Partagez|

Au-delà des apparences.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Humaine

Date d'inscription : 08/03/2017
Messages : 22
Rp postés : 7
Points-Bonus : 8
Avatar : Natalie Portman Âge du perso : 32
Groupe du perso : Humain
MessageSujet: Au-delà des apparences. Mer 15 Mar - 17:09

Au-delà des apparences

Si un policier me dit "papiers" et que je réponds "ciseaux", j'ai gagné ?



Il y a des journées qui n'en finissent jamais. Parfois même, ce sont seulement de mauvaises journées et rien ne semble pouvoir enrayer cet enchaînement tout à fait désagréable de situations cocasses.
Cela a démarré lorsque j'ai pris ma permanence. Jusqu'ici rien d'inhabituel. J'enfile une blouse blanche, accroche mon badge à la poche de cette dernière et dépose deux stylos au cas où l'un ne fonctionnerait plus et un crayon en papier. Ca, c'est juste pour pouvoir crayonner sur un bout de papier entre deux consultations.
J'ai salué mes collègues de travail et j'ai même eu le luxe de me payer le temps de boire un café qui ne vient pas de la cafetière de la salle de pause. Sincèrement, le café y a un goût de jus de chaussettes à faire sauter au plafond tous les amateurs de caféine.
Et tout commence à cet instant précisément. Lorsque je crois que la journée ensoleillée va être parfaite et qu'aucun nuage ne va se profiler à l'horizon. Mais quelle erreur... Quelle grossière erreur.
Proche des urgences, un brancardier fait irruption sans s'être annoncé créant une collision entre le chariot, moi et mon super café.
Comble du comble, je me retrouve sur le sol, recouverte de café à me faire engueuler comme du poisson pourri parce que j'ai eu le malheur d'être au mauvais endroit, au mauvais moment.

Avec toute la patience et le calme du monde, je me redresse et arrive à sourire malgré tout. Il n'a pas fait exprès, ce n'est pas réellement de sa faute. Tout ceci n'est rien d'autre qu'un mauvais enchaînement, voilà tout. Je m'excuse poliment. Excuses dont il se moque puisque trop pressé de traverser le hall tandis qu'un autre énonce les constantes du patient.
De retour au vestiaire, je change de blouse. Deux stylos. Un crayon à papier. Badge.
Les consultations commencent, les patients s’enchaînent. Cela va du petit bobo bénin telle les écorchures, les maux de ventre, les vomissements. La période de la gastro-entérite encombre les salles d'attentes. Les prescriptions se ressemblent et les conseils diététiques tout autant.
Puis arrive monsieur Langrois. Un homme âgé d'une soixantaine d'années qui tente de m'expliquer de la façon la plus délicate qui soit qu'il a quelques problèmes lorsqu'il va à la selle. Et lorsque je dis, façon délicate, j'entends par là qu'il défait la fine ceinture de son pantalon à pince, baisse le tout avant de se pencher pour me montrer ce petit, gros, problème.
Des hémorroïdes. Je me félicite de n'avoir pas pu boire ce café sans quoi je pense que je l'aurai renvoyé...

Il hurle le monsieur. Me traite d'incompétente lorsque les mains gantées, j'écarte ses joyeuses fesses poilues pour admirer le paysage vallonné. Je passe gracieusement les détails techniques, peu ragoutant. Ce qui est plaisant également ce sont les MST et les grossesses non désirées.
Un homme complètement bourré a vomi sur moi et comme si ce n'était pas suffisant une enfant également. Si l'on fait le compte, j'en suis ainsi à ma quatrième blouse et il n'est pas encore midi. Une charmante journée.
L'après-midi est ponctué de retard et de personnes qui ne connaissent pas la patience. Quelques urgences, des vomissements encore et des patients dont le profil psychologique reste encore à établir puis à faire enfermer pour le bien être de la communauté...
Une journée épuisante qui a réussi à mettre mes nerfs à rudes épreuves. Quand vous expliquez une trentaine de fois à un parent inquiet que 38° ce n'est pas de la fièvre pour un enfant de six ans et que sans aucun autre signe clinique seul le paracétamol est indiqué. Je ne peux rien faire de plus pour cet enfant qui, de toute évidence, se porte le plus parfaitement du monde. Qu'un simple ressenti intérieur ne peut pas faire valoir un scanner ou tout autre examen complémentaire. Une heure. C'est le temps que j'ai passé avec cette maman épuisée qui venait consulter sous prétexte que son fils était malade. Alors qu'en réalité il s'agissait d'une simple dépression de la dite maman.

Il est 20h10 lorsque je referme le dernier dossier, totalement épuisée.
J'aurai bien besoin de prendre un petit remontant mais avant, un passage à mon appartement s'impose. Sur le chemin mon téléphone se met à sonner. Je peux voir à l'écran le nom de Luke apparaître. Je pousse un profond soupir d'agacement et j'hésite même à ne pas lui répondre. Sauf que je le connais très bien. Il ne va pas cesser jusqu'à ce que je daigne enfin décrocher.

« Oui Luke bonsoir, tu as enfin décidé de retourner les papiers signés à ton avocat ? »
« Bonsoir Amalia, comment est-ce que tu vas ? Je ne te téléphonais pas pour cette raison mais figure toi que je vais passer le week-end dans cette petite ville où tu as élu domicile, Salem. Je voulais savoir s'il était possible que nous dînions ensemble, disons samedi ? »
« Je n'ai pas passé une journée agréable et non je n'ai pas envie de dîner avec toi. Qu'est-ce que c'est que cette histoire, pour quelle raison tu dois venir ici d'ailleurs ? Non laisse tomber, je n'ai pas à le savoir. Écoute. Signe les papiers, c'est la seule chose que j'attends de toi à l'heure d'aujourd'hui. »
« Mais Ama chérie, tu pourrais me laisser une chance. Tu me manques et... »
« Que tu es agaçant, arrête de faire ça ! Arrête de m'appeler chérie, c'est terminé et tu le sais. Signe ces foutus papiers ! »

Je raccroche, excédée par lui et ses maudites excuses et ses envies soudaines de me voir pour discuter. Nous n'avons plus rien à nous dire depuis longtemps et je n'ai pas le temps d'écouter, de compatir, de larmoyer.
Il faut savoir que je suis très calme dans ma vie de tous les jours. Mais mettez moi derrière un volant et vous n'obtenez pour la même personne. Ma main presse le klaxonne lorsqu'un inconscient se traîne devant moi. Ma vitre est baissée alors que je piaille, insultant ce brave monsieur de tous les noms d'oiseaux qui me passent par la tête.

« Putain de bordel de merde le vieux diplodocus. Achète toi un âne papy ! »

Je le dépasse, bien entendu en lui faisant un doigt d'honneur pour la forme et en lui tirant la langue. Trop concentrée sur mon geste rageur et très impoli, je ne remarque ni le feu rouge, ni le stop qui suit coupant la route à plusieurs voitures. De toute façon, il fait nuit. Ils ont du me voir arriver.
Sauf que c'est quelqu'un d'autre qui semble m'avoir vu. Une voiture de police sort d'une petite rue pour se mettre derrière moi, sirènes hurlantes. Tu  ne peux t'en prendre qu'à toi-même Amalia.
Il me double, me fait signe de me garer avant de s'arrêter devant moi. Je lève les yeux au ciel. Cette journée ne finira t-elle donc jamais ?
Je cogne ma tête sur le volant avant d'ouvrir la fenêtre dans un sourire charmeur.

« Bonsoir monsieur l'agent, je peux faire quelque chose pour vous ? »

Et si tu pouvais te dépêcher ce serait fort aimable. Tiens, prend les papiers de la voiture et mon permis. Je suis assurée tout va bien tu peux circuler. Regarde moi. J'ai vraiment passé une mauvaise journée alors s'il te plait, monsieur l'agent, sois gentil et laisse moi tranquille. Promis je serai sage et je ferai attention la prochaine fois. Oui. Promis. Emmerdeur du soir.





_________________

There ain't no contract and I go when I choose to leave. And I don't want that... That's not something that I need. And you know that it takes two. And I don't feel the same as you

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Loup-garou Alpha
Chef de meute

Date d'inscription : 07/03/2017
Messages : 62
Rp postés : 12
Avatar : Chris Hemsworth
Âge du perso : 34 ans
Groupe du perso : Loup-garou ( Alpha, pure race )
Disponibilités : Disponible pour 1-2 sujets, de préférence pour des débuts de liens solides.
Multis : Jasper Rhodes & Chad Parish
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Ven 17 Mar - 6:16

Il se plaignait rarement. Il n'aimait pas le faire. Il préférait ruminer en silence, c'était plus sage. Mais actuellement, il avait beaucoup de mal à garder son calme. Le visage familier qu'il fixait sévèrement derrière les barreaux, frôlait dangereusement la dernière limite de sa patience. La journée avait été rude et il ne croyait pas arriver à contenir sa mauvaise humeur. Gretchen le regarde, la bouche en cœur, papillonnant des paupières comme une gamine surprise de le voir là, devant sa cellule, alors qu'il travaillait ici tous les jours. Tu t'attendais à voir qui ? Geronimo ? Ça faisait au moins cinq bonnes minutes qu'il la regardait sans parler, à se défouler sur le chewing-gum qu'il avait dans la gueule plutôt que de lui hurler le fond de sa pensée. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait. Ça devait faire au moins dix fois cette année qu'il était obligé de payer une caution, soit pour Gretchen ou pour Bjorn. Tu sais quoi ? L'Alpha ici commence à en avoir assez de vous démerder. Il prend une profonde inspiration avant de commencer, en se disant que ça lui calmerait un peu les nerfs.

— J'peux savoir pourquoi tu t'es peinturé des happy faces sur les tétons ? Tu milites encore pour une cause avec tes copains zarbis ? C'est quoi cette fois : soyez seins et heureux ?

Bizarrement, ça ne l'étonnerait pas de tomber pile. Elle était à moitié nue, la poitrine peinturée de toutes les teintes d'un arc-en-ciel, avec cette affreuse couronne de fleurs enfoncée sur le crâne, à lui sourire, les yeux vitreux. Il savait déjà qu'elle devait avoir gobé quelque chose de pas net, seulement à l'entendre rire comme une hippie qui aurait sniffé un peu trop de gaz hilarant. Parfois, il avait l'impression d'être un père célibataire avec deux mômes à gérer. Gretchen et Bjorn n'étaient pas que des mômes. Ils avaient tous les deux vingt-cinq ans et ils avaient la mentalité d'ados de seize ans qui s'exprimaient en langage sumérien. Il voudrait bien les comprendre, mais le sumérien, ce n'était pas sa tasse de thé.

'' Je milite pour la liberté d'expression ! Je me sens heureuse et j'ai besoin de le dire au monde entier ! Shane, je t'aime ! ''
— Maintenant que t'es en taule, tu t'sens libre ? Toi et tes copains êtes entré par effraction dans un entrepôt, dans une zone privée. J'évite de préciser le reste des conneries que vous avez fait. Tu la vois l'expression sur mon visage ? T'es loin de vouloir militer pour que j'la libère.

Il lui offre un regard qu'elle reconnaissait certainement pour l'avoir observé bon nombre de fois depuis les deux dernières années : celui d'un Alpha qu'on ne veut pas pousser à bout. Il retire son veston et lui tends sèchement entre les barreaux, en espérant qu'elle comprenne que ce soir, il n'avait certainement pas envie de dévisager la joyeuseté de ses seins multicolores. Il demande à un collègue de la sortir de sa prison, même s'il avait plutôt envie de la laisser passer la nuit enfermée, histoire de lui remettre du plomb dans la cervelle. Elle semble comprendre qu'il est désappointé lorsque son sourire se fane et qu'elle semble rapetisser lorsqu'elle passe devant lui. C'est bien, écrase-toi un peu, ça vient d'me coûter une fortune pour te sortir de là.

" Shane, je suis désolée. Je ne voulais pas te... "
— Tu demanderas à Bjorn de venir te chercher. Je termine seulement dans une heure. J'ai pas l'temps de te déposer à la maison.
" Shane... "
— Pas maintenant. No estoy de humor !

Il n'était pas d'humeur pour en discuter et il avait besoin de prendre l'air. Ça devrait attendre à plus tard.

◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆

Quand il voyait une femme assise dans sa voiture, à lui sourire et à lui demander ce qu'elle pouvait faire pour lui, alors qu'elle venait de griller un feu rouge, un arrêt, en roulant comme si elle était seule sur la route, il voulait faire qu'une chose : passer sa dernière heure de boulot à lui couper l'envie de recommencer. Quand il pensait que ces gens se permettaient d'enfreindre les codes de la route, se fichant bien que leur conduite puisse tuer, ça l'irritait un peu. Il est peut-être joli ton sourire, mais j'crois pas qu'il va rester longtemps. Dans une minute, j'te promets que tu vas le ranger bien loin. Ça tombe mal pour toi, j'suis d'humeur massacrante.

— Vos papiers.

Son visage est implacable, stoïque, froid. Sa voix grave, autoritaire. L'un de ces flics qu'on n'aimait pas rencontrer après une longue journée. Coucou chérie, c'est moi, ton emmerdeur. T'as toujours envie de sourire ? Bien calme, il sort sa lampe de poche pour observer de plus près ses papiers.

— Eh bien, Madame Kline. Commencez par me dire pourquoi vous souriez, alors que vous venez de brûler un feu rouge, loupé un arrêt, et le tout en roulant à soixante-dix kilomètres heure sur une voie de cinquante kilomètres heure ? C'est amusant pour vous de risquer la vie d'honnêtes citoyens ? Pourtant, moi ça m'donne pas envie de sourire. J'dois pas comprendre votre sens de l'humour.

Il vrille ses yeux des siens en espérant provoquer un inconfort. Il pourrait se contenter de lui donner une contravention, mais il se disait qu'en prenant son temps, ça lui éviterait pendant une bonne heure de provoquer un accident ou de renverser quelqu'un. Il range temporairement ses papiers dans l'une de ses poches et braque sa lampe directement sur son visage, lui cinglant les rétines de sa lumière. Se penchant un peu vers elle, il l'examine de plus près, cherchant une anomalie sur son visage angélique. C'est pas parce que t'es une belle femme que l'intelligence est intégrée dans le ciboulot, la preuve est devant moi.

— Vous avez consommé de l'alcool, des drogues ? J'vais devoir procéder à des vérifications pour être certain. Contrairement à vous, j'me préoccupe du bien-être des gens de cette ville. Veuillez sortir du véhicule, madame.

Il était intentionnellement arrogant et provocant. Il croyait que c'était une bonne leçon à lui donner. Elle le détesterait peut-être, mais la prochaine fois, elle y penserait deux fois avant d'appuyer un peu trop sur l'accélérateur. Il attend patiemment qu'elle sorte avant de s'allonger pour se saisir de son sac à main posé sur le siège du passager. Sans un mot, il passe près d'elle pour se diriger vers le capot et y vide tout le contenu du sac, sans utiliser de délicatesse. Il fouille un peu, fait tomber quelques effets au sol sans s'en préoccuper. Après seulement quelques secondes d'exploration, ses yeux s'attardent sur un préservatif, qu'il coince entre ses doigts pour lui montrer.

— Prudente au lit, mais écervelée sur les routes. Vous vous en servez de temps en temps ou vous en achetez seulement pour faire décoration ? J'suis curieux.

Un petit rire railleur agrémente sa tirade. Il allait un peu trop loin et il risquait d'en entendre parler si elle portait plainte. Mais c'était pour une bonne cause, on lui pardonnerait.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Humaine

Date d'inscription : 08/03/2017
Messages : 22
Rp postés : 7
Points-Bonus : 8
Avatar : Natalie Portman Âge du perso : 32
Groupe du perso : Humain
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Sam 18 Mar - 0:03



Si j'ai bien appris quelque chose lorsque l'on se fait contrôler par la police c'est qu'il faut sourire et toujours dire « oui monsieur l'agent, vous avez raison monsieur l'agent, excusez-moi monsieur l'agent. » Trois phrases qui peuvent vous sauver la mise la plupart du temps. A priori, aujourd'hui, cela ne semble pas fonctionner puisque l'agent en question voit dans mon sourire une sorte d'arrogance qui ne lui plaît guère. Je cherchais seulement à avoir l'air aimable...
Fatalement, mon sourire perd en intensité au fur et à mesure que je comprends que ce cher monsieur l'agent a décidé qu'il allait me botter les fesses et à priori pas seulement à coup de contraventions.
J'ouvre la bouche légèrement lorsqu'il énonce les faits. Je me penche par dessus la vitre ouverte et regarde derrière moi comme pour m'assurer de ce qu'il dit.
Il est possible qu'avec l'agacement de Luke, ma journée pas géniale, je n'ai pas vu le fameux feu rouge dont il me parle, ni même le stop. J'ai possiblement eu également le pied lourd parce que je rêve d'une douche bien chaude après que l'on ait vomi sur moi beaucoup trop de fois. A bout de patience et surtout de nerfs je n'apprécie que doucement sa soufflante.

« Non mais ce n'est pas ce que vous croyez monsieur l'agent. Je reconnais avoir été distraite et que cela mérite certainement une contravention. Mais croyez moi, je ne trouve vraiment pas cela amusant de jouer avec le vie des citoyens. Je suis médecin. »

Parfois le fait de donner sa profession peut aider. Oui, parfois. Dans mon cas cela ne m'aide absolument pas. D'ailleurs il se penche, projette la lumière aveuglante de sa lampe torche sur mon visage. Je grimace face à la luminosité désagréable alors que ce cher monsieur l'agent commence à me poser des questions. Je passe la main devant mon visage pour protéger ce qui me reste de rétine.

« Non, bien sûr que non, rien de tout ça, je sors de mon travail. »

Je me défends tant bien que mal tandis qu'il m'invite à sortir de mon véhicule. Je suis en train de bouillir intérieurement. Cette journée ne veut pas se terminer et si j'avais envie d'un bon verre de vin, je ne rêve que d'aller me coucher en espérant que demain sera un autre jour bien moins emmerdant. Contrariée, je me plante comme un piquet à côté de ma voiture en croisant les bras. Il récupère mon sac à main. Non mais il a le droit de faire ça sans me demander l'autorisation ? Je le dévisage, l'accompagne jusqu'au capot où il vide l'entièreté de mon sac. La plupart des objets tombent au sol alors que je proteste déjà.

« Hey ! Mais qu'est ce que vous faites ?! Vous n'avez pas le droit de faire ça ! »

Je m'accroupis et ramasse mes effets personnels qui jonchent l'asphalte. Il parle à nouveau, monsieur l'agent, agitant devant mon nez le préservatif qu'il tient entre ses doigts. Je grogne, me redresse et le lui arrache des mains. Ca, comme le sac à main qu'il tient.

« Non mais ça va pas bien ! Avec tout le respect que je vous dois monsieur l'agent, vous êtes vraiment, vraiment un infâme personnage ! Quel culot vous avez ! »

A mon tour j'agite devant ses yeux le fin vibromasseur qui est tombé au sol quelques secondes plus tôt.

« Et ça d'après vous, c'est pour écrire ou autre chose ? Puisque, après tout, vous semblez bien curieux de savoir de ce que je peux faire avec un préservatif, imaginez donc avec ça ! »

Je l'active et le lui pose dans la main nonchalamment, laissant l'objet vibrer dans sa paume.

« Oh et rassurez-vous, il est propre, je tiens à l'hygiène ce qui n'a pas l'air d'être votre cas vu l'état de vos mains. Je vous conseille un gel hydro alcoolique. Et si vous avez des MST je peux toujours vous faire une ordonnance... A quel nom, l'ordonnance ? »


Le clic de mon stylo est actionné pour en libérer la mine et le bloc d'ordonnances est ouvert, en attente du fameux nom à y inscrire. Ce sont des anxiolytiques que je devrais lui prescrire.
Je ne suis pas vraiment consciente de ce que je suis actuellement en train de faire. Si je l'étais, je penserai certainement au fait que j'ajoute à ma note déjà salée tout un tas d'autres infractions. Je crois que quelque part il doit y avoir une loi sur le respect que l'on doit à un officier de l'ordre.
Il faut avouer que ce dernier, emploi des moyens vraiment étranges. Son arrogance ne me donne pas envie de rouler moins vite, bien au contraire. La provocation m'insupporte et disons que je n'avais pas besoin de cette fameuse cerise sur le gâteau.

« Écoutez, je suis désolée, d'accord ? Je comprends mes fautes, vous pouvez me donner ma contravention je la paierai sans l'ombre d'un doute. J'ai vraiment eu une mauvaise journée vous voyez ? Je ne doute pas du fait que la votre ait du l'être également. Toutefois, je vous serai reconnaissante si vous me laissiez partir maintenant avec mes jolis papiers en plus du votre avec un gros montant. »

Je ne sais pas moi, il n'a pas de vrai brigand à attraper ? Des dealeurs ? De gens qui slaloment sur les routes en toute impunité ? Ce genre de chauffards qui ne respectent rien, ni personne, qui renversent de pauvres piétons et les laissent derrière eux sans remord ? Il me semble qu'il est dans une chasse aux sorcières mais que je n'ai pourtant pas le bon profil.
Une voiture orangée passe à côté de nous, des jeunes à n'en point douter. Musique à fond, ils sifflent.

« Wo l'poulet AHAH fils de pute va, r'garde la gueule qu'il a c'connard. »

Deux explications possibles. Ou bien ce cher agent de police les a déjà attrapé pour leur passer un savon made in grosbras. Ou bien ils ont simplement un problème avec la police en général comme certains jeunes idiots. Après l'avoir gratifié de doigts d'honneur, les pneus crissent et ils filent à toute vitesse. Certains appellent ça un retour de bâton. Alors on a pas été gentil monsieur l'agent ?

« Et eux, qui sont donc de vrais dangers, on s'en fiche ? »

Non parce que là, je trouverai vraiment ça inapproprié et complètement démesuré comme attitude.

« Je peux récupérer mes papiers, s'il vous plaît ? »

Si vous savez, ceux qui se trouvent dans votre poche. Ce serait vraiment gentil de me les rendre si jamais vous décidiez de vous mettre à pourchasser ces jeunes imbéciles. Pas que je n'aime pas l'idée de devoir, à mon tour, vous courir après mais tout de même, si je pouvais m'en passer, ce serait agréable.



_________________

There ain't no contract and I go when I choose to leave. And I don't want that... That's not something that I need. And you know that it takes two. And I don't feel the same as you

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Loup-garou Alpha
Chef de meute

Date d'inscription : 07/03/2017
Messages : 62
Rp postés : 12
Avatar : Chris Hemsworth
Âge du perso : 34 ans
Groupe du perso : Loup-garou ( Alpha, pure race )
Disponibilités : Disponible pour 1-2 sujets, de préférence pour des débuts de liens solides.
Multis : Jasper Rhodes & Chad Parish
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Jeu 23 Mar - 5:51

Des gens siphonnés, il y en avait partout, et les médecins ne faisaient pas exception. Un médecin pouvait bien trouver intense de s'improviser psychopathe le week-end. Dans le monde d'aujourd'hui, il était difficile d'accorder sa confiance. Même les plus respectables en apparence, pouvaient dissimuler un redoutable monstre sous le joli masque. Les manipulateurs, il était facile d'en trouver à chaque coin de rue dans cette ville et partout ailleurs. Il ne prétendait pas que cette femme était une névrosée hypocondriaque, il croyait surtout qu'il ne la connaissait pas et qu'elle ne parviendrait jamais à le convaincre qu'elle était la bonté incarnée seulement parce qu'elle pratiquait la médecine. T'as quand même enfreint les codes de la route, ma toute belle, c'est ce que je retiens pour l'instant. Il vide son sac sans faire dans la dentelle et qu'elle s'en offusque ne l'étonnerait pas. S'il était à sa place, il aurait déjà balancé son poing au visage de l'agent et se serait coltiné un voie de fait sur le dos. Elle devait avoir envie de le faire, mais puisqu'il avait au moins une tête et demie de plus qu'elle et les épaules plus larges, elle devait se retenir en se disant qu'une seule de ses mains sur sa tête et il l'écrasait au sol en moins de deux secondes.

« Hey ! Mais qu'est ce que vous faites ?! Vous n'avez pas le droit de faire ça ! Non mais ça va pas bien ! Avec tout le respect que je vous dois monsieur l'agent, vous êtes vraiment, vraiment un infâme personnage ! Quel culot vous avez ! »

Passablement énervée, elle lui arrache le préservatif des mains et son sac, par la même occasion. Il fronce les sourcils et affiche une expression troublée. Il ne l'était pas et pour tout dire, il s'attendait à cette réaction. Son visage reste impassible et sa voix calme.

— Madame, calmez-vous. J'fais mon boulot. Si j'estime qu'il est plus prudent de vérifier vos effets pour m'assurer que vous n'avez pas en votre possession des stupéfiants pouvant influencer votre état de conduite, j'le fais. Pour votre bien et celui des autres.

Elle ne porte pas attention, elle agite plutôt un objet devant ses yeux et ça lui prend quelques secondes avant de comprendre qu'elle brandit sous son nez un vibromasseur. À ce moment précis, il se pose instinctivement une question : Pourquoi est-ce qu'une femme se ballade avec un vibro dans son sac à main ? Il savait ce qu'elle faisait avec, ce n'était pas la question. Il se demandait seulement si ça lui prenait subitement, pendant qu'elle travaillait, et qu'elle disait à ses patients : passez-moi mon sac à main s'il-vous-plais. Je dois aller me vibromasser pour me faire du bien ? Elle était peut-être copine avec Gretchen et militait pour la cause '' soyez seins et heureux '' elle aussi. Ses sourcils se froissent d'incertitudes tandis qu'il la jauge d'un regard perçant, anticipant une répartie piquante dans la seconde.

« Et ça d'après vous, c'est pour écrire ou autre chose ? Puisque, après tout, vous semblez bien curieux de savoir de ce que je peux faire avec un préservatif, imaginez donc avec ça ! »

Ses lèvres s'ouvrent et se referment aussitôt lorsqu'elle active l'engin et le place au creux de sa main. Il n'avait pas vraiment envie d'imaginer ce qu'elle pouvait faire avec. Surtout pas maintenant. Son visage se tend un peu tandis qu'il fixe le vibro frémir. J'suis pas très à l'aise de tenir dans ma main une partie de ton intimité. Ce machin a quand même visité ton entre cuisses à chaque fois que t'étais en manque. Souvent ? Ce n'était pas la première fois en tant que flic qu'il confrontait des situations de ce genre. Celle-ci n'était rien à comparer d'autres, beaucoup plus suggestives et exhibitionnistes. Mais ça reste que j'ai une extension de ton vagin dans ma main. Non, pas exactement. Mais on comprend l'idée.

« Oh et rassurez-vous, il est propre, je tiens à l'hygiène ce qui n'a pas l'air d'être votre cas vu l'état de vos mains. Je vous conseille un gel hydro alcoolique. Et si vous avez des MST je peux toujours vous faire une ordonnance... A quel nom, l'ordonnance ? »

Il détache ses yeux du jouet de madame et la dévisage. Sérieux, le regard sévère, il agite à son tour le vibro sous son nez, évitant de répondre à ses provocations ciblées.

— Vous savez, j'ai envie de vous le confisquer comme on le fait à une gamine pour la punir d'être effrontée. Mais puisque j'sais à quel point il vous manquera, j'vais être indulgent et vous le remettre. Veuillez, s'il-vous-plais, éteindre l'objet de votre désir quotidien et le ranger hors de ma vue, madame. Un peu de respect pour un officier en service.

Normalement, il n'aurait pas apprécié cette confrontation et l'aurait eu au travers de la gorge, mais puisqu'il la narguait intentionnellement, il n'allait pas râler. Même s'il ne devait pas s'en amuser, sa contre-attaque de grande Jedi - avec son vibro-laser - avait de quoi faire naître un petit sourire. Non, j'vais pas sourire. J'vais me contenter de sourire par dedans. Elle se confond en excuses et il écoute, le visage toujours aussi autoritaire. Elle n'avait pas tort. La journée avait été éprouvante pour lui aussi et ce n'était pas l'envie qui lui manquait de la terminer pour aller se vautrer dans sa zone de confort. Confort. Ça dépend. Si Bjorn se met à m'casser les oreilles avec son foutu banjo à trois heures du mat', j'vais avoir hâte de retourner travailler. Ils sont rapidement interrompus par une bande de jeunes écervelés à bord d'une bagnole - d'un orangé pas très flatteur - l'insultant pour ensuite décoller en grande vitesse. Bande de p'tits cons. Il n'avait aucune idée de qui étaient ces jeunes, mais il savait qu'ils n'allaient pas aller bien loin avec un sourire étampé aux lèvres.

« Et eux, qui sont donc de vrais dangers, on s'en fiche ?... Je peux récupérer mes papiers, s'il vous plaît ? »
— Exactement. Je m'en fiche, vous êtes ma priorité. Par contre, mes collègues garés à un coin de rue d'ici, ne s'en fichent pas.

Sur ces paroles, les sirènes de deux véhicules de patrouille se font entendre un peu plus loin, confirmant ses dires.

— Bon, très bien. Vous avez eu une mauvaise journée, vous avez le pied lourd et êtes impatiente. Peut-être même frustrée sexuellement pour traîner votre joujou partout avec vous., murmure-t-il avant de reprendre, Je vais être compréhensif et faire une dernière vérification. Je vous laisserai partir ensuite. Patientez, je vous prie.

Sans plus attendre, il s'éloigne afin de retourner à sa voiture. Il fait la vérification de ses papiers via l'ordinateur véhiculaire et selon ce que lui dévoile l'écran, la doc' est blanche comme neige. Ce constat ne le surprenait pas. Après l'avoir bien observé, il avait rapidement réalisé qu'elle était alerte et ne semblait pas être une femme qui cherchait les problèmes au quotidien. À moins qu'un flic lui tape sur les nerfs. Il avait vérifié, non seulement parce que c'était la procédure, mais aussi pour s'en assurer. Blanche-neige peut retourner à la baraque. Et moi aussi. Une fois la contravention en main, il sort à l'extérieur et se dirige lentement en sa direction. Il pouvait l'apercevoir un peu plus loin, à marcher de long en large, son téléphone à l'oreille. Il ne savait pas à qui elle parlait, mais elle ne semblait pas très ravie de lui faire la causette. Ne m'dis pas que toi aussi t'as une Gretchen et un Bjorn dans ta vie ? Le tien, il joue du banjo dans sa chambre à trois heures du mat' ? Les yeux rivés sur elle, il la regarde s'éloigner de sa voiture, s'avançant un peu vers la rue qui maintenant, était bien tranquille. Mais il dirige son visage vers sa gauche lorsqu'il entend le vrombissement d'une autre voiture et à en entendre le grondement du moteur, elle roulait à plein régime sur la route. Il réalise alors la présence d'une voiture noire, les vitres teintées, s'approcher en direction de la doc', et accélérer davantage lorsqu'elle est près de sa ligne de trajectoire. Mais qu'est-ce qu'il fout ?! Il veut lui foncer dessus ?! C'était exactement ce qu'il comptait faire à en juger sa façon de s'enligner vers elle sur la route. C'était délibéré. Alarmé, il se précipite en direction du médecin, poussé par l'adrénaline.

— ATTENTION !!!

Il hurle, mais n'attend pas qu'elle réagisse. Rapidement, il s'élance vers elle et la pousse si fortement que son corps quitte le sol et atterrit lourdement sur le capot de sa voiture, tandis que lui, se retrouve percuté de plein fouet par la voiture endiablée. Une horrible douleur lui vrille les deux jambes lorsque le pare-choc le heurte. Son corps se retrouve violemment écrasé contre le pare-brise, pour ensuite faire quelques culbutes désarticulées et retomber rudement sur l'asphalte. Il n'aime pas le son qu'il entend lorsqu'il rencontre la dureté de la rue. Le son d'un craquement pas très réconfortant. Il savait qu'il avait l'os du bras droit cassé, la douleur était suffisamment aiguë pour qu'il le comprenne. Ce n'était pas ce qui l'inquiétait. La douleur des os qui se brisent, il savait la tolérer. Non. Ce qui l'angoissait, c'était surtout le manque de douleurs et de sensations dans les jambes. La voiture folle poursuit sa route, sans s'arrêter, et tourne un coin en dérapant. Disparais. Allongé sur le dos, il ne bouge plus, les oreilles bourdonnantes, les jambes amorphes.


— Doc'... j'crois que... vous allez faire de l'overtime.  

Il savait qu'elle allait bien seulement à l'entendre. J'sais pas ce que tu racontes, mais au moins j'me suis pas fait faucher pour rien.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Humaine

Date d'inscription : 08/03/2017
Messages : 22
Rp postés : 7
Points-Bonus : 8
Avatar : Natalie Portman Âge du perso : 32
Groupe du perso : Humain
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Mer 12 Avr - 0:21


Je ne suis pas quelqu’un qui sort facilement de ses gonds. Mon métier m’apprend à être mesurée dans mes propos et dans mes gestes puisqu’il est évident que je ne peux pas me laisser aller à un excès de colère ou toute autre forme s’y rapprochant. Mais lui. Lui. Il exagère énormément. Disons que je n’ai pas pour habitude que l’on me réprimande comme une enfant. Encore moins que l’on m’accuse de me droguer ou encore que l’on me traite comme si j’avais derrière moi un casier judiciaire long comme le bras. Je suis une citoyenne modèle, je recycle même mes déchets ! Alors en effet, j’ai eu le pied lourd et j’ai été réellement distraite et, oui, cela aurait pu être grave mais ce n’est pas le cas. Qu’il me donne ma contravention et que l’on en parle plus. C’est tout de même pas réellement compliqué. Et ce qui est encore plus énervant lorsque l’on est énervée, c’est lorsque la personne qui vous fait face garde son petit air serein, une voix calme et posée quand la mienne est déjà montée dans les aigus. Je tente de calmer mes nerfs qui ne cessent de monter en flèche. Il faut dire que mon futur ex-mari me rend dingue ces derniers temps et l’avoir seulement au téléphone me met dans des états pas possible.

Mes joues se colorent à son discours et cette soi-disant envie qu’il a de me confisquer mon jouet comme on se plairait à le faire à une enfant. Il ne manque pas de toupet celui-là et je regrette presque de ne pas pouvoir lui faire sa petite ordonnance sur le champ.
Ce n’est que lorsque je récupère mon vibromasseur que je réalise ce que je viens de faire. Oh mon dieu. Je viens réellement de l’activer pour lui mettre dans la main ? Oui. C’est exactement ce que j’ai fait. Pour le faire taire, pour qu’il cesse ses inepties. Tout le monde devrait avoir un préservatif sur soi. Quant au vibromasseur… Bon. D’accord. Je n’ai pas réellement d’explications à ce sujet sur la raison de sa présence dans mon sac à main. On dira que la solitude me pèse et que je ne suis pas la femme de plusieurs hommes. Je préfère de loin le plaisir solitaire à des plaisirs tout aussi délicieux mais qui ne comptent pas. J’ai besoin de me sentir en confiance pour me donner entièrement à quelqu’un et cette confiance… Elle est parfois difficile à obtenir. Enfin non. Souvent difficile à obtenir. Alors oui, quand l’envie s’en fait sentir j’utilise cette merveilleuse petite chose donneuse d’orgasme. Est-ce réellement un crime monsieur l’agent ?

La lassitude me gagne tout autant que l’épuisement de cette journée chaotique. Je baisse ainsi les armes, m’excuse alors qu’en réalité, il devrait en faire tout autant pour m’avoir importuné comme il l’a fait. Mais je ne dis rien le concernant, me contentant d’apaiser les tensions qui règnent. Je n’ai pas non plus envie de débourser un mois de salaire pour, à la base, un stupide excès de vitesse. Je lui rapporte que je suis prête à récupérer les papiers de mon véhicule et sa fameuse contravention auquel je le sais, je ne réchapperai pas. C’est à ce moment précis qu’une voiture déboule à toute vitesse. La colère est toujours là, cachée sous la surface et je trouve cela terriblement injuste d’être contrôlée alors qu’eux peuvent s’en tirer sans la moindre conséquence. Cela reste tout de même absurde. Ils sont bien plus dangereux que moi et je ne me prive pas de lui faire savoir, à ce cher monsieur l’agent. Il me rétorque, avec sa voix pleine d’assurance, qu’en effet il s’en fiche puisque ses collègues sont garés un peu plus loin. Sur le moment je le regarde, dubitative. C’est du flan. Mais très vite ses dires sont confirmés par le son des sirènes de deux voitures de patrouille qui résonnent dans la rue. Bon d’accord, je n’ai rien dit. C’est presque agaçant qu’il ait raison.

Lorsqu’il reprend la parole, je me dis que ça y est, mon calvaire est terminé. Je pense à cette douche bien chaude et à ce verre de vin qui m’attend paisiblement à la maison. Je fronce les sourcils lorsqu’il se permet de murmurer quelque chose de réellement désagréable à mon encontre, me faisant croiser les bras en guise de désaccord pur et dur. Quel goujat ! Tu ne manques pas de toupet ! Je ne pipe pas un mot, consciente qu’en rajouter ne ferait que faire perdurer cet instant que j’ai envie de fuir au plus vite. Je le laisse retourner à son véhicule, patientant puisque je ne peux pas faire autrement. Mon téléphone sonne à nouveau. C’est Luke, encore. Cette fois-ci je le bascule directement sur messagerie mais à ce petit jeu, Luke gagne toujours. La sonnerie retentit presque immédiatement.

« QUOI ?! »

Non, je ne suis pas de bonne humeur. Ma patience s’est envolée en l’espace de quelques minutes.

« Toujours aussi agréable… Où est-ce que tu es Ama chérie ? »
« Est-ce une blague de mauvais goût Luke ? Est-ce que tu crois que j’ai réellement envie de te voir, de t’entendre te plaindre en me demandant de revenir ? Dis-moi, Luke. A quel moment as-tu pensé qu’un jour je pourrais te pardonner ? Tu me connais si mal que ça ? Je veux dire… Toutes ces années passées ensemble ne t’ont-elles rien appris ? »

La colère gronde dans chacun de mes mots et ma main libre s’agite dans le vide comme pour donner de la contenance à mes paroles.

« Laisse-moi une seconde chance Amalia. Je te promets de ne plus recommencer. C’est toi que j’aime. Je ne te comprends pas. Pourquoi tu t’obstines à ne pas voir l’évidence, nous sommes faits l’un pour l’autre. »

« C’est complètement faux et tu le sais. Arrête maintenant de m’appeler où je t’assure Luke que je porte plainte. Tiens d’ailleurs je suis en compagnie d’un flic je vais aller lui demander comment ça se passe autour d’un bon verre en ville. Comme ça, peut-être que tu vas ENFIN comprendre que tu n’as qu’à signer ces, foutus, papiers. »

A l’autre bout du téléphone je n’entends plus rien. Rien d’autre que le son vague de sa respiration profonde. La même qu’il possède lorsqu’il est horriblement en colère.  

« Arrête de m’harceler, tu entends ? Je préfèrerai mourir plutôt que de me remettre avec… »

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que monsieur l’agent se met à hurler un « ATTENTION » qui me fait me retourner vers lui. Je n’ai pas le temps non pplus, de cligner des yeux que je me retrouve projetée par je ne sais quelle force. Mon petit vol dans les airs me semblent durer plus longtemps qu’il ne l’est en réalité, ma respiration s’est coupée sous le choc et redémarre lorsque mon dos percute le capot de ma voiture avant de me laisser rouler sur le bitume. Outch, ça fait mal ça. Un peu sonnée sur le moment, je mets quelques grosses dizaines de secondes à me relever. Une douleur aigu à la tête m’empêche de voir clair et c’est plus ou moins à quatre pattes que je rejoins l’agent qui lui est au sol et qui s’est fait percuter de plein fouet par la voiture. C’est un miracle qu’il soit en vie.

« Oh non. Oh merde. Ne bougez surtout pas je vais appeler les urgences. »

Je cligne plusieurs fois des yeux pour retrouver la vue qui me manquait jusqu’alors. De mon téléphone il ne reste que des miettes… Je me précipite vers sa voiture, fouille partout en mettant un bazar monstrueux là-dedans. Son téléphone est verrouillé.

« Votre code. C’est quoi votre code ? »

Une douleur plus intense semble le faire grimacer. Il ferme les yeux et lorsqu’il les ouvre à nouveau ils luisent d’un rouge troublant. Je sens que la soirée et le reste de la nuit va être longue. Très longue.
Finalement je téléphone à l’hôpital pour redemander le numéro de Joshua. Il est ambulancier et pourra très certainement m’aider.
Je lui explique brièvement la situation, lui dit que je ne peux l’emmener à l’hôpital mais qu’il me faut un brancard pour le transporter puisque j’ai peur que sa colonne vertébrale ne soit touchée. Je lui demande du matériel de perfusion, de la morphine et tout ce qu’il lui faudra.
Tout en passant mes appels, je place une couverture de survie sur lui et cale sa nuque à l’aide de ma blouse et de ma veste que j’ai roulé en boule.

« Une ambulance ne va pas tarder à arriver monsieur Greyson. Mais puisque vous êtes un… Enfin... Vous voyez. Et bien je ne peux pas vous emmener à l’hôpital, ce serait trop… dangereux. Il y a une clinique à quelques rues d’ici. J’ai tout le matériel nécessaire là-bas sans parler de celui qui se trouve dans l’ambulance… C’est un ami. »

Je vérifie la dilatation de ses pupilles, lui parle tout le temps. De la pluie, du beau temps. Je lui demande depuis combien de temps il travaille ici et si le travail lui plait.
Je sais qu’il ne sent plus ses jambes et à vrai dire, s’il n’était pas ce qu’il est, probablement qu’il en perdrait l’usage. Lorsque Joshua arrive, je fais le point avec lui sur son état pendant que nous le hissons sur le brancard. Sa tête est placée dans une minerve spéciale pour le transport.
On ne tarde pas à arriver. Difficile de manquer la clinique avec son enseigne lumineuse et… la grosse patte de chien qui clignote.
Bon. Il se pourrait que j’ai oublié de lui dire que c’était une clinique vétérinaire mais peu importe après tout, non ? Je frappe vigoureusement à la porte d’entrée de l’étage, pour voir apparaitre le vétérinaire, Monsieur Neumayer que je connais bien maintenant.
Il comprend l’urgence et nous ouvre les portes de la clinique en nous aidant un peu pour nous repérer.

Monsieur Greyson est perfusé, oxygéné et surtout immobilisé le temps que la régénération fasse son travail. Les plaies apparentes sont désinfectées puis pansées. La morphine l’aide à planer lui faisant oublier les possibles douleurs. Lui faisant aussi oublier le fait que j’ai dû découper son costume de travail à l’aide d’une paire de ciseaux et qu’il est nu comme un vers sous les couvertures chauffantes. Je le veille, toute la nuit. Une nuit durant laquelle son rythme cardiaque m’aura donné quelques frayeurs tout comme les sursauts de cette chose qu’il a en lui. Au petit matin Joshua revient nous chercher. Il nous prête le chalet de ses grands-parents un peu plus enfoncé dans la forêt le temps que monsieur Greyson puisse se remettre de ce terrible accident. Il dort encore, certainement exténué par cette nuit, probablement encore un peu shooté aussi. Je l’envierai presque, tellement j’ai une folle envie de me reposer également.
Je ne sais pas par quel miracle j’arrive à rester éveillée tout le long du trajet qui nous sépare du chalet. L’intérieur est un peu poussiéreux et n’a pas reçu de visiteurs depuis quelques mois. L’odeur de renfermé qui s’en dégage est incommodante au point que j’ouvre toutes les fenêtres et secoue les draps. Par chance, le lit est médicalisé bien qu’un peu défaillant il va nous être parfaitement utile pour offrir un peu plus de confort à monsieur Greyson qui dort toujours comme un loir.

L’hôpital est appelé afin que mes consultations soient annulées pour trois jours. Je ne connais pas vraiment le temps de régénération dont ceux comme lui ont besoin. En général, je ne reste pas avec eux une fois que je les ai soigné alors… je n’en ai pas la moindre idée. Je me sens étrangement redevable et c’est sans doute ce qui m’amène à faire autant de choses pour lui. C’est moi que cette voiture aurait dû percuter, j’en ai absolument conscience. Et c’est effrayant. Effrayant de se dire que sa vie ne tient qu’à un seul et maigre fil. Que sans lui, c’est moi qui aurais été dans un état lamentable. Pire encore. La mort. Alors je lui dois au moins ça. Le temps passé à ses côtés pour vérifier que tout se déroule parfaitement bien.
Assise sur le fauteuil à côté du lit, ma main se pose sur son poignet pour prendre son pouls. Les aiguilles des secondes de ma montre ont un effet soporifique et je crois, je crois que je m’endors juste à ce moment là.
C'est lorsqu'il bouge que j'ouvre à nouveau les yeux dans un sursaut. Sans doute avec l'espoir vain que tout ceci n'était qu'un simple mauvais rêve. Mais non. Tout est bien réel.

« Calmez-vous monsieur Greyson, nous sommes en sécurité. Vous allez bien, enfin, pas encore tout à fait mais c'est en voie de guérison. Vous devez rester tranquille pour que vos os puissent se remettre comme il faut. Est-ce que vous vous souvenez de quelque chose ? ... Une voiture vous a percuté hier soir. »

Alors que vous tentiez de me verbaliser suis-je tentée de lui dire avant de me taire. Ce détail est inutile.

« Vous avez de nombreuses contusions et la colonne vertébrale a été touché. Si vous n'étiez qu'un simple humain vous n'auriez plus jamais pu remarcher ou tout du moins pas sans plusieurs opérations et une rééducation longue et douloureuse. Comme ce n'est pas votre cas, il va seulement falloir faire preuve de patience pour retrouver l'usage de vos jambes. Si vous êtes ici c'est parce que sous la douleur, votre état s'est révélé. J'ai donc jugé peu judicieux de vous conduire à l’hôpital, dans un endroit public. »

Je baille, mes cernes ternissent mon visage mais je reste près de lui.

« Vous avez besoin de quelque chose monsieur Greyson ? Dois-je prévenir quelqu'un ? Votre femme, votre travail ?»




_________________

There ain't no contract and I go when I choose to leave. And I don't want that... That's not something that I need. And you know that it takes two. And I don't feel the same as you

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Loup-garou Alpha
Chef de meute

Date d'inscription : 07/03/2017
Messages : 62
Rp postés : 12
Avatar : Chris Hemsworth
Âge du perso : 34 ans
Groupe du perso : Loup-garou ( Alpha, pure race )
Disponibilités : Disponible pour 1-2 sujets, de préférence pour des débuts de liens solides.
Multis : Jasper Rhodes & Chad Parish
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Sam 6 Mai - 1:35

Qu'on soit loup-garou ou non, visiblement, la douleur s'en moquait. Il ne fallait pas s'attendre à un miracle, il venait de se faire foncer dessus à plein régime par une voiture, encore heureux qu'il soit encore en vie. La doc' s'occupe de lui et il a un peu de mal à la suivre lorsqu'elle lui parle. Il parvient tout de même à lui fournir le code de son téléphone avant de dériver dans un maelström de douleurs et de confusion. Malheureusement, il peine à répondre à ses questions, mais tente de faire de son mieux jusqu'à ce qu'il perde le cheminement du reste. Parfois conscient, parfois semi-conscient, il n'a que des fragments de scènes dont il ne parvient pas à trouver la cohérence, même s'il tente de s'accrocher à la réalité. Il finit par s'endormir complètement, assommé par la morphine qui se répand dans ses artères. Le temps passe et l'Alpha reste prisonnier d'un sommeil de plomb, aucunement conscient que son cœur s'affole ou ralenti drastiquement au point d'inquiéter la praticienne à son chevet. Il ignorait combien de temps il était resté dans l'inconscience lorsqu'il ouvre à nouveau les yeux. Un peu dépaysé, il s'agite, ne reconnaissant pas l'endroit où il était.

Lo que está sucediendo ? Dónde estoy yo?, marmonne-t-il, tentant de se redresser.
« Calmez-vous monsieur Greyson, nous sommes en sécurité. Vous allez bien, enfin, pas encore tout à fait mais c'est en voie de guérison. Vous devez rester tranquille pour que vos os puissent se remettre comme il faut. Est-ce que vous vous souvenez de quelque chose ? ... Une voiture vous a percuté hier soir. »

Il jauge la brunette quelques secondes, les sourcils froissés, et replace enfin son visage. La femme au vibro-laser. J'me souviens maintenant., pense-t-il, esquissant un petit sourire éphémère. Il hoche lentement la tête pour approuver.

— J'me souviens... et mon corps aussi., qu'il répond en grimaçant.

Il s'imaginait que ce serait pire sans morphine. J'sais pas si c'est de la morphine, mais j'me sens funky. Il fait un tour d'horizon du regard, détaillant un peu la chambre, tandis qu'elle lui explique son état.

« Vous avez de nombreuses contusions et la colonne vertébrale a été touché. Si vous n'étiez qu'un simple humain vous n'auriez plus jamais pu remarcher ou tout du moins pas sans plusieurs opérations et une rééducation longue et douloureuse. Comme ce n'est pas votre cas, il va seulement falloir faire preuve de patience pour retrouver l'usage de vos jambes. Si vous êtes ici c'est parce que sous la douleur, votre état s'est révélé. J'ai donc jugé peu judicieux de vous conduire à l’hôpital, dans un endroit public. »
— En résumé : j'suis brisé en morceaux, mais ça ira., marmonne-t-il, avant d'ajouter, tournant son visage vers elle. C'était bien pensé. Merci.

Il n'avait jamais été blessé aussi gravement auparavant, donc impossible pour lui de se faire une idée du temps que ça prendrait pour se rétablir complètement. J'espère que ce sera pas trop long. Il était quelqu'un d'actif et rester immobile longtemps sans rien faire l'ennuyait horriblement. Il avait ce constant besoin de bouger, de faire quelque chose de constructif. Le rôle du paralysé, ça me convient pas. Il fallait dire qu'il était orgueilleux et l'idée qu'il ne puisse pas se débrouiller par lui-même lui déplaisait fortement. Il porte son attention sur elle lorsqu'elle baille et remarque les cernes sous ses yeux. Facile de deviner qu'elle n'avait pas fermé l’œil depuis.

« Vous avez besoin de quelque chose monsieur Greyson ? Dois-je prévenir quelqu'un ? Votre femme, votre travail ?»
« Ma femme ? Non, pas besoin. À moins d'avoir une technique efficace pour communiquer avec les morts ? Si vous en avez une, j'apprécierais la connaître, j'aurais quelques mots à lui dire... j'vais prévenir. Vous pouvez me passer mon téléphone ? », dit-il, lui désignant celui-ci posé sur la table de chevet.

Une fois l'appareil en main, il hausse un sourcil, la considérant avec attention.

« Vous devriez dormir un peu, j'vais bien. J'suis prêt à faire du saut en bungee. »

Il faudrait que tu m'expliques pourquoi j'suis nu sous les draps. En autant que tu me dises pas que ma troisième jambe aussi est brisée. Elle sort de la pièce pour lui laisser faire ses appels. Il téléphone à la baraque pour prévenir Gretchen et Bjorn de la situation, en leur demandant d'en informer le reste de la famille. Ensuite, il téléphone au S.P.D, mais ment un peu en leur disant qu'il allait bien, que le chauffard l'avait renversé, mais qu'il avait eu la chance de s'en sortir qu'avec quelques égratignures et un petit mal de dos. Il leur donne des renseignements, à savoir où trouver la voiture de patrouille qu'il avait laissée derrière et les avise qu'il serait absent quelques jours pour récupérer. Il allait discuter plus tard avec une bonne amie à lui, Jackie Frazer, une investigatrice. Il allait lui parler de '' l'accident '' et s'assurer qu'on retrouve ce hijo de puta. Il discute encore un peu avec son patron, tentant de le rassurer qu'une gentille doc' prenait bien soin de lui. Lorsqu'il lui dévoile son nom, Moreno l'informe qu'un certain Luke Humbert avait téléphoné hier soir au commissariat, en grande panique, en disant qu'il croyait que sa femme Amalia s'était fait enlever. Perplexe, l'alpha le remercie et termine la conversation rapidement.

« Doc', vous pouvez venir ici quelques instants ? J'dois vous parler. »

Elle ne dormait pas, il pouvait l'entendre remuer de la vaisselle dans la cuisine. Lorsqu'elle entre dans la pièce, il lui désigne la chaise à côté d'un mouvement de tête.

« J'vous ai dit de dormir, vous êtes vraiment bornée. », dit-il, d'une voix grondante.

Il était sérieux. Ça sert à quoi d'avoir une doc' si la doc' tombe malade ? Elle n'allait pas se rendre malade pour lui. Il allait se débrouiller pendant quelques heures. Rien de dramatique.

« Uno : dès que vous aurez pris quelques heures de sommeil - et pas avant, j'précise parce que vous êtes aussi têtue qu'une mule, es evidente ! - j'vous demanderais de noter quelque part tout ce dont vous vous souvenez concernant l'incident. Les moindres détails, vous notez tout. Dos : vous savez autant que moi que la personne derrière le volant vous ciblait. J'sais pas si c'est un dingue qui prend son pied à happer des gens au hasard, j'sais seulement que je l'ai vu se diriger droit sur vous, sans hésiter. Autre le fait que vous trimballez un vibro dans votre sac, avez-vous d'autres petits secrets susceptibles de pousser quelqu'un à foncer vers vous avec un bolide ? Des ennemis ? », demande-t-il, haussant un sourcil.

T'as l'air d'un ange, mais peut-être que t'as tiré sur les nerfs de quelqu'un de très rancunier. Même les gens honorables avaient des ennemis. Que ce soit l'envie ou la jalousie, il était facile de trouver une raison pour détester quelqu'un au point de vouloir sa mort.

« Tres : votre mari... Luke ? Il a téléphoné au commissariat hier soir en disant qu'il était convaincu que sa femme s'était fait enlever. C'est avec lui que vous discutiez au téléphone hier lorsque ça s'est produit ? Ce serait une bonne chose de lui téléphoner pour lui dire que vous allez bien ? Puisqu'il n'avait rien de tangible pour leur prouver que c'était un enlèvement, il lui on dit d'attendre quarante-huit heures avant de signaler votre disparition. »

Si sa femme avait été à l'autre bout de la ligne et qu'elle aurait entendu tout ce boucan, après quoi, plus rien ? Il l'aurait prévenue dès qu'il en aurait eu l'occasion. C'est peut-être parce que ça ne fonctionne plus très bien avec son mari. C'était plausible s'il songeait à cette colère qui semblait l'animer lorsqu'elle lui avait parlé la veille, mais c'était une raison suffisante pour ne donner aucune nouvelle ?

« J'sais que j'suis l'homme le plus important dans votre vie pour l'instant, mais il faudrait lui accorder une petite place sur votre itinéraire ? Si j'étais à sa place, je m'inquiéterais aussi. »

S'il avait été à sa place, il aurait déjà fait le tour des hôpitaux, placarder son visage partout et aurait défoncé toutes les portes de la ville pour la trouver. C'est ce que j'aurais fait pour ma femme. Par contre, il se demandait qu'est-ce qui l'avait poussé à croire qu'elle s'était fait enlever. À ses souvenirs, il n'avait pas entendu la doc' hurler, ce qui aurait pu lui laisser croire à l'autre bout du fil qu'elle se faisait agresser. Son front se plisse sous la contrariété. J'sais pas ce que c'est, mais quelque chose m'agace dans cette histoire.


Traduction:
 


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Humaine

Date d'inscription : 08/03/2017
Messages : 22
Rp postés : 7
Points-Bonus : 8
Avatar : Natalie Portman Âge du perso : 32
Groupe du perso : Humain
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Mar 23 Mai - 16:31


Je connais les heures de gardes à n’en plus finir et l’absence de sommeil qu’elles engendrent. Quand 24 heures s’écoulent, que l’on pense enfin rentrer chez soi et qu’une urgence pointe le bout de son nez. Impossible de quitter sa blouse de dire « non, je rentre chez moi, démerdez vous avec ça. » Sinon on ne ferait pas ce métier. Sinon on travaillerait dans un cabinet extérieur qui ouvre de 8 à 18h. Après l’heure c’est plus l’heure. Mais à l’hôpital c’est différent. Chaque vie compte. Chaque vie est importante et tant pis pour le sommeil, il peut encore attendre quelques heures. La récompense ? Le regard dévoué de ces parents qui ont eu si peur pour leur enfant. Celui de la femme, émue aux larmes, qui s’accroche à vos bras pour vous remercier d’avoir sauvé son bien aimé. Ou encore celui de cet homme, reconnaissant que l’on ait réussi à faire survivre femme et enfant. Parfois la reconnaissance se mue en tristesse. Quand on a rien pu faire. Quand c’est trop tard. Cela fait aussi partie intégrante de notre travail. Côtoyer la mort, l’annoncer à ces gens plein d’espoir qui attendent le verdict. Celui qui changera leur vie à tout jamais. Ils savent au fond d’eux, dès que la porte à battant du couloir s’ouvre pour nous dégueuler dans la salle d’attente. Ils savent que c’est terminé. Ils n’écoutent pas les détails, s’effondrent, pleurent et hurlent cette douleur qui vient déchirer leur cœur. Alors on pourrait croire qu’on aurait dû rentrer. Dormir. S’épargner la fatigue de l’intervention et l’explosion de douleur des familles. Laisser la merde aux autres. Mais ça vaut le coup. Ca vaut le coup pour toutes les vies qu’on sauve.

Ainsi je veille sur lui. Sur ce flic qui n’a pas hésité à me verbaliser, à me mettre en rogne pour des histoires ridicules. Celui-là même qui s’est moqué de moi ouvertement, que j’avais envie de gifler, de mordre, d'insulter. J’aurai pu le laisser là sur le rebord de la route, en mille morceaux. J’aurai pu mais c’est contraire à l’éthique. Contraire à celle que je suis. Je suis certaine que tu n’aurais pas oublié de m’envoyer une prune par voie postale, pire encore. Un procès pour non-assistance à personne en danger. Cette idée me fait sourire intérieurement.
Je m’adresse à lui comme je m’adresserai à l’un de mes patients. J’y mets les formes pour ne pas qu’il s’imagine quoi que ce soit. J’y mets les formes pour ne pas m’imaginer n’importe quoi.
Alors je me rassure, demande qui contacter. Une femme partage peut-être sa vie, qui sait ? Mais à ça, sa réponse me glace un peu. J’arque un sourcil, le dévisage avec une certaine incompréhension ancrée dans le fond de mes prunelles. Ses questions ne trouvent aucune réponse. Qu’est-ce que je peux dire ? « Hey vous avez essayé la voyance ? Il parait que c’est sympa pour communiquer avec les morts, enfin, j’en sais rien moi. J’y connais rien. Mais on en parle à la télévision parfois. » Non. Définitivement non. Je me contente de lui apporter son téléphone comme il me le demande. Il me congédie poliment et je le laisse à ses appels en roulant des yeux. Du bungee, hein ?

De l’autre côté de la porte, je m’active pour nettoyer un peu plus en profondeur les lieux. Je ne sais pas combien de temps nous allons devoir rester ici et je n’aime pas particulièrement la crasse. De vrais nids à microbes. L’eau coule à flot tandis que je prends tout mon temps pour nettoyer la vaisselle dans des gestes las. Dans ma tête, ne cesse de rejouer la scène de la veille. La nuit qui en a découlé. Longue, stressante et angoissante. Je me demande encore comment cette voiture a pu perdre le contrôle à ce point et surtout… Oui surtout, pourquoi elle ne s’est pas arrêtée… Faucher un agent de police, je veux bien croire que cela puisse faire peur mais tout de même. Perdue dans les détails de cet incident, je lâche un verre qui explose dans l’évier sans me blesser, heureusement.

« Merde ! »

Et il appelle. Il réclame ma présence. Alors j’abandonne le verre brisé et pénètre dans la chambre en m’essuyant les mains. Sa première remarque n’est autre qu’un reproche. Je croise les bras. De toi à moi, tu n’es pas vraiment en état de te la jouer roi du monde.

« Et vous êtes toujours aussi aimable à ce que je vois... »

C’est vrai ça. J’ai presque eu peur qu’il devienne agréable. Le choc. Je pousse un léger soupir avant de m’installer sur la chaise pour l’écouter. J’ai presque envie de lui jeter mon chiffon dans la tête. Juste comme ça. Parce que c’est puéril mais que ça me ferait du bien. Respire Amalia. Ce n’est rien. C’est un patient. Voilà, juste ça. On s’en fiche qu’il soit gentil ou méchant. Blagueur ou taquin. Charmeur ou mal embouché. Tu le soignes. C’est tout.
Aucune remarque ne vient s’ajouter bien que ce ne soit pas l’envie qui m’en manque. Une tête de mule ? Moi ? Non mais est-ce que tu t’es regardé, Monsieur parfait ? Du reste, je crois que je n’avais pas envie de me dire que cette voiture me visait délibérément. Je crois que je préférai croire que le conducteur avait perdu le contrôle, tout simplement.

« …Quoi ? Mais non ! Je sais que cette histoire de vibro vous a marqué mais vous savez, je ne suis pas la seule à avoir ce genre de gadgets qui, au demeurant sont très utiles voyez-vous ?! Et je n’ai aucun secret ! Mais je suis médecin à l’hôpital, votre fou furieux était peut-être un parent en colère ou que sais-je. Pas besoin de secret pour vouloir tuer un médecin. Nous n’arrivons pas tous à les sauver, c’est triste et très douloureux pour les familles, les proches qui viennent de perdre quelqu’un. »

Et c’est comme ça. Nous n’y pouvons rien. Parfois c’est trop tard. C’est irréparable. Malgré le suivi psychologique pour les familles et les proches qui vivent un deuil, il arrive que cela ne soit pas suffisant. Mais j’imagine que toi aussi, on doit rêver de te tuer parce que tu as brisé des gens en mettant sous les verrous un père, une mère, un parent, un enfant. Tu sais très bien que nos métiers, bien que totalement différent, se rejoignent pour une chose. On ne peut maîtriser la vengeance déplacée de certains individus. Est-ce que cela fait de nous des gens plein de secrets ? Avec des cadavres dans le placard ? Bien sûr que non…
Il continue et je me crispe dès qu’il prononce les premiers mots de sa phrase. Luke. Je fronce les sourcils et me renfrogne sur ma chaise.
Non mais alors quel toupet. Luke est un imbécile et il ne vaut pas mieux que lui. Ma bouche s’ouvre et se ferme pour ne pas dire de conneries. Pour ne pas déverser toute la Haine que Luke peut m’inspirer. Surtout ces derniers temps. J’ai juste envie qu’il cesse de croire que je suis sa femme et que je lui reviendrai. Il est buté !

« Rah il est ridicule. Et oui, j’étais avec lui au téléphone et c’est bel et bien la dernière personne que je préviendrai. Mais peu importe. »

Je bougonne, me redresse et viens taper sur sa cuisse à ses mots. Cuisse douloureuse qui vient lui tirer une grimace de douleur.

« Oh merde, pardon. Je ne voulais pas mais c’est vous aussi… Vous êtes… Antipathique. Oui voilà ! Vous gagnerez certainement à être plus… Sympathique ? Vous avez failli y passer plusieurs fois cette nuit, j’ai dû nettoyer et panser chacune de vos blessures et croyez-moi, elles sont multiples ! Alors il me semble que mes histoires de pseudo couple ne regarde que moi ! Quoi ça vous intéresse ? Non parce que vous voyez moi ça ne me dérange pas de vous expliquer les choses. Tiens ça vous aidera peut-être à réfléchir hein ?! »

Je parle de plus en plus vite, mes nerfs s’effilochent. La nuit a été rudement difficile et son comportement presque irrespectueux me fait sauter les boulons.

« Luke est un idiot qui refuse de signer les papiers du divorce. Aaaaah et pourquoi je veux divorcer ? Bah tiens. Parce qu’il a été infidèle. C’est ce que vous faites, vous, les hommes en général. Vous trompez votre femme puis ooooh pardon chérie je suis désolééééé. Mais ça ne fonctionne pas. Alors il chiale. Et il chiale fort Luke. Puis cette histoire d’enlèvement ? – je ris nerveusement – Un prétexte pour me voir puisque je refuse de voir une mèche de cheveux de ce pauvre type. Voilà. Ca répond à vos questions ? Heureux ? Bien, parfait ! Vous m’excuserez je vais aller continuer de ranger pour vous éviter une surinfection idiote qui pourrait vous tuer. Et si vous avez mal et bien… Taisez-vous. Ou criez. Faites comme bon vous semblera. »

Je quitte la pièce, essoufflée par ce débit de paroles trop soutenu. Je passe une dernière fois la tête dans l’encadrement de la porte.

« Enfin… Si vous criez. Je viendrais. » dis-je plus calme, avant de disparaître.



Ce n’est que plusieurs heures plus tard que je reviens le voir. La mine plus reposée, et les bras chargés d’un plateau avec un bol de soupe. La colère a disparu. Je suis plus apaisée, plus détendue.
Toc toc toc.

« Hey. Je vous apporte de quoi vous sustenter. Je sais que ça ne vaut pas un steak frites mais dans votre état, on va éviter. Je vais regarder l’évolution le temps que cela refroidisse légèrement. »

Le plateau est déposé sur la petite console près du lit. Je soulève doucement les draps, glisse mes doigts sur son flanc et sa cuisse. Complètement étonnée de voir que la cicatrisation a déjà bel et bien commencée formant de légères boursouflures. Si les plaies externes sont toutes refermées. A l’intérieur ce sera plus long. Sans rien dire, une aiguille vient piquer la plante de son pied. Mais rien.

« Il y a déjà du mieux. Mais concernant les os, il faudra être encore un peu patient. Les sensations reviendront bien assez vite. Je vais redresser légèrement votre tête et vous donner à manger. Je n’ai pas vraiment envie de devoir changer vos draps parce que vous avez renversé votre bol de soupe partout. »

Faut dire qu’avec une seule main et cette minerve qui vient lui maintenir le cou bien raide, c’est difficile. Puis il pèse son poids l'animal. S'il renverse il dormira dans ses draps tâchés de soupe à la tomate.



Trois jours se sont écoulés. Trois jours pour qu’il retrouve une certaine mobilité. Trois jours ponctués par le caractère grincheux de monsieur et mon répondant merdique. Je le déteste tout autant que j’arrive à l’apprécier. J’ai pu récupérer des affaires chez moi et me procurer un nouveau téléphone afin d’éviter à Luke d’alerter inutilement la police. C'est au moins le troisième appel.

« Mais où est-ce que tu es Chérie ? Je suis passé à l’hôpital et on m’a dit que tu étais en congés.
-T’as fait quoi ? Non mais ça va pas ! Tout va bien Luke, je te l’ai dit. Je travaille… au domicile d’un patient.
-C’est ce flic c’est ça ? Tu t’es entichée de lui comme une idiote. Alors tu joues le rôle de l’infirmière sexy.
-De… quoi !?! Non mais ça va pas bien dans ta tête ! De quoi je me mêle en plus, je te signale qu’on est PLUS ensemble. Alors je fais bien ce qui me chante. Que ça te plaise ou non.
-Tu es à moi Amalia. Tu te souviens ? A la vie, à la mort ? On s’est jurés de s’aimer jusqu’à la fin de nos jours.
-Et on s’est aussi promis fidélité, si tu te souviens bien. Connard. »

Je raccroche nerveusement avant de me jeter sur le canapé. Ma tête plonge dans un coussin et je hurle à l’intérieur, en tapant avec rage le rembourrage de l’accoudoir. Ce type a le don de me rendre hystérique. Je me redresse, rouge comme une tomate et tombe nez à nez devant Shane. Je lève mon index pour lui intimer de la boucler, ne de pas en rajouter une couche. Ce n’est absolument pas le moment. Surtout que je dois faire ta rééducation des jambes alors si tu ne veux pas souffrir. Ne dis rien.



Alors que je lui masse les jambes après notre séance de torture. Je lui demande le plus naturellement du monde.

« Elle est morte il y a longtemps, votre femme ? »

Je devrais parfois réfléchir avant de parler. Ou alors me contenter de me poser ce genre de questions en OFF.




_________________

There ain't no contract and I go when I choose to leave. And I don't want that... That's not something that I need. And you know that it takes two. And I don't feel the same as you

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Loup-garou Alpha
Chef de meute

Date d'inscription : 07/03/2017
Messages : 62
Rp postés : 12
Avatar : Chris Hemsworth
Âge du perso : 34 ans
Groupe du perso : Loup-garou ( Alpha, pure race )
Disponibilités : Disponible pour 1-2 sujets, de préférence pour des débuts de liens solides.
Multis : Jasper Rhodes & Chad Parish
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Sam 27 Mai - 5:50

Elle était de mauvais poil, la doc'. Il s'était pourtant exprimé calmement, sans être trop arrogant. J'ai été arrogant ? Il ne croyait pas l'avoir été. Il avait été franc. Elle a une tête de mule, j'lui ai dit. J'suis honnête, j'vois pas le mal à l'être. Sans broncher, il l'écoute siffler comme une bouilloire, essayant de ne pas perdre le fil, même si ça devient un peu plus pénible lorsqu'elle lui claque la cuisse en un mouvement de frustration. Un grognement s'éjecte hors de sa gorge et une grimace tire ses traits. Cette femme est un danger pour ma santé. J'me retrouve brisé par sa faute et elle en ajoute par-dessus l'marché. J'serai mort avant de sortir d'ici.

« Oh merde, pardon. Je ne voulais pas mais c’est vous aussi… Vous êtes… Antipathique. »
— Rrrrmph... Antipathique ?
« Oui voilà ! Vous gagnerez certainement à être plus… Sympathique ? »

Il ne dit rien, mais rumine silencieusement. Si moi, j'suis antipathique, toi t'es hystérique ou névrosée. Les deux, j'dirais. Elle aurait grand besoin de se payer une bonne thérapie. Malheureusement, elle continue et il est forcé de l'écouter. Placide, il l'observe tandis qu'elle lui parle de sa vie de femme mariée, qu'elle accuse tous les hommes d'être des traîtres, de son mari qui pleurniche toujours, etc. Et dire qu'ils font des séries inspirées par ces histoires-là. Qu'on se pose pas la question du pourquoi j'regarde rarement la télé. Si elle couinait toujours de cette façon, il se demandait pour quelle raison son mari s'accrochait autant à elle plutôt que de se précipiter à signer les papiers du divorce. L'amour rend aveugle.

« Voilà. Ça répond à vos questions ? Heureux ? »
— J'dois répondre ?

Il semblerait que ce ne soit pas indispensable puisqu'elle poursuit en ignorant sa question, fulminant qu'elle allait le laisser seul pour aller faire du ménage. C'est pas une mauvaise idée, señora ! Sans doute à bout de souffle, elle finit par déserter la chambre, le laissant enfin seul. Il soupire en se disant qu'elle devait seulement être exténuée, raison pour laquelle elle prenait tout de travers et s'énervait au quart de tour. L'idée qu'il soit simplement emmerdant ne lui effleure pas l'esprit. Il fixe le plafond tout en écoutant ses pas s'éloigner. Il se redresse un peu, hésite quelques secondes.

— J'crève de faim !, tonne-t-il d'une voix forte.

Au loin, il peut entendre un soupir d'agacement tandis que lentement, un grand sourire retrousse ses lèvres. Elle lui avait dit qu'elle viendrait s'il criait. C'est ce qu'il faisait. J'ai pas faim, mais ça fait rien. J'préfère la compagnie d'une hystérique que d'être seul entre quatre murs.


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Trois jours. Trois jours où il ne s'était pas montré sous son meilleur visage. Cette fois, la doc' avait eu raison. Il avait été antipathique et grincheux. La douleur lui avait fait perdre patience plusieurs fois et elle avait suinté au travers une palette d'humeurs désagréables. Ses jambes l'avaient fait souffrir, de cette souffrance lancinante et constante dont il n'avait pas l'habitude. En d'autres mots, la guérison était trop lente à son goût et pénible. Il avait trop d'orgueil pour se plaindre et il était suffisamment embarrassé de devoir dépendre de quelqu'un, mais même s'il ne s'était jamais plaint directement, son comportement avait été déplaisant. Si lui-même en avait eu conscience, alors il ne fallait pas se poser la question. Heureusement, maintenant, il parvenait à se tenir debout et à marcher. Lentement, mais le progrès y était. La douleur était toujours présente, surtout lorsqu'il restait trop longtemps debout ou à marcher, mais elle se tolérait un peu mieux. Mes jambes ne sont pas très solides, mais ça viendra. Aujourd'hui, il était parvenu à prendre une douche, très rapide et avec un peu d'assistance pour l'aider, et cette douche était parvenue à le calmer. La doc' était passée à la baraque pour aller lui chercher quelques vêtements et de se retrouver dans ses fringues lui donnait un peu l'impression de reprendre le contrôle de lui-même. Plus paisible, il réalisait qu'il devrait peut-être s'excuser d'avoir été aussi irritable. J'devrais ? C'est qu'elle donne pas sa place. Elle l'était aussi, mais cette fois, il était d'avis que c'était justifié.

Lentement, il se dirige au salon, une béquille coincée sous un bras, l'autre bras dans un plâtre figé dans un support en coton. Marcher aussi lentement commençait sérieusement à le fatiguer. J'vais y arriver dans deux siècles. Peut-être trois. Bien qu'il approche son but, il s'immobilise soudainement lorsqu'il entend la voix de la doc', une voix courroucée qui lui faisait sous-entendre qu'elle ne devait pas avoir une conversation agréable. Son mari. Il lui avait téléphoné au moins trois fois dans la journée et à chaque fois, elle s'énervait tout en répétant le même refrain. Pourtant, malgré ses tentatives de lui faire cesser d'appeler, il continuait sans relâche. J'deviendrais fou moi aussi. Il reste en retrait et attend qu'elle termine avant de s'avancer dans la pièce. Il s'immobilise à nouveau lorsqu'il la voit bondir et commencer à s'acharner sur le coussin du divan, hurlant sa rage le visage en plein dedans. Silencieux, il dévisage la scène, haussant lentement un sourcil. J'espère que j'vais guérir avant qu'elle soit dans ses S.P.M. Une fois qu'elle termine de se défouler, elle se retrouve debout devant lui et lorsqu'il ouvre ses lèvres pour parler, elle lui fait signe de se taire. Il se la ferme tandis qu'elle s'éloigne dans le couloir d'un pas furieux. Le silence perdure le temps d'une dizaine de secondes, avant qu'il ne décide de braver l'interdit.

— J'voulais seulement savoir si vous aviez de la bière !... Cette histoire passionnée entre vous et le coussin, j'préfère ne pas m'en mêler, c'est trop violent !, lance-t-il par-dessus son épaule.

Et ce sourire, qu'elle lui arracherait sans doute si elle le voyait.


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Lorsqu'elle commence à lui masser les jambes, il réprime la féroce envie de lui hurler d'arrêter. Cette séance de rééducation l'avait torturé plus qu'autre chose et il avait l'impression qu'elle lui broyait les os davantage que de lui apporter du soulagement. Mais il se tait et prend son mal en patience. Il savait qu'elle essayait de l'aider et il s'était juré cette fois de ne pas s'énerver. Il ferme donc les yeux et inspire profondément, essayant de ne plus penser à ses jambes qui palpitaient au rythme du supplice.

« Elle est morte il y a longtemps, votre femme ? »

L'alpha se braque subitement, désarçonné et surtout très incommodé par la question. Ce sujet était extrêmement délicat à aborder avec lui et la plupart du temps, soit qu'il ignorait les questions ou qu'il ne répondait pas, changeant radicalement de sujet de conversation. Et actuellement, elle avait choisi un mauvais timing pour s'engager sur un terrain aussi glissant, alors qu'il avait du mal à contenir son impatience.

— Et ça vous arrive de vous la fermer ?, grogne-t-il sèchement, sans s'attendre à une réponse.

La doc' cesse de bouger et esquisse un mouvement de recul, sans doute dans l'idée de quitter la pièce, mais avant qu'elle ne s'écarte, il lui agrippe fermement le poignet afin de la stopper. Il la jauge un instant en silence, avant de lui répondre, plus posément.

— Désolé. Restez.

Il ne croyait pas qu'elle s'intéressait à la réponse. Elle devait seulement tenter une conversation avec lui, uniquement pour meubler le silence. La mort de sa femme était la seule chose qui lui était passée par la tête. Il attend qu'elle reprenne sa place à ses côtés avant de parler.

— J'ai perdu ma femme et mon fils... ça fera cinq années le mois prochain. Ils ont été tués tous les deux... ça répond à votre question ? Heureuse ?, la nargue-t-il d'une voix calme.

Et c'était tout ce qu'il allait lui dire à ce sujet. Il n'y avait rien d'autre à dire. Un lourd silence s'impose et il peut ressentir son inconfort sans s'acharner. Il l'observe du coin de l’œil tandis qu'elle poursuit son massage, évitant soigneusement de le regarder ou d'ouvrir la bouche pour relancer le sujet.

— Vous aviez tort., dit-il tout à coup, rompant ce silence oppressant. — Je n'ai jamais trompé ma femme et l'idée de le faire ne m'a jamais traversé l'esprit, alors votre théorie des hommes et l'infidélité, elle vaut rien... ce qui veut dire... le flic: 1, la doc': 0... usted perderá este juego.

Quand on aime vraiment quelqu'un, ça nous suffit. Il avait été élevé d'une mentalité où le mariage était sacré et important. On ne prenait pas cette décision à la légère. Se marier, c'était à la vie, à la mort, un lien qu'on ne devait jamais briser. Il existait tout de même des limites à supporter un mariage s'il était désastreux. Le masochisme avait ses limites, même pour lui. Mais la conception qu'il avait du mariage ne changerait jamais.

— Votre mari semble tenir à vous... vous avez déjà pensé à lui pardonner ?

Simple question, ce n'était pas une suggestion. Question emmerdante. Chacun son tour. Il faut bien passer l'temps.


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Il devait être environ 19h00 lorsqu'il décide de s'installer sur l'un des divans du salon pour relaxer. Il avait emprunté le petit lecteur mp3 de la doc', en se disant qu'écouter un peu de musique allait l'aider à décompresser un peu, à détendre les muscles endoloris de ses jambes. Il était resté longtemps debout et ça se ressentait jusqu'à son bassin. Rien d'agréable. Une fois les écouteurs enfoncés dans ses oreilles, il ne tarde pas à s'endormir, même si le volume est au niveau maximum, au point d'en faire vibrer ses tympans. Le sédatif qu'elle lui avait donné devait avoir été plus efficace que prévu. Il ronfle paisiblement, dormant à poings fermés, la musique tonnant dans ses oreilles, et c'est pourquoi il n'entend pas les coups contre la porte de l'entrée.


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Trois coups brefs, insistants, poussant Amalia à presser le pas pour ouvrir. Sur le seuil, une silhouette familière se dresse, les mains chargées d'un bouquet de roses.

- Ama' chérie ! Je sais, tu ne m'as pas invité, mais je devais m'assurer que tu allais bien. Elles sont à toi., dit Luke, lui tendant le bouquet de roses, les yeux amoureux, certain qu'elle allait les apprécier.

Pourtant, la belle brune ne fait aucun geste pour les saisir. Même qu'elle ne semble pas ravie de le voir. Luke laisse retomber son bras, son visage se ferme et son regard s'éteint. Lentement, il hoche la tête, résigné.

- Très bien, j'ai compris. Tu ne veux faire aucun effort pour sauver notre mariage. Tu préfères ton amant, que tu connais à peine, que ton mari. Mais ça va, tu sais. J'en ai assez de m'acharner. Je vais les signer, tes foutus papiers... tu n'entendras plus jamais parler de moi.

Il relâche sa prise sur le bouquet, le laissant vulgairement s'écraser sur le sol. Il s'éloigne du porche, se dirigeant lentement vers sa voiture, garée quelques mètres plus loin.

- Les papiers sont dans ma voiture et j'ai une boîte pour toi dans la valise. Quelques affaires que tu as oubliées lorsque tu m'as largué. Ne compte pas sur moi pour entrer dans ce chalet, je n'ai pas envie de croiser ton flic ! Alors amène-toi !, lance-t-il, d'un ton froid et cinglant.

Il ouvre la portière du côté conducteur et se penche, s'allongeant pour se saisir d'une enveloppe brune. Amalia suffisamment près de lui, il la tend vers elle, mais lorsqu'elle vient pour s'en emparer, il la retire de sa portée. Ses yeux s'assombrissent et seule la rage semble les irradier. Malheureusement, la belle brune réalise trop tard que l'homme devant elle n'était plus le même ou n'avait jamais été celui qu'elle pensait. En un battement de paupières, elle se retrouve heurtée violemment à la pommette par le poing massif de Luke, basculant à la renverse sous l'impact d'un coup colérique. Elle s'étale sur le sol et le fou furieux se met à rire, cynique.

- Tu es assez bête pour croire que je vais signer ce paquet de torchons ?! Tu rêves ! Tu es MA femme et tu vas le rester jusqu'à ce que tu meures ! Tu n'es pas d'accord ? J'en ai rien à foutre, ma chérie ! Maintenant, c'est moi qui décide ! Tu es à moi et si tu ne veux pas l'être, alors personne ne t'aura, PERSONNE !, finit-t-il par hurler, hors de lui.

Sans préavis, il se précipite vers elle, lui agrippe d'une poigne solide la chevelure, et commence à la tirer, la traînant derrière lui pour s'enfoncer dans la sombre forêt avec elle. Si elle se débat ou hurle, le fou n'entend rien, sa furie trop grande pour en être affecté. Ses pas se font rapides, déterminés, et bientôt, ils sont suffisamment éloignés du chalet pour être enfin seuls tous les deux, là où personne ne les dérangeaient. Il relâche sa prise sans user de délicatesse et ne lui laisse aucun moyen de se relever, allant s'écraser de tout son corps sur elle. La lutte est sauvage, mais sa colère prédomine, il parvient à lui agripper les poignets, les clouant contre le sol tapissé de brindilles asséchées.

- Je croyais que je comptais pour toi. Que tu me pardonnerais. C'est ce que font les gens qui s'aiment, Ama. Moi, j'étais prêt à tout te pardonner. Mais le rejet ? Non. Aucune chance. C'est terminé. Alors cette nuit, je vais te faire l'amour une dernière fois... et je vais ensuite en finir avec toi et ton petit connard. Vous serez heureux ensemble, mais certainement pas vivants !, finit-il par siffler avec mépris.

Ses mouvements sont rapides, brutaux et sans pitié. Les bruits de vêtements que l'on déchire scindent l'ambiance sinistre, la belle se retrouvant bientôt la poitrine nue et exhibée à son regard aliéné. Il la caresse comme un affamé et la gifle à deux reprises pour la calmer.

- Arrête de te débattre, tu vois bien que je te donne de l'amour ! Idiote !

Avec empressement, il déboucle sa ceinture et bientôt, le dément commettrait l'impensable. Après tout, aux yeux d'un fou, ce n'était que de l'amour. Devait-on regretter d'en donner trop ?


Traduction:
 


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Humaine

Date d'inscription : 08/03/2017
Messages : 22
Rp postés : 7
Points-Bonus : 8
Avatar : Natalie Portman Âge du perso : 32
Groupe du perso : Humain
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Lun 29 Mai - 17:14


Cohabiter avec un patient n’est pas quelque chose que je pratique habituellement. En général je laisse le travail où il doit être, c’est-à-dire, à l’hôpital. Il arrive que parfois je prenne sur mon temps libre pour trouver une place dans un foyer à quelqu’un dans le besoin mais jamais, non jamais, j’ai dû cohabiter avec l’un d’eux. Shane est le premier avec qui cela arrive et j’espère bien, le dernier. Il n’est pas si insupportable que ça, même si les trois quart du temps il arrive à me mettre hors de moi. C’est comme s’il savait exactement comment faire et qu’il le faisait juste pour m’emmerder. Ou presque. Disons que ces derniers jours, la souffrance a été à son apogée. Les os qui se solidarisent à la vitesse de l’éclair, bien que cela soit pratique, cela triple la douleur. Et il a mal Shane. Très mal. Alors il râle, n’est jamais vraiment content et le fait savoir. Il n’aime pas la place qu’il occupe. Rester sans rien faire ? Il ne connaissait pas jusqu’à maintenant. Je prends mon mal en patience et lui renvoi les piques trop gratuit et je râle. Je suis d’un naturel pourtant très calme mais il faut avouer qu’entre les mauvaises humeurs de Shane et les appels de Luke… C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, la cerise sur le couscous, le pompon sur la Garonne.

D’un point de vue médical, Greyson est un cas fascinant. Les fractures étaient nombreuses et voilà qu’il se tient déjà debout alors que cela ne fait même pas une semaine que l’accident a eu lieu et qu’aucune intervention chirurgicale n’a été pratiquée. Un patient lambda aurait perdu l’usage de ses jambes, probablement à vie mais pas lui. Je m’occupe donc de sa rééducation afin d’éviter le soulèvement de questions, un brin gênantes, d’une personne ne connaissant pas cette autre espèce. Les progrès sont fulgurants même si lui ne s’en rend pas compte. Quelques jours suffiront à le remettre d’aplomb. Bien loin des mois et des années de rééducation pour d’autres qui n’ont pas sa chance. Après notre séance de torture, une autre commence : Le massage. Il l’endure comme il peut, fronçant des sourcils, respirant bruyamment pour retenir ses grognements de douleurs. Les massages réactivent la circulation sanguine qui a été quelque peu malmenée.
Et cette question, LA question, fuse entre mes lèvres. Je sais déjà que je n’aurai jamais dû la poser alors qu’elle vomissait de ma bouche. Sa réponse ne se fait pas attendre. Je le sens se raidir sous la pulpe de mes doigts avant qu’il ne me réponde très sèchement. Ca me fait l’effet d’une gifle au point que je cesse et tente de reculer. Tout simplement parce que je sais ce qu’il est et que ce grognement n’était pas tout à fait humain. Et bien que je n’en aie pas peur, il n’empêche que je tiens tout de même à ma vie. Je connais bien trop les ravages dont vous êtes capables lorsque la colère s’empare de vous que je n’ai pas envie de me retrouver face à ce Toi.

Je sursaute légèrement lorsqu’il accroche vivement mon poignet. D’instinct je regarde la prise qu’il a sur moi avant de lever les yeux et m’ancrer aux siens. Il s’excuse et j’hoche la tête d’un mouvement entendu. Faut dire que cela ne me regardait pas et que ce n’était pas très délicat de ma part… Prête à passer à autre chose, je me replace à ses côtés et posent mes mains sur sa cuisse pour continuer. Et la confession arrive. Celle qui parle de sa femme et de son fils, tués il y a presque cinq ans.

« Je suis désolée. »

Je suis désolée parce que personne ne devrait avoir à perdre l’être aimé et encore moins la chair de sa chair. La formule qui vient conclure me gêne. Elle me rappelle celle que j’ai utilisée il y a quelques jours à son encontre sauf qu’il y avait bien moins de véhémence dans la sienne. Je ne dis rien de plus, tente un maigre sourire avant de me concentrer sur ce que je sais faire de mieux. Soigner. Je n’ose rien dire encore moins le regarder. J’imagine aisément qu’il doit me détester d’être ici, encore plus de lui remémorer des choses désagréables alors que son niveau de souffrance est haut. Mes gestes sont précis, minutieux. Passé le premier quart d’heure, le massage devient plus agréable. Mes doigts ne lui font plus l’effet de couteaux, il peut sentir la caresse et la chaleur qu’ils dégagent. Sa voix résonne dans ce silence pesant qui s’est installé par ma faute. Il le brise sans plus de cérémonie me disant que j’ai tort. Tort de croire que tous les hommes sont les mêmes. Qu’ils ne sont pas tous infidèles comme je semble le penser. Je sais bien qu’il a raison. J’ai généralisé parce que j’étais en colère. Ce serait triste sinon. Je lui souris plus franchement. J’ai pas eu la chance de tomber sur un homme avec ce genre de valeur. Il est brillant et affreusement intelligent mais… infidèle. C’est dommage.
A peine prononce-t-il le mot mari que mes doigts se raidissent autour de son mollet avant de se détendre pour lui éviter trop d’inconfort. Je continue mon massage avant de prendre une inspiration et de lui répondre sans animosité. Juste une sorte de déception dans le fond de ma voix.

« Vous savez monsieur Greyson, je laisse toujours une seconde chance aux personnes qui m’entourent parce que j’estime que l’on peut commettre une erreur. Nous avons tous les deux un travail très prenant et sans doute que l’on s’est oubliés en chemin. Je sentais que quelque chose n’allait pas mais je n’ai rien fait. J’ai très certainement mes torts mais rien qui ne puisse justifier, me semble-t-il, qu’il s’intéresse à une autre. Une infirmière de son service… Je vous laisse imaginer à quoi devait ressembler ses heures supplémentaires au boulot. Bref. Je n’arriverai jamais à lui pardonner parce que je trouve ça impardonnable. Il a nié, prétexté que je me faisais des idées. Il a juste tout aggravé. On ne m’a pas élevé avec ces valeurs-là. Fonder une famille sur une base pourrie c’est… Vouer sa vie familiale à l’échec. Luke ne tient pas à moi. Il tient à l’image de notre couple. S’il veut devenir directeur de l’hôpital comme il y aspire il doit avoir une vie rangée. J’imagine qu’un divorce ne l’emmène pas en tête de liste… »

Il y a la nostalgie des bons moments puis l’éloignement. La faute aux études, la faute au travail. Ma faute, la sienne. Nous sommes responsables de notre échec. Et les échecs, j’ai tendance à vouloir vite les ranger pour continuer d’avancer.

« Voilà c’est terminé. Votre progression est excellente. La semaine prochaine, possible que vous puissiez pratique le bungee, du moment que l’élastique est bien accroché. »

J’essaye de détendre l’atmosphère. Sans doute qu’il réfléchira à deux fois avant de me poser des questions du genre. Pour peu que la prochaine fois je lui fasse un oral de deux heures. Il serait bien emmerdé.



Je profite que Shane se repose sur le canapé pour ranger et préparer de quoi nous sustenter. Ce serait dommage qu’on se laisse mourir de faim bien que j’ai des capacités assez limité dans la cuisine. Faut dire que je passe plus de temps à manger à la cafétéria de l’hôpital plutôt que chez moi mais j’essaye de faire des efforts. Il parait qu’un homme bien nourri est moins ronchon. Si monsieur est moins ronchon, moi je serai moins à bout de nerfs. J’ai compris que nous n’avions pas tellement le même régime alimentaire. Il lui faut beaucoup de viande quand moi j’en mange peu. Après tout, nous n’avons pas les mêmes besoins physiologiques.
Au four, un gratin de pomme de terre. Ca ne demande pas des compétences extraordinaires et ce sera suffisant. Une salade composée et une pièce de viande beaucoup trop grosse, pour lui. Au moins j’ai pas besoin d’avoir peur de me tromper dans la cuisson.

Quelqu’un frappe à la porte et je me dépêche d’ouvrir pour éviter que cela ne vienne perturber le sommeil de Shane. Bien que tu deviendras sourd avant de pouvoir entendre quelqu’un cogner à la porte à ce rythme-là… Sourire accroché aux lèvres je pense qu’il s’agit de Joshua qui vient nous rendre visite. Après tout, cet endroit lui appartient. Mais il se craque, il se décompose mon sourire en découvrant le visage de Luke. Le bouquet tendu ne trouve aucune grâce à mes yeux.

« Qu’est-ce que tu fais là ? Comme t’as eu cette adresse ? »

Je le dévisage alors qu’il tend les roses dans ma direction, attendant très certainement que je les prenne. Mes bras se croisent. Il est hors de question que je prenne ce bouquet, hors de question que je ne te parle plus que ça. Je veux que tu t’en ailles. Ma position et mes sourcils froncés l’aident à comprendre qu’il ne va rien obtenir de moi. Pas plus en se tenant devant moi qu’en m’harcelant de coup de fils. Et l’impensable se produit. Quand Luke semble enfin comprendre que c’est terminé. Ca éclaire presque mon visage de savoir que bientôt il aura signé ces papiers et que nous n’aurons en commun rien d’autre qu’une vieille histoire à raconter. Je soupire d’agacement alors qu’il évoque un amant et ne cherche même pas à le contredire. Ca te va bien de parler de ça quand on sait ce que toi tu as fait… Tu peux bien penser ce que tu veux même si tu as tort.
Le bouquet retombe sur le sol alors que je le suis jusqu’à sa voiture. Tu aurais pu le garder pour l’offrir à ton infirmière préférée.
Le ton n’est plus mielleux comme il l’était jusqu’à présent. Luke se durcit et me fait comprendre qu’il n’a plus aucune considération pour moi en me cinglant de la sorte. J’ai passé 13 années à tes côtés, ne fais pas comme si je ne connaissais pas tes mécanismes de défenses ridicules.

Mais à croire que malgré les années, on ne connait jamais réellement celui qui a pu partager notre vie et notre couche durant tout ce temps.

L’enveloppe tendue, je m’approche pour la récupérer, soulagée que tout s’arrête enfin. Ces papiers signifient la fin, celle qui manquait pour pouvoir tourner sereinement la page. Mais c’est son poing frappant ma pommette que je reçois. Je titube et tombe à la renverse, complètement choquée par son geste. Jamais il n’avait osé lever la main sur moi et jamais il ne m’avait regardé comme il le faisait maintenant. Ma main se porte à ma joue quand les larmes coulent déjà.

« ESPÈCE DE CINGLÉ ! »

Et il rit. Il rit alors que je n’ai qu’une seule envie, le lui faire ravaler. Ses mots glissent sur moi, tout comme sa colère tant la mienne arrive à son apogée. J’ai envie de lui hurler qu’il ne vaut rien, que ce n’est qu’un moins que rien qui s’accroche à des futilités. Qu’il devrait rappeler son autre Brune, sa Bimbo, sa Pute. Qu’il n’a qu’à lui faire des gamins à cette dinde et l’épouser pour aspirer à son poste moisi. Mais je n’ai le temps de rien, seulement de ruminer un peu avant qu’il ne saisisse mes cheveux à m’en faire hurler. De colère, de rage, de douleur, de peur. Il tire beaucoup trop fort, ne me laisse pas le temps de me relever alors que je trébuche encore et encore. Presque à chacun de ses pas.

« Arrête ! Lâche-moi ! TU ME FAIS MAL ! »

Je m’égosille mais il s’en fou. Il ne me regarde pas, semble se concentrer dans une direction qu’il a déterminé d’avance et que je ne connais pas. Mes cris résonnent contre l’écorce des arbres mais ici, il n’y a personne. Personne qui ne me viendra en aide. Encore moins Shane. Alors je réalise que je suis seule face à lui. Lui qui semble pris dans une frénésie dévastatrice. Un coup de folie. J’ai conscience alors qu’il est un danger et que ça peut me couter la vie. Parce que je travaille dans un milieu où des gens meurent à cause de la folie des autres…
La poigne cesse, me propulse à terre. Je tente de me relever immédiatement pour m’échapper, pour trouver de l’aide mais il ne m’en laisse pas le temps. Je me débats, frappe de mes poings, cogne de mes jambes mais il m’écrase de tout son poids à m’en couper le souffle et bientôt je manque d’air. Une faiblesse qui lui permet d’attraper mes poignets et de me maintenir au sol. Les larmes dévastent mon visage mais il s’en fou Luke. Il ne les voit pas.

« S’il te plait, arrête.. » supplie-je sans qu’il ne m’écoute.

Je crois que mes larmes redoublent d’intensité lorsque je comprends la teneur de son plan visant à me violer puis à me tuer. Lui et moi. Lui qui n’est en aucun cas mon amant.

« Non ! NON ! Arrête LUKE ! ARRÊTE ! »

Je me tortille comme un vers pour me sortir de là. Je m’agite, m’épuise alors qu’il me gifle lourdement. Il n’aime pas que je me débatte. Il n’aime pas que je ne veuille pas qu’il me touche, qu’il me caresse. Il me répugne. Il me dégoûte.
Sonnée, j’ai du mal à distinguer ses mouvements. Ca bourdonne et ça siffle dans mes oreilles, des petites tâches apparaissent devant mes yeux.

« S’il te plait attend. Pas comme ça. S’il te plait, je suis désolée. Embrasse-moi. S’il te plait. »

Je parle à sa folie, celle qui domine l’homme. Celle qui le change en monstre. Suspicieux, il s’allonge un peu plus sur moi, happe mes lèvres dans un baiser simple avant que sa langue ne s’invite. Une étreinte que je lui rends avec une passion feinte pour ma simple survie. Mon bras s’étend, cherche sur le sol quelque chose mais il n’y a que des feuilles et des petits cailloux. La peur et la panique s’accrochent à mes tripes quand le baiser se termine. Non ! Non ! Pas maintenant !
Alors mes jambes accrochent sa taille et je le sens sourire contre mes lèvres.

« C’est si bon de te retrouver chérie. »

Je cherche ses baisers, comme une assoiffée chercherait de l’eau en plein désert. Et ma main fouille avec désespoir encore et toujours ce sol. Jusqu’à ce que la pierre râpe mes doigts. Le caillou pas plus gros que ma main est attrapé avant de venir percuter la tempe de celui qui se redresse pour accomplir son vice.
Boum. Ca cogne et il exulte sa douleur entre ses dents. J’en profite pour le repousser, le frapper et m’échapper. Il me fait trébucher en attrapant ma cheville mais mon pied libre lui percute le crâne à plusieurs reprises si bien qu’il lâche son emprise.
Je cours à en perdre mon souffle, je cours sans me retourner. Je cours alors qu’il hurle.

« Je vais te TUER t’entends ? TE TUER SALE PUTE ! »

La maison est juste là, à quelques pas et je me précipite à l’intérieur, tombant sur les premières marches. La porte claque et est verrouillée. Comme une hystérique je me jette sur Shane, lui arrache les écouteurs et l’arrache à son sommeil réparateur.

« LE TÉLÉPHONE !? IL EST Où LE TÉLÉPHONE !? IL VA NOUS TUER ! »


Bam – bam – bam.

« Je vais revenir Amalia. J’te jure que j’vais revenir t’entends ?! »

La vitre de la cuisine se brise à cause d’une pierre qu’il jette sans ménagement, suivi de près par du papier enflammé qu’il vient faire prendre aux rideaux.
Trop occupée à chercher un putain de téléphone je ne m’en rends pas tout de suite compte. Ses pneus glissent sur la terre battue et sa voiture s’éloigne à toute vitesse.

« Je dois trouver ce téléphone. Je dois appeler la police. Juste appeler la police. Je dois leur dire. Je dois leur dire. Ce qu’il m’a fait. Ce qu’il voulait... me faire. Je dois. Je dois. »

En état de choc, mes mains tremblent et mon discours ne semble pas très cohérent surtout lorsqu’il est enrayé par mes pleures incessant que je ne remarque même plus. L’idée se fixe dans ma tête. Celle d’appeler à l’aide.
Shane tente de me raisonner parce que j’ai l’air d’une folle avec mes fringues déchirées, ma poitrine à l’air et mon visage tuméfié. Je ne l’écoute pas. Répète inlassablement que je cherche le téléphone.
Il a pu sentir l’odeur du brûlé et ce n’est pas parce que j’ai foiré mon gratin mais bel et bien parce que les rideaux de la cuisine sont en feu et que les flammes lèchent les murs du chalet. C’est la fumée qui m’alerte mais c’est lui qui empêche qu’il se propage et l’éteint.
Sur le sol, les papiers du divorce réduit en cendres, certain encore incandescent. Et je craque, consciente de tout ce qui vient de se produire.

« Je suis désolée. C’est de ma faute. Il croit que nous sommes amants. Il a dit qu’il vous tuera aussi. Vous ne pouvez pas rester ici. Vous ne pouvez pas rester avec moi. »



C’est finalement Greyson qui a pris en charge l’appel téléphonique à passer pendant que je tentais de retrouver mes esprits. Je n’ai remarqué ma pseudo nudité que lorsqu’il m’a tendu de quoi me couvrir. Je l’ai d’abord enlacé, m’accrochant à son cou en venant enfouir mon visage pour calquer mon rythme cardiaque au sien. Mes lèvres se posent sur sa carotide pour en sentir les pulsations. Parce qu’il est là et que j’en ai besoin. Parce que j’ai eu tellement peur, peur que Luke commette l’irréparable. Qu’il me blesse, qu’il nous tue.

« Merci. »

Merci pour rien, merci pour tout. Merci d’être là, c’est tout.
Après de longues minutes je prends place sur le canapé, une poche de petits pois surgelés sur la joue, je raconte à Shane ce qui s’est passé en attendant que l’un de ses amis nous rejoigne.

« Je ne sais pas ce qu’il lui a pris. Il est devenu complètement… fou. Il n’avait jamais été violent avant. Il tenait un discours invraisemblable comme si j’étais sa chose et qu’il pouvait en disposer comme bon lui semblerait et que s’il ne pouvait pas m’avoir alors personne ne m’aurait… Ca relève de la psychiatrie. »



On frappe à nouveau à la porte et je sursaute dans un mouvement de panique m’accrochant à son bras valide comme l’on s’accrocherait à une bouée en pleine dérive.
Dans mon regard, une interrogation. Tu crois qu’il est revenu ?





_________________

There ain't no contract and I go when I choose to leave. And I don't want that... That's not something that I need. And you know that it takes two. And I don't feel the same as you

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Loup-garou Alpha
Chef de meute

Date d'inscription : 07/03/2017
Messages : 62
Rp postés : 12
Avatar : Chris Hemsworth
Âge du perso : 34 ans
Groupe du perso : Loup-garou ( Alpha, pure race )
Disponibilités : Disponible pour 1-2 sujets, de préférence pour des débuts de liens solides.
Multis : Jasper Rhodes & Chad Parish
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Lun 10 Juil - 17:43

« LE TÉLÉPHONE !? IL EST Où LE TÉLÉPHONE !? IL VA NOUS TUER ! »

Ce n'était pas une bonne façon d'être tiré hors des limbes, mais plutôt que de grogner son mécontentement, l'alpha s'abstient lorsqu'il comprend rapidement que l'instant était bien mal choisi pour faire un caprice. Bondissant hors du fauteuil, sans se soucier de la douleur qui lui ronge les jambes, ses crocs se dévoilent tandis qu'un grondement animal tonne hors de sa gorge. Ses yeux luisant d'un rouge vif dévisagent rapidement la doc' et lorsqu'il comprend ce qu'il voit, la rage lui vrille les tempes. Du verre brisé, les tentures qui s'enflamment, les secondes se précipitent sans lui laisser une chance d'agir. Même s'il est déjà à la moitié du chemin vers la porte de l'entrée, il s'immobilise lorsqu'il entend la voiture du diable décoller en trombe. Même avec la volonté de fer qu'il avait, jamais il ne serait parvenu dans son état à traquer cette raclure assez rapidement pour lui broyer les os. Les mâchoires serrées, il rebrousse le chemin vers la brunette en claudiquant comme un vieux schnock. Il était furieux, non seulement contre l'imbécile qui avait pris la fuite comme un lâche, mais aussi contre lui-même, qui n'avait rien entendu et n'était pas parvenu à la protéger. T'es pas parvenu à protéger ton fils et ta femme... t'arrives à protéger personne. En larmes, tremblante, les vêtements en loques et les cheveux emmêlés, la doc' tournait sur elle-même, à la recherche d'un téléphone. Cette scène était troublante à observer et il se demandait si elle allait s'en remettre. Il ignorait ce qu'il lui avait fait exactement - même s'il se faisait une idée à en voir son haut déchiré -, mais il espérait qu'il ne soit pas allé jusqu'au bout. Elle risque d'en faire des cauchemars longtemps.

« Je dois trouver ce téléphone. Je dois appeler la police. Juste appeler la police. Je dois leur dire. Je dois leur dire. Ce qu’il m’a fait. Ce qu’il voulait... me faire. Je dois. Je dois. »
— Amalia... calmez-vous. Il n'est plus là.

En état de choc. Elle ne semblait rien entendre, les yeux hagards et très confuse. L'alpha soupire sèchement et se déplace au mieux vers les rideaux flamboyants pour les arracher d'un coup sec, les laissant tomber dans l'évier. Il tourne les robinets au maximum pour étouffer les flammes et reviens ensuite se planter devant l'écorchée, le regard contrarié.

« Je suis désolée. C’est de ma faute. Il croit que nous sommes amants. Il a dit qu’il vous tuera aussi. Vous ne pouvez pas rester ici. Vous ne pouvez pas rester avec moi. »
— J'vais rester. Vous oubliez que j'aime vous contredire.

J'vais rester et quand il reviendra... j'vais le tuer.
Ce n'était pas de l'ironie. Il n'éprouvait aucun regret, aucun remords, pour les hommes comme Luke Humbert. La bête allait le déchiqueter et le digérer. Et le lendemain, il allait oublier, comme s'il n'était qu'un sac à ordures qu'il venait de larguer au dépotoir.


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Il avait fait le nécessaire. Téléphoner au poste, expliquer la situation, exigeant que le cas soit prit au sérieux, qu'il était persuadé que ce mierda hijo de puta allait réitérer ses attaques et que cette fois, la doc' risquait d'y passer. Heureusement qu'il avait de bonnes connections au S.P.D et qu'il savait être très convainquant. Les deux enquêteurs sont rapides à se présenter sur les lieux et ils sont efficaces. Ils font preuve de professionnalisme et de délicatesse avec Amalia. Il avait demandé à ce que ce soit Frankie Frazer et Nick Dasilva qui s'occupent de l'affaire, étant tous les deux de bons amis à lui. Il savait Frankie très sensible à ce genre de cas, l'ayant elle-même expérimenté par le passé. C'est dérangeant de savoir que bien des femmes tombent pour des cinglés. Peut-être parce qu'ils étaient assez intelligents pour faire croire qu'ils ne l'étaient pas. Ce qui était encore plus dérangeant, selon lui. L'alpha reste silencieux tout au long du procédé, assit non loin sur un fauteuil, observant du coin de l'œil la doc', un peu inquiet. Pour sa sécurité. Pour son état. Il était contrarié de la voir aussi vulnérable et repliée sur elle-même. Il comprenait, mais de la jauger aussi perdue et blessée, le tiraillait désagréablement. Elle qui n'avait pas sa langue dans sa poche et qui prenait le front depuis des jours avec lui, se retrouvait à jouer la souris, toute petite, recroquevillée dans un coin pour se faire oublier. J'préfère quand t'es chiante et arrogante. Au moins, j'sais comme ça que t'es en pleine forme. Il se demandait pour quelle raison elle l'avait remercié un peu plus tôt, alors qu'elle n'avait aucune raison de le faire. Pendant que tu te faisais agresser, moi, je roupillais dans le foutu salon. Et tu me remercies ?

Après avoir questionné la doc', les deux enquêteurs quittent le chalet, les laissant à nouveau seuls tous les deux. Une fois qu'il a refermé la porte, il retrouve Amalia au salon et reste silencieux un temps, se contentant de la considérer sans rien dire. Finalement, il s'avance en sa direction et s'assoit sur la table basse devant elle, plongeant le cobalt de ses yeux dans les siens.

— Maintenant, vous allez bien m'écouter, doc'., commence-t-il, prenant soin de ne pas être trop autoritaire à sa façon de lui parler. Pour une fois. Retrouver Luke... peut prendre du temps. S'il n'est pas stupide, alors il sait qu'il doit faire profil bas. Il est encore en liberté, en ce moment même, et il peut revenir vous faire des problèmes. Pour votre sécurité, faites-moi plaisir, et prenez congé un temps de votre boulot. Effacez-vous. Vous devez connaître un endroit où vous planquer, là où il ne penserait jamais aller vous trouver. Alors vous y aller et vous y restez, le temps qu'on le coince. J'vais vous laisser mon numéro pour me joindre s'il y a urgence. Peu importe l'heure, n'hésitez pas si vous avez le moindre problème. Si vous avez peur, si vous vous sentez mal... ou si vous avez seulement envie de m'emmerder, pour faire changement., finit-il par dire, un morne rictus au coin des lèvres.

Il soupire lorsqu'il observe son visage dépité et tiré. Il pouvait flairer sa fatigue et sa peur sans même s'acharner. S'inclinant légèrement vers elle, il se saisit de son menton entre son pouce et son index afin de lui faire relever doucement la tête pour qu'elle le regarde droit dans les yeux.

— J'vous promets que ce sera bientôt terminé. J'vais faire mon possible pour qu'ils ne traînent pas au S.P.D. J'suis pas enquêteur, mais je grogne fort. Ils vont m'écouter.

Il espérait avoir raison. Qu'ils le retrouveraient rapidement pour en finir avec cette histoire. Et s'ils le trouvent pas, j'vais le trouver... mais je garantis pas qu'il restera en un morceau. Un con de moins dans la ville, c'était mieux que rien.


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Une semaine s'était écoulée depuis " l'accident ". Shane était de nouveau en pleine forme et avait reprit le service. Il avait gardé contact avec Amalia, du moins, elle lui donnait des nouvelles de temps en temps. Il savait qu'une collègue de l'hôpital l'hébergeait chez elle, jusqu'à ce que la police retrouve son ex mari... qu'on n'avait pas encore retrouvé. Aucune trace de lui. Il n'était pas chez lui, sa voiture était introuvable et après avoir interrogé tout ceux qu'il connaissait, personne ne semblait savoir ce qu'il était advenu de lui. Autrement dit, c'était le silence radio. Et ce silence était bien loin de lui plaire. L'alpha était allé visiter à deux reprises Amalia chez sa bienfaitrice, seulement pour s'assurer qu'elle allait bien et pour lui donner de l'information sur l'enquête. Aux dernières nouvelles, la doc' se portait plutôt bien pour une femme qui avait vécu quelque chose d'aussi marquant. Elle semblait encore nerveuse et était un peu cernée, mais elle était parvenue à lui sourire et à faire de l'humour la dernière fois qu'il l'avait vu. Il considérait que c'était une bonne chose... Aujourd'hui, il avait passé sa journée de congé avec Rowena. Ils s'étaient donnés rendez-vous au domaine Greyson le matin afin de discuter de Victor, un membre de la meute qui causait des problèmes. Après quoi, ils s'étaient fait une bonne bouffe chez lui, avaient discuté un peu, et ça s'était terminé les deux nus... un peu partout dans la baraque. Rien de nouveau. Lui et Rowena étaient amis d'enfance, ils étaient très proches, mais sans plus. Ils passaient du bon temps, c'était tout. Simple, rien de compliquer.

Trois heures du matin. Les deux amants dormaient paisiblement, l'un contre l'autre. Les minutes passent et l'alpha finit par émerger brutalement hors de son sommeil lorsqu'il entend un bruit de verre brisé. D'une poigne solide, il secoue Rowena pour la réveiller.

- Quoi... qu'est-ce... ?
— Quelqu'un est entré dans la baraque. Habille-toi et reste ici.

La belle rousse n'argumente pas tandis que Shane enfile rapidement un pantalon de jogging pour ensuite faire discrètement le tour de la maison, prudent. Il s'immobilise dans le sombre couloir lorsqu'il reconnaît un parfum familier. C'était celui de la doc'. Un peu déconcerté, il reprend son inspection, sur ses gardes, et lorsqu'il arrive au salon, il remarque une silhouette dans l'obscurité. Les sourcils froissés d'incertitude, il actionne la lumière du plafonnier et il la voit... Amalia. Hébété, il la jauge en silence, alors qu'elle est debout, seulement vêtue d'une serviette de bain autour d'elle, les cheveux humides, et le regard vide. Elle fixe un point inexistant, sans bouger, comme si elle était en transe. Ou somnambule. Du sang perle aux jointures de sa main gauche et il se disait qu'elle avait probablement brisé la fenêtre de la porte arrière avec son poing pour la déverrouiller. Il se braque lorsqu'il remarque le couteau de cuisine affuté qu'elle tient dans sa main droite.

- Mon dieu, elle ressemble à... un zombi. Qu'est-ce qui lui prend ?, demande Rowena, se plantant à côté de lui, aussi troublée par la scène.
— J'en sais rien., marmonne-t-il, un peu nerveux.

Lentement, il s'avance en sa direction, prenant soin de ne pas faire de mouvements brusques. Il se disait qu'elle devait être somnambule et qu'elle avait fait le chemin jusqu'à chez lui, sans s'en rendre compte. Toutefois, le couteau à sa main lui laissait se poser bien des questions. Une fois qu'il n'est plus qu'à un mètre de distance, la brunette bouge lentement la lame pour la diriger vers son propre poignet. Tu veux vraiment t'ouvrir les veines chez moi ? Pas question. D'un mouvement vif, il agrippe solidement son bras et lui retire le couteau pour le tendre à la rouquine.

— Amalia ?... Doc' ?... vous m'entendez ?, demande-t-il, d'une voix calme, mais tendue.

Aucune réaction. Son regard terne fixe toujours le néant et elle ne semble pas l'entendre. Elle cille à peine.

- Tu devrais arrêter de fréquenter des femmes aussi bizarres. Ça fait peur.
— Pas le moment.
- J'imagine que je dois partir ?
- Tu veux rester et lui proposer un threesome ?

L'alpha l'enligne d'un regard railleur et la belle grimace en guise de réponse.

- Non merci. Je préfère proposer à quelqu'un de plus expressif. Je te téléphone dans la journée !

Sans un mot de plus, Rowena quitte les lieux, le laissant seul avec la brunette, qui semblait toujours en transe. J'dois faire quoi maintenant ?


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Seulement quelques minutes après le départ de Rowena, la doc' s'était effondrée contre lui et il avait dû la transporter jusqu'à la chambre pour la déposer sur le lit. Cette fois, elle avait dormi paisiblement, comme si rien ne s'était produit un peu plus tôt. Après avoir soigné ses plaies à la main et pansé d'un bandage léger, il avait pris soin de lui enfiler l'un de ses t-shirts, en se disant qu'elle allait déjà être suffisamment sur les nerfs lorsqu'elle allait se réveiller ailleurs que chez Isabelle. En autant que tu te mettes pas à hurler dès que t'ouvres les yeux. Debout à six heures du matin, il avait ramassé les morceaux de verre à la cuisine, en réalisant qu'il avait vu juste pour la porte arrière. Il passe de temps à autre à la chambre afin de s'assurer que la brunette allait toujours bien et qu'il ne lui avait pas repris l'envie de jouer la morte-vivante.

Lorsqu'il réalise qu'elle dort bien, il s'en retourne à la cuisine pour se préparer un bon déjeuner. Il s'agite devant ses poêles d'œufs, de bacon et de patates. À croire qu'il préparait le déjeuné à une colonie alors qu'il allait se goinfrer seul. Vitamines. C'était le prétexte qu'il sortait chaque fois qu'on lui disait qu'il mangeait comme cinq, même s'il se doutait que le bacon n'était pas vraiment... Il cesse subitement de bouger lorsqu'il perçoit du mouvement près de lui.

- Doc'..., dit-il, hésitant quelques secondes, un peu inconfortable à lui voir l'expression sur le visage. - Ça vous arrive souvent d'avoir envie de vous trancher les veines quand vous êtes somnambule ?... vous avez faim ?, finit-il par dire, la spatule dans une main et une poêle dans l'autre.

J'dois lui dire autre chose, à l'exception que j'y suis pour rien si elle n'a pas de sous-vêtements ? Une étape à la fois.



_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Humaine

Date d'inscription : 08/03/2017
Messages : 22
Rp postés : 7
Points-Bonus : 8
Avatar : Natalie Portman Âge du perso : 32
Groupe du perso : Humain
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Dim 6 Aoû - 1:10


Et c’est un cauchemar, un sordide cauchemar. Duquel on ne sait pas si on est encore enfermé à l’intérieur, s’il est réel ou non. Comment tu as pu me faire ça, à moi ? Comment tu as pu lever la main sur moi quand, à un moment de notre vie, je t’ai tout donné. Mon temps, mon affection, ma loyauté et ma putain de fidélité. Comment tu as pu me toucher, de cette horrible manière quand tu sais que j’ai travaillé auprès de ces femmes battues par leur mari ; quand j’ai travaillé auprès de ces femmes violées par un ami, un frère, un père, un inconnu ? Comment tu as pu devenir tout ce que j’exècre en une poignée de secondes ? Parce qu’il ne s’agit plus d’une banale infidélité, il s’agit de toi voulant me blesser, me frapper… me tuer. Et pour quelles raisons ? Parce que je t’ai fait souffrir, parce que tu m’as découvert dans le lit d’un autre. Non. Bien sûr que non. Juste parce que je te rejette. Que mon rejet t’insupporte au point que tu es devenu complètement dingue. Tu as besoin d’un traitement, Luke et aussi d’une jolie chambre capitonnée dans le meilleur hôpital psychiatrique de la ville… Les images sont ressassées et analysées un nombre incalculable de fois. Comme si cela pouvait changer l’issue, comme si j’allais trouver un détail insignifiant qui pourrait excuser ce débordement, cette folie. Comme si tu pouvais être celui que j’ai vraiment aimé, un jour. Parce qu’au-delà de l’acte en lui-même, il y a la prise de conscience. Celle de comprendre que l’on a rien vu, que l’on n’a pas su déceler cette folie qui couvait. Et irrémédiablement je m’en veux. De ne pas avoir su, de ne pas avoir compris à temps pour nous éviter toutes ces choses. J’ai faillis à mon devoir sur tellement de plans. Médical mais pas seulement. J’étais ta femme, officiellement je le suis toujours aux yeux de l’état. Et je n’ai pas vu que tu allais mal, que ton travail consumait ton encéphale. Je n’ai pas vu, non, que l’aliénation te guettait et que bientôt tu n’en serais qu’une proie. Qu’elle te goberait tout entier pour recracher le pire en toi.

L’arrivée de la police n’arrange absolument rien quand je croyais qu’elle serait une issue à ces images qui me tourmentent. Il y a Elle, Frankie. Les cheveux bruns et courts, elle sent l’orange. Je me concentre sur son parfum à mesure que je lui raconte les détails sordides. Ceux que je voudrais oublier, ceux que je prononce dans l’espoir qu’ils disparaissent, qu’ils prennent moins d’importances. J’ai été confronté à ces femmes, un peu perdues, totalement dévastées par ce qui venaient de leurs arriver. J’ai su trouver les mots pour les rassurer en leur servant des théories foireuses, en prétextant qu’elles n’avaient rien à se reprocher, que le problème ce n’était pas elles, non, jamais elles. Mais eux. Mais appliquer ses propres conseils devient difficile lorsqu’il n’y a personne pour les répéter. Être médecin ne dispense pas d’une aide extérieure. Ça n’en rend pas les blessures moins douloureuses, ou les chocs psychologiques moins grands. Et Frankie, elle écoute et elle rassure. De cette voix douce et tendre que je sais que l’on réserve à celles qui ont souffert, celles qui sont encore sous le choc. Je suis sous le choc. Elle prend des notes de la main gauche et balaie une mèche imaginaire derrière son oreille de la main droite. Je me concentre sur les détails insignifiants qu’elle m’offre pour ne pas m’écrouler, sombrer encore et pleurer. Puis il y a Nick, son coéquipier qui parfois pose les questions quand il a l’impression que l’on s’enfonce dans le bourbier. Elle claque la langue, le regard un peu méprisant, l’air de lui dire de fermer sa gueule poliment. Alors Nick, il reste debout, campe sur ses guiboles en un soupir las. L’interrogatoire se termine et ils partent me laissant seule sur le divan à mastiquer la peau de mes ongles. Toc de l’enfance qui revient sans crier gare lorsque le stress est trop intense. Je m’auto-diagnostique alors que Shane les reconduit à la porte. Stress post-traumatique. Flashbacks – blâmes – sursauts et bien d’autres joyeusetés liés à cet évènement marquant et traumatisant. J’expire bruyamment. C’est difficile de devenir son propre patient.

Il revient vers moi, s’installe sur la table basse, face à moi. Mes rétines accrochent les siennes, s’y ancrent comme si elles ne pouvaient ainsi plus jamais dériver. Il parle, donne des consignes qu’il semblerait que je dois suivre. Consignes que je connais déjà pour les avoir formulé mais qui me paraissent irréelles dans l’immédiat. Pourquoi je devrais me cacher quand je n’ai rien à me reprocher. Pourquoi je devrais cesser de faire mon travail, d’aider les autres quand c’est à lui qu’il faudrait retirer tout ça ? On va m’empêcher de vivre, m’enfermer dans une piaule ou dans une baraque. On va me cloitrer pour me protéger de lui sans me protéger de moi-même. Je ne suis pas faite pour rester sagement assise, à attendre. Je connais les cheminements psychologiques pour les avoir étudié. Et cette prison dorée pour m’empêcher de me faire buter, m’enfermera dans une autre, bien moins jolie, terrible, solitaire. Tout ça pendant qu’il gambadera où bon lui semblera. Qu’il pourra aller où il veut sans en être réellement inquiété… Je le vis mal, le vois comme une punition et mon visage s’effrite, se délite à mesure qu’il explique. Ses promesses apaisent tout juste.

J’ai envie de lui dire que c’est ridicule, que je vais retourner au travail dès demain, que j’en ai besoin. Lui dire que Luke n’a pas à régenter ma vie alors même que nous sommes en pleine procédure de divorce. Que c’est totalement insensé de m’enfermer, moi, quand c’est lui qui a toute sa liberté. J’ai envie de lui dire, oui, mais aucun son n’arrive à sortir de mes lèvres tremblantes.
Alors j’acquiesce, hoche du chef à défaut de pouvoir lui dire toutes ces choses qui crèvent dans ma trachée. Et je ferai comme tu as dit. Je me cacherai. Au moins un peu. En attendant que ça se tasse. Parce que je ne suis plus capable de cohérence et que je m’en remets à ton jugement. Parce que le mien semble avoir pris une claque un peu trop forte.

******************

Les jours qui suivent sont difficiles. La raison semble me quitter pendant quelques minutes ou quelques heures. Les nuits sont interminables, terrifiantes et je ne dors pas, ne dors plus vraiment. Arrive ce moment où la peur d’avoir peur s’installe avec en parallèle cette psychose qui darde mon esprit. Toujours sur le qui-vive, incapable de décrocher de cet état d’urgence absolu dans lequel je me trouve. Cernée, épuisée et cassée, il me faudra l’aide d’Isabelle pour commencer à remonter doucement la pente. Les conseils que je connais pourtant si bien, sortent de ses lèvres, ils me bercent et m’apaisent. Elle répète « Tu es la personne la plus forte que je connaisse Amalia. Tu sais mieux que quiconque tout ce que je te dis là mais je sais que tu as besoin de les entendre. Ce n’est pas de ta faute. Tu n’es pas responsable. Son problème relève de la psychiatrie Amalia et tu ne pouvais pas le voir venir, tu sais comme moi que parfois les signes sont indécelables quand le malade à cette intelligence propre. Tous les fous ne portent pas cette appellation sur leur visage. »
Isabelle, elle est là lorsque je me réveille en hurlant. Elle murmure, me tranquillise. Elle a appris à faire moins de bruits, ne pas claquer les portes ou les tiroirs. Elle s’accommode à ce rythme de vie chargé de mimétisme et de routine qu’elle impose. Parce que la routine rassure et apaise.
Il y a Shane qui, un peu penaud même un peu maladroit, est venu deux fois. La première, je n’ai pas su lui parler, trop éreintée et courbaturée par les images et les hématomes. La seconde j’ai su parler un peu et me rappeler à quel point il pouvait être insupportable. Et ça m’a fait sourire, presque rire.

Les antidépresseurs que je refusais ont finalement trouvé le chemin de ma gorge à la suite d’épisodes de cauchemars douloureux et difficiles à supporter. La peur de voir la dépression s’installer et m’empêcher d’exercer, ouais ça me terrifie encore plus que le reste. Qu’il me fasse perdre mes repères et ma vie tout entière. Je vis pour la médecine, pour les petits bobos quotidiens, pour les drames, les urgences, les malades. J’aide, soigne, apaise, conseille. Je suis quelqu’un. Quelqu’un de bien, quelqu’un de grand. Je ne veux pas être personne. J’ai peur d’être personne.
Et il y a ces voix, les murmures que j’entends à m’en rendre dingue. Je me regarde dans le miroir de la salle de bain, une serviette enroulée autour de moi. J’avale deux gélules supplémentaires pour les faire taire quand je vois mon reflet. Les yeux creux et le teint si pâle qu’on dirait que je suis malade. Et l’idée est mauvaise, si mauvaise. Parce que le corps s’éteint, que les yeux se ferment quand mon esprit, lui, divague et cavale dans des recoins jamais explorés. Des cauchemars si réels de cette nuit-là. Et je ne peux pas me réveiller, je hurle, ouais je hurle à m’en déchirer les cordes vocales mais il n’arrête pas, il n’arrête jamais Luke. Sa paume froissant un sein, son souffle qui glisse sur mon visage, je peux en sentir la chaleur et la douleur de sa poigne. Et je gueule des « arrête » des « je t’en supplie » il s’en fout, Luke. Ouais il en a rien à foutre. Pire encore, ça le rend plus fort. Je me brise entre ses doigts, me brise un peu plus lorsqu’il commet l’impensable. Parce qu’ici il n’y a pas de pierre pour le cogner, il n’y a rien que de la terre. De la terre et des feuilles. Il me semble que je n’arrive plus à respirer, le souffle court et les pieds nus, mouillés. Il y a cette maison, mon seul refuge, ma seule échappatoire quand j’entends ses pas derrière moi. Je m’élance sur cette poignée qui me résiste, casse la vitre pour la déverrouiller. Et les murmures encore, les murmures toujours à m’en rendre dingue. J’avance lentement. Ne reconnais pas l’endroit, m’en fous complètement. Il y a ce couteau trouvé dans la cuisine, comme arme. Mais ce rêve ne s’arrête pas quand je voudrais me réveiller. Ce sont les médicaments, ils m’emprisonnent dans ma propre psyché. J’en suis persuadée. Il apparait devant moi, Luke. Et je suis tétanisée. S’il te plait arrête ça, laisse-moi. J’en peux plus. Non, j’en peux plus. Je suis fatiguée de me battre contre toi, chaque nuit, chaque jour. Je suis fatiguée tu comprends ? Je ferme les yeux et inspire. Ce n’est qu’un rêve, je me le répète comme une litanie. Ce n’est qu’un foutu rêve, une image projetée par mon encéphale. Il n’existe pas, rien de tout ceci n’est vrai. Et j’ai plus envie de rêver. J’ai envie… de me réveiller.
Alors lentement, le couteau s’approche de mon poignet avec une lenteur immonde. Est-ce que ça va me faire mal ? Est-ce que je vais mourir pour de vrai ? Est-ce que je suis cinglée ? La lame affutée se pose sur la peau fine et la douleur me frappe, piquante, violente. Les yeux se ferment dans une grimace douloureuse mais quand je les ouvre à nouveau le couteau n’est plus dans ma main, non. Il a disparu. J’halète devant tout ce sang, mon sang, avant de sombrer dans l’inconscience. Pour me réveiller pense-je.



Le réveil est brutal, le buste se redresse à vive allure. La vision est trouble, m’empêche de reconnaître les murs et les meubles d’Isabelle. Je bats des paupières, recouvre la vue quand l’effroi me glace. Je recule et cogne dans la tête de lit, me recroqueville quand je regarde tout autour de moi. Il n’y a rien que je ne reconnaisse, rien, putain, rien. L’angoisse terrible me prend le ventre, me tord les tripes. Et il y a ce t-shirt sur moi, un t-shirt d’homme. Ça me fait paniquer avant que je ne me prenne le visage entre les mains pour tenter de réfléchir comme une personne normale, saine et cohérente. Respire, respire, essaye de te souvenir ce qui s’est passé. Pas le cauchemar mais avant, oui avant. Qu’est ce que j’ai fait de ma journée, qu’est-ce que j’ai bouffé. Des spaghettis bolognaise. Les pâtes étaient trop cuites. Oui, voilà. C’était pas bon et ça nous a fait rigoler avec Isabelle. Puis… la douche et les voix je crois. Ces murmures d’outre-tombe terrifiant, aliénant. Pur produit de mon imagination. Mais après ? Qu’est-ce que j’ai fait, après les pilules ingérées ? Est-ce que je les ai vraiment prise ? Merde.
Et ça me bute de ne pas me souvenir. J’inspecte mon corps, n’y découvre aucune marque, j’inspecte même… Entre mes cuisses. Le choc terrible de n’y trouver aucune lingerie. Qu’est-ce que j’ai fait ? Et… Avec qui ?
Je m’extirpe des draps précautionneusement et je ne les remarque qu’à cet instant, les bandages soigneusement fait à mes mains. Et comme je ne comprends pas, comme je ne sais pas, je m’avance dans cette maison d’un pas lent, d’un pas peu assuré. Les prunelles furètent partout. Cherche des repères. Je ne connais pas cet endroit, je n’y suis jamais venue, j’en suis certaine. Pourtant je trouve le chemin de la cuisine, grâce au bruit que fait la cuisson.
Et je le vois de dos, ne bronche surtout pas quand je le reconnais. Le visage défait, je cherche, je fouille dans cette maudite mémoire des bribes d’hier soir. Il se retourne, ses lèvres s’actionnent mais je n’entends absolument pas ce qu’il dit. J’avance, les mains accrochées à ce t-shirt. Emmerdée, je le suis.

« Est-ce que… Est-ce qu’on a… Je veux dire… Je ne me souviens pas. Je suis désolée. Mais ça devait être bien, enfin, je crois. Je sais pas vraiment. Pardon. Mais… Je ne sais pas comment je suis arrivée ici et je… est-ce que j’ai bu quelque chose… »

S’il tente de s’expliquer, je lève la main, impérieuse pour qu’il la boucle encore un peu pendant que je continue en marmonnant.

« C’est peut-être le mélange d’alcool et des pilules, je ne sais pas, un mauvais mélange qui a fait sauter ma mémoire et… J’ai faim. Ça sent bon. J’ai horriblement faim. Une faim de loup ! » Piaille-je.

Et je m’installe, attrape la poêle que je vide dans la seule assiette disposée là, sur le plan de travail. Et j’avale, mâche à peine. C’est comme si je n’avais pas mangé depuis plusieurs jours. Shane, n’existe pas vraiment pour l’heure. Je rêve peut-être encore mais j’ai faim. Et je ne prends pas la peine d’utiliser une fourchette, me sert de mes doigts qui enfournent et enfournent tour à tour œufs, patates et bacon.

« Hummm ch’est bon ! » commente-je plus pour moi-même.

Mais l’imagine de Shane ne disparait pas de mon champ de vision.

« Merde, c’est réel c’est ça ? Et attend tu m’as pas dit, on a couché ensemble ? Parce que… J’ai plus de culotte et ça… C’est bizarre, non ? »


Et il m’explique Shane, m’explique enfin. Je crois que j’aurai préféré coucher avec toi. Même si t’es chiant, même si t’es relou.



Et on a discuté un peu, c’est vrai. Et j’ai voulu rester avec lui. Le temps de comprendre, pour ne pas être un danger pour Isabelle. Je pensais rêver mais c’était réel, ou tout du moins, ça l’était en partie, pas tout à fait. Je ne sais pas vraiment.
La main se plaque sur sa bouche lui coupant violemment la parole.

« Chut. Chut ! Tu entends ? »

Je me redresse, cherche d’où viennent ces murmures, les griffures. Comment quelque chose, quelqu’un qui gratterait le bois.

« Shane, il y a quelqu’un là, en bas, je l’entends. Je l’entends sous le plancher qui gratte. Tu entends ? »

Mais lui, il entend rien du tout et j’ai l’impression de devenir folle à lier.
Et quelque chose sort de nulle part, le sol s’effondre et en ressort une bête hideuse, un monstre poilu aux crocs acérés. Je reculé et trébuche tout contre lui en hurlant alors que la bête me saute dessus. Et je me débats, je frappe et cogne cette chose qui me mord le bras me faisant pousser des hurlements. J’ai l’impression de crever. Le palpitant cogne tellement fort, je peux l’entendre malgré mes cris, malgré Shane qui beugle des choses incompréhensibles. Mes membres se crispent et la bête frappe ma tête contre le sol, me relâche, s’écarte.
Mais une autre est là, tout près de moi, s’accroche à mes épaules, mes bras en me secouant. Alors je le frappe, retourne toute cette haine contre elle. Elle grogne, gronde, rugit. Et, entre tout ça il y a mon prénom qui file. Brusque retour à la réalité, quand je comprends que mes poings cognent Shane. Je me redresse, me remets sur mes jambes si vite que tout mon corps tangue, vacille.

« Il… il est où ? Le trou. Le trou dans le sol, la bête immonde !? C’est où ? »

Et je m’accroche à son cou, les larmes plein les yeux et la panique vomissant de chacun de mes pores.

« Quelque chose ne va pas, Shane. Quelque chose ne tourne pas rond. Est-ce que j’ai pris quelque chose ? Je ne comprends pas. Je ne peux PAS avoir des hallucinations. Ça ne s’explique pas. Je ne suis pas folle ! Il y avait quelque chose… là… »

Et si le choc avait déclaré une pathologie ? Une maladie, une tumeur peut-être ?

« Il faut que je passe un scanner. C’est là dans ma tête. Il y a quelque chose, j’en suis certaine. »

Et je marmonne encore et toujours, comme si j’étais seule à me parler. C’est ma façon de poser un diagnostic. Je lui tourne le dos, tapote l’index sur mes babines en réfléchissant à voix haute comme je le fais très souvent devant un cas complexe. Sauf que le cas ici, c’est moi.

« Traumatisme crânien possible, état de stress post traumatique qui vire en psychose. Les pensées négatives, les cauchemars à répétitions. Une pathologie ? Dépression à composantes psychotiques ? Psychose organique ? Il faut que je fasse une scintigraphie du cerveau. »


Je me tourne vers lui qui ne doit pas comprendre un seul mot de ce que je raconte.

« Je crois que je suis malade. » ajoute-je en me décomposant.

Et je remarque les griffures à son bras. je crois... je crois que c'est moi.

« Oh mon dieu... C'est moi ? Je suis... désolée. Je vais désinfecter et soigner, tu as une trousse à pharmacie ? »


Je parle vite, m'agite, incapable de tenir en place. Je suis désorientée.




_________________

There ain't no contract and I go when I choose to leave. And I don't want that... That's not something that I need. And you know that it takes two. And I don't feel the same as you

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Loup-garou Alpha
Chef de meute

Date d'inscription : 07/03/2017
Messages : 62
Rp postés : 12
Avatar : Chris Hemsworth
Âge du perso : 34 ans
Groupe du perso : Loup-garou ( Alpha, pure race )
Disponibilités : Disponible pour 1-2 sujets, de préférence pour des débuts de liens solides.
Multis : Jasper Rhodes & Chad Parish
MessageSujet: Re: Au-delà des apparences. Lun 11 Sep - 7:21

Elle parle un peu trop et lorsqu'il tente d'en placer une, elle l'interrompt d'un mouvement de main autoritaire. Froissant les sourcils par agacement, l'alpha retient un grognement et s'impose le silence, songeant qu'elle n'allait probablement rien entendre de ce qu'il allait lui dire. Il la laisse donc marmonner, s'enlignant vers une armoire afin de se saisir d'une tasse. Si j'peux pas parler, ça te dérange si j'mange ? Mais avant même qu'il ne pose sa main sur la poignée, elle lui arrache la poêle des mains, la vide dans l'assiette sur le comptoir... et dévore... SON petit déjeuner. Il hausse un sourcil tandis qu'elle se goinfre avec ses doigts, se demandant si elle prenait la peine de mastiquer avant d'avaler. J'vais bouffer quoi moi, l'assiette ? T'as l'intention de la manger aussi ?

« Hummm ch’est bon ! »
— Tu veux que j'aille te chasser un bison pour le dessert ?, dit-il, platement, croisant les bras sur son poitrail, tout en perdant espoir à l'idée de parvenir à lui dérober ne serait-ce qu'un bout de bacon.
« Merde, c’est réel c’est ça ? Et attend tu m’as pas dit, on a couché ensemble ? Parce que… J’ai plus de culotte et ça… C’est bizarre, non ? »
— Non, moi j'trouve que c'est bien... Una mujer desnuda es incluso mejor... , finit-il par marmonner pour lui-même.

Fallait pas me poser la question. Un rictus railleur tressaille à la commissure de ses lèvres avant qu'il ne reprenne son sérieux afin de lui expliquer en détails la situation... le ventre grondant famine. Il lui fait un bref résumé, se concentrant à la fois à la fabrication d'un sandwich qui ressemble davantage à un sous-marin, qu'il aplatit de sa main pour parvenir à le faire tenir dans l'assiette. Tandis qu'il n'en fait qu'une bouchée - ou presque - il la laisse parler un peu, mastiquant grossièrement, la bouche pleine. J'sais que t'auras pas de problème avec l'image, t'as autant de classe que moi, ça devrait aller. Il termine rapidement et tente de lui dire qu'il allait se charger d'aller chez Isabelle pour lui ramener quelques vêtements, lorsqu'elle plaque brutalement sa main contre ses lèvres pour le faire taire. Ça commence à être une habitude chez toi et j'vais pas te mentir, ça m'énerve un peu., rumine-t-il dans sa tête.

« Chut. Chut ! Tu entends ? »

Il repousse lentement sa main et hausse un sourcil, n'ayant aucune idée à quoi elle faisait allusion.

— Tout ce que j'entends, c'est toi qui parles sans arrêter.
« Shane, il y a quelqu’un là, en bas, je l’entends. Je l’entends sous le plancher qui gratte. Tu entends ? »
— ... J'entends rien et si moi, je l'entends pas... j'me demande comment toi tu peux entendre quelque chose...

Les loups-garous avaient l'ouïe fine, il serait plutôt difficile de passer à côté d'un bruit, surtout si l'on portait particulièrement attention. Mais il n'entendait rien, sinon les pulsations de leur cœur et les bruits normaux que l'on entend dans une maison. J'pense que t'as encore besoin de quelques heures de repos., songe-t-il, juste avant qu'elle devienne... complètement hystérique. Tout à coup, elle prend peur, recule et se percute contre lui, hurlant qu'une bête l'attaquait. Mierda, elle est folle. La chance que j'ai. C'est ce qu'il se disait, puisque visiblement, elle hallucinait. Il n'y avait rien dans cette cuisine, seulement lui et une doc' qui débloque complètement.

— Amalia, y a rien ici !, grogne-t-il, tandis qu'elle panique et se met à le bombarder de coups.

Démente, elle se démène comme une diablesse alors qu'il tente de l'immobiliser. Il voulait éviter de la blesser, mais elle ne lui facilitait pas la tâche à le marteler comme si sa vie en dépendait. L'alpha commence à perdre patience et décide d'oublier les mots pour la raisonner, optant plutôt pour une mesure plus efficace. D'un mouvement vif, il la soulève de terre et la plaque contre le sol, se plaçant sur elle, tentant de se saisir de ses poignets, qui poursuivent à verser sa rage contre son poitrail.

— AMALIA, ÇA SUFFIT !, finit-il par rugir, assez fort pour lui faire vibrer les tympans.

T'arrêtes maintenant sinon c'est moi qui vais devenir fou. Et elle s'arrête, papillonnant des paupières, un semi-retour à la réalité. Elle le repousse et se remet rapidement sur ses pieds, baragouinant à propos d'un trou dans le sol, encore de cette bête... Calmement, il se lève à son tour, la dévisageant silencieusement, sincèrement inquiet malgré les apparences. Elle s'agite, bouge trop, parle trop... tandis que lui reste immobile. Il ne répond pas à sa question, se moquant bien des griffures à son bras, se contentant de la fixer, le faciès très stoïque.

— T'arrêtes de parler et tu m'écoutes.

Sa voix est grave, imposante, presque écrasante. En résumé, il ne lui laissait pas le choix. Soit qu'elle obéissait ou soit qu'il allait s'arranger pour la faire taire. Étonnamment, elle ne dit plus rien. Il la fixe un instant... et hoche lentement la tête.

— Tu vas aller à l'étage, la chambre du fond à gauche, c'est la chambre de Gretchen. Trouve-toi des vêtements. On va à l'hosto. Si tout va bien, j'te ramène chez Isabelle, en cas contraire... on verra., finit-il par dire, évitant de mentionner qu'il doutait qu'elle allait bien et qu'ils allaient probablement lui trouver quelque chose qui ne tournait pas rond.

Il ne la connaissait pas, la doc. Peut-être qu'elle avait des antécédents, des problèmes psychologiques sévères. Si ce n'était pas le cas, alors il se disait que son ex-mari l'avait traumatisée beaucoup plus qu'il ne l'aurait pensé au départ.

— Maintenant. On perd pas de temps.


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Plusieurs heures à attendre... pour rien de concluant. Elle n'avait rien d'anormal. Tout semblait en ordre. Pourtant, y en a un problème. On ne s'imaginait pas des bêtes qui sortaient hors du plancher à chaque deux secondes. Les médecins semblaient croire que c'était le stress et le manque de repos, du moins pour l'instant. Il manquait le résultat de quelques tests, mais ils allaient seulement les avoir en main d'ici un jour ou deux. En attendant... il gare la voiture devant la maison d'Isabelle et coupe le moteur.

— J'vais y aller avec toi.

Il n'avait aucune obligation à le faire et elle ne lui avait rien demandé, mais à en discerner la nervosité sur ses traits, il était facile de comprendre qu'elle n'avait pas spécialement envie d'entrer à l'intérieur sans savoir si Isabelle était présente. Son ex mari était toujours en cavale, normal qu'elle soit craintive. Il hésitait à lui proposer de venir s'installer quelques jours chez lui, en se disant qu'elle allait peut-être se froisser. J'hésite surtout parce que tu vas bouffer tous mes déjeuners. Lentement, les deux s'avancent vers la maisonnée. Une fois devant la porte de l'entrée, Amalia fouille pour trouver ses clefs... et l'alpha éprouve un certain malaise. Il flairait une odeur étrange en provenance de l'intérieur. Il pouvait le sentir jusqu'ici... arôme désagréable de soufre... et de cadavre en putréfaction. Dès qu'elle ouvre la porte, le panorama s'offrant à leur vision n'a rien de rassurant. Tout est chaotique. Des débris de verre et de porcelaine tapissent le sol, des cadres arrachés des murs, les divans renversés, l'écran du téléviseur en morceaux, des coussins vidés de leur rembourrure... on aurait dit qu'un ouragan était passé. Elle s'avance, mais il la retient sèchement par le bras.

— Non, tu restes ici et tu bouges pas.

Elle ouvre sa bouche pour répliquer et avant qu'elle n'expulse quoique ce soit, il plaque une main contre ses lèvres. C'est plaisant ? Retour à l'expéditeur.

— J'ai dit... tu restes ici. Tu bouges pas, tu parles pas. Reste tranquille., dit-il, l'œil sévère.

Il la relâche et entreprend de s'avancer dans le couloir, inspectant chacune des pièces, en silence. Il savait qu'il n'y avait personne... sauf un cadavre, quelque part. Et j'espère que c'est pas ta copine. C'est ce qu'il redoutait et il ne souhaitait pas que la doc découvre le cadavre, sachant qu'elle était déjà suffisamment ébranlée depuis l'épisode de Luke. Il ne restait qu'une pièce dans le couloir, la chambre d'Isabelle. Ça sent mauvais. Au sens littéral du terme. Il pousse légèrement contre la porte, qui s'ouvre en grinçant... et la vision est cauchemardesque. La chambre était un véritable capharnaüm et là, sur le lit... une Isabelle complètement dénudée, le corps lacéré à plusieurs endroits... du sang partout... et un couteau de cuisine logé dans son abdomen, jusqu'à la garde. Le visage tendu, il lève son regard afin de le poser sur le mur du fond, où était inscrit en lettres sanglantes : VENGEANCE.

Il recule et son dos se bute contre Amalia, qui ne l'avait pas écouté. Il grogne, se tournant en sa direction, tentant de lui dissimuler le portrait horripilant derrière lui.

— Je t'avais dit de rester là-bas !, siffle-t-il, furieux qu'elle n'en ait fait qu'à sa tête encore une fois.

Mais il était trop tard... le visage de la brunette blêmit lorsque ses prunelles s'égarent là où elles ne devraient pas. Pourquoi t'écoute jamais rien ?!, s'énerve l'alpha, surtout furieux de la voir aussi... dévastée. Si elle était choquée par les évènements récents, il se demandait maintenant comment elle allait parvenir à tenir le cap... sans perdre complètement la tête. Et il la voit tanguer tandis que ses yeux roulent dans leur orbite. Il réagit instinctivement en la soutenant, alors qu'elle tombe inconsciente dans ses bras. Mierda.


◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆◆


Cette scène, il l'avait déjà vécu, lui aussi. Ce n'était pas la même, mais elle était similaire. Il se souvenait de tous ces corps charcutés, les membres de sa famille brisés, sans vie. Celui de son fils, celui de sa femme... un souvenir qu'il rêverait d'effacer de son encéphale. Un souvenir qui le marquerait le reste de ses jours. La doc devrait supporter le même fardeau, cette image grotesque d'une personne qu'elle chérissait. Elle était inconsciente depuis plusieurs heures. Il avait eu le temps de communiquer avec le SPD pour signaler le meurtre d'Isabelle et de ramener l'inconsciente jusqu'à chez lui. Avant de quitter les lieux macabres, il avait pris soin de faire les bagages d'Amalia, fourrant dans un grand sac vêtements et effets dans la précipitation.

Maintenant, elle reposait dans son lit, et quelque part, il espérait qu'elle dorme encore un moment. Il s'était installé juste à côté, dans un fauteuil, et se contentait de rester là, à l'observer dormir. J'doute que ce soit moi la personne qu'il te faut. Elle n'aurait certainement pas envie de chialer dans ses bras à lui, mais plutôt dans les bras d'une personne qu'elle connaissait un peu mieux. Une heure passe encore... et elle ouvre enfin les yeux. Il se redresse et la dévisage quelques secondes en silence.

— J'suis désolé, doc'..., articule-t-il, un peu chaviré par l'affliction qu'il discernait dans son regard. J'peux faire quelque chose ?... T'as qu'à le dire... Ce que tu veux...


TRADUCTION:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Au-delà des apparences.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Au delà des mots...
» Le Roi au-delà de la mer
» "Vers l'infini et au-delà - Buzz l'Eclair" [Zack Evans/Sunggyu Kim]
» "Regarde au delà de ce que tu vois..."
» Dragons saison 4 : Par delà les rives [Avec spoilers] (2016) DreamWorks

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: . :: Downtown of Salem-
Sauter vers: