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Caribbean Nightmares

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Chasseur de l'Elit Daemonia

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MessageSujet: Caribbean Nightmares Lun 22 Mai - 18:29





C'était le paradis. Même mieux que le paradis. Il n'avait jamais vu quelque chose d'aussi beau. Pourtant, il avait vécu plus de trois siècles... mais jamais il n'avait pris le temps d'admirer ce type de panorama. Il avait voyagé, souvent, mais des voyages de chasseur. Des petits voyages qui n'avaient rien à voir avec le plaisir. Il ne s'était jamais réellement arrêté pour visiter ou pour prendre du bon temps. Ça faisait maintenant une journée et une nuit que lui et Lexie étaient dans les Caraïbes, sur un bateau de croisière, à voguer sur la mer des Antilles, et il avait encore les yeux brillants comme ceux d'un gamin à chaque fois qu'il sortait sur le pont pour admirer l'horizon. Il en venait même à croire qu'il s'imaginait être ici, alors que ce n'était que dans sa tête de con. Qu'il rêvait éveillé, quelque part à Salem, et qu'il allait bientôt tomber cul par dessus tête pour ensuite s'érafler la gueule solide contre un mur. C'est c'qui arrive habituellement quand c'est trop beau pour être vrai. Pour l'instant, j'ai encore tous les morceaux d'ma trogne, ça doit être bon signe. Il n'y avait pas seulement l'océan qui semblait irréel, mais aussi cet immense bateau de croisière luxueux. On se croirait sur l'un des bateaux de Bill Gates. J'sais pas si Bill Gates a des bateaux, mais j'ai pas d'mal à m'imaginer que ça ressemblerait à ça. Il y avait vraiment de tout : des restos, un casino, une piscine extérieure, un paquet d'endroits pour se divertir, et les chambres... putain. Finalement, on dirait un palais des merveilles sur flotte. Si c'était que d'moi, j'passerais le restant d'mes jours ici.

Lorsqu'il ouvre les yeux, il est seul dans le lit. Lexie était déjà réveillée et probablement à fureter partout sur le bateau, à essayer de leur planifier une journée intéressante. Il cligne des paupières et tourne lentement son visage pour apercevoir une note inscrite sur un bout de papier, posée sur l'oreiller à côté. Il la coince entre deux doigts et commence à lire.

« Bébé, j'suis sur le pont à m'faire bronzer... t'en penses quoi qu'on aille au casino ce soir... arrête de dormir et viens m'rejoindre... P.S : Si t'as la gueule de bois, j't'ai laissé de l'aspirine sur la table de chevet... »

Il émet un rire amusé et froisse le bout de papier au creux de sa paume. Vrai, il avait un peu la gueule de bois. Une heure seulement après l'embarcation, ils avaient tous les deux posé leur derche près de la piscine, à boire un paquet de différents cocktails. Ils avaient passé la journée à en boire, sans trop réaliser qu'à force d'en vider, eh bien, que ça tapait plus fort que le soleil sur leur crâne. Aucune importance, ils avaient passé du bon temps, à déconner et à rire... à profiter de la vie, quelque chose qu'il faisait rarement. Tu m'fais rêver, Lex. J'sais pas comment j'vais faire pour te remercier. Il ignorait totalement comment il allait faire pour lui remettre ce qu'elle venait de lui offrir. J'sais même pas pourquoi t'as choisi moi pour t'accompagner. Il avait bien du mal à comprendre pour quelle raison la brunette n'avait pas offert tout ça à quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui ne l'avait pas abandonné sans rien dire... Un soupir s'extirpe hors de ses lèvres et d'un mouvement vif, il bouge sa carcasse pour sortir hors des draps. Il jette un œil à l'horloge murale : 13h40.

« Ah fuuuuuck... », qu'il grommelle, en réalisant qu'il avait perdu une partie de la journée à pioncer.

Sans attendre, il fouille dans ses bagages pour en sortir un bermuda et une camisole, puis s'enligne directement vers la salle de bains pour prendre une douche. Il se contente d'une douche rapide et ne tarde pas à trouver le porte de sortie une fois prêt. Un grand sourire s'allonge sur ses lèvres lorsqu'il voit le soleil et le ciel dégagé. Encore une belle journée pour profiter à fond. J'suis vachement gâté. D'un pas vif, il se rend dans un resto pour se commander de quoi bouffer. Un méga sandwich au crabe, des chips... et un tas d'autres trucs... et en ressort les deux bras chargés. Ouais bah tant qu'à profiter, autant profiter d'la bouffe aussi. Il trouve le chemin vers le pont, en se disant que Lexie devait être au bord de la piscine. Une fois à destination, il s'immobilise un instant et fait un tour rapide du regard. Il y avait beaucoup de mouvement, de la population en masse. Il finit par repérer la brunette un peu plus loin, allongée sur une chaise longue... en petit bikini. C'est pas celui-là qu'elle avait hier. Ah non, celui-là, il était... plus petit. Ses lèvres s’entrouvrent et il manque près d'échapper sa boisson. Tu parles d'une idée d'être sexy comme ça. Ouais, mais non, il n'allait pas s'en plaindre. Reste concentré un peu, tu vas tout faire tomber ! Il se redresse et se dirige lentement vers elle, se mettant à siffler comme un macho le fait lorsqu'il voit une belle gonzesse.

« Hey, beauté ! Tu sais quoi ? Toi, moi, ce bikini, sur ce bateau à jamais ! Moi, j'suis prêt à tout plaquer juste pour te voir tous les jours le porter ! », lance-t-il, un grand sourire con sur les lèvres.

Il dépose son... gros buffet... au sol et prend place sur la chaise à côté d'elle.

« J'espère que t'as faim, j'sais pas si j'vais arriver à tout gober. », dit-il, en commençant à déballer son sandwich. « Bébé, ça t'dirait qu'à la prochaine escale, on s'arrête quelques heures pour faire d'la plongée ? J'en ai jamais fait et ça m'botterait bien d'essayer au moins une fois. T'es partante ? Toi et moi en homme et femme grenouille, non ? T'inquiète pas, j'suis sexy même avec des palmes. », ajoute-t-il avec humour.

J'suis pas trop certain par contre. À voir. Une fois qu'il a ingéré la moitié de son sandwich, il se lève et pousse un peu la brunette pour s'asseoir derrière elle sur sa chaise longue. Ses bras enlacent sa fine taille et il pose doucement son menton sur son épaule. Il reste silencieux un moment, se contentant seulement d'être là... seulement... bien.

« Merci... », souffle-t-il enfin au creux de son oreille. « J'crois que sans toi, j'aurais jamais fait ça... j'mérite même pas d'être ici... pourquoi t'as pas invité quelqu'un d'autre ? », qu'il demande, n'y comprenant toujours rien.

Comment tu parviens à m'pardonner aussi facilement ? J'comprends pas. Je m'attendais surtout à c'que tu m'bannisses de ton existence après m'avoir défoncé la gueule bien comme il faut... mais ça ? Pourquoi ? Tu dois être un ange, j'vois pas autre chose.





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MessageSujet: Re: Caribbean Nightmares Mer 24 Mai - 15:34





En arrivant à Salem, je ne savais pas si j’allais m’y installer durablement. Je bosse à droite, à gauche. Fais du ménage pour les particuliers. Des personnes âgées qui ont bien du mal à se déplacer. Ça m’aide à payer l’hôtel et surtout à préparer cette croisière.
Tomber sur Jasper relève du miracle, gagner une croisière c’est carrément invraisemblable. Mais les billets sont bien là, ils attendent sagement dans leur enveloppe marron.
Le moment fatidique arrive. Celui où il faut préparer les valises. Alors sans doute que des nanas doivent coller toute leur garde-robe à l’intérieur et avoir une valise très très épaisse. Me concernant je me contente d’un sac de sport et je fourre quelques fringues à l’intérieur. Que des robes plus ou moins légères d’entrée de gamme et une seule un peu plus sophistiquée histoire de pas avoir l’air ridicule parmi les fortunés. Pas que j’en ai quelque chose à foutre mais disons que je n’y vais pas seule non plus. Jasper a accepté mon offre. Il m’accompagne pour mon plus grand plaisir. Il n’a jamais pris le temps de faire ce genre d’excursion et moi je n’ai jamais vraiment eu les moyens de me payer ce genre de délire.



A quai, le bateau est immense. On se sent ridicule à côté tant il est gigantesque. C’est sûr que ça flotte les machins comme ça ? Non parce que c’est gros quand même… Je m’émerveille comme une gosse quand on embarque. L’intérieur est luxueux. On se croirait sur un hôtel 5 étoiles flottant. Dorure, tapis, escaliers digne de palais. Il y a des ascenseurs vitrés. Même le Titanic à côté ça vaut rien. Ouais enfin le Titanic il a coulé, c’est pas un bon exemple. La classe moyenne est confinée aux étages inférieurs quand nous, on a le droit à la suite. Ma main s’est emparée de la sienne et nous déambulons à travers le bateau pour suivre le jeune homme, tout de bordeaux vêtu avec sa petite casquette à dorure vissée sur la tête.
La chambre est époustouflante et nous donne le droit à une petite terrasse personnelle. On est dans la partie supérieure, la meilleure. Celle qui nous offre le large à perte de vue et un lit king size. Du genre qu’on ne s’offre jamais chez soi. Fauteuils, canapé juste à côté. Un espace de vie supplémentaire. C’est hallucinant mais faudrait être dingue pour rester enfermé ici. A peine la porte se referme que je me jette sur le lit pour en apprécier tout son moelleux et son confort.

« Ah putain. Ca va être génial ! »

Et je l’entraine avec moi pour savourer ce début de vacances. Très vite on rejoint le pont, comme tout le monde, pour regarder le départ. Ensuite ? C’est là que tout commence. Rapide retour en cabine pour ressortir avec serviette et paréo noué autour des hanches. Maillot de bain oblige. Le seul truc que j’ai en 4 exemplaires dans mon sac. Lunettes de soleil sur le bout du nez, on s’installe sur un transat près de la piscine. Mission ? Bronzage et cocktails. Surtout cocktails d’ailleurs. On se marre en se racontant des anecdotes, en détaillant les passants et en imaginant qui ils sont.

« Tiens genre lui, tu vois avec son chapeau de paille et son paquet bien moulé dans son slip de bain. Comme il a la mine blasée je dirais qu’il vient rejoindre sa femme et que c’est un cageot. Tu vois le genre que tu veux pas montrer en public mais que t’es obligé d’emmener en croisière chaque année parce que c’est le caprice de madame. Attend. Regarde il se dirige là-bas. OUUUUH BINGO ! Tu vois que j’avais raison ahahah. »

Ou peut-être pas, mais on s’en fou après tout.
Nos conditions respectives nous offre la possibilité de boire jusqu’à plus soif sans trop de dégâts. C’est joyeusement qu’on rejoint notre suite avec la ferme intention de profiter de toutes les activités disponible sur ce rafiot dès le lendemain. Ou presque. Mais on partira pas d’ici sans avoir tout essayé, ça c’est certain. On test la solidité et la qualité des ressors du matelas avant de s’écrouler. Les émotions, la fatigue, l’alcool aussi, bref un mélange anesthésiant qui nous propulse dans les bras de Morphée.
Je suis debout la première, m’extirpe des draps après avoir déposé un baiser sur son épaule. Je tire les rideaux épais pour lui éviter la même agression que celle que je viens de subir. Définitivement, on a trop bu et le soleil pique la gueule. Douche et surtout aspirine, lorsque je reviens il dort toujours aussi paisiblement. Je laisse une note sur l’oreiller et décide d’aller coller mon digne fessier sur un transat. J’en profite pour prendre un petit déjeuner au bord de la piscine. Jus d’orange, petits toast de confiture. Le pied intégral. Je me fais dorer la pilule sans penser à rien, fais quelques longueurs avant de reprendre cette activité passionnante : Ne rien faire. Il y a le brouhaha ambiant des gamins trop contents de jouer dans la piscine, les rires, les mères débordées qui hurlent après leurs mômes déchainés. C’est comme si je devenais spectatrice de la vie des autres pendant que la mienne se résumait à être là. Juste là. Bien. Tranquille. Confortable.

Un sifflement me fait ouvrir les yeux. La vision de Jasper me redresse et je relève mes lunettes sur ma tête pour le regarder dans une grimace dû au soleil qui vient agresser mes rétines.
Sa remarque m’amuse. Faut dire qu’une vie comme ça, j’irai certainement pas m’en plaindre. Je rigole quand je le vois poser toute la bouffe qu’il a ramené au sol.

« T’avais peur qu’on meurt de faim bébé ? » pouffe-je.

Il croque dans son sandwich quand je pique sa boisson.

« Sérieux, t’as jamais plongé ? Enfin, pas que je l’ai déjà fait mais disons que t’es censé être celui qui a le plus d’expérience. »

Je fais mine de le dévisager, l’imagine en combinaison et commence à rigoler.

« Ouais, c’est sûr qu’on sera sexy dans cette tenue. Ca va bien te mouler le paquet, je vais faire des envieuses. Puis je suis toujours partante, j’irai au bout du monde avec toi. »

Un sourire aguicheur, mes lunettes reprennent place sur le bout de mon nez retroussé.

« Je propose qu’on fasse tout ce que t’as jamais fait. Parachute, parapente, saut à l’élastique, canoë, jet-ski. Tiens d’ailleurs j’ai vu qu’il y avait un ripcord sur le bateau. Tu sais là les tunnels transparents qui arrivent à recréer les conditions d’une chute libre. On dira que c’est comme un premier baptême, t’en penses quoi ? Y a aussi le simulateur de surf juste derrière. Ouais. C’est dingue toutes ses activités, on a carrément embarqué sur une ville flottante. »

Et c’est vraiment ça. Entre bibliothèque, cinéma, casino, les diverses aires de jeux, la partie spa. On vit un truc de dingue. Un truc qu’on ne refera probablement jamais. Enfin, pour ma part en tout cas.
Jasper se glisse derrière moi et enlace ma taille. Mon dos se repose contre son torse et mes mains viennent caresser ses bras. C’est idyllique, presque irréel. Alors on profite. L’un de l’autre. L’un avec l’autre. De tout. Du cadre parfait, de cette chance qu’on a d’être à bord d’une croisière de ce genre.
A ses remerciements je tourne un peu la tête, dépose un baiser sur sa joue avant de reprendre ma position initiale.

« Parce que j’avais pas envie de faire ça avec quelqu’un d’autre bébé. Et je vais pas t’en vouloir éternellement parce que tu t’es barré un matin. Si ca avait pas été ce matin-là ça aurait été un autre. Mon père est envahissant, je sais pas si tu te souviens. » Ajoute-je dans un rire.

Mes doigts entrelacent les siens, refermant un peu plus sa prise sur moi.

« Moi je crois que tu les mérites ces vacances. Ca fait combien de temps que tu bosses, que t’aides les gens ? Trop longtemps il me semble. Puis sans blague, c’est assez dingue de te retrouver. Ca devait être un signe tu vois ? T’étais là quand elle m’a donné ses billets alors tu vois j’allais pas appeler ma famille pour leur dire, hey y a pas un de vous qui veut venir ? Surtout que je pense qu’ils ont pas spécialement envie d’entendre parler de moi. Faut croire que c’est un coup du destin. Ouais. Rien que ça. Faudra t’y faire je crois. Tu crois que tu vas survivre de passer tout ton temps avec moi ? A boire, à rire, à t’amuser ? »

Une boutade.

« Hey fais pas comme si tu hésitais ! »

Je balance un coup de coude, la mine pincée, faussement outrée. J’attrape le paquet de chips, en fourre dans ma bouche autant que dans la sienne.



La journée se passe sans grabuge. On s’inscrit même pour la chute libre. On a l’air foutrement ridicule dans nos combinaisons et nos casques bleus. Jasper commence et je me moque largement de ses babines retroussées par la force du vent. Je regrette juste de ne pas avoir d’appareil photo pour immortaliser ce moment. A mon tour de profiter de cette sensation hors norme. En ayant déjà fait, je dois dire que même si l’environnement est différent, l’appareil reproduit vraiment l’effet de la chute libre. Je profite de l’horizon à travers le tube transparent. Au loin le temps se couvre. Les nuages sont noirs et épais. C’est pas ce soir qu’on pourra regarder les étoiles. Puis je me concentre à nouveau sur le reste, sur les sensations, sur les battements de mon cœur.
Lorsque je repose les pieds au sol, c’est l’euphorie. J’en oublie la probable tempête que l’on va devoir traverser et ne me pose aucune question à ce sujet. Je saute dans ses bras, câline, pleine d’affection. Au cas où quelqu’un se demandait ce qu’on fichait ensemble, là au moins c’est très clair.
Les combinaisons sont retirées et on reprend notre balade le long du pont. Main dans la main.

« Je suis contente que tu sois là. De faire ça avec toi. C’était vachement bien. »

Des sourires échangés. Ne pas en dire plus, ne pas en dire trop. Ne pas nommer, juste profiter encore et encore. On se retrouve en cabine et comme on a pas le goût du luxe ni l’un ni l’autre, on se contente de commander à bouffer dans notre suite pour s’éviter la corvée du restaurant blindé. Trop bling bling. Trop bruyant. On est bien là, sur notre petite terrasse privative à souper des hamburgers et des frites. Mais avec trois steaks saignant le hamburger. Le homard ? Très peu pour moi.
Après une bataille de piquage de frites, je contemple l’horizon.

« Je sais pas ce qu’on va se prendre comme tempête dans la gueule mais à mon avis elle va être sévère. On aurait peut-être pas dû bouffer autant ahahah. On va prendre une douche et se préparer pour le casino ? Mais je crois que tu vas devoir m’accompagner dans la douche, j’ai du mal à me frotter le dos. »

Il nous faudra une bonne heure pour nous préparer. Je sors de la salle de bain, incertaine. C’est que j’ai pas vraiment pour habitude d’aller dans des endroits un peu classe. Je me plante devant lui dans ma robe rouge et mes fins talons. De toute façon, j’arriverai jamais à marcher toute la soirée avec, je finirais pied nus et ce sera tout aussi bien.

« Ouais c’est moche, c’est ça ? »

Pas le temps d’en dire plus que la pluie s’invite dans notre cabine, poussée par le vent. La faute à la baie vitrée que l’on a laissée ouverte. Des éclairs zèbrent le ciel et le tonnerre gronde fort. Il parait que les tempêtes en pleine mer sont hyper impressionnantes, je veux bien le croire.
Dans les couloirs un message est diffusé pour notre sécurité, interdisant aux gens de se rendre sur le pont à cause du temps. Faut dire que ça ne me viendrait pas vraiment à l’idée d’aller dehors. J’aurai trop peur de tomber par-dessus bord.
On est bousculés par des gamins qui courent, sans doute surexcités à cause de la tempête alors que le message continu nous informant de la fermeture des piscines intérieures. L’embarcation bouge de plus en plus mais pas de quoi nous empêcher d’aller nous amuser. Tant qu’on tient debout ça roule !




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MessageSujet: Re: Caribbean Nightmares Mer 28 Juin - 5:02





Lexie avait raison, il avait sérieusement besoin de vacances. Depuis tout ce temps, il méritait un moment de répit. J'sais pas si j'le mérite, mais j'sais que j'en ai besoin. Les derniers mois avaient été pénible pour lui et cette croisière lui permettait de s'aérer un peu l'esprit, de penser à autre chose que ses misères passées. Et probablement celles qui viendront me taper la gueule en rentrant au bercail. Malgré les explications de la belle brunette, il avait encore du mal à comprendre comment elle faisait pour passer aussi rapidement l'éponge sur son plantage en force. Peut-être bien parce qu'il était rancunier et qu'il avait moins de facilité à pardonner ? Possible. J't'admire franchement. J'sais pas comment tu fais pour redevenir zen aussi rapidement. Il se disait que quelqu'un qui parvenait à tirer un trait aussi facilement était quelqu'un d'heureux qui ne trimballait pas plein de démons avec lui. Ce qui n'était pas son cas. J'devrais peut-être faire comme elle. Facile de le penser, moins facile de s'y coller. Lorsqu'on avait été heurté souvent comme lui, le pardon devenait vraiment difficile à donner au fil du temps. La malédiction qu'il avait hérité de John Sewall n'aidait pas non plus à sa cause. J'vais devoir me débarrasser d'cette merde là à mon retour avant d'faire quelque chose que j'vais regretter... Tu vas vraiment penser à ça maintenant ? Non, pas question. Visiblement, la journée s'annonçait trépidante et le blondin n'allait pas cracher là-dessus. J'vais survivre avec toi et j'crois que c'est pour cette raison que j'me sens bien quand t'es là. En vérité, j'fais pas que survivre avec toi... j'respire... alors que j'ai l'habitude de suffoquer.


*****************************


La journée avait été superbe et l'expérience de la chute libre avec Lexie l'avait vraiment revigoré. Il avait l'impression d'avoir un regain d'énergie et il était évident maintenant qu'il n'allait pas arrêter ce genre de thrill. Tout ce qu'elle allait lui proposer, il allait accepter de la suivre, sans même hésiter. Ça fait du bien de faire des cascades sans que ce soit automatiquement pour y risquer sa peau. Des sensations fortes que pour le plaisir, rien d'autre. Il ne pouvait pas demander mieux. Maintenant qu'ils avaient bouffé bien tranquille sur la terrasse et prit leur douche, il fallait qu'il se trouve quelque chose qui ne soit pas trop merdique à se foutre sur le dos pour aller au casino, et franchement... il n'avait pas grand chose d'extravagant. Bah fuck, j'y pensais pas au casino quand j'ai fais mes bagages. Il avait au moins quelques bermudas potables et un t-shirt... ouais bon, pas certain qu'il le mette celui-là, du moins, pas pour aller au casino. Pourtant il était bien. Un dessin d'un requin était illustré dessus et juste en bas était écrit : What doesn't kill you makes you stronger. Except sharks. Sharks will kill you. Il était beau ce t-shirt, un peu glauque, mais le dessin du requin était nice. Il avait la gueule ouverte, prêt à tout bouffer, et du sang partout sur... hmph... finalement, il le range et opte plutôt pour un bermuda beige et une camisole noire.

« Ouais c’est moche, c’est ça ? »
« Hmm ? »

Le blondin se redresse et lorsqu'il la voit dans cette robe rouge, il la dévisage de haut en bas, la bouche entrouverte, et les yeux chatoyant de mille feux. Putain que j'comprendrai jamais les femmes. Elles sont canons et pensent qu'elles sont moches. Il sourit, amusé, tout en s'approchant d'elle, cerclant sa taille de ses bras.

« T'es pas moche, j'dirais que t'es un peu trop sexy. J'sens que j'vais finir seul la soirée, tu vas t'retrouver avec un paquet de prétendants. J'te préviens, j'étais là en premier, s'ils m'emmerdent, j'les balance par-dessus bord. », dit-il, haussant un sourcil, faussement menaçant.

La scène est interrompu par cette pluie et ce vent qui s'infiltrent dans la chambre. Il se précipite pour refermer la baie vitrée, observant d'un œil suspicieux le ciel sombre et grondant. J'espère qu'elle passera rapidement cette tempête. Parce que la poisse... il la flairait de loin.


*****************************


La tempête devenait de plus en plus intense à l'extérieur, faisant tanguer le navire par séquences répétitives... et ça commençait à lui donner un peu la nausée. Si au début la soirée avait été sympa et qu'ils avaient tous les deux été chanceux à la roulette et à la sloth machine, maintenant ça commençait à être beaucoup moins agréable. Ils étaient constamment déséquilibrés et bien des trucs tombaient un peu partout, glissant d'un côté ou de l'autre pour se péter la gueule par terre. On ne tarde pas à entendre d'autres messages d'avertissement, leur annonçant que tout allait fermer et que d'ici une dizaine de minutes, tous les passagers sans exception - sauf les membres de l'équipage du département pont et machine - devraient regagner leur chambre et tenter de mettre en sûreté les objets valeureux pour éviter la casse. Le blondin, un peu écœuré de se faire ballotter, s'approche de Lexie qui venait de terminer son jeu à la sloth machine.

« Hey, beauté, t'en penses quoi qu'on déserte maintenant ? Ça commence à être pénible. Puis... y a d'autres moyens de passer l'temps quand c'est tempête dehors. », murmure-t-il chaudement à son oreille, très suggestif.

Il préférait baiser dans la chambre, quelque part plus '' stable '', que de tenter de rester debout à essayer de ne pas se manger une machine à la gueule. C'est plus agréable, déjà. Quoique... baiser en pleine tempête sur un bateau, il se demandait s'ils n'allaient pas devoir faire quelques pirouettes cacahuètes. Qui risque rien n'a rien. La brunette, plutôt du même avis que lui, glisse sa main dans la sienne, et tous les deux quittent le casino pour emprunter la première coursive. Le blondin reste plutôt silencieux tandis qu'ils arpentent le couloir. L'atmosphère est tendue, les passagers semblent nerveux et s'empressent de gagner leur chambre. Mais s'il était aussi silencieux, c'était surtout parce qu'il venait de voir quelques officiers accompagnés du capitaine passer près d'eux en marche rapide, leur visage un peu blafard et perlant de sueurs.

« J'aime pas ça. », grommelle-t-il, les suivant du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent au bout du couloir.

Ils se dirigeaient sans doute au poste de commandement à l'avant du bateau. J'ai envie d'les suivre et d'leur demander c'qui cloche. Le front plissé par l'agacement, la main du chasseur compresse légèrement celle de la brunette.

« On va les suivre. J'veux savoir c'qui va pas. T'as vu leur gueule ? Ça transpire la merde et ça sent mauvais, la merde. Viens. »

Il la presse un peu à accélérer le pas, mais malheureusement, ils n'ont pas le temps de faire la moitié du trajet que le bateau se met à trembler comme s'il avait la trouille de sa vie. Cette façon de trembler n'avait rien de normal et ce n'était pas le vent de la tempête qui le secouait comme ça. On aurait dit que des torpilles lui déchiraient la carcasse. Fuck, mais c'quoi cette... FUCK ! En un battement de cils, il bascule brusquement et tombe directement sur Lexie. Et tout dégénère rapidement, sans même que le blondin puisse y comprendre quoique ce soit. Des bruits de ferraille tordue, des grincements désagréables, les lumières qui déconnent, et encore une annonce...

- Tous les passagers sont demandés sur le pont... restez calmes... gilets de sauvetage... devons... quitter le... navire... rapidement... grshiiiiinkshhhht... nous... a... s... ombrer...

Le chasseur se redresse rapidement et aide Lexie à en faire de même. Des passagers sortent de leur cabine, en peur, se précipitant vers le pont et les bousculant au passage. Lentement, il se tourne vers la brunette, le visage exprimant un profond... écœurement.

« La croisière est terminée... les emmerdes commencent. Vaut mieux s'grouiller. J'ai tellement la poisse qu'on arrivera pas à s'choper une embarcation de sauvetage. »

C'est n'importe quoi. J'dois être le mec le plus malchanceux sur la fucking planète !


*****************************


UNE CINQUANTAINE DE MINUTES PLUS TARD...

Le pont grouille de passagers et les trois-quarts s'agitent partout comme des poules sans tête. L'œil de la tempête devait être figé droit sur eux avec ces rafales agressives et cette pluie qui n'en finissait plus de leur cingler la gueule. Il devait s'être étiolé seulement quinze minutes depuis qu'ils étaient là et ils étaient déjà trempés jusqu'aux os. Le chaos en pleine mer, voilà ce que c'était. Plus de six mille passagers agglutinés sur le pont, en grande panique, à tenter d'arriver à un embarquement de sauvetage... et si on ajoutait le reste... comme le rafiot presque à moitié enseveli sous l'eau... ça donnait une vraie belle merde. Aucun moyen d'obtenir des réponses, que ce soit des officiers ou du capitaine. On s'en fout du pourquoi, trouve une putain d'embarcation sans t'faire piétiner et fout l'camp.

« Me lâche pas la main, bébé. T'as compris ? J'veux pas te perdre dans c'foutoir. », dit-il, tentant de se faufiler avec elle au travers ces cons qui se bousculaient comme des mômes pour arriver les premiers.

Bande de fuckers. C'est pas comme ça que vous allez arriver les premiers. Vous avez pas maté l'titanic ?! Les zygomatiques serrées, il donne quelques coups d'épaule pour se tailler une charmille vers le canot de sauvetage le plus près. La tâche était vraiment difficile, la température n'aidant pas du tout. Même un gros mastodonte de bateau comme celui-là parvenait à tanguer assez pour les faire planter à chaque deux pas. C'était effrayant, la nature. Ces vagues, surtout. Le blondin parvient à les amener près du bord, à la proximité d'un canot qui déjà devait compter une centaine de passagers.

« On y arrive, beauté. Celui-là, c'est l'nôtre. », dit-il, un peu soulagé, quand même.

Ils y étaient presque, Lexie était la prochaine à monter... ou elle l'aurait été... si cette vague gigantesque n'avait pas fait basculer le bateau au point de la faire tomber par-dessus bord. Les yeux écarquillés et le regard horrifié, le blondin la voit tomber dans le vide sans qu'il ne puisse l'agripper.

« LEX ! », qu'il gueule, en panique.

Oh putain, oh putain d'fuck ! Il reste pétrifié sur place quelques secondes, le temps de voir la brunette plonger dans les eaux tumultueuses de l'océan. Grouille ton derche, reste pas planté là ! Sous l'adrénaline, les nerfs à vif, le chasseur pousse avec force les passagers près de lui pour s'emparer d'un canot gonflable plus loin sur la passerelle. Pas question que j'te perdre, t'as comprit ?! Il revient en vitesse, se foutant éperdument de bousculer ou de pousser brutalement pour se faire un passage rapide vers le bord. Il passe rapidement la courroie du canot gonflable autour de lui... et se laisse tomber dans le vide.


*****************************


UNE DIZAINE DE MINUTES APRÈS LE GRAND SAUT...

Le souffle saccadé, le cœur sur le point d'éclater, son regard troublé tente de percer la noirceur pour repérer la brunette... mais il ne voit rien. Cette tempête était vraiment cruelle et les vagues étaient sur le point de le rendre dingue. Il n'avait pas eu le choix d'ouvrir le canot pour monter dedans. La chercher à la nage devenait complètement inutile. C'était comme... chercher une aiguille dans une botte de foin. C'était l'océan, non pas un petit lac. Si au moins on était l'jour et que c'était plus calme. Complètement trempé et angoissé à mort, il fouille rapidement dans le sac de survie pour en sortir une lampe de poche. Sans tarder, il l'actionne, dans cet espoir qu'elle soit toujours bien en vie et qu'elle puisse se guider vers lui. Il gueule son nom comme une merde désespérée, scrutant l'étendue d'eau infinie, désemparé au possible. Lex, me fais pas ça. Pitié. Non. Elle devait être vivante. Lexie était athlétique et il la savait bonne nageuse. Elle respirait encore, il le savait.

Allez, beauté. T'as toujours su m'retrouver. C'est un bon moment pour le faire encore. Il allait la chercher, peu importait le temps que ça lui prendrait. Peu importait s'il était pour crever sur ce foutu canot. J'suis là et j'vais pas t'abandonner. J'sais que t'es pas loin. Alors tu vas te magner et nager vers ce putain de canot où j'suis !!!





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MessageSujet: Re: Caribbean Nightmares Mer 19 Juil - 17:04





Ah la vie de rêve. Qui n’a jamais désiré pouvoir se prendre des vacances tous frais payés ? C’est le pied absolu ! On dira que ça tombe à pic. Que j’en avais besoin, un peu, après toutes ces conneries avec mon père et la meute. Après tout, ça ne peut pas me faire de mal de voir un peu du pays et de flotter sur une embarcation digne d’une ville.
Il y a la tempête, celle qui fait rage dehors et qui vient nous secouer à l’intérieur. Je ne suis ni défaitiste, ni fataliste, alors moi, cette tempête, j’en ai un peu rien à foutre en fait. Les messages dictés par le capitaine résonnent un peu partout dans le rafiot et vraisemblablement, ça commence un peu à se compliquer. J’avais remarqué que c’était le cas, mon cocktail s’étant renversé à plusieurs reprises. Au début je pensais que j’avais presque tout sifflé, ce qui aurait pu franchement être le cas, mais pour le coup, la grosse flaque sur le sol m’indiquait que non, c’était pas le cas. Et gâcher de l’alcool c’est mal, très très mal. Obnubilée par cette machine et par les pièces qui en tombent, je ne prête pas attention au monde alentour. Jusqu’à ce que je le sente, lui. Il se glisse contre moi, murmure à mon oreille de bien belles promesses qui me font lâcher prise dans la seconde. Je lui offre un sourire lubrique quand mes pupilles se dilatent. Tu sais que j’ai toujours aimé ça, passer le temps en glissant entre tes cuisses ou en m’empalant sur ce vice. La main rejoint la sienne, s’y accroche alors qu’on se traine dans les couloirs.

Il y a ceux qui paniquent en rejoignant leur chambré, il y a ceux dont le teint est pâle, voir complètement vert. Ceux-là, ils vont retapisser les couloirs avant d’arriver jusqu’aux chiottes me dis-je. Une mine de dégoût s’installe sur mes traits. En fait, la tempête, c’est nul en vrai.
Jasper il s’arrête, se stoppe tout net et il braille un peu, parle de merde qui sent mauvais – c’est le principe, ça sent jamais la rose. Il dit qu’on doit les suivre alors que j’ai qu’une envie, moi, c’est de rejoindre cette chambre spacieuse que l’on occupe aux frais de la princesse.
J’ai envie de lui dire qu’on s’en fout un peu, qu’ils ne nous diront jamais vraiment s’il y a un problème, manière qu’on alerte pas les gens autour, créant un mouvement de panique. J’ai envie de lui rappeler les mots qu’il a susurré à mon oreille et qui me paraissait être un bien meilleur planning que celui qu’il est en train de monter. Ouais, j’ai envie de tirer un coup sec sur sa main pour lui dire que ça suffit, maintenant, qu’il doit arrêter de croire que le monde va s’écrouler parce qu’il s’amuse et qu’il profite enfin de son existence pourrave. Lui dire que la terre continue de tourner, sans lui et que c’est pas grave au fond. Mais j’ai pas le temps de formuler la moindre petite phrase, d’esquisser le plan d’attaque visant à le faire capituler et le tranquilliser. Non, j’ai pas le temps parce qu’il y a quelque chose qui nous percute. Pas nous. Mais le bateau. Des bruits de taules désagréables qui grincent, qui s’arrachent. Les gens cris, des cris terrifiants alors que je retombe lourdement, la carcasse de Jasper venant m’écraser dans le même temps.
Ok, ok, on peut dire que la terre ne sait pas tourner sans toi, que t’as un gros gros karma de merde et que j’aurai du te croire quand tu le disais. Moi je croyais que t’exagérais, que tu grossissais le trait. Faut croire que non. J’aurai franchement préféré que ce soit le cas…

Puis il y a l’annonce qui grésille dans les haut-parleurs défoncés, qui peine à se frayer un chemin si bien qu’on en comprend que la moitié. Mais la moitié la plus importante. Celle qui dit qu’on doit évacuer. On se met en branle et le chasseur, toujours aussi défaitiste balance quelques conneries. Et tu devrais fermer ta gueule, en vrai. Parce que la poisse tu vas nous l’attirer complètement, déjà qu’on va écourter nos vacances, faudrait éviter qu’on y perde un membre ou pire, la vie. Alors tais-toi putain. Dis pas des trucs comme ça quand tu sais que t’as la poisse collé à ton cul vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Il nous faut un temps infini pour remonter sur le pont. La faute à cette masse humaine et paniquée qui emprunte les escaliers pas assez larges pour tous nous accueillir. Les gens n’ont aucune considération pour autrui, ils poussent et piétinent leur voisin sans aucun regret ni remord. Je m’arrête en chemin, attrape un gosse qui pleurait là au beau milieu de toute cette merde. Jasper il comprend pas, il pige pas pourquoi je le lâche et pourquoi je m’arrête mais il dit rien en voyant la petite tête brune à côté de la mienne. Le visage rouge et barbouillé de larmes.

« Shhhh shhhh on va te sortir de là p’tit bonhomme. »

Pas le temps de plus, pas le temps de rassurer le môme qui s’agrippe à mon cou. On joue des coudes dans les marches. Je finis même par pousser nonchalamment quelques connards qui tentent d’arriver les premiers. Ma bête intérieure gronde, elle gronde fort. L’envie de la laisser s’ébrouer me titille. Pour tous les pousser, pour qu’ils hurlent, pour qu’ils cessent, pour qu’ils pensent que je vais les bouffer et que c’est le plus grand danger immédiat. Une lueur furtive dans le regard, une petite étincelle qui s’allume là quand je me retiens de faire un véritable carnage. J’aime pas qu’on me bouscule, qu’on me fasse mal, qu’on me repousse, qu’on m’empêche de respirer.
Les portes nous dégueulent sur le pont quand tous se précipitent dans tous les sens, sans même savoir où ils vont. Ils se suivent comme des moutons sans connaître la bonne direction.
Y a une nana qui me percute, elle beugle des trucs mais j’entends que dalle à cause du vent et de la pluie et du brouhaha ambiant. Elle m’arrache le mioche des bras, il me semble qu’il dit maman, c’est ce qui me fait le lâcher sans quoi j’allais lui péter le nez moi, à la garce de brunette.
Je retrouve les doigts de Jasper que j’enlace. On tente de se frayer un chemin, tout du moins, c’est lui qui s’occupe de pousser le tas d’humains qui fait barrière à notre progression.
Je l’entends très mal mais comprend l’essentiel. Ne pas lâcher sa main pour ne pas qu’on soit séparé. Je saisis parfaitement le concept et sers plus fort à m’en faire blanchir les jointures. J’te lâcherai pas, ah ça non.

Le temps n’a plus aucune espèce de foutue importance parce que tout me paraît horriblement long. Pour atteindre le canot de sauvetage, j’ai l’impression que ça nous prend des heures et des heures. Le bateau tangue de plus en plus à cause des vagues qui viennent s’échouer sur le monstre de fer. Certaines viennent même s’écraser sur le pont, emportant des poignées de passagers par dizaine. Des passagers qui se retrouvent sous l’eau et pour qui l’espérance de vie avoisine les un pourcent…  On trébuche, on tombe, on se relève, on s’accroche, l’un à l’autre sans perdre de vue cet objectif. Celui de se barrer d’ici avant que ça s’aggrave. Avant qu’on coule, avant qu’on crève, emportés par les flots qui déferlent.
Et c’est là, juste là. On y arrive enfin. Il est soulagé, Jasper. Ça me tire un rictus de me dire que bientôt on sera dans ce connard de petit bateau, qu’on aura plus qu’à attendre qu’on vienne nous chercher parce qu’ils ont forcément donné l’alerte, là-haut, dans leur putain de radio.
C’est mon tour de passer la rambarde. Mon tour de grimper dans cette galère. Mon tour d’espérer sauver mon cul… Mon tour… De glisser, percuter par une vague. Mon tour de tomber là, entre cet infâme bateau et ce trop gros rafiot. La main glisse et n’arrive pas à se raccrocher à quelque chose de tangible, je sombre, mon corps pareil à une brindille qui tombe à la flotte. Les bruits en sourdine quand mon corps entier est immergé dans l’eau, la faute à la chute trop haute. Les yeux grands ouverts, le sel me piquant, je ne vois pas grand-chose si ce n’est la surface qui m’apparait loin et tous ces trucs qui plongent tout autour de moi. Des gens, des planches, des caisses, des valises, même des tables.

Les mains brassent et les petons s’agitent pour remonter, pour trouver un peu d’air. Et si tout semble presque trop calme sous les flots, à la surface c’est un véritable chaos. Je ne vois rien et les vagues me ramènent perpétuellement contre la coque du géant des mers. Mon dos et ma tête le percute à plusieurs reprises alors que j’essaye de me sortir de là. Elles m’ensevelissent, les vagues, me trimballent comme une vulgaire poupée. La houle m’emporte enfin plus loin quand je suis à bout de souffle. J’ai mal, partout et je fatigue, je fatigue vraiment. Je tente de m’accrocher à des objets flottants, de battre des pieds pour m’en aller plus loin. Très loin. Parce que j’ai pas envie d’être là quand il va se faire gober tout entier, le rafiot. Parce que je suis pas conne et que je sais qu’une fois qu’il aura entièrement plongé, il va aspirer avec lui, dans les profondeurs maritimes, tout ce qui traine alentour. J’ai pas envie d’être le truc qui traine. J’ai pas envie de crever, aspirée bêtement dans le sillage d’un géant. Et je nage, nage et nage. Incapable de me repérer à cause de la nuit trop noire, incapable de savoir où aller. Il y a ceux qui gueulent dans la flotte. Des mots entrecoupés par l’eau qu’ils ingurgitent. Les prénoms fusent. Des gens aimés, chéris. Il y a bien les canots au loin, ceux avec la coque blanche, blindés des gens qui ont réussi à s’extirper sans trop de mal de cette merde puante. Mais ils sont loin. Beaucoup trop loin. J’ai pas la force. J’ai pas la capacité pour nager à contre-courant sur autant de distance. Je peux pas. C’est tout. Je peux pas.
Sur le dos, je me laisse dériver pour reprendre mon souffle, épuisée, éreintée. La flotte me berce avant de me recouvrir tout entière à plusieurs reprises. La bête tambourine dans ma cage thoracique. Elle m’anime, me force à me battre. Parce que j’ai l’instinct de survie du prédateur. Alors que je flotte il me semble l’entendre, lui. Il me semble entendre mon prénom déchirer l’air à moins que ce ne soit que ma cervelle qui ne me joue des tours. Et je la vois, la petite lumière, celle qui s’agite, qui cherche.

Les minutes s’égrènent avant que je n’actionne mes membres pour me diriger vers elle, après avoir repris un peu de mon souffle même si tous mes muscles me font mal. Je brasse, encore, encore, toujours dans un temps qui me parait infini. Parfois, j’ai l’impression que je m’éloigne, d’autre que je me rapproche. Jusqu’à y parvenir enfin, jusqu’à accrocher une sangle du canot. Je tire et tire, me hisse à l’intérieur. Jasper. Et je n’ai jamais, jamais était aussi heureuse de voir ton visage, non, jamais. Pas même cette fois-là quand je t'ai retrouvé dans ce bar miteux.
Il m’aide et je m’écroule sur lui, toussant, crachotant. Le cœur tambourine à m’en déchirer la poitrine et je le palpe, je le touche, m’assure que c’est lui et vraiment lui. M’assure que ce n’est pas un rêve visant à me faire paraitre la mort plus douce. Je reste contre lui, trempée, les fringues dégoulinantes sur son ossature. Je bouge pas. Colle ma joue à la sienne. Dis rien, s’il te plait, dis rien. Laisse-moi profiter, laisse-moi reprendre mon souffle, laisse-moi me gorger de toi. Toi, que je pensais plus jamais revoir.
Et il me semble que l’on s’endort, bercés par les vagues qui secouent notre embarcation à de nombreuses reprises jusqu’à ce que ça cesse, jusqu’à ce que ça se calme.

C’est le cri des mouettes qui me tire de ce sommeil sans rêve. J’aurai préféré que tout ça ne soit qu’un cauchemar. J’aurai préféré me réveiller dans les draps en coton et me dire que j’avais halluciné tout ça. Toute cette merde, ce naufrage. Mais c’est pas le cas. Notre canot gonflable fait la gueule, il est si mou qu’on croirait qu’il va bientôt nous lâcher.
La menotte s’accroche au bras de Jasper, le tire des bras de Morphée.

« Jas’… Jas’… réveilles toi. »

Le large pour seule vision, l’étendue d’eau à perte de vue, ou peut-être pas vraiment. Je me retourne découvre une plage au loin. J’imagine qu’il nous faudra une bonne demi-heure de nage pour rejoindre ce lopin de terre. Ce bout d’île. Mais c’est toujours mieux que d’être à la dérive.



La nage fut laborieuse et difficile. On a tenté de s’approcher au maximum, se servant de nos bras comme pagaie avant d’abandonner l’embarcation qui nous épuise et qui n’avance pas bien vite.
On y arrive enfin, nos pieds et nos mains touchant le sable fin. Une immense plage bordant l’île nous recueille. Terre d’asile que j’embrasse de ma joue, totalement vidée de mes forces.
Le soleil de plomb nous fracasse. La gorge asséchée et l’estomac vide il nous faut bouger, faire quelque chose. Exit les téléphones portables qui, de toute façon, ont pris l’eau et ne capterait rien du tout dans cet endroit sordide. Du moins sordide… En apparence ça a tout de la parfaite petite île sur laquelle on se dit qu’il serait trop cool de tomber. Manque juste les bungalows, les serveurs et les transats. Bref, j’ai pas signé pour ça, moi.
Assise, le cul dans le sable, les yeux rivés sur l’océan, je pousse un profond soupir.

« On va forcément venir nous chercher. Je veux dire, ils doivent savoir que ce rafiot de merde a disparu des radars, on a dérivé quelques heures pas plusieurs jours, ouais. On va bien finir par nous trouver. » tente-je de nous convaincre.

« Faut qu’on trouve des trucs à bouffer, de l’eau, surtout de l’eau putain. J’ai le gosier sec et brûlé. »

Quand la petite escapade en croisière presque trop romantique tourne au drame…



On s’enfonce dans la forêt dense. Elle est étrangement silencieuse, c’est ce qui fait gronder ma bête. Un grognement qui résonne dans ma cage thoracique. Ça sent la merde. La merde à plein nez.

« Tu devrais retourner sur la plage Jasper… Trouver des branchages, rassembler des affaires qui trainent. » Et je me retourne vivement, les yeux luisants.
« Tu dois pas rester là. » et l’ordre claque entre mes lippes, ne lui laisse nullement le choix.

Je retire mes fringues et lui fou dans les bras en lui intimant de se barrer. De se barrer vraiment. Et dans cet état d’entre deux je sais me montrer convaincante. Parce que je grogne, que mes prunelles tempêtent et que j’ai le palpitant qui ouvre ma cage thoracique à l’en développer.

« VA T-EN ! » hurle-je cette fois.

Et il rebrousse chemin, Jasper. Parce que je ne lui laisse pas le choix de le faire. Parce que je vais te bouffer, possiblement, parce que j’ai faim. Le loup a faim, tu comprends ?
Ca gronde fort, très fort, les os craquent dans un tintement sinistre, lugubre. Ma carcasse se déploie, se transforme, devient cette bête immonde que beaucoup redoute. Et ils ont raison. Les pattes immenses reposent sur le sol, font craquer les brindilles et autres coquillages. Le monstre hume l’air. Et je cherche, cherche encore une odeur de viande, une odeur de sang. Je m’ancre au sol, la vision et l’odorat affûtés plus que n’importe quel humain ou chasseur. Le museau remue, fouille l’air et ses senteurs qui éclatent comme un cocktail, brouillant momentanément mon radar. Et j’entends. Les bruits de feuilles foulées par quatre pattes qui détalent. Je m’élance alors et il me semble que le sol tremble sous chacun de mes pas. Pas qui s’allongent jusqu’à ce que les mains rejoignent le sol pour supporter la centaine de kilos qui galopent. Il faudra quelques minutes pour retrouver la trace de l’animal. Un cochon. Mais un cochon ressemblant à un hérisson qui me pique la gueule quand les mâchoires se referment sur lui. L’animal n’a aucune chance face aux griffes qui étourdissent et défoncent la petite chose. L’instinct primaire, bestial, dicte de croquer un morceau de viande sanguinolent. Alors je croque dans la chair épaisse et tiède jusqu’à ce qu’il ne reste que la moitié de ce petite cochon hérisson. Moitié que je compte bien rapporter sur la plage…

~~~~

Jasper, il n’a pas eu d’autre choix que d’obtempérer s’il ne voulait pas finir en casse-croute pour sa belle et tendre. La nature dominante de la bête force à ce qu’on ne discute pas. Encore moins si on a pas dans l’idée de l’éventrer dans l’heure.
Alors il retourne sur la plage, vaque à quelques occupations. Et il ne voit pas tout de suite, ces trois nains qui tombent du haut des palmiers. Ils étaient cachés là depuis le début, dans l’attente.

Des arragousets.

Ils ont élus domicile sur cette île, lorsqu’un bateau les y a échoués. La population locale a tremblé face à l’arrivée de ces monstres. Monstres qui ont pris la vie des hommes, gardant jalousement les femmes pour qu’elles enfantent, pour qu’elles offrent à ces immondices, une belle descendance. Le village est caché au cœur de la forêt, là où vivent humaines et gosses depuis trois années maintenant. L’île a été rayée de toutes les cartes par les autorités compétentes. Ils préfèrent les voir loin, très loin ces monstres à la peau grise qu’ils ont chassés par miracle du continent.
Du haut de leur mètre quarante, ils possèdent la gueule d’un dragon, la langue sifflante d’un serpent. Le corps famélique recouvert de coquillages en guise d’armures. L’œil vif et rond, ils ne possèdent pourtant pas une excellente vision, encore moins le jour où tout leur apparait comme flou. Vindicatifs, belliqueux, les arragousets sont un petit peuple qui terrorise et pille chaque endroit dans lequel il atterrit. Ils exterminent le sexe masculin pour dominer auprès des femelles. Il arrive parfois qu’ils en gardent captifs quelques-uns, qu’ils engraissent et qu’ils asservissent comme de parfait petit sujet. Ces créatures craignent l’eau. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles sont confinées sur cette île avec l’incapacité de pouvoir s’en échapper.

Armes de fortune à la main, bâton sertie de pierres ou de coquillages – parfois les deux – ils s’approchent sans faire de bruit. Mais les langues sifflent et le chasseur à l’oreille fine. Et dire que sa compagne du jour se tape un délicieux festin pendant que lui rencontre les occupants de cette jolie petite île qui n’a de paradisiaque que le paysage...

« Allonge-toi, homme. Comment es-tu arrivé jusqu’ici ? – silence - PARLE ! » Tonne l’un d’eux qui apparait être le chef d’escouade en le menaçant vivement de son bâton de malheur.

Il regarde tout autour, ne trouve pas de bateau. Sa tête se penche légèrement sur la droite alors qu’il le dévisage et le renifle.

« Tu étais seul, l’humain ? »




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MessageSujet: Re: Caribbean Nightmares Ven 1 Sep - 18:36





« Jas’… Jas’… réveilles toi. »
« Hmphmm... mmquoi... »

Ses paupières se hissent lentement et il grimace lorsque le soleil lui décape les rétines. Rapidement, un retour en arrière se faufile dans sa caboche. Le bateau qui sombre, Lexie par-dessus bord... des vagues plein la gueule... le canot... Lexie qui revient... puis maintenant. J'aurais dû t'dire que j'étais pas intéressé par c'putain d'voyage. Ce qui aurait été faux, mais au moins, il aurait éviter toute cette merde. D'un autre côté, il se disait que c'était peut-être mieux, sans quoi il se serait inquiété pour elle à faire les cents pas dans la baraque, à ne plus avoir de ses nouvelles. Le retour à la réalité ne se fait pas attendre. Il comprend rapidement que le canot commence à ratatiner et l'eau à inonder. Raaaah fuck. Le voyage de rêve... au moins le paysage était sublime... et c'était la seule chose de bien. Vu l'état lamentable du canot, ils n'auraient pas le choix d'atteindre l'île à la nage. Bien qu'ils tentent d'approcher le bout de terre à bord de cette merde à moitié flottante, rapidement ils abandonnent l'idée. Grommelant, le blondin agrippe le sac de secours et plonge dans les eaux à la suite de Lexie. J'me suis trompé. Y a deux choses de positives, la première : le paysage. La deuxième : t'es toujours en vie et avec moi. Ça peut m'suffire pour le moment. Et la nage lui semble longue, trop même. Sans doute parce qu'il était épuisé et qu'il le ressentait dans ses muscles. Sa détermination et son instinct de survie lui procurent suffisamment d'énergie pour avancer sans trop ralentir.

À bout de force et complètement crevés, ils arrivent enfin à la plage. Maintenant, j'peux faire l'étoile et plus bouger ? Évidemment... que non. Ils allaient devoir chercher de l'eau et s'assurer d'avoir un abri pour cette nuit. Trouver de la bouffe aussi. Tandis que la brunette prend position assise, le chasseur se contente de se tourner sur le dos afin de reprendre son souffle et réfléchir.

« On va forcément venir nous chercher. Je veux dire, ils doivent savoir que ce rafiot de merde a disparu des radars, on a dérivé quelques heures pas plusieurs jours, ouais. On va bien finir par nous trouver... Faut qu’on trouve des trucs à bouffer, de l’eau, surtout de l’eau putain. J’ai le gosier sec et brûlé. »
« J'sais pas... mais t'as raison, faut chercher de l'eau potable. On peut survivre au moins trente jours sans bouffer... seulement trois sans boire... tout dépendant de notre tolérance à la déshydratation. Ça peut être moins... alors si on crève déjà d'soif... nos chances de survie sont minces. L'eau, notre priorité, le reste ensuite. », dit-il, seulement en constat des faits.

Et il fallait débuter les recherches maintenant, parce que ça risquait d'être long et pénible à trouver, une source d'eau sur une grande île dont ils ne connaissaient rien. Il y avait une autre option, c'est-à-dire créer un distillateur solaire. Mais pour le faire, il devait trouver un récipient et un bout de plastique. Ouais, faut juste que j'les trouve et ça peut être long pour seulement parvenir à cumuler assez d'eau pour une gorgée. Option de secours. Il était aussi possible de creuser un puits, mais il devrait au moins creuser un trou de deux mètres, sinon davantage, pour atteindre la nappe phréatique. Putain, j'ai l'temps d'crever séché comme un raisin sec. Il espérait vraiment qu'ils trouveraient un point d'eau, ça leur éviterait de s'épuiser et de se déshydrater plus rapidement...


******************************


« Tu devrais retourner sur la plage Jasper… Trouver des branchages, rassembler des affaires qui trainent. »
« J'crois pas, non. Faut trouver de l'eau avant, bébé. », réplique le blondin, un peu sèchement.

Putain, mais j'viens d'te dire que c'est important, rien à foutre des branches de fuck ! Non, il ne comprenait pas pourquoi elle tenait tant à... Elle se tourne en sa direction, les yeux luisants, en mode garou à en devenir.

« J'espère bien qu'tu t'fous d'ma gueule. », grommelle-t-il, blasé.
« Tu dois pas rester là... VA T-EN ! »
« Fuck, tu fais chier ! », siffle le blondin, furieux et impatient, rebroussant le chemin jusqu'à la plage, d'un pas vif et colérique.

De mauvaise humeur, et surtout assoiffé, il se met en tête de se débrouiller sans elle au risque de devenir cinglé. Visiblement, ils n'avaient pas les mêmes priorités en matière de survie. Okay, fais c'que tu veux, mais moi, j'vais pas attendre de crever d'soif. Déterminé, il se décide donc à se mettre en quête de récipients parmi les objets échoués provenant du bateau de croisière. Heureusement, beaucoup s'entassaient sur le sable fin, ce qui augmentait ses chances de mettre la main sur des trucs bien utiles. Une quinzaine de minutes passent et il parvient à trouver trois pots et un rouleau de pellicule plastique. C'est quoi son foutu problème grmph. Pour le reste, il allait trier plus tard. Puis comment elle me cause, en plus. J'essaye seulement d'nous démerder tss. Sa priorité restait de confectionner des distillateurs solaire. C'est pas parce qu'elle est garou qu'elle est obligée de m'aboyer dessus, fuck. J'la mord moi ?! J'ai sauté par dessus bord pour elle et tout c'que j'ai en retour, c'est que dalle, dégage ! Plus vite il les mettait en place, plus vite ils auraient de l'eau à boire. Eh bien, va chier ! J'vais la boire seul ma putain d'eau ! Il commence à creuser trois trous dans le sable. Une fois fait, il place un récipient dans chaque cratère et se redresse sur ses pieds dans l'idée d'aller chercher des feuilles humides. Il doit y en avoir, y a fait tempête toute la nuit. J'vais en trouver. S'apprêtant à prendre direction vers la forêt, il se fige dans ses mouvements, lorsqu'une voix derrière lui l'interpelle. Fronçant les sourcils, le blondin pivote sur lui-même pour faire face à...

« Trois p'tits... noodle-fish... », marmonne-t-il, haussant un sourcil tout en dévisageant les trois affreux à tour de rôle.
- Répond aux questions, humain !, s'égosille le meneur, brandissant son bout de bois à quelques millimètres de son nez.

Le blondin expulse un soupir agacé, davantage incommodé de se faire déranger alors qu'il s'apprêtait à faire quelque chose de constructif, que perplexe de réaliser qu'il avait devant lui trois bestioles avec une gueule de poisson qui parlaient et se la jouaient supers caïds de l'île. Des créatures qu'il n'avait jamais vu de sa vie. Pourtant... il ne cille pas et ne semble pas être contrarié par le portrait. C'est pas la première fois que j'vois des mochetés... y s'ressemblent tous, à force. D'un mouvement vif, il lui retire son bâton des mains et lui balance un bon coup de pied dans l'abdomen. Il vacille vers l'arrière et tombe le cul dans le sable. Instant où il s'élance et percute la perche à la tête des deux autres, qui vont rapidement rejoindre leur copain dans le bac à sable pour faire mumuse. Rapidement, le chasseur plaque un pied contre la gorge du leader, le menaçant de lui enfoncer son foutu bâton au travers de son gros orbite globuleux. Un simple regard suffit pour lui faire comprendre.

« J'suis pas d'humeur à m'faire chier par des sushis. Alors, j'vais être gentil si vous dégagez d'mon territoire. La prochaine fois que j'vois vos têtes de blobfish, j'les arrache puis j'grille votre carcasse pour la bouffer. »
- Ouh-ou-ouloulouuuu ! Nous avons compris ! Nous allons retourner vers notre peuple et ne plus vous importuner !, qu'il baragouine, faisant gigoter sa tête de morue.

Ce n'était que des paroles, parce qu'il était hors de question qu'il bouffe ces trois merdes là. Les tuer, ça j'ai pas d'problème. Le blondin se retire et les laisse se relever, les lorgnant platement, s'attendant à ce qu'ils décampent au plus vite... mais les trois restent figés devant lui, leur bouche de poisson grande ouverte et les yeux plus gros qu'ils ne l'étaient déjà. Putain, mais ils ont quoi là ?

« Vous avez quoi à m'regarder comme ça ? J'vous ai dit d'vous tirer d'ici ! »

Les deux suiveurs ne se font pas prier et prennent tangente vers la forêt, mais le meneur, quant à lui, reste scotché sur place, comme s'il assistait à un phénomène extraordinaire.

« T'attend quoi ? », rumine-t-il, foncièrement impatient.

Sans dire un mot, la mocheté lui pointe le bâton qu'il tient en main du bout de son doigt. Le blondin fronce les sourcils et tourne son visage pour observer... lorsqu'il bondit et crache une exclamation. Les yeux écarquillés, il dévisage cette chose qui s'extirpe hors de la perche comme par magie, ce qui ressemblait à un long et mince serpent... avec une tête pareille à la bestiole devant lui. On aurait dit une sorte de bijou argenté, dont l’œil de l'arragouset était une perle écarlate qui scintillait de façon étrange. Cette merde s'entortille rapidement autour de son bras droit et il ne parvient plus à la retirer.

« C'est quoi cette merde là ?! RETIRE-LE !! », qu'il gueule, lâchant la perche et s'acharnant à essayer de l'enlever.
- Désolé, mais il est trop tard !
« QUOI ?! Comment ça trop tard ! Tu vas m'enlever ça tout d'suite ! »
- Mais je ne peux pas, vous dis-je ! Notre grand dieu Uktu-Osluun vous a choisi ! Vous êtes le guerrier que nous attendons depuis toujours ! Bientôt, son essence se fusionnera à la vôtre et vous serez notre dieu vivant ! Celui qui nous guidera vers la révolution, vers la suprématie du peuple arragouset sur celui de l'homme ! GLOIRE À UKTU-OSLUUN !!!, finit par beugler la bestiole, sautillant sur place comme un... un poisson attardé !

J'devrais dire quoi là... ouhloufuckinglou ?!
Grmph.


************************************


Malheureusement pour la belle Lexie, elle s'était égarée un peu trop loin de la plage et sa forme bestiale n'était pas restée inaperçue par le peuple arragouset, dont le village était situé non loin de sa position. Rapidement, elle se retrouve cerclée d'une vingtaine de ces créatures, dont l'un d'eux n'hésite pas à utiliser son '' sceptre '' magique pour l'immobiliser et la forcer à reprendre son aspect humain. Certains arragousets avaient des capacités magiques, d'autres non. On racontait que les '' magiciens '' avaient été choisit par le dieu Uktu-Osluun, comme pions importants sur l'échiquier de ses desseins de grandeur. Les plus intelligents et rusés, sans doute. Sans perdre de temps, on s'active à lui enchaîner les poignets dans le dos et à refermer un lourd collier autour de son cou, collier rattaché à une laisse, qu'on tire sans ménager pour la faire avancer vers le village.

- Elle n'est pas comme les autres humaines. On devrait peut-être la tuer maintenant., dit l'un d'eux, lançant un regard suspicieux à la captive, présageant déjà qu'elle serait un problème.
'' Non, Kiglof. Nous devons demander à notre dieu au risque de nous attirer sa colère. Il est de retour parmi nous et c'est maintenant à lui de régner. Seul lui décidera du sort de la sauvageonne. ", réplique un autre, dévisageant l'intruse d'un gros œil qui se voulait menaçant.

Le reste du trajet se déroule en silence, tandis qu'ils arpentent les charmilles du village sous les regards à la fois curieux et craintifs des femmes, des enfants... et des mâles arragousets. Lexie n'a aucun choix de suivre au risque de se faire darder, soit par la lance affutée qui lui gratte entre les deux omoplates ou par un sortilège qui ne risquait pas de lui être très plaisant. Après une marche d'une quinzaine de minutes, ils arrivent enfin à ce qui ressemblait à une chapelle.

- Avance, sauvageonne ! Le dieu Uktu-Osluun nous attend !, siffle Kiglof, lui faisant ressentir le piquant de sa lance pour l'obliger à franchir les portes de l'établissement.

L'intérieur de la chapelle était de grandeur moyenne et avait appartenu à l'homme autrefois. Il y avait une artère principale, bordée de plusieurs rangées de banquettes en bois, que l'on n'utilisait plus pour prier, mais plutôt pour assister à des concertations importantes. Et là où devrait se trouver l'autel... était assit sur un trône fait d'étranges torsades de végétaux... le dieu Uktu-Osluun-Rhodes. Un grand blond qui avait un peu changé d'apparence. Si le côté gauche de son corps semblait normal, le côté droit, quant à lui, était désormais recouvert d'écailles d'une teinte ocre, impliquant aussi une partie de son visage. L'un de ses yeux était d'un azur beaucoup trop luminescent pour paraître normal. Pour le reste, il avait toujours deux jambes, deux bras, un visage humain. En résumé, il ressemblait à un mutant, mais d'aspect davantage humain que créature.

Le visage placide et pourvu d'une indifférence dérangeante, le nouveau dieu dévisage la prisonnière, que l'on pousse en sa direction...

- Prosterne-toi devant le dieu Uktu-Osluun, femme ! Dépêche-toi !

Impatient, l'arragouset assène un coup de pied derrière le genou de Lexie afin de l'obliger à s'agenouiller.

- Nous l'avons trouvé à la lisière du village, dieu suprême. Que devons-nous en faire ? J'ignore si elle est vraiment humaine.
« C'est pas une humaine... c'est une louve-garou... elle servira à rien, juste à nous emmerder... pas vrai, bébé ? », articule le blondin, esquissant un rictus moqueur. « Tuez-la. », finit-il par dire, aucunement affecté par le choix drastique qu'il venait de faire.

Non. Puisque désormais, Jasper Rhodes ne pensait plus comme un humain. Il pensait comme un dieu, une divinité suprême qui n'avait qu'un seul dessein, celui d'asservir l'humanité et de venger le peuple arragouset.

- Mais... en êtes-vous certain ? Regardez sa poitrine saillante. Elle pourrait nourrir au moins une dizaine d'enfants. Et en fabriquer beaucoup ! Comme vous le disiez, nous devons bâtir une armée, une très grande armée ! Nous avons besoin de femmes pour la procréation de notre espèce.

Le dieu reste silencieux quelques secondes, lorgnant la brunette d'un œil froid.

« T'as raison... elle pourra servir à quelque chose... j'verrai bien... », dit-il, la dévisageant un instant avant de reprendre, s'adressant à elle. « Dis-moi, beauté... pour quelle raison j'te laisserais en vie ? J'sais que t'es pas du genre à t'soumettre et si tu t'soumets pas, tu vas seulement être une épine dans l'pied... j'ai pas besoin d'ça. Ce sera quoi ?... La mort... ou la soumission ? »

Ouhloulou que j'suis chiant.





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Caribbean Nightmares

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