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La Vida Loca

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Chasseur de l'Elit Daemonia

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MessageSujet: La Vida Loca Dim 9 Avr - 7:04



LA VIDA LOCA
feat. Sweetie

Cris plaintifs. Feulements menaçants. Grognements affamés. Bruits de succion, de coulisses sanglantes arrachées. D'organes maltraités. Le nécrophage claque des dents, attaché à une table. Le chasseur au dessus lui cisaille les griffes, lui arrache les canines, une à une. Il prend un temps minutieux à apprêter ce monstre, à le rendre aussi inoffensif qu'un bout de steak avarié qui aurait soudainement retrouvé ses instincts bovins. Des pas furtifs, courts, pressés... s'avancent à un rythme soutenu dans le couloir, dans sa direction. Une petite silhouette nait dans le cadre de porte.

" Ah ! Te voilà. " le nain se plante près de lui, glissant le rebord de son verre à ses lèvres pour prendre une longue gorgée. Comme si la recherche du chasseur à travers les tunnels du Hell-O l'avait épuisé au point de le déshydrater. Ed' n'accorde à la besogne de son associé qu'un esquisse de regard, presque désintéressé. Entre les fluides et les giclées de sang, il en avait vu d'autres.

" Vendredi soir dernier, j'ai reçu un appel d'un ami commun. Je te laisse deviner. Il m'a passé une commande spéciale. Dix caisses de mon meilleur whisky et... une décoction toute spéciale. Un client fidèle, je ne pouvais pas lui refuser. Cependant, la décoction demande une attention particulière et est difficile à infuser. Elle doit être maintenue à une température idéale pendant son transport et surtout ne subir aucun choc qui risquerait de briser le verre qui la contient... "

Jake se redresse un instant pour le dévisager, s'essuyant le front du revers de la main.

" ...et pourquoi tu passerais pas au bout qui m'concerne... au lieu de m'emmerder avec les détails...
- L'expédition par voie aérienne m'apparait la plus sécuritaire... continue le bartender sans sourciller " ...je lui ai donc assuré que je lui enverrai sa commande escortée du plus compétent protecteur de cargaison que je connaisse. J'ai à peine eu le temps de lui annoncer la couleur, qu'il exigé ta candidature.
- ...fuck, de qui tu parles, Dwarf...
- De Monsieur Enrrrico Costa, qui d'autre ? "

Jake s'immobilise en soupirant, une mimique agacée au visage. Il pose la cisaille pour attraper un linge où il essuie ses mains couvertes de sang, sans délaisser le nain de son regard noirci et emmerdé.

" Attends, tu veux que je livre dix caisses de whisky et une fiole de viagra au sud du Mexique... t'as sniffé trop d'amanite ou quoi... J'tue des monstres, j'livre pas de truc habillé en brun comme ces cons de chez UPS...
- Ohhhh... tout d'suite les grands mots. Je t'offre une semaine tous frais payés dans la magnifique et luxueuse villa de Puerto los Cabos et c'est comme ça que tu me remercies ? Tout ce que tu auras à faire, c'est amener quelques malheureuses caisses à bon port, alors cesses un peu de râler comme une veille bique en manque. Et puis c'est loin d'être du viagra, je te signale, il s'agit d'une fiole d'élixir pour soigner la jeune Maria Costa qui est souffrante. Oui, j'ai promis de trouver de quoi l'apaiser, c'est pour ça qu'Enrico tient tant à ce que son chargement soit accompagné, il ne peut pas se permettre de gérer un imprévu ou de voir sa cargaison détroussée. J'imagine qu'il se souvient des services que tu lui as rendu dans le passé, à lui et sa meute. Il tient à ce que ce soit toi, et franchement, je ne vois vraiment aucune raison qui te pousserais à refuser si ce n'est ton entêtement à refuser toute forme de plaisir caustique. ... et puis... sans vouloir te vexer... des vacances, ce ne sera pas un luxe !En plus d'être deux fois plus irritable qu'à l'habitude ces temps-ci, tu es presque aussi pâle que les vampires que tu ramènes dans le sanctum.
- ...j'vais mieux depuis...
- Prends des vacances, non d'une merde de troll ! Accepte cette foutue mission ! Vole vers Mexico et bon sang, tâche de poser ton gros cul sur le bord d'une foutue piscine et laisse le soleil mexicain te taper sur le crâne à le vider complètement. "

Le chasseur balance sa serviette souillée, mastiquant le vide avant de soupirer ultimement.

" J'vais y penser. "
Dwarf hoche la tête, d'un mouvement colérique, mais satisfait de l'entendre.
" Bien. Excellent. C'est une bonne nouvelle parce que j'ai déjà dit à Enrico que tu acceptais avec joie et il t'attend demain en fin de journée... "  

...

Jake balance son sac de sport près d'un tabouret avant de se servir un verre qu'il s'enfile cul sec. Un sac qui ne contenait que le strict minimum, de quoi assurer quelques jours, puisqu'il n'avait pas l'intention de s'attarder au Mexique. Il sape, fronçant les sourcils pour s'assurer une dernière fois mentalement qu'il n'a omis aucun détail pour les préparatifs de son départ. Le Lux s'assurerait de la protection d'Eva et d'Abigaïl qui vivent chez lui depuis un bon moment déjà. La sorcière lui avait parlé de son intention de partir à l'étranger elle aussi, ce qui lui a fourni un excellent prétexte pour ne pas parler des détails de ses propres projets. Le Hell-O resterait sous la direction d'Ed' pendant son absence, comme toujours. Pourtant, il sent une étrange fébrilité, un sentiment qu'il a du mal à identifier. La panique. Pourtant il ne s'agissait que d'une mission simple... facile... sans effusion de sang... une mission... emmerdante à souhait...

...qu'est-ce que j'vais bien foutre le cul sur le rebord d'une piscine...


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Humaine

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MessageSujet: Re: La Vida Loca Mer 12 Avr - 1:59



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Le bruit de mes talons résonne bruyamment dans le couloir qui mène à mon appartement. Fort heureusement pour mes voisins, ils partent travailler lorsque je reviens du mien. La nuit a été éreintante et je ne rêve que de me plonger dans un bon bain moussant en savourant un verre, musique en fond sonore pour m’aider à me relaxer après cette nuit à danser.
Un détail vient pourtant m’alerter. La clé s’enfonce dans la serrure mais ne tourne pas. Elle est déjà ouverte. J’ai un mouvement de recul comme prise soudain d’une panique évidente qui vient déformer mon visage. Mentalement, j’essaye de retracer les derniers évènements pour arriver au moment où j’ai quitté mon domicile pour me rendre au travail. Je suis persuadée d’avoir verrouillée cette foutue porte mais peut-être que ma mémoire me joue des tours. La fatigue accumulée n’aidant pas à avoir les idées claires. Dans le doute, je me déleste de quelques précieux centimètres portant à mes mains deux armes pointus. Mes talons aiguilles.
La poignée de la porte tourne et je l’ouvre le plus délicatement du monde. Le grincement strident qui suit me rappelle amèrement que Gabriel ne s’était jamais occupé de graisser les gonds pour éviter ce bruit tout à fait désagréable.

A l’intérieur tout semble parfaitement en ordre. J’avance prudemment, fait un rapide tour du studio avant de pousser un profond soupir de soulagement. Pfiou. C’est que j’ai eu peur pendant un moment. Je devais être mal réveillée et j’ai tout bonnement oublié de verrouiller la porte d’entrée. L’explication est simple. Je pose mes affaires et mes chaussures à l’entrée, tourne la clé dans la serrure et cadenasse solidement le tout. Une bonne chose de faite. Un verre de jus d’orange à la main, je traverse le studio pour rejoindre la salle de bain et faire couler l’eau chaude dans la baignoire. C’est à ce moment que je le vois, assis dans le noir, attendant que j’allume cette lumière. Je sursaute dans un cri, mon verre de jus d’orange éclate sur le sol, éparpillant le liquide coloré. Je recule, le cœur tambourinant dans ma poitrine. J’ai peur.

« Ga... Gabriel ! Qu’est-ce que tu fais ici ? Comment tu as fait pour rentrer ? Et je… Tu dois partir, je vais appeler les flics je te préviens ! »

Je trébuche en reculant tandis qu’il avance d’un pas tranquille. Il me domine de sa hauteur et de sa carrure. Si autrefois je trouvais cette silhouette réconfortante, aujourd’hui il n’en est rien. Aujourd’hui j’ai peur, peur de lui et de ses sauts d’humeur. Mon dos bute contre le canapé. Je rapproche les jambes de ma poitrine et viens les serrer comme si cela serait suffisant. Comme si, si je ne le voyais pas alors, lui non plus. Mais ce n’est pas comme cela que ça se passe dans la vraie vie. Il n’y a pas de chevalier qui vient aider la demoiselle en détresse. Il n’y a que Lui et Moi.
Sa main caresse l’une des mèches de mes cheveux. Il souffle un « chuuuuut » qui me terrorise plus qu’il ne me rassure.

« S’il te plait, laisse-moi Gabriel. »

Ma voix est faible, brisée par les sanglots qui l’habitent. La peur me tord le ventre, elle me mord le cœur et me broie la poitrine. Il se renfrogne. Sa main cesse sa caresse, il gronde, je peux l’entendre et sa respiration s’accélère.

« Pourquoi ? Tu as trouvé quelqu’un c’est ça Vaness’ ? C’est qui ? DIS-MOI QUI C’EST ?! »

Ses mains enserrent mes bras trop fins dans ses paumes trop larges. Il me secoue, ma tête dodeline d’avant en arrière sans que je ne puisse rien y faire. Je pleure.

« Tu me fais MAL ! PERSONNE ! C’est PERSONNE ! »

La gifle retentit, me sonne. Mes oreilles bourdonnent, j’ai l’impression de m’enfoncer dans un état vaporeux.

« Tu MENS. Tu n’es qu’une MENTEUSE. DIS-MOI LA VÉRITÉ ! »

Ses hurlements ne m’atteignent plus autant, la faute à ce grésillement dans ma tête. Mes larmes ne cessent de couler. Il hurle encore et me secoue tout autant comme si j’allais lui répondre plus vite et mieux. Comme si j’allais lui offrir cette vérité qu’il s’est mise en tête. Mais je ne peux pas parler, j’en suis incapable. Sous le choc, apeurée, je tremble. Je le supplie intérieurement d’arrêter parce que je ne le reconnais pas. Je suis tétanisée à l’idée qu’il me blesse. Qu’il nous blesse plus encore.

« Tu as changé les serrures de NOTRE studio. Tu ne travailles plus au Moonrise. Alors, QUI Vaness’ ? QUI ? Tu vas parler putain !? »

Ses mains attrapent mes épaules, me soulèvent légèrement. Moi je ferme les yeux, fort, très fort. Je ne veux pas avoir à le regarder. Je frissonne lorsque je sens son souffle trop proche du mien, caressant mes lèvres puis ma joue.

« J’vais le retrouver ton mec Vaness’. Et j’vais lui faire regretter d’être né à ton petit ami de merde. T’es à moi. Tu m’appartiens. Ne l’oublie jamais ça Vanessa. »

Il me relâche, mon corps s’échoue sur le sol, incapable de tenir par lui-même. Allongée sur le sol, je me recroqueville. J’attends. Que l’orage cesse, que la tempête passe. J’attends. Qu’il prenne les clés qu’il considère être à lui et qu’il parte à la recherche d’un autre qui n’existe que dans son esprit. J’attends. Que mon cœur cesse de cogner dans ma poitrine et que mon souffle s’apaise. J’attends. Des minutes et des heures. Il n’est plus là. Il est parti mais il peut revenir.
Cette simple idée qui m’effleure vient m’effrayer encore un peu plus. Je me redresse sur mes jambes qui flagellent. J’arrive difficilement jusqu’à ma commode, je marche comme si j’étais une ivrogne, m’accrochant aux meubles et aux murs. Cognant ses derniers sans prendre le temps de m’arrêter. Une idée fixe. Mettre le plus de vêtements possible dans ce petit sac. Pour un temps, pour survivre, loin d’ici. Loin de ce studio qui m’écœure.
Le taxi me dépose au beau milieu de nulle part comme je lui ai sagement demandé. Lorsqu’il fait jour, la forêt parait bien moins inquiétante. Mes chevilles se tordent à cause des talons et de l’empressement dont je fais preuve. Arrivée devant la porte du Hell-O je frappe. Je cogne, de toute mes forces.

Boum-boum

« IKE ?! JAKE ?! IL Y A QUELQU’UN ? »

Boum-boum

Encore, et encore. Les yeux embués de larmes, les collants déchirés, les cheveux en pagailles, je cogne. Encore et toujours. Jusqu’à l’épuisement.

« S’IL VOUS PLAIT ! OUVREZ ! MAIS OUVREZ ! »

La peur, le désespoir, l’abattement. Les coups sont moins vivaces sur cette petite porte en bois. Ma voix porte beaucoup moins maintenant. Elle s’ouvre enfin, cette maudite porte et c’est dans les bras de Jake que je m’écroule, le sourire aux lèvres. Il a enfin ouvert.

« Pardon. Je suis désolée Jake. Je ne savais pas où aller. Chez moi c’est… je ne peux plus y aller. Est-ce que je peux rester ici, s’il te plait ? Je dois disparaitre. Il va me retrouver. J’ai peur Jake. »

Je parle vite et de façon saccadée, entre deux reprises de souffle.

« J’ai besoin d’un verre d’eau. »

Mes sourires s’étirent, ils sont fatigués. Mais à lui, je lui en offre toujours. Parce que j’aime croire qu’il aime ça et que ça me rend particulière à ses yeux.
Ne me demande pas d’en parler, s’il te plait. Je ne suis pas prête à le faire, pas encore. Mais je t’expliquerai un jour, c’est promis. J’ai juste besoin de me reposer. De m’aérer l’esprit. De cesser de me dire que Gabriel ne me laissera jamais tranquille.



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MessageSujet: Re: La Vida Loca Jeu 13 Avr - 4:32



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L'oeil plissé d'interrogation, Jake fait reluire la petite fiole sous la lumière, jaugeant sa teinte bleutée comme si elle allait soudainement lui révéler ses secrets. Par précaution, il avait évité de l'ouvrir et de renifler, histoire que des effluves dangereuses se mettent pas en quête de lui bousiller la cervelle. Ed' était resté assez vague concernant le mal qui incommodait la gamine de Costa et franchement, ça avait le don de l'emmerder. Tant pis, le chasseur range la fiole sur lui, supposant que c'était sans doute le moyen de transport le plus sécuritaire dont il disposait pour acheminer ce si précieux bien. Connaissant Costa et les moyens dont il disposait... la... souffrance de sa fille devait être du type 'j'ai trop de boutons sur la gueule'. Après, si ce truc servait à faire pousser les cheveux comme la crinière d'une belle licorne... il aurait de grosses emmerdes pileuses si ladite fiole venait à exploser à l'intérieur de sa poche durant le transport... de quoi lui faire pousser le fouin autour de l'arbre... Hm, mais ça, c'était une autre histoire...

Boum-boum

Ses sourcils se froncent tandis qu'il s'immobilise. Un bruit en sourdine raisonne en échos dans les couloirs vides du Hell-O. Le bar est fermé depuis quelques heures à peine, plus personne ne traine dans l'coin. Il doit attendre que le son se répète pour s'assurer qu'il n'a rien halluciné. Les coups s'intensifient légèrement, entremêlé d'un miaulement. On tambourine à la porte, ni plus ni moins. Le chasseur quitte l'antre d'Edwan pour rejoindre la pièce principale. Il presse le pas dans le tunnel menant à l'entrée, il prend le temps de jeter un œil sur la silhouette féminine suppliante qui se trouve à l'extérieur à travers la fenêtre coulissante. Son cœur se serre sournoisement d'inquiétude lorsqu'il la reconnait. Fuck. Le chasseur ouvre la porte à la volée, la belle venant s'échouer instantanément dans le creux de ses bras, soulagée. Une moue pleine d'incompréhension défigure Jake alors qu'il jette un regard scrutateur par dessus l'épaule de Vanessa, épaule secouée par son souffle saccadé. Wtf...

" Pardon. Je suis désolée Jake. Je ne savais pas où aller. Chez moi c’est… je ne peux plus y aller. Est-ce que je peux rester ici, s’il te plait ? Je dois disparaitre. Il va me retrouver. J’ai peur Jake. "

Ses bras se referment sur elle alors qu'il pivote, l'amenant derrière lui pour la protéger d'une éventuelle attaque... Qu'est-ce, ou plutôt, qui est-ce qu'elle fuyait comme ça, assez pour que son palpitant bondisse de peur dans sa poitrine... ? Jake détache son regard de la forêt pour revenir sur Vanessa. Son expression l'interroge, ne percevant aucune menace imminente.

" Qui ça... 'il' ... ?
- J’ai besoin d’un verre d’eau. "

Elle cache toute sa merde derrière son sourire trop blanc. Jake relève le coin de sa joue dans une mimique peu convaincue, lui adressant un sourire las. Un verre d'eau. Ça semble un peu trop vite réglé... Les doigts du chasseur s'agitent contre les épaules de la donzelle, comme si il voulait la réchauffer. À défaut d'être doué pour les paroles réconfortantes, il ferme sa gueule et se contente d'être pro-actif... Il l'écarte un moment, la laissant s'avancer vers l'intérieur tandis que lui préfère s'assurer qu'elle n'a pas été suivie par un nuisible quel qu'il soit. Une courte ronde dehors, les sens aux aguets, lui confirme que c'est pas le cas...

De retour à l'intérieur, Jake escorte la donzelle jusqu'au bar, sa main glissée derrière sa nuque. Fuck l'eau, il laisse tomber un cube de glace pour la forme dans le fond d'un verre et l'arrose de vodka pure. Du courage liquide, ça t'fera pas d'tord. Il vient poser son cul sur le siège à coté du sien, ses yeux se faufilent sans ménagement sur elle, les sourcils froncés. Ecchymoses, traces de doigts sur les bras, rougeur cinglante au niveau de la joue. Nul besoin d'être un chasseur expérimenté pour conclure qu'elle en est venue aux mains avec 'lui'. Un long soupire se faufile de ses lèvres pincées alors qu'il attrape une bouteille et en prend une longue rasade avant de la poser sur le comptoir.

" T'as qu'à rester ici si tu veux... prends une chambre... Ed' passe sa vie ici, tu devrais pas rester seule longtemps ... y'a Ike... moi. "

Jake marque une pause, pour plisser un oeil, ancrer son regard dans le sien, un regard qu'il analyse et déchiffre malgré lui. Un regard qui cache pas mal de trucs dans ses souvenirs et qu'elle n'a visiblement pas une grande envie de partager. Il creuse, s'accrochant aux indices que son non verbal trahit, à ce qu'elle tente presque désespérément de dissimuler. Surement quelqu'un que tu détestes pas, vu ton réflexe stupide à vouloir l'protéger. Faut pas m'prendre pour un con non plus... Le chasseur finit par grimacer d'agacement, jetant un œil sur la vieille horloge antique suspendue au dessus du bar.

" ...j'pars dans trois heures vingt deux... j'dois aller au Mexique pour une livraison un peu spéciale... " il prend le temps de serrer la mâchoire avant d'aller plus loin dans sa pensée... " ...t'as qu'à me donner son nom... et j'm'en occuperai avant de partir... "

J'te demande pas de mettre un contrat sur sa tête, à supposer que c'est un non-humain. J'le trouve, j'lui fais un p'tit coucou, lui explique certaines choses d'la vie dont ce qui s'passe quand on s'en prend à des gens que j'déteste pas. C'genre de choses. Histoire que j'parte l'esprit en paix en sachant qu'le message est passé.



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Dernière édition par Jake Rhodes le Ven 14 Avr - 3:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Vida Loca Jeu 13 Avr - 15:31



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Maintenant que les bras apaisants du chasseur m’entourent, je me sens protégée comme si rien ne pouvait plus jamais m’arriver. J’ai toujours ressenti ce sentiment de sécurité lorsque Jake se trouve près de moi. Sa simple présence me détend et me rassure. A l’image d’un doudou rassurant les enfants, d’une veilleuse laissée allumer par la bienveillance d’un parent pour éloigner les monstres et les cauchemars qui les accompagnent. Mon ciel s’éclaircit en sa présence et soudain tout me parait moins dramatique. Ou presque.
Gabriel a tellement changé, je ne le reconnais plus. Au départ, je pensais que c’était à cause du travail, de nos problèmes d’argent. Je pensais qu’il s’en voulait de me voir travailler dans un club comme le Moonrise mais plus que s’en vouloir, je crois, que c’était à moi qu’il en voulait. L’idée que d’autres puissent me convoiter lui donnait la nausée. Mais monsieur à la mémoire courte. Monsieur ne semble pas vouloir se souvenir que c’est dans ce même genre d’établissement qu’il m’a rencontré. Il n’y avait rien de romantique là-dedans. Ce n’était pas au détour d’une marche banale dans un parc où se mélangeaient chants des oiseaux et senteur printanière. Non. C’est l’odeur et la caresse de ses billets qu’il glissait dans mes tenues minimalistes qui me faisait rester.

Je me demande comment je n’ai pas pu le voir avant. Cette jalousie, cet excès de violence. Cette rancœur et cette colère qu’il tentait de museler jusqu’à l’autre soir. Ses yeux… Ses yeux si étranges et sa force… Une force que je ne lui avais jamais connue. Si nos disputes étaient bruyantes et spectaculaires à cause de la vaisselle brisée, les chaussures jetées et les affaires mise à la porte. Gabriel ne m’avait jamais vraiment fait de mal. Ce soir-là c’était la première fois. Et ce matin encore il a réitéré, me blessant autant physiquement que psychologiquement. L’homme que j’ai autrefois aimé ne semble plus exister. Il n’est qu’un être possessif et jaloux cherchant à tout prix à revenir dans ma vie. Peu importe que je sois d’accord ou non. Il me prête des aventures sans doute parce qu’il me connait bien. Parce qu’il sait que le sexe est bien plus qu’une envie, c’est un besoin. C’est vital. Ça m’obsède…

Jake demande qui est ce fameux Il qui semble me causer tant de tort mais je ne réponds pas, préfère de loin demander un verre d’eau. Pour me calmer, pour reprendre mon souffle. Il m’abandonne pourtant, le temps d’un instant. Ma main tient fermement mon sac. Un sac beaucoup trop maigre quand on sait tous les vêtements que je peux avoir mais c’est là tout ce que j’ai pu prendre avant de quitter le studio. Penaude, je patiente sans bouger, n’ose pas même mettre un pied en dehors du Hell-O. Les interrogations fusent pourtant dans mon esprit. Gabriel m’a-t-il suivi ? Ai-je vraiment bien fait venir ici ? Est-ce qu’il va comprendre et cesser ? Lorsque le chasseur revient à nouveau sans avoir trouvé la moindre trace potentielle d’un rôdeur ennemi. Gabriel.
Je foule ce sol que je connais déjà par cœur et me pose sur le tabouret du bar. Je m’y accoude, passe les mains sur mon visage dans un soupir las ; grimace lorsque mes doigts effleurent la pommette rougit. Fébrile, j’attrape le verre d’eau en prend une grande rasade mais c’est fort. Bien plus fort. Je tousse, bruyamment et produis de petits couinements digne d’un chat avalant une arête. J’ai chaud. Très chaud. Je m’évente à l’aide de ma main pour faire passer la chaleur liée à l’alcool ingéré.

Je reprends contenance tandis que son regard se plante dans le mien. J’ai toujours eu la sensation qu’il peut lire en moi lorsqu’il me regarde ainsi. J’hésite alors à ce que je dois lui révéler ou non. C’est un chasseur et même si Gabriel a pété un plomb je n’ai pas envie que Jake le blesse. Ou que Jake soit blessé par ma faute. Je crois que j’aimerai tout te dire, parce que j’ai plein de questions mais je suis terrifiée Jake. Terrifiée à l’idée de connaître la vérité. J’hoche la tête lui offrant un sourire emplit d’une profonde gratitude. Résider ici le temps de quelques jours, quelques semaines, jusqu’à ce que Gabriel retrouve la raison. Cela me parait être une très bonne solution.
Il soupire, un peu fort et regarde l’heure. Mes doigts trifouillent le bas de ma robe tandis qu’il me fait sa proposition. Mes yeux de biche clignent à plusieurs reprises tentant de ravaler les larmes qui menacent de dévaler mes joues d’une seconde à l’autre.
Je regarde autour de nous, comme si la solution allait apparaitre au coin d’une table, derrière une bouteille ou à l’angle d’un couloir.

« C’est… C’est compliqué Jake. Est-ce que… Est-ce que tu connais des gens qui ont des yeux… Jaunes ? »

La première question est lancée, elle me fait le même effet que l’alcool qui a brûlé ma gorge un peu plus tôt. Ma voix se serre et mon palpitant s’emballe. Les vannes s’ouvrent.

« C’est mon ex, je ne sais pas ce qui se passe… Il est…étrange. On se disputait beaucoup mais ça finissait par s’arranger puis il est devenu violent. Je ne sais pas pourquoi, il n’avait jamais levé la main sur moi. Je l’ai quitté dès la première fois parce que c’est ce que toute femme ferait, pas vrai ? J’ai changé les serrures, j’ai changé de numéro de tel. Et quand je suis rentrée ce matin après le travail, il était chez moi. Je ne sais même pas comment il a fait pour entrer ! Il m’a reproché d’avoir quelqu’un, il parlait comme un dément je te jure. A crier que je lui appartenais. Et là… je ne sais pas où il est. Il m’a planté là avec l’idée ferme d’aller donner une correction à celui qu’il pense être mon petit ami… Il risque de chercher longtemps. »

Je descends de mon tabouret, me plante entre ses jambes. J’essuie d’un geste rapide les petites larmes qui ont réussi à se faufiler. Je lui souris tristement avant de prendre ses mains dans les miennes.

« Alors comme ça tu vas à Mexico ? Et je n’étais même pas au courant, tu avais peur que je m’accroche à ton sac à dos ? J’espère que tu profiteras du soleil pour moi et des pina colada. »

Les yeux brillants, je cherche à rire malgré la peur qui tiraille encore mon ventre.



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MessageSujet: Re: La Vida Loca Ven 14 Avr - 6:46



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Des yeux... jaunes. Le chasseur attend, les yeux plissés, qu'elle aille au bout de sa pensée. Plusieurs raisons peuvent expliquer des yeux jaunes, une infection, une possession, une usurpation, une addiction... tout dépendant de ce qui est jaune... pupille, sclérotique ? ...des yeux jaune, c'est vague. Alors ouais... ouais il en connait pas mal qui en ont. Et la plupart sont plus de ce monde.

Jake l'écoute lui parler de son ex, de la façon dont se déroulait leurs derniers moments passés ensemble jusqu'à l'épisode de ce matin. La belle avait déjà parlé de lui avant... mais jamais de cette manière. Selon elle, il serait devenu agressif puis violent, passant des paroles aux actes. Des gars violents et jaloux, c'est pas c'qui manque à Salem. Et puis... Vanessa... faut pas s'étonner que la jalousie vienne cogner le coin de la gueule de celui qui partage son affection. Belle de jour, prédatrice de nuit. Suffit de la regarder bouger son cul pour se sentir attiré par elle, complètement lobotomisé. Comme une souris qui s'explose la gueule sur une trappe par volonté de goûter un bout de fromage un peu trop appétissant. Vaness' irradie, chacun de ses mouvements est un appel à la débauche. Dire qu'elle est pas un objet de convoitise, ce serait mal la connaître. Si elle danse, c'est parce qu'elle domine le monde au bout de ses talons pas parce qu'on la soumet. L'erreur de la belle, en fait, c'est d'être tombée amoureuse d'un fucker.

C'est d'ailleurs pour ça qu'il soupire longuement lorsqu'elle vient se nicher entre ses cuisses. Ça ou à cause des larmes qui lui barbouillent le coin des yeux, de son expression attristée. Les lèvres du chasseur se muent en un sourire las aussi, fronçant les sourcils en observant ses mains qui font bouger les siennes naturellement. Espérant égoïstement que ça suffirait à la distraire et lui refouler la tristesse. Hm...

" Alors comme ça tu vas à Mexico ? Et je n’étais même pas au courant, tu avais peur que je m’accroche à ton sac à dos ? J’espère que tu profiteras du soleil pour moi et des pina colada.
- ...y'a eu un déclencheur... ? " qu'il coupe, toujours plongé dans ses introspections concernant ledit fucker, le jugeant plus préoccupant que du jus d'fruits qui goûte le rhum " ...t'as remarqué quelque chose de particulier... une cassure ? Des nouvelles connaissances dans son entourage... Des habitudes qui t'ont parues... bizarres... le soir, entre autre... ou durant les repas... Il bouche le drain avec ses poils de cul ? Il se mutile les avant-bras ? Trace de griffes sur les meubles ? "

...Est-ce qu'il bouffe des cadavres encore chauds... Jake finit par soupirer, jetant son regard un peu partout pour éviter le sien. Il finit quand même par la toiser une seconde avant de poursuivre.

" Ton gars, .... Gabriel c'est ça... ? ... possible qu'il se soit fait mordre par un lycanthrope... les monstres... les loups, comme ceux qui viennent parfois dans l'sanctum pour les combats... Les sang-purs généralement, on sait même pas qu'ils en sont, ils savent se contrôler... Mais les infectés... y sont imprévisibles, agressifs... ça pourrait expliquer ce qui est arrivé à ton gars... et pourquoi il a les yeux jaunes... "

Jake plisse les yeux, conscient de la claque mentale qu'il vient de lui envoyer malgré lui, mais il n'allait certainement pas raconter que la vie est belle et pleine de papillons juste pour voir ses yeux s'illuminer... La réalité c'est que plein d'humains se font infecter par les surnaturels et sont laissés à leurs instincts sanguinaires. Quoiqu'elle fasse, si le lycan la prenait pour cible en tant qu'humain... sa bête n'en ferait qu'une bouchée à la prochaine pleine lune...

" Tu vas v'nir avec moi. "

Elle capte rien. Normal. Jake se lève et prend le sac de la donzelle en plus du sien sur ses épaules. Il hoche la tête puis lui fait signe de le suivre. Ça ressemble un peu plus à un ordre qu'à une invitation festive. Question de perspective.

" ...j'vais m'renseigner. Si il fait partie d'une meute, si il a fait des conneries... j'le saurai. Après... j'te promets rien. Soit on lui trouve un chaperon... soit il finit un couteau au travers d'la gorge, c'est toi qui vois. Mais j'le laisserai plus t'toucher. C'est pour ça que tu vas m'suivre à Mexico, j'te laisserai pas toute seule ici. Te connaissant, aussitôt qu'Ed aura le dos tourné, tu vas trouver une excuse pour sortir prendre l'air et ça, c'est un luxe que tu peux pas t'permettre... pas tant qu'on l'aura pas retrouvé... "



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MessageSujet: Re: La Vida Loca Mar 18 Avr - 17:30



LA VIDA LOCA
feat. Jake

Je me confie, je m’ouvre. Je parle enfin de Gabriel, de ce premier soir, de ce matin. Je me souviens des cris, des mots, des pleurs et de la peur. De ses mains serrant trop fort, de la couleur de ses yeux si particulière. Je me livre avec une extrême facilité, les mots s’enchainent les uns derrière les autres jusqu’à ce que tout soit dit, ou presque. Tous les détails n’y sont pas mais il me semble que c’est suffisant, il y a aussi ceux dont je n’ai pas envie de me souvenir. Ne pas tous les énoncer, ça permet de ne pas y croire entièrement. De faire semblant. Je sais qu’au fond je me mens. Mais difficile d’oublier ces années passées l’un avec l’autre. L’un dans l’autre.
La panique me mord les tripes. Et si je ne retrouvais personne d’autre, comme lui ? Si aucun autre ne pouvait satisfaire mon appétit vorace, se plier à mes exigences, à mes caprices ? La peur du manque. C’est comme une drogue. Le sexe est une drogue. Pour moi en tout cas, elle l’est.
Une peur stupide que je calme d’un battement de cils. Parce que cette fois, c’est vraiment terminé. En parler à Jake m’aide à réaliser qu’entre Gabriel et moi il n’y aura plus jamais rien. Évidemment, c’était déjà le cas depuis une grosse poignée de jours mais il n’y a que là où je m’en rends compte, véritablement.

J’essaye alors de changer de sujet, de partir sur une conversation autre. Une qui ne m’angoisserait pas et me donnerait ce sentiment d’insécurité. Derrière mes traits fatigués je tente une plaisanterie qui tombe à l’eau dès que le chasseur ouvre la bouche. C’est comme s’il n’avait rien écouté de cette dernière, s’accrochant sur les détails de mon histoire avec Gabriel. Ses questions me bousculent, je tangue, me rattrape à sa cuisse. Les réponses fusent dans mon esprit, se mélangent. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Ou peut-être que je sais mais que je suis perdue. Nos disputes ont toujours existé. Pour une broutille, pour de l’argent, pour un mec ou pour une meuf. On s’aimait, peut-être mal. C’était peut-être de ma faute. J’en sais rien. Je me noie dans mes propres interrogations, Jake en profite pour continuer de parler. J’hoche la tête à son prénom tandis que le reste me terrifie. Ma main posée sur sa cuisse se crispe, pince le tissu et un peu la peau.

J’ai peur.

Je me souviens des histoires qu’il me racontait les soirs où il venait au Moonrise. De ces Monstres horribles, de cet instinct animal et des dégâts qu’ils étaient capables d’occasionner. Des monstres. Que des monstres. Mes yeux s’arrondissent et se figent dans les siens. L’envie soudaine qu’il dise que c’était une blague. Qu’elle était bien drôle celle-là. Mais rien. Je les revois, dans le sanctum. Je me souviens des cris de bête tout autant que ceux de la foule en délire. Je ne regarde jamais aucun combat. Je m’en tiens éloigné parce que j’ai du mal à jubiler face à des effusions de sang. Au contraire, j’ai plutôt tendance à vomir, je crois que ça gâcherait le clou du spectacle.
Je réfléchis alors, me perd dans de nombreuses suppositions. Les yeux jaunes, sa colère constante, son mal être. Il était sur les nerfs depuis quelques temps, systématiquement. Il grognait de mécontentement. Il mangeait de la viande, plus que d’habitude. Mon dieu mais qui a bien pu te faire ça ? Les visages défilent, ceux de ses amis, de ses connaissances. Des anciens collègues de travail en passant par le coiffeur à l’angle de la rue de notre immeuble. Mais là encore, je ne trouve rien.

Je reste toujours figée devant lui, incapable d’émettre le moindre son alors qu’à l’intérieur de mon crâne ça ressemble à une apocalypse. Il se redresse pourtant, attrape mon sac sans que je ne cille. Peut-être que je vais finir par me réveiller. Peut-être que tout ceci n’est qu’un cauchemar. Oui, voilà. Cette idée serait nettement plus rassurante. Mais dans ce Monde-là, rien n’est rassurant.
Il m’intime de le suivre et il me faut quelques longues secondes avant de réaliser qu’il ne plaisante pas. Qu’il m’emmène vraiment avec lui. Je réalise, assez tardivement, que je suis en danger. Je sais déjà que Gabriel fera tout pour me retrouver si ce n’est pas déjà le cas. Parce que je ne suis plus au studio et que j’ai vidé quelques tiroirs. Il verra les fringues éparpillées sur le sol et il ne mettra pas longtemps à comprendre que je suis partie et que je ne veux plus revenir.
Une question me frappe avec une force qui me fait presque tourner la tête. Mes mains accrochent le bras du chasseur pour le stopper dans son élan. Ma voix est cassée, tiraillée.

« Tu crois… tu crois qu’il a déjà fait mal à des gens ? J’ai passé cinq ans avec lui Jake. Y a rien pour le guérir ? C’est pas un mauvais gars dans le fond… »

Je me voile la face. Je le sais d’avance. Gabriel n’est plus. Ce truc, c’est une malédiction, pas un simple rhume qu’on règle à coup d’aspirine. Mon corps se presse contre le sien et mes bras viennent s’enrouler autour de son cou. Sa carrure me rassure. Sa présence est réconfortante. Alors je le serre un peu égoïstement contre moi pour faire taire cette peur dans mon ventre qui fait remonter la bile dans ma gorge.

« Merci. » murmure-je contre sa gorge.


Le vent s’engouffre dans mes cheveux qui viennent fouetter mon visage. Devant nous, sur le bitume, un jet privé. Je retire mes lunettes de soleil pour mieux contempler la chose.

« Wah. Tu ne m’avais pas dit ça ! »


Je m’émerveille comme une gamine de six ans. C’est que je ne connais que la classe économique, moi et que mes voyages se résument à la caroline du sud et boston. Je ne suis jamais allée voir du pays parce que l’on avait jamais assez d’argent pour se permettre d’aller plus loin que les parcs alentours ou le camping du coin. L’intérieur est spacieux, fauteuils, canapés. C’est un vol, très, très privé, nous ne sommes que deux et à priori ils nous attendaient pour décoller. L’hôtesse de l’air me débarrasse de ma veste mais je ne la regarde pas, mes yeux se posant sur chaque infime petit détail. Il y a de la dorure au pied de la table basse. Des coussins colorés sont disposés avec soin. On jurerait qu’ils sont posés au millimètre près.

« Oh mon dieu ! C’est un truc de dingue Jake ! T’as déjà vu ça ? Dis-moi que t’as jamais vu ça que je sois pas la seule à m’extasier. Non mais regarde-moi ça, du cuir blanc, partout. De la moquette, tu crois que je pourrais me mettre pieds nus ? Madame, je peux me mettre pieds nus ? »

Elle semble intriguer l’hôtesse de l’air. Elle m’offre malgré tout un sourire avant d’hocher la tête. Je retire mes escarpins dans la foulée avant de m’installer sur un fauteuil confortablement. J’écoute soigneusement les consignes, m’attache et regarde par le hublot en trépignant sur place. J’ai toujours adoré le décollage.
Le voyant indiquant le port de la ceinture obligatoire s’éteint et j’en profite pour me lever et visiter un peu tout en continuant de lui parler, de plus en plus fort lorsque je m’enfonce tranquillement dans l’appareil.

« Au fait, tu dois livrer quoi au Mexique ? Ca va prendre du temps ? J’vais pouvoir bronzer ou pas ? J’ai pas apporté de maillot de bain remarque… tant pis. Je ferai sans. Oh bordel viens voir ça ! »

Je reviens un peu sur mes pas et lui fait signe de venir. C’est quand il est à côté de moi que je lui fou un coup de coude dans les côtes.

« Tu t’es déjà envoyé en l’air ? »

Littéralement.
Joueuse, je tire sur ses mains pour l’attirer sur le lit beaucoup trop grand. Une fois ses fesses posées, j’allume le poste incrusté dans la paroi et monte le son. Ca sent déjà le Mexique. Le sourire aux lèvres, la peur s’est totalement effacée à la simple idée de changer d’air. Je sais qu’avec lui, je ne risque rien.
Je retire mes collants déchirés, remonte la robe sur mes cuisses et me mets à danser en rythme. Je l’aguiche, comme je l’ai toujours fait.
Je lui offre mon plus beau sourire et m’amuse en tournoyant. Mes battements de cils le charment sans pudeur et mon fessier vient se balancer devant son nez avant que je n’éclate de rire en m’installant sur ses genoux. J’ai chaud. Mon rire s’efface alors que je le regarde quand mes lèvres viennent s’écraser sur les siennes dans la folie de l’instant. Un baiser profond au goût de reviens-y.



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MessageSujet: Re: La Vida Loca Mer 24 Mai - 5:27



LA VIDA LOCA
feat. Sweetie


« Tu crois… tu crois qu’il a déjà fait mal à des gens ? J’ai passé cinq ans avec lui Jake. Y a rien pour le guérir ? C’est pas un mauvais gars dans le fond…
- ... tout c'que j'sais... c'est qu'il a plus grand chose d'un gars... "

...

La belle s'avance sur la piste, les yeux brillants comme ceux d'une gamine dans une fête foraine. Elle s'émerveille alors qu'elle n'a encore perçu que la pointe de l'iceberg. Jake ne dit rien, se contentant d'entrer à l'intérieur du jet de Costa. Il y a quelque chose dans le sourire de Vanessa qui force celui du chasseur. Parce qu'il déteste pas la voir aussi heureuse après ce qu'elle venait de vivre. Et que ça réussit presque à lui faire oublier cette barre dégueulasse qui lui traverse l'estomac. Parce qu'il a beau être un chasseur depuis trois siècles, il a beau avoir combattu des milliers de monstres plus dangereux les uns que les autres, subit des malédictions, tapé la gueule de la mort que le coin des comptoir de bar miteux dans une centaine de lieux sordides... si il y a bien une chose qui l'a toujours complètement déstabilisé... c'est bien bien de se retrouver coincé à 30 000 pieds dans une cage métallique flanquée d'ailes sautillantes dans le néant de l'infini. Le mal de l'air. La nausée, les vertiges. What the fuck is that, jamais il ne s'est senti dans son élément dans cette merde volante moderne. Pas confiance au pilote, pas confiance aux conditions météorologiques. Si Enrico n'avait pas insisté, la cargaison aurait voyagé dans un bon vieux truck, sur le plancher des vaches. Mais comme le temps pressait, il devait endurer les reflux gastriques et la nervosité dégueulasse... L'hôtesse les salue avant de disposer de leurs effets personnels qu'elle range soigneusement dans les soutes. Heureusement que Vaness' s'extasie pour deux, parce que la gueule de Jake est figée dans le marbre. Il faut dire que c'est pas la première fois que le chasseur a droit à une balade dans ce jet privé... et surtout qu'il n'est pas du genre à s'exciter devant les biens matériels. De toute façon, il est pas d'humeur.

" Oh mon dieu ! C’est un truc de dingue Jake ! T’as déjà vu ça ? Dis-moi que t’as jamais vu ça que je sois pas la seule à m’extasier. Non mais regarde-moi ça, du cuir blanc, partout. De la moquette, tu crois que je pourrais me mettre pieds nus ? Madame, je peux me mettre pieds nus ?
- Hm. Mouais. Costa aime s'entourer de belles choses. Autant qu'il peut aimer les jolies donzelles... il va t'accueillir comme une déesse... alors fais c'que tu veux, en autant que tu brises rien... quoique... j'crois pas que Costa pourrais t'en vouloir, surtout si tu lui d'mandes pardon en t'dandinant devant lui... "

...Ça explique aussi la gueule de l'agente de bord et la longueur de sa jupe qui laisse entrevoir le galbe de ses fesses. Faut dire que Costa avait pas juste des goûts de luxe... il avait du goût tout court... C'était quoi déjà ? Monica... non... Barbara... bref, c'était l'une des servantes de la villa qui devait endosser plusieurs rôles.

Le cul sagement posé dans le fauteuil, le chasseur boucle la ceinture et se prépare au décollage comme le signale si bien la donzelle. Les doigts serrés contre les appuis-bras. Il patiente en tentant d'entrer doucement dans la première phase de méditation. Contrairement à sa complice fébrile et conquise, lui n'éprouve aucun fuckin' plaisir en ce moment, juste l'anticipation dégueulasse d'un vol interminable plein de turbulences qui vont lui faire vibrer l'cul jusqu'à lui donner envie d'gerber. Inutile de dire qu'il se concentre d'autant plus sur le mouvement des lèvres charnues de l'hôtesse de l'air qui leur explique ce qu'ils devront faire si jamais l'avion venait à crasher. Tellement concentré qu'il ne baisse même pas les yeux sur le corsage près à exploser de la donzelle. L'avion file sur la courte piste puis décolle, la montée est telle que le chasseur fusionne à son siège. Un vertige le prend, mais rien n’apparait sur son visage placide. Blafard, le teint vert, Jake ne bouge pas de son assise même lorsque la consigne lumineuse l'autorise. Il ne défait pas non plus sa ceinture pour autant. L'hôtesse lui apporte un verre de tequila dans un plateau, ainsi qu'une étrange friandise qu'il ne se retient pas de descendre d'un trait. Vanessa s'émoustille devant la moindre babiole, devant le plus innocent des fuckin' coussins un peu trop doré tandis que lui tente simplement de respirer pour calmer la bouillie nerveuse qui gronde dans son estomac.

" Au fait, tu dois livrer quoi au Mexique ? Ca va prendre du temps ? J’vais pouvoir bronzer ou pas ? J’ai pas apporté de maillot de bain remarque… tant pis. Je ferai sans. Oh bordel viens voir ça ! "

Jake soupire. Juste parce qu'il en a marre de s'endurer. Hors de question d'avoir l'air d'un guignole de l'air. L’orgueil est telle qu'il daigne se défaire de son siège pour se lever et suivre la donzelle malgré cette nausée percutante, ce malaise physique plus fort que lui qui le prend d'assaut. Et ça tourne. Fuck que ça tourne. Si il parle, les mots filent malgré lui.

" ...alcool... potion... pour... pour la fille. " il ignore ce qu'il transporte, juste qu'il s'agit d'un remède de la plus haute importance selon Edwan.

Le coup de coude aurait pu lui être fatal, mais il se contente de s'appuyer un bout de cul contre le matelas, se retenant un peu au mur, un peu à rien. Les courbes de Vanessa ondulent devant lui, dans sa vision qui se brouille soudainement... la seule chose qui aurait pu rendre son vol endurable s'estompe peu à peu ...what the fuck... Les doigts du chasseur s'attachent à sa chair chaude, ses lèvres cueillent les siennes, juste à temps pour goûter leur étreinte suave. Une barrière qu'elle n'avait jamais franchi jusque là... une barrière qui lui tape dans le milieu du front. Lentement, le chasseur roule des yeux et se ramolli, flasque comme une grosse merde, il s'étend sur le lit, ses muscles ne le supportant plus. Mort ? Son torse se soulève, d'une inspiration lente, rythmée et profonde. Endormi. Comment on peut s'endormir dans un moment pareil, avec une donzelle pareille... !? C'est l'agente de bord qui semble avoir une réponse à cette question.

" Pardonnez-moi, mademoiselle, mais Monsieur Costa a insisté pour que ses hôtes passent un vol des plus agréables, il m'a donc chargé de donner à Monsieur Rhodes un petit quelque chose pour l'aider à se détendre. M. Costa vous offre toutes ses excuses, d'ailleurs, de vous priver de la présence de Monsieur Rhodes, même si il se doute qu'il est loin d'être le compagnon de voyage idéal. Si vous voulez bien vous installer confortablement, je vous apporte notre menu où vous pourrez choisir parmi une sélection de trois tables d'hôte. Nous diffuserons également la vidéo de Puerto Los Cabos, où vous serez accueillis, dans quelques minutes durant le repas, vous y découvrirez tous les attraits locaux. Vous pourrez ensuite sélectionner le film de votre choix, nous avons accès à plusieurs exclusivités qui ne sont même pas sortis au cinéma. Puis-je vous servir quelque chose à boire ? Je suis à votre entière disposition, je me nomme Diana. "

...

" Hmgnlh... " Jake ouvre les yeux en grimaçant, il tente en vain de retenir la coulisse de bave qui humidifie ses lèvres et le matelas où son visage était incrusté. Du revers de la main, il essuie sa salive et se frotte les yeux du bout des doigts, se rappelant où il était, avec qui et pourquoi il y était. Ça faisait un sacré bout de temps qu'il avait pas dormi aussi profondément dans un sommeil aussi noir et sans bruit. Lorsque Jake rejoint son siège, il a encore les motifs du tissu imprégnés sur le coté du visage et les yeux dans le beurre. Il pose son cul, mastiquant le vide. Clic. La ceinture contre sa taille. Le chasseur ose à peine croiser le regard de Vanessa, un mélange de confusion, de malaise, de virilité écorchée ... de confusion surtout. Non d'orgueil. Hm. Surtout d'orgueil.

" Bon retour parmi nous, Monsieur Rhodes. Nous sommes en approche de Los Cabos, si vous voulez bien boucler vos ceintures et vous préparer à l'atterrissage. "

Quoi déjà... j'ai dormi 4 fuckin' heures !?

...

C'est dans un convoi de deux VUS de luxe ébènes blindés que Jake et Vaness' font route jusqu'à la villa où ils doivent rencontrer Enrico Costa. De quoi s'prendre pour le Roi d'une république de bananes. Loin du ghetto, ils font route dans un lieu qui se veut touristique d'abord, voués aux clients richissimes, situé un paysage tropical époustouflant. De la montagne au lagon, de la plage aux eaux cristallines, il y a de quoi vendre plus que du rêve. Jamais Jake aurait les moyens de se payer une baraque dans ce paradis sur terre. Et même si il le pouvait, il saurait probablement même pas quoi en faire, anyway. J'ai pas la même vision du paradis... Malgré le soleil couchant sur l'océan, la chaleur est omniprésente derrière les vitres teintées. Jake demeure avare de mots, comme toujours. Vanessa en a sans doute beaucoup plus appris dans le vidéo diffusé dans l'avion qu'il peut en savoir sur le coin par expérience. Faut dire que Costa m'a pas invité ici la première fois. Les véhicules empruntent une allée privée puis s'immobilisent devant une grille où un gardien armé vient les accueillir. Après une courte vérification, ils entrent sur le domaine Costa. Une villa, et pas des moindres. Immense, chic et rustique à la fois. Vue sur l'océan, de tous les fuckins cotés. Une piscine extravagante qui contourne la moitié de la villa, avec ses propres bains à remouds et son bar intégré. Des espaces vastes à aire ouverte. Sans parler de ce qui se cache à l'intérieur, en plus des employés dévoués qui s'assurent d'un service impeccable et discret. Les bagagistes ne tardent pas d'ailleurs à porter leurs affaires dans la section de la villa qui leur est réservée, entièrement privée. Tout avait été prévu pour eux, même des effets personnels et des vêtements offerts par la maison garnissaient les meubles.

Jake n'attend pas que le chauffeur lui ouvre la porte, il se contente d'aller rejoindre le chargement qu'il s'affaire à débarquer tandis que l'homme de main de Costa aide la donzelle à s'extirper du VUS. D'ailleurs, en parlant de Costa... Un homme d'une quarantaine d'années en apparence, s'avance, un âge parfaitement assumé par sa forme physique impressionnante. Le teint hâlé, les cheveux noirs soigneusement coiffés, le bouc bien taillé sur sa mâchoire carrée. Fier et imposant autant par son charisme que par la confiance qu'il dégage. Bien vêtu, les manches de sa chemise blanche roulée sur ses avants-bras. Un parfum que le chasseur ne connait pas, mais qu'il reconnaîtrait dans une foule sans aucune difficulté. Le même qu'au premier jour de leur rencontre. Un garde du corps l'accompagne, mais il demeure en retrait, connaissant la confiance de son patron pour le chasseur.

" Jake Rrhodes, mi amigo ¿Que pasó? Tu as fais bon vol ? "

Le chasseur se redresse pour saluer l'alpha, un sourire relève le coin de ses lèvres alors qu'il attrape la main tendue de Costa et le bras qui vient avec. Il lui claque l'épaule avant de le gratifier d'une accolade sincère.

" Grâce à toi, y parait.
- Content de te l'entendrre dire.
- Tiens. ...pour Maria... "

Jake sort la fiole confiée par Ed' et la livre au mexicain. Mission accompli. Théoriquement, c'est tout ce qu'il devait faire ici. On peut rentrer à la maison... hm...

" Muchísimas gracias, cazador.
- Tu pourrais m'expliquer c'qui se passe avec Maria...
- ...más tarde, Jake... plus tard, plus tard... nous aurons tout le temps pour ça... "

Hm. Costa se désintéresse rapidement du chasseur, s'approchant de la donzelle pour la gratifier de son plus élégant sourire. La main de l'alpha relève déjà celle de l'humaine pour y frôler les lèvres dans une salutation vestigiale qui pourrait être kitch si quelqu'un d'autre que lui tentait de le faire en gardant sa crédibilité.

" Bienvenido a Puerto Los Cabos, señorita. Enrico Costa, para servirle. " il embrasse sa main délicate, la calant dans la sienne avant d'accrocher la donzelle à son bras pour lui servir de guide personnel.

Jake les regarde s'éloigner en soupirant. Cinq minutes et il lui sortait déjà le grand jeu. Faites comme si j'étais pas là surtout. En attendant, il savait pas où foutre ses fuckin' cargaisons d'alcool. Comme pour répondre à ses interrogations voilà Diego, le neveu de Costa qui débarque. Une pâle copie de son oncle, en cliché un brin trop américanisé et définitivement insupportable qui veut un peu trop faire ses preuves.

" Hey Rhodes ! " une simple poignée de main et un hochement de tête suffisent cette fois à saluer le jeune homme. " J'ai su que tu arrivais ce matin. Si tu avais vu la tête de Maria quand on lui a dit que tu viendrait...
- ...tu sais ce qu'elle a toi, Maria...
- Oh... euh. Oui. Non. Enfin... Non. J'veux dire. Que c'est... c'est compliqué tu vois. Allez, viens on va poser ça là-bas. "

Diego et le chasseur s'affairent à déplacer les caisses. Ces connards de lycans lui cachaient un truc. Il savait pas quoi... mais ça sentait pas bon.

Ed'... j'te jure que si tu m'as envoyé dans une mission foireuse, j'vais te botter l'cul tellement fort que tes rots vont avoir un arrière goût d'merde.




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MessageSujet: Re: La Vida Loca Jeu 25 Mai - 0:47



LA VIDA LOCA
feat. Jake

Je ne remarque pas le malaise de Jake. A aucun moment donné d’ailleurs. Peut-être parce que je suis trop excitée à l’idée de cette escapade. Parce que j’ai besoin d’oublier. De penser à autre chose. De m’envoler loin, très loin de Salem, loin des problèmes. Je n’aime pas cet état de peur qui me ronge les tripes. Je n’aime pas sursauter au moindre bruit à la nuit tombée, ou au petit jour parce que je crois qu’il est rentré. Qu’il m’a trouvé. Alors je respire, je m’amuse et je décompresse à bord de l’appareil. Comment ? De la seule façon que je connaisse. En dansant et en charmant. Je reconnais qu’il est tendu. Sans doute parce qu’il se tient désespérément à la paroi. Alors je danse pour lui comme pour moi. Pour son malaise et pour mon envie d’oublier. Et c’est sur ses genoux que je retombe, riant, expiant toute la noirceur qui s’est accrochée à ma tête. Mes lèvres l’effleurent, écrasent les siennes. Un baiser interdit. Un baiser qui agite mon palpitant, mon ventre, mes sens. Mais rien. Tout s’arrête.

« Jake ? JAKE ?! »


Il retombe sur le matelas qui rebondit légèrement. Il tombe comme s’il venait de prendre un coup de masse derrière le crâne. Je me relève, me poste à son chevet et panique largement.

« JAKE !? OH MERDE. OH NON. JAKE. S’IL VOUS PLAIT ! »

Mes cris sonnent l'alerte et elle est là, la grande brune, l’hôtesse. Elle s’approche pour me rassurer, m’avouant à demi-mot qu’elle lui a prodigué de quoi passer un agréable vol. Le mien devient d’un coup beaucoup moins amusant. Je soupire, jetant un coup d’œil à Jake qui semble parfaitement tranquille. Tenter de le réveiller ne servirait à rien. Alors je me lève pour suivre Diana et son planning suffisamment riche qui devrait me permettre de tuer le temps en attendant qu’on atterrisse. Et j’ai soudainement très envie d’atterrir. Chauffée à blanc, la chaleur entre mes cuisses persistent. Suffisamment pour que je décide après quelques minutes de me débrouiller seule, dans les toilettes spacieuses. Le ronronnement du moteur venant couvrir mes soupirs. Les joues roses, je ressors plus détendu. Plus apte à me voir offrir la suite du programme. Je réajuste les pans de ma robe et retourne m’asseoir sagement quand Diana me rapporte les menus. Et beh, ils font pas les choses à moitié.

Devant moi, l’écran diffuse carrément une vidéo officielle de tourisme. Venez chez nous, vous serez bien. Ca pourrait carrément être son slogan. Des plages à perte de vue, des falaises. Des terrains de golf, apparemment ils aiment beaucoup le golf là-bas. Balade en mer, plongée, pêche, jet-ski. On peut même nager avec des dauphins. Je veux nager avec des dauphins. Clairement, le cadre est idyllique et je me sens chanceuse de pouvoir accompagner Jake. Je ne sais pas combien de temps nous allons rester là-bas. J’espère quelques jours. Je n’ai jamais pris de vacances alors, pourquoi pas ?
Je savoure le poisson et sa sauce au beurre blanc à tomber par terre. Jake tu ne sais pas ce que tu rates. A ce propos, je me penche légèrement pour voir si tout va bien. Il n’a pas bougé d’un iota quand Diana débarrasse et me met un film en avant-première. Le titre avait l’air sympa alors…
Je me perds dans mes pensées plus que je ne regarde le film. Mon regard erre par le hublot. La matinée se repasse en boucle comme pour ne pas que j’oublie vraiment. Comme pour me punir de vouloir passer à autre chose, d’avoir voulu oublier des bras en allant dans d’autres.

Est-ce que c’est mal ? Je ne me suis jamais vraiment demandé si c’était mal ce que je faisais. Parce que ce n’est pas mal c’est seulement… du plaisir. Egoïste peut-être. Solitaire assurément. Le sexe comme exutoire, est-ce si grave ? Le besoin de plaire, d’attirer le regard comme une fleur attire l’abeille, comme le miel attire l’ours. Pourquoi ce serait Mal… D’être ce que je suis. Moi et toutes mes envies. L’appel des chairs qui s’entrechoquent, le plaisir qui en découle. Déguster chaque soupir comme s’ils étaient la boisson la plus délicate et la plus savoureuse du monde. De l’envie naît le manque. Le manque entraine le besoin, vital. Je lui dirai bien moi, à ce Costa, qu’il aurait pu se garder sa bienveillance. Que maintenant à cause de lui, je ne pense qu’à ça. Ca vient emplir ma tête d’images charnelles, de corps qui s’enlacent. Parce que le sexe est une terrible addiction. Quand, sans cette dose vitale, alors plus rien ne va. La logique fou le camp. La patience s’absente. Les questions qui attendent réponses restent bloquées là, quelque part, au beau milieu de ma boite crânienne. Parce qu’elles ne sont pas prioritaires. Parce qu’elles sont secondaires et n’arrivent pas à trouver grâce à mes yeux. Pourtant, oui pourtant, j’aurai besoin d’y répondre. De ranger chaque réponse avec sa question. Soigneusement. Là, quelque part. Pour ne plus qu’elles reviennent. J’en suis à mon dixième soupir quand Diana réapparait, s’enquit de savoir si tout va bien et si le vol me paraît agréable. Elle se plie en quatre pour être bienveillante. Elle est gentille Diana. Elle a de grands yeux verts et elle bat des cils avec mesure. La silhouette parfaite, le grain de peau lisse. Jake a raison. Ce Costa semble savoir bien s’entourer, surtout de jolies filles. Elle m’apporte ma troisième pina colada. Déjà. Je la savoure comme la première, comme la deuxième. Je m’ennuie, tente de me raccrocher aux images du film qui n’ont plus aucun sens à présent.

Alors je me fonds dans mon siège, m’endors et me réveille au moindre bruit. Parce que je ne les connais pas ceux-là. Ils ne me sont pas familiers. Et même si je suis dans un avion, bien loin du tumulte de ma vie à Salem, il n’empêche qu'il est là. Toujours là, quelque part dans mon esprit. Terrifiant.
Diana a toujours une parole gentille, sa voix douce me laisse retrouver le sommeil. Elle m’apaise, c’est comme la voix d’une mère qui murmure à votre oreille que tout ira bien. Que tout va bien se passer. On ne se demande pas si c’est vrai. On ne se dit pas qu’elle n’en sait rien. On la croit et c’est tout ce qu’on fait.
C’est le clic de la ceinture de Jake qui vient me faire ouvrir les yeux. Je le regarde avec un certain amusement. Parce que la couverture imprimée à laisser des traces sur son visage et qu’il n’a pas l’air frais malgré son petit somme. Il ne me regarde pas vraiment, mastique le vide comme il a souvent tendance à le faire. Des tics facilement repérable lorsque l’on a l’habitude de le voir.
L’hôtesse s’approche, agréable comme toujours. Elle nous informe que nous allons atterrir d’ici peu et que nous devons boucler nos ceintures.



Dans la voiture – franchement pas dégueulasse la voiture – c’est le silence pesant qui nous enveloppe. Un silence qu’il aime mais qui me met mal à l’aise. J’ai fait quelque chose de mal Jake ? Je n’aime pas le silence. Il m’angoisse. C’est comme si je devais écouter parler un sourd et muet que je n’en comprenais aucun geste. L’horreur totale. Je laisse le temps filer, essaye de penser à des choses agréables, de replacer les images de la vidéo dans leur contexte. Et c’est au bout d’un trop long moment que je me décide enfin.

« Diana m’a montré une vidéo super chouette de tout ce qui se fait ici. Tu savais qu’on pouvait nager avec les dauphins ? J’adorerai faire ça ! Il y a des marchés aux puces et un petit magasin qui vend plein de petits bijoux pour une mini poignée de dollars. Tu crois qu’on pourra y aller avant de repartir ? »

Mon regard cherche le sien sans réellement le trouver.

« Et pour tout à l’heure. Je ne sais pas… Je n’aurai pas dû ? »

Te sauter dessus comme une pauvre désespérée en manque d’un peu de chaleur affective et sexuelle. J’aurai pas dû ?
Pas le temps d’en dire plus que la voiture s’arrête déjà. Le chauffeur s’en extirpe et va pour ouvrir la porte du chasseur qui décide de l’ouvrir avant qu’il ne l’atteigne. Un comportement qui m’extirpe un rire. Quoi, t’aimes pas qu’on te tienne la porte ? Moi j’attends que l’on m’ouvre et qu’on me tende un bras. Je reste un retrait, regarde d’un œil l’accolade amicale qu’ils s’offrent. Très typé, il a la prestance de ces gens qui ne sont pas dans le besoin. Un regard sûr d’eux et une espèce d’aura qui reflète à vous en faire mal aux yeux. Ils échangent quelques mots jusqu’à ce qu’il croise mon regard et s’approche un sourire ravageur collé sur ses fines lèvres.
Charmeur il se présente, parle uniquement en espagnol. J’ai gardé quelques notions de l’école et comprends plus ou moins. Ceci dit, je n’irai pas m’amuser à m’y essayer. Moi et mon accent niais.

« Merci, je suis ravie de vous rencontrer. Vanessa. »

Quelques battements de cils viennent ponctuer ma phrase tandis qu’il me tire à son bras pour me faire visiter son immense propriété. Sa voix se fait de miel, désireux d’en apprendre un peu plus sur moi et mes activités. Lorsque je lui apprends que je suis une danseuse de charme, je peux nettement voir son regard lubrique étinceler.

« J’espère que vous nous ferez l’honneur de nous montrer vos encantos, señorita Vanessa.
-Avec grand plaisir monsieur Costa.
-Naaaa llámame Enrico
-Votre villa est splendide, Enrico. Je crois que je n'ai jamais rien vu d'aussi beau. Ou tout du moins, pas là où j'ai pu m'offrir un peu de bon temps, ça, c'est certain. »

Et encore. Il parait que je n’ai pas encore vu l’intérieur. J’ai le droit au coucher de soleil au rebord de la piscine, les pieds dans l’eau. Puis à une visite de la maison. Mes yeux s’émerveillent de la beauté des lieux. Les pierres apparentes donnent un certain cachet à l’endroit. Il me conte l’histoire des murs. Une histoire dont je ne saisis pas toutes les nuances. La faute à la barrière de la langue. Je découvre nos quartiers. Là où nous allons passer la nuit. Un tiroir est ouvert laissant apparaitre de la lingerie fine. Dans la penderie, des robes. La plupart sont blanches, minimalistes.

« C’est pour vous. Servez-vous. Los Amigos de Jake Rhodes son mis amigos.
-Merci, c’est vraiment très gentil. »

Je ris à ses quelques blagues, m’accroche toujours à son bras alors que nous descendons les escaliers. Il a volontairement omis de me faire visiter l’autre aile de la villa. J’imagine qu’il s’agit de ses appartements à lui ou quelque chose comme ça.
Nous retrouvons Jake à l’extérieur où un feu crépite juste à côté du jacuzzi. Les lumières nombreuses de la villa lui donne un petit côté féérique. On se croirait dans une brochure de magazine. Enrico garde soigneusement ma main contre son bras.

« Su amigo es delicioso Jake. » ajoute-t-il dans un clin d’œil entendu.

Il nous invite à nous installer dans le petit salon sous la tonnelle. Je retrouve Jake, m’asseyant à ses côtés dans le canapé alors qu’Enrico nous fait face. Il suffit qu’il lève une main pour qu’une jeune femme, très peu vêtue d’ailleurs, s’approche.

« Qu’est-ce que je vous offre ? Linda est là pour vous servir. A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Que está disponible »

Il arbore un sourire de conquérant. Celui que possèdent tous les gens d’influences qui usent de leur charisme pour en mettre plein la vue. Je les reconnais pour les avoir souvent côtoyé. Ils sont ceux qui n’ont pas peur d’aligner les billets. Ils investissent dans les jolies choses, dans les belles femmes. Il s’excuse un instant, prétextant un impératif. Une voix féminine se fait entendre mais comme je ne connais personne, je n’y prête pas réellement attention.

« Tu m’avais pas dit qu’on allait chez un mec hyper riche comme ça… » chuchote-je à l’intention de Jake.

Faut dire que le jet mettait tout de même la puce à l'oreille, faut bien l'avouer...

« Il m’a montré son gigantesque terrain de golf Jake. Il est juste… immense putain. Et mate moi ce jacuzzi. Tu sais qu’il y a des fringues pour nous dans notre chambre ? Dis-moi que t’as envie d’un bain de minuit Jake. »

Parce que moi, j’en crève d’envie là.
Au loin un prénom fuse. Martha… Maria. Un truc comme ça. Elle s’avance vers nous, ne semble avoir d’yeux que pour Jake.

Ok et elle je suppose que c’est pas une domestique puisqu’elle en traine déjà une derrière elle en plus d’Enrico.



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MessageSujet: Re: La Vida Loca Lun 29 Mai - 5:16



LA VIDA LOCA
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Le chasseur tasse la dernière caisse. C'est quand même une sacrée commande que Costa avait passée à Dwarf. Diego ne tarde pas à faire péter l'une des caisse au pied de biche et c'est en sa compagnie et celle de deux autres gros bras de Costa que Jake trinque s'envoyant un verre de whisky sanctum direct dans l'gosier.

" Salud.
- Salud... "

Awh. C'est bon de se sentir un peu chez soi quand même. Diego lui parle de la meute. De ce qui s'est passé durant les deux-trois dernières années. Des conflits avec les autres meutes, de comment Costa s'assure de sa domination sur le territoire. À l'attendre parler, l'alpha a le soutien d'une centaine de loups prêts à risquer sa vie pour lui... ce qui en ferait la meute la plus puissante de tout le Mexique.

" Hm. "
Une autre bonne raison de le garder de son côté.
" ...Maria doit être ravie. "

Quelque chose s'assombrit dans le regard de Diego. Parce qu'il ne veut pas être celui qui raconte, mais vu l'allusion non subtile que fait le chasseur concernant la progéniture de Costa... il se sent obligé de livrer le secret... qu'importe, Jake finirait par le savoir tôt ou tard... ce n'est pas pour rien qu'il a été invité ici comme le Roi d'une république de bananes. Diego serre la mâchoire et touche le bras du chasseur du revers de la main pour l'inviter à le suivre.

" Bon... et si nous allions rejoindre les autres... " s'excuse faussement le jeune Beta aux autres, il quitte la réserve pour rejoindre l'immense cour, il marche lentement sur le rebord de la piscine. Diego baisse l’intonation de sa voix, comme si il craignait d'être entendu. Un secret concernant Maria... ce serait bien une première... La fillette était née avec une couronne en or sur la tête et était reconnue pour être plutôt extravertie et extravagante surtout quand on la contrariait...

" Depuis un mois que Maria... souffre d'insomnie. En réalité... elle refuse catégoriquement de dormir la nuit...
- ... comment ça, elle refuse de dormir... "

Diego soupire, presque mal à l'aise. Il regarde une dernière fois autour de lui avant de murmurer derrière sa main levée près de sa bouche...

" ... El Cucuy... "
... wtf le cuicui...
- El cuicui ?
" ... chuuut... El Cucuy... ! " qu'il précise avec impatience, insistant pour qu'il parle moins fort en gesticulant comme un taré... comme si le Boggeyman en personne viendrait lui bouffer un bout d'cul en sachant qu'on se fou de sa gueule.

Un échange de regards, de plus en plus intense. Le chasseur devra se crosser avec ses interrogations puisque Enrico revient, Vanessa toujours sagement accrochée à son bras, Hm, laissant à Diego l'opportunité de se terrer dans le mutisme, presque soulagé avant de prendre place près du feu. Jake soupire discrètement, il pose son cul dans le canapé étonnement confortable, ramène son running shoe droit sur son genou gauche puis allonge le bras sur le dessus du dossier pour pianoter des doigts. Vanessa vient s'asseoir près de lui, elle et le nuage de son parfum qui s'accroche toujours aussi agréablement à son corps. Enrico en profite pour leur présenter celle qui leur servira de boniche pour le séjour à venir. Séjour qui risquait de s'allonger si un cuicui avait décidé de venir emmerder la jeune Costa... Le regard du chasseur erre distraitement sur la donzelle affriolante alors qu'elle dispose des verres de whisky sanctum sur la table basse et un cocktail maison fruité qui détonne du lot, visiblement destiné à Vanessa. Jake s'étire pour le descendre cul-sec. Enrico leur raconte une petite anecdote cocasse avant de les abandonner un moment lorsqu'il entend quelqu'un s'approcher à l'intérieur. Diego sur ses talons, le suivant comme le bon chien de poche qu'il était. Jake tourne la tête vers Vanessa.

" Tu m’avais pas dit qu’on allait chez un mec hyper riche comme ça… "

Jake lui sourit. Un sourire presque forcé, étiré qui relève le coin de sa joue. Y'a pas mal de choses que j't'ai pas dis concernant Costa...

" Il m’a montré son gigantesque terrain de golf Jake. Il est juste… immense putain. Et mate moi ce jacuzzi. Tu sais qu’il y a des fringues pour nous dans notre chambre ? Dis-moi que t’as envie d’un bain de minuit Jake.
- ...depuis quand ça prend des fringues pour un bain de minuit... "
- JAAAAKKKKEEEE !!! "

Le chasseur sursauterait presque si il ne s'était pas déjà levé d'un bond en voyant la fillette s'approcher. Fillette. C'est presque choqué qu'il la regarde s'approcher en sautillant sur ses talons beaucoup trop hauts. Si ce n'était de ses grands yeux noirs, il ne l'aurait peut-être jamais reconnue. Une vraie jeune beauté, Maria s'accroche au coup du chasseur, se laissant soulever du sol dans l'accolade qu'elle réclame dans ses gloussements. C'est lorsqu'il sent la poitrine volumineuse s'écraser contre son torse qu'il réalise... que les années ont passées. Aussi, il s'assure de garder ses yeux hors de ce fessier rebondi et outrageusement moulé dans une jupe plus rose que rose.

" Je suis trop contente de t'voir.
- Content de t'voir aussi, Maria. ... comment tu vas ...  "

Il la serre un peu plus avant de la poser au sol. Parce que quelque chose dans sa voix vibre. Comme... un arrière fond de détresse. Elle n'est pas simplement contente de le revoir... elle se sent soulagée par sa présence. La jeune donzelle se recule en balançant ses longs cheveux bouclés, laissant ses doigts accrochés aux bras du chasseur. Comme tous les membres de sa famille, l'accent sied à merveille à son teint hâlé. Difficile de croire qu'elle ne dort pas depuis plusieurs jours... trop ignorant pour reconnaître que le maquillage peut faire des miracles sur le syndrome de la tête dans l'cul. Elle sourit, faussement... puis ouvre la bouche, mais Costa intervient rapidement.

" Maria venait simplement vous souhaiter bonne nuit avant d'aller rejoindre ses quartiers. ¿No es, mi tesoro?
- ... quelque chose comme ça... qu'elle grogne sèchement... refoulant difficilement sa colère " Buenas noches Jake... " elle se détache de lui, avec une certaine réticence non sans avoir posé un baiser sur sa joue... son sourire qui s'était déformé après l'intervention de son père se brise un peu plus devant Vanessa qu'elle zieute malgré elle de haut en bas. " Hola... "

Un p'tit geste de la main, puis elle part, Diego sur ses talons. La belle jette un œil au chasseur par dessus son épaule... presque suppliante. Wtf...

Un malaise évident s'empare d'Enrico qui reprend sa place auprès de ses invités, visiblement agacé par la répartie de sa fille. Jake reste debout, ramenant lentement le regard sur son hôte, un regard presque sévère et plissé d'impatience.

" ...lo siento... elle est un peu tendue ces temps-ci.
" Et si tu m'disais pourquoi... "

L'Alpha hoche la tête lentement avant de faire bifurquer son attention vers les flammes dansantes, portant le verre ambré à ses lèvres avant de débuter son histoire. Jake retrouve le confort du canapé.

" Il y a trois semaines, elle s'est réveillée au milieu de la nuit en hurlant... pesadillas... Personne n'est à l'abri. Avec tout ces... perros callejeros, entre nos guerres de territoires, je me suis dis qu'elle était anxieuse. Puis ça a recommencé la nuit suivante... et depuis, toutes les nuits, elle se réveille dans cet état miserable y aterrado. Elle en est venue à croire que quelque chose s'en prenait à elle... comme si les légendes prenaient vie dans ses rêves... ridícula! ... soit elle a du mal a gérer son stress... soit... maldita droga... Ce pourquoi j'ai demandé à Sire Harrington de lui fabriquer un relaxant. Dans trois jours, Maria fêtera ses dix-huit ans. ... Dix-huit ans... tu te rends compte, Rhodes... Felicia a passé des mois a tout organiser... Elle doit dormir. Il le faut.

- Hm. Ce serait con qu'elle gâche la p'tite fête de Felic'.
- ... bastardo... tu insinues que je prête plus d'importance à une ridicule fiesta qu'à ma propre fille !? Elle doit dormir sinon elle va mourir de fatigue !!! " le ton commence à monter. Loin de lui l'idée de faire sortir Enrico de ses gonds.
- Non. Juste qu'elle a p't'être besoin d'un chasseur. Vois si l'élixir d'Ed' fait effet sur elle. Sinon... laisses-moi lui parler.
- Hum... ganga.

Un sourire revient s'accrocher aux lèvres du lycan, jugeant qu'il était grand temps de laisser ses invités se reposer après un si long voyage.

" Felicia se joindra à nous pour le petit déjeuner de demain. Elle en meurt déjà d'impatience. Buenas noches amigos. "

Il serre la main du chasseur, embrasse celle de Vanessa, un peu trop langoureusement à son goût. Jake suit le mexicain du regard avant de soupirer d'agacement. Il s'étire pour vider le verre que Diego n'a pas eu le temps de toucher. Linda revient rapidement à la charge, leur offrant quelques amuses-gueule que le chasseur engouffre en quelques secondes. De nouveau seuls, en compagnie d'une bouteille de whisky, le chasseur s'enfonce dans une introspection silencieuse.

" ... 18 ans... " qu'il souffle soudainement dans un rire.

L'éternité te va mal, t'en oublies que les autres vieillissent.

Jake s'avance, les coudes sur les genoux. Il se passe les doigts au visage, massant sa repousse de barbe.

" Quelque chose me dit qu'on va devoir aller à la p'tite fête de Maria. "

Quelque chose qui bouffe les gens dans leur sommeil.




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MessageSujet: Re: La Vida Loca Lun 29 Mai - 23:09



LA VIDA LOCA
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L’excitation fait chevaucher mes idées. Je parle trop vite, ne marque pas de pause entre mes phrases ce qui donne une réponse de la part de Jake totalement à côté de la plaque.
J’ai jamais eu dans l’idée de me baigner avec les fringues propres de Costa qu'est-ce que tu racontes ? Je ris à sa remarque et constate l’arrivée d’une jeune femme. Belle comme le jour, une jolie brune au teint halé comme la plupart de ceux qui se trouvent ici. L’idée de bronzer me parait évidente et je me dis qu’il faudra que je m’y mette dès demain si je veux en tirer quelques bénéfices.
Elle saute au cou de Jake, semble très heureuse de le retrouver. Je me contente de sourire et de siroter mon cocktail quand j’assiste à cette scène mais elle est renvoyée dans ses quartiers au pas de course par Enrico. La jeune femme ne semble pas réellement en accord avec ce qui lui est demandé mais elle n’insiste pas. Le visage triste, elle me salue non sans m’avoir dévisagé auparavant. Je lève la main et agite mes doigts.

« Hola. » réponds-je dans un sourire.

Sourire qu’elle n’a évidemment pas. Escortée, elle n’a d’autre choix que d’obtempérer. Une œillade en arrière est destinée à Jake. Le même qu’ont les petits chiens, totalement désespéré. Je ne les connais pas et le chasseur ne m’a rien dit les concernant que déjà je les trouve bizarre. Tu m’as pas sortie d’une merde pour m’en mettre dans une autre, pas vrai ? Le petit manège me laisse perplexe et je comprends un peu tardivement qu’il s’agit de la fille de Costa. La suite ? Je n’y comprends pas grand-chose. Elle semble faire des cauchemars depuis trois semaines. Vous avez pensé à l’emmener voir un psy ? A lui donner un bain au tilleul ? Non moi je dis ça… Et surtout, je ne dis rien me contentant de garder mon avis pour moi. Les histoires de fantômes où ce genre de trucs me font horriblement flipper. La jolie Maria va bientôt fêter ses 18 ans et le père craint qu’elle n’arrive pas jusque-là. Costa semble à cran puisque la remarque de Jake est mal accueillie. Faut pas lui en vouloir, la dentelle c’est pas son truc. Sauf sur les filles. Et encore.
Je termine mon cocktail, ne sachant pas trop quoi faire dans cette discussion qui ne me regarde pas. Je me contente de servir de décoration et espère que ça ne va pas durer trop longtemps quand même. Fort heureusement ce n’est pas le cas puisqu’il nous quitte.
Cette famille semble particulière. Felicia qui semble être la compagne d’Enrico et donc la mère de Maria, n’est pas venue nous accueillir. Elle doit être en voyage ou ils vivent séparément, quelque chose comme ça. Il se penche pour baiser ma main avec affection avant de rejoindre ses appartements.

Je crois que personne ne m’avait salué ou quitté de cette façon. C’est très… Ancien temps dirons-nous. Qu’importe, je me complais dans ses regards et dans ses manières aussi anciennes puissent-elles paraitre. Mon attention se porte sur Linda qui tout aussitôt nous ramène de quoi picorer. J’arrive à en sauver deux avant que le chasseur n’avale tout le reste. De nouveau seuls, je me redresse et quitte talons, robe et sous-vêtements. Je lui offre l’effeuillage avant qu’il ne s’endorme. Ah Ah Ah... La dentelle termine sur sa tête alors que je le regarde amusée.

« Tu viens ? »

Une question qui n’attend pas réellement de réponse. Je lui tourne le dos et m’approche de la piscine pour y tremper mes pieds. Elle est chaude ! Je m’assois sur le rebord et me glisse dans l’eau. Elle a beau être chauffée il n’empêche que mon corps brûlant arrive à frissonner. J’attends que Jake me rejoigne en grosses vaguelettes pour passer dans la partie des bains à remous. Installés face à face, les questions ne tardent pas à fuser dans ma petite tête.

« Il va falloir qu’on achète un cadeau pour Maria demain. Surtout si on doit rester pour sa fête, ça ne se fait pas de ne rien apporter. Mais dis-moi, tu les connais depuis longtemps ? … Et la jeune Maria… Ces histoires de cauchemars et le fait qu’elle ait besoin d’un chasseur c’est... grave ? Tu m’as déjà raconté beaucoup de choses mais jamais je ne pensais qu’il se passerait quelque chose comme ça. »

Et je le laisse me conter ses histoires. Me rapproche pour mieux les entendre. Linda nous interrompt, demande si on veut boire quelque chose. Ce sera un cocktail de jus de fruits pour moi avec un fond de rhum blanc quand Jake hérite d’un verre de whisky.  J’ai le droit au sucre coloré sur le rebord du verre et au petit parapluie. Ca a le goût des vacances.

« On aura qu’à aller au marché demain matin. Diana a dit qu’il était super sympa on trouvera peut-être un truc pour miss Costa. »

M’est avis que du moment que cela vienne de lui, ça lui fera plaisir.
Une araignée, une toute petite araignée me fait m’agiter et couiner. Je change de bord, retiens mes cris pour ne pas alerter tout le monde et fais autant de remous que le bain lui-même. Je me cache derrière l’épaule de Jake. Horrifiée.

« Tue-là ! Bordel, tue-là ! »

Et les blagues avec les araignées sont de très très mauvais goût tellement cela m’insupporte.
Je retrouve mon calme après quelques petites minutes. Mes yeux scrutent un peu partout de peur de voir une de ses copines venir pour la venger. On est jamais trop prudent avec ces bêtes-là. C’est vicieux !
Je l'enjambe alors qu’il est assis à profiter du massage que les bulles offrent. Le regard ancré dans ses prunelles, mon corps brûlant se presse contre son torse sans aucune gêne ni pudeur. Le nez posé contre le sien, j’expire de ce même désir né plus tôt à une attitude bien plus élevée. Je viens happer ses lèvres lui offrant le fruité des miennes et nos langues s’entremêlent dans un parfum ambré et acidulé. Mon bassin ondule contre ses cuisses, électrisé par ce baiser.
Je lui offre ma gorge et ma poitrine dans un soupir, glissent mes mains entre nous. Si l’une me caresse l’autre vient enserrer sa verge dans un va et vient serré. Je gronde doucement de satisfaction et de frustration. Le désir est trop fort, trop grand. D’impatience je me niche tout contre son ventre abandonnant les caresses pour écarter largement mes cuisses. D’un mouvement je m’empale sur lui, balance mes hanches d’avant en arrière pour mieux en apprécier l’angle. Ma joue contre la sienne, je viens pincer ses lèvres entre mes dents alors que ma main remonte le long de son cou pour s’y loger. J’ai besoin de beaucoup. De beaucoup trop. J’aime ça au point que ça me rend folle. Je cherche le plaisir à l’état brut, profond, puissant et qui fera écho à cette envie insatiable qu’est la mienne.  

Je le dévore comme une friandise, serre sa gorge un peu plus fort et bientôt l’eau ne m’apparait plus vraiment satisfaisante. Je me redresse, m’assois sur la pierre et l’attire à moi... Je tombe à ses genoux et c’est la chaleur de ma bouche qui vient l’envelopper dans un premier temps ainsi que la profondeur de ma gorge. Mes yeux cherchent les siens alors que je suce à en creuser les joues, gémissant dès qu’il pose un regard sur moi.



C’est nue et les bras chargés de ma robe et de mes chaussures que je regagne l’étage pour prendre possession de nos appartements. La douche y est agréable et je me glisse dans les draps frais. Si le sommeil ne tarde pas à venir me cueillir, les bruits environnant viennent me réveiller trop rapidement. C’est dans les draps de Jake que je me glisse cette fois, me collant à lui.

« J’ai… un peu peur. »
murmure-je.



N’ayant pas dormi depuis plus de 24heures, je n’entends pas lorsque Maria hurle au loin. Je ne sens pas même la carcasse du chasseur se déplacer. Je dors, d’un sommeil profond. Sans rêve ni cauchemar contrairement à la fille d’Enrico qui, cette nuit encore n'y échappera pas.



Lorsque j’ouvre les yeux, Jake n’est plus là. Impossible de dire à quel moment il a quitté le lit. Il me faut quelques secondes pour réaliser où je suis, une poignée d’autres pour me souvenir des détails de la veille et encore un peu pour trouver le courage de me lever.
J’emprunte une robe de la maison. Fluide, assez courte et blanche. Le tissu est léger et agréable et les bretelles sont faites en perles.
Je descends et retrouve Enrico qui m’accompagne jusqu’à la table avec la même sympathie que la vieille me demandant si j’ai bien dormi.  Son regard flatte mes courbes tandis que je ne porte rien de plus que cette robe. Felicia est présentée, elle semble aussi enjouée que son… mari, ex-mari, père de sa fille ? Rayer la mention inutile. Je m’installe face à Jake lui offrant un sourire ravi. Sur la table, fruits frais mais surtout… Du salé. Tortillas, Tamales, œufs. Pas de quoi ravir mon estomac en somme. Je prends silencieusement mon café et avale quelques fruits histoire de tenir la matinée.



Un peu plus tard, nous nous retrouvons au fameux marché. J’ai fini par enfiler un string si fin qu’on dirait que je n’en porte pas. Les odeurs d’épices viennent ravir mes papilles et je m’émerveille de chaque coin de stand coloré. On tente de nous vendre tout et n’importe quoi. Des ponchos, des sombreros. Mais rien qui ne puisse intéresser une jeune fille de 18 ans.
Et il y a cette petite boutique, elle n’est franchement pas grande et se mêle aux marchands ambulants. Des attrapes-rêves ornent une bonne partie de la façade et juste derrière des bijoux. Des lanières de cuirs, aux cailloux, c’est là que je décide d’aller, entrainant Jake sur mes talons.

« Un bijou ça devrait lui plaire. Il y a des bracelets vraiment jolies. On devrait prendre celui-là, regarde. »

Comme c’est un homme, il n’y connait pas grand-chose en bijoux. Je crois qu’il me fait confiance pour ce genre d’achat qu’il doit trouver inutile au possible. Au détour des présentoirs, un collier attire mon attention. Je le porte à mon cou avant de le montrer à Jake.

« Il est pas trop joli celui-là ? »

Si j’avais pu prévoir ces vacances, sans doute que j’en aurai profité pour prendre un peu de monnaie.



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MessageSujet: Re: La Vida Loca Mer 19 Juil - 4:42



LA VIDA LOCA
feat. Sweetie


Le menton appuyé contre ses mains refermées, le chasseur fixe droit devant lui, laissant les pensées défiler dans sa cervelle à une vitesse ahurissante. Il repasse en boucle les connaissances modestes en matière de possession et d'entités noctambules apprises au fil des années. Des spectres cadavériques qui s'effacent rapidement de ses songes lorsque le corps de Vanessa vient obnubiler sa vision. Oasis de vices et de tentations qui ondule et se dénude pour le plaisir de ses orbes luisants d'intérêt. Attiser les sens, ça a toujours été son plus grand talent, mine de rien. Alors il profite du spectacle... comme il l'a fait une centaine de fois... et ne bronche pas quand le dessous fin s'écrase sur le sommet de son crâne, se contentant de cligner des yeux presque stupidement. Parce que ça a toujours été bon client et qu'il ne demandait pas grand chose d'autre que le plaisir de ses yeux.

Un sourire s'étire sur les lèvres de Jake lorsqu'il la voit disparaître progressivement dans l'eau. Le chasseur répond silencieusement à son invitation en se levant, il retire son t-shirt et s'attaque à sa ceinture. Les vêtements quittent son corps pour s'échouer sur le fauteuil avec la sexitude d'une chenille qui se crosse sur la branche pour atteindre son goûter. Dans son plus simple appareil, il n'offre que le spectacle de sa musculature sans le vouloir, faut dire que gogoboy, c'était loin d'être son métier de substitution si jamais il n'avait pas de succès dans la chasse. Heureusement, elle s'avance lascivement et n'attend pas grand chose de lui hormis sa compagnie. L'idée de faire une bombe dans cette piscine grand luxe lui traverse vaguement l'esprit, mais il opte finalement pour l’immersion progressive lui aussi, son verre à la main... L'eau est aussi chaude que le sang qui pulse dans ses veines. Un rafraichissement modeste mais agréable qui lui arrache un soupire apaisé. Il vient poser son dos sur les jets du spa intégrés à la piscine, près de la donzelle et y prend ses aises.

" Il va falloir qu’on achète un cadeau pour Maria demain. Surtout si on doit rester pour sa fête, ça ne se fait pas de ne rien apporter.
- Hm. Si on y va...
" Mais dis-moi, tu les connais depuis longtemps ? …
- Ed et moi on connait Costa depuis... hm... bien avant... que ses affaires démarrent... ça doit faire une vingtaine d'années...
- Et la jeune Maria… Ces histoires de cauchemars et le fait qu’elle ait besoin d’un chasseur c’est... grave ? Tu m’as déjà raconté beaucoup de choses mais jamais je ne pensais qu’il se passerait quelque chose comme ça.
- Hm... "

Jake fronce les sourcils avant de vider son verre d'un trait. En réalité, beaucoup d'options sont envisageables dans le cas de Maria, si on exclus les causes humaines comme l'abus de psychotropes. Et honnêtement, l'idée que Maria se défonce pour emmerder son paternel, trop peu pour lui. Elle est trop entêtée, confiante et fière pour se laisser influencer et entrainer dans ce genre de conneries.

" Les cas de possession sont assez complexes. Si un spectre a décidé de faire chier Maria, ça viendrait avec certaines conséquences extérieures... l'attitude de Maria aurait changé pas seulement pendant son sommeil. Chaque cas est unique... c'est c'qui est chiant avec les entités... normalement le spectre est rattaché à un objet... ou une personne... ou un lieu... qui doit être détruite pour qu'on puisse l'éliminer. Ou du moins, il faut que le lien soit détruit... Soit par magie, soit physiquement, à moins que l'entité prenne une forme tangible, à ce moment, c'est possible d'la détruire comme n'importe quel mange-merde. "

Quelque chose illumine le regard de Jake lorsqu'il parle de monstre, comme à chaque histoire qu'il raconte, son enseignement fait vibrer ses cordes vocales d'une passion véritable... limite malsaine.

" ...pour ça, il faudrait encore que Costa me laisse parler avec elle. Mais quand j'l'ai enlacé... j'ai rien senti. ... on... nous... les... les chasseurs, on devient plus sensibles à ce genre de trucs avec le temps... et l'expérience... alors j'me dis que j'aurais senti quelque chose si elle avait eu une entité planquée en elle... mais c'est pas l'cas. "

La mine introspective, le chasseur vient pour prendre une gorgée de son verre, mais il réalise bien assez vite que le fond est vide et le traduit dans une moue emmerdée. Tanpis. La boniche semble avoir pris deux minutes pour aller chier donc il s'en passera.

" Quand on parle de rêves tourmentés, y'a aussi l'option des dents-longues. Maria est une ly... ly...céenne assez populaire... elle a peut-être... des ennemis ou des... p'tits fuckers un peu trop chiants qui lui collent au cul. Les vampires peuvent entrer dans la cervelle pendant la sommeil... ce serait donc une possibilité à envisager. Encore là, j'dois lui parler pour en savoir plus sur elle et ceux qui lui tournent autour... et puis... y'a toujours cette histoire de El Cucuy... qui vient bouffer les gens dans leur sommeil... mais c'est plus une légende urbaine qu'autre chose si tu veux mon avis... alors autant dire... que j'en ai aucune idée... "

L'arrivée de la boniche de service lui permet de remplir son verre... parce qu'elle doit avoir fini son caca. Avoir autant d'attention, franchement, c'était pas une habitude.

" On aura qu’à aller au marché demain matin. Diana a dit qu’il était super sympa on trouvera peut-être un truc pour miss Costa. "

Jake a du mal à dissimuler son manque d'enthousiasme à l'idée d'errer cul à cul parmi une horde de touristes bruyants. Si y'avait bien deux trucs qu'il détestait, c'était de jouer les touristes... et le magasinage. Mais il se voit mal lui refuser ça après l'épisode de narcolepsie aérienne... Faudra qu'il pense à remercier Diana pour ça aussi...

Les cris de la donzelle le font se raidir. Bon sang. Le poing serré, l'air sévère, il regarde partout autour, cherchant du regard ce qui la faisait couiner ainsi d'horreur. Après toutes ces histoires de possession et de vampires, il y avait de quoi rester aux aguets. Et elle s'accroche à lui, quémandant sa protection comme si sa vie en dépendait. Jake a beau chercher ce qui la fait paniquer, c'est au bout de longues secondes qu'il localise la bête, le monstre... cette... arachnide d'au moins... hm... d'un huitième de pouce de diamètre. Une bestiole inoffensive qui ne représente en rien une menace, si ce n'est pour les insectes nuisibles qu'elle bouffe quotidiennement.

" ...si tu paniques pour ça, tu vas faire quoi si El Cucuy vient t'mordre les orteils... "

Jake arque un sourcil seriously avant d'écraser la tueuse d'hommes sous son verre à nouveau vide. Crrounch. Une fin bien banale pour un monstre aussi effrayant... pas vrai... Jake grimace un peu... entre le sarcasme et l'amusement... avant de retrouver le calme que lui procure les jets qui lui massent le dos une fois la montée d'adrénaline inutile retombée. ...

Le chasseur se redresse presque en sursautant lorsqu'il sent le contact sur ses cuisses. Il fronce les sourcils, un brin hésitant lorsque son corps gracile vient s'écraser contre son torse, les seins bombés entrainent ses yeux aguichés dans la vallée des tentations. Cette fois il est lucide. Parfaitement conscient. Si bien qu'il se tend, furtivement, son corps trahissant un certain malaise, aux limites de la décence. Il se surprend à goûter ses lèvres sucrées comme on mord dans le fruit défendu. Les cas de conscience, il en avait pas l'habitude d'en faire quand le sang commençait à lui monter dans sa tête de gland... alors quoi... Est-ce la peur qui mélange ses envies... ? Pas celle des araignées, mais celle de la solitude, de l'inconnu... de son univers qui se fracasse et des repères qui s'effritent. Elle cherchait la chaleur du réconfort à travers des envies sournoises qui ne sont pas vraiment celles qu'elle exprimerait en temps normal... ...tu penses vraiment qu'tu vas la r'trouver les veines ouvertes dans l'bain demain matin parce qu'elle regrette d'avoir baisé avec son boss... ? hein... pis t'es quoi au juste, anyway... ? son boss, son ami... celui qui est là quand elle a envie de fourrer...!? Tu crois qu'elle va détourner le regard parce que t'auras profité de ses 2-3 verres dans l'nez... parce que la main qui t'astique le zgeg c'est pas une forme de consentement assez clair pour toi !? Les paumes du chasseur creusent l'échine cambrée, s'accrochent à ses fesses rondes qu'il masse sous l'eau, ses doigts trouvant l'antre brûlante pour s'y faufiler lascivement, la découvre avec une excitation particulière, sans barrière, sans retenue. Sa bouche vient chercher l'envie, il la dévore du bout des lèvres, grondant d'impatience, la pressant contre son corps envenimé de ce désir naissant qu'elle manipule et exulte. Un soupir s'arrache à lui lorsqu'il guide sa virilité en elle avec ardeur, il repousse sa bouche gourmande pour mieux s'ancrer à ses yeux brillants d'envie, la mâchoire serrée par son souffle creux. Le chasseur s'entiche rapidement des seins rebondissants pour y laisser courir sa langue, s'amuse sur leur pointe excitées, subit les contre-coups qui viennent s'échouer sèchement sur le coin sa mâchoire. J'déteste pas m'faire claquer la gueule.

Jake fronce un sourcil d'étonnement lorsqu'elle s'extirpe de ses coups de bassin pour trouver la pierre rude qui entoure la piscine. Parce qu'ils seront jamais seuls ici... mais elle n'est pas de celles qui s'importunent de ce genre de détails... pas vrai... certainement pas quand l'appel du vice lui brouille la cervelle. Maîtresse de leurs lubies, il se hisse aussi, se tient debout, sentant son derme se déchirer d'un frisson sous la caresse du vent et des lèvres qui l'avalent. Le corps du chasseur se tend, la tête légèrement jetée vers l'arrière, il revient sur elle, plongeant son regard froncé dans ses deux prunelles, s'enfonçant dans le désir qu'elle lui communique généreusement. Sèchement, il empoigne ses cheveux, la forçant à un rythme plus rapide, s'enfonçant avec une fougue calculée. Jusqu'à ce que son envie de la posséder ne le force à l'impatience. Il la repousse pour mieux la saisir, la soulevant sans résistance, envoyant son corps se lover sur l'une de ces chaises en babiche hors de prix qui servent aussi de palapa. Le coussin moelleux s'enfonce, recevant le corps de la belle et le déhanché fiévreux de son amant qui l'empale, lui mord l'omoplate pour calmer ce venin, ce plaisir qu'il a à la sentir vibrer de l'intérieur. Va savoir pourquoi, l'idée de gicler partout sur le mobilier lui laisse un arrière goût de satisfaction particulier. Leurs corps claquent et gémissent, tâchant d'oublier entre deux grognements, l'oeil des caméras de surveillance qui se tournent vers eux... et Diego assis dans le salon intérieur... ou pas.

...

Jake s'échoue dans le lit, comme une grosse merde, complètement nu, avec une odeur de old spice fraichement sorti de la douche qui lui colle au cul et pas que. Même si la fatigue lui gratte les coins de la cervelle, ses pensées convergent de Maria à Eva. Ne pouvant s'empêcher de penser que la sorcière et la jeune Costa ne seraient sans doute jamais de très grandes amies si elles venaient à se rencontrer... Une pointe d'inquiétude nait ensuite, à l'idée de recevoir un appel du Lux pour l'aviser qu'elle et Abi' sont en danger. Que quelque chose s'est mal passé, que Jasper a été coincé dans la maison par some motherfuckers. Des pas discrets dans le couloir n'échappent pas à ses sens pourtant distraits, le tirent de ses songes. C'est Vanessa qui s'avance dans une nuisette presque transparente, elle se faufile entre les draps en prétextant une peur irrationnelle d'être laissée seule dans sa chambre trop grande... Le chasseur étire le bras pour l'enrouler autour d'elle, non sans une certaine interrogation dans le regard.

" ...me dis pas que t'as peur d'El Cucuy... " qu'il demande au bout d'un moment... un brin de moquerie subtile dans le creux de la voix.

Jake se redresse, assis, puis la dévisage le plus sérieusement du monde, les sourcils froncés. Il esquisse un regard vers le balcon qui donne sur la mer et le vent qui fait doucement flotter les longs rideaux vaporeux avant de bifurquer son attention vers le mur du fond.

" ...possible que l'entité soit planquée dans une des penderies... "

Le chasseur se lève, l'index collé sur la bouche pour l'intimer au silence. Il trouve son arme sous le lit et l'empoigne solidement... marchant précautionneusement jusqu'à la porte et puis... il l'ouvre, sèchement, en balançant un coup dans les tissus qui se froissent et grincent sur leur cintre. Rien. Jake échange un regard entendu avec Vanessa avant de s'avancer discrètement vers l'autre porte... Il pose la main sur la poignée, retient son souffle et puis BANG... toujours rien. Le chasseur esquive alors une attaque invisible avant de rouler au sol puis de se glisser jusqu'au lit. D'un mouvement sec, il se penche pour regarder sous le sommier avant de se redresser, l'air grave.

" Rien. " ... ... un sourire... sournois... apparait sur les traits du chasseur... " Mais y'a p't'être un autre endroit où il pourrait s'planquer... " Jake soulève sèchement les couvertures puis se faufile en dessous. Il grogne qu'il y voit rien, s'avance vers la donzelle qu'il attrape par les cuisses et tire vers lui. Ses mains remontent le long de ses cuisses, les doigts se plantent dans la chair pour la modeler à sa guise. Sa langue vient goûter son antre encore chaude, y entre et glisse pour chasser cette peur futile qui empêche la donzelle de trouver le sommeil. Pour qu'elle hurle de plaisir à en effrayer les morts.

...

Les cris de ses propres cauchemars se mêlent aux véritables échos qui percent les tympans sensibles du chasseur. Le cœur battant, Jake est debout, tous les sens en alerte. Il arrache son jeans du dossier d'une chaise, l'enfilant en se précipitant dans le couloir. Il court, bien plus vite que son cerveau n'aurait pu le lui commander, propulsé par les hurlements stridents qui n'ont plus rien à voir avec les peurs d'une simple gamine effrayée... il traverse l'immense propriété pour débouler dans les quartiers de Maria. Jake croise le regard d'un gros bras hébété planté près de la porte puis celui de Diego le nerveux, agenouillé sur le lit, qui tente de réveiller la pauvre Maria. La jeune donzelle bat des poings contre le matelas, le dos cambré, ses articulations crampés, elle est presque désarticulée. Le derme rouge, couverte de sueurs malgré son short et son débardeur courts, elle hurle des mots qui n'ont aucun sens et rien à voir avec l'espagnol, des supplications comme si on la torturait de l'intérieur. Les veines de son front forment des sillons, menacent d'imploser. Des larmes violentes coulent sur ses tempes, de ses yeux clos et plissés par la douleur.

" Despiértate ! Maria, despiértate ! " panique Diego qui l'empoigne par les épaules pour tenter de la maintenir sur le lit et de la tirer de son somnambulisme.

C'est alors qu'un ultime hurlement s'extirpe des lèvres de la belle. Entre ses seins, en pleine poitrine, sa peau se fend en trois déchirures grossières comme celles qu'auraient laissé les griffes affamées d'un monstre sanguinaire. Diego pousse un juron de surprise en recevant la giclée de sang sur la gueule... Jake, lui, dévisage la scène en plissant les yeux d'incompréhension. Il en avait vu des horreurs, mais des horreurs du genre mutilation interne inexplicable... J'commence à croire à ton histoire de cuicui... finalement...

Le chasseur plante sa main sur l'épaule du lycan et l'écarte violemment du lit, le laissant aller se calmer plus loin. Tu sers à rien la gueule ouverte. Jake s’assoit sur la bassin de la jeune femme, la piégeant sous son poids pour l'empêcher de se blesser davantage, l'écrasant entre ses cuisses.

" Maria... c'est Jake. " articule le chasseur inébranlable d'un calme que seule une poussée d'adrénaline impose.

Le colosse passe son pendentif de l'Elit au dessus de sa tête et s'affaire à l'enfiler au cou de la donzelle qui se tortille toujours malgré la faiblesse de son corps malmené. Sorbier... aconit... ça te fera mal... mais ce sera pire pour lui... crois-moi... Lentement, il guette ses réactions... cherche les traces surnaturelles que laisserait une quelconque possession... lentement, il tire les paupières de la donzelle mais n'y voit que ses orbes injectés... une fine brûlure apparait sur le derme délicat de la gamine, là où roule l'amulette d'argent qui symbolise l'ordre des chasseurs, sans plus... Jake passe une main dans les cheveux sombres de Maria avant de soulever le haut de son corps pour le coller contre le sien. Ses doigts s'accrochent à sa nuque fine, ses lèvres se posent près de son oreille pour lui murmurer des mots simples qui se faufileront dans son cerveau comme des ancrages à la réalité. ...des mots anti-entité d'fuck... Il lui parle de ses anciens souvenirs, de cet après-midi passé sur la plage, de la joute de volleyball, de cette femme obsède qu'elle avait vu en bikini... elle et son poil pubien qui débordait de son maillot... Toutes ces choses banales qui ont une chance de se matérialiser dans son cauchemar pour lui permettre de remonter à la surface. Parce qu'entre El Cucuy et la femme à barbe pubienne... le choix est vite fait... Jake sent la rivière de sang sillonner sur ses abdominaux, celle de la donzelle malmenée au cœur palpitant... Une quantité de sang considérable... mais la jeune Costa s'en sortira... la régénération de son corps est peut-être handicapée par la possession qui la ronge et par le médaillon de l'Elit... mais elle en n'est pas moins lycane pour autant. Et tout l'monde sait que les Costa ont la peau coriace...

Les yeux de Maria s'ouvrent soudainement, émergés des limbes infernales où elle était prisonnière. Les orbes exorbités, reprenant son souffle comme si elle avait passé trop de temps sous l'eau, Maria tousse et hoquète à la recherche de son air. Elle crache un jet d'hémoglobine. Paniquée, elle tente de se débattre, ne faisant plus la différence entre la réalité et le monde onirique. Bientôt, la bête se fait menaçante, grognant dans le creux du gosier humain. C'est un miracle qu'elle ne se soit pas incarnée sous sa forme bestiale avant... Le chasseur ne trahit aucune peur, même si son cœur bat sous la menace, au contraire, il ressert son étreinte sur elle. Les doigts, les ongles se plantent avec rage dans la chair de Jake qui grimace faiblement. Complètement confuse, Maria finit par poser son regard sur l'homme et l'aperçoit réellement... Gémissante et hésitante, elle zieute rapidement sa chambre, son cousin et l'homme de main tout près. Son corps s'effondre entièrement entre les bras du chasseur alors qu'elle se met à pleurer à chaudes larmes. Elle niche sa tête dans le cou de l'homme qui remonte sa main le long de son dos. Le corps de la jeune donzelle soudainement frêle est secoué par les sanglots. Elle marmonne dans sa détresse, se demande ce qu'elle a bien pu faire pour attirer un tel monstre dans ses songes. Si seulement j'savais... Elle annonce que plus jamais elle dormira. C'est peut-être pas une si mauvaise idée... Et ils restent ainsi enlacés un moment. De longues minutes où le chasseur fixe le mur sévèrement, la mine introspective. Le regard noir, Jake finit par dévisager Diego, figé, qui a les deux mains plantées contre son visage maculé de rouge, complètement dépassé par tout ce qui vient d'arriver. De son bain de sang, Jake le ramène à la réalité d'une grande claque verbale sur la gueule.

" ... pourquoi t'irais pas chercher une serviette... "

...

Le chasseur penche légèrement la tête vers l'arrière pour souffler la fumée de son cigare dans la ciel dégagé des premières lueurs matinales. Jake avait enseigné l'art de la méditation à Maria, afin qu'elle puisse récupérer sans s'engouffrer dans le sommeil dangereux. Malheureusement pour lui, la jeune Costa n'avait pas fourni d'indice concernant le mal qui la rongeait. Aucun ennemi ou comportement suspect à noter chez ses proches. De ce que Maria en disait, le peu de temps libre qu'elle avait, elle le passait au cinéma ou la tête plongée dans un roman. Rien n'indiquant clairement les signes d'une possession ou d'un envoûtement.

L'Alpha s'avérait être aussi matinal que le tueur de monstres. À la demande de la jeune Costa, Diego et son homme de main avait été confins au silence de ce dont ils avaient été témoin cette nuit, surtout pour s'assurer qu'aucune rumeur ne vienne entacher la réputation des Costa... ou nuire à la meute en général. Néanmoins, Jake ne pouvait priver Enrico des détails les plus sordides de cette nuit passée en compagnie de sa fille... et il s'avérait que le chasseur avait des intentions précises qui nécessitaient une bonne préparation pour la suite. Inutile de préciser que l'aide de l'alpha était plus que cruciale pour assurer la survie de sa fille la nuit prochaine...

" ¿Mande? ... C'est de sorcellerie dont tu me parles...
- Disons qu'c'est loin d'être ma spécialité... mais c'est pas comme si on avait l'choix...
- ...Et quels sont les risques... ?!
- Acceptables... comparé à c'qui pourrait lui arriver si on la laisse se démerder... "

L'Alpha glisse les mains dans ses cheveux avant de se redresser puis d'allonger le bras le long du dossier, dépité. Il regarde un moment l'horizon, reprenant sa contenance au bout d'interminables secondes, la voix lourde de sous-entendus.

" Sale... sauve la... Jake. C'est tout ce qui importe... Oh. Et... ne dis rien à ma femme... Je lui parlerai en temps et lieux... "

Jake hoche la tête lentement en tirant une bouffée de tabac, il vide d'un trait sa tisane spécial chasseur corsée d'une lapée de whisky.

Quelques minutes plus tard, Felicia apparait les bras chargés d'un plateau garni de nourriture, comme pour donner l'impression qu'elle avait tout cuisiné elle-même. Bonne hôte, attentive et respectable. La parfaite femme de maison... Felicia est la femme d'un alpha et elle sait pertinemment que la domination passe par le respect et la fidélité. Alors elle endosse tous les rôles, les maîtrisent et en jouent pour atteindre ses objectifs. Felicia n'a pas besoin de séduire, elle prend ce qui lui est dû pour mieux redistribuer en retour. Chacun de ses mouvements irradie la grâce et l'élégance. Dans sa robe longue et colorée, ses longs cheveux sombres qui ondulent derrière elle, sa prestance réussit encore une fois à faire cogner le cœur du chasseur un peu trop fort le décolleté, sans doute. Une femme séduisante, parfaitement sculptée qui aime prendre le contrôle de son environnement, qui assoie son pouvoir avec intelligence.

" Jaake, quel bonheurr de te revoirr. "

Le plateau déposé, elle enlace ses bras autour du chasseur, l'embrassant généreusement sur le coin d'la bouche avant d'étirer un large sourire. Enrico en profite pour aller rejoindre Vanessa qui s'amène, enfin tirée hors des bras de Morphée. Si ça s'trouve, il a eu droit à une turlute lui aussi.

" Vanessa, je vous présente mi bella esposa, Felicia.
- Je suis rravie de vous rrencontrer. Vous êtes... magnifique, cette robe a été crréée pour vous. Gardez-la, aucune autre ne pourrrait lui rrendre plus hommage... "

Hm. Vrai que les voiles lisses et blancs laissent peu de place à l'imagination... mais personne ne s'en plaindra.

" J'ose espérer vous compter parrmi nous pour la fête de Marria.
- ...hm... " vues les circonstances, c'est plus une obligatoire qu'une invitation...

Jake demeure bien silencieux le restant du repas, se contentant d'engouffrer une bouchée d’œufs pour éviter de participer à la conversation. Felicia parle de trucs de donzelles avec Vanessa... des trucs qui intéressent autant le chasseur qu'une partie de balle molle entre octogénaires incontinents. Felicia ramène souvent une mèche de cheveux derrière son oreille lorsqu'elle parle, égaye son expression d'un rire cristallin, touche souvent, trop souvent la peau douce de l'humaine. Il faut bien être un chasseur bucké pour s'apercevoir que Felicia éprouve une attirance envers Vanessa, bien plus que les convenances le permettent. Une attirance que la donzelle ne soupçonnerait sans doute jamais... C'est bien mal connaître le duo Costa et leurs lubies. Une chose est sure... c'est que Vanessa comblait leurs hôtes et que la compter parmi les convives de la petite fête pour Maria coulait de source... il ne pourrait donc pas se sauver d'une séance magasinage de fuck.

...

Jake marche. Les mains dans les poches, mastiquant un cure-dents, le faisant rouler de gauche à droite de sa bouche à défaut de fumer. Beaucoup de choses agressent les sens du chasseur, autant l'orgie colorée que les odeurs qui se mélangent entre la bouffe et les parfums... de quoi lui vriller l'estomac. Il ne relève pas le regard quand un vendeur l'interpelle, ni ne leur accorde une quelconque forme d'attention... Seuls ses yeux sont parfois distraits par Vanessa quand le soleil vient dessiner son corps à travers le tissu trop blanc de sa robe du bout de ses rayons. Elle a l'air heureuse. Ça le force même à étirer un vague sourire de complaisance à cette simple idée. C'est pour ça qu'il l'avait amené ici, non... Pour qu'elle passe un bon moment loin de sa merde. Malheureusement pour la donzelle, toutes les pensées du chasseur sont obnubilées par Maria et son El Cucuy. Et c'est sans doute pour ça qu'il fronce sans cesse les sourcils en se contentant d'hocher la tête et de répondre distraitement lorsqu'elle lui demande son avis. Ça et aussi parce que j'connais pas grand chose aux donzelles de 18 ans et au goût des femmes en général... Il a beau essayer d'avoir de l'ouverture d'esprit, la plupart des babioles qui défilent sous ses yeux sont des attrape-touristes assez insignifiants. Tant qu'à offrir une bébelle à Maria, autant qu'elle ait un peu de valeur histoire qu'elle le balance pas dans le fond d'un tiroir après avoir fait semblant d'être contente de l'recevoir.

Vanessa bifurque dans une veille boutique. Y'a comme une odeur qui persiste, ce genre d'odeur de patchouli typique de toutes les boutiques où la vendeuse porte un truc débile sur la tête. Celle-ci fait pas exception avec son gros turban mauve à fleurs. Elle enfile tous les clichés, la grosse mexicaine diseuse de bonne aventure. Y'a une p'tite odeur de magie dans l'air aussi... mine de rien. Son regard erre sur les objets accrochés au mur et sur les présentoirs, rien pour éveiller ses passions. La belle lui montre une breloque, en disant que ça pourrait plaire à Maria. Hm. P't'être bien. Quoiqu'il aurait aimé lui donner quelque chose de plus utile... comme une machette en argent taillée trempée dans le sorbier ou une arbalète de poing à carreau d'argent. Chacun son truc.

" uHm. " qu'il conclut vaguement, sans grand enthousiasme.

Les matériaux ont l'air simples, mais il a déjà vu des trucs plus dégueulasses à regarder. So... why not... c'est pas lui qui donnerait son avis sur la question, pour ce qu'elle vaut. En autant qu'ils foutent le camp le plus rapidement possible, ça lui allait. Loin de lui l'envie de s'éterniser chez Madame Patchouli. Mais Vanessa s'amourache d'un collier plutôt particulier qu'elle enfile autour de sa nuque. Un bijou plus raffiné au bout d'une chaine en argent. Bizarre, il a l'air... ancien, comme si sa confection datait de plusieurs années voir décennies. Des arabesques retiennent en leur centre une opale aux milles couleurs. Une pierre impressionnante qui scintille sous les reflets de la lumière. Quelque chose dans le ton de la voix de Vanessa lui laisse sous-entendre que son séjour serait encore plus agréable si il daignait lui acheter sa babiole brillante. Hm. Un sourire las vient déformer le coin de ses lèvres, il ouvre la bouche pour parler, mais la voix hystérique de Madame Patchouli l'interrompt promptement.

" Idiotas! ¿Dónde encontraste esto? "


Jake la dévisage avant de lancer une œillade d'incompréhension à Vanessa. Il hallucine où elle est en train de les accuser de vol ? La vendeuse semble réaliser la gravité de son erreur, visiblement, le collier qui intéresse Vanessa n'aurait jamais dû se trouver sur les présentoirs. Elle se met à débiter un paquets de mots en espagnol dont il ne capte pas grand chose à part les insultes... Madame Patchouli prend la couleur de la pivoine, sa haute pression mêlée à sa colère obligent. La grébiche balaye l'air de ses gros bras, le gras flacotte dangereusement, menaçant... Jake réduit l'espace qui le sépare d'elle, plantant ses orbes noircis d'impatience dans les siens. Loin de lui l'idée de s'attirer des problèmes, surtout dans un pays qui est pas l'sien, mais il est pas du genre à se laisser emmerder bien longtemps, encore moins par une vieille bique qui abuse des tacos. Mucho tabasco in the big o not my problemo... Si il articule d'un calme olympien, le trémolo de sa voix fait transpirer toute l'impatience et la colère qui le mastiquent de l'intérieur.

" Ton caillou, il était là, alors tu vas t'calmer. Soit tu m'dis combien ça coûte, soit j'te l'enfonce dans l'c...
- Fuera! Dije a cabo! Deja ahora! al diablo con usted!
- ...c'est ça... et on va prendre ça aussi... crazy oldsnatch. "

Jake prend le bracelet pour Maria avant d'attraper Vanessa par le bras et l'entrainer devant lui. Le chasseur marche rapidement... il finit par ralentir la cadence lorsqu'il se sent moins énervé et relâche le bras de la donzelle, par la même occasion. Jake bougonne et sacre pour lui-même en jetant des regards foudroyants par dessus son épaule.

" ...y devraient la r'mettre dans son zoo, la grosse guenon... "

Le chasseur bifurque spontanément dans une terrasse colorée, sans demander l'avis de Vanessa. Peut-être que la colère lui a creusé l'appétit ou juste qu'il est presque 14 heures. Il pose sèchement son cul contre une chaise avant de s'y appuyer le dos. Un gringos gratte sa guitare dans un coin... La serveuse vient rapidement leur offrir les choix de repas du jour avec son plus beau sourire. Ici on choisit entre deux mets proposés, cuits sur le grill, il n'y a pas de menu... Jake opte pour une énorme portion de quesadillas et une chope de bière.

Trois longues gorgées plus tard, il s'est calmé. Il redresse le regard sur Vanessa en soupirant.

" ...c'est pour ça que j'amène personne en vacances... j'attire que les monstres et les vieilles biques mal baisées... "

Le téléphone de Jake vibre contre sa cuisse. Il le zieute d'un mouvement de la main. C'était Ed' qui lui avait envoyé les coordonnées d'une oniromancienne, sans doute une autre de ses nombreuses connaissances... Marisol Fabre. Restait plus qu'à faire suivre l'information à Costa qui s'occuperait d'aller la récupérer... pour le reste, il n'avait aucune idée de ce qui allait se passer..

...'tu verras, ça t'fera du bien des vacances...' vacances mon cul, ouais...




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