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Psychosis in Texas

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Chasseur de l'Elit Daemonia

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MessageSujet: Psychosis in Texas Sam 15 Avr - 17:51


 


Depuis cinq heures du mat' qu'il écoutait la télé, assit sur un lit crade, dans un petit motel crade, sur le bord d'une route crade du Texas. J'pige pas comment on peut dormir dans des lits aussi merdiques. On a l'impression qu'les ressorts nous défoncent le derche. C'était dur comme de la roche ces matelas, normal que la chambre coûtait presque rien pour une nuit. Il se demandait comment Jake avait fait pour dormir comme un gros bébé là-dedans. Jake c'est... bah c'est Jake. Pas grand chose à ajouter. Pour l'instant, il était seul dans la pièce, à bouffer des cheetos et à mater encore la télé. J'boufferais bien autre chose comme p'tit dej, mais y a pas de capt'n counch ici. D'la merde. Jake était dans la douche et il commençait à se demander s'il n'était pas dedans à se faire une branlette. Ça devait faire au moins quinze minutes qu'il entendait l'eau couler. Ou j'suis pas patient et j'ai envie de foutre-le-camp de c'motel pour bouffer quelque chose de bon. Il n'était pas très patient, mais il se forçait à l'être pour Jake. Après tout, c'était lui qui lui avait demandé de l'accompagner au Texas pour un contrat. Il aurait pu se démerder seul, mais il avait cru bon de faire un petit road trip avec lui. Les derniers mois, ils avaient eu tous les deux leurs emmerdes et s'étaient rarement croisés longtemps à la baraque. Passer un peu de temps ensemble loin de Salem, ça leur changerait les idées.

Tout en enfournant une grosse poignée de cheetos dans sa bouche, il change de canal à la télé pour l'arrêter aux nouvelles. Il n'y avait pas grand chose d'autre, alors autant regarder l'actualité pour passer le temps plutôt que de compter les taches de moisi dans le coin du mur. Il grimace un peu et porte attention à l'écran, là où une dame parle devant une maison entourée de banderoles jaunes. En arrière d'elle, on avait la vue sur une tondeuse un peu amochée. Ce détail aurait été insignifiant si elle ne venait pas de dire qu'un type avait tuer sa femme à coups de tondeuse sur la caboche. C'quoi, ils connaissent pas l'divorce à Amarillo ? Il se demandait comment il s'y était prit. Une tondeuse, c'était quand même pas léger comme machine. Il devait être vraiment furax. Sa femme l'a peut-être emmerder pour qu'il taille la haie et il s'est décidé d'lui tondre la gueule à la place. Au moins maintenant elle n'aurait plus besoin de s'épiler les sourcils. Un peu écœuré, il ferme la télé et réalise que Jake a terminé sa douche, l'eau coule plus.

« Hey, bro ! Si tu comptais visiter l'Texas après l'contrat, faut oublier Amarillo ! Y s'font l'amour à coups d'tondeuses à la gueule là-bas ! L'monde perd vraiment la tête... », finit-il par marmonner, blasé.

Dans son cas à elle, elle se l'est fait littéralement broyer. Pauv' femme. La porte de la salle de bains s'ouvre enfin et le blondin bondit automatiquement sur ses pieds, déjà prêt à partir. Il fronce les sourcils lorsqu'il voit que Jake n'est pas encore habillé, seulement avec une serviette autour de la taille.

« Comment, t'es pas encore prêt ? Faudrait partir bientôt pour Bastrop County, le p'tit monsieur Svenson nous attend pour midi dans un café là-bas. J'sais qu'c'est qu'une heure de route pour s'y rendre, mais faut arrêter faire le plein d'la bagnole puis acheter quelques trucs pour bouffer... j'vais aller fumer une clope dehors, j't'attends dans ma chérie. »

Sa chérie, sa bagnole. Pas compliqué à comprendre.


****************************


Lorsqu'il voit une station-service en bordure de route, il gare la charger à côté de la première pompe à essence. Après avoir éteint le moteur, il fouille dans son veston et tend à Jake un bout de papier un peu froissé.

« J'fais l'plein, tu vas chercher c'qui s'trouve là-dessus. Ah ouais, j'ai oublié d'écrire un pack de bières, mais j'crois pas qu'toi tu vas oublier. », dit-il en ricanant tout en s'extirpant hors de la voiture.

C'était comme ça qu'ils faisaient habituellement. C'était chacun leur tour de se taper les achats à la station-service déglinguée. J'suis bien content que ce soit pas mon tour, ça schlingue toujours les œufs pourri dans ces stations. Ils étaient sur une route plutôt désertique, entre deux villes. Pas beaucoup d'habitations, pas beaucoup de grand chose, finalement. Il regarde Jake s'éloigner tandis qu'il commence à faire le plein, regardant un peu le panorama environnant... assez vide de population. Il devait faire vingt bons degrés et le soleil tapait le crâne. Il était seulement dix heures du mat', ce serait sans doute plus chaud en après-midi. Une fois qu'il a terminé de remplir la voiture de carburant, il s'éloigne un peu pour se dégourdir les jambes, marchant jusqu'à la route. Franchement, il était content d'être ici avec Jake. Même si c'était seulement pour rouler des heures de temps en bagnole à écouter de la musique. C'était bien de le retrouver un peu. On a un contrat, mais on s'en fout de quelques p'tites pestas. Ce sera vite réglé. Même qu'on sait que dalle, peut-être que c'est rien. Si ça s'trouve, on pourra reprendre rapidement la route et relaxer. Le type qu'ils devaient rencontrer ne lui avait pas dit grand chose, sauf qu'il avait vu trois femmes plutôt moches déambuler chez lui et qu'elles avaient essayé de l'attaquer, quatre fois. Mais aucune idée. Des pestas ou des dames offensées. Ça ressemblait. Ils devaient aller le rencontrer et ensuite aller chez lui pour juger s'il y avait vraiment un cas ou non. En vérité, il avait passé près de lui dire de trouver quelqu'un d'autre pour son problème, mais en y pensant bien...

Il s'apprête à revenir sur ses pas lorsqu'il voit quelqu'un marcher au loin, en plein milieu de la route. Ce n'était pas vraiment le fait que cette personne marchait sur la route qui le démangeait puisqu'il y avait des voitures à chaque trois heures qui passaient, donc pas grands dangers. Non, c'était plutôt sa démarche. Il ne voyait pas très bien d'ici, c'était plutôt loin d'où il était, mais il avait l'impression que cette personne avait du mal à marcher en ligne droite. Il fronce un peu les sourcils et agacé, décide d'aller en sa direction. J'trouve ça chelou. L'instinct de chasseur, on ne pouvait rien y faire. Plus il s'avance sur la route et plus il n'aime pas ce qu'il voit. Putain, mais c'quoi... Une femme, vêtue d'une robe de chambre rose toute crasse, déchirée à plusieurs endroits, en pantoufles, les cheveux emmêlés... et... oh fuck. Il s'arrête d'un coup lorsqu'il comprend qu'il lui manque un bras, qu'il lui reste seulement un moignon qui pisse du sang partout. Il peut même voir un bout d'os, des nerfs et de la peau pendre mollement. Un côté de sa robe de chambre est maculé de sang encore poisseux. C'est vraiment moche ! Il reste quelques secondes immobile, les yeux écarquillés, et il se décide enfin à sprinter en sa direction. Lorsqu'il arrive à une dizaine de mètres de distance devant elle, elle se met à paniquer tout à coup et sort un flingue de nul part - bon il devait être déjà dans sa main, mais il n'avait pas remarqué, trop fixé sur le moignon écœurant - et le pointe sur lui en hurlant comme une folle hystérique.

- RESTE LÀ ! T'APPROCHE PAS D'MOI, FILS DE PUTE !
« Du calme, j'veux seulement t'aider ! Tu gerbes du sang partout de ton... de ton pas d'bras ! Ma bagnole est pas loin, j'vais t'déposer à un hosto ! »

Y a des hostos dans c'trou ? Il lève ses mains pour lui montrer qu'il n'avait pas l'intention de l'attaquer ou de lui causer du tort. Le moindre mouvement chelou, j'te tire dessus. J'sympathise pour ton moignon, mais faut pas pousser. Elle baisse lentement son arme et le blondin se détend un peu.

« C'est bien comme ça, j'te veux pas d'mal, j'veux juste t'aider... qui t'as fait ça ? », qu'il demande, essayant de s'avancer juste un peu, mais s'arrête lorsqu'il la voit se braquer à nouveau.

- J'crois que... j'me suis... échappé... la hache... sur le bras., marmonne-t-elle, d'une voix évasive, un peu éteinte.

Le blondin émet un petit rire grinçant. Elle devait être confuse, en état de choc, elle disait n'importe quoi. On s'échappait pas une hache sur un bras comme ça, par accident.

- Ça m'gratte, là... dans ma tête, ça m'gratte.
« Ouais, j'comprends... moi aussi ça m'gratterait quelque part si on m'avait.. couper un bras... humph... tu veux pas ranger ton flingue ? On va aller... »
- Ça m'gratte, ça m'gratte, ÇA M'GRATTE !!!
« Non... ouais, mais non, fais pas ça... tu vas te... »

Nerveux, il grimace alors qu'elle se cogne la tempe avec le canon du flingue, de plus en plus fort, pour lui montrer que ça lui grattait dans le crâne. Le truc, c'est qu'elle avait le doigt sur la détente et que...  BANG ! La détonation le fait sursauter, peu avant que du sang vienne lui gicler à la gueule. Les yeux exorbités, la bouche grande ouverte, il regarde la boule rose s'effondrer sur l'asphalte. Elle venait de... se flinguer la cervelle. Putain d'nouille de fuck ! Ce n'était pas la première fois qu'il était témoin de ce genre de conneries glauques, mais elle, elle battait le summum de la connerie ! Viens avec moi au Texas, Jake. Ça va être sympa. On va relaxer, s'payer du bon temps.... fuck this shit !!!

****************************

Pendant ce temps, à la station-service...

Tom Davis était un employé exemplaire. À chaque matin, il se levait à cinq heures, prenait sa douche, s'habillait convenablement de son uniforme de travail. Une chemise rayée. Toujours impeccablement propre. Il s'assurait que son épinglette reluise afin que les clients voient bien son nom. Tom. Tom Davis. Employé du mois quinze fois en deux ans. Je suis le roi de la station-service. Le roi. Toujours remplir les tablettes de stock. Jamais oublier de remplir. Toujours remplir. Bien remplir. Les clients. Faut remplir. Il cligne des paupières lorsque la porte s'ouvre et fait tinter les clochettes. Un client. C'est bien un client. Jake. Jake le client. Faut servir le client. Toujours. Sourire. Le chasseur s'approche du comptoir pour l'interroger sur quelques articles à trouver. Tom se redresse et affiche un grand sourire... un peu bizarre.

- Bonjour, monsieur ! Belle journée, non ? Vous tombez bien, aujourd'hui on fait des rabais !... Oh ! Vous allez trouvez tout ça au fond. Au fooooooooond., dit-il, toujours avec ce sourire... beaucoup trop extravagant pour l'expression de son regard terne. - Attendez m'sieur ! J'vais demander à Mindy de vous montrer ! MINDY, ESPÈCE DE SALOPE ! RAMÈNE TON CUL, Y A UN CLIENT QUI A BESOIN DE TOI !, qu'il beugle comme un enragé, pour ensuite... redevenir calme... et souriant... comme un robot. - Ce sera pas long. Mindy est une pute, juste bonne à se faire tuer, faut lui laisser du temps.

Mindy arrive et s'arrête près du chasseur, un grand sourire aux lèvres aussi, comme si de se faire traiter comme une traînée ne lui faisait pas un pli sur la différence. Mindy porte un joli tablier... couvert de sang. Son visage est maquillé de quelques gouttelettes écarlates encore fraîches. Elle sourit au client, parce qu'elle était une bonne employée aussi. Dans sa main, il y avait... une machette... très rouge.

- Bonjour, monsieur ! Belle journée, non ? Vous tombez bien, aujourd'hui on fait des rabais ! C'est deux têtes pour le prix d'une ! Vous trouverez tout ça dans la rangée du fond !, qu'elle lui dit, pointant vers les réfrigérateurs du fond, là où reposent... une série de têtes tranchées.

Il faudrait bien remplir les tablettes. Du stock. Il manque du stock. Je suis un employé modèle. Il faut couper des têtes. Plus de têtes. Des têtes. Toujours. Des têtes... beaucoup., se répète Tom, le regard... vide.



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Dernière édition par Jasper Rhodes le Jeu 29 Juin - 18:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Psychosis in Texas Lun 24 Avr - 5:40


 


Trois siècles. Trois... fucking siècles... pour aboutir debout dans une fucking douche à se brûler l'arrière de la nuque des jets sporadiques, à moitié bouchés par le calcaire. Dans un motel qui sent l'humidité et le renfermé, à croire que la femme de chambre est planquée en petits morceaux un peu partout sous les tapis tâchés. Immobile, il laisse l'eau glisser sur lui, bouge à peine le bassin pour que la rivière lui coule le long de la bite, qu'il s'amuse à secouer pour asperger les murs en marmonnant ce qui pourrait ressembler éventuellement à une chanson qui est restée collée dans son crâne. Ou les plaintes d'un chien qui agonise, c'est selon. L'eau n'est plus savonneuse depuis une bonne quinzaine de minutes... 15 minutes dans lesquelles il se perd dans les néants de sa pensée, où rien d'autre que le vide et le bourdonnement de l'eau qui s'écoule raisonnent dans sa caboche. Ça et les gémissements de chien agonisant. Détente. Hm. Si c'est possible d'atteindre un minimum de béatitude, loin de ses tourments, loin des obsessions qui le rongent depuis plusieurs mois, why not. Depuis un moment il ressentait une pression constante dans le creux de son estomac, comme une grosse diarrhée qui refuse de débloquer et bouche les tuyaux par en dedans. Le Lux, Eva... Abi', tout ce bordel dans sa vie qui était déjà bien assez mouvementé avant que Jasper et lui décident de poser leur cul dans une maison à Salem. La sorcière avait débarqué avec son ouragan et il devait maintenant refaire un abri de fortune avec les restes. Toutes les décisions qu'il prenait depuis la dernière année l'amènent fatalement au bout du ravin. Suffit juste de prendre un bon élan pour que la chute soit épique. En attendant, il avait accepté un contrat de merde au sud du pays. Un contrat sans fondement, d'un type un peu bizarre qui avait du mal à expliquer quel genre de truc le hantait. Juste qu'il avait peur et qu'il voulait payer pour que ça s'arrête. Ça sentait la fausse maison hantée à plein nez, des ratons-laveurs qui grattent dans les fondations. Ce genre de connerie qui prennent des proportions surnaturelles alors qu'elles n'en sont rien. En réalité, il aurait accepté n'importe quoi juste pour pouvoir reprendre la route avec Jas', comme avant. Quand y'avait que son frère, lui et le reste du monde... Loin de Salem, loin des emmerdes hors de contrôle... Ce contrat était un prétexte tellement évident qu'il ne se donnerait même pas la peine de le nier si le sujet venait à dérouler sur le tapis. Toi et moi, c'est tout c'qui compte.

" ...fuck... "

Jake ferme sèchement le robinet lorsque l'eau glacée vient lui baiser la raie. Il tire la serviette et se frotte les cheveux vigoureusement pendant que la voix de son frère en sourdine raisonne.

" Hey, bro ! Si tu comptais visiter l'Texas après l'contrat, faut oublier Amarillo ! Y s'font l'amour à coups d'tondeuses à la gueule là-bas ! L'monde perd vraiment la tête... "

Le chasseur pousse la porte, les sourcils froncés d'interrogation en tournant le regard vers l'écran noir de la télé, tirant sur le nœud de sa serviette autour de sa taille. Des... tondeuses, wtf... Hm. Faut dire que c'est pas le redneck qui manque dans l'coin. Après, y'a plus grand chose qui l'étonne surtout dans ce trou où tous les paumés du Texas semblent être venus bâtir leur shack et pour vivre dans une communauté de wtfuckers.

" Hm. Normal, vue la gueule qu'ils ont dans l'coin. Regarde juste le gars qui nous a donné notre clé... deux trois coups de tondeuse ça lui nuirait pas... juste de quoi y r'mettre les yeux dans les orbites et lui enlever un peu d'gras autour du cou... trois autres cheese burger de plus et il pourra plus respirer anyway... il avait des souliers à velcro et le zipper ouvert... Encore heureux qu'il se promène pas en style commando... " un bon parti, en somme.

Jasper finit par s'impatienter, pour changer, il en profite pour lui rabattre les oreilles avec le planning, comme si il avait tout oublié en se crossant dans la douche. Il se contente d'hocher la tête en s'étirant pour coulisser le déo sur son dessous d'bras, l'air presque blasé. C'est pas comme si ils étaient si pressés par le temps, et puis si le type devait se faire buter par ses fantômes, ils auraient qu'à aller se servir sur son cadavre. Haha. Hm. Jake rassemble son équipement, l'inspecte rapidement avant d'aller rejoindre Jasper en s'allumant une cigarette après avoir poussé ses lunettes contre son nez. Copilote de son bro', qui a déjà commencé à réchauffer sa chérie. La musique hurle par les fenêtres baissées, Jake pose son coude contre le rebord et souffle la fumée vers la route couverte de poussière balayée par le vent. What a lovely day.

****************************

...deux sandwichs à un truc pas trop moisi... hm... deux boîtes de wolf bang bang chili... ah ouais, pour passer l'aprèm sur l'bord d'la route, les culottes aux chevilles à s'vider comme des sprinklers en espérant pas chier trop fort sur un nid de fourmis rouges... quoi d'autre... quatre paquets de Mr. Noodles au poulet épicé... wtf... deux sacs de chips, une boîte de... hm... capitaine crounch et un litre de lait. Really... ?  

Jake froisse la liste donnée par Jasper dans son poing serré alors qu'il pousse la porte.

Di-ding.

Pas d'doute, y'a une odeur qui schlingue, assez pour lui attaquer les narines violemment. Assez pour qu'il retrousse le nez et fronce les sourcils pendant qu'il zieute rapidement le magasin. On dirait un mélange de javellisant, de citron et viscères séchés au soleil. Soudainement, les espoirs de trouver de la viande fraiche dans l'coin devient de moins en moins probable. Son expression semi-neutre, semi-dégoûtée ne se dissipe pas devant la gueule trop souriante du gars perché derrière le comptoir. Un contraste assez divertissant d'un point de vue extérieur, mais qui emmerde pas mal le chasseur qui a pas envie de se faire offrir 400 produits complémentaires en rabais cette semaine. Sourire autant, c'est presque inhumain... Personne nait aussi heureux.

" ...les conserves, c'est où. " parce que j'ai pas l'intention de passer plus de cinq minutes ici, mine de rien.
- Bonjour, monsieur ! Belle journée, non ? " dit Tom, le prénom sur l'étiquette accrochée à sa chemise. " Vous tombez bien, aujourd'hui on fait des rabais !... Oh ! Vous allez trouvez tout ça au fond. Au fooooooooond.
- Hm. "

Il hoche la tête sans cesser de dévisager ce connard souriant ne croyant pas qu'il devrait conclure cet échange autrement... pourtant... il a à peine tourner les talons pour prendre la direction indiquée que Tom en rajoute une couche.

" Attendez m'sieur ! J'vais demander à Mindy de vous montrer ! MINDY, ESPÈCE DE SALOPE ! RAMÈNE TON CUL, Y A UN CLIENT QUI A BESOIN DE TOI !, son hurlement est si violent que le chasseur s'immobilise puis tourne la tête... lentement... pour lui envoyer une œillade mauvaise par dessus son épaule. " Ce sera pas long. Mindy est une pute, juste bonne à se faire tuer, faut lui laisser du temps. "

Le chasseur cligne des yeux. Deux fois. Juste pour se répéter mentalement ce que ce connard de Tom vient de dire, comme si le fait de sourciller allait soudainement donner un sens à ses paroles. Comme si il doutait de ce qu'il venait d'entendre. Pourtant, ça avait l'mérite d'être clair. Dire qu'il se plaignait de M. Ming... Son attention bifurque aussitôt sur la donzelle qui apparaît, dans ses plus beaux atours. C'est du sang, ça, partout sur le tablier qu'elle porte, pas d'la peinture à numéro... C'est drôle, mais il avait pas remarqué de comptoir de prêts-à-emporter qui justifiait toute cette merde qui la barbouillait... Les orbes sombres du chasseur se faufilent sur la machette... puis remontent vers le visage de Mindy. Lentement. Très. Très lentement. Qu'est-ce qu'il y a... au fond de ton fuckin' magasin... Tom... j'croyais qu'on était potes.

" Bonjour, monsieur ! Belle journée, non ? Vous tombez bien, aujourd'hui on fait des rabais ! C'est deux têtes pour le prix d'une ! Vous trouverez tout ça dans la rangée du fond !
- ...Hm. Des têtes. Justement. C'est c'que j'cherchais. "

Il étire un sourire extrêmement las à Mindy dont les prunelles claires s'illuminent comme des lumières de Noël. Jake fait un mouvement du bras, faisant signe à la donzelle de passer la première. Il marche derrière elle, sans la quitter du regard, sentant déjà le sang boosté d'adrénaline pulser dans ses veines. Il lève le regard furtivement la vitrine qui donne sur l'extérieur, vers la charger stationnée près d'une pompe à essence... pourvu que ta chérie soit prête à décoller dans les trente prochaines secondes....

" Nous y voici, nous avons tout un choix de têtes de première qualité : des blondes des brunes, des vieilles, des chauves, des bridées et des plissées. Satisfaire les besoins de nos clients est une priorité. Le client est Roi ! "

Jake plisse furtivement un œil, la mâchoire serrée devant les têtes humaines savamment détachées de leur corps, alignées sur les tablettes réfrigérées. Pas de lait... mais beaucoup de gueules aux orbes livides. What... the... fuckin'... fuck. Et même si il devait être le dernier des tarés... il ferait quoi avec deux fuckin' têtes humaines !? En racler une pour s'en servir de bol à popcorns et l'autre pour foutre ses pieds devant la télé !? ......... il le sent, là. Juste derrière lui. Le parfum de son gel douche, il peut presque sentir l'odeur du dentifrice qui lui a permis de rendre ce sourire bien trop blanc. Tom. Le chasseur se tourne vers lui, tout aussi lentement...

" Il y a un espace, monsieur. Un espace libre. UN ESPACE INACCEPTABLE SUR CETTE TABLETTE... MONSIEUR ! L'ESPACE DOIT ÊTRE COMBLÉ, MONSIEUR ! "

FUCK. Jake accroche le poignet de cette pute de Mindy, la tire violemment contre lui au moment où Tom abat son hachoir sur lui. Un hoquet s'échappe de la donzelle lorsque la lame lui perfore la chair entre les omoplates. D'un mouvement sec, le chasseur percute la gueule du caissier avec le manche de la machette de Mindy, caissier qui avait pris soin d'enfiler un tablier d'un blanc immaculé. Jake arrache l'arme des mains de la donzelle avant de lui faire poper la tête d'un mouvement parfait, soigneusement calculé. La tête hébétée de la folle roule sur le sol près de Tom qui se met à hurler.

" QU'EST-CE QUE J'DISAIS ! BONNE À SE FAIRE TUER ! HAHAHAHAHA !!! "

Jake grimace avant de prendre un élan et d'enfoncer la machette en plein dans sa tronche du cinglé. Il pose la semelle de sa botte contre sa gorge puis retire la lame d'un sluuuuck ragoutant. Il s'élance à nouveau, pour défoncer la gueule de Tom, une partie de son abdomen, il le hache, comme du bon steak haché. Partout sur tes tablettes, 2 lbs pour le prix d'une. Jake fait un mouvement de recul, le souffle haletant, les nasaux aspirant l'air sauvagement, du sang plein la gueule. Les trois premiers coups pour l'abattre, le reste pour le plaisir. Il regarde autour de lui puis s'avance rapidement vers la porte du backstore. Jake pousse la porte pour se retrouver dans un bureau. Plusieurs photos accrochées au mur. Des gens filmés à leur insu. Il ne prend pas le temps de regarder, il tire sur les écrans, arrache quelques fils... puis balance des coups de machette dans le système de surveillance, histoire que sa gueule fasse pas le tour des États-Unis avec tout ce que ça implique. Et maintenant, il doit foutre le camp avant que Jasper se décide à entrer...

" Huuu-huuuuummm !!!!! "

Cris. Gémissements. Plaintes. C'est féminin, ça semble prisonnier. Il y a quelque chose de l'autre coté de la porte battante, là au fond de la pièce. Pas le temps pour ça... fuck... Jake hésite une seconde avant de pousser la battante du bout des doigts. Il considère avec un certain dégoût ce qui se trouve derrière : une jeune femme, brune, les vêtements et déchirés par endroits, ligotée au sol. Une donzelle probablement séduisante et affirmée avant que les bouffeurs de tête décident de lui tomber dessus. L'odeur de sang séché percute les narines du chasseur. Autour de la captive, des étagères, des ustensiles de cuisine... des couteaux... des hachoirs... et un comptoir trop peu hygiénique. La jeune femme s'affole en le voyant débarquer, surement à cause de Tom qui lui barbouille la gueule. Elle remonte les genoux vers elle et s'adosse sur le mur comme si elle voulait se fusionner pour disparaître. Jake s'avance pour tirer le bâillon imbibé de morve qui lui couvre la bouche.

" ...pitié... pitié ne m'faites pas d'mal... le boucher... le boucher... il... il va revenir... il va revenir pour moi... il sera très en colère si vous me touchez... je vous en prie... me faites pas d'mal sinon il va me punir... " elle le supplie en se balançant furtivement de l'avant vers l'arrière.

Depuis combien de temps elle est là... et pourquoi sa tête est pas sur les tablettes comme les autres... ? Détonation. Ça vient de l'extérieur... Jasper. Jake prend une autre inspiration furieuse puis défait les liens qui entravaient la donzelle. Il la pousse et la tire avec lui, la trainant comme une poupée désarticulée, elle qui visiblement avait de grosses faiblesses musculaires après sa trop longue période de captivité. Si son intention était de laisser la donzelle se démerder avec ses problèmes une fois dehors, voilà que la pedovan blanche rouillée aux vitrines teintées s'immobilise sur le coté de la station, les freins hurlants.

" Nonnn ! nooooonn " qu'elle se met à gémir, ses genoux fléchissent.
- Plus vite. " fuck, tu vas pas m'faire un malaise en plus. " BRO' !! " mais Jasper est déjà en train de courir vers la bagnole lui aussi, à son grand soulagement. Bien vivant.
- Non ! PITIÉ NON !
- Chut ! "

Jake la tire si fort qu'elle semble flotte près de lui. Ferme ta gueule, tu vas nous faire repérer. Jasper lui poserait surement 10 000 questions si ils avaient pas la même gueule. Les deux chasseurs glissent rapidement leur cul dans la charger, Jake balance la donzelle sur le siège arrière sans grande délicatesse. Les pneus mordent dans le bitume, la bagnole les amène loin du marché des enculés. Quelque chose cogne. Un bout d'cadavre sous les roues... Son regard s'étire lentement sur Jasper. J'suis pas certain de vouloir savoir qui était cette pute... et c'que tu lui a fait pour qu'elle s'explose le crâne... Le chasseur s'étire pour armer son arbalète, sans délaisser les miroirs du regard. Qu'est-ce qui s'passe dans ce trou d'merde, FUCK. Quelques secondes silencieuses leur permettent de faire tomber l'adrénaline.

" Y'avait pas d'conserves. Juste des têtes coupées. J'ai ramené ça. " il désigne la fille d'un mouvement du menton. " Qu'est-ce qui s'passe ici... fuck. " une question, adressée à la donzelle. Et il espère pas lui avoir sauvé le cul pour se faire répondre 'j'en sais rien'. Elle fixe le vide, les orbes ronds, ses bras refermés contre son corps tremblant. Assise sur le bout du siège, elle sursaute presque, levant son regard bouffi et effrayé vers le chasseur qui l'intimide par sa simple intonation. Elle geint avant d'articuler d'une voix creuse pleine de sanglots et de ramener son regard sur le plancher.

" ...le boucher... je devais travailler pour lui... il a dit... il a dit que je serais une bonne apprentie... que j'étais douée... il... il était... si gentil...et puis... j'ai vu... j'ai vu ses gens... il y a quelque chose ici, quelque chose qui change les gens... j'ai voulu m'enfuir, mais il a dit... il a dit que j'étais de la mauvaise viande... pas assez grasse... que je devais m'attendrir... puis, il s'est mis à faire toutes ses choses... toutes ces horribles choses... "


Plus de paroles, justes des pleurs. Jake soupire, agacé.

" ...je... je dois y retourner.
- Où.
- ...je dois retourner dans l'atelier du boucher... il faut... il faut que j'y aille. Sinon il va me retrouver et il va me punir. S'il vous plait, faites demi-tour...
- Non.
- Pitié. Pitié, j'vous en supplie, ramenez-moi là-bas... si j'y retourne maintenant, peut-être qu'il me pardonnera... peut-être qu'il sera clément... j'vous en supplie, ramenez-moi avant qu'il soit trop tard...
- C'est ça. Peut-être qu'il t'attendra avec un dîner aux chandelles. Ça tombe bien, y'a justement trois cents livres de viande fraichement coupée dans son fuckin' magasin...
- Mais...
- On y retourne pas. C'est pas compliqué à comprendre. Rien à foutre, de ton boucher. Fin d'la discussion. "

Jake inspire l'air. Pour se calmer. Pour résister à l'envie de la kicker out de la bagnole en marche. Y'a des limites à stockholmer comme une merde. Jake a l'oreille distraite, il tourne furtivement le miroir à sa droite pour y voir le reflet de la jeune femme, elle qui, immobile, qui se morfond dans ses tourments, la tête penchée, les épaules sautantes...

Au bout de longues minutes, la donzelle finit par se redresser lentement, le menton levé. Ses mains détachent lentement les boutons de son haut malmené qu'elle s'affaire à retirer. Jake fronce les sourcils en la voyant s'agiter, les prunelles fixées sur son petit manège. Une mine presque horrifiée le défigure lorsqu'elle dévoile sa poitrine mutilée où les deux mamelons ont été soigneusement découpés, laissant place à deux trous cautérisés.

Elle se met à hurler. Presque démente. Clairement tourmentée. Elle se jette sur Jasper qui est au volant, s'affaire à lui faire perdre le contrôle du véhicule en le tirant de toutes ses forces lui puis le volant. FUCK. Jake la tire alors qu'elle plante ses dents dans l'épaule du blond. Jake la ramasse par la tignasse, un coup de coude dans sa jolie gueule lui éteint les lumières. Quelque chose apparait sur la route. Sans doute trop rapidement pour que Jasper ait repris ses esprits et parvienne à l'éviter à temps...

...et tout devient noir.

****************************

" Mademoiselle Agathe ! Regardez, je crois qu'il revient à lui.
- De l'eau, vite ! Apportez-lui de l'eau ma chère ! " la blondinette s'exécute tandis que la grand-mère se donne une nouvelle poussée sur sa chaise berçante. Lui donnant un rythme ridiculement exagéré de haut en bas... à croire qu'elle rebondir à chaque va-et-vient pour aller s'éclater ses restants de dents sur le plancher de bois. La chaise grince outrageusement, mais ça ne semble emmerder personne. " Pauvre enfant. Vous revenez de loin mon petit... Heureusement que nous vous avons trouvé, échoué dans l'un de nos immense fossé au bout de nos terres !... qu'auriez-vous fait, seul au monde... !? "

En effet, Jasper était seul. Aucune trace de Jake ou de la donzelle démamelonnisée. Juste une veille au nez crochu, aux cheveux d'argent qui se balance sur sa fuckin' rocking chair en se donnant un élan du bout de sa canne en bois sec. Jasper est étendu sur le divan turquoise, habillé de vêtements qui sont ceux d'Ernest, le défunt mari de la vieille, dans un salon où les antiquités s'accumulent, la propriétaire des lieux y compris. Dehors, des champs. Des bâtiments de ferme. La jeune femme revient avec un pichet d'eau, se penchant au dessus du chasseur pour lui tendre un verre si bien servi et une vue panoramique sur les attraits locaux par la même occasion. Elle l'abreuve doucement, étirant un large sourire.  

" Par chance, vous êtes saint et sauf. Un p'tit biscuit... ?"

Le regard azuré de la donzelle s'immisce dans celui de Jasper alors qu'elle s'empare d'un plateau posé sur la table basse pour le lui tendre. Friand de succulentes pâtisseries dont des biscuits au chocolat. Un sourire presque pervers la défigure alors qu'elle insiste.

" ...à moins que vous préfériez prendre l'une de mes miches chaudes... dans votre bouche...
- Allons Francesca... ! Les biscuits... c'est pour le dessert ! ... et le dîner sera prêt dans quelques minutes... Vous devez mourir de faim, mon petit ! Vous vous joignez à nous ! Oui ! Oui, vous êtes notre invité et vous devez reprendre des forces. N'est-ce pas, Francy...?
- Oh, ça oui, grand-mère. Il devra reprendre toutes... ses... forces... " conclut la belle en mordant langoureusement sa lèvre entre ses dents.

La vielle se réjouit dans son dentier. Visiblement, elle n'a pas le même genre d'appétit à rassasier que sa sulfureuse petite-fille...

****************************

" Hmgnh... " grogne Jake.

Une énième goutte d'humidité vient exploser au milieu de son front, l'obligeant à secouer la tête d'énervement. Il roule sur le côté, restreint par un tintement métallique. Les souvenirs reviennent s'emboîter, autant que sa caboche douloureuse le lui permet. Dans la pénombre, ses yeux ont du mal à s'adapter. Il ne voit valser que des points lumineux et multicolores occasionnés par la pression sur son crâne. Le rythme régulier d'une respiration lui indique la présence d'une autre personne avec lui. Le chasseur étire lentement la main pour l'atteindre. Ses doigts s'écorchent sur la surface raboteuse d'un tissu cicatriciel. FUCK. Jake ramène sa main à lui. C'est l'amoureuse du boucher. Inconsciente, sans doute dans le même état que lui... attachée à des chaines comme on attache les animaux imprévisibles. Il tente de se relever, mais le plafond est trop bas pour qu'il puisse tenir debout facilement. Une vieille cave, voilà où il est enfermé. Et Jasper, il est enfermé où ? La colère monte. À l'idée que son frère soit en danger. Parce que si il était mort, j'le saurais. Le chasseur s'active, chercher une arme au sol, de quoi se défendre parce qu'il se sait dépouillé, seulement vêtu de son jeans. On a même pris mes bottes.

Promis bro' la prochaine fois j'nous trouve un contrat au soleil...



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MessageSujet: Re: Psychosis in Texas Ven 2 Juin - 17:59





Il commençait à se demander s'il n'y avait pas un asile dans les parages. Ça expliquerait pourquoi y a plein de dingues qui s'balladent. Ils auraient pu choisir une autre journée pour l'évasion d'masse. Fucking freaks. L'épisode de la folle au moignon l'avait rendu nerveux et maintenant... l'autre cinglée sur la banquette arrière qui chialait en racontant un paquet de fucking conneries, ne l'aidait pas à se détendre. Le blondin reste silencieux, mais écoute l'échange entre Jake... et crazy thing. Il ne captait absolument rien de ce qu'elle baragouinait. Un boucher, un truc qui change les gens, de la viande pas assez grasse, boucher pas content, méchant boucher. Le temps de quelques secondes, il adresse un regard en biais à Jake, voulant dire : putain, mais balance là dehors, tu vois bien qu'elle veut y retourner, j'suis pas contre l'idée moi ! Ce qui était assez amusant si on songeait qu'habituellement, c'était plutôt Jake qui lui adressait ces regards là. Ouais okay, mais on fout quoi maintenant, bro ? C'était une bonne question, mais un peu difficile d'y répondre alors qu'ils avaient aucune idée de ce qui se tramait en ce moment. C'est con, mais j'ai presque envie d'retourner chez nous. La bagnole roule en silence, ce qui lui permet de se calmer un peu les nerfs et de réfléchir... jusqu'à ce que la folle se mette à hurler comme une hystérique. Le blondin sursaute et dirige son regard alarmé vers le rétroviseur. Et ce qu'il voit, c'est...

« Oh shit, no tits !!! », qu'il lâche sans pouvoir se retenir.

Au moins, j'peux faire une rime avec cette merde. Les yeux écarquillés, aussi choqué que Jake, il décide de seulement se concentrer sur la route au risque de rester avec cette image moche dans la tête le reste de ses jours. C'est décidé, plus jamais j'reviens au Texas ! Ils ont même pas de tits ici ! Ironique, mais quand même vrai pour l'instant.

« J'espère qu'elle va s'calmer parce que... RrrRRraaah Fffffuuuuck ! », qu'il finit par gueuler tandis qu'elle saute sur lui par derrière et qu'elle lui fait perdre la maîtrise du volant.

Et elle le mord à l'épaule cette cinglée ! Il tente de se dégager, mais impossible dans cette position. Jake parvient enfin à la tirer d'un coup sec, ce qui lui permet de reprendre le contrôle du volant... mais trop tard. Une voiture lui coupe le passage, sortant soudainement hors d'un bosquet d'arbres sur le côté de la route. Il donne un coup de volant à la dernière seconde pour l'éviter. Après, aucune idée si la manœuvre fonctionne ou non.

C'est le plongeon vers l'abime de l'inconscience qui lui baise la gueule...


******************************


Lorsqu'il émerge, il n'est plus dans la bagnole, mais sur un divan turquoise - vraiment à chier -, quelque part dans une baraque qu'il ne connaissait pas. Avec des personnes qu'il ne connaissait pas. Et avec des vêtements - aussi à chier que le divan - sur le dos. Il cligne à maintes reprises des paupières histoire de bien reprendre ses esprits, même s'il avait l'impression que sa tête allait lui fendre en deux, et tente de bien détailler ce qui l'entoure. Il voit une vieille biquette qui grince dans sa chaise berçante, puis une femme, plus jeune et quand même jolie, qui bouge un peu trop dans tous les sens. Putain, tu peux pas t'assoir un peu ? Tu m'donnes le tourni.

" Pauvre enfant. Vous revenez de loin mon petit... Heureusement que nous vous avons trouvé, échoué dans l'un de nos immense fossé au bout de nos terres !... qu'auriez-vous fait, seul au monde... !? "
« J'suis pas seul... mon frère... il était avec moi dans la bagnole... il est où ?... »

Il se souvenait bien. Il y avait Jake et l'autre folle sans tits. Mais l'autre, rien à foutre. Il se redresse tant bien que mal en position assise et s'attend à une réponse à sa question... qui ne vient pas. La biquette semble carrément l'ignorer... ou elle est sourde comme un pot. Le chasseur grimace, agacé, mais tente de rester calme et d'analyser la situation. La blondine revient dans la pièce avec un pichet d'eau, un verre bien rempli, et plutôt que de lui donner dans les mains, elle s'incline en sa direction - boobs offerts à son regard - et lui fait boire elle-même. J'sais pas pourquoi, mais t'as pas l'air commode toi. Peut-être parce qu'elle lui faisait des yeux aguicheurs et un sourire... pas net. Malgré tout, il en boit une bonne gorgée, le gosier trop sèche pour s'en priver. C'est moi ou cette eau là goûte bizarre ? Elle devait être aussi vieille que la baraque.

" Par chance, vous êtes saint et sauf. Un p'tit biscuit... ?"
« Non... non, j'ai pas faim... »
" ...à moins que vous préfériez prendre l'une de mes miches chaudes... dans votre bouche...

Le blondin hausse un sourcil et la dévisage. T'as pas honte d'me draguer devant mémé ? Mémé ou pas, ses miches, il n'en voulait pas. Ces gens étaient chelous déjà, à le ramener chez eux plutôt qu'à l'hosto, si on ne comptait pas que Jake était aux abonnés absent...

- Allons Francesca... ! Les biscuits... c'est pour le dessert ! ... et le dîner sera prêt dans quelques minutes... Vous devez mourir de faim, mon petit ! Vous vous joignez à nous ! Oui ! Oui, vous êtes notre invité et vous devez reprendre des forces. N'est-ce pas, Francy...?
- Oh, ça oui, grand-mère. Il devra reprendre toutes... ses... forces... "

La Francesca nympho se mordille la lèvre tout en lui adressant un regard enjôleur et pour la première fois de sa vie, il n'avait pas spécialement envie de répondre à ses avances. J'suis pas chaud à l'idée et si ça s'trouve, t'as pas de tits toi non plus. Il n'avait franchement pas la tête à vouloir se taper une blondie, ni même une brunette sexy, il voulait seulement savoir où était Jake et s'il allait bien.

- Dis, mamie ! Moi et mon nouveau chéri, on peut aller jouer dans la chambre avant le repas ? Il est de notre famille maintenant, j'aimerais qu'il... s'introduise... bien... profond... en... moi...

Ah merde. Pourquoi faut toujours qu'on m'donne raison ? Combien de chances il y avait que ces gens là soient bien dans leur tête ? Aucune.

- Oh, mais évidemment, Francy chérie ! Va jouer avec son kéké ! Papy et Wilfred préparent à manger, vous serez prévenu quand ce sera prêt !
- Tu viens ? Nous allons jouer, tous les deux..., lui dit Nymphowoman en battant des cils, lui tirant le bras pour qu'il se lève et la suive.

La seule façon de faire pour l'instant, c'était de la jouer stratégiquement. Il n'avait pas d'armes à disposition, ignorait combien ils étaient au total dans la baraque, et ne savait pas non plus à quel degré ces fous étaient débiles. Le plus important : il ne savait pas où était planqué Jake et pour le savoir, il fallait qu'il soutire des réponses à la blonde plantureuse. Justement, c'était l'occasion idéale pour le faire, alors qu'ils allaient tous les deux être en retrait. Et si tu m'donnes pas les réponses que j'veux, eh bien... j'vais briser ta p'tite gueule d'allumeuse. Bon plan. Sans résister, le cadet Rhodes se laisse entraîner à l'étage et rapidement elle le guide vers la chambre des maîtres. Une fois la porte fermée, elle ne tarde pas à le plaquer contre le mur pour ensuite l'embrasser comme une affamée. Il la laisse faire et répond même au baiser, non pas parce qu'il en avait envie, mais plutôt pour jouer le jeu. Lentement, il écarte son visage et émet un rire faussement amusé.

« Doucement, princesse... tu veux pas précipiter les choses... c'est bien meilleur quand on prend l'temps... mais dis-moi... le type qui était avec moi dans la bagnole... tu sais où il est ? », susurre-t-il chaudement à son oreille, laissant glisser ses lèvres contre l'épiderme soyeux de son cou.
- Quel... type ?, qu'elle gémit, avant de reprendre. - Oh... tu parles de... du grand costaud... cheveux brun... tu parles de... lui ?
« C'est bien lui... alors ? », s'enquit-il, glissant sa main sous sa chevelure, la posant délicatement sur sa nuque, caressant ses lèvres des siennes.
- Je... ooh... je crois... je crois qu'il doit... il doit être mort maintenant...

Temps mort. Le blondin se braque et cesse de bouger. Son visage s'affaisse, instant où son cœur fait un tour dans un mauvais angle.

« Qu'est-ce que... t'as dit ? »
- J'ai dit qu'il est probablement mort... mais j'en sais rien... je sais seulement qu'il ne vivra pas longtemps !, dit-elle en gloussant comme une tarée.

Elle n'a pas le temps de rire bien longtemps puisqu'il lui percute sèchement la tête contre le mur. Elle tombe lourdement au sol, le front fendu, et ne bouge plus. Sans perdre de temps, il fouille l'étage au grand complet, restant tout de même discret pour ne pas alarmer la famille de freaks en bas. Mais rien. Aucun signe de Jake. Il redescend en bas, marchant sur des œufs, et se dirige lentement vers la porte menant au sous-sol en se disant que Jake devait être là, la seule place où il n'avait pas regardé. Il arrive presque à poser sa main sur la poignée, lorsqu'il perçoit du mouvement en provenance de la salle à manger, juste à côté. Quelqu'un s'apprêtait à en sortir. Fuck !!! Rapidement, il rebrousse le chemin et se plaque le dos contre le mur adjacent pour ne pas se faire repérer. Sur les nerfs et impatient, ses mâchoires se crispent et son regard se dirige vers la porte d'entrée. Sans attendre, il sort à l'extérieur et referme doucement la porte derrière lui. Tiens bon, bro. J'vais t'sortir de là. J'sais que t'es vivant. Laisse-moi seulement l'temps de trouver une arme que j'les bute, ensuite j'te sors de cette merde et on s'en va de cette fucking ville.

Son regard s'empresse de faire un tour d'horizon, cherchant à repérer soit une arme ou soit sa bagnole. Et il le voit... le cul de sa charger. Elle est là, garée dans la grange. J'te baiserais tellement j'suis content d'te voir ! Façon de parler. Il amorce un sprint vers sa chérie - qui semblait un peu amochée sur le côté droit -, mais plus il avance dans sa course... et plus il ralenti... jusqu'à s'immobiliser à quelques mètres de distance. Les yeux écarquillés, le palpitant sur le point de lui défoncer le poitrail, il dévisage... cette longue traînée de sang qui trace un chemin grossier jusqu'au coffre de la voiture. Oh putain... Jake ? Non. L'idée que ce soit Jake découper en morceaux dans le coffre - parce qu'avec cette putain de rivière de sang, il s'imaginait mal que ce soit seulement une égratignure -, rend la scène triplement plus horrifiante qu'elle ne devrait l'être pour un chasseur comme lui. Pétrifié sur place le temps de quelques secondes, il décide enfin de s'activer, même si l'envie de gerber lui tord le bide, juste à songer à découvrir quelle carcasse se trouvait à l'intérieur. Tu m'ferais pas une connerie pareille, hein bro. Si tu crèves, essaye de crever avec tout tes morceaux au moins. Parce que fuck, mon dernier souvenir de ta trogne, j'veux pas que ce soit toi découper en p'tits filets sanglants dans le coffre de ma chérie... t'as comprit trou du'c ?! Retient sa respiration. Moment d'hésitation. Ouvre le coffre.
Et il souffle d'un coup, les sueurs au visage, le corps un peu tremblant...

« Fucking-asshole-c'est-pas-toi... »

Ce n'était pas Jake, même si franchement c'était difficile d'identifier ce gros potage de cadavre. M'enfin, Jake n'avait pas les cheveux blonds et ne portait pas autour du cou un petit cœur où on pouvait lire : I love you forever, Tod. J'espère que non, parce que... À nouveau boosté à l'adrénaline, le blondin s'empresse de débarrasser toute cette merde du coffre, même si la nausée lui prend à la gorge à quelques reprises. Une fois fait, il fait coulisser le panneau au fond pour mater les armes qu'il avait à disposition. Au moment où il s'apprête à s'emparer de son shotgun, il peut sentir contre sa nuque le canon d'un flingue. Oh, come on man ! Fuck you, karma !

- Tu recules gentiment, les mains sur la tête, espèce de cinglé ! Foutu dégueulasse ! Comment on peut faire des choses aussi... horribles !

Un flic. Le blondin soupire sèchement et se tourne en sa direction, ignorant totalement ce qu'il lui demande. L'agent se braque, le menaçant de tirer avec son arme, suintant la nervosité par tous les pores de sa peau.

« Vous faites erreur sur la personne. J'ai rien fait, alors on s'calme, ok ? Vous devriez plutôt... »
- Ta gueule, enfoiré ! Peu importe ce que tu m'dis, j'te crois pas ! Je t'ai vu vider le coffre de cette voiture, comme si cette... pauvre personne n'était rien ! C'est... inhumain ! T'es en état d'arrestation pour meurtre !
« Puisque j'vous dit que c'est pas moi ! J'devais prendre une arme dans l'coffre, fallait que... mon frère est coincé chez la famille Adams, fuck ! Il va crever si j'me grouille pas à l'sortir de là ! », qu'il s'énerve, lui désignant la maison plus loin derrière.

L'agent s'apprête à répliquer encore et il profite de sa nervosité pour lui flanquer un coup de pied au genou, lui balançant ensuite un coup de poing sur le pif. Le flic tombe sur le cul et son flingue crache une balle vers un mur usé de la grange.

- LARRY !!!, s'égosille l'agent en grande panique.

Fallait que tu sois avec ton pote. Fais chier. Le blondin tente de s'emparer du shotgun et des munitions, mais le con de Larry arrive trop rapidement à la rescousse, le visant de son flingue.

- POSE ÇA TOUT DE SUITE, T'ENTEND ! J'HÉSITERAI PAS À TIRER !

Moi qui pensait que les flics passaient leur journée à bouffer des donuts.
Ça m'aurait arrangé que ce soit vrai.



******************************


Tah dah dah dah dah bap tadadahdaa ♫
Une musique, aussi vieille que mémé, provenait du vinyle au salon, concordant parfaitement avec l'ambiance trop fleurie et démodée de la salle à manger. L'atmosphère était sereine dans la maison de la famille Murphy, du moins, papy George - le deuxième mari de mémé - était toujours dans un coin de la salle à manger, à sculpter dans un petit bout de bois... quelque chose qui ne ressemblait à rien. Mais il semblait paisible, là, concentré à son chef d'œuvre, la vieille peau ratatinée de son visage se plissant sous des simagrées indéchiffrables. Quant à mémé Josie, elle semblait bien joyeuse devant le comptoir, le sourire aux lèvres, devant son plateau de biscuits. Le repas de ce midi allait être succulent. Tout était presque prêt, à son grand bonheur. Pourtant, une seule personne dans ce portrait ne semblait pas heureuse, mais ce n'était pas nouveau. Kevin - un adolescent de seize ans, aux cheveux noirs, habillé comme un gothique, percings et tatouages partout, l'air d'un poète dépressif - était assit à la table, le visage exprimant de l'impatience et du mécontentement.

- Quand est-ce qu'on bouffe, mémé ? J'ai besoin de tuer quelqu'un ! Tu sais pas c'que c'est la puberté, vieille chipie !, qu'il grogne méchamment en abattant son poing sur la table... cette table étrangement vide.
- Ça suffit, jeune homme ! Tu vas abimer la nappe ! Soit patient !

Cette nappe... qui n'était pas vraiment une nappe, mais plutôt une vulgaire bâche en plastique épais. Couper du porc frais, ça causait bien des dégâts. Mémé ne voulait pas tacher son carrelage jauni parce qu'un porc giclait du sang partout. Et puisque le porc enchaîné au sous-sol était massif, elle ne voulait pas s'imaginer le gâchis. Kevin bougonne et crache quelques jurons salés, tandis que mémé reprend ses préparatifs, déposant sur la table le couteau à jambon électrique.

- Georges ? Tu peux aller chercher le porc maintenant ? Tout est prêt. Kevin va t'accompagner. L'animal est sauvage, on ne voudrait pas qu'il nous morde.

Sans broncher, Georges laisse son œuvre abstraite de côté et s'empare de son fusil de chasse et le tend à Kevin, la grande gueule insolente boostée par ses envies de violence. Sans un mot, tous les deux se rendent au sous-sol, grande gueule frustrée visant le gibier - un Jake enchaîné - beaucoup trop prêt à appuyer sur la détente au moindre prétexte, ne serait-ce qu'une expiration trop bruyante.

- J'peux l'tuer ?! J'VEUX TUER CE BOUSEUX ! LAISSE-MOI LE TROUER PÉPÉ !, s'excite l'ado, le regard fou, vrillant le chasseur comme un maniaque avide de faire couler le sang.
'' Tu vas te calmer, p'tit crétin ! On fait le dépeçage à la cuisine ! Tu veux que mémé se fâche ? Elle va nous péter une crise cardiaque si elle voit le sous-sol dans un sale état !, siffle Georges, en lui envoyant une claque derrière le crane.

Pépé s'approche de l'animal, extirpant le couteau de chasse de sa ceinture, par prévention. Il était un bon chasseur, ce Georges, et il savait comment calmer un animal agressif. Ses mouvements sont précis et rapides, malgré son vieil âge. Il s'empare de cette longue chaîne reliée au cou de l'animal et tire d'un coup sec pour le forcer à avancer vers les escaliers menant à l'étage. Kevin se place directement derrière le porc, appuyant le canon du fusil entre ses omoplates.

- J'te jure que si tu fais chier, bouseux, que j'te défonce la colonne ! AVANCE !!!, beugle le frustré.

L'avancée était un peu périlleuse pour ce pauvre Jake, qui était plutôt bien enchaîné, même ses chevilles l'étaient. Un animal sauvage nécessitait des entraves résistantes. Pépé était prévoyant. Toujours. Une fois dans la cuisine, Kevin assène une bonne poussée à l'animal et le force à poser le haut de son corps contre la table.

" Ooooh, mais quel beau morceau de viande ! Ce sera savoureux ! ", s'exclame mémé, émerveillée, les yeux pétillants de mille feux.

Georges s'empare du couteau à jambon et pose la lame froide et dentée contre la nuque de la bête. L'ado émet un rire cinglé, avide de voir le carnage. Pépé se concentre, s'apprêtant à activer le...

- STOP !!! Non non non ! Ne le tuez pas, pas maintenant ! J'ai perdu mon chéri et j'en veut un autre pour jouer !!! Il m'a fait du mal, mamie ! Regarde mon front ! Je n'ai pas eu le temps de lui montrer ma salle de jeux !, s'exclame la voix stridente d'une blonde au front fendu.

Dans l'embrasure de la porte de la cuisine, se tient Francy, esquissant une moue boudeuse, se mettant à chialer comme une gamine de cinq ans.

" Oh, ma pauvre chérie ! Quel ingrat ce grand blond ! Je savais qu'il n'étais pas fait pour toi ! Ne t'inquiète pas, pépé va lui régler son compte ! Pas vrai, pépé ? Tu peux jouer avec le porc, mais ne t'attache pas trop. Tu sais bien qu'il doit aller au paradis. "
- Dis plutôt qu'il va crever comme une grosse merde, mémé ! Ha ha ha !, ricane le frustré.

La blondine renifle et s'approche du chasseur, un peu plus mutine cette fois. Elle s'incline vers lui, battant des paupières, et lui murmure chaudement à l'oreille.

- Tu verras, nous allons bien nous amuser... tu seras ma nouvelle poupée... et je vais t’appeler... Tootsie Boo. C'est trop mignon ! J'ai fabriquer une nouvelle robe, je suis certaine que tu l'aimeras ! Si tu fais ta gentille poupée, je vais peut-être jouer avec ton kéké., dit-elle, soudainement très excitée.

Mamie Josie esquisse un sourire attendrit à cette scène si... touchante.
Elle en avait presque une larme à l'œil cette vieille folle.





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MessageSujet: Re: Psychosis in Texas Ven 30 Juin - 20:26


 


La langue sortie de la bouche, dressée en signe d'une concentration caricaturale, Frescy trace finement le contour des lèvres de Toostie Boo qui ne bronche pas d'un poil d'un vif rose bonbon.

" Voiiiiiilààà ! Tu es... PARRR-FAITE ! " éclate d'elle d'un gloussement en reculant d'un pas pour mieux admirer son œuvre.

Immobilisé sur sa chaise, le chasseur se contente de suivre attentivement le moindre mouvement de la belle de ses pupilles contractées. Ridiculement coiffé d'une grosse boucle fuchsia à pois blancs qui s'accroche de peine et de misère à une touffe de cheveux au sommet de son crâne, Jake soupire silencieusement. Les yeux maquillés exagérément d'un bleu royal, les pommettes rehaussées de rouge et des paillettes multicolores couronnent son air angélique. Pourtant, la seule chose qu'il a d'une jolie poupée, c'est le coma léthargique dans lequel son cerveau semble s'être enfui pour échapper à la réalité. Mais il n'en est rien... aucun détail ne lui a échappé depuis sa sortie de la cave. Il a analysé ses ennemis, le lieu de sa captivité, tout cela, pendant qu'il débattaient de son sort, pendant qu'ils jouaient sa vie sur des futilités. Pépé a une faiblesse à la jambe droite, sans doute un ancien militaire blessé au combat, l'articulation du genou est faible. Il compense ses mouvements en conséquence. Début de surdité de par la façon dont il plisse les yeux quand on s'adresse à lui. Mamie Josie... est aveugle de l'oeil droit, souffre d’arthrite chronique. Quant à Marylin Manson... il est grand temps qu'il se trouve une chatte à fourrer, ça donnerait un peu de répit aux chèvres. Narcissique, colérique, impulsif et violent, lui faire commettre une erreur sera simple. En gros, la seule véritable menace dans cette maison était le fusil à pompes de pépé, de quoi vous faire tourner le toupet de bord. Reste plus que Francy... la bombe sexuelle bien trop cinglée pour être sexy.

" C'est qui la belle Tootie, hein ? C'est qui la belle Tootie à maman !? "
qu'elle demande comme une débile qui parle à un nourrisson en se penchant vers l'avant en pinçant la joue de Jake entre ses ongles longs. Une grimace d'agacement vient subtilement tendre les muscles de son visage, mais Francy se relève, bien trop ravie pour y porter attention. Elle s'empare de la magnifique robe rose pâle à tulle qu'elle a confectionné, puis, s'affaire à la passer sur le corps du chasseur. Le tissu grince, craque, se déchire même, puis s'immobilise sur son chest, lui donnant des airs de chandail bédaine bouffant... inutile de dire qu'il a l'air complètement débile là-dedans. Même Francy semble douter un moment du résultat.

" ...Tu es trop grosse Tootie Boo ! Tu as tout déchiré ma robe !!! " couine la marionnettiste presque en colère.
- Tootie en a rien à chier de ta robe. Tootie veut que tu t'occupe de son kéké. Sinon Tootie va se mettre à chier partout et à gueuler et ta fuckin' robe ce sera le dernier de tes problèmes... "
- Rhoo, bon ça va... pas la peine de s'énerver. C'est vrai que tu as été une Tootie Boo bien docile... tu mérites une tootie youhou de récompense. "

C'est ça. Viens me Tootie booblower.
Qu'avait-elle à craindre après tout ? Les porcs sont si bêtes. Elle ne tarde pas d'ailleurs à déverrouiller ses énormes bracelets métalliques qui entravent ses pieds. Elle l'attire avec lui, sa main dans la sienne. C'est tellement excitant d'avoir une nouvelle poupée... pourquoi se priver du moindre délice ? elle l'amène avec elle dans sa chambre aux secrets, dans sa petite salle de jeux, là derrière un rideau dans sa chambre. Chaînes, fouets, cordes, instruments de torture, c'est un vrai donjon de dominatrice niveau master qui se dévoile à Tootie Boo. Et des têtes de poupées. Partout. Sous les pattes de chaises, accrochées au plafond comme décoration... Hm... si t'avais pas tué un paquet de Tootie Boo, ça aurait pu m'plaire...

Francy pousse sa poupée contre un mur, ou plutôt, une installation de bois où des attaches de métal n'attendent qu'à servir. Jake grogne alors que Francy lui arrache pratiquement le pantalon du corps. Elle glousse, rigole en plongeant les mains dans le sous-vêtement, s'active déjà bien trop gourmande d'impatience. Elle lève un regard contrarié vers Jake empoignant son organe avec fermeté. Un peu trop... de fermeté.

" Qu'est-ce qui s'passe Tootie Boo... tu as besoin qu'on recharge ta pile ? "

Son sourire, blanc de dents, s'étire alors qu'elle enfourne la virilité flasque entre ses lèvres. La succion est telle qu'elle arrache un grognement mi-plaintif au chasseur. Aspirateur en mode turbo. Ça tire jusque dans l'aine... bordel de fuck. Ses couilles vont se transformer en raisins secs si ça continue, deux cuillerées dans ses céréales préférées. Un râle de douleur s'extirpe ultimement de ses lèvres alors qu'il abat son poing impulsivement sur le mur. Sèchement, Jake ramène ses mains entravées au dessus de sa tête. Du bout du pouce et de son index, il s'affaire à retirer la pointe de verre effilée qu'il avait trouvé au sous-sol et qu'il s'était enfoncée dans la paume discrètement.

Et si il sent sa bite s'enfoncer dans le gosier de Francy l'amante des poupées, il craint plus de ne plus jamais pouvoir ressortir de ce gouffre infernal qui se presse contre lui. Il la sent refermer les dents sur sa virilité semi-croquante, lui râpant l'organe comme un beau gros concombre à éplucher.  fuuuuuuckkkk Le bout de lame entre les doigts, il abat sa rage contre la nuque de la donzelle, lui perforant à plusieurs reprises cette carotide pulsante d'une main, enfonçant ses doigts pour écarquiller la mâchoire de l'autre. Si Jake retient les hurlements de douleur sur son organe meurtri, la belle couine son agonie et se débat comme une saloperie de furie. D'un coup de pied, il s'arrache à son emprise, sentant qu'il en perdait un bout au passage, un prépuce qui se contentait des plaisirs simples et qui ne tenait pas particulièrement à se faire mutiler. Difficile de savoir quel sang appartient à qui dans cette vase d'hémoglobine électrisante. La folle se tortille sur le sol, la main à son geyser sanglant qui expulse à grands jets la vitae hors de ses vaisseaux. Jake revient sur elle, posant son cul contre son échine recourbé par les cheveux qu'il tire violemment vers l'arrière.

" ...mon frère... où il est... "

J'te promets pas une mort douce en échange de ta collaboration. Elle le sera pas. Ni celle de Marilyn Manson qui grimpe les escaliers pour voir ce que tu fabriques, ni celle de ton pépé vétéran dont le service militaire ne sera pas suffisant pour calmer la colère qui bouffe les entrailles que t'a essayé de m'aspirer par labite. Mais j'te promets que j'ferai un joli collier avec les dents pourries de ta mémé.  


******************************


Les agents Larry Ouisttiiti et Connor Lebrown sont des agents expérimentés qui cumulent à leur deux carrières plus de 35 ans de service. Il faut dire qu'il en ont vu des atrocités durant toutes ces années. Des gens tabassés, des actes de violence gratuite... ouais, y'a plus grand chose qui les impressionnait, ces deux là. Mais la façon dont tête-de-blé avait charcuté le corps avant de le balancer comme ça dans le coffre de la voiture, c'était totalement non-hygiénique, indécent, et c'était sans doute le truc le plus dégueulasse qu'on pouvait faire à un habitant du coin. C'était le jeune Tod qui était dans l'coffre de cet enfoiré. Pas de doute là-dessus, juste par les échantillons de cheveux et le bijou qu'on y avait retrouvé. La famille Harrisson, c'était des gens bien. Tod méritait pas de finir comme ça et l'étranger payerait cher pour ça.

On escorte le chasseur au poste de police, menottes aux poings et arme braquée sur lui. Hors de question de laisser fuir un enculé comme tête-de-blé. Larry pousse Jasper à l'intérieur d'une cellule puis on lui détache les mains une fois à l'intérieur. Enfermé, comme le charognard qu'il est. Jasper réalise assez vite qu'il n'est pas le seul emprisonné dans la cellule de dégrisement. Faut dire que c'est un poste de compté, les moyens sont limités et déplacer des détenus vers des prisons fédérales, ça se fait pas les deux doigts dans l'cul. Aussi, dans cette ville, ils aiment bien régler leurs propres comptes par eux-mêmes. Allez savoir...

Une femme se tient debout, jeune, ce genre d'ancienne starlette de télé-réalité qui gueule à qui veut l'entendre qu'elle est célèbre et que son père est riche. Arrêtée pour alcool au volant, elle a dégrisé depuis deux bonnes heures. Ses bras pendant à travers les barreaux, elle semble attendre un départ imminent malgré le fait que les policiers ignorent ses suppliques et ses insultes lancées à la volée. Une légère odeur de vomasse colle sur sa robe trop courte.

Il y a Mickey, le p'tit nerveux, celui est qui accroupi, les deux pieds sur le banc, les bras croisés sur les cuisses. Il renifle souvent, le pouce contre la narine, il est maigre, il a des cheveux frisés noirs sur son crâne assez dégarni, ses vêtements sont sales. Difficile de cacher son addiction à une merde qui se sniffe ou s'injecte dans les veines. D'ailleurs, il ne lâche pas le nouveau du regard, les sourcils froncés de suspicion.

Trois autres gars sont là, deux latinos-américains tatoués aux couleurs d'un gang de rue local. Le chef du trio reste immobile, les bras croisés à fixer les autres en mâle dominant qu'il est. Un gars est endormi, le cul au sol, dans un coin de la cellule. Un enterrement de vie de garçon qui a mal tourné, sans doute.

Puis il y'a Freddy. Un black début trentaine, paumé qui se tient à l'écart parce qu'il évite les emmerdes. Que lui aussi, il devrait pas être là, arrêté pour avoir roulé sur un feu rouge. Une connerie. On croyait que la ségrégation raciale était terminée... bah, pas les préjugés qui dominent toujours les têtes brûlées dans ce coin du pays. Il jette une œillade à Jasper, lui qui avait sournoisement espéré que les flics venaient pour le libérer.

En réalité, la plupart des personnes dans cette foutue cellule ne lâchent Jasper du regard, comme si ils cherchaient à montrer leur dominance. Ou par simple réflexe de sécurité, ne sachant pas trop de quoi on accuse tête-de-blé. Inutile de préciser qu'ils commencent à être à l'étroit dans cette cellule. Une seule place assise est disponible, entre les trois latinos et Mickey. Il y a qulque chose sous le banc, comme un bout de vêtement... difficile à identifier. Sans doute une futilité puisque personne ne semble l'avoir remarqué. Une étrange odeur flotte dans l'air, mais sans doute que Jasper est le seul capable d'en humer la subtilité. Bizarre.

" Allez quoi, Larry. Ça va faire plus de 18 heures que j'poireaute ici ! J'veux prendre un bain à bulles, putain, puisque j'vous dit que mon père va payer la caution... Putain Larry, tu fais chier ! ET PIS ON CRÈVE DE FAIM, FUCK, VOUS POUVEZ PAS NOUS TRAITER COMME DES ANIMAUX !
- Hihihi... hehheh... hihii... t'as... t'as qu'à écarter les cuisses... peut-être qu'ils t'écouteront... couine Mickey la souris de sa voix nasillarde.
- Ta gueule, toi espèce de débile ! Si tu veux pas que j'te mette mon pied au cul.
- Héhéhé... hihihihii.... hiiiii hihihihihi... "

Les deux agents discutent avec une collègue près du bureau, le bras appuyé sur la machine à eau, Larry en a rien à foutre de la starlette et tous l'ignorent superbement. Freddy expire un soupire à peine audible. Il réduit la distance qui le sépare de Jasper pour ne s'adresser qu'à lui.  

" On va crever ici. C'est c'que j'dis. J'faisais que passer, moi, dans cette ville et regarde où j'suis... Pas eu un droit à un seul coup de téléphone, rien. Et ils veulent même pas me dire pourquoi ils ont pris ma bagnole et qu'est-ce que j'fous ici... Ils sont tous tarés, c'est ça la vérité. Toi non plus tu viens pas du coin, pas vrai ? ... Faut qu'on sorte d'ici... et vite si tu veux mon avis. "

Quelques minutes s'étouffent dans le malaise avant que les deux agents ne reviennent avec deux plateaux repas.

" Tes désirs sont des ordres ma princesse. " se moque l'un des agents.

La donzelle semble contrariée, mais se contente de croiser les bras sous sa poitrine. Alors que les policiers s'affairent à glisser les plateaux aux pieds des détenus. ... Des plateaux qui ne contiennent que des fourchettes et des couteaux à beurre. Lentement, les détenus se lèvent pour prendre un ou deux ustensiles.

" Bon appétit. C'est pas le choix qui manque aujourd'hui... et gaspilliez rien, le gaspillage est le crime le plus odieux. " prévient l'agent en s'éloignant.

C'est alors que le chef des latinos abat sans attendre son couteau au travers de la gorge du type endormi, puis ses confrères patientent un moment avant de plonger leur fourchette à leur tour. L'homme se débat à peine, déjà secoué par les nerfs alors qu'on dévore lentement son cadavre de l'intérieur. Les parties molles étant les plus savoureuses.

" Pfff... j'ai horreur du tartare... " gromelle la donzelle sous le regard horrifié de Freddy qui commence à paniquer, la main plaquée sur l'épaule de Jasper par réflexe.



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MessageSujet: Re: Psychosis in Texas Mar 18 Juil - 1:39





La discussion entre les deux officiers n'avait eu ni queue, ni tête, tout au long du trajet jusqu'au poste. Amplement suffisant pour faire comprendre au blondin qu'ils avaient chopé cette belle merde eux aussi. Ils ont peut-être bouffé des burgers avariés de chez Fatdonald. Si c'est autre chose de merdique, du genre des larves pondeuses démoniaques qui rampent dans leur caboche, j'veux pas savoir. J'préfère ma théorie des burgers. Et maintenant ? Bah maintenant... il commençait de moins en moins à croire en sa théorie à les regarder dévorer à cœur joie le pauvre mec. C'était le joyeux festin des cannibales décérébrés. J'sais pas s'ils donnent le jouet gratuit avec. Un flingue ou un ratchet, j'suis pas difficile. J'devrais peut-être l'exiger. Le consommateur a toujours raison. Ouais, mais non. Il n'avait pas l'intention d'en prendre une bouchée, il avait plutôt envie de gerber en ce moment. Le blondin grimace tout en dévisageant la scène macabre, plus écœuré qu'autre chose. Freddy, lui... il allait très probablement se pisser dessus d'ici quelques secondes s'il se fiait à sa main qui lui broyait l'épaule.

« Me touche pas. », dit-il sèchement, lui lançant une œillade en biais.

Ce n'était pas le moment de se foutre trop près de lui. Il avait besoin de réfléchir à grande vitesse et il avait besoin de son espace pour agir. Sans hésiter une seconde, Freddy retire sa main et prend ses distances, incertain d'être confronté à un autre cinglé ou seulement à un homme qui manquait cruellement de patience. Le plan ? Il n'avait rien de précis en tête, sinon peut-être de s'emparer des ustensiles abandonnés dans le plateau et de s'en servir, mais pour leur trouver une utilité autre que celle de bouffer du tartare d'intestins. C'est ce qu'il s'apprêtait à faire... mais il cesse de se mouver lorsque quelque chose de vraiment étrange se produit autour de lui. Ah merde... qu'est-ce que... Ils tombent tous... comme des mouches. Les officiers, les prisonniers, tous, sauf lui, s'écroulent au sol... et ne bougent plus. En parfaite synchronisation. Ils ont tous perdu conscience en même temps... sauf lui ? J'devrais être soulagé... mais j'le suis pas. La porte de la cellule s'ouvre d'elle-même, sans que personne ne vienne la déverrouiller, et étrangement... il n'avait plus vraiment envie d'en sortir. Silencieux, il s'incline vers Freddy et appose deux doigts à son cou, cherchant son pouls... qu'il n'avait plus. Fuck. Incertain et un peu nerveux, il s'extirpe hors de la cellule, le pas hésitant, ayant cette impression désagréable qu'il allait être confronté à quelque chose d'encore moins sympathique qu'une bande de cinglés. Une armée de larves pondeuses démoniaques, p't'être. Ou quelque chose d'aussi moche qu'il n'allait pas particulièrement aimer. Comme d'habitude. Hmph.

Ses yeux s'accrochent sur le flingue à la ceinture de l'un des policiers, mais il esquisse à peine deux pas en sa direction... qu'une horrible douleur lui vrille de poitrail. La douleur est si intense qu'il s'écroule à genoux et se met à hurler. Quelque chose venait de lui défoncer la cage thoracique. Une main... enserrait son cœur, le tournant dans tous les sens pour le déloger. Il n'y avait personne devant lui, mais il pouvait sentir les doigts compresser son palpitant. Littéralement. Le visage congestionné, le souffle coupé, il cherche son air sans le trouver. Il gueule à nouveau lorsqu'il peut le ressentir... son cœur que l'on venait d'arracher. Et la souffrance cesse subitement. Il reprend péniblement son souffle, le visage en sueur, le teint blafard. Les mains tremblantes et un brin paniqué, il déchire sa chemise pour regarder son torse, cherchant à y déceler un trou béant et du sang qui pisse partout. Mais rien. Pourtant, il avait ressenti sa chair de déchirer... et son cœur s'éjecter. Il plaque une main contre son poitrail et retient sa respiration. Oh putain. Aucun battement. Son cœur... ne battait plus. Il bat plus... parce que j'en ai plus. Il ressentait le vide à l'intérieur, là où devrait être l'organe. Faudrait m'expliquer comment c'est possible. Si j'ai plus d'cœur, j'devrais être mort. Il était toujours... bien en vie. Le blondin cligne à maintes reprises des paupières, tentant de reprendre contenance tout en se levant lentement. Fuck, mais c'est quoi cette merde qui vient d'me choper l'cœur ?! La question était plutôt : qu'est-ce qu'on voulait faire avec ? Il préférait ne pas y songer pour le moment. Il fallait qu'il retrouve Jake, c'était le but prioritaire à atteindre. Le seul, pour l'instant.

Maintenant debout, mais chancelant, il se dirige lentement vers le cadavre de Larry pour s'emparer de son flingue et sort à l'extérieur du poste. Et c'était le chaos dehors. Des bâtiments en feu, des gens qui fuyaient de tous les côtés... et des cinglés qui couraient après les fuyards. Mais il n'y porte pas trop attention, ayant déjà en tête de repérer la voiture de flic de Larry et son pote. Il se souvenait qu'il avait laissé la clef dedans. Il se souvenait aussi du chemin pour retourner à la vieille baraque de la famille Adams. J'arrive, Jake. Laisse-moi juste... deux... trois... dix... vingt... p'tites minutes... de rien... Il avance... mais son rythme ralenti. Jusqu'à ce qu'il s'immobilise à côté de la voiture, prit de vertiges. Quoi encore ? Il ne se sentait pas bien. Du tout, même. Sa vision se trouble et même s'il tente de la '' réajuster '', ça ne fonctionne pas. Il échappe le flingue et doit s'appuyer contre la portière pour rester debout. Non non non non non, pas maintenant. C'est pas l'moment d'faire un malaise ! Son regard terne pivote en direction d'une ambulance garée plus loin dans le stationnement, là où se tenaient deux ambulanciers - une femme et un homme - qui s'affairaient à... aucune idée. L'instinct premier aurait été de leur demander de l'aide, mais il s'abstient, en se disant que ces deux là devaient être aussi tarés que tous les autres. J'préfère crever gentiment ici. Il n'avait pas l'impression de crever, il avait plutôt l'impression de... s'être chopé... un gros virus dégueulasse. Si j'ai d'la chance, alors dans une minute, j'irai mieux. Mais puisque j'en ai jamais, alors j'imagine que dans une minute... j'vais suivre la tendance et me mettre à bouffer du tartare d'intestins. Parce que... ça grince... dans ma tête.

Finalement, Jake risquait d'attendre... longtemps.


********************************


" ...mon frère... où il est... "

La réponse à cette question... se volatilise dans l'atmosphère. Tout comme ce décor démodé, trop usé pour mériter ne serait-ce un regard. Cette folle au cou écorché, disparaît... et ses autres se précipitant à son secours.... s'éclipsent au sein d'un néant volatile et sans nom. Les murs s'émiettent, se fondent dans la lourdeur de l'air, remplacés par des façades impeccables, sans souillure, sans tapisserie gondolée par la vieillesse et la moisissure. Cette désolante maisonnée se métamorphose en un majestueux manoir... vaste... sombre... si mystérieux. Le chasseur aussi, change. Troquant ses vêtements abîmés et ce grotesque maquillage contre un bel habit et une peau... bien virile. Plus d'entraves, Jake Rhodes était dorénavant un homme libre. Libre... étant un terme très... paradoxal. Le bel homme observe autour de lui et ne tarde pas à réaliser qu'il est non loin d'une longue et large table en bois, finement travaillée. Et tout au bout de cette table... était assise une femme d'une beauté sans faille. Belle, séduisante, et ô combien... fatale. Vêtue d'une robe d'une teinte argentée, longue et élégante, parfaitement taillée à ce corps svelte et gracieux. Une mode que l'on croirait provenir d'un ailleurs inconnu, fantastique... féérique. Ensorcelant. Sur sa crinière de blé remontée en une coiffure mirifique, trônait une couronne aux pointes délicates... et piquantes. Acérées comme sa beauté... et son âme gangrenée.


La dulcinée délétère relève lentement son visage, posant ses prunelles émeraude sur la charpente du chasseur, admirant les contours solides et la robustesse d'une musculature... qu'elle avait presque oublié. Un fin sourire retrousse ses lèvres églantines tandis qu'elle le jauge, froide... et brûlante.

- Chasseur... je t'en prie..., dit-elle, lui désignant d'un mouvement leste de la main, un coffret ouvragé posé sur la table auprès de lui. - Ouvre-le.

Inutile de bavarder. Elle le savait peu enclin à la causerie et aux pertes de temps inutiles. Lorsque le couvercle du coffret est soulevé, un cœur chaud pulse au creux d'un velours ocre.

- Ce cœur appartient à ton autre... à celui que tu adores plus que toi-même.

Le coffret glisse rapidement sur la surface lisse de la table pour rejoindre les mains ouvertes de la sombre beauté. Un seul regard accordé, incitant le chasseur à user de sagesse et d'éviter les actes précipités. Le cœur ainsi que son écrin disparaissent en un battement de cils, dissimulés dans un lieu dont seule l'infâme en connaissait les secrets.

- Ce cœur appartient à ton frère... et il retournera d'où il provient en temps et lieu... si tu ne commets pas l'erreur de me contrarier. Une seule étourderie de ta part... et j'écraserai son cœur au creux de ma paume pour en faire de la pâtée pour chiens sauvages. Je te sais futé et bon chasseur... mais ne le soit pas... pas avec moi.

Une sombre magie permettait à ce cœur de battre hors de sa cavité, concédant la capacité à cet adoré qu'il chérissait, de respirer et de vivre. Et cette magie pouvait également le terrasser et lui retirer la vie. Rarement l'odieuse s'adonnait aux mensonges, du moins, jamais elle ne lui avait menti... à lui. En silence, elle se lève, gracieuse et délicieusement efféminée. Pourvue d'une vénusté envoûtante, elle laisse cette robe qui la couve, glisser sur sa peau soyeuse... jusqu'à en dévoiler au chasseur une nudité parfaite et absolue. Deux monts proéminents, que tout homme rêverait de caresser et de goûter. Tout comme ce corps épicurien, digne d'une déesse de la luxure que l'on aimerait vénérer à jamais de baisers exaltés et lubriques. Elle était le parfait emblème de la décadence et de la dépravation. L'expression incarnée de tous les vices charnels, les plus onctueux... et les plus déviants. Lentement, elle se hisse sur la table et marche, s'immobilisant en son centre, ses mirettes libidineuses le dévorant d'envie.

- Je convoite un joyau ensorcelé... et toi, joli cœur... tu iras me le chercher. Mais avant... laisse-moi te contempler de plus près. Laisse-moi te montrer... qui je suis.

La sorcellerie étreint étroitement le chasseur et propulse sa carcasse sur la table, son dos s'écrasant brutalement sur sa surface rigide. Soumis à ses pouvoirs, il ne peut que rester défaitiste... et figé contre sa volonté dans une position écartelée. Qu'il s'agite, se contorsionne, rien ne parviendrait à le scinder de cette emprise mystique. Féline et à la fois reptilienne, elle se faufile jusqu'à lui. Ses fines jambes s'escambillent sensuellement et elle se pose sur lui.

- M'aurais-tu oublié, chasseur ?, susurre la belle, lascive, laissant ses mains serpenter sur ce torse viril, jusqu'à rompre brutalement cette chemise pour en dévoiler la peau.

Lentement, son corps glisse contre lui, et ses lèvres se retrouvent... si près des siennes.

- Suis-je qu'un insipide... Mirage... à tes souvenirs ?, souffle-t-elle en un murmure, laissant son regard chatoyant vriller le tréfonds de ses orbes confus.

Mirage. Cette succube qu'il avait tant aimé autrefois... avait changé. Succube, il y avait longtemps qu'elle ne l'était plus. Désormais, elle était la catin du diable, sa favorite. Une créature à la fois mortelle et immortelle, dévouée au vilain, condamnée à errer de corps en corps lorsque celui qu'elle empruntait devenait trop... érodé par l'âge. Mais ce corps qu'elle portait lui plaisait, à un point tel qu'elle avait trouvé un moyen de le conserver jeune et saturé de vitalité. Lorsque le temps ravageait son visage de rides, elle s'emparait d'une parcelle de beauté intérieure d'êtres humains... pour redonner la jouvence à sa superbe plastique. Malheureusement pour ces pauvres damnés dont elle dérobait la beauté d'âme, ceux-ci se retrouvaient soit fous ou viciés. Souvent, les deux. Ce carnage, ce chaos ambiant au Texas, était le fruit de son insatiable désir de prolonger sa magnificence. Mirage... n'était plus aussi candide. Dès l'instant où la magie des ténèbres s'emparait d'une âme, elle se retrouvait maudite et corrompue, à jamais. La succube avait perdu beaucoup... pour ce chasseur. Ce bel adoré... qui ignorait tant de choses. Le chasseur devait douter de sa sincérité, puisqu'elle n'avait plus le visage que portaient ses souvenirs, alors... la sulfureuse trace des cercles sur son poitrail dénudé, de la pointe d'un ongle, persuadé qu'il se souviendrait de cette manie ridicule qu'elle avait autrefois de lui démontrer sa tendresse.

- Je pouvais passé des heures... à te contempler... tu étais mon inspiration... mon cœur s'est enamouré de toi... toi, à la fois si sombre et lumineux... mais j'ai changé... de corps et d'âme. Hélas, je ne suis plus celle que j'étais.

Elle se redresse en douceur et à ses mains se forment deux dagues, lames piquantes et effilées.

- La folie... elle vient de moi. Celle que tu as observée... et celle qui désormais, empoisonne ton frère. J'ai besoin de leur beauté d'âme pour conserver ce corps que j'habite. Ce joyau que je convoite me procurera ce que je veux, sans avoir besoin d'arracher cette parcelle de beauté à chacun. Ce joyau précieux est protégé par une magie que je ne peux contourner. Aucun être surnaturel ne peut approcher le lieu où il est conservé. Je vais donc... te proposer un marché. Tu me ramènes ce joyau... et je répare ce carnage ambiant, ce qui implique ton frère également.

La belle laisse glisser la pointe d'une lame sur le derme de son torse, traçant un sillon brûlant. L'écarlate perle légèrement et elle s'applique... à y laisser courir sa langue pour y goûter.

- En ce qui concerne... le cœur de ton frère... ce sera plus personnel, trésor... Si tu désires que je lui redonne son cœur... alors tu devras... me donner le tien en échange. Après tout, ton cœur me revient. Il est à moi. Je le garderai... pour toujours et à jamais. Ce sera un joli... trophée. Si tu acceptes ces deux termes, alors je scellerai l'entente... à ma façon. , dit-elle, sondant son regard de ses yeux luisant... d'une doucereuse fourberie.

L'amour, il y avait longtemps qu'elle n'en ressentait plus. La voluptueuse Mirage avait désormais une âme noircie par les ténèbres. Une seule et unique chose n'avait pas changé... ce chasseur, elle le désirait. Elle le désirait en extase... et en souffrance.

Pour toujours et à jamais.




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Psychosis in Texas

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