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Montre-moi qui tu es et je te dirai qui tu manges. [Shane Greyson]

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Loup-garou, solitaire
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MessageSujet: Montre-moi qui tu es et je te dirai qui tu manges. [Shane Greyson] Sam 25 Mar - 18:07

 « Cinq dollars s'il vous plaît mad'moiselle. »

Je détourne le regard de ma glace juste trente secondes, le temps de poser l'argent sur le comptoir, avant de me sauver comme une gamine vers la sortie pour déguster tranquillement ma glace en terrasse. Dans quelques heures ce sera terminé (vingt-quatre heures exactement) et je saurai enfin si l'on s'est bien payé ma tête lors de cette fameuse nuit à l'hôpital. En attendant je n'ai toujours pas trouvé quelqu'un pour m'aider et en admettant que la situation dérape vraiment dans un futur proche... Je suis dans la merde et puis bien.

Donc autant déguster ma glace avec délectation, après tout si je deviens une créature exclusivement carnivore autant en profiter avant et manger tout ce qui me fait plaisir sans faire attention aux kilos en trop.
Je prends une grosse bouchée quand une impression désagréable me hérisse gentiment les rares poils -pour le moment- que j'ai dans le dos. Comme si mon corps reconnaissait, et je serais bien incapable de dire pourquoi, un congénère ou du moins une personne équivalent à l'autre malade qui m'a gentiment abîmé l'avant bras à l'hôpital.

Intriguée je jette un regard un regard aux alentours, cherchant avec beaucoup d'attention la personne ayant pu activer mes sens comme ça. Compte tenu de ma maigre expérience je dirais qu'il me faut chercher chez une personne un peu bestiale mais pas désagréable à regarder... Mais bon je n'y connais foutrement rien et si ça se trouve une personne rachitique aux dents cassés va me faire face et je trouverai en cet individu quelqu'un de susceptible de m'aider.

Sourire aux lèvres je me lève, ondulant dans la foule en essayant de tartiner personne de mon petit plaisir personnel que j'essaye de croquer de temps à autre sans perdre de vue mon objectif. Mon regard décrypte tout le monde sans réellement s'attarder, cherchant à retrouver cette réaction épidermique qui a fait rater un battement à mon cœur il y a quelques instants. J'arrive ainsi à la périphérie de la place, sentant intuitivement que la personne responsable de mon mal-être s'est déjà déplacée pour quitter l'endroit.

Qu'à cela ne tienne, il n'est que vingt-deux heures, les lumières sont toujours allumées et je ne me sens pas particulièrement en danger. A croire que de toute façon depuis ma transformation je n'éprouve plus aucune peur à l'idée de me faire tuer. Mon instinct de survie déjà pas particulièrement développé est dans un état lamentable : qui irait, de base, respecter les vœux d'une bestiole bizarre en claquant tout pour une ville inconnue, dîtes-moi ?

Je m'engage dans une ruelle un peu plus sombre, me contentant de serrer plus près de moi mon sac en bandoulière contenant des livres sur les loups-garous tirés de la bibliothèque et qui ne m'ont pas plus éclairée que ça sur ma future condition. Dans mon autre main repose ma glace au chocolat que je m'empresse de lécher avant que le contenu du cône ne fonde sur mes doigts, ce qui est franchement dégueulasse.

Je commence à croquer dans la partie la plus dure quand j'aperçois enfin l'objet de mes recherches, campé dans une voiture de flic, et qui démarre tous les petits signaux d'alerte de mon corps.  « Loup ! Loup ! Loup ! » Clame mon esprit qui rentre dans une sorte d'avance automatique. Je prends quand même le temps d'avaler ma glace -en m'étouffant presque, certes, mais sans en mettre sur les mains- avant de me mettre brusquement à courir sans réfléchir, uniquement concentrée sur cet être en patrouille qui attire tous les atomes paniqués de mon corps.

Un petit coin de ma conscience, sarcastique, rigole en remarquant que j'ai bien fait de prendre un jean et un débardeur noir sous ma veste en cuir, bien plus pratiques pour courir que les robes et les talons qu'il m'arrive de porter.
Dans ma tête n'importe plus qu'une chose quand je m'élance vers la voiture, courant comme une dératée et passant très certainement pour une cinglée de la plus grande espèce : ne pas le laisser partir car une part de moi est persuadée qu'il peut m'aider.
J'arrive au niveau de l'habitable, côté conducteur, frappant avec conviction sur la portière pour attirer l'attention d'un homme certainement plus baraqué que moi vu de derrière.

 « Au secours j'ai besoin d'aide ! »

Bon techniquement je ne mens pas et c'est un véritable cri du cœur qui vient de sortir. Mais après une seconde de réflexion je me rends compte en rougissant un poil que ma demande est juste profondément débile. Aussi je m'empresse de continuer ma phrase, inventant un mensonge que je trouve immédiatement particulièrement pathétique.

 « … Ils ont... Des hommes ont cherché à me voler mon sac ! »

Bah oui quoi. Les voitures de flics ça peut faire fuir n'importe qui, personne ne peut se rendre compte du fait qu'il n'y a que moi dans la rue : quelqu'un ayant de mauvaises intentions, même stupide, n'irait pas attaquer sa victime aussi loin à moins d'en avoir marre de la vie. Excuse invérifiable, enfin à mon sens.
Je passe une main tremblante -de peur à l'idée de voir s'échapper mon sauveur- dans mes cheveux bruns légèrement ondulés, espérant bien avoir une bonne tête de victime éplorée même si je suis incapable de faire semblant de pleurer pour noyer mes yeux verts.
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Loup-garou Alpha
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MessageSujet: Re: Montre-moi qui tu es et je te dirai qui tu manges. [Shane Greyson] Mar 4 Avr - 2:16

" Oh, bon sang ! Je ne sais pas quoi vous dire, monsieur l'agent ! Je suis... merci infiniment ! Merci, merci, merci ! "

La femme devant lui fond en larmes et serre contre elle une petite fillette de deux ans. Un enfant qui s'égarait dans un centre commercial, ce n'était pas la première fois que cette situation survenait et la plupart du temps, on retrouvait les gamins plutôt rapidement. Mais il pouvait comprendre cette panique qu'elle avait éprouvé à l'idée qu'il soit arrivé malheur à sa fille. Qu'un cinglé l'ait enlevé ou qu'elle soit parvenue à sortir hors du centre par les portes de devant menant directement sur une rue passante, bondée de voitures qui circulaient. Il savait ce que c'était d'être un parent inquiet, il avait eu un fils qu'il avait aimé plus que lui-même.

— J'ai l'flair pour repérer les enfants et si ça peut servir, j'en suis bien heureux ! La p'tite fripouille s'amusait avec les chiots à l'animalerie. Le gérant ne l'a pas repéré puisqu'elle était tout au fond, assise au sol dans la salle de toilettage. J'sais que les enfants aiment bien câliner les bestioles, j'avais rien à perdre à ratisser l'endroit.

Le flair. C'était littéralement ce que c'était, non pas une figure de style. Il avait utilisé son odorat affiné pour la retrouver. Il n'avait eu qu'à humer discrètement sa veste accrochée après son carrosse et à pister son odeur partout dans le centre. Il avait dû faire rapide, pendant que la mère était occupée avec ses collègues. Une histoire de quelques secondes et il avait mémorisé son odeur. Qu'on vienne me dire que c'est pas utile d'être loup-garou. L'aide qu'on peut apporter avec nos capacités : grandiose. C'était un fait. Depuis deux années de service à Salem, il avait aidé à retrouver au moins une vingtaine de personnes disparues. Jackie Frazer était investigatrice au S.P.D, une bonne amie à lui, et lui demandait couramment son aide lors des cas de disparitions. C'était un deal qu'ils avaient entre eux. Il l'aidait lors de certaines enquêtes et en retour, elle lui donnait des infos lorsqu'il en avait de besoin. Mais même sans cette petite entente, il l'aurait fait. Les cas de disparus, il avait du mal à ne pas s'impliquer.

" Dites-moi ce que je peux faire pour vous remercier, n'importe quoi ! "
— Ne la perdez plus d'vue. C'est tout ce que j'vous demande.

Lorsqu'ils s'éloignent tous les deux, la mélancolie lui prend aux tripes. Ce portrait lui faisait songer à sa femme et son fils. Six années bientôt qu'ils avaient tous les deux quitté ce monde, le laissant en deuil. Six années qu'il était veuf et qu'il galérait à s'en remettre complètement. L'âme morose, il décide d'arpenter un peu les rues passantes de Salem pour profiter du bon temps. Puisqu'il avait peu d'appels à la radio, il se mêlait à la population, donnant quelques indications aux touristes, apportant son aide d'une façon ou d'une autre. Lorsqu'il termine sa journée, il passe près de la crèmerie pour saluer la propriétaire d'une boutique, pour ensuite retourner tranquillement vers sa bagnole de patrouille. Il était vingt-deux heures et bien qu'il aurait aimé retourner chez lui, il devait avant tout passer au domaine Greyson pour installer deux ou trois autres systèmes d'ultras-sons supplémentaires avant la pleine lune de demain. Selon Rowena, quelques-uns étaient défectueux et il était hors de question de négliger d'en remettre des fonctionnels.

Assis dans la voiture, il laisse un message texte à Rowena pour lui dire qu'il n'allait plus tarder, de lui laisser au moins une heure, le temps qu'il retourne chez lui se changer. S'apprêtant à démarrer la voiture, il s'arrête en son mouvement lorsque l'on cogne frénétiquement contre la vitre. Voyant l'expression désespérée de la jeune femme de l'autre côté, il ne se contente pas d'abaisser la fenêtre, il s'extirpe du véhicule, les sourcils froncés.

" … Ils ont... Des hommes ont cherché à me voler mon sac ! "

Méfiant, il s'éloigne un peu afin de jeter un œil aux alentours, gardant une main à portée de son arme. Mais rien. C'était le calme complet. Possiblement que ses poursuivants avaient préféré laisser tomber lorsqu'ils avaient vu qu'elle se dirigeait vers la voiture de patrouille. Facile de disparaître rapidement avec ce paquet de ruelles et de charmilles un peu partout. Il prend le temps de vérifier encore une fois, puis revient lentement en sa direction.

— J'crois bien qu'ils ont laissé tomber l'idée, il n'y a plus personne dans les parages. Ils étaient combien ? Tu pourrais me fournir une description détaillée de tes assaillants ? S'ils le font souvent, ce serait une bonne chose de les coincer. Ta description pourrait grandement nous aider à intervenir plus rapidement.

Il s'empare de son carnet et d'un stylo, attendant patiemment qu'elle rassemble les infos. Tandis qu'elle commence à lui faire une description - très maladroite et trop incertaine à son goût - il prend des notes, même si son instinct lui disait qu'elle semblait trop nerveuse et évasive pour ne pas que ce soit louche. J'ai l'impression que tu m'inventes une belle histoire. Et j'crois pas que ce soit seulement une impression. Il garde le silence et se montre disponible, l'interrogeant par instant sur quelques détails, qu'elle peinait à lui fournir. Il était flic depuis des années et il commençait à bien cerner les personnes n'étant pas très honnêtes simplement en observant leurs manies particulières. Que ce soit par les mouvements de yeux, les mordillements de lèvre, les mains se tortillant et l'intonation de la voix. Ces singularités, il les avait observés souvent au cours de sa carrière. Différents points la concernant le poussaient à croire qu'elle ne lui disait pas la vérité, que ce soit son body language ou ce qu'elle dégageait de sa personne à cet instant précis. Il la laisse poursuivre, mais cette fois, il s'éloigne lentement afin de s'asseoir sur le capot de la voiture. Il hoche la tête et d'un geste désinvolte, dépose son carnet à côté de lui.

— Ok, ça suffit. Stop. Tu t'arrêtes maintenant., ordonne-t-il, d'une voix grave et grondante.

Il reste un instant silencieux, la jaugeant avec appréhension.

— Tu sais ce que j'déteste vraiment ? Les mensonges. J'supporte pas. J'ai l'impression qu'on se moque de moi et j'apprécie pas du tout. C'est principalement pour cette raison que j'ai énormément de mal à accorder ma confiance, surtout à des loups-garous qui ne sont pas de ma lignée., commence-t-il, la vrillant d'un regard sombre. Puisque j'suis quelqu'un qui croit en les secondes chances, j'vais te laisser l'occasion de me dire la vérité cette fois. La vraie. Oublie les foutaises, c'est pas pour moi.

J'espère que c'est limpide pour toi et que tu comprends que j'vais pas perdre mon temps si tu continues à m'baratiner tes histoires. Crache le morceau. Qu'est-ce que tu m'veux ?


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Loup-garou, solitaire
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MessageSujet: Re: Montre-moi qui tu es et je te dirai qui tu manges. [Shane Greyson] Dim 9 Avr - 10:16

Hein ? Un carnet et un stylo ? Je déglutis difficilement en me demandant vaguement dans quelle merde monumentale j'ai bien pu me fourrer. Normalement dans les films les flics partent en courant à la recherche des méchants en ignorant le témoignage de la demoiselle en détresse. Ce qui lui laisse le temps d'inventer un bobard digne de ce nom ou de se composer une mine de victime à toute épreuve... Mais là les choses ne se passent pas exactement comme je l'aurais souhaité. Pire, je commence à peine à ouvrir la bouche que cette satanée conscience me rappelle à l'ordre : hors de question pour moi d'aller me servir de la description d'une personne lambda dans la rue pour m'en sortir, je passerais ma vie à me demander si je n'ai pas foutu l'existence de quelqu'un en l'air.

Alors je commence par me reculer d'un pas pour mettre une certaine distance entre ce qui m'apparaît comme une force écrasante d'autorité -impression à laquelle je suis très peu habituée, d'ailleurs je ne comprends pas d'où me vient cette sensation- avant de commencer à baragouiner quelques  explications que je sais vaseuses avant même d'avoir commencé.

 « Ils étaient heu... quatre. Bruns avec un air de famille mais... Un tout petit... Celui qui donnait les ordres et heu... Le plus grand qui mang... qui a essayé d'accrocher... de prendre... mon... mon... mon sac. C'est le petit qui commandait... J'ai heu. Bruns on a dit. Je dirais bien.... yeux noirs mais je ne... je ne sais plus... je ne voyais pas... fin pas très bien... »

Hem. Une magnifique description des Daltons que je nous fais là. Plus pourri on meurt mais c'est la seule chose qui me soit venue à l'esprit et maintenant je m'en veux, j'espère qu'il ne connaît pas ce dessin animé pour gamin et qu'il vivait trop à la campagne enfant pour l'avoir vu... Je me mordille les lèvres sans le vouloir, avant de me reprendre et d'essayer de me recomposer une dégaine de victime à peu près passable. J'essaye d'articuler quelques mots par la suite en tachant de répondre à des questions plus pointues sans doute destinées à préciser l'affaire. Ou à me faire avouer que je ne suis qu'une sale menteuse, chose dont je ne suis vraiment pas fière.

Pourtant, même si je m'attends depuis le début à ce qu'une escouade de police débarque en criant « Les mains en l'air et on ne bouge plus ! » le « Stop » magnifique qu'il me claque à la figure a quand même le don de me faire tressaillir. Pire je ne peux m'empêcher de sursauter légèrement, devant ressembler à un magnifique lapin pris dans les phares d'une voiture. Tiens d'ailleurs je me sens comme ça... Une créature fragile face à un prédateur puissance trois-mille qui a décidé de me bouffer.

Il prend une pause et s'exprime d'une voix grondante qui fait se hérisser tous les poils de mon corps. Instinctivement je me recule et rentre les épaules en peinant à ne pas baisser les yeux -ne jamais perdre du regard l'ennemi prêt à te manger- dans une posture qui ne satisfait pas mon ego. Écrasée. Je me sens comme une gamine prise en faute se faisant gronder par son père après une connerie particulièrement grave. Un père qui mettrait des mots sur ma condition qui plus est, une chose dont je n'ai clairement pas l'habitude.

C'est en avisant qu'il me laisse une chance que je sens ma poitrine se débloquer et que j'ose enfin prendre la respiration que je retiens depuis quelques dizaines de secondes... Un mauvais instinct de survie si vous voulez mon avis, on court plus vite avec de l'oxygène dans les poumons... Mais enfin bon.

J'hésite alors, prenant quelques secondes dans ma tête afin de choisir mes mots histoire de sauver ma peau. Puis je prends une grande respiration et je me lance, après tout je n'ai plus rien à perdre, la voix nettement plus appuyée.

« Vous me rappelez quelqu'un. La même... Impression... Je suis désolée pour...  Je ne sais vraiment pas pourquoi ! Elle s'en veut alors car sa voix se brise légèrement sous l'émotion alors qu'elle monte brutalement son bras griffé depuis quelques jours où se dessinent les quatre plaies bien parallèles, J'ai vraiment un problème ! Je ne sais pas ce qui m'arrive ! On m'a juste dit de venir ici et de me démerder ! »

Hum. Autant pour l'instinct de survie, normalement on essaye pas de faire des gestes brusques face à un loup en colère -enfin en théorie puisque je ne connais pas la pratique- mais il y a des fois où il faut mettre les mots sur les choses et arrêter de tourner autour du pot.
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Loup-garou Alpha
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MessageSujet: Re: Montre-moi qui tu es et je te dirai qui tu manges. [Shane Greyson] Mer 12 Avr - 14:32

« Vous me rappelez quelqu'un. La même... Impression... Je suis désolée pour... Je ne sais vraiment pas pourquoi ! J'ai vraiment un problème ! Je ne sais pas ce qui m'arrive ! On m'a juste dit de venir ici et de me démerder ! »

L'alpha ne réagit pas, il se contente seulement de l'observer en silence, le visage impavide. Il semblait - en apparence - ne pas être affecté par ce qu'elle venait de lui dire - et de lui montrer -, ni même par sa voix vibrante qui hurlait de désespoir et de confusion. Il comprenait maintenant pourquoi elle lui avait inventé cette histoire de voyous. Elle l'avait fait seulement dans le but de l'approcher, tentative spontanée et surtout désespérée d'avoir de l'aide. J'espère que tu comptes pas sur moi pour t'aider. C'est pas à moi de le faire. C'était faux de croire qu'il était insensible à sa situation, il comprenait. Ce n'était pas le problème. Il fallait comprendre que quinze membres de sa famille, incluant sa femme et son fils, s'étaient fait massacrer par des loups-garous, des loups-garous qu'ils avaient acceptés au sein de leur meute pour leur offrir une chance, comme il pourrait en offrir une à cette jeune lambda. Elle était une inconnue pour lui et cette inconnue avait peut-être de mauvaises fréquentations. Elle était peut-être elle-même, hypocrite et traitre. Il n'en savait rien et peut-être qu'il se braquait inutilement la concernant. Pour apprendre à connaître quelqu'un, il fallait prendre un risque. Mon père était un homme bon. Un alpha consciencieux et généreux de sa personne. C'est ce qui l'a tué, lui et quatorze membres de notre grande famille. J'veux pas faire les mêmes erreurs. Lentement, il secoue la tête de droite à gauche, la considérant d'un œil contrarié.

— Non. Pas question. N'y penses pas. C'est pas mon rôle de t'aider. Tu trouveras quelqu'un facilement, j'suis pas le seul loup-garou en ville., lui dit-il, d'une voix un peu tranchante.

Elle ne semblait pas avoir une mauvaise personnalité, du moins c'était l'impression qu'il avait en la regardant en ce moment. Justement, elle est désespérée. N'importe qui peut avoir l'air d'un ange inoffensif et vulnérable dans un instant de faiblesse. Ça ne veut rien dire. Ce n'était pas que ce point qui l'embêtait à l'idée de lui offrir son aide. Il avait été élevé dans une meute très traditionnelle et l'idée qu'un loup-garou ait comme mentor quelqu'un autre que son créateur, ne se faisait pas, à moins que celui-ci soit mort ou indisposé à le faire. Depuis des générations, c'était de cette façon que ça fonctionnait dans les meutes Greyson. Prendre la place du créateur sans sa permission, c'était de manquer de respect, en quelque sorte. Sans compter que de s'y risquer pouvait occasionner un bon nombre de problèmes si le créateur décidait de revenir dans les parages. S'il l'aidait ne serait-ce qu'une seule fois, elle allait revenir vers lui continuellement. Ce serait instinctif pour elle. Elle s'attendrait à davantage de lui puisqu'il serait celui qui l'aurait aidé en premier. Habituellement, le lien qui se développait entre un '' père '' et un '' enfant '' - qu'il soit le sien ou non - était spécial. C'était un phénomène qu'il avait observé souvent entre loups-garous. Servir de modèle une fois, c'était de le faire à vie. Qu'on le veuille ou non, on devenait responsable de l'enfant, on se sentait concerné par son bien-être, par ses erreurs, et on ressentait le besoin de le protéger.

— Dans ma famille, on guide ses propres enfants. Ceux des autres ? Seulement si on a la permission de le faire. J'vais pas faire l'éducation d'la progéniture d'un autre alors qu'il n'est pas au courant et qu'il m'a pas donné son ok.

Il se lève et s'avance en sa direction. Debout devant elle, il la lorgne de haut, le visage tendu par l'agacement. Tu crois que j'aime ça agir comme si je m'en foutais ? J'aime pas, mais j'en veux pas de problèmes. J'ai assez perdu, j'veux plus jamais vivre ça. Ma meute non plus. J'prends plus de risques. Je choisis les gens que j'veux aider, pas le contraire.

— Désolé pour toi, j'peux pas t'aider. J'te conseille d'aller dans le centre-ville, au Bestial Bistrot. Le proprio, c'est un loup-garou, et selon ce que j'ai entendu dire, il aide les solitaires comme toi. Tu perds rien d'y aller. Demain, c'est la pleine lune, si j'étais toi, j'irais maintenant. J'crois que c'est ouvert jusqu'à une ou deux heures du mat'... bonne chance., finit-il par marmonner, avant de retourner auprès de sa voiture.

C'était tout. Il allait la laisser se démerder seule. Une pauvre gamine sans repères, sans personne pour la guider et lui expliquer rien. C'est exactement ce que tu vas faire. C'est pas ton problème. Et si ce Wade, ce fameux beta, n'était qu'un crétin ? Il ne l'avait jamais rencontré en personne, seulement entendu des rumeurs à son sujet. Mais des rumeurs ne restaient que des rumeurs, ce n'était pas toujours la vraie version qui en ressortait. Il ne se fiait jamais là-dessus. Pourtant, tu viens de pousser cette gamine vers un homme dont tu connais rien. Tu sais pas comment il est, ni s'il aura envie de perdre son temps à la renseigner comme il le faut. Si elle n'est pas bien renseignée, elle risque demain de bouffer tout ce qui bouge autour d'elle. C'est vraiment ce que tu veux ? Une grimace crispe ses traits lorsqu'il ouvre la portière du véhicule. Toutefois, il reste immobile et l'observe du coin de l’œil tandis qu'elle s'éloigne lentement.

— Attends !

Mierda! Esto no es una buena idea, tarado! Ce n'était pas une bonne idée et il sentait qu'il allait regretter cette décision. Il retourne auprès d'elle, le visage toujours aussi resserré par l'appréhension.

— Une heure, c'est tout. Tu me poses tes questions, après une heure, c'est terminé. Tu te débrouilles seule ensuite. C'est tout ce que j'peux t'offrir. À prendre ou à laisser.

À ta place, je tarderais pas à répondre, j'risque de changer d'idée.



Traduction:
 

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Loup-garou, solitaire
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MessageSujet: Re: Montre-moi qui tu es et je te dirai qui tu manges. [Shane Greyson] Sam 15 Avr - 15:52

"Non. Pas question. N'y penses pas. C'est pas mon rôle de t'aider. Tu trouveras quelqu'un facilement, j'suis pas le seul loup-garou en ville... Dans ma famille, on guide ses propres enfants. Ceux des autres ? Seulement si on a la permission de le faire. J'vais pas faire l'éducation d'la progéniture d'un autre alors qu'il n'est pas au courant et qu'il m'a pas donné son ok."

J'essaye de ne pas montrer à quel point ces simples phrases ont  massacré les derniers espoirs d'aide qui me restaient. Je serre les poings, contracte les muscles de mon visage et essaye de ne pas voir à quel point cette réponse dure a pu m'affecter. Se faire prendre en pitié à cause de larmes, merci bien mais non. Je n'irai pas renforcer le stéréotype de la fille perdue qui s'effondre en pleurant aux premiers incidents, ça n'est pas dans mon caractère.

Il se lève, me toise avant de grommeler quelques informations que je m'efforce de recueillir en essayant de refréner l'impression d'abandon qui me prend aux tripes. Mon créateur n'a pas voulu de moi, il me l'a bien fait comprendre en m'envoyant dans une ville perdue sans même me montrer le chemin ni m'en expliquer la raison. Pire, je retrouve dans ces indications le même sentiment qui transpire : la culpabilité de ne pas aider une personne perdue que l'on essaye d'étouffer en lui donnant quelques informations bateau destinées à refourguer le problème à quelqu'un d'autre. Si la situation n'avait pas été aussi grave et la pleine lune aussi proche j'aurais sans doute pris le temps de l'aborder de manière plus civilisée... Mais le mal est fait et je n'ai plus le choix.

Il se retourne, me montrant son dos et j'envisage un instant de lui sauter dessus pour m'accrocher jusqu’à ce qu'il capitule. Ou qu'il me tue en faisant parler la partie la plus sauvage de sa personne. Pourtant, après un bref instant à le regarder s'éloigner je choisis de me tourner brusquement pour partir, décidée à aller chercher de l'aide ailleurs ou à au moins trouver un endroit où pouvoir pleurer la perte de mon humanité qui ne s'annonce pas sous les meilleures hospices. Il faudra d'ailleurs que je trouve un patelin éloigné d'ici pour la nuit prochaine histoire de me perdre en forêt avant de faire du mal à qui que ce soit.

J'en suis là dans mes réflexions quand je suis apostrophée par mon non-sauveur qui marche rapidement vers moi. Un court instant je me demande s'il n'a pas décidé d'achever le problème -à savoir moi- avant que je ne cause de réels soucis mais son expression est un poil trop pacifique pour quelqu'un ayant décidé de me faire la peau. D'ailleurs les explications qui suivent me font hausser un sourcil avant que je ne me reprenne rapidement, habituée à une certaine réactivité due à des prises de décisions rapides à mon travail.

Ma voix est empressée mais en même temps je n'ai pas vraiment le temps de me tourner les pouces en essayant d'avoir les meilleurs formulations de questions possibles.

 « Heu, merci. Alors. On ne se transforme que la nuit de la pleine lune ? Comment se fait-il alors que j'ai pu être griffée il y a quelques jours à peine ? A quoi ressemble-t-on durant la transformation ? Poids ? Taille ? J'aurai des griffes et des crocs ? Je déglutis lentement avant de poursuivre avec des questions un peu sanglantes qui me mettent mal à l'aise. Comment as-tu vu que j'étais un loup ? Alors que je ne me suis même pas transformée ? Aurai-je le goût de la chair humaine ? Est-ce que je risque de tuer des gens ? Dans les livres que j'ai pu emprunter on parle de cages dans lesquelles on peut se faire enfermer pour ne pas s'enfuir mais des menottes suffiront ? D'ailleurs m'assommer avec un neuroleptique ne pourrait pas suffire pour me tenir au calme durant la nuit prochaine ? »

Je me serre les mains alors que j'ai les yeux dans le vide à la recherche d'autres informations, essayant de ne pas trop regarder dans les yeux mon interlocuteur pour ne pas perdre le fil de mes questions. Un air désapprobateur de sa part aurait cassé mon bel élan et j'ai réellement besoin de cette heure je le sens.

 « Quels sont nos points faibles ? Comment mon corps va changer ? Vais-je voir ma pilosité augmenter ? Mon appétit ? Ma force ? Comment peut-on nous tuer ? »

Ma voix se brise et j'hésite à poser la prochaine question. Je ne veux pas en envisager l'éventualité mais je refuse de faire du mal à d'autres personnes comme on a pu m'en faire alors il faut que je sache. Je lève les yeux et les plante dans ceux de mon interlocuteur avant de lâcher la bombe.

 « Si je tue quelqu'un la nuit prochaine, à qui je pourrai demander de me tuer ? »

Peut-être s'imaginera-t-il que j'essaye de passer pour une gentille fille en essayant de forcer le trait par un sacrifice en cas d'accident... Mais là n'est pas mon but. Je suis infirmière avec pour vérifiable vocation de venir en aide à autrui. Je n'aurais pas le courage de mettre fin à mes jours seule, mais demander à une autre personne de le faire pour me libérer me paraît nettement plus envisageable.

« Je reste une victime car je n'ai pas choisi mon état mais je ferai tout pour garder mes valeurs. Demain je m’éloignerai de toutes habitations et je ferai en sorte de m'attacher solidement. Ou j'écouterai les conseils que l'on voudra bien me donner pour être inoffensive. Maintenant si le pire devait arriver j'aimerais qu'on garde en considération que je n'ai pas choisi d'être une louve-garou et mourir sans trop de souffrances. »
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Loup-garou Alpha
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Groupe du perso : Loup-garou ( Alpha, pure race )
MessageSujet: Re: Montre-moi qui tu es et je te dirai qui tu manges. [Shane Greyson] Sam 6 Mai - 1:40

L'alpha fronce les sourcils lorsqu'elle se met à lui déballer un bon nombre de questions sans s'arrêter. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle commence maintenant son interrogatoire. J'me demande si elle prend la peine de respirer entre deux questions. Il écoute attentivement sans l'interrompre, mémorisant chacune des questions dans un coin de sa cervelle. Il prend le temps de la détailler en silence, observant ses traits, ses mouvements, portant attention aux trémulations de sa voix lorsqu'elle parle de sa crainte de tuer quelqu'un, lui confiant qu'elle mettrait fin à ses jours si elle en arrivait à la catastrophe. Il était contrarié et ce n'était pas parce qu'elle était agaçante, c'était plutôt parce qu'il voyait que sa détresse était sincère et qu'il ressentait ce besoin - qu'il était loin de vouloir ressentir - de la rassurer et de lui offrir son aide. J'savais que c'était une mauvaise idée. Il se crispe un peu, incommodé par cette vague d'empathie qui le submerge alors qu'il observe son visage.

« Je reste une victime car je n'ai pas choisi mon état mais je ferai tout pour garder mes valeurs. Demain je m’éloignerai de toutes habitations et je ferai en sorte de m'attacher solidement. Ou j'écouterai les conseils que l'on voudra bien me donner pour être inoffensive. Maintenant si le pire devait arriver j'aimerais qu'on garde en considération que je n'ai pas choisi d'être une louve-garou et mourir sans trop de souffrances. »

Elle arrête enfin de parler et il se demande s'il ne devrait pas la remercier pour cet instant de silence. Un soupir suivit d'un grognement désapprobateur s'éjecte de hors son gosier.

— T'es pas une victime. T'as peut-être pas choisi ta condition, mais c'était ton destin. Si le destin a choisi de faire de toi une louve-garou, c'est parce que t'es assez solide pour le supporter. Mais t'es pas une victime et si tu continues d'le penser... évite de le mentionner devant moi. Ça m'fout hors de mes gonds.

Il n'était pas en colère, mais il n'allait pas nier être agacé par cette façon de penser. Elle avait été attaqué, mais pour lui ce n'était pas une raison suffisante pour porter le titre de victime. T'es toujours en vie et maintenant, tu vas avoir une super forme. Celui qui t'a transmit le gène était peut-être un imbécile, j'en sais rien, mais j'sais une chose au moins, c'est qu'il t'a rendu service. Il la jauge un instant et sans répondre à ses questions, s'éloigne en direction de sa voiture. Il ouvre la portière du côté conducteur et sans lui adresser un regard, l'interpelle.

— Monte, on va chez moi. On va pas en causer en plein milieu de la rue et j'ai besoin d'une bière. Me lo merezco!

Sans attendre, il monte à bord de la voiture de patrouille et attend qu'elle vienne le rejoindre. Une heure pour répondre à toutes tes questions ? C'est du suicide. J'espère bien que tu réalises que t'as de la chance que j'accepte de t'aider, parce que l'heure du deal, tu vas m'la baiser.


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Le trajet s'était déroulé dans un silence absolu. L'alpha n'avait ouvert la bouche qu'une seule fois et c'était lorsqu'il avait téléphoné à Rowena pour lui dire qu'il aurait du retard et de commencer à démonter les boitiers d'ultra-son endommagés. Le reste du temps, rien. Il avait été distant, presque froid. Et c'était volontaire. Il essayait de conserver un certain écart entre eux, ne souhaitant pas s'impliquer à long terme avec elle. Ce n'était rien de personnel, seulement ce n'était pas dans ses coutumes habituelles d'ouvrir sa porte à des étrangers. Sans doute que quelqu'un ayant vécu la même tragédie que lui par le passé, vivant tous les jours avec les regrets d'avoir accordé sa confiance trop facilement à des personnes qui ne la méritaient pas, comprendrait pourquoi il était très méfiant aujourd'hui. La perte de sa femme et de son fils avait laissé des marques profondes en lui et depuis, il ne parvenait plus à baisser ses gardes. C'est comme ça. Quand on perd les deux personnes qu'on aime le plus au monde, on ne veut plus jamais que ça arrive. Alors on ferme la porte, on la verrouille, et on laisse plus personne entrer.

Une fois à l'intérieur de la baraque, Shane l'invite à descendre au sous-sol et verrouille la porte derrière elle, n'ayant pas envie d'être dérangé par Gretchen ou Bjorn s'ils advenaient à entrer plus tôt. J'ai surtout pas envie qu'ils commencent à lui faire la conversation. Il connaissait bien ses deux colocataires et savait bien que tous les deux essaieraient sans doute de le convaincre de lui offrir une place dans la meute. Ces deux pestes aiment tout l'monde. Ils pourraient bien aimer Jack l'éventreur sans être au courant. Aucune exagération sur ce point.

D'un geste de la main, il lui désigne le large divan pour qu'elle y prenne place et se dirige vers la petite cuisinette non loin afin de fouiller dans le réfrigérateur. Le sous-sol ressemblait à un petit appartement. Il y avait un grand salon, au fond la chambre de Shane, une petite salle de bains et une cuisinette bien simple, mais commode. Puisqu'il aimait avoir sa place à lui et que ses colocataires étaient parfois envahissants, il avait fait du sous-sol son refuge, un endroit privé où il pouvait avoir la paix.

Il fouine un peu et en extirpe deux bières avant de retourner en sa direction pour lui en tendre une.

— Si t'aimes pas la bière, tu peux fouiller. T'as qu'à te servir., dit-il en prenant place sur le divan face au sien.

Sans tarder, il ouvre sa bière et en boit une longue gorgée. Je l'ai attendu toute la journée celle-là. Une fois fait, il se redresse un peu et s'empare du paquet de cigarettes trônant sur la table basse et s'en allume une. Il n'était pas un grand fumeur, mais il aimait bien en fumer une après le boulot. C'était un petit rituel qu'il avait : bière et clope. Il lance ensuite le paquet sur la table, en sa direction, l'invitant silencieusement à s'en prendre une si elle fumait. Il conserve le silence quelques secondes, avant de se lancer dans le vif du sujet.

— La transformation en bête complète, c'est que les soirs de pleine lune, sauf pour les pures races comme moi. Les pures races : les nés loups-garous. J'suis né comme ça et j'peux me transformer quand j'en ai envie. Chose que tu ne peux pas faire et que tu ne pourras jamais faire. Lorsque je me transforme en bête, j'ai conscience de tout, c'est un avantage d'être né comme ça. Toi, possible qu'une nuit tu y parviennes, si tu acceptes ce que tu es et que tu ne repousses pas la bête au fond de toi. Plus tu rejetteras ta condition, et plus tu trouveras pénible ta transformation. Tu dois te fusionner à ta bête et non penser que c'est une étrangère. Elle est une partie de toi, tu dois la dompter, la comprendre, et l'accepter. C'est pas une ennemie, c'est une force, une alliée. C'est de cette façon que tu dois penser.

Et ce n'était que la vérité qu'il lui révélait. Il connaissait bien des loups-garous et tous lui avaient dit la même chose : beaucoup moins douloureux lors des transformations lorsqu'on accepte pleinement sa condition.

— Ton créateur, s'il est parvenu à te transformer alors que c'était pas la pleine lune, deux options : soit que c'est un pure race ou soit qu'il était à demie transformé. On a tous la capacité - incluant toi - de se transformer en '' homme-bête '' sans que ce soit la pleine lune, c'est-à-dire qu'on garde davantage l'aspect humain, mais il nous pousse des poils, des crocs, les oreilles s'allongent, les yeux changent de couleur, les griffes sortent, mais on reste sous forme '' humanoïde '', si j'peux dire. Dans cet état, on a pleinement conscience de ce qu'on fait et habituellement, la transformation de ce type est occasionnée par la colère ou les émotions fortes. Possible au début que tu ais du mal à le contrôler, mais tu finiras par y arriver.

Il espérait pour elle sans quoi ça risquait d'être un problème. Il fallait apprendre à maîtriser sa colère, quitte à se défouler sur un punching ball quelques heures par jour au besoin. Ou fais du yoga avec ton voisin de palier. Y a toujours un voisin qui fume des splifs et qui prône les bienfaits de la méditation. Ou peut-être qu'il croyait que tout le monde avait une Gretchen planqué quelque part dans leur baraque à militer pour les hamsters malfamés. Non, j'crois qu'il n'y a que toi qui est coincé avec une Gretchen comme celle-là. Il se redresse pour écraser sa cigarette dans le cendrier et l'observe en silence, incertain. Il se souvenait de sa troisième question, mais il se demandait s'il ne devrait pas tout simplement...

— Tu veux que j'te montre à quoi ça ressemble ? J'peux me transformer devant toi. J'veux bien le faire... sauf si t'es pour déguerpir en hurlant. Ou si t'as un problème avec la nudité.

Si t'es pudique, tu risques de trouver pénible les lendemains de pleine lune. Quant à lui, il avait pour habitude de se transformer avec sa meute et il le faisait depuis son jeune âge. C'était naturel pour lui, il n'y avait rien de gênant à la nudité. Il hausse les épaules et boit une gorgée de sa bière, bien relaxe.

— C'est toi qui vois. Sinon, te reste plus qu'à te louer un bon vieux film classique de loups-garous et ça te donnera une idée.

Évite Twilight, tu risques de t'endormir et c'est pas un bon exemple.

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Montre-moi qui tu es et je te dirai qui tu manges. [Shane Greyson]

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