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The Diary of Trapped Soul | feat. Roxane

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MessageSujet: The Diary of Trapped Soul | feat. Roxane Sam 1 Avr - 10:32


▬  Abigaïl feat. Roxane ▬

- Maman j'ai oublié mon sac à la piscine, tu peux aller me l'chercher avant de rentrer à la maison ? Merci, bisous, je t'aime

Je soupirais avant de raccrocher. Eva avait laissé un message sur mon répondeur pendant que j'étais chez une patiente. Je n'avais pas pu répondre et évidemment, cela avait certainement arrangé mon ado', se doutant très bien que j'aurais cherché à négocier si je l'avais eu au bout du fil. Me voilà donc avec ma journée de travail terminée de bonne heure pour une fois, obligée de passer à la piscine de Salem pour récupérer les affaires de ma fille. Non pas que cela me dérangeait réellement. Mais j'avais encore pas mal de choses à faire et la piscine n'était pas sur mon trajet. Et pendant ce temps, Eva devait être tranquillement chez Adam, son amoureux. Pourtant, j'allais le faire. Parce que ce n'était rien, juste un sac à récupérer. Une histoire de quelques minutes. Ce n'était rien si cela pouvait faire plaisir à ma fille et lui rendre service.

Il me fallait encore passer au bar de Wade, y déposer quelques affaires. Désignée guérisseuse de la meute, je me devais d'avoir du matériel au bar en cas de besoin, pour soigner les loups et leur venir en aide comme cela avait déjà été le cas avec Kristofer. Les lieux n'étaient pas encore ouverts, mais quelqu'un devait déjà se trouver là. Ma voiture garée sur le côté, je filais par l'arrière du bâtiment. Chaque membre de la meute, ainsi que moi-même, possédions une clé de la porte arrière avec accès à une pièce spéciale. Pièce dans laquelle se trouvait Faith, louve de la meute.

« Hey Salut Abi' ! Qu'est-ce tu fais là ? »

Une accolade, amicale et énergique. Faith était une femme surprenante, au look surprenant.

« Je suis venue apporter du matériel au cas où vous devriez vous blesser. Enfin, je dis vous, mais je pense plutôt aux garçons, mais ne vas pas leur dire, dis-je en souriant.
- Ouais t'inquiète j'suis une tombe. En même temps, t'as raison t'as vu !  »

Quelques rires s'élevèrent dans la pièce. Je lui demandais alors comment les choses se passaient pour elle. Je savais que Wade l'appréciait énormément, cette jeune louve mordue même pas une année plus tôt. Elle me parla de ses progrès, de son aventure avec Kristofer, de l'ambiance dans la meute. Au moins j'étais rassurée de voir que l'entente était bonne et que tout se passait bien. Finalement, je me mis à ranger mes affaires, un coup de fil venant nous interrompre. Un petit coin spécialement aménagé pour mes produits de soins et magiques. Les produits magiques étaient protégés par un sort que j'étais la seule à connaître et à pouvoir utiliser. Qu'on utilise mon matériel de soin médical ne me dérangeait pas. Mais personne ne devait pouvoir toucher à mon matériel de sorcellerie. Un quart d'heure plus tard, je quittais le bistro en saluant Faith qui était toujours pendue à son téléphone. Elle agita sa main dans l'air pour saluer à son tour en me regardant monter dans ma voiture.

(…)

« Bonjour, ma fille a oublié un sac ici, du type sac à dos noir, il me semble. »

La dame de l'accueil releva enfin ses yeux vers moi. Ses cheveux, d'un blond délavé, étaient relevés en un chignon négligé et ses lèvres semblaient plus rouges que le sang. Cette femme était pourtant belle, mais rien chez elle ne semblait naturel et ne donnait envie de la connaître. Surtout pas son regard qui voulait me dire que je la dérangeais dans la lecture de son magasine de presse people.

- Il faut aller voir aux objets trouvés à l'étage, à côté du bureau des maîtres nageurs.

Son sourire forcé s'éteignit lorsqu'elle reposa son regard sur sa revue.

« Merci beaucoup, vous êtes tellement aimable Carrie.»

Son regard se releva sur moi, plein d'étonnements après avoir entendu son prénom. Et je la quittais dans un sourire amusé. Eh oui ma jolie, je sais tout ce que je veux savoir. Je sais aussi que tu as trompé ton fiancé et que tu penses être enceinte. Mais rassure toi, tu ne l'es pas.

C'est sans un mot que je rejoignis les escaliers qui menaient à l'étage. De grandes baies vitrées donnaient une vue sympathique sur la piscine intérieure. Une sorte de salle d'attente, avec canapés, tables basses et machines à snacks et boissons, attendaient les employés et parents qui attendaient très certainement leurs enfants qui prenaient des cours ici, de plongée ou autre. Je trouvais facilement le bureau des objets trouvés où un jeune homme accueillant et souriant me laissa regarder les différents sacs. Celui d'Eva fut facilement et rapidement trouvé. Décidément, ma fille était vraiment une tête en l'air, bien comme sa mère. Je remerciais le jeune homme qui méritait bien plus qu'une place dans un bureau isolé des clients, pas comme cette Carrie qui manquait réellement de professionnalisme.

Lorsque je quittais le bureau, je percutais maladroitement quelqu'un, faisant tomber le sac d'Eva et le mien.

« Bon sang, je suis désolée, je devrais faire plus attention ! » Dis-je en ramassant mes sacs.

Relevant la tête, je constatais que c'était Roxane que j'avais percutée, la belle blonde maître-nageuse de la piscine. Nous nous étions vu quelques fois, sans jamais vraiment nous attarder. Elle était Sorcière elle aussi, je le savais, ça se sentait. Parvenait-elle à le sentir elle aussi ?

« Oh bonjour Roxane ! Encore désolée… Eva m'a appelé tout à l'heure. Elle a oublié son sac ici. J'allais vérifier s'il ne manquait rien. Un jour elle oubliera sa tête ici. » dis-je en plaisant, fouillant le sac de ma fille.

Mes doigts caressèrent quelque chose qui semblait brûler sous mes doigts. Sortant l'objet du sac, ma main laissa pendre dans le vide un collier au bout duquel dansait un médaillon magnifique et brillant d'une lueur étrange. Sourcils froncés, j'observais le bijou sans comprendre. D'où Eva avait-elle obtenu ce collier ? J'étais persuadée qu'il n'était pas à elle, jamais je ne l'avais vu auparavant.

« Ce n'est pas à ma fille ça, il me semble… »

Mon regard se posa sur Roxane, comme si elle allait pouvoir m'en dire plus, alors que ce n'était évidemment pas le cas. Seulement ce pendentif avait quelque chose de particulier. Vraiment. Sa lumière se reflétait discrètement autour de nous, dansante et presque envoûtante. À l'intérieur de la pierre orangée, quelque chose semblait se mouvoir.

« On dirait… qu'il y a quelque chose à l'intérieur... »

Ma main libre effleura la pierre qui dansait, suspendue au collier.

• • •

En 1865, quelque part autour de Salem, vivait William, loup fort, au sein de sa petite meute. Le Loup était promis à un bel avenir, avenir dirigé par ses parents qui lui avaient déjà trouvé une épouse. Une épouse qui n'était pas la plus belle de la meute, ni la plus intelligente, mais la plus douce, aux hanches larges, parfaite pour accueillir des enfants. Mais le Loup avait pour amante une puissante Sorcière de l'Énergie, belle comme une déesse, Mais la belle Sorcière était jalouse et possessive, ce qu'il ignorait.

L'heure venue d'épouser sa promise, William fut obligé de mettre fin à sa relation avec Leane, sa Sorcière. Folle de rage, cette dernière prépara sa vengeance en lui proposant un dernier rendez-vous, une dernière nuit, rien que tous les deux. Lors de leurs ébats, la Sorcière se mit à psalmodier des mots dans une langue qui était inconnue au Loup. Et, se saisissant d'une lame en argent, elle planta le cœur du malheureux. La mort le frappa. Et, pour le garder toujours à ses côtés, la Sorcière Leane emprisonna l'âme de son amant, aidée par une amie puissante Sorcière de l'Eau, dans une pierre orangée qu'elle porterait à son cou jusqu'à la fin de ses jours.




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MessageSujet: Re: The Diary of Trapped Soul | feat. Roxane Sam 1 Avr - 15:00

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« J’y vais ! C’est à ton tour de faire les lessives ! »

J’me dépêche de sortir avant que Tyler trouve un truc à redire. Ok. Possible que j’ai oublié de sortir les poubelles hier mais au moins je le fais ce matin avant d’aller bosser. C’est que j’ai une sainte horreur de sortir ça le soir quand je suis claquée. Sérieusement, les escaliers c’est pas ma tasse de thé surtout que notre voisine du dessous m’accroche à chaque fois que je passe devant sa porte. On jurerait qu’elle passe son temps devant le judas à attendre une proie. Et j’en ai un peu marre d’être la sienne. Parce que forcément jamais elle ne va se plaindre à Tyler du bruit, ah ça non. Il doit l’impressionner ou alors elle a déjà essayé et il lui a rigolé à la tronche ce qui ne lui a pas fait plaisir, allez savoir. D’ailleurs ça loupe pas, je descends les premières marches et je l’entends déjà déverrouiller sa porte. Oh shit. Tu vas donc jamais me laisser tranquille ou bien ?
Je pousse un profond soupir de lassitude avant de coller un sourire colgate sur mes lèvres.

« Bonjour madame Guérin, vous allez bien ce matin ? Il fait beau aujourd’hui pas vrai ! Une belle journée qui s’annonce, vous devriez sortir prendre un peu l’air ça rafraichirait votre teint ! »

Évidemment je continue ma descente tout en parlant pour rester le moins de temps possible en sa compagnie. Je suis déjà en retard comme 99% du temps.

« M’zelle Graces, vous devriez investir dans des chaussons vous et votre ami, à moins que vous n’hébergiez un troupeau d’éléphants ce qui est contraire au règlement de la copropriété ! »

« Merde, c’est interdit ? Arf, on va devoir s’en séparer, ça va pas faire plaisir à mon ami c’est qu’on l’aimait bien Arnold. Vous faites pas de soucis ! J’en prends bonne note mais là je dois filer, vous savez je vais travailler pour participer à l’économie de notre pays, tout ça. Bonne journée ! »

Elle bredouille quelque chose que je ne comprends absolument pas ayant déjà rejoint l’étage du dessous. Sacré madame Guérin, une vraie harpie ! Elle n’est pourtant pas si vieille que ça, n’a pas le profil type de la vieille bourrique qui passe son temps à faire chier les gens. Mais si elle en a pas le profil, elle en a clairement les compétences. Je prends la route pour la piscine tout en envoyant un SMS à Tyler pour l’informer qu’Arnold notre éléphant doit quitter l’appart’ en mettant entre parenthèses : je crois qu’on fait trop de bruit pour la voisine quand on marche. x x x.
La voiture devant moi pile et je manque de l’emboutir.

« PUTAIN MAIS QU’EST-CE QUE TU FAIS !! AVANCE TON CHAR CONNARD ! »

Ah les mots doux en voiture. Je suis une spécialiste. Mon klaxonne retentit trop de fois pour que je puisse les compter. Après quelques échanges houleux et une perte de patience certaine, j’arrive enfin au boulot !
Ce matin à part le quotidien qui anime ma tâche, il n’y a rien de transcendant. Je regarde les femmes, âgées pour la plupart, prendre leur cours d’aquagym pendant que je reste perchée sur ma chaise à les regarder transpirer. Un deux trois et quatre et un deux trois quatre. On dirait des petites meringues flottantes avec leur bonnet de bain. Bon évidemment juste avant de prendre ma pause déjeuner il fallait que l’une d’elle nous fasse un malaise me forçant à plonger dans le bassin pour la récupérer. Elle est lourde bordel. Hissée sur le côté je me préoccupe de lui prodiguer les premiers gestes afin d’éviter que l’eau stagne dans ses poumons. Madame Beckman est une habituée. A chaque fois c’est la même chose. Elle doit avoir une quarantaine d’année, est aussi épaisse qu’un clou mais elle persiste à ne rien avaler avant de venir faire un peu de sport. Les jambes surélevées en attendant les pompiers elle finit par reprendre ses esprits pendant que le cours a repris sans elle.

« Bah alors Betty, je vais pas vous sortir de l’eau chaque semaine tout de même. Ou alors vous aimez bien les pompiers et vous adorez passer du temps avec eux, hein, avouez. »

Elle sourit un peu dans le vague et les pompiers arrivent pour prendre le relai. Le temps d’expliquer le tout, de papoter quelques minutes avec un charmant pompier et voilà que tout redevient calme. En réalité, on a rarement à intervenir en tant que maître-nageur. Les incidents restent des cas isolés, surtout dans ce genre d’activités.
L’après-midi est réservé aux lycéens de Salem qui viennent accompagner de leur professeur de sport. Là encore, je n’ai qu’à faire le tour du bassin et vérifier que personne n’a dans l’idée stupide d’enfoncer un petit camarade sous l’eau pour l’embêter. C’est tellement con un ado.
Je connais certains d’entre eux un peu puisqu’ils prennent des cours en plus de ceux que leur offre le Lycée. Ce sont surtout les garçons qui ont tendance à vouloir me parler, les filles un peu moins. J’assiste le professeur comme toujours et dispense mon cours de natation à ses côtés. Il faut savoir que le Lycée de Salem a mis en place un vaste programme cette année en se rendant compte que plus de la moitié des élèves ne savaient absolument pas nager. Les noyades étant récurrentes dans la région, ils ont décidé de remettre des cours en place à tous les niveaux. Je ne vais certainement pas cracher sur le travail offert !

La fin de journée approche, je termine mon cours d’aquagym à l’instant et passe souffler dans notre petite salle de repos après avoir rangé le matériel. C’est en y allant que je suis percutée par une masse brune pas bien épaisse. Je reconnais la jeune femme, les parents qui viennent voir leurs rejetons assidûment durant leurs cours sont plus rares qu’on ne pourrait le penser.

« Vous inquiétez pas madame Clarke ce n’est rien. Je vois que vous avez récupéré le sac d’Eva. Si elle n’oublie pas quelque chose chaque semaine c’est qu’elle est malade. » dis-je en riant.

Je la regarde fouiller le sac de son ado tête en l’air quand elle extirpe quelque chose dans une grimace. Un collier. Il parait ancien. Je plisse des yeux pour le regarder venant caresser la chainette pour le stabiliser.

« Je ne l’ai jamais vu auparavant en tout cas. Peut-être un cadeau d’un de ses camarades. »

Qu’est-ce que j’en sais après tout. Madame Clarke me dit que quelque chose bouge à l’intérieur alors je me penche un peu plus près pour vérifier ses dires. La fatigue lui joue peut-être des tours après tout. Une lumière aveuglante se dégage du médaillon qui me brûle les doigts à l’instant même où j’en ai touché la pierre. Shit.


Lorsque j’ouvre les yeux à nouveaux je me retrouve dans la forêt, tatanes aux pieds. Un courant d’air vient me rappeler immédiatement que je suis toujours avec mon mini short et mon haut de maillot de bain. Tenue absolument pas indiqué dans ce genre d’endroit, loin de la chaleur environnante de mon lieu de travail. Je repère madame Clarke à quelques pas de moi. La panique se lie sur mon regard.

« C’est vous qui avez fait ça ? Non mais je dois retourner bosser moi, j’ai pas le temps pour une petite virée en forêt. J’me pèle le cul en plus, merde. Je ne savais même pas que vous étiez une sorcière, qu’est-ce que c’est que ce délire. C’est le collier ? »

Je réfléchis à mesure que je râle, complètement paniquée. Un grognement se fait entendre derrière elle, je me raidis instantanément.

« WHAT ! Qu’est-ce que c’est ça ? Vous avez entendu ? Dites-moi que vous avez entendu m’dame Clarke. Omagad, vous pouvez pas nous faire rentrer chez nous, je sais pas comment vous avez fait mais en sens inverse ce serait super cool. Je prendrais Eva gratuitement si vous voulez. »


© Summers

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“Mais moi je préfère la mer. Elle a du bleu, elle a du vert, comme la couleur de mon rêve. J'aime ses vagues coiffées d'écume qui viennent mourir une à une comme des bonheurs qui s'achèvent.” Farreyrol.
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MessageSujet: Re: The Diary of Trapped Soul | feat. Roxane Lun 3 Avr - 10:48


▬  Abigaïl feat. Roxane ▬

Roxane était une belle jeune femme. J'imaginais bien les jeunes adolescentes, comme Eva, admirant sa beauté et les pères de famille admirant ses courbes généreuses. Elle était de ces femmes qui faisaient tourner les têtes. Moi, ce que je voyais chez elle, c'était son sourire à chaque fois qu'elle me croisait, ou qu'elle croisait Eva. Et de base, quelqu'un qui traitait bien ma fille était quelqu'un que je pouvais apprécier. Pour le reste, je ne savais rien d'elle et je n'étais pas allé fouiller dans sa tête pour en savoir plus, cela ne me regardait pas. Je savais cependant qu'elle était une Sorcière de l'eau. C'était instinctif. Je le sentais. Même si mon lien avec l'Énergie n'existait plus, même si je n'étais plus une Inféris, je l'avais sentie dès la première fois où je l'avais vu. Roxane connaissait suffisamment Eva maintenant, et sa bande d'amis, tout autant que les jeunes de son lycée, pour savoir que ma fille était tête en l'air. D'ailleurs, elle non plus n'avait jamais vu ce collier auparavant. Je n'imaginais clairement pas ma fille porter ce style de bijou ancien. Il me rappelait un peu celui que je portais à mon cou, pour son ancienneté. Je portais en effet un collier ancien avec une labradorite violette, souvenir de ma mère, souvenir de l'époque où ses souvenirs avaient été enfermés à l'intérieur. Un bijou aussi ancien devait avec une grande valeur. Et ce que ce pendentif dégageait n'avait rien de normal, j'en étais persuadée.

Roxanne glissa ses doigts sur la chaînette, me prenant certainement pour une folle alors que je clamais que quelque chose semblait bouger à l'intérieur de la pierre qui ressemblait à une opale de feu taillée délicatement. Cette pierre semblait vivante. Il faudrait que je songe à dormir un peu plus, ou demander à Jake quelques jours de repos sur les entraînements -trop- matinaux. La fatigue me fait clairement disjoncter ! Pourtant, la jeune Sorcière s'attarda à son tour sur la pierre lorsque soudain une lumière aveuglante se dégagea de la pierre et nous enveloppa toutes les deux. Et merde.

(…)

J'ouvris les yeux sur la forêt, mon sac dans une main, le collier dans l'autre. Je clignais des yeux, comme si cela pourrait me faire sortir d'un mauvais rêve. Un rêve déplaisant et pas amusant du tout. Mais j'étais bien là, respirant l'air frais, respirant les odeurs de mousses, de terre, au milieu de ces grands arbres. Près de moi, à quelques pas de là, se tenait Roxane dont le regard m'indiquait clairement la panique. Elle était là, debout, vêtue de ses vêtements de travail, me scrutant comme si j'allais lui hurler une "surprise"... Sauf que j'étais tout aussi surprise qu'elle. Peut-être un peu moins paniquée vu la tête qu'elle faisait. Avant de paniquer, je préférais clairement analyser la situation. Mais c'était difficile avec une jeune Sorcière totalement affolée qui ne comprenait rien à ce qui se passait. Et évidemment, le grognement qui s'éleva doucement derrière moi ne la rassura pas. Moi non plus d'ailleurs.

« Roxane. Il va falloir que vous vous calmiez. Genre MAINTENANT. »

Je me retournais alors et vis l'animal. Enfin la bête. Le loup. Dans toute sa splendeur. Pas le loup des forêts. Le loup-garou. Dressé sur ses pattes arrière, la gueule légèrement ouverte de laquelle un filet de bave s'échappait en même tête que la fumée chaude de sa respiration. La créature aux yeux brillants laissa un nouveau grognement bestial s'échapper de ses entrailles, menaçant.

« Ne bougez pas. Restez où vous êtes Roxane. Pas de cris. Pas de geste brusque. Laissez moi gérer ça. »

Mais l'animal cessa de m'observer lorsque derrière moi, un craquement de branche se fit entendre. Un grognement plus sourd s'éleva, plus dangereux également. Et sans que je ne puisse le prédire, l'animal se rua sur Roxane, crocs et griffes prêts à la déchiqueter.

« NNNOOOONNNN !! »

Dans la panique, je fis voler l'animal, d'un geste de la main, l'envoyant cogner contre le tronc d'un arbre qui ne résista pas à la puissance de la créature, craquant sous son poids. Une chose me rassurait, ma magie était encore là. J'embarquais mes affaires, me ruais sur Roxane sans chercher à comprendre. Ma main attrapa la sienne « Maintenant, on court ! ». C'était un ordre. Et je n'attendis pas qu'elle réponde. Déjà, je me mis à courir. Les exercices physiques imposés par Jake allaient enfin servir ! Certes, c'était pour fuir un loup-garou, mais au moins j'avais un peu plus de souffle qu'avant.

(…)

Nous avons couru un moment. Trébuchée aussi pour ma part, m'écorchant le genou. Nous nous sommes épuisées, essoufflées, laissant derrière nous la créature qui nous avait menacées. Nous étions finalement arrivées à l'orée du bois où se trouvait une cabane dans laquelle nous pourrions trouver refuge. La petite cabane semblait être inhabitée depuis peu. Les bûches étaient froides dans la cheminée. Mais au moins nous pourrions rester ici quelques instants, au moins le temps de pouvoir souffler et réfléchir calmement.

« Fouillez la maison, regardez s'il y a à boire et de quoi faire du feu. Je m'occupe de nous cacher ... »

Je fouillais dans mon sac. Par chance, j'avais toujours sur moi quelques plantes et autres sels, au cas où. Je sortis donc le sel blanc que j'avais purifié. Je sortis de la maison, veillant à ce que personne ne se trouve aux alentours. Lentement, je me mis à psalmodier quelques paroles en latin, paumes tournées vers le haut, je laissais ma magie et l'énergie agir. Mes pas me firent faire le tour de toute la petite cabane alors qu'une lumière douce et blanche naquit durant quelques instants, enveloppant les lieux dans une sorte de dôme, avant de disparaître à mes yeux. Au bout de cinq minutes, je revins à moi. Nous étions maintenant protégées, isolées. Personne ne nous verrait. Du moins, je l'espérais. Ce sort, basique, de protection, nous permettrait d'être tranquilles durant un temps... Temps nécessaire pour réfléchir à ce que nous vivons. Quelque chose me dit que nous ne sommes pas prêtes de partir d'ici.

En silence, je regagnais l'intérieur de cette ancienne chaumière et fis face à la jeune femme toujours aussi paniquée. Je lui tendis ma veste. Sa tenue n'avait rien d'adapté à la situation. Nous aurions tout le temps de faire un feu plus tard, si cela s'avérait nécessaire. Mais en attendant, je tirais une chaise pour m'installer autour de la table en bois, déposant en son centre le collier et son pendentif que j'observais longuement. À l'intérieur plus rien ne semblait bouger. Étrange. Dehors, les hurlements d'un loup se firent entendre.

« Oui, je suis une Sorcière. Et je sais que vous en êtes une. Sorcière de l'eau si je ne me trompe pas. Et non ce n'est pas moi qui suis à l'origine de tout ça... J'ignore où nous sommes, j'ignore comment et pourquoi. Mais si nous entrées, il doit bien y avoir un moyen de sortir. Maintenant vous pouvez hurler, crier, pleurer, taper du pied. Personne ne nous entend. J'ai levé un sort de protection autour de la maison... »

Je relevais les yeux vers elle dans un soupir.

« Puis-je compter sur votre aide ? Avez-vous des connaissances particulières ? Êtes-vous à l'aise avec votre magie ? Car nous allons certainement en avoir besoin. »

On ne sait jamais, y a peut-être des gens à congeler ici...


• • •

À l'autre bout de la forêt, le chef de la meute venait d'être prévenu : deux femmes étaient arrivées de nul part, surgissant d'une lumière blanche et aveuglante. L'une d'elles semblait être une Sorcière. Le conseil des anciens devait se réunir. Si la trêve avec les Sorciers était rompue, les Loups devaient commencer à se méfier. Dans son coin, William se demanda si la Sorcière en question n'était pas sa chère Léane. Nul doute qu'il allait devoir l'avertir, pour la protéger.





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MessageSujet: Re: The Diary of Trapped Soul | feat. Roxane Mar 11 Avr - 15:15

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Faut pas croire, sous mes airs de grande gueule j’ai la panique au bord des lèvres quand même. Et clairement, je panique.
Non mais sérieusement, moi je n’ai jamais fait d’école du parfait petit sorcier. Les seules choses que je connais sont liées à ma capacité à contrôler l’eau et à nager sans avoir besoin d’une bouteille d’oxygène. Je suis une sorcière aquatique, par une sorcière de la forêt enchanté ! On peut me ramener Flipper le dauphin, Willy l’orque, j’en fais mon affaire. Mais là. Ici. Avec une bête qui grogne un peu trop fort, je ne gère pas du tout. C’est bien simple, si ça ne va pas dans l’eau, je déteste ça ! Les chats, les chiens, les insectes. Ça me répugne.
Moi j’aime la tranquillité de ma vie. J’aime quand la seule chose qui me turlupine c’est le fait d’attendre la nuit pour rejoindre un lac en plein bois pour y surfer tranquillement à l’abri des regards indiscrets. Oui, parce que des vagues dans un lac, ça reste quand même suspect. Mes soucis du quotidien se résume à « Qu’est-ce que je vais porter aujourd’hui ? » « C’est à qui de faire la vaisselle ? » « C’est déjà mon tour de descendre les poubelles ? » « Et sinon il reste des chips et de la bière ? ». Voilà, c’est pas plus compliqué que ça en réalité. Ma vie est parfaitement simple et c’est exactement comme ça que je l’aime. Je n’aime pas les petites imperfections qui viennent tout foutre en l’air en une seconde. Comme aujourd’hui. Comme maintenant avec la mère d’Eva.

Alors effectivement je suis peut-être, un peu affolée. D’accord. Beaucoup. Est-ce qu’elle sait au moins la madame Clarke que dire à quelqu’un de se calmer en lui criant dessus ça n’a genre jamais fonctionné ? Mais alors, vraiment jamais ?
Non parce que moi je veux bien être calme, quand je fais mon ménage ou quand je regarde un con de chat essayer d’attraper sa queue, ça me fait rigoler même. Mais comment je peux être calme face à un monstre qui fait largement plus de deux mètres et qui a une gueule vraiment atroce ? La preuve, il bave le machin, comme un chien enragé. Alors sans compter sur le fait que ce n’est, absolument pas, naturel. Ce monstre il est quand même vraiment vilain. Très, très vilain. Et moi j’analyse déjà mes chances de survie qui avoisine le zéro absolu. Ca ne donne donc pas très envie, de se calmer, pas vrai ?

Le monstre gronde, c’est pas le petit grognement d’un chien contrarié, ouloulou, non, rien à voir. Ca vient de plus profond, de son ventre, ça prend écho dans sa cage thoracique et c’est méga flippant. Encore des consignes. Pas bouger. Pas de cris. Pas de geste brusque. On dirait moi lorsque je demande aux gosses de ne pas courir à côté des bassins, parce que c’est glissant et qu’ils risquent de chuter et se cogner la tête. Ou encore quand ces gens malpolies rentrent dans la cabine avec leurs chaussures dégoutantes. Hey ho, vous pensez un petit peu aux microbes et à ceux qui passent derrière vous ? Pas croyable ça !
Toujours est-il que j’écoute sagement les consignes comme une élève appliquée. J’ai tout de même envie de pisser. Mon pied bouge malgré moi et crac ! c’est le bruit que fait une petite connasse de branche qui était planquée là, juste sous mon pied, prête à se briser dans un petit craquement insignifiant mais suffisant pour fâcher notre cher compagnon à poils.

La boule de poils, loin d’être mignonne se jette sur moi. Pour ma part j’adopte la position du fœtus en me roulant sur moi-même dans un petit cri aigu plus proche du couinement que du cri d’ailleurs. Yeux fermés, j’attends que le monstre me dévore tout en espérant survivre quand même. Le problème c’est que ma magie a besoin d’être contrôlée et qu’il y a des aspects techniques que je ne maîtrise absolument pas sous la panique. Quand certains sont capables de se protéger en érigeant je ne sais pas moi… Un mur d’eau par exemple. Et bien moi, rien. Nada. Je n’y arrive tout simplement pas. Les secondes s’égrènent avec une lenteur perturbante. L’animal n’arrive toujours pas et le craquement lointain me fait relever la tête alors que je suis en boule sur le sol prête à me faire dévorer. Je n’ai pas envie de réfléchir, j’en suis tout bonnement incapable de toute façon. Madame Clarke attrape ma main et m’ordonne de courir. Alors je déteste les ordres mais disons que là, je ne vais pas faire la fine bouche. Je me redresse pour courir à sa suite et je ne préfère même pas regarder derrière moi de peur de trébucher et de me faire manger. J’ai eu de la chance une fois, ça ne se représentera pas deux fois. Ou peut-être bien que si puisque je suppose qu’un monstre ça ne vole pas tout seul dans les arbres et qu’Abigaïl doit être à l’origine de cette haute voltige.
Elle trébuche et je la ramasse, la moindre des choses. Je suis endurante et bien qu’elle le soit moins, elle semble tenir le choc. On arrive à bout de souffle devant une vieille cabane.

« Wow wow wow, vous êtes certaine de ce que vous faites là ? Non parce que dans les films d’horreur quand il y a une cabane du genre, les gens ils se font tuer, alors je suis pas trop sûre de la chose moi. »

Mais pour elle c’est un moyen de se poser le temps de récupérer un peu. Elle n’a pas tort mais on m’enlèvera pas de la tête que si on y reste trop longtemps on va finir par crever et moi je suis jeune. J’ai plein de trucs à faire encore. Je m’occupe de fouiller la maison. C’est très sommaire comme environnement, on dirait que quelqu’un a cherché à se couper du monde moderne. Creepy. Pendant qu’elle fait ses trucs bizarres en parlant dans une autre langue, moi je me mets en quête d’un truc à grignoter. Je trouve une miche de pain qui doit dater de la veille ou de l’avant-veille. L’air de rien je la regarde en coin, par la fenêtre de la cabane, faire ses trucs bizarres. Parce que mine de rien, moi ça m’intrigue. Si elle est capable de nous cacher, pourquoi elle n’est pas capable de nous ramener chez nous ? Dissimuler et déplacer, c’est presque la même chose après tout.
En plus je n’arrive pas à me concentrer, c’est quoi que je cherche déjà ? De la nourriture ok mais après ? Aucune idée. Je me mets en quête de quelque chose pour me couvrir un peu parce qu’il fait frisquet mine de rien, surtout quand la pression commence à redescendre. Je ne trouve rien d’autre qu’un morceau de tissu aussi rugueux que les vieux sacs à patates. Un coup à me gratter tout le temps.

Elle revient la mère d’Eva, en me tendant sa veste. Sans doute qu’elle a remarqué ma peau violacée et la chair de poules qui la parsème. « Merci. » Je la passe et la renferme tout aussitôt. Et elle s’installe, pose ses fesses sur la chaise en bois. Non mais, seriously ? On fait quoi maintenant ? Je ne suis absolument pas d’accord pour rester là et attendre ! Je vais partir d’ici moi, je n’ai pas envie d’être prise au piège dans cette maison et puis d’abord, qui me dit qu’elle est vraiment cachée la cabane ? Hm ? Elle pose le médaillon sur la table et j’ai une furieuse envie de le briser. Après tout, c’est de la faute de ce machin si on en est là.
Elle m’annonce alors qu’elle est une sorcière. Sans blague. Le fait qu’elle sache que j’en suis une et l’élément qui m’accompagne me laisse toutefois perplexe. Je ne sais absolument pas comme elle le sait. C’est peut-être du flan. Comme je suis maître-nageuse c’est une simple déduction logique. Je crois les bras quand elle énonce ce que je peux faire. Non mais je ne suis pas une enfant, crotte ! Merde ! Je pousse un profond soupire avant de décroiser les bras et d’afficher un air blasée. Je tire une chaise et m’y installe à mon tour.

« Ecoutez, oui je suis à l’aise avec ma magie mais pas quand je panique, j’ai besoin de me concentrer. Je peux créer de l’eau, la manipuler et respirer sous l’eau, voilà. Le reste… C’est encore très arbitraire… Et en toute honnêteté j’ai jamais eu à m’en servir pour autre chose que mon plaisir personnel. Quand vous parlez de connaissances, vous voulez dire en magie comme ce que vous venez de faire ? Bah non. J’ai pas été dans une école de petits sorciers ou un truc du genre moi. »


Le foyer dans la cheminée accueille des flammes généreuses qui viennent réchauffer l’air. Pour seule nourriture nous avons cette miche de pain et un restant de ce qui semble être de la confiture de framboises. S’il n’y avait pas d’eau, notre carafe est pleine grâce à mes pouvoirs. Comme quoi, ça peut servir ailleurs qu’en plein désert comme je le croyais.
Du bruit se fait entendre à l’extérieur. La nuit est sur le point de tomber et il fait sombre. Le bruissement des feuilles pas réellement discret et les chuchotements qui se font entendre derrière sont étranges.

« Léane… Léane… Où est-ce que tu es. C’est moi. William. »

Les pas sur le sol ont conduit William jusqu’à cet endroit pourtant il n’en voit pas davantage. Comme si leur détentrice c’était volatilisée… Comme par… Magie. Il est alors persuadé que c’est elle, sa bien-aimée et il ne reculera devant aucun danger pour la sauver. Il doit la prévenir, elle doit partir, s’enfuir. Avec lui peut-être ? Il ne sait pas William. Il ne sait plus.

« Je sais que tu es par ici. J’ai peur pour toi, pour ta vie. »

Je regarde madame Clarke avec des yeux ronds.

« Vous êtes certaine qu’il peut pas nous voir là ? Il se passe quoi s’il continue d’avancer ? Il va se cogner la tête dans la porte ? Merde. Il peut nous entendre ? » finis-je dans un murmure.



© Summers

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MessageSujet: Re: The Diary of Trapped Soul | feat. Roxane Jeu 13 Avr - 9:45


▬  Abigaïl feat. Roxane ▬

Le sort de protection nous enfermait dans une bulle. Si les lieux restaient visibles, nous ne l'étions pas. C'était un avantage pour passer inaperçu sans faire lever de doutes chez ceux qui pourraient venir ici. La bulle se formait autour de la vieille cabane, comme un dôme, ne laissant rien filtrer de ce que nous pourrions faire ou dire. Alors Roxane pouvait hurler, personne ne nous entendrait. Bien que, j'espérais qu'elle ne se mette pas à agir ainsi. Gérer cette situation et gérer les états d'âme de Roxane, ça n'allait tout simplement pas le faire. Je ne pouvais pas, ne devais pas, être la seule à rester calmer. J'avais besoin d'un peu d'aide. Parce que moi aussi j'avais peur, moi aussi j'étais effrayée. J'avais juste appris à ne rien montrer, ou presque. C'était obligatoire quand on a une adolescente et qu'elle vit à nos côtés des choses qu'elle ne devrait pas vivre. Eva me manquait déjà. J'aurais tant préféré récupérer son sac, rentrer à la maison, me poser son le canapé, y attendre que quelqu'un rentre, préparer le dîner... Une vie de famille presque banale, alors que nos vies ne l'étaient pas. J'aurais presque préféré me disputer avec Jake au sujet d'une broutille, plutôt que d'être là, enfermée, je ne savais où, à cause d'un maudit médaillon. Mais bon, j'avais bien compris que dans la vie, les choses ne se passaient pas toujours comme on l'attendait. Malgré ça, je pouvais comprendre Roxane. Si sa vie n'avait jamais été mouvementée, si elle menait une vie ''normale'', alors sa réaction était logique. Après tout, tout le monde ne vivait pas ce que je vivais, ce que les miens vivaient. Tout le monde n'était pas né plus de trois-cents quarante ans plus tôt.

J'observais Roxane qui s'installait enfin. Pas de cris. C'était une bonne chose. Elle me parla alors rapidement d'elle et de sa magie qu'elle ne maîtrisait pas en cas de panique. Je ne dis rien, mais intérieurement cela m'inquiéta. Nous risquions d'être paniquée plus d'une fois ici. La situation elle-même était paniquante. Roxane était une Sorcière lambda. Sa magie était en elle, mais elle ne devait très certainement pas chercher à en savoir plus, à développer les choses, à tout connaître. Elle vivait avec, parce que c'était là. Je m'étais déjà rendue compte que beaucoup de Sorciers vivaient ainsi, sans chercher à approfondir leurs connaissances. Et sa remarque me fit sourire.

« Moi non plus Roxane, je n'ai pas été dans une école de petits Sorciers. Mais ce n'est pas grave, nous allons faire avec les moyens du bord et si je peux, je t'aiderai à gérer ta magie d'accord ? »

Car j'aurais aimé ne pas finir noyée ou congelée à cause d'une crise de panique de la demoiselle.

« Je vais essayer de faire ''parler'' l'objet, de connaître son histoire. En attendant, nous allons rester ici. Nous ne savons pas où nous sommes et avec la nuit qui va tomber, il serait préférable de ne pas nous aventurer dehors. Il va falloir faire un feu, sinon nous allons finir congelées sans que tu n'aies à utiliser tes pouvoirs.»

Un trait d'humour, peut-être pas le meilleur, mais je n'avais pas autre chose en stock vu mon état de stress.

« Moi aussi j'ai peur Roxane. Mais on va rentrer chez nous, c'est promis. »

(…)

Je tentais une énième fois de faire parler le médaillon, me concentrant sur lui, sur l'énergie particulière qu'il dégageait. Si j'avais pu apprendre une chose, c'était que ce médaillon appartenait à une Sorcière. Je n'en avais aucun doute. Il possédait une magie, puissante, je devais bien l'avouer. Si j'avais été encore une Inféris, j'aurais certainement été bien plus capable de percer ses mystères. Malheureusement, malgré mon expérience, ma magie s'était un peu limitée.

« Allez, révèle-moi tes secrets... » Murmurais-je doucement, le médaillon roulant entre mes doigts au bout de sa chaîne. À l'intérieur, je crus voir quelque chose bouger à nouveau. Filaments d'énergies, se nouant autour de perles d'eau ? Non, je devais très certainement halluciner. La fatigue, le stress... Chercher à percer l'histoire du bijou m'avait donné une migraine, comme si ce dernier se battait contre moi pour que je ne puisse pas découvrir ce qu'il cachait et à qui il appartenait. Comme si un mot de passe était nécessaire et qu'un anti-virus m'empêcher d'accéder au disque dur... Oui, je commençais à m'y connaître un peu en nouvelles technologies.

Dehors, la nuit commençait à tomber. Roxane avait pu allumer un feu et, grâce à sa magie, nous avions de l'eau fraîche et pure à volonté. Du pain et de la confiture de framboises nous servaient de dîner. Ce n'était pas un festin, mais c'était mieux que rien. En tout cas, si cela devait s'avérer nécessaire, j'avais appris durant ma jeunesse à chasser les animaux. Je savais également quelles plantes et fruits pouvaient être ou non mangés sans danger. En attendant, cela ferait l'affaire. Je terminais mon verre d'eau lorsqu'à l'extérieur une voix d'homme se fit entendre. Le médaillon se mit à vibrer doucement dans ma poche.


Je ne bougeais plus. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine et j'imaginais facilement, vu la tête de Roxane, qu'elle était autant effrayée que moi. Je me relevais, faisant le moins de bruit possible, et attrapais la main de Roxane pour l'emmener dans la petite pièce voisine.

« Il ne nous verra pas. J'ai confiance en ma magie. Mais il faut éviter de faire du bruit ou de faire tomber des choses, car il peut entrer dans la....»

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase que déjà, la porte s'ouvrit. Quittant la capuche qu'il avait sur sa tête, l'homme, très grand, très beau aussi, pénétra dans la maison. Son poids fit craquer les lames du plancher en bois.

« Léane… ? Y a quelqu'un ? »

Mon index posé sur mes lèvres, j'intimais le silence à Roxane. Lentement, silencieusement, je quittais notre cachette pour regagner la pièce principale. Et le fameux William ne me vit pas. Son regard perdu sur la pièce se mit à chercher celui qu'il appelait, celui pour qui il semblait s'inquiéter.

« C'est bon Roxane, on ne risque rien, mais ne touche à rien. »

William observa le feu dans la cheminée, le pain encore sur la table, les deux verres. Son regard s'assombrit lorsqu'il se mit à renifler vers l'extérieur. Mais, rapidement, un sourire naquit sur ses lèvres.

« Léane, mon amour ! »

Une femme pénétra dans la vieille cabane. Elle était belle. Très belle même. Ses longs cheveux dorés tombaient en cascade sur son dos. Dans ma poche, la pierre orangée se mit à se réchauffer, à vibrer. La femme se jeta au cou de l'homme, l'embrassant avec une passion non retenue. S'en était presque gênant de pénétrer ainsi leur intimité.

«- Pourquoi es-tu si effrayé mon Amour ? J'ai entendu les loups hurler au loin. Que se passe-t-il ?
- Quelqu'un t'as vu, toi et Morgane. Ils sont à vos trousses. Il faut fuir mon Amour, je t'en supplie. Fuis. Je te retrouverais. Je vais quitter la meute et nous partirons tous les deux. Je te le jure. »

Le visage de la femme se ferma subitement. Elle observa la chaumière, comme son compagnon l'avait fait plus tôt. Elle le délaissa alors pour faire le tour des lieux. Je rejoignis Roxane sans rien dire. La fameuse Léane retira sa cape. Et c'est là qu'il apparut autour de son cou. Le médaillon.

« C'est une Sorcière. C'est son médaillon... Et il est entrain de s'animer dans ma poche. Qu'est-ce que ça veut dire ? »

La Sorcière s'arrêta juste devant nous. Je retenais ma respiration, tremblante, attrapant inconsciemment la main de Roxane pour la serrer dans la mienne. Mais rien… La belle blonde se détourna de nous et retourna auprès de son loup.

- Je m'en vais prévenir Morgane. Retourne auprès des tiens mon Amour. Ils ne doivent pas se mettre à douter de toi. Je te ferai parvenir de mes nouvelles au plus vite. Guette la pie voleuse, elle t'en apportera.

Ses lèvres retrouvèrent celles de son amant durant de longues secondes. Puis ils finirent par se séparer. Le loup s'en alla à contre cœur alors que la Sorcière resta sur le pas de la porte. Son regard se posa à nouveau sur la pièce.

- Je ne sais pas qui vous êtes, mais je sais que vous êtes là. Je vous conseille de fuir. Vite. Car si ce n'est pas moi qui vous retrouve, se sera la meute.

Quelques instants plus tard, elle quitta la chaumière, sa cape sur les épaules. Elle savait. Elle avait dû sentir la magie qui entourait la pièce, qui vibrait ici. Elle savait, mais ne nous avait pas vues. Un long soupir de soulagement s'échappa de mes lèvres alors que je tombais assise sur l'une des chaises, sortant le médaillon de ma poche.

« Ok … On respire. Tout va bien, ils ne nous ont pas vues. Bon sang, tu comprends quelque chose à tout ça ? »

(…)

La nuit était tombée depuis de nombreuses heures. Le sommeil avait eu raison de moi, endormie avec la tête posée sur la table. Une source de chaleur me réveilla. Et, lorsque j'ouvris les yeux, les flammes léchaient les murs en bois de la chaumière.

« Roxane… AU FEU !! »

Dehors, des rires de femmes se firent entendre. C'était trop tard pour moi. La panique m'envahissait. Sous les yeux de Roxane, mon corps fut léché par les flammes qui me firent hurler de douleur.

(…)

Lorsque j'ouvris les yeux, ce fut dans un hurlement. Mon corps tout entier me faisait mal, mes poumons me brûlaient, encore torturés par la fumée et les flammes. La panique rongeait mon cœur et mon corps, les larmes brouillaient mes yeux. C'était horrible. Un supplice. Une horreur. J'avais vu ma vie défiler sous mes yeux. J'avais souffert la mort, me rappelant l'horreur que les miens avaient vécu sur le bûcher. J'avais mal. Je tremblais. Pourtant, autour de moi le feu n'existait plus. À la place, c'était l'immense forêt qui se dressait et j’aperçus le ciel bleu entre les branches des hauts arbres. J'étais vivante.

« R... Roxane ? »

Retour à la case départ.




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Dernière édition par Abigaïl Clarke le Mer 26 Avr - 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Diary of Trapped Soul | feat. Roxane Jeu 20 Avr - 19:27

The Diary of Trapped Soul
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Madame Clarke me regarde avec ses grands yeux. Elle arrive à trouver la force de sourire alors que je trouve que j’ai rien dit de drôle. Ok peut-être parce que j’ai parlé d’une école de petits sorciers. Faut dire que tout le monde connaît Harry Potter, parait même qu’ils vont en sortir un dernier opus, comme ça pour le fun, pour le plaisir. Je me demande du coup si c’était vraiment des effets spéciaux ou si ces gens sont de vrais sorciers bizarres ? Hum. Bonne question. Mais j’ai probablement pas le temps de débattre des heures sur le sujet. Tiens, je paris qu’en plus la connexion 4G doit être à chier dans cette forêt bizarre. Enfin je pourrais le savoir si j’avais mon téléphone sur moi. Et voilà que même wikipédia ne peut pas me sauver de cette galère. Plus jamais je toucherai un bijou qui brille, je vous le dis, moi. Je l’ai déjà dit ? Bah c’est que ça doit être foutrement vrai alors. En tout cas elle a l’air de savoir quoi faire puisqu’elle arrive même à me dire qu’elle va m’aider à gérer ma magie. Je sais pas comment elle compte s’y prendre parce que bon pour gérer ma panique c’est pas d’une infirmière dont j’ai besoin, c’est d’un psy à plus de 100$ la séance. Sauf que, pas de bol, y a pas de psy aux alentours et je pense pas qu’un vieux sapin va se mettre à me poser des questions en bougeant ses aguilles au vent. Non là je pencherai sur la drogue.

J’arque un sourcil quand elle dit qu’elle va faire parler l’objet. Ok, il n’y a que moi qui trouve ça bizarre ? Mais vous êtes tombée sur la tête m’dame Clarke ? Une branche, un tronc, un caillou ? JE SAIS ! C’est quand t’es tombée à cause de la racine pendant qu’on courait. Comme quoi, on se méfie pas assez des petites chutes.
Je comprends pas trop alors je ne dis rien. Je me contente d’hocher la tête pour pas faire la malpolie en lui disant qu’elle devrait consulter quand même, qu’elle doit avoir un traumatisme crânien ou le crâne à l’envers, qu’est-ce que j’en sais. Enfin, ça doit pas être si grave que ça vu qu’elle arrive à nous faire un petit trait d’humour. Qu’elle croit. Parce qu’en vrai, c’est pas drôle si tu finis comme un glaçon, moi je sais pas décongeler les gens. Enfin pas bien. Ils meurent souvent. Y a que dans les dessins animés que les gens ils restent vivants après une phase de congélation. Le sérieux revient, je ne sais pas si je préfèrais pas l’humour finalement. Parce que techniquement, quand quelqu’un me dit qu’il a peur, ça me fait encore plus peur. J’ai peur qu’elle ait peur d’avoir peur et que ça me fasse peur, vous saisissez le concept ? Puis les promesses… Elles sont bien belles, elles vendent du rêve, un peu comme les brochures pour voyager low cost. C’est beau sur la photo, tu penses poser ton cul dans le sable et finalement t’arrives dans un bungalow avec vue sur décharge. Bad trip.

Je m’installe et je prends un cours. Ou pas. Parce que figurez-vous que le bijou il s’est pas rélevé, n’a pas parlé d’une voix d’outre-tombe en disant un truc naze comme « Qui ooooooose me déranger dans mon sooooommeil. » Rien. Que dalle. Nada.
Les coudes posés sur la table, le visage entre mes paumes je la regarde bouger le médaillon dans tous les sens. Je baille. Parce que je m’ennuie. Parce que c’est long, merde. Parce que j’aimerai bien rentrer chez moi quand même. Je me retiens de lui demander toutes les deux minutes « Ca y est ? Il a parlé ? C’est bon ? On va pouvoir rentrer ? » Je sens que ça va l’agacer et comme elle est la seule sur qui je peux compter, autant faire en sorte qu’elle ne me déteste pas. Ce serait con quand même d’en arriver là.



Puis il y a le bruit des pas dehors. La voix d’un homme s’élevant à l’extérieur. Mon cœur palpite, mais pas les bonnes palpitations qui font s’envoler les papillons. Non, les palpitations qui te foutent les jetons. J’ai peur, je doute. Et s’il nous voyait ? S’il nous faisait sauter la cervelle le monsieur ? A coup de flingue, à coup de hache ? Elle dit qu’elle a confiance en sa magie. Bah tiens. Parlons-en de la confiance. Elle commence où et elle s’arrête quand ? Non parce qu’elle est gentille et sa gosse est adorable. Mais elle fait des trucs weirdo, la preuve, on est au beau milieu de nulle part. Elle savait que j’étais une sorcière alors que sérieusement, j’ai jamais utilisé mes pouvoirs à la piscine. Ok. Peut-être que j’ai déjà coupé le circuit d’eau chaude pour laisser l’eau froide dans les douches communes. MAIS C’ETAIT POUR RIRE ! On a prétexté une panne du chauffe-eau. Et… Oh my god. Le type il rentre dans notre cabane, comme ça, sans frapper. A l’aise, Blaise. J’arrête de respirer et je ferme les yeux. Parce que c’est bien connu, si je le vois pas, il me voit pas…
Il scande le prénom d’une jeune femme. Ou vieille peut-être. Mais vu qu’il est pas moche, la Léane elle doit pas ressembler à du thon saupiquet. Elle s’éloigne et j’agite ma main dans tous les sens pour qu’elle revienne vers moi. On sait jamais, moi j’ai pas trop confiance quand même. Mes lèvres miment le mot NON. N.O.N. Sous-entendu. REVIENS TOUT DE SUITE ! Mais elle se balade et lui… Il voit rien. Je sors de ma cachette, passe la main devant ses yeux alors qu’il regarde dans ma direction. Que dalle. Ok. C’est plutôt cool ça, j’ai toujours rêvé d’être invisible.

La fameuse Léane débarque et là… J’ai l’impression d’être devant mon poste de télévision en train de mater un épisode des Feux de l’amour ou bien Amour, Gloire et Beauté à moins que ce soit Dallas. Wow. Le choc. J’écoute pas vraiment ce qu’ils disent, limite je cherche une caméra cachée. Non parce qu’en fait, ça ne peut être que ça tellement c’est absurde et que le texte semble mauvais. Qui se parle encore comme ça de nos jours ? En mode cœur cœur love papillon oulala mon amour bisous - bisous - petit doigt en l’air - j’ai la jupe qui se relève en arrière.
C’est la voix d’Abigaïl qui me sort de ma douce frénésie à imaginer tout un tas de scénarios improbables. Elle me parle du médaillon, je comprends qu’il s’agit de celui que la nana a autour du cou. Elle dit qu’il s’anime dans sa poche. Plutôt vibreur ou position chauffante ? Non parce que c’est peut-être juste un sex-toy. Puis la question tombe. Je bats des cils au ralenti, comme dans un film. Je me retourne bêtement. Ah mais oui. C’est bien à moi qu’elle demande.

« Euuuuuh, je sais pas ? »

On a déjà déterminé que j’étais pas une bonne sorcière façon Samantha et son bout de nez. Du coup, je trouve que poser des questions de ce genre, c’est comme parler à un arbre et attendre qu’il réponde. La sorcière s’approche, Abi a un coup de panique. J’entends clairement qu’elle retient son souffle et je limite, serrant la main qui se niche dans la mienne. Je veux pas mourir !
Elle est sympa Léane. Elle nous conseille de fuir. Moi je veux bien, mais pour aller où ? Et puis d’abord, on est où ? Elle s’en va, nous plantant là avec nos doutes en travers de la gueule.

« Euh bah non, sincèrement madame Clarke, tout ça pour moi c’est… Nouveau ? Oui, voilà. Nouveau. Je veux dire, je n’ai jamais disparu pour poper je-ne-sais-où. Jamais. Alors là. Une Léane qui nous met en garde, qui roule une pelle à son étalon. Puis c’est quoi cette histoire de meute ? Le gars il se prend pour un chien et il hurle à la pleine lune ? ah ah ah. »

Ah. Ah. Ah. Je savais pas si bien dire.



Elle dort madame Clarke, moi j’avoue que j’ai du mal à trouver le sommeil. Savoir qu’il y a des gens dehors ça m’inspire pas des masses. Puis j’ai toujours pas été pissé moi dans l’affaire. J’ai beau faire le tour de la cabane, pas de chiotte. Non mais qui, de nos jours, n’a pas pensé à mettre des toilettes dans sa maisonnette ? Encore une maison d’architecte vintage qui s’est tapé un petit délire en oubliant l’essentielle sans pour autant oublier de mettre des toiles d’araignées. Je sors dans la nuit, il fait noir de chez noir, la faute aux branchages épais. Pas de bol, j’ai pas de lampe torche, pas de téléphone, alors tant pis, je vais aller me caler derrière un arbre pour faire ma petite affaire et on y verra que du feu. Le soulagement arrive, je réalise soudain que je n’ai ni papier ni mouchoir. Et je me maudis mille fois. Jusqu’à ce que j’entende des bruits. Des branches qui craquent, des pas qui se rapprochent. Plein de pas. Je remonte mon short en vitesse et me planque derrière un arbre bien plus épais que moi. J’ose pas sortir mon bout de nez. Des chants et des rires. A croire que Léane est en train de s’organiser une soirée pyjama avec ses copines. C’est au moment où je trouve que ça sent le grillé que je jette un coup d’œil discret en leur direction.
Et là. ET LA !

« MAIS QU’EST-CE QUE VOUS FAITES !!!!! »

Je me précipite vers la maison en proie aux flammes avec Abigaïl coincée à l’intérieur. Je l’entends hurler, le genre de cris désagréable qui vous glace le sang, qui vous rend dingue et impuissant. Une poutre bloque l’accès à la maisonnette, c’est trop tard, elle ne s’en sortira pas. Je le sais.
Elles ne me voient pas ces connasses, la faute à ce sort d’invisibilité. Alors en pleine rage je me retourne vers ces folles. Je les cogne, une par une. Je les déboite.

« SALE CONNE PUTAIN ! SALE FOLLE ! SALE PUTE ! »

Comment je vais faire moi maintenant !



Un truc bizarre se passe, un clignement d’yeux et voilà que je suis au sol, frappant la terre. AOUTCH ma main ! Je tourne la tête et je la vois. Vivante. Saine et sauve. Abigaïl. Je me relève et saute dans ses bras pour l’enlacer un peu trop fort.

« Bordel, j’ai cru que t’étais morte ! »

Et là. Le grognement. Je regarde Abi, des points d’interrogation dans le regard. La grosse bestiole. Encore. « Oh non pas encore ! »
Il saute sur moi, encore une fois. Cette grosse blague, pourquoi moi ? Il a une préférence pour les blondes ou quoi ? Et à nouveau la course folle à travers les arbres. On se tient par la main, on ne se lâche pas. La maisonnette se profile à l’horizon. Elle est devenue le saint Graal, notre point d’arrivée, la banderole à passer pour que ça s’arrête. Le souffle coupé, les mains sur les genoux, j’essaye de trier les informations qui viennent me cogner le coin du crâne.

« C’était.. .C’était quoi ça ? Encore. Je t’ai vu dans les flammes. Faut pas qu’on reste là. On doit aller ailleurs. Et POURQUOI ça recommence ? NON MAIS CETTE BLAGUE ! On doit halluciner. On a du inhaler un truc hallucinogène, voilà, c’est tout. C’est pas grave. Faut pas qu’on reste là. On a qu’à aller se cacher dans un arbre ou j’en sais rien moi, putain de merde, fais chier. »


Le débit est rapide, trop rapide. Je ne lui laisse pas le temps d’en placer une. Je m’agite, j’essaye de réfléchir. Ce gros bordel. « Attend. Je reviens. Bouge pas. »
Ni une ni deux je m’élance dans la maisonnette et je décide d’y mettre moi-même le feu. Sans Abi dedans cette fois.

« VOILA ! »

L’allumette craque entre mes doigts, la paille s’enflamme tout comme les rideaux. Les flammes lèchent les murs et bientôt toute la maisonnette se consume.

« Bon au moins, tu vas pas mourir là-dedans, c’est une bonne chose de faite. Puis t’as qu’à faire ton truc pour nous rendre invisible là. C’était cool ça. Ça nous laissera le temps de réfléchir à comment se sortir de cette merde. »




En fait, le plan était bon. Jusqu’à ce que des gens arrivent en masse, armés de fourches et de haches. Je crois… Je crois que j’ai fait une boulette.

« Oh fuck, on doit pas rester ici ! »

Je la pousse devant moi pour qu’on se mette à courir. Et il y a ce coup qui me bouscule, ce pincement entre mes omoplates. Le bruit dégueulasse. Le goût du fer dans ma bouche et la respiration qui peine.
Ca fait mal. Un mal de chien. Je geins.

« Aaaargh. Aaaab. »

Rien. Plus rien. La hache plantée dans mon dos. Je tombe la tête la première et m’étale de tout mon long sur la terre. Chienne de vie.

-Again and again –

Je me réveille, le visage dans la terre. Je mange des feuilles. C’est dégoutant. Je me relève dans un sursaut, bouge mon dos. La hache n’est plus là.

« Abiiiiii ?! »


Même endroit. Encore. Retour à la case départ.
Le monstre surgit et cette fois je lui glace la gueule. La panique est passée. J’en ai juste marre là. Abigaïl me regarde.

« Quoi ? Fallait pas ? »


© Summers

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MessageSujet: Re: The Diary of Trapped Soul | feat. Roxane Sam 13 Mai - 17:57


▬  Abigaïl feat. Roxane ▬

Je ne comprenais rien à ce qui venait de se passer. Quelques minutes plus tôt, j'étais entrain de mourir brûlée vive. Et me voilà là, couchée à terre, le cœur battant trop fort, mais bien vivante. Comment cela était-il possible ? Je tentais de me relever, tant bien que mal, le corps tremblant. Roxane était là elle aussi et j'en fus soulagée. Elle aussi visiblement. Si bien qu'elle se relevât rapidement pour me sauter dans les bras et me serrer fort. Très fort. Trop fort vu notre relation à peine naissance. Mais moi aussi, je serrais mes bras autour d'elle, heureuse de la voir vivante. Heureuse de ne pas être seule. Parce que nous étions ensemble dans cette aventure à laquelle nous ne comprenions rien. Enfin, je comprenais certainement un peu plus de choses que la jeune Sorcière qui n'avait pas dû vivre beaucoup de choses particulières dans sa vie. Personnellement, je savais que rien n'était impossible Bien au contraire.

Mais pas le temps de réfléchir bien longtemps et de sauter de joie à l'idée d'être vivantes. Un grognement se fit à nouveau entendre. Encore. Le même. Le Loup-garou. Et, comme la première fois, il sauta sur Roxane. De nouveau, je le fis voler. De nouveau, cette course folle à travers les bois. Une course épuisante qui me brûlait les poumons. Encore une fois notre course s'arrêta devant cette maisonnette, celle où j'avais fini brûlée vive. J'étais épuisée, tremblante, j'avais soif. Et Roxane était dans le même état que moi. Un peu plus énervée, je crois. Elle parlait. Vite. Fort. Beaucoup. J'avais envie de lui dire de se taire, pour que je puis réfléchir calmement, analyser la situation et comprendre pourquoi nous en étions à nouveau là. Mais Roxane, après s'être absentée quelques secondes, mis le feu à la maisonnette.

« N... »

Nooooonnnnn !!! Mais trop tard. Le feu se mit à lécher la paille, les rideaux, les murs. Les flammes s'élevèrent. Trop haut. Et mon intuition me disait que c'était une mauvaise chose. Mon estomac se tordait, me montrant que quelque chose allait mal se passer. Et là plus loin, je les vis arriver. Les hommes et femmes, armés de fourches. Ah tu as raison Roxane, on ne doit pas rester ici !

« COURS ! »

Et encore une fois, nous voilà à courir comme des folles. Cette fois, ce ne fut pas pour fuir la bête, mais pour fuir des gens. Courir. Encore. À en perdre haleine. Roxane était derrière moi. Et je l'entendis râler, gémir. Je me retournais et la vis s'écrouler à terre une hache plantée dans le dos.

« ROXAAANNNNEE !!! »

(…)

J'ouvris à nouveau les yeux sur la forêt. L'air frais calma mes poumons. Je respirais les odeurs de mousses, de terre, au milieu de ces grands arbres. Cette fois, ce fut moi qui sautais sur Roxane pour la serrer dans mes bras, heureuse de la voir vivante. J'avais eu si peur. Trop peur. Encore. Et encore une fois le Loup arrive. Encore une fois il s'apprêta à sauter sur Roxane. Et encore une fois je me préparais à le faire voler. Mais … Roxane le glaça dans son élan. J'écarquillais les yeux. Observant la Bête. Observant Roxane.

« Quoi ? Fallait pas ? »

Je haussais les épaules, me frottant l'arrière du crâne.

« Franchement… aucune idée. Mais au moins ça va nous éviter de courir et nous laisser un peu plus de temps pour réfléchir. »

Je rattrapais mon sac, vérifiais que le pendentif était bien dans ma poche.

« Je vais nous rendre invisibles et nous allons nous rendre au village. Il faut qu'on se change, qu'on … qu'on puisse se fondre dans la masse. Inutile de retourner à la cabane, on va y mourir. Donc on essaye d'autres choses ok ? »

Maternelle, je laissais ma main caresser la joue de la jeune Sorcière, un sourire se voulant rassurant aux coins des lèvres.

« On retournera chez nous Roxane. C'est promis. Tu sais pourquoi ? Parce que j'ai ma fille qui m'attend et c'est hors de question qu'elle se retrouve sans sa mère. »

À nouveau, je fis mon petit rituel, nous enfermant dans une bulle protectrice qui nous couperait du regard des autres. Puis nous prenions la route, cherchant ce village dont les habitants avaient voulu notre mort précédemment. Après une bonne marche, nous arrivâmes dans ce fameux petit village. Je repérais une maisonnette où des vêtements pendaient dans le jardin.

« On va emprunter ça et se changer, on ressemblera un peu plus à cette époque qui n'est pas la notre. Surveille ton langage aussi, pour qu'on ne se fasse pas repérer. Nous attendrons la nuit pour nous montrer et demander un peu d'aide. »

Deux robes pendaient sur le fil. J'en attrapais une, laissant Roxane prendre l'autre. Dans un coin, même si personne ne pouvait nous voir, nous prenions le temps de nous changer, retirant nos vêtements. Heureusement, les robes étaient longues, cachant nos pieds qui n'étaient pas à la mode de l'époque. Nos vêtements actuels furent cachés dans un coin. Je cachais sous mes jupons mes herbes et fourrais entre mes seins le pendentif. Il ne nous restait plus qu'à attendre que la nuit tombe.

(…)

Les villageois étaient tous à l'abri dans leurs maisons. La nuit était tombée. Au loin des hurlements de loups se firent entendre. Roxane derrière moi, je frappais à une porte. Une femme, d'une quarantaine d'années nous ouvrit la porte.

« Bonsoir Madame. Pourriez-vous offrir l'hospitalité à deux jeunes filles ? Nous avons dû fuir la famine. La ferme de nos parents a brûlé et nous avons tout perdu. S'il vous plait. »

La mère de famille nous laissa entrer sans trop de mal. Autour de la table, ses deux enfants dînaient. Si je ne reconnaissais pas la femme, Roxane oui. C'était Morgane. L'amie de la Sorcière que nous avions vu dans la chaumière abandonnée. L'amie de celle qui m'avait condamnée à mourir brûlée vive. Heureusement, elle ne se souvenait de rien. Seuls nos propres souvenirs existaient. Nous restions méfiantes, sur nos gardes, même si je me laissais facilement attendrir par la présence des deux enfants.

La Sorcière nous offrit le repas, un ragoût délicieux qui fumait dans les assiettes. Mère célibataire, doublée d'une Sorcière, elle ne semblait pas craindre grand monde dans le village. Nous posant bon nombre de questions, je lui racontais donc que nous étions deux sœurs exclues de Salem après la mort de nos parents dans l'incendie de notre ferme. Exclues car nous étions Sorcières.

- Sorcières ? dit-elle surprise.

Je souriais, forçant son esprit à être rassuré.

« Vous avez dû sentir non ? Cette magie qui nous habite. Je suis une Sorcière de l'énergie, ma sœur est sorcière de l'eau. Même si Salem est le berceau de la magie, nous sommes traquées par ces maudits Chasseurs ! »
- Ces fils de chiens ! cracha-t-elle en fermant la porte de la chambre de ses enfants.

Alors quelqu'un frappa à la porte. Morgane se releva en souriant. Derrière la porte, Léane se présenta, enlaçant son amie avec sincérité. Autour de son cou, brillait le médaillon. Lorsqu'elle nous vit, son regard se glaça. Mon sang en fit de même dans mes veines. Ma main chercha celle de Roxane sous la table, la serrant doucement. Parce que je sais que toi aussi tu as peur.

- Elles sont des nôtres. Elles ont fui Salem et les Chasseurs.
- Des sœurs ?
- Roxane, Abigaïl, je vous présente Léane, mon amie depuis toujours.

Souriante, Léane nous serra dans ses bras. Comme des sœurs. Autour d'un verre d'hydromel, les deux femmes nous racontèrent la vie du village. Elles étaient visiblement les seules Sorcières ici et semblaient mener une vie tranquille.

- As-tu vu William ? William est son amoureux ! Dit Morgane en gloussant.
- Oui et il est inquiet. L'un des leur a été gelé aujourd'hui. Il est mort. Les loups sont en deuil et veulent partir à la chasse aux Sorcières. Je suppose que c'était vous...

Son regard, glacial, se posa sur nous. L'espace d'un instant, je m'attendais à me retrouver dans la forêt. Retour à la case départ. Mais non. Mon regard se posa sur Roxane. Je soupirais. Nerveuse.

« Oui, c'était nous. Nous nous sommes faites attaquer et Roxane a eu peur. Pour nous protéger, elle l'a gelé. Nous sommes vraiment désolées. Vraiment... »
- Ce n'est pas grave. Nous ne dirons rien. Les loups ne sont pas tous nos amis de toute manière.

(…)

Parler de tout de rien. Le temps passa. Finalement, Morgane nous proposa de dormir dans la chambre de sa chambre elle même irait dormir avec ses enfants. C'est avec tendresse que je la remerciais et saluais Léane. Dans la chambre, je déployais à nouveau un sortilège, pour que les Sorcières ne puissent nous entendre. Seulement, nous pouvions tout entendre de la conversation qui se tenait dehors.

- Alors ?
- Il va falloir accélérer les choses. William va bientôt épouser sa promise et c'est hors de question Morgane. Il m'appartient. Pour toujours. Et je crois que ces deux-là pourraient nous aider. Elles sont des mêmes éléments que nous. C'est un signe.
- Tu crois ? Elles ont l'air gentilles. Je ne suis pas certaine qu'elle...
- Fais moi confiance Morgane. Tout va bien se passer.

Et les Sorcières se séparèrent. Morgane alla se coucher sans vérifier que nous dormions. Allongée dans le lit, j'observais le plafond, Roxane étendue à mes côtés. La flamme d'une bougie éclairait légèrement la pièce.

« Nous sommes sur la bonne voie je crois. En tout cas, nous ne sommes pas encore mortes, » dis-je en souriant. « Tu n'étais pas au courant pour les loups-garous n'est-ce pas ? Ils existent depuis longtemps et existent encore. Mais leur existence est cachée, non révélée. »

Je laissais Roxane me poser des questions, si elle en avait. Et finalement, nous tombions de fatigue. Épuisées par nos aventures. Je rêvais de ma fille, de son père... de Loups, de médaillons et de mort.


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