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Another Guinness Please [Lioness Carlsbury]

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Chasseuse de l'Elit Daemonia

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MessageSujet: Another Guinness Please [Lioness Carlsbury] Mer 24 Mai - 14:11

Cela faisait près de deux heures que Cathan fixait son plafond blanc cassé décoré d’une myriade de tâches d’humidité. Elle était allongée sur le dos, sur son lit, fringuée des vêtements de la veille. Elle n’avait pas réussie à fermer l’œil, et il lui avait fallu vider trois bouteilles de whisky pour ressentir un léger apaisement, un instant embrumé où les émotions ne prenaient plus le dessus. Elle regardait son plafond en maudissant sa condition inhumaine. Elle ne pouvait pas se bourrer la gueule, ni même avoir une gueule de bois suffisamment forte pour la mettre KO toute la journée. Son organisme était trop puissant. Elle connaissait la seule solution, la seule drogue qui faisait effet, mais elle s’était jurée d’arrêter, cette drogue la rendait incompétente et coutait bien trop cher.

Ah, c’était toujours un drame les jours qui suivaient une boucherie, les jours qui suivaient la montée d’adrénaline, qui suivaient la mort. Cathan avait plus de trois cents ans, et elle s’ennuyait terriblement. Était-ce cela, le but unique de son existence ? Tuer, faire le ménage ? Une existence bien morne. Mais n’était-ce pas la seule possibilité, le seule train de vie pouvant coexister avec son histoire et ses capacités surhumaines ? Se satisferait-elle d’une vie de vendeuse ? De coiffeuse ? De tenancière ? Non… Son existence aurait été encore plus vide de sens qu’elle ne l’était déjà. Ce qui était en soi une petite prouesse.
Elle avait tué, et elle avait frôlé, dansé avec la mort. Le retour à la vie normale la rendait malade, elle se sentait vide, comme si on lui avait amputé tout ressenti. Ou peut-être qu’elle ressentait trop ? N'était-ce pas cela que les humains appelait dépression ?

Je suis pas une putain de dépressive.

La chasseuse l’avait à nouveau senti ce fameux soir : l’étincelle de la vie. Ce n’était qu’en côtoyant la mort qu’elle se sentait à nouveau vivante, à nouveau… complète. Elle se demandait en regardant le plafond pour combien de temps elle en aurait. Elle se sentait fatiguée de marcher sur cette terre, de efforcer de suivre les évolutions, celle des mœurs comme des technologies.

Mon Dieu, toi qui est si bon, montre moi le chemin.

Malgré les siècles et les horreurs qui les accompagnaient, sa foi était restée inébranlable. Seulement voila, le problème du vieux barbu c'est que Dieu ne répondait jamais. Evidemment, les tâches d’humidité ne bougèrent pas pour lui indiquer la solution miracle, ne formèrent pas de mot ou de flèche directionnelle vers une quelconque paix. Elle se redressa en soupirant et se dirigea vers la salle de bain, shootant dans les bouteilles de tise vides qui s’entassaient autour de son lit.

20 minutes plus tard, elle était prête pour aller accueillir en elle le breuvage divin de son Dieu.

-

Elle regardait le match à la télé d’un air absent, pas vraiment impressionnée par les prouesses physiques des footballeurs. Un sport qu’elle admirait était le ping-pong : elle doutait de pouvoir avoir les mêmes réflexes que les pro asiat. Elle était assise au fond de la pièce, dos au mur, le regard braqué sur l’écran tout en ayant l’entrée dans son champ de vision. C’était un bar typiquement irlandais. Les grandes tables en bois sombre collantes de bières renversée, les Dropkick Murphys qui s’époumonaient dans les enceintes du pub avec les gorilles qui venaient épancher leur soif en gueulant des encouragements pour leur équipe, accompagné de rires tonitruants et de blagues beaufs. Le bar puait la virilité et la testostérone. Le chien mouillé aussi, bizarrement.

Cathan quant à elle se faisait petite et discrète, elle était venue réchauffer son âme auprès de la liqueur divine : la Guinness. Le seul endroit qui la servait en pression en respectant le protocole (car oui, il y a des règles à respecter quand on sert une Guinness) dans Salem était le Bestial Bistrot. Elle n’était pas vraiment friande des bars fréquentés par les surnats, mais Salem semblait putain d’incapable d’ouvrir un bar sans leurs monstrueux petits culs.

La ségrégation, une bonne époque.

Elle bu une gorgée de sa bière brune et laissa échapper un long soupir de plaisir, fermant les yeux un instant, la lèvre supérieure couverte d'une épaisse moustache de mousse blanche. Oui, il n’y avait décidément pas meilleur anti-dépresseur.

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MessageSujet: Re: Another Guinness Please [Lioness Carlsbury] Ven 26 Mai - 18:08

La population vampire de Salem était en effervescence depuis quelques jours. L'un de leurs nids fut l'objet d'un assaut orchestré par une seule personne suffisamment armée et entraîner pour décimer la moitié du groupes de suce-gorges. En son for intérieur, la Lionne jubilait de cette nouvelle. Tel un magistral coup de pied sur la ruche d'un essaim de guêpes pour mieux les asphyxier à grands coups d'insecticide, elle appréciait l'initiative audacieuse de ce chasseur, quel qu'il soit. Car pour elle, par l'efficacité devant laquelle cette personne avait froidement disposé de dizaines de vampires, il ne pouvait en être autrement : seul un membre de l'Elit Daemonia en était capable. Seul un Chasseur de l'Ancienne école pouvait faire autant de ravages. Pour autant curieuse de connaître l'identité de son mystérieux congénère responsable de cette attaque, l'Irlandaise de souche ne pouvait s'empêcher d'être déçue, n'ayant pas contribué au massacre de ces non-morts par sa main, ni même en profiter pour ne serait-ce que plonger sa lame au coeur de quelques-unes de ces maudites créatures.

Dear god, quel gâchis..., pensa-t-elle en constatant que la témérité et l'audace d'une telle attaque n'ait pu réussir pleinement. Les conséquences de ce travail inachevé s'étaient répercutées dans tout Salem, les disparitions d'humains s'étaient multipliés, les meurtres se succédaient en un rythme anormalement soutenu. En l'espace de quelques jours, Salem fut baigné dans le sang et la terreur, obligeant l'Elit à mobiliser ses meilleurs éléments pour étouffer dans l'oeuf cette menace grandissante. Arrêtant sa moto à quelques encablures de la source de ces malheurs, la Lionne prit soin de vérifier ses armes et son équipement avant de s'engouffrer dans le repaire de ce groupe de vampires avides de sang et de vengeances. Son informateur l'avait avertie d'un risque élevé de jeunes vampires errant dans les rues de la ville, trop jeunes pour être capables de refréner leurs pulsions sanguinaires et leur soif insatiable. Elle n'en fut pas déçue, décapitant proprement l'un de ces suceurs de sang nouveaux-nés qui s'était rué sur elle sans autre forme de procès.

Tout en se dirigeant d'un pas décidé vers le nid, après être passée sur quelques cadavres de vampires, la Lionne cherche toujours dans son esprit les noms de potentiels Chasseurs étant les plus à même d'accomplir cet exploit. D'une oreille distraite, elle écoute la fréquence radio de ses congénères en charge du problème tout comme elle, les sens aux aguets du moindre bruit suspect. Mais plus elle avançait vers son objectif, plus elle sentait que quelque chose ne tournait pas rond depuis déjà quelques minutes. Plus aucun suceur de sang dans les parages, plus aucun vampire essayant de la ralentir.

- "Orlan ! Will ! Quelle est la situation ?"
- "Ces sales bêtes ont fui !"
- "Ils ont entamé une retraite. J'ai vu deux d'entre eux partir vers le nid avec précipitation. Il se passe quelque chose là-bas."
- "Entendu. Avancez prudemment. Lioness terminé."

La Chasseresse coupa le contact pour mieux se concentrer sur son objectif. Elle avança avec toute la vigilance d'un prédateur traquant sa proie en suivant sa piste la plus chaude jusqu'à l'endroit où se trouve le nid, une maison suffisamment grande pour abriter plusieurs dizaines de créatures nocturnes. Une toute autre chaleur vint cependant attirer son attention de la plus brutale et soudaine qui soit, ne lui laissant aucune chance de l'éviter : une explosion assourdissante, une gerbe de feu. Le souffle de la déflagration la propulsa violemment quelques mètres plus loin, s'écrasant contre un mur avec la force d'une voiture lancée à pleine vitesse. Pendant quelques minutes, elle resta inconscience, assommée par la puissance du choc contre la pierre, un blackout que même les cris de ses partenaires à l'intérieur de son oreille ne parvenaient à briser. Mais la Lionne ne tarda pas à émerger de nouveau, clignant des yeux, grimaçant de douleur, une migraine atroce lui tambourinant le crâne. Elle eut de la difficulté à se relever, s'appuyant sur un mur pour tenter de reprendre ses esprits dans ce chaos visuel et sonore lui vrillant les tympans. La Chasseresse prit quelques minutes pour se concentrer, atténuer tout ce brouhaha dans sa tête.

- "Orlan ! Will ! Vous me recevez ?"

Rien d'autre que le bourdonnement strident de l'oreillette défaillante. Se débarrassant de l'appareil défectueux, la Lionne braqua son regard fauve vers ce qu'elle supposait être le foyer de l'explosion, à juste titre. Le nid avait été détruit, il ne restait rien d'autre que des flammes et des cendres. L'odeur intense de brûlé agressa son odorat, l'incandescence des flammes l'aveugla un instant, les cris d'agonie des survivants vampires heurtèrent ses tympans. Certains cadavres en sursis rampèrent sur la chaussée, le feu rongeant leur peau pâle au plus grand plaisir de la Lionne se délectant de ce spectacle. Mais il fallait faire vite, l'explosion n'allait pas tarder à ramener les autorités. La chasseuse s'occupa des vampires un à un, abrégeant leur non-mort d'une décapitation maîtrisée, abreuvant Gabriel de leur sang maudit. Il en resta un dernier, apeuré, fuyant en boitant les lieux, bien vite stoppé en pleine course par deux balles dans les genoux. Le canon encore fumant de son Beretta braqué sur la créature estropiée, la Lionne marcha vers elle d'un pas décidé. Il lui fallait une confirmation, une dernière information. Plaquant son pied sur le dos, rangeant sa fidèle épée au profit d'un couteau de chasse à la lame imbibée d'un cocktail d'essence de sorbier et et de verveine, elle se pencha vers le vampire et colla l'arme à son cou, brûlant sa peau au contact de la verveine.

- "Où est ton maître ?"
- "Elle l'a tué ! Elle les a tous tués ! TOUS !"
- "Qui ?"
- "Elle les as tous tués ! Tous tués !"

Il divaguait, gesticulait, pris de terreur, torturé par la douleur, empreint d'une rage infernale. La Lionne eut du mal à le clouer au sol et dut s'asseoir sur son dos pour commencer à tailler la chair de son cou. Il se débattit, voyant sa non-mort partir à petit feu au fur et à mesure que la chasseuse découpe sa gorge, séparant peu à peu la tête de son corps en un gargouillis peu ragoûtant.

- "C'était nécessaire ?"
- "Un plaisir."
- "Barlow ?"
- "Mort. On bouge."

Elle parla peu, en phrases trop concises pour ses partenaires qui l'interrogeaient sur ce qu'il s'était passé. Il n'y avait rien à dire de plus, seulement des questions demeurant encore sans réponses. Seule certitude, le nid fut détruit, leurs occupants réduits à l'état de cendres. Mission accomplie. Arrivés au point de rendez-vous, le trio se sépara, avec quelques échanges protocolaires et de de brefs au-revoirs. La Lionne souffla, n'appréciant pas en général de travailler en équipe. Mais devant l'importance et l'urgence de cette mission, elle ne pouvait se permettre de foncer seule dans la gueule du loup.

Pourtant, quelqu'un l'avait fait. Elle avait nettoyé et purifié le nid.

Pendant le trajet à bord de sa moto, la Lionne rassembla les idées, les preuves et les doutes en un brainstorming solitaire. Et ne tarda pas à comprendre que le chasseur responsable de la furie de ce clan de vampires était revenu finir son travail inachevé. Et que ce chasseur était une femme, ce qui réduisait drastiquement la liste des suspects à peau de chagrin. Le modus operandi utilisé lors de cette purge l'amena méanmoins à penser à un nom en particulier, mais un doute demeurait ancré dans son raisonnement. Cette personne avait disparu de la circulation, au point de penser qu'elle avait péri quelque part lors d'un contrat. Aucune preuve, aucune piste, elle s'était volatilisée. La Lionne devait en avoir le coeur net. Elle devait examiner les lieux une fois les dernières flammes éteintes et les autorités réduites à une simple patrouille. La nuit suivante, la chasseuse se rendit sur les ruines calcinées du nid, une lampe-torche en main, l'autre posée sur la crosse de son Beretta, prête à dégainer au moindre bruit suspect. Les autorités avaient nettoyé la scène de crime, l'affaire sera certainement étouffée dans l'oeuf par le Consulat ne voulant pas que la populace apprenne qu'une bande de vampires surexcités s'étaient gavés du sang de nombreux innocents. Quelque chose attira l'oeil de la Lionne, au coeur du brasier éteint, étonamment peu atteinte par les flammes. Un chapelet, au beau milieu d'un nid de vampires.

S'accroupissant pour ramasser l'objet, elle sentit et reconnut du premier coup l'odeur de l'essence de sorbier. Cet indice lui confirma le passage d'une chasseuse. Et du même coup ôta ses derniers doutes quant à l'identité de celle-ci.

Ainsi, elle était en vie. Et en activité.

Une réponse amenant d'autres questions martelant son esprit. Pourquoi ? Comment ? Les souvenirs du Fort se mêlèrent à ses interrogations, revoyant la jeune femme dans ses jeunes années, lui parlant dans sa langue natale, qu'elle partage avec la Lionne. Une certaine nostalgie de la culture des terres d'Irlande. La chasseuse n'avait plus rien à faire ici.

Le Bestial Bistrot, un pub irlandais ouvert il y a peu, un endroit parfait pour une chasseuse de l'Ancien code d'origine gaélique. Un lieu fréquenté par des êtres surnaturels se mélangeant aux humains en toute indifférence. Sa meilleure chance de recueillir des informations sur elle, ses habitudes, son mode de vie actuel. Sa moto stationnée non loin de là, elle ne garda sur elle que le nécessaire pour se défendre, à savoir son couteau de chasse. Comme tous les lieux de rassemblement des créatures de la nuit, le risque d'être attaquée à vue demeurait grand, surtout lorsqu'on s'était construit une réputation de tueuses de vampires implacable. Sans parler de son faciès peu enclin à passer inaperçu. Mais elle devait savoir, balayer d'un revers de main toutes ses interrogations envahissant son esprit. La Lionne finit par franchir la porte, capuche relevée, et aussitôt ses yeux scrutèrent du regard l'ensemble de la peuplade. Certains individus la reconnurent aussitôt et se précipitèrent vers la sortie de secours. Sans nul doute de jeunes vampires, mais la Lionne n'était pas en chasse ce soir-là. D'autres la fixèrent des yeux avec méfiance, ou par défiance, voire même poussés par une curiosité malsaine. Clairement, sa présence les indisposai fortement, mais ce n'était pas les seuls. La Lionne elle-même se sentait mal à l'aise de fréquenter un bar avec tant de monde. D'habitude, elle les fuyait, préférant les virées à moto en solitaire aux rassemblements de chasseurs venus fêter la réussite de leurs contrats juteux.

Son regard s'arrêta sur une silhouette adossée sur le mur au fond de la pièce, assise à un endroit stratégique compte tenu de la disposition du bar. Elle la reconnut du premier coup d'oeil. Une aubaine, une occasion inespérée. La Lionne s'attendait à devoir soutirer des informations au barman, mais devant la présence de la principale intéressée, ce désagréable et barbant moment de discussion avec quelques personnes à l'haleine fortement alcoolisée ne lui parut plus nécessaire. Elle se contenta alors de passer devant le comptoir pour commander une pinte de Guinness, poser un billet et désigner la table au fond de la salle pour être servie. Puis elle arpente les derniers mètres, jetant un regard de droite à gauche vers les badauds qui la fixaient méchamment avant de retourner à leurs préoccupations premières. Sans aucune forme de politesse, la chasseresse s'installa sur une chaise libre en face d'elle, la détaillant du regard, pour ensuite la fixer des yeux.

- "<Cela fait longtemps, Cathan.>"

Une serveuse, lui apporta la pinte de Guinness devant elle. Sans quitter des yeux la chasseuse brune, la Lionne prit deux gorgéee de l'exquis breuvage mousseux avant de reposer la pinte sur la table.

- "<Où étais-tu passée ?>"

L'ébauche de sentiments, la ferveur des retrouvailles n'étaient pas la tasse de thé de la Lionne. Elle voulait des réponses. Elle les voulait maintenant qu'elle se trouvait face à elle.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Another Guinness Please [Lioness Carlsbury] Lun 29 Mai - 16:48

- GOAAAAL !!

Les effusions de joies et les embrassades fusèrent dans le bar, une des équipes venait de marquer un but assez impressionnant. Le match avait du mal à décoller, les équipes avaient toutes deux un très bon niveau et s’affrontaient sans vraiment arriver à se démarquer. La frustration des vingt dernières minutes s’envolèrent comme par magie lorsque le score fut enfin asymétrique.

Pianotant sur son téléphone, le brouhaha du pub qui se calma d’un coup titilla ses oreilles et lui fit relever le menton. Cathan remarqua que la majorité des regards étaient braqués vers la porte d’entrée. Elle fronça les sourcils et lorsque la lumière éclaira le visage du nouveau venu, un très long soupir lui échappa. C'était le genre de soupir qui signifiait que l’on allait passer un mauvais moment, mais que l’on ne pouvait rien y faire. La chasseuse s’enfonça dans son siège et se fit minuscule, espérant que sa vieille connaissance allait aller s’installer à une table dos à elle. Mais compte tenu de son regard qui fouillait la populace, elle savait qu’elle avait peu de chance de pouvoir quitter cet endroit en toute discrétion.

Sans surprise, son ancienne collègue finit par la remarquer, et au vu de son pas décidé et de la très nette tension dans ses épaules, son petit doit lui disait qu’elle était venue pour elle. Comment savait-elle où elle se trouvait ? Cathan grommela dans sa barbe inexistante en voyant que tous les regards du Bestial Bistrot étaient maintenant posés sur elle. Elle détestait ça. Elle haïssait le fait d’être sous le feu des projecteurs, elle voulait redevenir invisible et disparaitre. Mais il était difficile de ne pas se faire remarquer lorsque la personne qui venait prendre place en face de vous arborait un visage monstrueux. Elle observa Lioness, entre son visage qui n’avait pas changé et ses fringues digne d’une vraie combattante, Cathan se sentait bien vieille.

Elle portait un jean usé, une paire de basket, un débardeur noir avec une chemise en flanelle. Au vu de la petite bosse au niveau de son aisselle à côté de sa poitrine, Lioness pouvait aisément deviner que la chasseuse était armée, semblant porter un holster d’épaule. Evidemment, les personnes qui connaissaient bien Cathan savaient que ce n’était pas la seule arme qu’elle devait porter. Son visage lui avait été marqué par le temps et par la guerre. Elle n’avait plus rien à voir avec la chasseuse qu’elle était à l’époque où elles se côtoyaient, la lueur de folie meurtrière et d’excitation autrefois présente dans ses yeux avait été remplacée par une lueur d’ennui profonde. Son visage était impassible, froid. Cathan n’avait pas l’air de bonne humeur. Peut-être était-ce dû au pansement présent au niveau de son cou ?

La chasseuse ne se leva pas pour accueillir Lioness à sa table. Pas plus que cette dernière lui demanda son accord pour venir poser ses fesses en face d’elle. Elles se regardèrent dans le blanc des yeux, jusqu’à ce que Lioness brise le silence.

- "< Cela fait longtemps, Cathan. >"

No shit Sherlock…

Cela faisait en effet près d’un siècle qu’elle avait disparu, qu’elle s’était retirée de la Confrérie et qu’elle avait rompu contact avec ses membres. Elle avait été plus ou moins proche de Lioness, aussi proche qu’un chasseur pouvait l’être avec les autres êtres vivants : elles avaient chassé ensemble, bu ensemble, elles avaient parfois échangé sur leurs passés et origines. Elle avait vu à l’époque en Lioness une sorte de copie conforme quant à la haine profonde qu’elle ressentait envers les autres créatures, avec une différence cependant : Cathan exterminait les loups, et Lioness les vampires. Unies dans la violence et dans la vengeance. C’était une partie de sa vie que Cathan ne voulait pas retrouver, mais visiblement Salem avait le chic pour ruiner ses soirées.

Lioness pris une gorgée de la Guiness que l’on venait de lui apporter avant de poser la question fatidique.

- "< Où étais-tu passée ? >"

Cathan se laissa aller contre le dossier de sa chaise en soupirant, croisant les bras sur sa poitrine. Elle n’avait pas quitté Lioness des yeux. Tant qu’elle ne saurait pas pourquoi cette dernière était venue à sa rencontre et quelles étaient ses intentions à son égard, elle resterait sur ses gardes. C’est que les gens avaient le temps de changer en un siècle.

- « < Un peu partout. Tu me connais, j’aime voyager > ».

Elle plissa les yeux en observant Lioness, scannant ses réactions.

- « < Que fais-tu ici, dans ce magnifique bar appartenant à cette magnifique ville qu’est Salem ?> »

Le sarcasme était suffisamment marqué pour ne laisser aucun doute. Cathan détestait cet endroit du plus profond de son âme et n’était pas ici par plaisir. Elle n’avait en revanche aucune idée du pourquoi de la présence de Lioness, si ce n’est qu’elle était venue dans ce bar rien que pour elle.

- « < Et comment m’as-tu trouvé ? > »

Elle ne venait pas souvent ici et au vu des secondes que Lioness avait prise pour observer le pub, elle n’était jamais venue jusqu’à présent, ou alors très rarement. Cela ne faisait que peu de temps qu’elle était installée en ville et n’était pas encore vraiment connue de la communauté surnaturelle actuelle. Evidemment, elle l’aurait remarquée si elles s’étaient croisées au Walmart.

Cathan attrapa sa pinte de sa main gauche et la sirota en observant la Lionne, sa main droite paraissant détendue, prête à dégainer à tout moment.

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MessageSujet: Re: Another Guinness Please [Lioness Carlsbury] Jeu 22 Juin - 16:49

- "<Je te cherchais.>"

Réponse brève, précise, concise. Trois mots dénués de double sens, aussi direct qu'un coup de poing en pleine face, sans une once d'émotions. Des mots appuyés par le chapelet sorti de la poche de son blouson de moto et jeté sur la table, face à la chasseuse brune. Lioness n'était pas la plus réputée pour être la plus loquace, ni même la plus enjouée. Terriblement secrète, telle une forteresse sur pattes. Aussi froide qu'une tombe, ne laissant que très peu les émotions s'afficher sur son visage, autre que la colère ou la haine lors d'une chasse aux vampires. Et face à l'Irlandaise, nul autre que ce regard fixé sur celui de sa collègue. En son for intérieur se battent pourtant un maelström de sensations, entre la joie de la retrouver enfin, la frustration de cet accueil glacial et la colère due aux conséquences désastreuses de cette chasse en deux temps. Elle avait bien repéré l'arme dissimulée sous le pan de sa chemise de flanelle, et s'attend à d'autres surprises que peut cacher une chasseuse expérimentée dans ses manches. Quant à avoir la certitude que Cathan n'hésitera pas à s'en servir contre elle, le doute demeure, mais la Lionne n'était pas là pour se battre.

Elle veut des explications. Des réponses à toutes les questions qui se bousculent dans son esprit.

- "<Irish hunter. Irish pub. Une intuition.>"

Un coup de chance tellement l'équation s'avère facile à poser et résoudre. Trop facile pour une chasseuse qui souhaitait tant rester dans l'ombre, ne pas se faire remarquer. Relâchement ? Erreur de débutante ? Ou sentiment certain de ne rien avoir à se reprocher ? Cette question traverse l'espace d'une seconde son esprit avant de se focaliser à nouveau sur ce qu'elle attend de sa congénère gaélique. La vigilance de rigueur, et malgré la différence d'équipement clairement à l'avantage de Cathan, la Lionne n'en demeure pas moins prête à riposter dans le cas où les choses s'envenimeraient. De tout coeur, elle ne le souhaite pas. Elle veut savoir pourquoi tout ce temps sous les radars, sans aucune nouvelle. Et pourquoi revenir seulement maintenant ? Elle l'avait cherchée partout, et devant cet échec, elle la croyait morte et enterrée. Ou réduite en charpie par quelconque monstruosité. Les souvenirs partagés entre elles ne comptent donc plus ? Ont-ils été balayés par les affres du temps ?

Les deux chasseuses étaient liées par leurs origines et leur colère envers les créatures surnaturels. Espèces différentes, même haine, désir identique de vengeance. Semblables mais si différentes. Complémentaires. Les missions effectuées en coopérations par le passé témoignaient de leur efficacité accrue lorsqu'elles étaient associées. Peu de mots, mais une coordination des plus efficaces, rivalisant même parfois avec les frères Rhodes dans leur domaine. Mais la disparition soudaine de Cathan avait laissé un vide dans le coeur de la Lionne. Un vide qu'elle dissimulait sous une ténacité accrue pendant les traques et les massacres. Et maintenant, là, autour d'une table, dans un irish pub plein à craquer d'un mélange hétéroclite d'humains, de vampires, de sorciers et de lycans, Cathan arbore un visage rigide, son regard exprimant un profond ennui et un désir de voir les problèmes s'éloigner d'elle. Comme cette Lionne assise en face d'elle.

Why, my friend ?

- "<Qu'est-ce qui s'est passé ?>"

Elle désigne du doigt le chapelet gisant sur la table avant de reprendre une à deux gorgées de breuvage brassé avec toute la passion d'un spécialiste amoureux de son art. Savant mélange de fruits, céréales et alcool à la mousse fine et exquise, mariée à cette couleur ambrée pétillante, une boisson faisant la fierté des indigènes des terres d'Irlande. Mais elle n'était pas là pour une dégustation de bière pression. Elle est là, devant Cathan, à trouver des réponses. A rassembler les différentes pièces du puzzle, trouver les morceaux manquants du problème. Certains regards persistent à se fixer sur la Lionne, mais elle n'en a cure. Qu'ils approchent, et ils goûteront à la médecine de fer trempée dans de l'essence de sorbier. La seule réelle menace se trouve devant elle, si jamais les choses se compliquent.

Elle plonge lentement sa main dans une des poches intérieures de son blouson, veillant bien à ne pas faire de gestes brusques, guettant la moindre réaction de la chasseuse brune. Nulle crainte dans son expression faciale aussi rigide qu'une statue de marbre, seul son regard trahit une certaine déception alors qu'elle ressort du pan du vêtement de cuir un lot de quelques photos prises par un Polaroïd, et les pose une à une face à elle, juste devant le chapelet. Des photos de victimes exsangues, déchiquetées principalement au niveau du cou. Parfois même leur manquent des membres, voire des têtes. Des hommes, des couples, et même des enfants.

- "<Morts le lendemain de ta première sortie contre le nid de Barlow.>"

Et je ne parle pas des jours suivants, aux pavés aussi rouges de sang, aux murs aussi noirs du malheur. Ces gens ont souffert, et ils sont morts. Morts parce que tu as merdé quelque part.
Pourquoi être revenue maintenant, pal ?

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MessageSujet: Re: Another Guinness Please [Lioness Carlsbury] Lun 26 Juin - 18:42

Cathan laissa son regard planté dans les yeux de sa collègue dériver lentement vers le chapelet à moitié brûlé qu’elle déposa sur la table.

Ah. Je vois.

Plus de mystère, elle savait comment la chasseuse l’avait retrouvé. C’était plus fort qu’elle : lorsque des victimes innocentes se trouvaient sur un lieu nécessitant un rasage en profondeur ou lorsqu’elle savait que certains corps ne sortiraient pas indemnes de son passage, elle laissait une croix ou un chapelet sur place, espérant apporter un certain apaisement aux âmes qui furent brutalement arrachés de leur corps par les monstres de la nuit. Cette habitude vieille de plusieurs siècles lui avait coûté sa discrétion. En même temps, elle ne pensait pas que les chasseurs de son âge seraient toujours présents dans ce trou à rat. C’était ridicule.

- "< Irish hunter. Irish pub. Une intuition. >"

Cathan fit la moue. Certes, vu sous cet angle on aurait presque pu penser que la chasseuse avait délibérément laissé suffisamment d’indices pour se faire retrouver. La vérité étant que seule Lioness aurait pu remonter jusqu’à elle. Leurs passés et origines s’entremêlant par leurs similitudes, c’était un miracle qu’elle ait réussie à lui échapper tout ce temps.

- "< Qu'est-ce qui s'est passé ? >"

Beaucoup de chose. Trop, en vérité. Elle aurait pu lui raconter ce que sa vie était devenue, et pourquoi elle était partie sans rien dire. Mais pour ça il fallait qu’elle lui ouvre ses plus grandes faiblesses, et elle n’avait pas envie de se rappeler. Elle n’était même pas certaine que Lioness puisse comprendre son point de vue, son revirement, son rythme de vie. La lionne avait toujours été proche de la confrérie, elle l’avait toujours défendue bec et ongle. Et au vu de son insigne accroché sur le devant de sa veste, ça devait toujours être le cas aujourd’hui. Frederik savait décidément comment dresser de manière durable ses petits soldats. S’il y avait bien une personne qu’elle ne voulait jamais revoir c’était bien lui. Elle ne savait pas lequel d’entre eux sortirait vivant d’une tel confrontation.

Avec un peu de chance il s’est fait butté quand j’étais en vacances.

Cathan le haïssait. Comme une ado pouvait haïr son père lorsqu’il lui interdisait de sortir après 21H le samedi soir. Il était passé de père adoptif, sauveur et héro, à traître, manipulateur et ennemi. Elle gardait secrète la raison d’un tel revirement, personne ne savait ce qu’il s’était passé. Excepté une.
Se forçant à sortir Frederik de ses pensées, elle prit une gorgée de sa pinte, ses yeux revenant observer Lioness. Face au silence de la chasseuse, la Lionne pointa du doigt le chapelet. Ça, elle pouvait le raconter.

- « < Il s’est passé que j’ai fait votre boulot. Des disparitions en ville depuis des mois et un nid en périphérie de la ville complètement disproportionné. > »

Bon. J’ai peut-être abusé avec l’essence. Mais c’est pas mon problème.

La chasseuse observa Lioness sortir lentement un paquet de l’intérieur de son blouson pour le déposer sur la table. La lenteur avec laquelle elle effectua le geste lui indiqua qu’elle savait qu’elle était armée. Elle haussa un sourcil, attendant patiemment les explications de sa collègue.

- "< Morts le lendemain de ta première sortie contre le nid de Barlow. >"

Elle fronça les sourcils, perplexe.

Barlow ? C’est qui ça ?

Cathan regarda Lioness, une hésitation dans le regard, puis baissa les yeux vers l’enveloppe. Elle l’ouvrit et observa les photos, les faisant défiler une à une. Des clichés d’hommes, de femmes et d’enfants morts. Les morsures sur les corps étaient bien visibles, ce n’était pas des morsures propres et nettes, elles étaient entourées d’ecchymoses, les chaires étaient meurtries, déchirées. Sur les premiers clichés, les corps étaient pales, les peaux presque diaphanes, indiquant qu’ils avaient été drainés jusqu’à la dernière goutte. Sur les dernières photos, les morsures étaient moins nombreuses, les blessures n’avaient pas pour but de vider les victimes de leurs sangs. Les corps n’étaient pas exsangues et au vu des flaques de sang qui les entouraient ils étaient loin d’être vides. On pouvait presque lire le mot gâchis sur son visage. C’était étrange. Trop étrange. Lioness ne s’était pas trompée de nid : le chapelet était là pour en témoigner. Pourtant quelque chose clochait.

- « < Il se peut que certaines de ces victimes soient de mon fait. Les jeunes vampires survivants ont eu quelques heures pour se nourrir avant le lever du soleil. Mais ils étaient peu nombreux, ils n’ont pas pu faire autant de victimes, et j’ai tué leur maitre au petit matin. Les survivants n’ont pas pu sortir de la maison à cause du soleil. > »

Elle était absorbée par les photos. Un peu déçue de voir que des innocents étaient morts par sa faute. Déçue de voir que les chasseurs s’en branlaient toujours autant. Même les loups-garous protégeaient mieux leurs territoires. Sérieusement, ils avaient attendu qu’elle foute le bordel pour s’intéresser au nid ? C’était pas croyable. Et encore, dans ses souvenirs, Lioness se fichait pas mal de l’argent et des contrats. Elle était d’ailleurs étonnée de savoir qu’elle était dans le coin et qu’elle ne s’était pas occupée de ce problème. Après tout, les vampires c’était son dada. Peut-être qu’il y avait d’autre nid, d’autres maitres à gérer. D’ailleurs…

- « < Qui est Barlow ? > »

Des recherches qu’elle avait effectué avant d’attaquer le nid, ce nom n’était apparu nulle part. Elle porta sa pinte à ses lèvres, les yeux plantés dans ceux de Lioness, toute ouïe.

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