entretenu, les arbustes taillés à la perfection... et elle devait avoir au moins trois étages. La baraque des Rhodes fait pitié à comparé. Beaucoup de baraques faisaient pitié à côté. Ce n'était pas bien difficile avec un nid aussi imposant. Il attend patiemment devant l'entrée, se demandant s'il avait cogné assez fort... lorsque les lumières s'allument sur le perron. Le blondin se redresse un peu et perçoit du mouvement derrière la porte. Il s'attend à voir un homme un peu coincé du cul, l'aspect bourgeois, un homme totalement contraire à lui. Mais lorsque la porte s'ouvre... il vacille, choqué. Putain... non. Son regard écarquillé la dévisage. Elle. Elle. Celle qui n'aurait jamais dû se trouver là. Silencieux, son cœur s'emballe comme celui d'une locomotive au point où il croit son poitrail se déchirer sous les battements lourds et désordonnés. Non non non. Il esquisse un léger mouvement de recul, tandis qu'un déferlement de sombres souvenirs se percute dans son crâne, lui exposant des scènes douloureuses qu'il avait vécues en sa compagnie. Ces fragments de souvenirs reviennent, encore et encore, envahissant son intérieur comme un poison mortel. Si elle prononce des paroles, il n'entend rien. Ses oreilles bourdonnent au rythme de cette colère qui s'instille trop rapidement dans ses veines. Il tente de s'accrocher... aux rares, mais bons souvenirs. Ces moments de rêve qu'il avait eu avec elle. Mais ça ne fonctionne pas. Rien ne fonctionne. Son visage... se ferme. Deviens aussi froid et immuable qu'un glacier. Quelque chose change en lui. Ou plutôt... quelque chose s'éteint. Son regard cesse de la dévisager lorsque monsieur Peterson arrive, un sourire convivial aux lèvres.

- Je présume que vous êtes le camarade de Patrick !, lance-t-il tout en... glissant un bras autour de la fine taille de l'inferis.

Ce détail qui devrait être si insignifiant pour lui... prend une importance déraisonnable. Le chasseur ne répond rien, ses yeux se contentant de vriller ce bras... qui dépassait les limites... la colère gronde en lui, mais autre chose de sournois et tout aussi nocif s'entremêle à toutes ces émotions dégueulasses... une insidieuse jalousie. Celle qu'il n'avait jamais éprouvée auparavant. Jamais. Pourtant, elle était bien là, lui dévorant salement le bide. Poussant la lave bouillante à éclabousser chaque parcelle de son âme vengeresse. Ses yeux azuréens se lèvent lentement et se plongent dans ceux de la... vipère. Un rictus étrange écorche la commissure de ses lèvres. Un sourire chargé de venin. Quand tu baises avec lui, tu penses à moi, Mary ? À toutes ces choses sales que tu m'as fait subir ? T'es heureuse quand il te pilonne, ce p'tit con ? Les zygomatiques crispées, il s'adresse enfin à l'homme qui le dévisage, s'interrogeant sans doute à sa façon d'être aussi... étrange.

« Perspicace, monsieur Peterson. », marmonne-t-il sombrement.

Et tout... dérape à grande vitesse. Il relâche sa prise sur l'enveloppe, qui tombe au sol à ses pieds. Une main dégaine rapidement le flingue à sa taille et le braque entre les deux yeux du juge. Sans aucune hésitation, ni remord, le flingue lui troue une vengeance en pleine tête. La détonation explose dans la nuit et fait gicler le sang sur le visage de Mary. Et il vacille, le con. Ses yeux exorbités figés dans un néant infini, face à la mort qui lui embrasse sa petite gueule. Sa carcasse s'effondre aux côtés de sa dulcinée infernale et une nappe écarlate ne tarde pas à s'étaler autour de lui, une splendide auréole cerclant sa tête cadavérique. Inébranlable, le cadet Rhodes range lentement son arme tout en fixant le moribond, totalement indifférent.

« J'suis vraiment désolé, Mary... c'est un accident... j'crois que mon doigt a glissé sur la détente... j'lui ai... court-circuité la cervelle sans faire exprès... j'te jure que c'est vrai... », dit-il, d'une voix horriblement monocorde.

Un soupir s'extirpe hors de ses lèvres tandis qu'il jauge l'inferis, les yeux ardent.

« À mes souvenirs... c'est à peu près c'que tu m'as dit, pour Lydia. C'est bien... de recycler les excuses merdiques.  »

Il savait qu'elle risquait de le tuer et pourtant, il s'en foutait viscéralement. C'était ce qui était bien avec cette malédiction. Rien n'avait de l'importance... seulement la vengeance.





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MessageSujet: Re: Eyes wide shut Sam 24 Juin - 19:12

 
EYES WIDE SHUT

Nobody can save you now...The Queen is crowned.




Le couloir du tribunal est traversé et les étages gravis d’un pas pressé. Judith lève le bout de son nez sur lesquelles trônent de larges lunettes colorées. La petite secrétaire – ou devrais-je dire, la bonne à tout faire - se redresse, m’interpelle. Elle me connait Judith, elle sait déjà que si je ne lui adresse pas la moindre œillade c’est que je suis déterminée à ne pas prendre en considération sa misérable existence. Et la blondinette, gargarisée par cette rupture anticipée avec ce patron qu’elle adule avec déraison, se glisse là, juste devant moi.

« Vous ne pouvez pas entrer mademoiselle Williams. Monsieur Peterson a donné ordre qu’on ne le dérange pas. Je peux prendre un message ?
-Poussez-vous, Judith.
-Vous ne pouvez pas faire ça mademoiselle Williams ! »

Elle s’insurge la vermine, les traits lui tirent le visage. L’agaçante petite chose trébuche sans raison apparente. Et la prochaine fois, c’est ta cervelle que j’exploserai. Vois comme je suis clémente aujourd’hui Judith. La porte est ouverte à la volée surprenant le juge en pleine conversation téléphonique. La foulée s’allonge et mon index vient appuyer sur le plastique noir pour raccrocher.

« Bonjour William. »

Il pousse un soupir las, fatigué de me voir débarquer dans son bureau pour tout chambouler. Fatigué de répéter inlassablement qu’ici je ne fais pas ce que je veux et que si je souhaite continuer nos petites sauteries mortelles, il va bien falloir que je me le mette en tête. Judith déboule avec sa mine désolée et son chignon défait.

« Ça ira merci Judith. Laissez-nous je vous prie. »

Un sourire narquois au bord des lèvres, je la regarde se dérober vers l’extérieur. Je peux les voir d’ici, ses petites pensées s’agiter. La vérité c’est qu’il ne te considèrera jamais comme autre chose qu’une vide couille bien dressée. C’est pathétique tu sais. Tu vaux mieux que ça, c’est ce que tu te répètes quand tu rentres seule chez toi, tard le soir. Elle est triste ta vie. Je pourrais la rendre bien plus heureuse si tu te jetais du haut d’un toit. Mais il parait que je n’ai pas le droit de toucher aux petites poupées comme toi.
Je prends place sur le coin du bureau quand il se dresse, sa main accrochant l’angle de mon visage.

Et je suis le poison qui te ronge. Parce que tu n’aimes pas ne pas obtenir ce que tu veux. Que ça devient un jeu. Un jeu malsain. Et que, quoi que tu en dises, on ne se bat pas à armes égales. J’aurai toujours un coup d’avance sur toi. Mais c’est ce qui t’animes, n’est-ce pas ? C’est ce qui te fait revenir à chaque fois. Nos belles promesses ensanglantées et nos coucheries sauvages. Juste comme ça. Juste parce que c’est nous et que ça nous va.
La robe se réajuste en sortant. Il ne prend plus la peine de me raccompagner depuis longtemps. Le rendez-vous est pris pour le lendemain. Parce que tu penses que me faire attendre est une punition méritée. Je t’accorde tes petites victoires. Les batailles ne m’intéressent pas. J’ai toujours préféré gagner la guerre, moi.
L’œil brillant de jalousie, Judith n’ose même pas parler. A vrai dire, je ne sais pas si elle n’ose pas ou si c’est parce qu’elle est trop occupée à me donner tout un tas de charmants sobriquets derrière ses verres trop épais.

~~~~

Il n’y a plus d’emploi du temps à tenir. De réveils brutaux ou de rushes matinaux. Il n’y a plus Némésis, ni même la maison en face des sept pignons qui était à mon nom.
J’ai retrouvé le confort de ma chambre solitaire et les quelques affaires qui n’avaient pas été déménagé. Tout a été balancé, détruit, sans remord et rien ne m’a animé ; ni photos, ni peluches. J’ai regardé avec un dédain glacial la destruction de cette illusion avant de retrouver le confort des bras d’un frère.
La capricieuse sœur, trop rancunière, a longtemps braillé concernant cet abandon. Entre griffes et déchirures, on s’est détestées avec passion. Les mots et les maux jetés comme des coups de couteau dans l’abdomen, il en aura fallu plus d’une centaine pour que les prunelles meurtrières s’adoucissent. Et du chaos renaît, la complicité trop longtemps égarée.
Nos jeux macabres reprennent et les premières victimes de nos gamineries ne sont plus là pour s’en souvenir. Les âmes disparaissent de la surface de la Terre, s’enfonçant dans les méandres de l’Enfer. Les familles pleurs l’être adoré et bientôt la ville se teinte de noir. La couleur du Deuil.

~~~~

Enfoncée dans le cuir de mon fauteuil, je regarde les piles de dossiers qui s’accumulent formant une montagne colorée allant du rouge au vert en passant par le jaune. Force m’est de constater que le rouge prédomine sur tout le reste, je soupire.
Clarisse frappe doucement contre l’encadrement comme si elle avait peur de me déranger. Et sans doute aussi parce que tu es déjà la troisième assistante et que je t’ai gardé plus d’une semaine contrairement aux autres bécasses. J’imagine que ça doit avoir un petit côté impressionnant et tu as bien raison de l’être, impressionnée.

« Oui, Claire ? »

Ce n’est toujours pas le bon prénom que je prononce mais elle a appris à ne plus me corriger, comprenant bien qu’elle s’appellerait Claire, qu’elle le veuille ou non. Un prénom, c’est surfait de toute façon. Elle s’avance d’un pas hésitant, tenant entre ses fines mains une enveloppe en papier kraft marron. Ses bouclettes brune rebondissent à chacun de ses pas pourtant minime. Le courrier remis, elle s’empresse de quitter la pièce pour ne pas polluer mon air.

« Claire, ce parfum que vous portez.. .Qu’est-ce que c’est ?
-Oh, c’est la petite robe noire de Guerlain.
-Changez-le. Vous empestez mon bureau avec cette flagrance détestable. »

Et de détestable, il n’y a que moi. Son sourire s’affaisse tout aussitôt alors qu’elle hoche derechef  sa petite tête. Elle fuit cette fois. Moi et mon humeur massacrante.
Dans l’enveloppe, des documents concernant les jugements en cours que William m’a fait parvenir. Des post-its avec quelques annotations au crayon de papier sur les têtes à abattre et celles à conserver. Et ce soir notre dîner aura des allures de brigands planifiant comme des chefs d’armées la prochaine bataille à venir pour assoir notre règne de terreur. Les plaintes se feront rares au Consulat dorénavant…



Verres de vin grand cru et dîner amélioré, on se dévisage analysant les gestes de l’autre. Une tension étrange, perdue entre le professionnel et le personnel. Entre rancœur et désir impur. Un mélange détonnant qui font de lui l’amant régulier même si on avait dit qu’il ne fallait plus recommencer.
De mes souvenirs il n’y a plus rien. Rien que des bribes que je balaye d’un geste de la main. Les visages, pareilles à des peintures délavées ne me font plus aucun effet. J’oublie les gens, les injures, les morts et le sang sur mes mains. J’oublie les sentiments les beaux, les hideux, tous ceux qui me donnaient l’impression d’être une Autre.
On parle affaire, des noms sont évoqués et on détermine ensemble lequel aura le plaisir de recevoir notre visite à tous les deux pour que l’on s’amuse un peu. Il n’aura jamais eu autant de sang sur les mains William, depuis qu’il me connait. Il se contentait autrefois de diriger, de payer grassement des hommes de mains pour effectuer la sale besogne. Il s’en occupait lui-même parfois, par plaisir mais trop rarement. Et maintenant, en plus de planifier et d’orchestrer  il est celui qui, tard dans la nuit, vient retirer une vie.
C’est jubilatoire de le voir glisser dans les ténèbres que je lui offre. Et c’est déjà trop tard pour lui, parce qu’il a appris à aimer ça, à attendre avec cette impatience infantile ce moment terrible.

Nos lèvres se dévorent à peine le dessert englouti et la vaisselle se brise sur le sol quand il la repousse d’un geste vif pour y apposer mes cuisses. Le téléphone sonne et il s’en fou Will, le laisse retentir dans le vide quand sa bouche embrasse ma jugulaire. Il recommence pourtant, sonne, sonne et sonne alors que sa chemise est ouverte et ma jupe relevée. Il s’arrête soudain, bougonne et s’excuse à demi-mot pour prendre l’appel en s’enfonçant dans son bureau.
On cogne et je grogne. Une œillade est lancée en direction du juge qui me fait signe, d’un mouliné de main, qu’il arrive. Je me décide à ouvrir pour faire fuir l’importun avant que Will ne réapparaisse.

Faux sourire vissé aux lèvres, la lumière du perron est allumée et la porte ouverte. Et il s’éclate le rictus. Il se tort inexplicablement quand mes prunelles rencontrent les siennes. Ça explose dans mon ventre en d’infimes particules qui me lacèrent l’intime.
Le silence. Son visage délavé reprend forme et contenance dans mes souvenirs biaisés. Ça écorche, ça blesse, ça se recolle et ça défonce encore. Aveugle à son changement d’humeur, bien trop préoccupée à faire taire la mémoire qui me revient chargée de toutes ces images, je ne le vois pas vraiment. Une main glisse sur mon ventre, celle de William qui émerge pour me ramener dans un geste possessif contre sa hanche.

« Je présume que vous êtes le camarade de Patrick !»

Je le dévisage, l’analyse enfin son fin minois dont j’en avais oublié les traits. Ça bouillonne en dedans, je peux le voir à la façon dont il se tient ; trop droit et crispé. Elle se tait mon Autre, se fait toute petite dans ce cœur trop sombre. Alors je le juge, retrousse les babines, mauvaise. Les pupilles vicelardes s’égarent, le prennent de haut. Elle gronde la colère, elle dégueule de ton non-verbal et je jubile à l’idée que ça te crève en-dedans.
Sa voix s’élève, sombre, jalouse, désabusée. Et c’est jouissif si tu savais de te voir te vautrer dans un Nous que tu as si souvent exécré. Moment de quiétude avant le lancement des hostilités.

Et un ange passa les ailes chargées…
De grenades...

D’un mouvement fluide et rapide, Jasper attrape le colt à sa ceinture pour en presser la gâchette. La détonation est assourdissante et résonne comme un sifflement, me privant partiellement de mon ouïe. Figée dans la réalité, je sens le liquide chaud m’éclabousser alors que l’amant maudit pour l’éternité, s’effondre à mes pieds. C’est comme si le temps venait de s’arrêter et qu’il reprenait avec une lenteur effroyable. Je cligne des yeux, porte la main à mon visage pour toucher le liquide qui perle sur ma tempe avant de le porter à ma vue. Il s’étire le temps, s’allonge encore quand je vois la couleur du sang. Je le vois enfin, son corps à lui, sa tête défoncée auréolée d’une mare carmine. Un battement de cœur, puis un autre qui me déchire la poitrine.
L’infâme Amour crache sa bile sans variation de timbre, sans regret, sans rien. Les mots comme harpons qui se plantent dans ma chair. Les secondes s’écoulent à nouveau, s’accélèrent même, peut-être. La rage pète dans mon âme noircie, elle éclate comme une tempête estivale. Je vais te tuer. Je vais te tuer putain.

La magie pulse dans mes veines, m’offre une force diluvienne. Jasper est happé par mes mains qui s’agrippent à ses épaules et le balancent à l’intérieur de la maison du massacre. Son corps cogne sur la commode de l’entrée. D’un geste rageur la porte claque si fort que l’on entend l’encadrement se péter. William n’a plus d’importance, pas plus qu’un tapis de sol sur lequel je marche impunément. La respiration d’un calme effroyable malgré le sang qui bat dans mes tempes, je lui fais face, sans broncher. Les phalanges s’agitent, frénétiques alors que les souvenirs s’imposent à ma psyché fuckée. Ils sont repoussés dans l’arrière de ma boite crânienne lorsque d’un bond ou deux, je fonce sur lui. La chair de sa joue ancrée sous mes ongles, la griffure profonde l’anime. Frêle corps repoussé sur le sol quand ses mains encerclent mon cou gracile. Il serre, serre et serre. L’air manque, mon teint vire au rouge. La faute à l’oxygène qui n’entre plus dans mes poumons. Ivre de colère, fourchettes et couteaux au sol se dressent et traversent la pièce. L’argenterie enfoncée dans son flanc et son épaule, il éructe, me libère. J’avale l’air par goulée comme si je venais de traverser un désert aride sans une goutte d’eau.
Je tousse, rampe jusqu’à lui, grimpant sur son ventre. Le couteau quitte ses côtes et la fourchette n’est déjà plus là. Ma carcasse s’alourdit, s’ancre autour de lui quand ma main vient pincer son nez et couvrir sa bouche. Et je veux que tu souffres et je veux que tu crèves juste là, sous mes doigts. Je veux sentir ton dernier souffle parce que je te hais. Je te hais si fort…

Relent de conscience oubliée me percute et me fait vaciller. Ton regard. Celui-là. Pourquoi putain. Pourquoi tu me regardes ?! Déstabilisée je recule, incapable d’aller au bout de mon geste, de briser sa trachée, de lui arracher sa pute de vie.
Et je me souviens. Ton corps sur le mien, la peur de te perdre, ta mort et tout ce que j’ai oublié. Je les vois mes paumes, pleines de ce sang qui ne m'appartient pas et je le vois Lui. Toi. Cette haine exacerbée qui dévore ses traits. Le vase de l’entrée se soulève et percute durement sa tête. Coucher, la bête. Il s’étale comme une masse sur le sol lustré, jonché de débris. Inanimé, je me penche au-dessus de lui. Ma main furète, caresse la pulpe de ses lèvres. Souvenir, souvenir. Putain. Je m’arrache à cette contemplation morbide quand mon cœur se remet à battre et que mon âme se voile à nouveau retrouvant le confort de l’obscurité.

~~~~

Au sous-sol est enfermé, un animal sauvage qui porte le doux nom de Rhodes. Il est attaché, Jasper, dans cette salle capitonnée qui a déjà connu d’autres visages. Des visages qui ne sont plus là pour parler.
Et je vais te détruire Jasper. Chaque parcelle de ton âme saccagée, chaque souvenir enrayé. Mais avant… Oui, avant, je dois te rendre les émotions qui te font défaut. Extirper cette malédiction qui pèse sur ton âme à demi-vivante. Parce que tu vois, je veux que tu contemples ta déchéance. Je veux que tu la sentes arriver, ton heure, sans que tu t’en moques, sans que tu ne l’attendes… Quoi que… A bien y penser… Tu me supplieras de te tuer.

« J’espère que tu as bien dormi et que tu as assez de force. On a des choses à faire Amour. Des choses… Qui ne vont pas te plaire. »

A son bras, une perfusion. Une drogue visant à défoncer ses sens, à dégager de son système, sorbier et verveine. Le collier de l’Elit repose déjà sagement dans une poubelle – tout comme les restes calcinés d’un juge adulé.
Amuse-toi bien avec ça Amour. Avec la psychose qui ronge tes os et bouffe ton esprit. Je vais veiller sur tes délires comme une poule couve ses œufs. Je veillerai à ce que ton cœur ne s’arrête pas à cause du poison qui coule déjà dans tes veines. Prends ça, comme un petit extra. Les choses commenceront quand toute cette merde de chasseur aura quitté ton corps et que je pourrais entrer dans ta tête et combattre mon frère.





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It's getting close. I lose control. It's taking over. It's getting close.
I'm slipping into the deep end. I'm in over my head I can't catch my breath. I'm slipping into the deep end. Darkness is sinking me Commanding my soul. I am under the surface where the blackness burns beneath.

I am a wicked.



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MessageSujet: Re: Eyes wide shut Mar 27 Juin - 15:29

 
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L'amour et la haine, deux émotions à la fois contradictoires et si... fusionnelles. Les deux faisaient des ravages, écorchaient l'intérieur... pour ne laisser que des regrets et des souffrances. Même si cette haine miroitait au centre de ses prunelles bleues, l'amour qu'il avait pour elle... embrasait encore... quelque part... sous cette fixation de vengeance crasseuse. Un amour souillé et désarticulé. Pourtant, il était toujours là... malgré ce qu'elle en avait fait. Parce qu'il y avait bien un temps où le blondin aurait tout donné pour elle. Un temps où son intérieur se retournait dans tous les sens lorsqu'il la regardait. Un temps où il s'imaginait avec elle, le reste de sa vie. Il l'avait aimé, la belle Mary. Beaucoup trop... et les yeux grands fermés. Au point d'oublier d'où elle provenait. Il s'était leurré d'illusions, croyant bêtement qu'elle était différente, qu'elle avait le cœur à la bonne place. Jamais il ne s'était senti aussi vivant... que lorsqu'il avait pensé à elle... à la revoir... à goûter ses lèvres... à la serrer contre lui... seulement... elle. Il lui avait donné sa confiance et elle lui avait offert des mensonges en retour. Il lui aurait donné sa vie, alors qu'elle avait arraché celle d'une aimée et torturé celle de son frère. Il lui aurait absolument tout donné... et elle... avait tout jeter aux ordures, à coups de traîtrises et de conneries. Voilà ce qu'elle en avait fait de son amour. Elle l'avait déchiré, piétiné, mutilé, sans jamais s'arrêter. Il avait souffert... son âme avait saigné si fort qu'il avait fini par s'y noyer. Mais l'amour... était toujours là... un amour... qui déteste à en crever.

La malédiction était mordante, lui dévorait le palpitant, lui cuisait le sang, mais même une malédiction avait ses failles. Là, tout au fond, survivait cette chétive étincelle qui valsait encore en son nom. Une parcelle d'espoir futile qu'il n'arrivait pas à dégommer. Peut-être bien que ce défaut était minuscule, dissimulé, mais cette merde était logée bien comme il faut, le freinant à dégainer à nouveau son flingue pour cribler son corps de... garce des enfers. La malédiction lui murmurait à l'oreille une panoplie de prétextes plausibles pour justifier son inertie, mais la vérité était peut-être beaucoup plus pute qu'il le pensait. Te tuer me servirais à rien. J'ai besoin d'te faire mal. J'ai besoin que tu souffres comme moi j'ai souffert. Tu souffres ? Fais-moi plaisir, chiale un peu pour ton p'tit angelo brisé. Aucune larme, seulement la rage. Mais ça lui convenait. Parce que j'te connais bien. J'sais qui t'es. J'sais qu'tu te transformes en monstre quand t'as mal. J'ai visé dans l'mille pour ça aussi. La brutalité se déchaîne et la furie sort ses griffes. Le blondin retient un rire au fond de son gosier, un rire de triomphe bien mérité. Tu mérites cette vengeance, Mary. Tu mériterais même de crever comme une merde. C'est ce qu'il pense tandis que ses mains se lovent autour de sa gorge et serrent à l'en suffoquer. Il le pensait, mais savait qu'il n'irait pas jusqu'au bout de l'exécution. La vipère allait contre-attaquer, parce qu'elle contre-attaquait toujours, l'inferis. La douleur lui vrille le flanc et l'épaule, il bascule sous les dards qui lui abîment la chair. Les blessures sont superficielles, mais la mort... il la sent pulser en lui. Dans le regard vicieux de la sorcière, elle est là, à lui sourire. Avant de crever, il aurait eu la satisfaction d'avoir touché une corde sensible. C'était tout ce qui comptait. Tu comprends c'que j'ai pu ressentir ? Tu comprends maintenant ? Ça fait mal ? C'est frustrant ? C'est dégueulasse de voir quelqu'un qu'on apprécie crever... pour rien ?

Et son regard flamboyant s'ancre dans le sien, la perce, il la sonde tandis qu'elle lui retire lentement la vie. Presque paisible. Satisfait. Regarde-moi bien dans les yeux et demande toi si tu regretteras de l'avoir fait. Pas maintenant, mais un jour, peut-être bien que tu regretteras. Ou pas. Au moins, pour une fois, tu fous ma vie en l'air pour une bonne raison. Tu progresses, c'est bien., pense-t-il, sarcastiquement. L'air manque, son corps se contracte, mais jamais il ne lâche son regard. J'vais crever en silence, mais j'baisserai jamais les yeux. Regarde c'que t'as fait d'moi. Regarde c'que tu fais à tout l'monde. T'es pire qu'une gangrène. Des pensées de haine lui traversent le crâne, ce mépris qui lui fait oublier la petite fille perdue qu'il avait vu, une fois. Cette petite Mary esseulée, persécutée, et meurtrie. Celle qu'il avait pardonnée de s'être égarée, là, dans cette maison cerclée de ronces. Cette Mary effondrée et désemparée, lorsqu'il avait été juché sur la croix de la mort. Cette malédiction lui avait fait oublier... beaucoup de choses. Ces détails, si infimes, qui l'auraient fait quitter calmement la maison du juge, mélancolique et pacifique. Oubliés...

Elle hésite, vacille... et s'écarte. Le blondin reprend son souffle... et la colère fulmine à nouveau. Cette fois, il est déterminé à en finir. J'vais te tuer. Parce que t'es qu'un putain d'fardeau. Plus d'excuses. J'en ai plus rien à foutre. Ta mort, ma liberté. Ces pensées lui explosent dans la tête... ou c'était peut-être ce vase qui lui explosait l'encéphale...

Les deux.


***********************************


« J’espère que tu as bien dormi et que tu as assez de force. On a des choses à faire Amour. Des choses… Qui ne vont pas te plaire. »

Il entend, mais sa pensée vagabonde à mille lieux d'ici. Quelque part dans... le nul part. Amour... tu peux t'le foutre... bien profond... où j'pense. Pensée éphémère qui rapidement s'oublie au tréfonds de sa conscience saccagée par le poison rampant dans ses artères. Parfois, il gémit, parfois, il rit. Rarement, il s'agrippe à la réalité le temps de quelques secondes. Furtifs moments où sa vision est limpide et son esprit éveillé. Instants où il réalise qu'il est sanglé sur une chaise au centre d'une chambre capitonnée... et qu'elle est là, à l'observer dériver et se noyer. Mary, Mary, Mary... ça t'plaît d'me voir comme ça... tu m'réserves un paquet d'tourments... pas vrai ? Un rire, chétif... qui se confond à sa folie vaporeuse et instable. Et il dérape, le blondin. Il s'égare en plein cœur d'hallucinations qu'il ne comprend pas... et qu'il ne veut pas comprendre. Sa tête vacille et tangue, son souffle s'emballe et s'éteint presque... mais son cœur continue de pulser. Fucking... Karma... de... merde... encore... va... chier. Il perd complètement le nord et se laisse enliser dans un sommeil agité. Des heures passent. Cinq ou six. Peut-être... peut-être pas. Aucun intérêt. Ses paupières finissent par se hisser, sa conscience... plus alerte. Putain d'fuck... j'croirais m'être envoyé toute la réserve d'alcool de Jake dans l'gosier. Il avait l'impression d'être foudroyé par une belle grosse gueule de bois. Il s'agite un peu sur son séant, histoire de reprendre un peu ses esprits et d'étirer au mieux ses membres courbaturés. Non, il n'avait pas halluciné. Il était bien sanglé sur une chaise, les chevilles, les poignets, et le poitrail, entravés solidement. La seule différence maintenant, était qu'il n'avait plus la perfusion à son bras. Mouais, ça m'aide pas tant qu'ça., pense-t-il, ironiquement. Il sait qu'elle est présente, toujours là, à attendre qu'il émerge complètement. Ses yeux se ferment et un étrange sourire se crispe sur ses lèvres.

« Mon ange ! », s'exclame-t-il subitement, avant de redresser la tête et d'ouvrir lentement les yeux, les figeant sur elle, un peu moqueur. « Toujours là à veiller sur moi ?... Alors... t'as aimé ? J'sais que tu m'réserves pire, mais j'espère au moins... que c'était un bon début. »

Il savait que ce qui l'attendait risquait de ne pas être joyeux. Pourtant, il était calme, comme tout chasseur qui se respecte. Ou comme tous les cons coincés avec une malédiction comme la sienne. J'suis probablement l'seul con, par ailleurs. Son regard erre un instant autour de lui et détaille les murs blancs... constellés de taches écarlate. Du sang séché. La belle déco'. Son p'tit copain devait être artiste-peintre. Finalement, j'ai fait une bonne action en lui décapant la cervelle. Ses mirettes se dirigent à nouveau vers elle tandis qu'un petit rictus tressaille à la commissure de ses lèvres.

« Qu'est-ce qui s'passe, ma belle ? Tu m'pardonnes pas ?... J'croyais que t'allais y parvenir facilement... pourtant, toi, c'est c'que tu voulais que j'fasse, tu t'souviens ? J'l'ai fait... j'veux dire, je l'avais fait... mais j'devais être vraiment con. », dit-il, avant de ricaner, un peu nargueur.

Son visage reprend son sérieux tandis qu'il la lorgne un instant en silence. C'est l'moment où tu sors les instruments de torture. Que tu m'dis qu'tu vas me tuer en douceur. Que tu prendras ton temps, pour le plaisir de m'entendre gueuler. Que tu recommenceras, encore et encore, jusqu'à c'que tu finisses par t'emmerder à l'faire. Tu finiras par me tuer, comme tous ces autres que t'as démolis et que t'as déjà oubliés. C'est presque triste. Pour toi.

« ... T'as un planning, mon ange ? Un p'tit repas romantique à la lueur des chandelles pour fêter nos retrouvailles ? ... mouais... j'crois pas... mais j'crois qu'tu devrais - avant d'me charcuter en p'tits morceaux et de toutes les façons possibles - au moins m'accorder un dernier baiser... celui de Judas... ce serait bien la première fois que j't'embrasserais en ayant vraiment conscience... que t'es qu'une putain d'traître. Ça fera changement. »

Un sourire carnassier s'élonge sur ses lèvres. Embrasse-moi... que j'puisse y goûter une dernière fois... avant de t'arracher tes belles lèvres de menteuse avec mes dents. Et si j'pouvais, je t'arracherais l'cœur aussi. J'crois pas que t'en ais un de toute façon.




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MessageSujet: Re: Eyes wide shut Ven 30 Juin - 11:58

 
EYES WIDE SHUT

Nobody can save you now...The Queen is crowned.




Il dérive le chasseur, sa tête dodeline et son front perle de sueur. Assise là, je le contemple comme on le ferait avec un camé, en se demandant si c’est assez jouissif de l’autre côté. Il s’enfonce dans ses propres limbes auxquelles je n’ai pas accès. Il délire, la drogue agissant comme un poison gangrenant l’esprit. Et j’assiste à la chute, si lente et si longue. Il sourit parfois, grimace le reste du temps. Et je me demande à quoi tu penses, à quoi tu rêves. J’imagine que les sourires qui étirent tes lèves sont ceux de ton enfance. L’enfance est toujours belle, parce qu’on s’émerveille. Et lorsque l’on grandit, il n’y a plus rien de beau. Il n’y a que des lambeaux de chairs putréfiés sur lesquels on marche sans regarder où l’on met les pieds. Derrière les mimiques des images lui fendent l’encéphale. Douces et violentes, il halète. Immuable, je l’observe s’enliser, s’étouffer sans même bouger le petit doigt. Parce que plus je te regarde, plus je détaille les traits de ton visage et plus je me dis qu’il serait bon que tu crèves, là, tout de suite. Une mort indolore, sans aucune trace d’hémoglobine. N’est-ce pas ce que peut rêver tout chasseur ? Mais je ne suis pas d’humeur magnanime, alors, lorsque son cœur manque un battement puis deux, puis trois, je me redresse pour cogner sa poitrine. Et le palpitant reprend, tambourine, bat la mesure décadente.

La main caresse l’insolence de son visage qui parfois émerge. Elle presse la mâchoire avec la furieuse envie de la lui briser. Je devrais le faire pense-je. La démettre, la péter, la briser, l’éclater. Et je me souviens que ce n’est pas ce que je veux. Tes délires m’importent peu. C’est toi, toi dans toute ta splendide déchéance que je désire. Ce serait trop facile, te tuer. Ce serait te faire une faveur. Une faveur que je n’ai nullement envie de t’accorder. Pas plus hier, qu’aujourd’hui, que demain.  Il geint le vermisseau, se noie dans les glaires qui obstrues sa trachée. Il rit aussi, parfois. D’un rire un peu gras, un peu fou. Et je veille précieusement sur ses cauchemars qui pulsent et qui engluent sa conscience dans cette douce torpeur.
Les minutes s’écoulent avec la lenteur des heures. Mon âme rongée le dévore, le dissèque, lui. Cet homme qui m’aura tout offert puis tout repris. Les pupilles se chargent de Haine et il me faudra me rassoir par trois fois pour ne pas commettre un acte aussi violent qu’inutile. Je n’aime pas gâcher mon talent.



La belle au bois dormant s’éveille… sauf que celle-ci n’aura hérité d’aucun baiser, juste de vilaines céphalées qui viennent lui enserrer le crâne et le malmener. La bouche pâteuse, l’œil hasardeux, les membres s’activent un peu, bien que limités par les liens qui le gardent sagement prisonnier.
Il sourit, l’imbécile. Il se moque, l’imprudent. Je cligne des yeux alors que de sa voix enrouée, il lance les hostilités. Mots dégueulés, teintés de reproches tout justes dissimulés. La langue humecte mes lèvres avant de claquer sur mon palais. Il parle. Il parle beaucoup trop.
Je m’approche de cette lenteur calculée, féline, quand un sourire mauvais étire mes babines. Le pardon. Une infamie sans nom. Rien n’est à pardonner. Et je ris. D’un rire franc qui s’extirpe de mon gosier en un son cristallin.

« Le pardon Jasper, vraiment ? Il me semble que cette notion est un peu trop abstraite tu ne crois pas ? Même pour nous. Surtout pour nous. »

Et je me plante juste devant ses mirettes, juste à quelques centimètres. J’aspire son air et m’ancre à l’azur de ses iris avant de lui souffler avec un amusement certain, le flot de mes pensées.

« Tu te détesteras pour la mort de ce juge. Tu te cacheras derrière cette malédiction qui te ronge le cœur en guise d’absolution. Tu te mentiras et ça te rongera à un point tel que la simple idée de te foutre en l’air t’apparaitras comme la plus raisonnable des solutions. Je suis peut-être la seringue plantée dans ton bras Jasper mais c’est toi qui y a fait entrer le poison. »


Les phalanges s’enroulent autour de son cou quand mes lèvres viennent flirter près des siennes. Si près que nos souffles se mélangent un instant avant que je ne m’arrache à lui. Mes doigts glissent sur son torse puis sur ses épaules. Remontent le long de sa nuque et se fixent sur ses tempes. Il n’a pas le temps de compter jusqu’à deux que je pénètre sans autorisation le labyrinthe de se psyché. Les souvenirs pullulent des plus récents aux plus anciens. Il m’emboite le pas, Jasper, comme ficelé à mes mouvements dont il ne peut se soustraire. Je le traine comme un chien que l’on tiendrait en laisse.
De nombreux visages apparaissent, prennent contenances et vivent. Je ne m’attarde sur aucun d’eux visant ce jour hideux où l’âme de John est venue corrompre la sienne.
Et je le vois, ce trou béant. Là, où une lave sombre et épaisse dégueule comme un puits de pétrole. Comme une porte vers l’inconscience, là où naissent les pensées les plus sombres.

« Un joli carnage. » lance-je plus pour moi-même que pour lui.

Je tire sur les chaines invisibles qui nous lient pour le ramener à mes côtés comme on le ferait avec un animal mal dressé. Je souris avec une tendresse rare, comme si j’étais à nouveau Elle. Il ne me faudra que deux pas pour me glisser dans son dos. Un geste brutal pour le pousser dans cette mare gluante et acide qui lui dévore la peau dans une infinie souffrance. Il se noie Jasper, le liquide le gobant tout entier. C’est comme du sable mouvant sauf que ce dernier est brûlant. Il disparait bientôt et j’affiche cet air satisfaisant avant de m’élancer à sa suite.
Mâchoires crispées, la lave noire défonce ma chair, m’avale pour me recracher quelques mètres plus bas. Un paysage de désolation s’offre à nous. Semblable à un désert sombre et aride. La terre craquelée sous nos pieds et les arbres calcinés nous entourent. C’est pas très beau, Amour, dans ton dedans. C’est presque effrayant.

« Tu dois me tuer. » éructe-je.

« Tu dois le faire des centaines, des milliers de fois, jusqu’à ce que tu t’épuises, jusqu’à ce que cela ne te fasse plus rien. Je suis la source de ta Haine, Amour. A l’image de ce chaos qui règne dans ta boite crânienne. Je dois dire… que je trouve ça presque flatteur. »


La réplique est moqueuse, se veut piquante.

« Fais le pour toi. Fais le pour ta Lydia. Tu sais comme elle a hurlé ? Comme elle t’a imploré de la sauver ? Elle couinait la petite chienne, juste là, à quelques mètres de toi mais tu ne pouvais pas l’entendre, non. Tu l’as laissé seule avec moi. Pauvre petite brebis prisonnière dans un enclos en compagnie d’un loup affamé. C’est cruel, tu ne crois pas ? »

Je me fais serpent, mord et distille mon venin. Lorsqu’il fait un pas je me dédouble. Lorsqu’il feinte un geste je me multiplie. Et bientôt ce n’est pas une seule Mary qu’il peut voir. Mais une cinquantaine, une centaine. Elles parlent en écho, lui vrillant les tympans.

« A quel point tu veux me voir morte mon bien-aimé ? »


Folie insidieuse se délite dans ses veines, cogne à son encéphale, défonce son palpitant. Elles lui reviennent les images tortueuses. Des souvenirs de ce jour crucial. Celui où tout a commencé, ou tout a dérapé. D’abord Lydia, la malheureuse. Jake, le souffreteux.
Ça le percute, le rend dingue. La mort partout où tu passes. La mort partout où tu t’égares.
Et là-bas, tout au fond derrière cette multitude de clones, un visage enfantin. Celui-là même qui avait réussi à le toucher une fois. Le moi, enfant.
Est-ce que tu réussiras à tuer le mal à la racine ? Est-ce que tu pardonneras l’impardonnable pour être en paix avec toi-même ? Un pardon que tu pensais offrir mais que tu n’as jamais réussi à donner. Un pardon qui s’est planté en travers de ta gorge pour gangréner ton cœur. Tu t’es toujours menti. Tu te mens effrontément et ça te ronge en dedans. Tout n’est pas tout blanc, ni tout noir. Il y a ces nuances de gris qui le composent et qui l’indisposent.

Et chaque coup porté me fait l’effet d’un coup de poignard. Je titube là, quelque part, dans un recoin de son esprit. Je m’affaiblis de l’autre côté, là où les choses sont bien réelle. Le sang s’échappe d’entre mes lèvres. Il faut vraiment que je te déteste pour te laisser me buter. Non. Il faut vraiment que je t’aime pour te laisser faire sans broncher.





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It's getting close. I lose control. It's taking over. It's getting close.
I'm slipping into the deep end. I'm in over my head I can't catch my breath. I'm slipping into the deep end. Darkness is sinking me Commanding my soul. I am under the surface where the blackness burns beneath.

I am a wicked.



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MessageSujet: Re: Eyes wide shut Mer 5 Juil - 6:25

EYES WIDE SHUT

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Elle avait raison, la belle vipère. En vérité, peut-être qu'il ne l'avait jamais réellement pardonné pour les maux qu'elle lui avait fait endurer. Les sentiments qu'il avait pour elle l'avaient poussé à étouffer sa rancœur, mais il en restait encore, ne serait-ce qu'une parcelle... un fragment qu'aura envenimé la malédiction au point de l'amplifier au centuple. Mais il s'en moquait, le grand blond. Ses paroles ne l'affectaient en rien puisque le mépris se vautrait confortablement en lui, repoussant bien loin le reste. Elle se moquait de lui ouvertement, réduisant la distance qui les séparait, son souffle vicelard de paroles caressant la peau de son visage blafard. Tu crois vraiment que j'vais m'sentir coupable pour ton p'tit copain ? T'aurais pu avoir raison. Le problème, c'est que ton chéri, c'était pas quelqu'un de bien. Facile de deviner avec ces beaux murs rougeoyants. Tu crois vraiment que j'vais regretter d'lui avoir foutu la vie en l'air, alors qu'il foutait la vie en l'air d'un paquet d'personnes comme passe-temps ? Laisse-moi en douter. Cette fois, même la conscience ensevelie sous l'ensorcellement, il avait très probablement... raison. Éprouver des regrets ou de la culpabilité pour avoir évincé la vie d'une personne innocente ou bienveillante ? Assurément. Mais pour quelqu'un... qui tuait à temps perdu des gens dans son fucking sous-sol ? Désolé, mais j'crois pas. Tandis qu'elle enroule ses mains autour de son cou et que ses lèvres frôlent les siennes, un rictus tressaille, railleur.

« La vilaine Mary... a toujours raison... »

T'as pas idée à quel point j'peux t'surprendre. Tu connais pas tout d'moi. Tu risques de t'prendre une belle claque à la gueule, ma toute belle. Il conserve ses pensées pour lui, gardant ses lèvres scellées et la laissant vaquer à... peu importe ce qu'elle avait l'intention de faire. J'crois que j'vais devoir me contenter d'attendre pour le savoir. Et l'attente n'est pas très longue...


***********************************


Un voyage au centre d'une tête... salement écorchée. La sienne. Des visages, des souvenirs, un enchevêtrement de scènes éparpillées déferlent, mais ce n'était rien de nouveau pour lui. Il les ignore et se concentre sur l'inferis, qui devant lui, le force à la suivre. Résigné à le faire, tiré par une force intangible, il avance, le visage crispé par l'inconfort. Impassible, il regarde cette merde, cette limace qui gerbe de la bile goudronneuse... aucunement étonné. J'me suis toujours douté que ça ressemblait à ça, dans ma tête. Jamais il ne l'avait vu d'aussi près, mais il l'avait toujours ressenti, cette larve qui dégueule.

« Un joli carnage. »
« J'dois t'remercier pour ça... », murmure-t-il ironiquement, mais trop faiblement pour qu'elle puisse l'entendre.

Parce qu'il croyait, en ce moment même, qu'elle était la seule à blâmer pour cette chiotte. Elle et ses décisions. Elle et ses tendances à décaper la vie des gens. Elle et son putain d'égocentrisme. Elle, elle, ELLE. C'est toi, tout ça, tu l'sais, non ? Si c'était pas d'toi, j'vivrais bien tranquille avec mes p'tits démons. Fallait que tu viennes y foutre une légion., pense-t-il, amèrement. Elle le pousse, il tombe droit dedans. Un hurlement reste coincé dans sa gorge lorsqu'il s'enlise au cœur du puits, tandis que cette chose lui dévore la chair et le fait suffoquer. Heureusement, le supplice ne perdure pas longtemps avant qu'ils n'aboutissent dans un endroit... très mort. Un paysage asséché, dont les arbres étaient dépourvus de feuillage et recroquevillés, tordus. Un sol craquelé. Un ciel sombre et chargé d'orage. Il observe le panorama d'un œil presque... indifférent.

« Tu dois me tuer... Tu dois le faire des centaines, des milliers de fois, jusqu’à ce que tu t’épuises, jusqu’à ce que cela ne te fasse plus rien. Je suis la source de ta Haine, Amour. A l’image de ce chaos qui règne dans ta boite crânienne. Je dois dire… que je trouve ça presque flatteur. »

Le blondin tourne son visage en sa direction... et la vrille d'un regard assassin. Ferme ta gueule. FERME TA SALE GUEULE ! La colère gronde férocement, elle ne tardera pas à vomir comme cette limace. S'il était aussi furieux par ce qu'elle venait de dire, ce n'était pas parce qu'elle se faisait moqueuse, même s'il croyait que cette rage émergeait pour cette raison. Non. La raison était bien plus profonde, en vérité. Jamais il n'avait voulu qu'elle soit à cette image. Jamais il n'avait voulu qu'elle devienne un symbole de haine et de chaos. Il aurait voulu qu'elle soit quelque chose... de beaucoup plus beau... un emblème de réconfort... d'espoir... elle ridiculisait les sentiments qu'il avait eu pour elle... comme si c'était de la merde bonne pour la casse et qu'elle avait toujours espéré que ce soit le cas.

« Fais le pour toi. Fais le pour ta Lydia. Tu sais comme elle a hurlé ? Comme elle t’a imploré de la sauver ? Elle couinait la petite chienne, juste là, à quelques mètres de toi mais tu ne pouvais pas l’entendre, non. Tu l’as laissé seule avec moi. Pauvre petite brebis prisonnière dans un enclos en compagnie d’un loup affamé. C’est cruel, tu ne crois pas ? »
« J'vais te tuer, pas parce que tu m'le demandes, parce que c'est c'que tu mérites. », rugit-il, bondissant devant elle, prêt à lui dévisser la tête des épaules.

Mais... elle se multiplie à grande vitesse. Une Mary... deviens une abondance de parasites à son image. Sa haine se multiplie, elle aussi. Au point où lui-même se transforme en quelque chose de monstrueux. Un homme, dont le visage prend l'apparence d'une bête reptilienne. Sa peau se fait sombre, écailleuse, rigide. Ses yeux azuréens se teintent d'un étrange écarlate... comme la lave d'un volcan... sur le point de cracher ses viscères ardents pour tout détruire.

« A quel point tu veux me voir morte mon bien-aimé ? »

Un sourire vipérin lui tord les lèvres tandis qu'une épée se forme à sa main. L'arme de sa vengeance... grande... lourde... et horriblement acérée. C'est dans une clameur de haine qu'il s'élance et abat ses représailles incisives. La lame perce la chair, sans remords, elle tranche des têtes, éviscère, charcute, démantèle, transperce et émiette des os au rythme d'une furie qui ne semble plus vouloir s'étancher. Les Mary tombent, les unes après les autres. Une vingtaine... une trentaine... du sang chaud s'étale comme un lac sur ce sol trop desséché. Il écrase les carcasses comme si elles n'étaient que de l'engrais pour nourrir la verdure morte. Sans importance. L'épée poursuit sa vocation, mais la fatigue... commence à se ressentir. L'arme devient... de plus en plus lourde... ses bras... de plus en plus faibles. Sa respiration devient souffreteuse, laborieuse, et ses pas déterminés... chancèlent... vacillent... traînent...

« Comment... t'as pu... m'faire ça... comment ?!! », finit-il par gueuler, se redressant vivement, s'agrippant aux dernières forces qu'il lui restait pour tenter un dernier massacre.

De sa peau... des écailles tombent... l'écarlate de ses yeux... se dégrade vers l'orangé... et autour, le paysage change... lentement... il ressuscite de ses cendres. Il titube, le blondin, les traits serrés... et à la fois décomposés. Il s'avance péniblement vers une autre Mary et y plonge la lame dans son bide... avec beaucoup moins de vigueur... et d'envie... L'épée lui glisse des mains et s'échoue au sol en tandem avec le cadavre. Les yeux du chasseur se relèvent, ternes... mais de nouveau siens. Il ne restait plus que trois Mary dans son champ de vision. L'une était l'enfant, les deux autres, adultes. Une seule attire son attention... celle qui gisait au sol, trop faible pour se remettre sur pied. Il savait, au plus profond de lui-même, que c'était la vraie. Ses jambes se dérobent sous lui et il tombe à genoux, épuisé... et en souffrance. La colère s'était évaporée, il ne restait plus... que cette horrible tristesse. Haletant, il dévisage Mary, la lèvre tremblante, les yeux larmoyants... et plonge son regard dans le sien.

« Comment... t'as pu... m'faire ça... alors que... alors que j't'aimais... à en crever... », finit-il par souffler, d'une voix fissurée par le chagrin.

Ses larges épaules tressautent et un torrent de larmes inondent ses joues. Sans retenue. Un barrage venait de s'effondrer et plus rien ne parviendrait à retenir ce qu'il s'efforçait de contenir depuis trop longtemps. Un vent frais et salvateur se lève, repoussant les lourds nuages au loin, laissant poindre les lueurs d'un soleil chaud et apaisant. Il reste un moment immobile... et se met subitement à dégorger un reste de bouillie sombre qui lui encombre la tranchée. Une bouillie qui s'enlise au sein d'une floraison maintenant luxuriante et colorée. Un râle s'échappe de ses lèvres alors qu'il ressent un immensurable fardeau le quitter. Ses yeux se ferment tandis que le vent caresse sa tignasse blonde et que ses larmes se tarissent lentement. Et depuis longtemps, il avait l'impression de voir clair. De comprendre beaucoup. Avant que la malédiction ne l'atteigne, lors de son séjour à Waterboro, il avait déjà commencé à comprendre énormément de choses. Mais cette merde qui lui empoisonnait l'intérieur ne lui avait laissé aucun répit. Il s'était égaré dans la colère et la haine.

Lentement, ses paupières se hissent et ses mirettes se figent sur un arbre, au loin. Un seul restait, toujours aussi calciné. Il savait que celui-là ne reprendrait jamais vie. Il était une cicatrice bien enracinée qu'il ne parviendrait jamais à faire disparaître. J'parviendrai jamais à t'pardonner... d'avoir détruit c'qu'on avait de plus beau. Mélancolique, il tourne son visage afin de la regarder, elle, toujours faible, vautrée dans l'herbe. Il s'approche, rampant, et incline son visage vers le sien afin de l'observer en silence. Plus aucune colère ne chatoyait dans ses yeux, seulement la tristesse... et la fatigue. Un faible sourire trémule sur ses lèvres, presque... affectueux.

« Tu dois sortir de ma tête, maintenant... Mary. Tu veux vraiment crever... alors que tu dois m'faire payer ? »

Elle était faible, trop pour bouger, même pour articuler quelque chose de limpide. Ses sourcils se froissent tandis qu'il la dévisage calmement. Ses doigts repoussent doucement une mèche brune qui lui scinde le front... et il hoche la tête.

« J'vais t'aider à sortir... »

Pourtant, il devrait la laisser mourir... mais non. Il ne croyait pas que c'était la solution. Ou peut-être... qu'il était simplement masochiste jusqu'à la racine des os. Les deux. Il laisse son regard étudier l'horizon et là, à une dizaine de mètres de distance, il le voit. Une sorte de portail.

« Accroche-toi... j'sais où aller. », dit-il, glissant ses bras sous elle afin de la soulever et la porter.

La tâche était vraiment pénible. Il n'avait plus d'énergie, il avait l'impression que son corps grinçait et qu'il allait bientôt s'émietter. Putain d'fuck que j'ai mal. Il repousse la douleur et se focalise sur le portail... et il avance... lentement... les jambes flageolantes... le visage distordu par l'effort et la douleur. Il doit à plusieurs reprises s'arrêter pour ne pas s'étaler de tout son long avec elle. C'est ta tête et t'es pas foutu d'faire apparaître un fucking taxi ? Hmph.

« Reste avec moi, Mary... on arrive bientôt... », souffle-t-il difficilement.

Il n'avait absolument aucune idée si elle allait crever. Il ignorait si de rester dans sa tête plus longtemps allait avoir un impact sur elle, dans la réalité. Il n'était pas un sorcier et il n'avait pas de pouvoirs. Comment est-ce qu'il pouvait savoir comment ça fonctionnait ? Le blondin avait seulement l'impression que le temps pressait, à en voir son état pire que le sien. Après une marche longue et fastidieuse, il y arrive enfin, à ce putain de portail. Dans un dernier élan d'effort, il la laisse tomber de l'autre côté... et elle disparaît.


***********************************


Si Mary était revenue à la réalité - aucune certitude -, le chasseur, quant à lui, n'avait pas reprit conscience. Sa tête était mollement inclinée vers l'avant, son menton touchant son poitrail... et le cœur pulsant faiblement. Ce dernier effort l'avait probablement achevé, au point où sa caboche avait éteint d'elle-même les lumières pour lui accorder un temps de repos.

Il n'y avait que l'obscurité... et un calme réconfortant.
Un calme avant la tempête, probablement.





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MessageSujet: Re: Eyes wide shut Ven 7 Juil - 2:04

 
EYES WIDE SHUT

Nobody can save you now...The Queen is crowned.




Il y a ce sourire, celui qui nait au coin de mes lèvres quand il se change en bête, en infâme. La poitrine se gonfle, se charge d’air qu’il expire dans des notes graves. Il grogne l’animal, l’homme. Pareil à un serpent dont la langue s’extirpe entre ses crocs pointus et venimeux. Un serpent qui a faim. Faim de moi, de mon sang, de ma chair, de mes entrailles. Faim de ma vie. Et sa main ne faiblit pas lorsqu’il tue, qu’il assassine, qu’il arrache mes derniers soupirs. Lorsqu’il plonge ses phalanges dans ce ventre - dans le mien. Elle est belle sa Haine, elle glisse sur moi comme une pluie chaude d’été. Rafraichissante, revigorante. Elle flatte mon âme, la partie la plus sombre. Et tu es beau, Amour, couvert de sang, l’iris vengeur. Tu es beau lorsque tu t’adonnes à tes plus bas instincts. Les plus primaires. Là où le bien et le mal n’existe pas. Là où il n’y a que la vie ou la mort. Le carmin se répand sur le sol en de violentes giclées. Il le foule tel un conquérant comme si la mort n’avait plus d’importance, aveuglé par cet objectif qu’il s’est fixé. Celui de me faire payer ses souffrances. Tu me rends responsable de tous les maux qui t’accablent. La prunelle viciée, tu décapites sans sourciller. Et sans doute penses-tu que mon agonie résoudrait tes tourments, qu’elle te libèrera de tes chaines invisibles, de ta propre malédiction. Mais tu n’as jamais eu besoin de moi. Les cadavres flottent dans ton sillage. Retourne-toi, Amour, et contemple comme je le fais, moi.

Il livre la plus importante des batailles. Contre lui-même. Contre nous.  Il s’épuise le chasseur. Son souffle brûlant me parvient en de volutes désagréables. Mon sang boue dans mes veines tandis que j’absorbe cette merde qui le ronge. Cette merde qui me bouffe à mon tour. Explosion dans l’âme et dans la trachée, le goût du fer s’immisce entre mes lippes. Il exulte sa rage alors qu’il chancèle, puise dans ses forces pour continuer ce massacre organisé.
Et je pourrais te dire que j’apprécie cette œuvre d’art que tu dessines en mon nom. Cette splendide esquisse carminée qui se reflète sur nos visages défoncés.
Mes deux billes sombres le scrutent alors qu’il s’avance vers moi. La vraie, moi. Le pas alangui, le fer de la lame traine sur le sol gorgé de fluide avant qu’il ne tombe à genoux, éreinté, affolé. Parce que quand la haine s’efface il n’y a plus que la tristesse, le désespoir. Il y a ce vide qui résonne, ce manque qu’il ne pourra jamais combler. Sa voix se craquelle sous le poids du chagrin qui gonfle en son intime. Il dégueule et j’avale. Il pleure et je suffoque. Il halète et mon cœur déraille.
Le paysage change, se meut. Les herbes hautes viennent chatouiller mes guiboles et mes petons d’enfant. Après la mort, la renaissance.

Mais ce n’est pas moi que tu regardes. C’est elle. Cette partie de moi que tu affectionnes. La faible. Celle qui git mollement sur le sol, les cheveux baignant dans l'hémoglobine que tu as déversé. Et je me demande, tu sais, à quel point tu as pu te fourvoyer. A quel point ton amour que tu clames vrai, l’est en réalité. Tu te mens, depuis tout ce temps. Alors je te regarde, te hisser jusqu’à elle. Jusqu’à moi. Tes mains tremblent, caressent ce visage que tu as si souvent contemplé. De près, de loin. Je te regarde lui demander de vivre pour t’accabler plus encore. Parce qu’au fond tu ne veux pas me voir crever. Par stupidité, par égoïsme, par dévotion morbide, par amour.

Il a perdu ses écailles monstrueuses et a retrouvé sa superbe.
Jasper, il est redevenu lui-même quand je peine à expulser la merde qui entrave mes poumons. Celle-là même qui me calcine et comprime ma cage thoracique, engluant ce cœur bâtard, ce cœur humain. Dans un dernier effort, il soulève ce corps qu’il pense être le mien quand je marche dans ses pas sans qu’il ne me voit. Ses longues enjambées couchent les herbes et les fleurs, m’ouvrant le passage quand il balance la carcasse presque inanimée avant de s’écrouler à son tour. Il ne bouge plus vraiment le chasseur, respire difficilement. Les pognes enfantines s’accrochent à sa tête et les deux petits pouces s’enfoncent dans les orbes du maudit, libérant son regard de ce voile noir qui plus jamais ne viendra obscurcir ses iris. Elle est partie la Haine, s’est évaporée dans l’hôte. Elle cogne dans mon encéphale, maltraite mon ossature et chacun de mes organes. Et tu es libre de penser, de maudire, d’haïr, d’aimer, de buter. La malédiction est levée mais une autre vient de te tomber sur le coin du nez. Moi.



Je retombe lourdement sur le sol blanc et l’encrasse de ce liquide pareil au goudron qui s’arrache à ma gorge. Vomissures entremêlées de carmin qui dégueulent par jet. L’enfant se recroqueville dans un coin sombre, étouffée, saccagée, transpercée par l’acte. Elle se berce, chantonne en se balançant sur elle-même. T’aurais pas dû. Me montrer le chemin, me faire sortir de ta boite crânienne. T’aurais pas dû. Me laisser l’occasion de revenir et de t’anéantir quand t’avais l’occasion de me laisser crever. Ça te tuera… Je te tuerai.
Mes bras s’articulent, me hissent plus loin pour trouver un recoin. Et mon cœur s’apaise, le feu ardent s’éteint jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des cendres. Des images, des pensées, des sentiments, des restes calcinés d’un Nous qui s’enlise et qui s’enterre.
Je dors comme il me semble que je n’ai jamais dormi. Un sommeil réparateur, sans rêve ni cauchemar. Sans son, sans image.



Les paupières s’agitent, clignent à plusieurs reprises. Je ne saurai dire combien de temps j’ai sommeillé. Combien de temps je suis restée allongée là, dans cette souillure qui me recouvre. Il ne me faut que quelques secondes pour me souvenir de la pièce dans laquelle nous nous trouvons. Une œillade pour le voir lui, la tête ballante et son menton qui repose sur son torse. Ça m’anime, ça me tord en dedans. Réminiscences des derniers instants, des dernières paroles prononcées quand j’y répondais par un silence oppressant. Je l’abandonne sans me soucier de savoir si son cœur bat toujours, sans me soucier des dommages possibles causés à son cervelet. Peut-être que tu ne te réveilleras jamais. Que tu vas rester dans cet endroit sans couleur, sans odeur. Dans le vide de ton existence où le seul son que tu entendras, sera l’écho de ta propre voix. Enfermé à tout jamais dans ta caboche où plus rien n’a d’importance. La porte qui conduit au sous-sol me crache dans le salon puis dans l’entrée avant que je ne monte les escaliers. Il faudra que je nettoie pense-je amèrement, pas très encline à éponger le bordel causé par la mort de William. Il y a l’eau brûlante, celle qui apaise et qui réchauffe le derme. La crasse se décroche, dégringole le long de mes membres dans un mélange de savon fleurant bon l’orchidée sauvage que le siphon ingère.

Un cri vient fendre le silence reposant. Celui d’Anita, la femme de ménage.
Je pousse un soupir las avant de me planter en haut de l’escalier, nue et les cheveux mouillés. Mon visage se pare de fausse panique.

« Vous devez monter Anita ! C’est William… Venez, s’il vous plait. »


Et elle ne se fait pas prier la quinquagénaire. Grimpe les marches au pas de course malgré le surpoids qui lui tombe sur les hanches. Ma main s’accroche à la sienne mais je ne bouge plus. Un mouvement de tête fait craquer ma nuque quand elle semble comprendre, quand elle sent le danger émanant de ma frêle carcasse. Mais c’est trop tard. Mes phalanges se solidarisent autour de ses poignets quand j’aspire son énergie. Elle tente de reculer, Anita, butant contre le mur. Mais tu ne m’échapperas pas. Et tu vas mourir. Son énergie aspirée traverse le long de mes bras quand ses prunelles me supplient. Je lui réponds par un sourire alors que son visage et son corps tout entier se zèbre de fins filets noirs. Ce sont tes veines qui s’assèchent et qui pourrissent. Il me semble qu’elle couine, qu’elle implore mais elle peine à articuler, à respirer.

« Shhhhh Anita. Laisse toi aller. Ne lutte pas. »

Mais elle s’ébroue, dans un dernier sursaut avant la mort fatidique, celle qu’elle va se donner. Mes doigts libèrent l’emprise et je peux voir dans son regard, dans cette dernière petite lueur de vie, l’affolement, la panique, la peur. Elle sait. Elle sait qu’elle va sombrer, qu’elle va crever.
Elle tombe en arrière, dégringole dans les escaliers. Ses os craquent, sa nuque se brise, son crâne se fend en deux lorsqu’il éclate contre le carrelage. Agacée, je redescends, me plante à côté de sa dépouille.

« T’es chiante, putain ! – Mon pied cogne le gras de son flanc – T’as encore plus dégueulassé le sol, tu crois que j’ai que ça à faire, de récurer ta merde en plus de la sienne ?! »

Elle ne répond pas, évidemment. Je me renfrogne, crache une injure avant de verrouiller la porte à double tour. Je n’aime pas qu’on me dérange… Et je vis, bouffe, déambule quand sous mes pieds, Jasper demeure toujours solidement attaché, perdu dans sa psyché, à moins qu’il ne se soit enfin réveillé.
Hum.



Je le retrouve émergeant douloureusement sans savoir depuis combien de temps exactement il a ouvert les paupières. Je me poste dans l’encadrement, vient m’y appuyer, croise les bras sous ma poitrine quand je le dissèque. Le teint si livide qu’on jurerait que tu vas disparaitre, t’effacer comme on gommerait une imperfection.
Ça me percute, ça me bouffe quand il daigne lever son minois. Je vacille légèrement. Il me semble qu’il sourit. Mes foulées écrasent la distance quand une gifle cinglante vient lui percuter la joue.
La mâchoire serrée, le souffle court, je le hais. Elle ne reviendra pas. J’aurai du te tuer à la première occasion. Dès que tu as passé cette porte. J’aurai du te buter avec la même froideur que celle dont tu as fait preuve. Tu l’aurais mérité, ta fin tragique. Et je balance un revers, manière d’harmoniser les couleurs. J’expire bruyamment de cette colère latente qui me dévore. Mélange de déception et de rancœur.

« Tu mentais. Tu mens. T’as toujours menti. Tu ne vaux pas mieux que moi, Jasper. Et tu n’es rien. Ça n’a jamais été beau. Ça n’a jamais été bien. Ton amour est factice. – silence - Je vais te détruire… Tu le sais ? »

Question rhétorique. Bien sûr, que tu le sais.
Jeu dangereux auquel je m’adonne, grimpant sur ses cuisses, enserrant sa mandibule comme si j’avais l’intention de la lui briser. Est-ce que tu les vois, les flammes qui dansent dans mon regard ? Est-ce que tu sens, la chaleur ? Celle qui remonte le long de ton échine à t’en cramer les reins ? les doigts fins s’agitent, glissent sur ce corps de désir. J’ai toujours été excité par l’odeur de la mort. Et elle te colle à la peau. J’allume le brasier, fait naitre l’envie en son intime. Une envie qu’il ne peut réprimer, qu’il ne peut qu’accuser. Il se tend, se dresse et est bientôt à l’étroit dans ses fringues, dans son corps. Je vais te souiller, nous salir. Je veux que tu t’écœures.

« Tu te souviens ? Ce jeu ridicule. Celui où tu m’a humilié, Jasper ? Quand tu as manipulé ce semblant de sentiments, quand je t’ai laissé claquer le tendre de ma peau, quand tu as dicté tes ordres ? »

La vision le percute comme s’il revivait la scène. La paume claque sur le fessier rebondi. Il rougit, marque la peau.
Ton esprit libre d’accès, je vais te pousser à la folie. Ta tête va se mettre à tourner fort et vite à t’en filer la gerbe.
Il y a le craquement sinistre de ses vêtements qui se déchirent. Mis à nu, je prends le temps de l’étudier comme s’il était un joli spécimen. Est-ce que tu as honte ? Honte de toi ? De nous ? De ce que t’éprouves quand mon souffle cavale sur ta peau, quand mes lèvres effleurent, embrassent et mordent ? Quand mon intimité se frotte à la tienne sans la moindre pudeur ? Quand tu me pénètres millimètre par millimètre, dans cette tortueuse lenteur ? Ouais dis-moi Jasper… Ça m’intéresse, toutes ses émotions qui pètent à l’intérieur de ton encéphale et qui défonce ton rythme cardiaque. Instants entrecoupés de souvenirs qui s’invitent à son esprit torturé. De nos souffles extatiques, de nos feulements.

« Aime autant que je déteste… Déteste autant que j’aime. » Souffle-je.

Morceau de chair érigé qui glisse et glisse entre mes cuisses. Rauquements qui résonnent dans la pièce vide, faisant écho aux visions qui lui sont imposées. La jouissance au bord des lèvres, le corps se tend, se contracte, l’enserre avant d’imploser. Une large vague de plaisir me submerge, secoue mon bas ventre, étreint mes reins dans une douce brûlure.  
L’air badin, l’œil luisant. Je le scrute, babines étirées en un sourire presque sincère - quand je suis persuadé que tu me hais. On pourrait croire que j’en ai assez mais c’est bien là, tout le contraire. La facilité avec laquelle je pénètre sa psyché est impressionnante. Parce qu’un lien se tisse, pareil à une araignée faisant sa toile. Un lien qui lui permet d’apercevoir le désert sombre qui tapisse mon crâne et la seule petite lueur qui s’amenuise. Un lien qui lui permettrait de s’inviter en mon sein. La magie à ses revers qu’on ne peut contrôler. Même en étant une Inferis. Ma langue serpente le long de son cou.

« Tu sens bon. »

L’arrogance, le dégout… La mort…
Cette mort au bout de mes doigts, encore. Qui serrent et serrent sans intention de s’arrêter, cette fois. Jusqu’à ce que l’oxygène te manque, que tu happes l’air qui refuse d’entrer dans tes poumons. Jusqu’à ce que tes yeux se gorgent de sang et que ton teint vire à ce joli bleu. Je te l’ai dit… Je vais te tuer.




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It's getting close. I lose control. It's taking over. It's getting close.
I'm slipping into the deep end. I'm in over my head I can't catch my breath. I'm slipping into the deep end. Darkness is sinking me Commanding my soul. I am under the surface where the blackness burns beneath.

I am a wicked.



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MessageSujet: Re: Eyes wide shut Mer 12 Juil - 20:25

EYES WIDE SHUT

AND I HAVE BEEN POISONED INSIDE. BUT I FEEL SO ALIVE.



Ses paupières se hissent lentement et son regard embrouillé tente de s'accrocher à la réalité. Cette pénible réalité où les choses étaient trop limpides et tragiques. Sa conscience lui hurle de fermer les yeux et de ne plus jamais les ouvrir, mais le blondin... en avait assez... de fermer les yeux. Trois siècles à s'aveugler, il était temps d'arrêter, même s'il savait qu'il aurait mieux fait de s'y atteler depuis longtemps. Non, il ne se leurrait pas. Il savait qu'il était trop tard pour tout. Le mal avait été fait, d'un côté comme de l'autre, et il n'y avait plus moyen de faire marche arrière. Pourtant, il avait toujours su qu'elle allait l'achever. Dès qu'il avait croisé son regard pour la première fois et qu'il avait choisi de prendre un risque, il s'était condamné à beaucoup de souffrance et à la mort. J'ai pris ce risque, même si j'savais que notre histoire allait mal se terminer. J'ai fait des choix et j'les ai jamais assumés comme il le fallait. J'ai fermé les yeux... j'ai fait comme toi. Qu'on le veuille ou non, tout comme lui, elle n'avait jamais complètement accepté qui il était. Elle n'avait jamais accepté ses défauts, ni sa façon de penser. Encore aujourd'hui, elle le jugeait... comme lui l'avait jugé. Et c'était désolant de réaliser maintenant... que l'un comme l'autre, n'étaient pas si différents, finalement.

Ça ne servait à rien d'éviter l'incontournable. Il n'avait aucune chance de se libérer, et même s'il y parvenait par miracle, il n'irait pas bien loin. Alors... il ne lui restait plus qu'à attendre son heure, en silence. Tu m'as ramené à la vie et tu vas m'redonner à la mort. Tu réalises que tu t'es donné tout c'mal... pour rien ? Ironique, quand même. Épuisé, de corps et d'esprit, le blondin expulse l'air de ses poumons et relève lentement son visage lorsqu'il comprend qu'elle est là, à le regarder. Silencieux, il l'observe... et un chétif rictus retrousse la commissure de ses lèvres. Éphémère. Défaitiste. Parler ? Non. Il allait garder le silence jusqu'à la fin. Il avait parfaitement conscience qu'elle s'était égarée beaucoup trop loin cette fois. Que même des paroles ne parviendraient pas à la ramener de l'obscurité dans laquelle elle s'était enlisé jusqu'à la racine. Tu t'y es perdu pour de bon cette fois. C'est presque fascinant... de te regarder comme ça. Debout. Forte. Puissante. Sans pitié. Alors qu'en vérité... tu souffres tellement que tu renies une partie de qui tu es. Explique-moi alors... comment j'fais pour t'accepter entièrement... si toi-même t'es pas foutue d'le faire ? Deux gifles lui cinglent cruellement les joues, mais le blondin reste placide, gardant les lèvres scellées.

« Tu mentais. Tu mens. T’as toujours menti. Tu ne vaux pas mieux que moi, Jasper. Et tu n’es rien. Ça n’a jamais été beau. Ça n’a jamais été bien. Ton amour est factice... Je vais te détruire… Tu le sais ? »

Si je t'avais jamais aimé, je t'aurais déjà buté. T'as déjà oublié cette putain de cabane dans les bois ? Cette nuit là, quand j'ai tenu la lame contre ta gorge ? J'aurais pu te la trancher mille fois, mais je l'ai pas fait. C'est à cause de c'que j'ressens pour toi que j'suis ici et que j'vais en crever. Elle grimpe sur lui et lui enserre douloureusement les mâchoires, mais il encaisse, osant même figer son regard dans le sien. Les doigts de la faucheuse lui caressent le derme et font naître en lui un faux brasier, poussant sa verge à se dresser alors que l'excitation n'était qu'une illusion. Son intérieur s'émiette lorsqu'il réalise vraiment... qu'il n'y avait plus aucun espoir. Lui, dont le cœur s'était rompu lorsqu'il avait vu son bâtard de frère la prendre de force... et maintenant, elle s'apprêtait à faire comme lui. Il tressaille légèrement lorsque ses vêtements se déchirent et il s'efforce de rester impassible. Il réprime l'envie de lui dire de ne pas le faire. D'arrêter cette merde. Mais rien. Son regard terne se voile... comme si la mort l'avait déjà embrassé.

« Tu te souviens ? Ce jeu ridicule. Celui où tu m’a humilié, Jasper ? Quand tu as manipulé ce semblant de sentiments, quand je t’ai laissé claquer le tendre de ma peau, quand tu as dicté tes ordres ? »

Des scènes déferlent dans son crâne, des instants passés qui s'entremêlent avec la réalité au point qu'il n'arrive plus à discerner s'il est toujours dans cette cabane ou s'il est piégé dans cette salle capitonnée. L'impression de caresser sa peau, d'éprouver à nouveau ce désir insoutenable de la posséder, de goûter ses lèvres, le tiraille, le tourmente comme une vilaine fièvre, le poussant à délirer dans cette factice réalité. L'excitation s'enflamme au creux de ses reins, et il gémit, tandis qu'elle s'empale sur lui, encore et encore... jusqu'à s'extasier avec elle. Quelque chose en lui s'effiloche et se fissure. Son âme, peut-être. Lui, tout entier. Aucune importance, après tout. La réalité revient l'assaillir... il sait que c'est terminé. Il le percevait dans son regard, qu'elle allait y mettre définitivement un terme. Ses mains s'enroulent autour de son cou, qu'elle étrangle, impitoyable, sans ciller une seule fois. Il suffoque, son corps se débat par instinct de survie, mais il s'ordonne de tenir encore, le plus longtemps possible. Parce qu'elle était là, la faille. Ce lien étroit qui les liait, tous les deux. Et il la voit, cette chétive lueur dans sa cervelle encrassée. Il s'étire, le chasseur, et plante ses doigts en plein dedans, jusqu'à ce qu'elle soit bombardée à son tour, de songes qui ne sont pas les siens. Ces scènes, elle les voit, elle y assiste comme si elle les vivait, les unes après les autres. Elle peut entendre ses pensées, ressentir ce qu'il ressent, être spectatrice de moments qu'elle n'avait jamais vus auparavant, alors qu'elle vivait sa petite vie, et lui, la sienne.

Regarde moi... jusqu'à c'que la mort m'emporte.


**************************


Debout devant la vitrine d'une bijouterie, le blondin plisse les yeux et dévisage une bague sertie d'un petit rubis. C'était un beau joyau, artisanal, unique, sans doute. Un sourire naît sur ses lèvres, à l'idée de lui acheter. Un grand costaud se plante à côté de lui, Nev, et le dévisage comme s'il était un cinglé.

- Tu penses quand même pas à lui acheter une bague à cette gonzesse ? Tu la connais depuis quoi, un mois ? Rhodes... t'es tombé sur la tête ? Tu veux la demander en mariage ou ?
« Te fous pas d'ma gueule. J'veux seulement lui acheter... un truc. »
- Un truc, hein ? Tu l'sais au moins que ce truc vaut 10 000 ?
« Holy fuck... », marmonne le chasseur, réalisant soudainement qu'il n'avait pas capté le dernier zero du fucking prix.
- Tu peux l'dire ! Contente-toi de lui acheter un bouquet d'fleurs ! Puis tu risques de la faire fuir avec un bijou comme ça. Elle va croire que tu veux du sérieux, à la vie, à la mort. Tu veux ça avec cette fille que tu connais à peine ?

C'est c'que j'veux. J'sais que c'est elle. J'le sens. J'voudrais passer tout mon temps seulement à la regarder. J'ai envie d'lui faire plaisir. J'veux pas lui acheter un putain d'bouquet d'fleurs. C'est d'la merde. Son visage s'affaisse et dépité, il réalise rapidement qu'il était loin d'avoir les moyens de lui offrir.

« J'crois que j'vais devoir me contenter du bouquet d'merde... hmph... »

J'ai aucune chance avec elle. J'peux rien lui offrir. J'suis qu'un putain d'chasseur. Et tous ces mecs qui lui tournent autour, bien friqués... elle en a rien à battre d'un pauvre type comme moi.

Et le souvenir file, pour céder sa place à un autre...


**************************


Il était devant le consulat. Depuis trois heures qu'il marchait de long en large, horriblement nerveux, fumant clope après clope. Jamais il n'avait été aussi stressé à l'idée de voir une femme. Il se torturait l'esprit à essayer de trouver un faux prétexte à lui balancer pour expliquer ce qu'il foutait ici. Putain, c'que t'es con. Elle va bien piger que t'es pas là par hasard. Tu t'compliques la vie, t'as qu'à lui dire que... Lui dire quoi ? Qu'il avait envie de la revoir ? Qu'il pensait souvent à elle et que ça lui donnait presque envie de gerber ?! Hey, salut, j'pense souvent à toi et plutôt que d'gerber mes tripes, j'suis venu t'voir. Il grimace et lève ses yeux vers le ciel, écœuré. Il avait l'impression d'être un crétin d'ado' à son premier rendez-vous avec une gonzesse. Pourtant, il en avait vu passer dans sa vie, des gonzesses. Mais elle... elle était différente. Quand t'es là, j'deviens encore plus con que d'habitude et j'sais jamais quoi dire sans avoir l'air d'un putain d'attardé d'fuck. Cette merde va m'faire crever si ça continue. Il cesse de bouger lorsqu'il la voit enfin. Mary. Belle, comme toujours... avec ce sourire qui lui reverse l'intérieur... qui lui coupe soudainement la respiration et pousse son palpitant à s'affoler comme une poule sans tête. Calme-toi. T'as déjà abordé une femme avant. Tu vas quand même pas te pisser dessus. Un peu d'cran. Il hésite, déglutissant péniblement, balançant sa cigarette plus loin. Il prend une grande inspiration et s'apprête à se diriger vers elle, mais s'arrête subitement, fronçant les sourcils. Qui c'est celui-là ? Un grand ténébreux, bien habillé, sourire de péteux, coupe parfaite, il était là, à parler avec elle. Il parle pas avec elle, il la drague. Facile de deviner, seulement à sa façon de lui faire les yeux doux. Fuck, mais tu fais chier toi ! Ce grand con venait de tout foutre en l'air. Son visage se crispe tandis qu'il les observe tous les deux, en grande conversation devant la bâtisse. Et elle lui sourit, à ce... Il s'agite sur place, hésitant entre l'envie de foutre-le-camp ou de lui lancer un duel. T'exagères un peu. J'crois que tu devrais te contenter de partir. Ça sert à rien. Pourtant, il reste immobile, cherchant un moyen de... et c'est là qu'il le voit. Un gamin d'environ treize ans, qui dribble son ballon de basket sur le trottoir.

« Hey, pssst ! Viens ici ! »

Le gamin le dévisage, sans trop comprendre, mais s'approche quand même, suspicieux.

« J'fais un deal avec toi. Tu m'prêtes ton ballon quelques secondes et t'approuves tout c'que j'dis... et j'te donne... 15 dollars ? »
- Approuver quoi ?
« Tu vois l'affreux là-bas, avec la belle gonzesse ? Eh bien... j'vais lui envoyer ton ballon à la gueule. J'veux que tu fasses semblant que c'est toi et que c'était un accident. »
- Pourquoi vous voulez faire ça ?
« Parce qu'il est dans mon chemin et j'veux inviter la belle quelque part. S'il est là comme une merde qui colle au cul, j'peux pas faire ça tranquille, tu comprends ? »
- Oh d'accord ! Ce sera 30 alors !
« 30 ?! Tu t'fous d'moi ? »
- Il va peut-être appeler ma mère et j'vais me faire gronder ! J'veux être dédommagé à l'avance ! C'est 30 ou rien !, lui lance le gamin, le défiant du regard.

Après avoir grommelé un paquet de jurons tout en fouillant dans sa poche, le chasseur lui tend la somme et lui prend le ballon des mains. Le souvenir déraille le temps de quelques secondes et passe au moment où il prend son élan et qu'il balance d'une bonne force le ballon en direction du type. Ce prétendant qui s'effondre comme une masse, le nez qui pisse le sang comme une fontaine. Son visage s'affaisse en tandem avec le gamin.

« Ah merde... j'crois que j'y suis allé trop fort. »
- Il est mort, vous croyez ?
« Non, il est juste... un peu sonné... il va s'en remettre. », marmonne le blondin, les sourcils froncés, incertain.

L'idée avait été de seulement lui péter le nez, pour qu'il dégage du panorama afin de se soigner le pif... mais il l'avait carrément mis chaos. Merde... quelle connerie que j'ferais pas pour te gagner...



**************************


Les fragments s'entremêlent et accélèrent. Le temps lui manquait, l'oxygène surtout. Sa conscience commençait à s'estomper, il devait faire rapide et sauter des souvenirs.

Il se contente de petits bouts, ces nombreux moments qu'il avait été en sa compagnie, ces instants précieux où il la regardait, les yeux entichés, le sourire aux lèvres, le cœur sur le point d'exploser. Ce passage où il achète enfin la bague et qu'il la range dans son petit coffre fort, au fond de son placard, en se disant qu'il allait lui remettre un jour, parce qu'il croyait qu'elle était la femme de sa vie et qu'il avait amplement le temps de lui offrir. Et les plus sombres moments surviennent, en rafale. Lorsqu'il réalise qu'elle lui a menti et qu'il crève de l'intérieur. La prison de ronces, à l'instant où elle le libère et qu'il est assis dans sa bagnole, hésitant à partir. J'ai tellement mal. J'peux pas vivre sans toi. J't'aime, mais tu m'fais si mal, Mary. Lorsqu'il est piégé sur cette croix et qu'elle choisit de le sacrifier au nom de Némésis. Ces cinq années en enfer, lorsqu'il souffre horriblement et qu'il la voit, illusion éphémère, qui passe auprès de lui pour le soigner et lui dire de tenir bon. Reste avec moi. J't'en prie. Me laisse pas ici. T'en va pas ! J'perds espoir sans toi ! Sa résurrection, il ne se souvenait plus d'elle concrètement, mais il avait dessiné, une centaine de visages à son image, qu'il avait placardés sur son mur. Pourquoi j'ai l'impression que t'es importante pour moi ?

Les souvenirs, s'embrouillent davantage. Il avait de plus en plus de mal à s'accrocher. Il ne lui restait que très peu de temps avant de sombrer. Alors il se focalise sur un dernier souvenir, qu'il croyait... être important.


**************************



Un retour à Waterboro, dans le maine. Ils croyaient tous les deux que le problème était résolu, avant qu'elle n'échappe le pendentif et qu'il se scinde pour en cracher ce monstre de goudron. Il était dans sa bagnole et elle venait d'en sortir, s'éloignant lentement vers la maison de Raven. Tu veux que j'te dise que j'me souviens de toi ? Que j'me retiens de te serrer contre moi, de t'dire que tu m'as manqué ? Que j'ai envie de... de... Il la regarde, les mains posées sur le volant. Il se souvenait d'elle, mais ne lui avait rien dit.

Reste. T'en va pas. Laisse-moi te regarder encore juste un peu. C'est peut-être la dernière fois que j'vais t'voir d'aussi près. J'aimerais au moins t'dire que... Tu savais que c'est possible d'en avoir marre d'aimer quelqu'un à c'point ?

Un dilemme s'impose à lui, à cet instant précis. Choisir de l'oublier à jamais... ou de lui laisser... une chance. Ses doigts compressent le volant au point d'en blanchir ses jointures... et subitement, il ouvre la portière.

« Mary, attends ! »

La scène tressaute, comme si la bande du film était salement abimée. Mais on le voit toujours, debout... et là, tout au fond de ses prunelles, on peut le voir. L'espoir. L'espoir de recommencer à zéro, de faire les choses comme il le fallait.

J'suis pas parfait moi non plus. Mais j'suis certain d'une chose... c'est que j't'aime et j'arrive pas à m'imaginer sans toi. Alors, j'vais essayer. J'vais essayer de comprendre qui t'es, Mary.

Ses dernières pensées se percutent dans la tête de l'inferis, en échos, et lentement, tout s'estompe... pour ne laisser qu'un noir sans fin à l'image.

Le film était terminé.
Pour lui.





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MessageSujet: Re: Eyes wide shut Mar 18 Juil - 15:30

 
EYES WIDE SHUT

Nobody can save you now...The Queen is crowned.




Et je détruis, j’anéantis, tout ce que je caresse, tout ce que je touche. Et c’est toi que je tiens entre mes doigts. Ton cou, ta gorge que je serre et serre. Tu suffoques, tu t’agites et tu cesses. Tu me regardes. Tes prunelles bleutées plantées dans le brasier ardent des miennes. Mais c’est déjà trop tard. Aucune passion ne m’habite, aucun amour ne me consume, aucun remord ne me ronge. Alors je vais presser à m’en faire blanchir les jointures. Jusqu’à ce qu’il m’offre une jolie palette de couleurs faite de rouge, de violet et de bleu. Une dernière œuvre, mon dernier tableau, notre Fin à tous les deux. Le chasseur s’accroche, se hisse à l’intérieur de ma caboche. Il plonge dans cette merde noire qui englue mon intime et j’espère qu’il en crèvera, les yeux rongés par cette nappe dévorante. Mais je ne te laisserai pas faire. Je ne te laisserai pas m’échapper. Je ne cesserai pas mon geste, celui que tu trouves totalement dément, insensé. Pauvre fou… Je te prive de ton air, combien de temps penses-tu encore pouvoir me tenir tête, piétiner ma boite crânienne, fouler le désert noir sans une goutte d’eau pour te désaltérer, sans rien pour reprendre ton souffle ?
Pourtant je les sens, ses griffes, celles qui se plantent dans ce bout d’âme encore intact. Ce bout d’âme où gît une faible lueur persistante. Je vacille sans pour autant lâcher prise. Les poumons fonctionnent difficilement, l’air me manque alors que je suis propulsée là où je n’ai pas envie d’aller. Toi partout, toi en moi, toi salissant mon encéphale de tes visions pourries.

~~~~

Il est là, planté devant cette foutue vitrine et je m’élance alors, prête à lui arracher le cœur. Prête à le tuer encore et encore. Un cri rageur s’étouffe dans ma gorge quand je passe au travers de cette illusion merdique. Poings et mâchoires serrés je me redresse, écoute, vois, ressens. Les mots s’envolent, me percutent avec une violence qui me déstabilise. Jasper, il fixe quelque chose, une bague avec en son centre un rubis. La pierre éclatante me fait penser à une braise rougeoyante que l’on aurait enfermée dans du verre. Son cœur à Lui tambourine dans ma cage thoracique. Ses pensées me parviennent, forment une boule dans le creux de mon ventre. L’angoisse de ne pas être assez, pas assez bien, pas assez riche, pas assez comme Eux. D’être rien, rien qu’un misérable. Les lèvres tremblantes, la bile me remonte le long de la trachée. Je veux te gerber. Toi et cet amour. Toi et ces visions. Toi tout entier. Toi, toi, encore toi.
Puis tout s’efface comme une vieille peinture qu’on délave. Les couleurs glissent sur le sol, colorent mes petits petons que je me mets à regarder. Les doigts de pieds s’agitent et je reste fascinée par toutes ces nuances qui se dispersent jusqu’à disparaitre, laissant place à une nouvelle page immaculée. Page qui se charge d’encre, de pastels, d’esquisses jusqu’à former notre prochaine destination.

J’ai compris. Je vais devoir supporter ça. Toutes ces choses que t’essayes de visser à l’intérieur de mon crâne en pensant que ça changera quelque chose. Mais je les avale et les digère tes souvenirs, ne leur offre pas plus de considération qu’un étron qui tombe dans les canalisations…

Et j’essaye de me convaincre que ça ne me fait rien, j’essaye de croire que je m’en fous. Je m’en fous de tes stratagèmes visant à attirer mon attention. Je m’en fous de ta jalousie qui te pousse à commettre des actes stupides, comme cette fois où tu as blessé cet idiot, ce crétin. Je m’en fous que tu me regardes comme tu n’as jamais regardé quelqu’un avant moi. Je me fous de savoir que ta respiration se hachure et que ton palpitant se met en branle quand tu es près de moi. Je m’en fous. Ouais. Je m’en fous. Délicieux mensonges qui lient et délient.
L’encéphale implose de toutes les visions qui le blindent. Les souvenirs pareils à des graines qu’il vient planter dans mes entrailles. Petites graines d’un Bonheur autrefois partagé, d’un Amour autrefois consumé. Réminiscences de ces instants délicieux, moments de quiétude qui pourtant se délitent, s’arrachent, se calcinent. La souffrance. La sienne, partout dans mon être.
Mes convictions vacillent. Chaque souvenir ajouter fait trembler mes fondements. Cette bague. Ce rubis qu’il tient secrètement caché quelque part. Dans un coffre. Un trop petit coffre. Et j’ai mal. De cette douleur insupportable que je ne voulais plus jamais ressentir. Mais elle n’est pas à moi, elle est à Lui. Ce n’est pas la mienne et pourtant elle réveille les blessures enfouies. Celles dissimulées soigneusement sous la crasse, celles qui suintent encore, qui saignent, qui pleurent. Celles qui font souffrir et crever. Celles qui moisissent en mon sein, gangrènent mon âme. Pourquoi... Pourquoi tu fais ça, pourquoi tu fais mal ? Tu sais pas. Tu sais pas ce qu’ils ont fait putain. Tu sais pas. Tu connais pas le mal, le vrai. Celui qui ronge, qui claque, qui te donne envie de crever dans l’instant. Tu l’as pas vu, toi, son petit visage enfantin se déformer sous la douleur. Tu l’as pas vu cette engeance, brûlée comme un vulgaire bout de papier. Tu l’as pas senti, cette odeur de chair brûlée. Non. Tu ne sais rien, Jasper. Tu ne connais rien de moi et tu juges sans savoir, sans comprendre. Encore. Toujours. Éternel reproche, éternel recommencement. Mais je suis fatiguée, tu vois, de me battre avec toi. De me battre contre toi… Fatiguée de croire que tout ça mènera quelque part. Fatiguée de croire en toi, en nous. Et… T’es qui, putain, pour faire ça ? Pour m’imposer ça ? Pour ouvrir les cicatrices, pour retirer le sparadrap, pour dévoiler à ma vue les vagues carminées qui tapissent mon crâne ? T’es qui, merde, pour te permettre de me blesser de la sorte, pour me saigner à blanc, comme ça, sans préambule ? Ouais, t’es qui ? A part un imposteur qui flatte mon cœur…

Je tombe sur ce sol qui se détrempe à nouveau, m’impose cette énième vision alors que je peine à déglutir et à reprendre mon souffle. L’eau saline dévale mes joues brûlantes, épuisée, incapable de lutter, incapable de me battre contre lui et cette douleur qui ronge mon âme comme une lame de fond. C’est comme s’il me labourait, retournait chaque parcelle encrassée pour mieux s’implanter. Et ça me pète à la gueule, ce jour. Le jour. Notre dernier souvenir en commun, celui où John a pris possession de son âme pour la ruiner, la salir. Et je me souviens de cette vision destructrice, de ce mariage et de nos jumeaux. Je me souviens de chaque détail quand j’aurai tellement aimé que ce soit réel. Mais rien ne l’est, rien ne l’est jamais vraiment. Et dans son regard je l’aperçois, cette lueur infime, l’espoir. L’espoir de recommencer, de s’offrir une seconde chance, de s’apprivoiser, de se comprendre. Quelque chose se bloque dans ma gorge, m’empêche de prononcer le moindre mot. Quelque chose pète dans ma tête, dans mon cœur et dans mon âme. Tout s’éteint. Tout devient terne. Tout devient noir et froid.

Propulsée à l’extérieur de ma psyché, je cligne des yeux pour faire face à ce tableau que je ne trouve plus vraiment beau. Les phalanges lâchent prise comme si elles venaient de se poser sur une flamme. La tête du chasseur dodeline, tombe sur le côté alors qu’elle arbore un teint pâle, bleuté. Et un sentiment étrange et sournois s’immisce en mon intime, défonce ma cage thoracique. Un sentiment autrefois enterré qui refait surface sans crier gare et qui me vrille la tripaille. Je reste plantée là, quelques longues secondes sans que rien ne m’anime, sans savoir ce qu’il faut faire, si c’est réel ou si ça ne l’est pas. Puis il y a cette Douleur qui me soulève le cœur, celle-là qui me donne la nausée, celle-là qui me fait réaliser qu’il est en train de crever. Alors les paumes se plaquent sur son torse, poussent, pressent.

« Jasper ?... Jasper ? JASPER ! »

Je répète encore. Encore. Ce prénom pour litanie. Seuls les mouvements désordonnés de sa tête répondent à mon agitation. Et l’index et le majeur cherchent le pouls dans son cou. Cherchent un signe de vie qu’ils ne trouvent pas immédiatement. Elle creuse la panique, elle enfle l’angoisse. Alors, ils s’appliquent, s’ordonnent, cherchent encore et trouvent. Un battement si faible, si faible qu’on croirait qu’il va cesser d’un instant à l’autre.
Le corps frêle s’ébroue, arrache les sangles qui le retiennent prisonnier quand sa masse bascule en avant, s’écrase un peu contre le moelleux des capitons. Il est allongé, le chasseur. Son poitrail se soulève avec une lenteur effroyable. La gosse hurle là, quelque part. Elle hurle si fort et si fort que j’en ferme les yeux, attrape ma tête qui me donne l’impression qu’elle va exploser. Elle braille encore, la sale gosse parce qu’elle sait, qu’elle le voit périr, partir et qu’elle ne veut pas, elle, qu’il s’en aille. Qu’elle ne veut pas qu’il expire son dernier souffle parce que… Parce qu’elle l’aime. Plus que de raisons, plus que tout le reste. Elle l’aime à en crever, à en hurler. Elle l’aime plus que sa propre vie à elle, si petite, si misérable, si fragile, si faible petite chose. Alors elle cogne dans ces parois qui l’emmurent, qui l’empêchent de voir la lumière du jour, qui l’empêchent de vivre, de se propager, d’enfler.  Elle percute avec force jusqu’à se frayer un chemin dans une fissure, là, juste là. Et elle illumine la pièce en un faisceau éclatant d’une rare pureté.
L’énergie se faufile jusqu’à la pulpe de mes doigts qui caresse et caresse son visage à Lui. Le flux magique répare, efface les traces de cette strangulation, les traces de mes phalanges qui écrasaient sa trachée dans le seul but qu’il ne respire plus jamais.

Et il respire à nouveau sereinement, Jasper. Les battements se font réguliers et son visage reprend une teinte plus rosée. La gamine navigue derrière mes iris, force les larmes à couler à chacun de ses passages. Elle a mal. Elle a mal mais elle reste là.
Je reste assise à son chevet, la paume sur son cœur, partagée entre l’envie de le lui écraser et celle de l’enfermer à tout jamais pour le mettre en sécurité. Tu devrais reposer dans cette salle capitonnée, pour l’éternité. Pour que rien ne puisse plus jamais t’arriver, pour que personne ne m’arrache à toi. Je veux te garder jalousement, te posséder pleinement. Je ne veux plus qu’aucune autre te regarde. Je ne veux plus que tes prunelles caressent le visage ou les courbes d’une autre femme. Je veux que tu sois à moi, totalement et que tu aimes ça, que tu te dévoues que tu restes là, avec moi sans plus jamais me quitter. Jamais.
Ce lien toujours présent, ce lien qui nous lie, j’en use et j’abuse dans un dernier effort. La môme s’avance, foule son encéphale à Lui.

~~~~

Ce jour où tu m’as regardé cette lueur pleine d’Espoir dans le fond de tes prunelles, ce jour où tout a basculé, ton cœur s’emplissant de Haine. Mais tu n’as pas vu, tu n’as pas regardé dans mes yeux à moi. Cette peur étrange nichée dans mes entrailles, me poussant à te protéger plus que moi-même. A te sauver des autres, de John et surtout de moi.

Je t’ai regardé dormir juste avant de partir et de disparaitre de ta vie. Je l’ai fait pour toi, pour te préserver, pour sauver ce morceau d’âme encore intact. J’ai écouté la voix de cette sorcière, cette Aurora, ton amie. Je suis restée là, derrière d’épais barreaux à me demander ce qui était le mieux pour toi, pour moi, pour nous. Et j’ai renoncé pour ton bien. J’ai renoncé à toi et à cet amour qui te blesse tant. Je t’ai rendu ta liberté, totale et exclusive sans plus jamais revenir marcher dans tes pas. Et je l’ai fait, Jasper. Je t’ai laissé vivre ta vie sans m’en soucier vraiment, je t’ai laissé faire ce que tu avais envie sans être cette ombre vengeresse qui plane au-dessus de ta tête. Je ne t’ai pas cherché, je ne t’ai pas appelé, j’ai disparu de ton existence et tu as disparu de la mienne.
Tu es une faiblesse. La mienne. Je t’ai protégé de cette mort qui traine dans mon sillage, ouais, je t’en ai protégé en lâchant ce Nous tortueux.  

Et j’ai quitté cette maison en laissant derrière moi ta carcasse venimeuse, en te laissant entre les mains d’Aurora qui promettait de prendre soin de toi. Je pensais qu’on irait bien. Je pensais que ça suffirait. Et j’avais mal, mal de ne plus te voir, de ne plus te sentir. Mal que tu ne fasses plus partie de mon monde à moi. Jusqu’à eux. Ces foutus hérétiques qui ont décidés de me faire payer. Jusqu’à ce qu’ils s’en prennent à Elle, Némésis.
Et je veux que tu regardes à travers mes pupilles ce qu’ils lui ont fait subir. Je veux que tu comprennes la Douleur qui a anéanti mon cœur, qui a corrompu mon âme. Je veux que tu sentes le désespoir, l’indignation, la souffrance, tous ces sentiments qui m’ont bouffé en profondeur. Jusqu’à ce que tout s’éteigne et que tout devienne noir. Jusqu’à ce que ça ne fasse plus mal. Jusqu’à ce que ses petits cris m’indiffèrent, tout comme l’odeur de sa chair calcinée gonflant dans l’air. Il n’y avait plus de dégoût juste de la rage, de la rancœur, une haine viscérale, vengeresse.  Et c’était bien et c’était si bon, le sang sur mes doigts, la mort au bout de leurs lèvres en un chant aussi doux que cruel. Leurs cris comme récompense, pour jouissance.
L’image se trouble alors que le sang ennemi s’étale sur les murs de pierres. Elle se brouille jusqu’à s’éteindre complètement. Elle est fatiguée la gosse. Trop fatiguée.

~~~~

Les paupières s’ouvrent, clignent. Il demeure impassible, le chasseur, reste encrassé dans les profondeurs de sa psyché. Le corps malmené récupère, là, allongé par terre. Et moi je me relève, pose un regard dédaigneux sur cette carcasse éteinte mais néanmoins vive.
Tu ne pensais pas qu’il suffirait de me bercer d’illusions, pas vrai ? La comptine offerte à l’enfant a été suffisante mais je ne suis plus l’enfant, Jasper. Je suis la femme. Mais une femme qui peint son monde de nuances de gris à travers les yeux d’une gamine… Et je t’aime. Et je te déteste.
La confusion bat derrière le nerf optique qui fait tressaillir l’œil.
Attirés l’un vers l’autre malgré la douleur, malgré la peur. Destinés à se croiser encore et encore, parce que ça ne peut jamais s’arrêter vraiment.

C’est toi qui es revenu, toi qui t’es planté là, toi qui as tiré sur lui, sur William. Tu l’as buté sans considération aucune. Tu lui as collé une balle en pleine tête par pure jalousie, pour me faire payer, toi aussi. Pour me blesser comme tous les autres, comme tous ceux qui veulent m'atteindre. Alors je ne saisis plus très bien ta place dans toute cette mascarade. Ce n’est pas John qui a appuyé sur la détente. C’est toi et seulement toi.
Les sourcils se froncent et un grognement s’extirpe d’entre mes lèvres, furibond. Je le délaisse, reviens quelques minutes plus tard, une paire de menottes à la main. Son poignet entravé au pied de la chaise, je m’assure qu’il ne pourra pas se relever et bondir tel un fauve. Parce que je suis faible et que je ne te laisserai pas l’occasion de me blesser, de me tuer.



Assise, dos appuyé contre la paroi, je croque dans une pomme en attendant que la princesse s’éveille et sorte de son néant. Il bouge et très vite comprend qu’il est restreint dans sa capacité de mouvement. La langue claque contre mon palais pour attirer son attention. Je t’ai déjà épargné, ne me demande pas de te pardonner d’être con. Mes lippes s’animent alors que je ne lui porte aucun regard, contemplant cette pomme que je tiens entre mes doigts.

« Tu vois, je me demandais justement quand tu allais sortir de ta léthargie. Pas que je m’impatientais mais tout de même… Tu as faim ? »


Lueur lubrique qui étincelle. Je ne parle pas de nourriture.

« Oh, ne t’en fais pas pour les menottes. Je vais appeler les flics, tu sais, parce que tu as tué ce pauvre juge Peterson. Ce n’est pas très bien, oulalah non. C’est même très mal, tu as été un méchant garçon, Jasper. Et les méchants garçons ils payent pour ce qu’ils font. Même si tu vas devoir passer par la case prison. – silence - Dis, t’as des regrets, Amour ? D’avoir tué un humain je veux dire. Pas un monstre, non, un humain. »

Les babines s’étirent en un sourire avant que je ne me mette à rire. A rire franchement. La pomme roule sur le sol mou alors que je m’avance à quatre pattes, féline. La chemise remonte sur ma croupe à mesure que je m’approche.

« Pourquoi tu l’as tué, hum ? Parce que savoir qu’il me sautait dans son bureau et dans sa belle maison te rendait fou ? Ouais dis-moi Jasper ce qui t’as fait appuyer sur la détente. Je veux savoir. »

Et je flirte trop près de lui et de son visage quand ma voix se fait suave. Essaye de ne pas mentir cette fois, Amour. De dire la vérité aussi moche qu’elle l’est.




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It's getting close. I lose control. It's taking over. It's getting close.
I'm slipping into the deep end. I'm in over my head I can't catch my breath. I'm slipping into the deep end. Darkness is sinking me Commanding my soul. I am under the surface where the blackness burns beneath.

I am a wicked.



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MessageSujet: Re: Eyes wide shut Hier à 20:19

 
EYES WIDE SHUT

AND I HAVE BEEN POISONED INSIDE. BUT I FEEL SO ALIVE.



Le néant. Cet endroit où il ne faisait ni chaud, ni froid. Là où il n'y avait plus de tourments, de souffrances, ni de larmes amères. Cette place, si réconfortante, si paisible... il voudrait y rester à jamais. Peu importait s'il y faisait noir. Peu importait s'il y était seul. Le silence, c'était tout ce qu'il désirait. Plus de hurlements. Plus de sang. Plus de paroles acérées. Plus de regrets. Plus... rien. L'éternelle obscurité était parfaite. Parfaite pour un homme qui avait trop longtemps vécu dans l'affliction. Cette vie qui brûlait la peau, qui dévorait jusqu'aux os, qui n'avait aucune pitié, il la laissait partir bien loin, se réfugiant dans les bras d'une mort, qui enfin, osait lui accorder une ultime caresse. J'aurai essayé, jusqu'à la fin. Mais c'est terminé, maintenant, j'me bats plus. Ma place, elle est ici. J'veux plus jamais partir. Alors, laisse-moi crever. Reste aussi froide qu'une tombe. Déteste-moi jusqu'à mon dernier souffle. N'aie aucune pitié, ni regrets. Reste infernale à jamais... et oublis moi. Pourtant... une lumière s'étale lentement devant lui, faible lueur qui serpente et scinde doucement... la paix qu'il avait embrassée. Ne fais pas ça. Mary. Laisse-moi. Cette lumière s'impose, se vautre davantage, le poussant à fuir, à s'en éloigner au rythme d'un espoir qui s'amenuise. Il fuit vers la noirceur, s'agrippe à elle, la suppliant de rester, l'implorant de ne pas lui tourner le dos. De ne pas le laisser à nouveau retourner vers cette lueur trop pénible à supporter. J'en ai assez de tout ça. J'suis fatigué. J'ai plus la force. J'veux plus. Si tu m'aimes encore, alors termine c'que t'as commencé. Me fais pas revenir. Tu sais bien que ça rime à rien. Alors... pourquoi ? Mets fin à toute cette merde. Libère-toi de ton fardeau... et libère-moi du mien. Éteint cette saloperie de lumière et laisse-la fermée ! Il recule, chancelle, refuse de s'y laisser glisser. Malgré tout ses efforts, cette lumière irradie si intensément que l'obscurité se dissipe complètement, ne lui laissant plus aucune échappatoire. Cerné de tous les côtés, le blondin n'a d'autre choix que de laisser cette merde de vie lui éclater ses rayons à la gueule.


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L'oxygène éraflait sa gorge et ses poumons. Son palpitant s'animait, reprenait un rythme régulier. Et son espoir d'être enfin libre... venait de s'émietter. Il était de retour, il sentait la vie s'infiltrer en lui, comme une belle salope sans pitié, se foutant du supplice qu'elle allait encore lui offrir en lui refusant la mort. Mais tout n'était qu'un éternel recommencement, pas vrai ? Alors il allait encore s'y plonger, dans la merde, et jusqu'au cou. Parce que c'était ça, son putain de cercle vicieux. Son corps reprenait sa vitalité, mais son crâne était toujours aussi léthargique, coincé entre l'éveil et l'inconscience, prisonnier de visions qui ne lui appartenaient pas. Bien qu'il aurait aimé fermer l'écran, comme on le ferait facilement avec une télécommande, il doit plutôt s'y résigner et assister à ces scènes qui abondent dans sa cervelle. Elle et lui, à Waterboro. Lui, endormi, sur le point de se faire dévorer de l'intérieur par une malédiction qu'il n'avait jamais souhaité. Une malédiction qu'il avait prise sur lui... pour lui éviter, à elle, des maux. Des complications avec un frère en furie qui ne voulait que sa perte, à elle et les siens. Elle le regarde, Mary, effrayée et en plein dilemme. Rester ou disparaître à jamais de sa vie. Le laisser en paix. Briser ce pattern dégueulasse qu'ils entretenaient inlassablement. Et elle avait décidé d'y mettre fin. De lui redonner sa liberté, d'écraser les lourdes chaînes qui les liaient. Pourtant, t'aurais dû comprendre que ce serait pas aussi simple. T'as oublié que j'avais une malédiction et qu'elle me poussait à te détester, à désirer ta tête sur un plateau. Mais il comprend ensuite pour quelle raison elle ne s'en était pas soucié. Aurora lui avait dit qu'elle allait s'occuper de lui, qu'elle allait trouver une solution. Elle ne s'était pas davantage questionné, à savoir si vraiment, elle allait en trouver, une foutue solution.

Elle le quitte, sans se retourner, ignorant à quel point elle faisait une erreur de le laisser auprès de sorciers qui ne détenaient pas la moitié de sa puissance pour contrer une malédiction aussi virulente. Une décision honorable... mais prise dans un très mauvais timing. Parce qu'on sait bien, toi et moi, qu'on est pas doué pour prendre les bonnes décisions quand c'est l'bon moment d'les prendre. On s'y prend trop tôt... ou trop tard. C'est notre malédiction à tous les deux. Cette décision l'avait charcuté de l'intérieur. De ne plus le voir. De ne plus le savoir auprès d'elle. De ne plus être égoïste, par amour, pour lui. Tu sais c'qui est amusant dans tout ça ? C'qui est amusant, c'est que j't'aurais pas laissé partir si j'avais pas été dans cet état. C'est moi qui aurais été... un putain d'égoïste. Et ça avait toujours été comme ça. Jamais il n'y avait eu un équilibre, un juste-milieu. Leur relation avait toujours été une balance déréglée, qui vacillait soit d'un côté... ou soit beaucoup trop de l'autre. Au final, ni l'un, ni l'autre, n'avait prit de bonnes décisions, tout au long de cette merde qu'était leur histoire. Et ces mauvaises décisions avaient cumulé les dégâts... à une vitesse grand V.

L'âme mélancolique, il observe encore ces images qui défilent, qui s'étiolent, pour ensuite le mener vers un endroit lugubre. Un sombre sous-terrain au parfum... de mort. Il ignorait ce qu'elle désirait lui dévoiler et déjà, il n'aimait pas l'impression qu'il avait. Ce malaise dérangeant, cet instinct qui lui hurlait qu'il n'allait pas aimer ce qu'il s'apprêtait à voir. Au travers de ses yeux, il voit. Il voit ce petit visage, cette fillette qu'il reconnaît. Némésis. Quelque chose se crispe dans son intérieur, lorsqu'il l'entend hurler le nom de sa mère. Lorsqu'il observe ses larmes dévaler le long de ses joues. Elle est terrifiée et prisonnière d'un mauvais coup du destin, déjà condamner à crever... si jeune... si pleine de vie... si... innocente. Il ressent la souffrance, la fureur, le chaos intérieur, tandis que son petit corps s'embrase et qu'elle hurle. Non ! NON ! Ce n'était qu'un horrible souvenir et pourtant, il avait la sensation de cesser de respirer et qu'on venait de lui arracher le dedans d'un coup sec. Et cette sensation, n'était pas seulement celle de Mary. Némésis n'avait été qu'un éphémère passage dans la vie du chasseur. Trop furtif pour prétendre qu'il avait eu un rôle quelconque pour elle. Mais il savait que cette petite fille avait été le précieux trésor de sa mère. Que Mary l'avait aimé plus qu'elle-même, davantage qu'elle ne l'avait aimé, lui. C'est un... putain d'cauchemar. Elle venait de perdre ce qui la rendait le plus... humaine. Et lui... il venait de perdre ses chances de la raisonner. De la sortir de cette noirceur où elle s'était confinée. C'est foutu... j'ai aucune chance de la ramener. Aucune. Pas après ça. Non... impossible. C'est perdu d'avance. Perdre un enfant devait être... la pire souffrance qui soit. La pire torture pour une mère... de voir son enfant brûler vif, sachant qu'il souffre le martyr... et de ne pouvoir rien faire pour le protéger. Mary... j'suis désolé... j'suis tellement... Dégoûté et furieux. Raison pour laquelle il ne s'offusque pas lorsqu'il les voit tous tomber comme des mouches, lorsque le sang bariole les murs de rage et de vengeance. C'était qu'une gamine, bande de salauds. Elle méritait pas d'crever. Surtout pas comme ça. La mort, c'est tout c'que vous méritez. Il le pensait, au plus profond de lui-même. Non pas parce qu'elle avait été la fille de Mary, mais bien parce qu'il n'avait jamais éprouvé de pitié pour ces saloperies qui s'en prenaient à des enfants. Jamais. Il les aurait tous tués lui aussi. S'il avait été présent, il l'aurait aidé à tous les crever. Les uns après les autres. Sans remords, ni pitié.

Tout s'efface lentement, s'effiloche comme un mauvais rêve, mais beaucoup trop réel pour être oublié. Son regard affecté poursuit à se figer sur le petit corps carbonisé, réalisant soudainement... que le monde s'écroulait autour de lui, comme un fragile château de cartes emporté par le souffle du vent.


****************************


L'amertume lui scindait le poitrail et lui retournait les viscères. Cette amertume lui collait à la peau, alors qu'il venait à peine de reprendre conscience. Déjà, son âme dérivait vers la défaite. Il savait qu'il était temps pour le chasseur... de laisser tomber ses armes et de se rendre. Que ce combat, il était voué à le perdre, peu importait les stratégies qu'il déploierait pour le gagner. Il allait perdre. C'était terminé. Il allait la laisser l'achever, sans riposter à ses attaques, aussi vicieuses qu'elles le seraient. Parce que ça rime à rien. Ça me mènera nulle part. Alors vas-y, Mary. Détruis-moi. C'est c'que tu veux ? Alors fais-le. J'suis fatigué de me battre. Tellement épuisé. Ses yeux s'ouvrent, il s'agite un peu, sans surprise de réaliser qu'il était encore entravé, un poignet menotté à l'une des pattes de cette chaise, chaise figée solidement au sol. Un soupir las s'échappe d'entre ses lèvres tandis que son visage se tourne lentement en sa direction et qu'il l'observe calmement, alors qu'elle mastique son fruit.

« Tu vois, je me demandais justement quand tu allais sortir de ta léthargie. Pas que je m’impatientais mais tout de même… Tu as faim ? Oh, ne t’en fais pas pour les menottes. Je vais appeler les flics, tu sais, parce que tu as tué ce pauvre juge Peterson. Ce n’est pas très bien, oulalah non. C’est même très mal, tu as été un méchant garçon, Jasper. Et les méchants garçons ils payent pour ce qu’ils font. Même si tu vas devoir passer par la case prison... Dis, t’as des regrets, Amour ? D’avoir tué un humain je veux dire. Pas un monstre, non, un humain.»

Le blondin reste silencieux et lentement se redresse, prenant position assise, appuyant son dos contre la monture de la chaise. Elle le provoquait, sans doute avec l'idée d'attiser sa colère ou le faire souffrir, d'une façon ou d'une autre. Pourtant... il ne réagit pas. Son visage reste placide, son regard passif, sans animosité, ni rancœur. Lorsque j'te regarde, j'vois plus l'inferis. J'vois l'humaine, recroquevillée, en larmes, complètement déchirée. C'est c'que j'vois dans ton attitude.. dans tes paroles blessantes. J'te plains... j'ai pitié de toi. Un rire, cruel, moqueur, lui fait fermer les yeux. Ce rire lui morcelle le crâne... mais il le laisse défoncer, sans chercher à le repousser. Il hisse à nouveau ses paupières lorsqu'elle se faufile jusqu'à lui à quatre pattes, sombrement aguicheuse. Du coin de l'œil, il la regarde, sans esquisser le moindre mouvement, si calme qu'il en était lui-même... confus. Son visage se retrouve près du sien, tandis qu'elle poursuit son petit jeu pitoyable, le manège d'une humaine qui se dissimulait derrière une façade effrontée.

« Pourquoi tu l’as tué, hum ? Parce que savoir qu’il me sautait dans son bureau et dans sa belle maison te rendait fou ? Ouais dis-moi Jasper ce qui t’as fait appuyer sur la détente. Je veux savoir. »

Jusqu'à quand va durer ton p'tit jeu, Mary ? Il la dévisage un instant... et porte ensuite son regard vers le mur face à lui. Il détaille les éclaboussures d'écarlate tapissant le blanc immaculé, se remémorant tous ces moments... écœurants... qu'ils avaient vécu tous les deux. Il pourrait lui dire tant de choses. Des paroles acérées, venimeuses, le reflet de ce qu'elle lui avait fait enduré, ici ou ailleurs. Il pourrait la darder à son tour, tenter de lui faire du mal seulement pour répliquer, lui dire qu'elle était injuste et qu'elle trichait toujours, inlassablement. Qu'elle était intransigeante avec lui... alors qu'il n'avait jamais cherché à se venger de ce mal qu'elle avait causé, toutes ces fois. La seule fois où j'me suis vengé, c'est lorsque j'ai appuyé sur cette détente... et j'étais même pas dans un état pour être pleinement conscient d'mes actes. J'étais aveuglé par cette merde. J'l'aurais jamais fais si j'avais été moi-même, comme d'habitude. J'lui aurais donné c'que j'avais à lui donner... et j'aurais quitté pour plus jamais te revoir. Tant de choses... complètement inutiles. Des choses qui ne feraient que jeter de l'huile sur le feu ou provoquer davantage de maux, qu'il serait le seul à encaisser. À quoi bon ? Un chétif et morne sourire lui écorche la commissure des lèvres, alors que ses prunelles ternes poursuivent à fixer ce mur platonique.

« Les vilains garçons... n'ont aucun regret... pour les vilains garçons... », dit-il subitement, d'une voix parfaitement calme, presque... sereine. « Mais j'regrette d'avoir appuyé sur la détente... j'regrette d'avoir tué quelqu'un qui comptait pour toi. C'est la seule chose que j'regrette... », finit-il par souffler, les yeux perdus vers cette constellation d'hémoglobine devant lui.

Le silence s'élonge avant qu'il n'appuie l'arrière de sa tête contre l'accoudoir de la chaise, et qu'il reprenne parole, toujours aussi... pacifique. Comme s'il discutait tranquillement, qu'il se confiait à une personne bien normale... comme s'il se confiait... à une humaine terrée quelque part dans un oubli sans nom.

« Quand je l'ai vu à côté de toi... j'me suis dit que... j'trouvais que c'était injuste que toi, tu parvenais à être heureuse avec quelqu'un d'autre, alors que moi... j'y arrivais pas. J'me suis dit que t'avais pas l'droit à c'bonheur avec ce quelqu'un que t'aime bien, alors que tu m'avais arraché une personne que j'aimais bien... et quand je l'ai vu te toucher... j'ai pas supporté. J'ai perdu l'contrôle. T'as raison... la jalousie... m'a fait péter les plombs... satisfaite ?», dit-il platement, sans arrogance, tournant son regard vers elle.

J'vais pas m'battre avec toi, Mary. J'abandonne. Si tu veux détruire, détruit. Mais ce sera sans moi pour appuyer sur la détente cette fois. Tu l'feras seule, comme une grande. Je joue plus c'jeu là, ça m'a pas réussit par le passé. Il détourne son regard à nouveau et prend une grande inspiration, hochant lentement la tête.

« Tu peux appeler les flics, maintenant... gentil ou méchant... j'ai tué un humain... j'assume mes actes. », dit-il, fadement.

Il s'en moquait, en vérité. Que ce soit la taule, la torture, la mort, peu importait. Il laissait toute cette merde entre les mains du destin. Ou plutôt, entre les mains de Mary. Fais c'que tu veux, j'abandonne. J'hisse le drapeau blanc, t'en fais c'que tu veux. Il glisse son regard vers elle et lentement... sa main libre vient se nicher contre sa joue... presque... affectueusement. Il plonge ses yeux dans les siens, des yeux peinés, défaitistes, un regard fatigué.

« Et j'suis désolé... pour Némésis... j'le suis vraiment... elle méritait pas ça... elle méritait de vivre encore longtemps... j'suis désolé... pour elle... pour toi... elle méritait de gagner ses ailes, comme tout l'monde... c'était trop tôt... », finit-il par murmurer d'une voix enrouée, tandis que ses lèvres tremblent... et qu'une larme s'échoue sur sa joue sans qu'il ne puisse la retenir

Et son bras retombe mollement à côté de lui, tandis qu'il réprime le reste au fond de lui-même. Mais elle est bien, là où elle est. Et j'aimerais bien être avec elle, en c'moment. En vérité... elle a d'la chance. Plus rien pourra lui faire de mal. Plus rien pourra la faire pleurer. Plus rien pourra lui briser son p'tit coeur. Plus jamais.




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Eyes wide shut

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