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Everybody sins in their own way [PV Ezekiel]

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MessageSujet: Everybody sins in their own way [PV Ezekiel] Dim 12 Mar - 22:24

« Lyana, ce soir tu as ta soirée. Non. C’est ça. Amuse toi bien mais pas d’imprudences, et attention à ce que tu consommes. »

Etienne reposa son téléphone sur sa table de nuit, fixant l’appareil quelques temps, immobile. Perdu dans ses pensées. La nuit était jeune encore mais il était déjà habillé, prêt pour sortir, sans toutefois avoir osé franchir le seuil de sa porte. Ce soir, il y allait. Il n’avait pris qu’une demi poche de sang, de quoi se caler une dent creuse, réchauffée et amenée par Miss Emily directement dans sa chambre. La gouvernante subvenait à ses moindres requêtes sans sourciller, elle se serait sans doute coupée un doigt sans hésitation tellement son envoutement était ancré dans son cortex, mais ça aurait été dommage. Elle était plus utile entière qu’en morceaux.

« Je peux nettoyer votre chambre, monsieur ?
- Oui merci Emily. Fais bien la salle de bain. »

Et profites-en pour te débarrasser du corps qui gonflait déjà, encore immergé dans l’eau froide. Après cet ordre, le vampire se leva, défroissa machinalement sa veste du revers de la main, et sortit, décidé d’honorer enfin cette invitation.

Etienne connaissait bien trajet vers le Pulp'n'Skin, il l’avait fait quelques fois, que ce soit voulu ou non. Trônant en centre ville, le restaurant avait comme voisins à peu près toutes les Places To Be, dont le Red Loundge que le Français connaissait bien. C’était l’établissement de son Sire qui l’avait mené à Salem, à cause de lui qu’il y avait acheté, et fait reconstruire un Manoir à ses goûts et selon ses besoins particuliers, à cause de lui qu’il s’y était fait des connaissances, parfois des amis avec toutes la distance que son caractère et ses sales manies pouvaient amener. Pour lui qu’il se garait devant, confiant ses clefs à un voiturier qu’il ne regarda même pas vraiment.

L’Aston disparut rapidement direction une place de parking ou elle l’attendrait. Etienne se retrouvait seul devant le perron. Enfin, pas vraiment seul, en réalité, il y avait du monde devant le Pulp en ce début de soirée, des mortels mais aussi des créatures de la nuit, d’autres êtres surnaturels. Savaient ils chez qui ils comptaient aller dîner ? Sans doute, oui, sans doute même y allaient ils pour lui.

Le Vampire gravit les quelques marches du perron, et entra à son tour dans l’établissement. Dans la salle de réception du chic le plus étincelant, il repéra deux estrades étroites autour desquelles orbitaient deux maîtres d’hôtel. Les mortels s’occupaient des clients, triant les réservations des resquilleurs, avec politesse et une ferme déférence. Etienne s’approcha d’un d’eux à son tour.

« Bonsoir. J’ai reçu une invitation de la part d’une certaine Sally.
- Bien entendu monsieur. Votre nom je vous prie ? »

L’homme avait répondu avec un profond flegme et un léger accent britannique. Sérieux parceque professionnel, sans doute n’aurait-il même pas rit si Etienne avait répondu s’appeler Mickey Mouse. Quand il lui glissa son nom, le vrai, pas la souris, son interlocuteur haussa un sourcil et eut le réflexe de l’observer plus en détail, apparemment étonné de la personne en face de lui. Savait-il qui était Monsieur De Bercé, par rapport au patron ? Oui, certainement, puisqu’une fois cette seconde de flottement passée, il invita le vampire à le suivre.

S’accrochant aux pas de son guide, Etienne pénétra dans la salle de restauration. Le mélange des odeurs de tous les plats posés sur les tables aux nappes damassées donnait naissance à un florilège gustatif, un met virtuel complexe et coloré qui ne se dégustait qu’avec le nez. Etienne reconnaissait beaucoup de ses composantes, certaines fragrances, rares, lui évoquaient sans aucun doute possible les voyages de sa jeunesse vampirique. Ah, Père et sa si étrange obsession pour la nourriture. Comme certains se damneraient pour la peinture ou la musique, Ezekiel excellait dans cet art dévorant –dans tous les sens du terme.

Pour l’occasion, Etienne s’était vêtu de bleu, une couleur que son Sire lui avait recommandé de porter pour l’accord avec ses yeux de glace, et comme un blason dû à son sang. Etienne était de l’Ancien Monde et d’une famille noble, en mourant et en se réveillant à la nuit, il avait changé de lignée, pour une autre tout aussi prestigieuse, fils de Sanguisuga. Sa chemise et son costume étaient de la même teinte de bleu foncé et ses chaussures en cuir italien noir. Il n’avait cependant pas poussé le détail jusqu’à porter une trop stricte cravate, il préférait avoir la gorge libre, c’en était fini pour lui des cols lourds et enchâssés du XVIIIème siècle.

Le maître d’hôtel ne lui offrit pas de place dans la salle principale, mais fit avancer le vampire jusqu’à une autre pièce, plus petite, et nettement moins peuplée. L’ambiance était plus intime, plus sombre, et les tables plus espacées. Son guide lui indiqua un table, attendit qu'il s'y asseye, et lui proposa un drink pour patienter, offre qu’Etienne refusa. Le valet s’éclipsa ensuite, précisant qu’il allait prévenir Monsieur Von Loth de sa présence.

Bien… Combien de temps cela allait-il prendre ? Peut-être aurait-il dû accepter le verre. Ou boire plus d’une demie poche au réveil. Il ne voulait pas faire de faux pas, surtout ici, d’autant plus que dans la salle il n’y avait pas que des immortels, il entendait des cœurs battre non loin qui étaient bien vivants. Quel mélange hétéroclite, et pourtant tout le monde était rassemblé sous le toit d’Ezekiel pour le plaisir des sens. Etienne se redressa plusieurs fois sur sa chaise pourtant confortable. De son index, il longeait la lame du couteau posé devant lui, geste machinal et assez contrôlé pour qu’aucune goutte de sang n’en perle.

Il était nerveux, bien entendu, qui ne le serait pas ? Il ne savait pas comment son Sire allait se comporter, comment il allait réagir au retour de ce fils qui l’avait purement et simplement laissé en plan, un soir d’hiver en Russie il y avait fort fort longtemps. Mais cette sensation qui formait un nœud d'epines au creux de son ventre était (comme souvent pour Etienne) une douleur agréable. Au moins il était toujours capable de ressentir quelquechose que ce soit bon ou pas, et cette constatation suffisait à le satisfaire.

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Sanguisuga
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MessageSujet: Re: Everybody sins in their own way [PV Ezekiel] Mar 21 Mar - 11:27







le retour du fils prodigue


Qui d'entre vous n'a jamais eut la sensation d'avoir été trahis par une personne à qui vous aviez tout donné?... Qui ne se sera jamais dit qu'il aurait alors mieux valu égorger tout une paroisse de nécessiteux plutôt que d'avoir ouvert son église à si ingrat pèlerin? ... Qui  n'en aura jamais éprouvé le cruel crève-coeur -oui même un être en étant aussi dépourvu que je puisse l'être l'aura senti se recroquevillant plus encore-  le poussant aux confins d'une colère aussi froide qu'elle glace aujourd'hui encore votre poitrine et votre esprit ...

Il m'échu cette dramatique constatation le soir où je fus contraint de laisser derrière moi mon infant en terre Russe. Ce ne fut pas faute d'avoir mis en garde ce jeune vampire et de lui avoir clairement signifié l'interdiction de retourner fricoter avec cette ribaude lécheuse de plaies ... Mais il faut croire que l'indigence et l'insouciance de l'enfance poussent les esprit les plus facétieusement sombres à suivre leur propre chemin et ce  loin des routes de la raison...

Mais qu'importe, le temps passa et j'eu fort à faire de mon coté. L'Amérique , prodigieuse terre d'opportunités et de tentations  ravissantes m'octroya des conjonctures économiques et sociales que je ne pouvais ignorer. Salem fut alors - et est aujourd'hui encore- un lieu d'assouvissement particulièrement adapté. Ainsi dus-je remiser dans un coin de mon esprit la frustration de savoir l'héritier de ma chair et de mon sang parti je ne sais où pour probablement frayer avec je ne sais qui ...

Mais alors que j'étais accaparé par l'agitation habile de la dorure rissolée d'une pièce de veau (authentique) niché dans son cocon d'échalotes roses, d'ail et d'aromates destinés au dressage d'un Osso bucco commandé en table 12 de la grande salle. Je vis arriver dans la cuisine l'un de mes maîtres d'hôtel. Fait rarissime que je ne manquai pas d’accueillir d'un froncement de sourcil traduisant une légère contrariété. Et pour cause, si l'un de ces deux-là faisait irruption  dans l'univers sélectif et restrictif de ma cuisine, c'est qu'un événement impromptu l'y poussait. La dernière fois que j'eu cette surprise, ce fut pour apprendre qu'un car de touristes israéliens insistait pour avoir une table, sans avoir évidement fait de réservation ... ce genre de nouvelle m'exaspérait au plus haut point et je congédiai l'employé sans ménagement l'engageant à faire son travail en se débarrassant de cette troupe de "Sougnaïot" inopportuns.

supposant qu'il allait m'annoncer une fadaise de ce genre, je relevai donc juste un instant mon regard sur lui alors qu'il attendait patiemment que je l'autorise à m'interrompre:

"Que se passe-t-il ?"
"Un certain "monsieur de Bercé" ayant une réservation au nom de votre secrétaire vient d'arriver. Je me suis permis de le faire patienter dans la salle secondaire ..."

Ma main serrant la queue de la sauteuse que j'agitai marqua un temps d'arrêt qui ne dura qu'une demi-seconde avant de reprendre son indispensable gigue culinaire. Mes yeux eux avaient déjà quitté le maître d'hôtel et c'est en contemplant la progression de la cuisson du jarret de veau que je lui répondis d'une voix détachée et calme:

"Je ne suis pas disponible pour le moment. Il va devoir attendre que le rush soit passé ... qu'il patiente donc un siècle s'il le faut"  grondais-je en relançant aussitôt une pression collégiale sur ma brigade qui s'affairait aux divers cuissons des plats commandés
"On ne se laisse pas dépasser par le temps ,on le maîtrise et on le dirige ... surveiller moi ces légumes! s'ils dorent trop le caramélisé finira rance! vous gardez à l'oeil vos sauces, et vous activez vous avec les desserts! rien n'est pire qu'un sabayon plâtreux!!"

la réponse collégiale se fit entendre de six voix unies en une seule

"Oui chef!"
tandis que je me remettais à l'ouvrage, le maître d’hôtel acquiesça et tourna finalement les talons mais avant qu'il ne passe la porte je l'interpellai pour lui préciser:

"Envoyez moi en cuisine l'un des serveurs dans dix minutes ... j'ai une idée pour rendre éloquente l'attente de ce cher Etienne ..."
"Bien Monsieur"

le laps de temps indiqué s'écoula et le serveur vint prendre sur la serviette blanche qui protégeait sa main l'assiette d'anguille farcie que j'eu spécialement préparé pour mon Infant. Si ce brave Etienne n'avait rien perdu de la célérité intellectuelle que je lui connaissais, il verrait dans l'évocation de ce plat le sous entendu d'un Sire déplorant que son Infant lui ai filé entre les doigts telle une fuyante anguille ... et tout ça pour la triste nécessité de farcir une sinistre dinde ...

J'ajoutai néanmoins l'ironie d'un commentaire que le serveur allait devoir glisser au destinataire du plat au moment de le lui présenter.

"Avec les compliments du chef ..."



***


Une heure passa et les plats succédèrent aux commandes dans un train d'enfer.La clientèle avait eut excellent appétit et le chiffre d'affaire du jour serait tout aussi gourmand à n'en point douter. Il devait encore rester une petite dizaine de tables à servir et je considérai que mon équipe pouvait s'en charger  sans éprouver trop de difficulté. Je pouvais donc enfin disposer d'un moment de répit et rejoindre la salle m'attendait surement encore mon Infant.

loin de me précipiter, puisqu'après plus de cent ans d'absence, quelques minutes de plus ne changeraient guère la charge émotionnelle qu'imposerait de telles retrouvailles, je pris le temps d'ôter mon tablier de cuisine  pour passer ma veste et ajuster mon allure au pli prêt.

Puis enfin disposer a retrouver mon héritier, je traversai la grande salle laissant dans mon sillage la solennité flegmatique naturelle qu'imposait mon charisme. Mon état mental était posé et serein, loin de toute animosité mais irradiant d'une satisfaction perverse que j'allai enfin assouvir l'accomplissement d'une petite vengeance personnelle sur l'être qui me "blessa" le plus profondément étant également celui qui comptait le plus à mes yeux ... la ferveur cruelle d'un amour filiale aussi bafoué que passionné.

C'est dans un mutisme parfait que je fis mon entrée. Laissant à mon jouisseur d'infant la responsabilité de formuler en premier ses dociles salutations respectueuses ... ainsi l'avais-je éduqué à savoir se comporter envers celui qui avait fait de lui l'être éternellement supérieur qu'il était et serait en comparaison du reste de l'humanité.


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MessageSujet: Re: Everybody sins in their own way [PV Ezekiel] Lun 10 Avr - 20:04

« Monsieur Von Loth vous demande de patienter. Il est actuellement indisponible. »

Le maître d’hôtel, toujours aussi chic et plein de réserve, avait déclamé calmement ces quelques mots avant de prendre congé, ne laissant au vampire pas le soin de répliquer à cette sentence. De toute façon, qu’aurait-il pu avoir à répondre ? Lissant la nappe du plat de la main, il continua ensuite à jouer avec son couteau, le regard planté dans le vide, d’abord, puis furtivement posé sur chaque convive autour de lui, ensuite. Et merde. Que faisait-il là ? Le message de la dite-Sally avait dit qu’il pouvait passer n’importe quand… Mais il aurait peut-être dû choisir la fin du service. Il avait voulu être ponctuel, mais cette idée n’était pas la meilleure apparemment.

Etienne s’était déjà imaginé la scène, dix fois, vingt fois, cent fois. Parmi tous les scénarii qui s’étaient proposés à lui s’étalait un immense éventail de possibilités, des plus agréables aux plus douloureuses, des plus calmes aux plus violentes, mais l’attente… L’attente était sans doute la pire. Pire que le courroux de son aîné. Surtout qu’Ezekiel était la patience même, et savait que son infant en était l’antithèse. Le Français dépassait peut être les trois siècles, il n’aimait toujours pas traiter le temps qui passe par-dessus la jambe. Loin de vivre à cent à l’heure pourtant, il aimait juste être occupé à des choses intéressantes… Et clairement se faire chier devant des assiettes vides, c’était pas son programme favori. En cette occasion surtout, parcequ’il ne savait pas comment il allait « être mangé », après.

Ce fut avec une petite surprise qu’il vit cependant une autre personne s’approcher de lui, quelques minutes plus tard. Il n’avait rien commandé… Et se doutait que ce plat ne lui venait de personne d’autre que son Sire. Peut être parcequ’il en avait déjà assez joui du temps de sa vie, à la cour et par la suite, vampire, avec Ezekiel, Etienne n’était pas un fervent admirateur de la nourriture mortelle. Il pouvait l’avaler, là n’était pas la question, il ne risquait pas d’en mourir, loin de là, mais la plupart du temps les senteurs lui suffisaient à en apprécier le goût, et il réservait son appétit pour des curées plus bestiales. Comme dans toutes les bonnes maisons, le serveur lui déclama l’intitulé du plat en déposant l’assiette, en rajoutant « Avec les compliments du chef ». Le vampire tourna son regard vers lui quelques secondes, cherchant à lire une quelconque ironie ou moquerie, une quelconque malice, mais non, le mortel était sincère dans la transmission du message. Il recula tout de même avec un certain malaise, sans doute peu enjoué d’avoir à faire l’intermédiaire et qu’on le fixe ainsi, laissant le Français seul face à son plat.

Ezekiel avait cuisiné pour lui. Le Chef, de qui d’autre pouvait il s’agir, et de plus, l’Infant reconnaissait une certaine patte, même si les années avaient rajouté d’innombrables nuances. Certains utilisent le langage des fleurs pour faire passer des messages, son Sire lui, faisait la même chose avec la nourriture. Pourquoi pas dirions-nous. L’anguille n’était pas un plat très commun, Etienne le vit comme un reproche. Oui, il était parti, il s’était échappé, comme l’anguille sylphide qui se faufile entre les mailles du filet. Il était parti parceque c’est la nature même des « enfants » de prendre leur indépendance, et d’une façon ou d’une autre de décevoir leurs « parents ». Le caïnite fixait son plat depuis plusieurs minutes, l’air perplexe, quand il se décida à prendre enfin ses couverts. Est-ce qu’Ezekiel lui en voulait assez pour avoir été capable de verser quelque ingrédient dangereux dans la préparation ? Il hésita quelques secondes, analysant le fumet. Si lui avait donné souvent des nouvelles, étalant ses pensées, son état d’esprit, se dévoilant sur le papier à son créateur, lui n’avait eu aucun retour. Et si c’était une haine profonde qui avait poussé Ezekiel à inviter son rejeton dans un piège ? Il n’y croyait pas, mais pourquoi prendre un tel risque ? Encore quelques hésitations. Qu’on l’observe ou pas, qu’importe, Etienne ne s’en inquiétait pas. Il jaugeait stoïquement son assiette, et puis finit par prendre le risque.

Les conventions de la cour de France avec son étiquette si alambiquée restaient dans sa mémoire. Lorsque le serveur vint débarrasser, ses couverts étaient rangés bien parallèles. Il lui commanda de quoi boire, histoire de passer le temps plus que pour passer le goût de ce qu’il avait avalé. Même si ces saveurs ne lui étaient plus tellement habituelles, il fallait reconnaître au Maître qu’il savait user de son art. Au moins cet intermède gustatif avait permis au temps de passer un peu, mais combien faudrait-il encore de minutes ou d’heures à patienter sur cette chaise avait qu’Ezekiel se présente ? Il y avait tellement d’autres tables à servir. Pour tuer son ennui, Etienne jouait avec son verre de vin, qu’il faisait re-remplir de temps en temps, et il observait également les autres convives, observait leurs visages, leurs gestes, écoutait leurs paroles, pour en connaître plus sur la vie de ces inconnus qu’il aurait vite oubliés. Les minutes s’égrenaient, et Etienne se sentait perdre de plus en plus patience. Le regard sur les aiguilles de sa montre, il s’était fixé une limite, au-delà de laquelle il se lèverait et s’en irait, tant pis pour les retrouvailles. Même si ce geste aurait été un affront.

Sans doute le destin avait il eu vent de l’ultimatum, puisqu’alors que quelques degrés séparaient encore la grande aiguille de l’angle fatidique, Ezekiel fit son apparition. A cette seule vue l’Infant sentit le poids de la force paternelle l’écraser et l’étouffer, comme une chape en béton l’emprisonnant dans une crypte minuscule. Il dû reprendre son souffle au bout de quelques secondes, mimique du vivant qui fit redescendre une partie de cette pression. Son Sire n’avait pas changé, comment l’aurait il pu ? Il s’était juste adapté à la mode vestimentaire moderne, tiré à quatre épingles, comme on pouvait l’attendre de lui, dans un complet veston chic, sans doute du sur-mesure. Le Sanguisuga était CHEZ lui et traversa la salle sans précipitation, avec un flegme presque britannique, s’approchant de son fils. Toujours muet et aussi inflexible qu’un roc, le Chef s’arrêta à sa hauteur. Etienne s’était déjà levé, et il lui offrit un salut en inclinant légèrement le haut du buste, geste de cour millimétré marquant son respect envers son aïeul. Une fois relevé, il ouvrit enfin la bouche.

« Je suis, Père, enchanté de vous revoir. »

Tellement formel. Mais la formalité dessinait un cadre qui lui permettait de contenir ses pensées les plus volatiles.

« Merci pour ce repas. Délicieux, bien entendu. Et pour la métaphore également. »

Comment allez vous ? Et les affaires ? Tout ça… Tout ça aurait fait trop. Toujours debout, Etienne attendait un geste du maître des lieux. Il savait qu’ils étaient tous les deux observés, et que son attitude, bien qu’assez policée, était clairement celle de celui qui se soumet. Avec n’importe qui d’autre, ça aurait été différent, avec n’importe qui d’autre, il aurait cherché à s’imposer, ou du moins à imposer avec force son libre arbitre. Pas avec Ezekiel, et surtout pas un jour comme celui là.

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Sanguisuga
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MessageSujet: Re: Everybody sins in their own way [PV Ezekiel] Mar 25 Avr - 17:15







la vie est un choix ...




"Avec les compliments du chef ..."



C'est d'un visage stoïque et détaché mais néanmoins attentif que j'accueillie le salut incliné de mon héritier. Je constatai par la même qu'il n'avait pas oublié d'être l'éternel jeune homme aux bonnes manières que j'avais si bien connu durant tant d'années.

Le revoir ainsi se conformer aux us et coutumes des personnes de bonne éducation ravivait  en moi le piquant affront qu'il eut la bétise de m'imposer par cette fuite au temps jadis. Mais  le voir ainsi réveillait également en moi la nostalgie du temps formidable où nous jouissions de la "vie de château" aux dépends des têtes couronnées qui nous flattaient de leurs invitations.

« Je suis, Père, enchanté de vous revoir. »

Je laissais alors la commissure d'un zygomatique s'élever tant réentendre le mot père prononcé par cette voix intime irisait un je ne sais quoi d'une fierté malsaine et ancienne. Le souvenir de sa mise le soir où s'échappa de ma gouverne tranchait vraisemblablement d'avec la tenue qu'il portait présentement. J'en étais pour ma propre considération que les temps n'avait pas épargner le raffinement des toilettes d'Antan et que bien qu'il soit tout a fait "charmant" dans son accoutrement moderne, sa livret d'alors lui allait bien mieux à mon sens. Devais-je supposer que je m'étais moi même éloigné de cette subtilité vestimentaire avec le temps et que les aléas de la mode aient eu d'aussi redoutables conséquences sur mes propres toilettes ... Mais enfin là n'était pas après tout la teneur du propos.

Je lui répondis donc avec cette pondération vocale qui fut toujours la mienne.

"Bonsoir Etienne, je suis également fort aise d'enfin te revoir"

Je n'avais pas spécialement insisté sur le mot "enfin" même si son utilisation était déjà en soit une mise à l'index de l'impatience qui caractérisa cette attente qui dura il fait bien le reconnaître ... plus d'un siècle.  Quand il poursuivi  j'accompagnai ses mots d'un haussement de sourcils attentif  au mouvement de ses lèvres, aux frémissements les plus imperceptibles des muscles de son doux visage. Ah diantre que cette frimousse avait du en faire couiner de douleur depuis le temps...  et pas l'ombre d'un délabrement, pas l'once d'une ridule .. avouez que cela à tout de même du bon de ne point vieillir lorsque l'on dispose d'un minois flatteur comme le sien .. oui  cela aussi compta dans le choix que je fis en le privilégiant d'une destinée de Vampire ... il était déjà si beau .. la mort éternelle avait et rend aujourd'hui encore hommage à cette enveloppe. Oui j'admirais mon oeuvre en quelques sortes ...  

« Merci pour ce repas. Délicieux, bien entendu. Et pour la métaphore également. »

J'inclinais la tête en une révérence du visage, les yeux mi-clos, comme pour remercier d'une humble amabilité l'appréciation qu'il faisait du met que je lui avais concocté pour lui. Et comme escompté je fus ravie de constater qu'il  n'avait non plus oublié de savoir lire les sous-entendus que je lui avait glissé grâce à cette anguille.

Etienne était bien le digne légataire de ma propension à user d'une subtilité saugrenue et alambiquée. J'ose croire alors que le goût de la "bonne chair" n'est pas le seul aspect de mon héritage qui lui échut. Ce raffinement sémantique en faisant indubitablement partie.

J'avais donc cette saveur grisante qui m'envahissait l'esprit ... un mélange détonnant  d'une colère ancienne, d'une rage aux parfums de félonie filiale et du soulagement d'un père constatant que sa progéniture est aujourd'hui
encore telle qu'il l'a toujours connu.

Certes les nombreuses lettres que j'avais reçu de mon infant m'avaient tenu au fait de ses tribulations et je lui en étais sincèrement gré. Cela avait sauvegardé un lien d’allégeance auquel j'attachais une grande importance bien que je ne pu - faute d'adresse de retour - lui retourner par mes propres mots écrits. Mais enfin ... puisqu'il étais là face à moi, nul besoin de faire dans l'épistolaire.

Je reprenais l'avancée de ma démarche lente et posée, passant à ses cotés et déposant calmement la froideur d'une main ferme mais tranquille sur son épaule, l'invitant à me suivre par ce simple et silencieux geste, dans un endroit où nous serions parfaitement libres de converser sans retenue ni sans fard.

il eut été parfaitement possible de converser mentalement et ainsi à discredito des quidams qui nous entouraient. Mais apres tant d'années à avoir mentalisé tout ce que j'avais à lui dire .. que cela soit de l'ordre de la confidence  autant que de celui du reproche, me taire et "penser" une fois encore  m'eut été insupportable.

Ainsi le guidai-je mon infant, les mains jointes dans le dos, la mine fermée et l'air pensif. Et pour cause , j'avais "une petite surprise" sous le coude et j'y menai mon Etienne dans le plus grand secret.

Nous quittâmes la salle où il m'avait attendu et nous entrâmes dans les "entrailles" du Pulp'n'Skin, un sanctuaire dont j'étais encore le seul a avoir l’accès. Nul autre que moi avant ce jour n'y était entré vivant sans en ressortir exsangue ...

un couloir sombre, quelques marche une porte de métal calfeutré et insonorisée plus tard, nous pénétrâmes une cellule où était attachée dans la pénombre une silhouette féminine.

Une femme que mon infant connaissait parfaitement. Mais que je ne connaissait que depuis quelques semaines moi-même.

Comment arriva-t-elle ici bas? comment se retrouva t'elle  ainsi enchaînée nue sur une croix de Saint -André et bâillonnée dans le noir avec ses propres sous-vêtements? cela je vous le raconterai peut être un autre jour mais pour l'heure ce qui était intéressant c'est de constater la réaction de mon infant en découvrant l'identité de cette jeune humaine ...

"Mon cher Etienne, je ne te présente pas je crois que tu connais déjà ..."  je cherchais une poignée de seconde le prénom de cette dinde ..  il était si insignifiant pour moi que j'avais toutes les difficultés a m'en souvenir "umh .. ah oui .. Daniela !!.."  achevai-je d'un sourire sadique en posant les yeux sur mon fuyard d'héritier.

Alors que je marchais  l'air de rien et dans la même posture "professorale", les mains paisiblement jointes dans le dos, je m'approchai de l'humaine qui se mit a gémir et respirer de terreur en reconnaissant le son de mes pas .. elle non plus n'avait pas besoin que je fasse les présentation .. elle savait très bien qui j'était et ce dont j'étais capable, pour en avoir cruellement fait l'expérience pendant plusieurs semaines déjà.

Une onde dorée s'échappa d'entre ses cuisses et coula piteusement jusqu'au sol à ses pieds. son regard affolé ne savait plus s'il devait me regarder pour voir ce que je lui réservais, ou s'il devait se détourner pour fuir tant faire se peut, l'inéluctable cruauté de son destin entre mes mains ...

"Vois tu mon infant j'en connais une qui est aussi impatiente de te revoir que je l'ai été pendant de nombreuses années .. mais tu le devines pour d'autres raisons. Et tout comme elle c'est  avec "la mort dans l'âme" que je dus me faire une raison. Tu n'étais pas là!"

Je passais le revers de mes doigts sur la joue suante de frayeur en observant les réactions de mon "fils"

"mais la question qu'elle se pose alors et que je me pose également  c'est .. "est il déjà trop tard pour revoir le Bel Etienne?" ...

La manigance  était ficelée et j'attendais mon infant au virage ... il m'avait abandonné il y a plus d'un siècle pour une chienne sans valeur comme celle-ci ... allait il aujourd'hui encore écouter la bêtise crasse qui lui poussait entre les cuisses à chaque fois qu'une putain levait la patte ?


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