Partagez|

Under my skin

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Sorcière de la Terre
avatar

Date d'inscription : 02/01/2017
Messages : 101
Rp postés : 10
Points-Bonus : 89
Avatar : Margot Robbie *.*
Âge du perso : 30 ans
Groupe du perso : Sorcière
Liens infos : Fiche ~ Liens ~ liste des RP
MessageSujet: Under my skin Mer 11 Jan - 15:29

Under my skin...

You can talk with the devil




Au commencement… Il y avait Amélia Craven

Je n’ai pas eu la chance de mourir d’une belle mort, à un âge avancé, après avoir vécu une multitude d’aventures. Je suis morte de la main de celui qui m'obsédait, de celui que j’aimais, de celui qui n’a pas su voir que j’étais la seule et unique femme qui aurait dû compter dans sa vie. Ma mort fut aussi rapide que tragique, une volée de couteaux dans le corps, voilà, fin de l’histoire. Je ne suis pas certaine que quelqu’un ait pleuré ma mort, il faut dire que je n’ai jamais été du genre à me faire des amis ou à créer des liens avec les autres et j’ai encore moins été proche de ma famille. Je recherchais le pouvoir et plus précisément les hommes de pouvoir. Il avait donc tout pour me plaire, j’étais prête à tout pour l’avoir, même à me faire passer pour une vulgaire catin pour qu’il me choisisse, moi plutôt qu’une autre. Mais avant de l’aborder dans ce bordel, j’ai dû le suivre, connaître ses habitudes, savoir ce qui lui plaisait, le type de femmes vers qui il allait.

Quand je veux, j’obtiens. Ça a toujours été comme ça et je voyais bien ce mode de vie me mener loin, peut-être même jusqu'à goûter à l’éternité qui coule dans les veines des Inferis. Je me berçais d’illusion, croyant que la baise d’un soir, serait celle d’une vie sans fin. Une seule erreur, celle d’avoir été trop gourmande, d’avoir mal manœuvré pour le retirer des griffes de sa famille trop encombrante. J’ai cru y arriver, j’ai échoué lamentablement. Ses sœurs. Leur lien tortueux, incestueux même. Il y avait déjà les liens du sang, ils y ont ajouté le sexe, cette perversion a eu pour effet de rendre ce lien indestructible. Mes manigances, mes paroles envenimées, sa colère que j’ai attisée, rien n’y faisait. A bout de patience et d’idées, j’ai eu la bêtise de croire en mon pouvoir, à ce qu’il m’avait inculqué dans sa grande bonté, en ma chance aussi. Ce grimoire était pour moi la clé, la solution idéale pour mettre un terme à mes ennuis, je pensais réussir à l’avoir pour moi seule. La jalousie m’a perdue, mon amour complément aveugle ne m’a pas permis de voir clair dans son jeu.

La mort aurait visiblement été trop douce pour moi, il a estimé que je méritais plus, quel homme charmant et attentionné. J'ai eu le droit, que dis-je, l’honneur immense de devenir un putain d’âme errante en enfer! Je n’ai même pas eu le droit de disparaître, de n’être qu’un souvenir, de ne plus exister. Il m’a fait payer mon affront, ma folie, mon amour sans limite pour lui. Il a du bien prendre son pied en faisant voler ces couteaux. J’ai bien tenté de lever un bouclier, il fut une bien maigre protection. Une seconde ou deux avant que je ne meurs. Le premier m’a transpercé le cœur, ironique non? Il a brisé en premier le seul organe capable de sentiments positif, la seule partie de mon corps pas encore voilé de noirceur. En enfer, il ne faut pas avoir d’état d’âme, errer n’est pas de tout repos, l'épuisement. Il faut encore se battre pour ne pas devenir une de ces choses sans vie, sans but, sans personnalité. Je ne suis plus qu’une âme, je demeure malgré tout Amélia Craven. Garce, froide, calculatrice, méthodique. J’ai donc pris mes marques sur ce nouvel échiquier avec de nouveaux pions et de nouvelles règles…

Et aujourd'hui… Il y a Jennifer Ellis.

Elle pense s’endormir comme quasiment chaque soirs depuis son arrivée à Salem, son retour plutôt. C’est dans ces moments de sommeil que je prends sa place. Il m’a fallu du temps pour m’adapter à ce pseudo retour à la vie. Je me suis bien fait baiser sur ce coup, je pensais avoir négocié comme il fallait pour revenir pleinement et non dans ce corps, partageant cet esprit et ces sentiments que je me refusais d’avoir. Je ne suis qu’une visiteuse et je ne suis jamais en sommeil par contre. Je vois, j’entends, je touche et ressent ce qu’elle vit, dans les moindres détails. Le grand cornu aime bien s’amuser et je suis devenu sa petite distraction en fin compte. Je me dois de lui livrer des âmes mais l’arme qui me permet de le faire n’est pas en ma possession. Manipulateur jusqu’au bout, mais grand seigneur, il me laisse un peu de temps pour m’adapter à cette nouvelle vie, à la modernité, à ce corps. A quoi lui servirait un pantin s’il est désarticulé. Par chance, j’apprends vite, je suis une fine observatrice. Je peux apprendre même quand je ne suis pas aux commandes du corps, j’ai au moins ce privilège. Aux premières loges pour découvrir tout ce qui a changé, la communication, les transports, les armes, les relations, l’habillement, la nourriture… C’est fou.

Toujours est-il qu’après quelques semaines d’adaptations à ma nouvelle “vie”, j’ai eu un message avec les indications pour trouver la fameuse dague de la Faucheuse. Il fallait la retrouver dans une vieille crypte datant de la création du cimetière de Salem, charmant, en même temps le grand cornu n’allait pas me dire qu’elle se trouvait sous un arc-en-ciel. J’avais donc enquêté, trouvé la personne qui me faudrait pour cette mission sans doute périlleuse. Il ne devait rien m’arriver, le grand cornu avait lié mon âme à celle de l’amour de ma vie, je n’avais pas la moindre envie qu’il découvre notre lien en flottant auprès de moi en enfer. Il me fallait donc un homme de main au cas où les choses tourneraient mal… Et elle tourneraient mal. Je soupçonne que cette crypte ne me livrera pas la Faucheuse sur un plateau d’argent avec une coupe de champagne. Comme j’ai peu de temps pour agir, j’ai tout planifié, mon contact me rejoindra au cimetière, les termes de notre accord seront discuté sur place. J’ai pas le temps de me faire chier à discutailler, s’il faut je passerais aux menaces, je suis douée pour ça.

Je croise mon reflet dans le miroir, ce qu’il me renvoie me rappelle que je ne suis plus moi. Que je suis elle malgré les efforts que je peux faire pour penser le contraire. Elle est blonde, j’étais brunes, cheveux courts, les miens très longs, sa poitrine est plus avantageuse que le mienne l’était. Les différences sont minimes, son accent russe en est la plus notable entre nous deux et quoique son côté très “humaine” n’était pas présent chez moi. Je retire son t-shirt long qu’elle enfile une fois dans sa chambre d'hôtel, je me mets plus à mon aise dans une tenue sombre et sobre. J’ai été maligne, j’ai pris la chambre voisine pour y mettre mes affaires, histoire de ne pas la rendre plus dingue qu’elle ne se sent déjà. Le réceptionniste n’a pas tout compris quand j’ai pris la seconde chambre, mais quelques billets de plus l’ont contenté. Vêtements, argent, téléphone portable, armes, grimoires, j’ai essayer de retrouver un maximum d’ouvrages et de regrouper tout ce que je pouvais dans cette petite chambre. Il m’arrive pourtant d'annoter son grimoire, elle manque terriblement d’inspiration et d’un mentor. Je sais pertinemment que ces petits détails lui encombrent l’esprit mais, il faut bien qu’elle se renforce si elle veut retrouver sa foutue sœur.

C’est vêtue d’un pull long, d’un pantalon en cuir et de longues bottes noires que je quitte la chambre. Je ne perds pas un instant, j’ai commandé un taxi alors que je m'habillais, je sais qu’il sera là une fois devant l’hôtel. Je n’ai que peu de temps devant moi et il faut que je garde un créneau pour une douche avant de me glisser sous les draps, une nuit blanche de temps en temps pour Jen’ ne la tuera pas, il faut juste que je gère mes sorties pour ne pas qu’on finisse par tomber raide morte. Le trajet n’est pas long, je préfère optimiser le peu de temps que j’ai en prenant les transports. Cinq minutes plus tard, je paye le chauffeur avant d’entrer dans le cimetière. Un grognement quitte mes lèvres, il pleut. Pas une grosse pluie battante, non une pluie fine et froide qui semble coller sur mes cheveux et ma peau, je déteste ça. Toujours en pestant contre ce que je ne peux changer, j’enfile ma veste, remonte le col et me dirige vers notre point de rencontre, non loin de la crypte. Je trouve un arbre sous lequel m’abriter. En attendant le fameux Jake Rhode, je vérifie que les deux dagues à mes bottes sont bien en place, pour tuer le temps, j’exerce mon pouvoir, j’ai toujours le sentiment d’être rouillée malgré ces quelques mois de résurrection. Juste quelques incantations simples, rapide, loin de moi l’envie de m’épuiser. Dix minutes d’avances, il n’a pas intérêt à être en retard. A cette pensée, je fronce les sourcils et perd la maîtrise de la structure de pierre instable que je maintenais en place. Ces dernières s’effondrent sur le sol boueux en m’éclaboussant.

- Putain de merde….

Sa tenue (à peu près ^^):
 


_________________


Dernière édition par Jennifer Ellis le Mar 27 Juin - 0:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— ADMINISTRATEUR —
Chasseur de l'Elit Daemonia
avatar

Date d'inscription : 23/03/2016
Messages : 6899
Rp postés : 218
Points-Bonus : 182
Avatar : Tom "Fuckyeah" Hardy
Âge du perso : 36 / 310 ans
Groupe du perso : Elit Daemonia - Ancienne école
MessageSujet: Re: Under my skin Dim 15 Jan - 19:36



UNDER MY SKIN
feat. Amélia
" Putain de merde….
- Dommage. C'était... des jolies chaussures... " résonne une voix bien trop neutre pour que le sarcasme soit facilement détectable.

Il balance une carcasse tout près d'elle. Un cadavre humanoïde au dos recourbé, à la silhouette filiforme et décharnée. La peau brunâtre est depuis longtemps rongée par la mort, plusieurs couches de derme se détachent en lambeaux de chairs à l'odeur nauséabonde. Une créature aux membres longs et musculeux, aux larges griffes acérées. Les parties molles de son anatomie sont depuis longtemps putréfiées, laissant apparaître des organes jadis utiles, des bouts d'intestins qui ont tendance à rester accrochés aux branches et à se dérouler comme des belles guirlandes. Difficile de savoir si la chose a souffert avant de mourir, vu les traits de son visage tirés par la colère persistante, ses deux yeux entièrement noirs et sa bouche ouverte qui ne contient que des dents pointues recouvertes des restes de leurs repas avariés. Une écorchure de cette chose agressive qui traine dans les cimetières suffit à infecter la peau des vivants, des infections qui peuvent empoisonner le sang si les blessures ne sont pas traitées rapidement. Une goule, en somme, un nécrophage mangeur de dépouilles. Et comme elles se déplacent rarement seules, la soirée promettait d'être festive. La carcasse s'effondre dans la boue, projetant une bouillie de sang, d'eau stagnante et de fluides gastriques hautement acides sans oublier de répandre son odeur qui saute au nez pour lui casser la gueule... Faut dire que la donzelle avait déjà un peu souillé ses vêtements sur le sol boueux alors inutile de lui faire les gros yeux. Le chasseur s'immobilise, vêtu d'une armure modernisée barbouillée d'une giclée de sang, faite de cuir noir, l'épée recouverte d'hémoglobine tirée devant lui comme une extension de son bras droit. Les orbes sévères du tueur de monstres détaillent sa cliente un moment, sans gêne, sans un mot. Belle armure... une armure de tissu un peu trop légère pour un endroit comme celui-ci. Faut dire qu'il s'attendait un peu à rencontrer une donzelle dans son genre, juste par le sillon fin de l'encre qu'elle avait tracé de ses doigts en écrivant l'heure et l'endroit sur un bout de papier. Ce serait dommage d'abimer une si jolie gueule. Mais bon, se fier aux apparences faisait pas partie de ses habitudes. Il finit par articuler après quelques secondes d'un silence pesant.

" Rhodes. " mais faut pas être un détective privé pour le deviner " La moitié maintenant. Le reste quand on sera sorti. " parce que les clients qui s'échappent des structures de pierre sur le bout des pieds ont tendance à mourir durant l'expédition. Bien indépendamment de sa volonté et de ses compétences. Et pas être payé, c'est une chose qu'il apprécie pas particulièrement surtout quand il doit jouer les garde du corps.

Une fois les détails de l'entente réglés, il s'avance vers l'entrée d'une vieille crypte, un peu en retrait dans les boisés qui entourent la chapelle. Un vestige figé dans le temps dont plus personne semble se soucier depuis des décennies. Le grillage est rouillé, la végétation a depuis longtemps rongé les engrenages. Jake ne s'interroge pas à savoir à qui appartient ce tombeau, si il s'agit de la famille de la donzelle ou si ils sont en droit de se trouver là. Il attend qu'elle tire une clé ou une formule magique qui déverrouillera l'entrée. Son regard froncé vers le cimeterre cherche des mouvements rapides et sournois, d'autres goules qui pourraient décider de les prendre pour cible. Mais tout ce qui parvient à ses sens, ce sont les grognements impatients de la donzelle qui s'affaire contre la porte en perdant patience. Le chasseur finit par se lasser, il empoigne le pommeau de sa lame pour venir taper violemment dans les gonds, faisant hurler le métal. Un bon coup de pied dans le battant et la grille cède. Il rengaine son épée pour venir enlacer ses doigts au métal et tirer sèchement. Ça craque, ça grince, ça couine. Un dernier coup de pied et la voie est ouverte. Il fait un signe de la main en hochant la tête. C'est comme ça qu'on ouvre une porte. La galanterie et les bonnes manières exigeraient que les femmes passent d'abord, mais le chasseur n'attend rien et s'engouffre avant elle. Parce qu'il a rien d'un prince charming et qu'elle l'a pas engagé pour qu'il décime tout ce qui mérite de l'être, pas pour boire le thé au clair de lune.

Un couloir aux pierres gravées s'allonge devant eux, plongé dans l'obscurité. Les prunelles pairs du tueur de monstres s'adaptent rapidement à cette pénombre pour lui permettre de se mouvoir sans difficulté. Il enjambe les débris précautionneusement, prenant soin de détecter si des pièges magiques ou non ont été installé. À première vue, cette crypte n'a absolument rien de particulier. Sa main vient rejoindre la garde de sa lame qu'il fait tinter en la sortant de son fourreau. Juste l'odeur de viande pourrie lui indique la présence de nécrophages. Le manche pivote entre ses doigts, la lame fend l'air avant de s'allonger devant lui, en position défensive. Alors qu'il atteignent l'antre, Jake jette un regard par dessus son épaule, poussant la donzelle contre le mur avant de lui intimer le silence, en posant un doigt près de ses propres lèvres. Chut. Il attend... que les bruits s'intensifient et se clarifient. Des grognements, des bruits de déglutition, de la chair mastiquée, déchiquetée et dument avalée. Quelque chose se tape un petit festin ici-bas, quelque chose qui n'attend forcément pas d'invités et qui aura certainement pas envie de partager. Jake allonge le regard prudemment pour analyser la situation et jauger l'ennemi. Trois goules besognent un cadavre à gauche, près d'une immense sculpture. Difficile de déterminer de la nature du cadavre dévoré sous cet angle vu l'étendue des dégâts, quoiqu'il en soit ce festin a attiré les charognards jusqu'ici et ils ne sont pas passés par l'entrée puisque la grille était fermée depuis des lustres. C'est qu'une autre passage menant à la crypte doit se trouver plus loin en amont. Génial.

Le chasseur ramène son attention une seconde sur la donzelle, plantant ses deux orbes dans les siens en espérant qu'elle décrypte dans son expression qu'il valait mieux pour elle de ne surtout pas bouger de là. Deux prunelles luisantes d'une excitation difficile à dissimuler qui la quitte pour se jeter sur les nécrophages. Jake s'élance, dans un enchainement de mouvements parfaitement calculés. Le premier coup tranche la tête de la goule la plus près, sans qu'elle ne l'ait détecté. Sa botte s'enfonce dans l'abdomen de la seconde goule, écrasant les organes à moitié dévoilé de ses chairs presque translucides, l'envoyant valser le temps d'enfoncer son épée au travers de la gueule de la troisième. Un dernier coup et le corps de la dernière goule est fendu en deux, d'un mouvement de lame transversale. Par précaution, il vient écraser la tête d'un coup de talon qui lui éclate un orbe globuleux et qui étend une partie de sa cervelle au sol. Pour ce qu'il en reste. Jake redresse la tête, dévisageant toujours cette antre qui l'entoure, n'y trouvant plus d'âme qui vive. La dernière goule allait crier, pour donner l'alarme. C'est que ses copines doivent pas être loin. Le chasseur esquisse le couloir où se trouve la donzelle du regard, lui faisant signe indirectement que la voie est libre. Il vient s'accroupir près du cadavre qui a servi de buffet à volonté pour nécrophages. Ses yeux le détaille sans que le dégoût ne se perche sur ses traits naturellement stoïques. Pas de dégoût, juste le soucis de la vérité. Difficile de savoir si les blessures sont post-mortem... les nécrophages n'aiment pas la viande fraiche, mais ça ne les empêche pas de tuer et d'attendre que la chair refroidisse un peu. D'après ses lambeaux de vêtements et ses bottes... un homme... Hanches fines, mâchoire large. Peut-être 35 ans, sa peau semblait lisse. Les doigts du chasseur viennent détacher une amulette du corps en charpie. Un babiole en argent qu'il tourne entre ses doigts. Il tâche d'enlever le sang en le balayant du pouce, de sa main gantée.

" ...une tête de serpent. Peut-être un ordre de sorciers. Ça m'dit rien. "

Il finit par se redresser pour la tendre à la donzelle.

" Il aurait du engager un chasseur... ça lui aurait évité de finir en steak haché. ... mais c'est bon pour toi, j'imagine. "

Parce que visiblement, vous cherchez la même chose...




_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sorcière de la Terre
avatar

Date d'inscription : 02/01/2017
Messages : 101
Rp postés : 10
Points-Bonus : 89
Avatar : Margot Robbie *.*
Âge du perso : 30 ans
Groupe du perso : Sorcière
Liens infos : Fiche ~ Liens ~ liste des RP
MessageSujet: Re: Under my skin Lun 23 Jan - 22:36

Under my skin...

You can talk with the devil



Lancer un sortilège, user de la magie au quotidien demande un minimum de concentration, surtout quand on est pas dans son corps d’origine. Je ne l’ai même pas entendu approcher, le danger est omniprésent dès qu’on quitte la ville et je n’ai pas entendu ses pas approcher. Grave erreur. Je me dois d’être plus vigilante. Je perds la notion de sa fer dans cette époque qui n’est pas la mienne je me laisse absorber par le bruit ambiant des voitures, des conversations téléphoniques, de la musique qui hurle des enceintes. Tout est si différent, la violence n’est plus la même, les moeurs ont terriblement changé et je me dois de m’habituer rapidement pour ne pas crever la gueule ouverte une fois encore. J’ai un objectif, un seul en cet instant. Retrouver la Faucheuse pour conserver ce corps. Step by step. Je ne réfléchis pas à demain, je n’échafaude pas de plan, je n’ai pas encore les armes pour lutter avec ma survie Car oui il est question de survie pour le moment. Sans la dague je n’ai pas raison d’être. J’ai passé un deal, je me dois de le respecter. Je ne me suis pas fait chier à parlementer avec le grand cornu pour foirer la première et cruciale étape de notre accord.

Le deal est “simple”, aussi simple que cela peut l’être quand on veut quitter l’enfer où un Inferis vous a enfermé. Mon âme et celle de Nath’ sont liées, impossible de me faire sortir de ce corps sans que lui ne fasse de même et en contreparties, je lui livre un paquet d’âmes grâce à sa dague qu’il se gardait sous le coude pour ce genre de demande. Je n’ai pas d’état d’âme, tuer n’est pas un problème pour moi tant que j’ai ce que je désire. Le revoir, lui prouver qu’il avait tort en préférant sa famille à moi. Que moi j’ai le couilles pour devenir une grande et puissante sorcière s’il daigne me regarder plutôt que de croire que je ne suis que la catin qu’il a baisé il y a si longtemps maintenant. Si je le voulais lui plutôt qu’un autre c’était pour l’aura qu’il dégageait, cette force, cette volonté qui émanait de lui était si désirable que je me devais de tout faire pour l’approcher.

Mais revenons au présent à cette carcasse informe qui semble se décomposer sous la fine pluie. L’odeur nauséabonde qui s’en dégage me fait froncer les sourcils et le nez. Voilà ce qui se cache dans l’obscurité, ces bêtes dans âmes échappées du tréfonds des Enfers pour tourmenter les pauvres bipèdes que nous sommes. L’homme, le chasseur qui se tient non loin de moi est tendu, prêt à l’attaque si un autre animal se décide à venir voir qui sent si bon dans ce cimetière désert. Je serre le poing, pestant une nouvelle fois, en russe, merci Jen pour tes origines. L’odeur, la crasse sur mes bottes, la pluie, tout est réuni pour une quête merdique, il ne manquerait plus qu’on se fasse attaquer dans la crypte et la soirée sera au comble du romantisme. L’homme est taillé dans le marbre, on est si différents. Lui c’est les muscles, moi la tête. Loin de moi l’idée de penser qu’il est bête mais, je ne l’ai pas besoin qu’il vienne résoudre une énigme mais plutôt qu’il m’aide à sortir de ce trou à rats sans égratignures. Je lui liée à Nath’ et je ne souhaite pas qu’il le découvre de cette manière.

- Amélia Craven.

Présentation inutile, il faut bien une entrée en matière. Qui viendrait sur ces tombes d’un autre âge pour pleurer un défunt? Je le detail comme il le fait lui aussi, jayge la personne qui va m’accompagner ce soir, me servir de garde du corps. Son armure et son arme portent les stigmates de son combat récent. Je ne l’ai pas rencontré avant ce soir, juste sa voix au téléphone, j’ai fait parvenir une note pour lui donner la date, l’heure et le lieu du rendez-vous, une fois encore mon temps est compté et extrêmement  précieux. D’un signe de tête, j’approuve les termes, lui lance le premier versement avant de me diriger vers entrée de la crypte, contournant soigneusement le reste de sa première rencontre de la soirée. Devant la grille d’un autre âge, s’inspire profondément, recherche dans ma mémoire de quoi ouvrir les lourdes chaînes, celle qui j’habite n’est pas du genre à crocheter des serrures, il faut que je cherche plus loin encore. Visiblement, je prends trop de temps, Jake se charge de faire crier le métal déjà bien amoché. Je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel. C’est pas comme ça qu’on va pouvoir entrer dans cette crypte sans attirer de nouveaux ennemis. Il pénètre dans la noirceur de la tombe, je reste en arrière un instant, prononce quelques mots et la pierre vient remplacer la grille. Personne ne pourra nous suivre comme ça. Et en cas de danger, un mot fera disparaître cette barrière.

Mon regard s’habitue rapidement à la noirceur de l’endroit. Mon odorat décèle une note de putréfaction, nous ne sommes donc pas seuls et l’entrée que j’ai condamnée n’est pas le seul point d’accès, il faut être vigilant. À la posture adoptée par le chasseur, je comprends que lui aussi sait. J’étouffe un léger soupir quand il me repousse contre le mur, j’acquiesce, pas un son ne quittera mes lèvres le temps qu’il fasse place nette. J’observe, analyse, jauge. Il est le garde du corps parfait. Efficace, son arme fait partie intégrante de son corps, il n’y a pas le moindre ralentissement dans ses gestes. Les ennemis ne résistent pas bien longtemps, l’odeur nauséabonde devient plus forte maintenant que leurs fluides se dépendent sur la pierre poussiéreuse. Je croise à nouveau son regard, l’animal s’apaise quelque peu, reste malgré tout toujours aux aguets. Le bruit de mes bottes empli la pièce principale, suivi par un gargouillis. Le chasseur inspecte le corps à moitié dévoré, je suis ravie d’échapper à cette inspection. Je prends le médaillon qu’il me tend, souriant.

- Je ne savais pas que je n'étais pas la seule sur ce coup… C'est con pour lui mais bon pour moi tu as raison sur ce point.

Maintenant, reste à savoir où est la Faucheuse. L’insigne du médaillon ne me dit rien, il faut avouer que je ne suis plus sur terre, je n’ai plus beaucoup de contact avec cette époque, je dois me refaire un réseau. Je glisse le médaillon dans ma poche, je ferais des recherches plus tard. Je contourne le chasseur, pour m’accroupir devant la tombe en plein centre de la pièce. Bien évidemment le grand cornu ne m’a pas donné la solution, il devait certainement vouloir un serviteur digne de ce nom. Pas un ersatz d’âme damnée en quête d’un peu de reconnaissance. Je ferme les yeux un instant, prononce quelques mots et les pierres entourant la sépulture s’illuminent d’une lumière douce. J’ai beau m’être habituée à la noirceur du lieu, c’est plus difficile de lire les inscriptions à demi effacées.

Soudain, un bruit se fait entendre. Le chasseur est en alerte, je me redresse, d’un geste ferme de la main la lumière disparait pour nous replonger dans le noir total. Une nouvelle fois nous ne sommes pas seuls. Le cadavre et les restes des charognes a fini par attirer de nouveaux prédateurs. Et la manière douce de Jake pour ouvrir la porte ne doit pas avoir aidé à cette intrusion. Les bruits de pas approchent, ils sont plusieurs, cette fois, je ne reste pas en retrait. Les affronter ne m’effraie pas, j’ai avec mou un bon chasseur, il faut juste qu’ils restent à distance. Les choses se passent rapidement, le groupe de prédateur entre dans la pièce en face de nous, un sourire se dessine sur mes lèvres alors que je fais sortir du sol des stalacmites acérés qui en cloue deux sur place dans des hurlements de douleur. Je les achève avec des stalagmites qui font l’effet d’une mâchoire. Leur corps éclate, sous la pression, des restes puant se répandent autour d’eux alors que deux autres nécrophages fondent sur nous. Je recule d’un bond, laissant la place au chasseur plus à l’aise au combat rapproché. Cette fois je ne suis pas épargnée par les éclaboussures de… De fluides.

- J’suis bonne pour tout balancer… Cette odeur ne partira jamais. J’espère avoir la paix maintenant, j’ai pas de temps à perdre.

D’un claquement de doigts la lumière revient, je formule à voix basse les incantations inscritent, la dague n’est pas ici, il va falloir que l’on s’enfonce plus loin dans la crypte. Sur cette tombe, il y a juste de quoi déverrouiller une porte dérobée et si je comprends bien, je vais devoir payer de mon sang si je ne veux pas déclencher des pièges...



_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— ADMINISTRATEUR —
Chasseur de l'Elit Daemonia
avatar

Date d'inscription : 23/03/2016
Messages : 6899
Rp postés : 218
Points-Bonus : 182
Avatar : Tom "Fuckyeah" Hardy
Âge du perso : 36 / 310 ans
Groupe du perso : Elit Daemonia - Ancienne école
MessageSujet: Re: Under my skin Sam 8 Avr - 16:10



UNDER MY SKIN
feat. Amélia
Le grincement strident des griffes qui écorchent la pierre renait en échos. Et les grognements trahissent plusieurs individus affamés et carnassiers. Un autre groupe d'au moins trois nécrophages se ramène par l'entrée entrainant avec eux l'odeur de la mort agressive, celle qui s'accroche aux chairs et qui lacère. Si la donzelle lui fait une démonstration de ses p'tits talents de perlimpinpin, elle lui laisse gérer les immondices qui bondissent maladroitement vers eux en évitant les cadavres de leurs congénères empalés sur les stalagmites. La lame fend les organes putrides, elle s'enfonce dans les corps morts comme un couteau chaud dans le beurre. Le chasseur sent les griffes tester le dos de son armure, s'attaquer à son abdomen. Il doit anticiper et esquiver, d'un mouvement d'épaule, d'un pivot sur lui-même, d'une danse qu'il contrôle du bout de l'épée. C'est un autre carnage qui se termine comme une orgie. Tous, couverts de fluides corporels, le souffle haletant.

" J’suis bonne pour tout balancer… Cette odeur ne partira jamais. J’espère avoir la paix maintenant, j’ai pas de temps à perdre. "

Jake redresse son visage maculé de sang vers la sorcière, les sourcils froncés. Ses mâchoires se serrent un moment avant que ses lèvres ne s’entrouvrent pour articuler une réplique. lentement.

" ...hm... c'est mieux que ton parfum trop sucré à leur goût. Puer la mort, ce sera une de tes meilleures défenses, utilise la intelligemment et gâche pas ton camouflage... ça te sera utile... " conclut le chasseur en s'approchant de la tombe. Un outil aux contours marqués se distingue du reste des fresques. Jake lève le regard et longe le mur de ses orbes sévères. Trouver la porte dérobée n'est pas tellement compliqué vu la forme particulière de l'outil. C'est presque trop facile.

D'un mouvement sec, il retient la belle dans son mouvement, lui interdisant de saisir l'outil qu'elle avait aussi détecté. Le chasseur plisse un œil, en reniflant furtivement l'air.

" Non. ... J'vais le faire... "

Pas un ordre. Ni une menace. Plus une mise en garde, bien que son ton ne permette pas vraiment d'en faire la nuance. Lentement, ses doigts gantés se faufilent sous l'outil qu'il tire vers lui. Il doit le zigouner d'un mouvement violent pour le décoincé de là. Saloperie. Clé en main, il s'avance vers le mur, cherchant autour de lui des dispositifs visibles qui auraient pu être piégés. Encore une fois, rien à l'horizon. Un bref regard par dessus son épaule puis il enfonce l'outil dans la cavité où il s'emboîte parfaitement. Un déclic, furtif... puis le mur se détache de son socle pour laisser apparaître une cavité dans un nuage poussiéreux. Pas le temps de lever la main pour relâcher l'outil que quelque chose s'enfonce, traversant le gant et la main du chasseur. Une pointe sournoise de métal rouillé qui lui arrache un soupire plaintif. Sa paume est perforée, bord en bord. Un juron se casse la gueule contre ses dents serrées alors qu'il retire sa main dans un schhlick sanglant. Il ressert lentement les doigts contre sa paume avant de secouer la main. L'air se vide sèchement de ses poumons lorsqu'il renifle les très délicats fumets d'un poison. Le chasseur fait un signe de tête, invitant la donzelle à se faufiler dans cette nouvel abysse qui s'ouvre devant eux puisque la voie est libre. Pour ce qui est du sang qui macule sa main blessée... hm... Trop facile, hein... fuck...

" ...C'est rien. On y va. "

Les chasseurs sont immunisés aux poisons, c'est pour cette raison principalement qu'il avait insisté pour déverrouiller l'accès. Parce qu'il comptait sur sa régénération pour le préserver quoiqu'il arrive. Il prend une seconde pour avaler le contenu d'une fiole qui devrait donner un boost à son système alors qu'il progresse dans le tunnel sombre qui empeste l'humidité.

L'épée toujours tirée, Jake progresse auprès de la sorcière sans un mot. Si l'intoxication devait rapidement être éliminé par le corps du chasseur, la douleur se fait de plus en plus mordante dans le creux de sa main perforée. Des sons naissent dans les profondeurs, comme des échos sournois de voix décharnées. Sa vision se trouble par moments et son corps est soulevé par un étrange frisson, pourtant, son armure est suffocante tant la chaleur le dévore de l'intérieur. Le poison s'attaque à ses organes, à sa cervelle. Il tente de garder toute sa contenance mais il est loin d'être aux aguets, complètement déstabilisé par ce mal qui persiste et commence à avoir du mal à cacher son malaise.

*" shhhhchouuu aaaa aaa chhhhiiii tout aaaaaa fonnddd chiiiiii aaaaaa shiii "*

Jake s'arrête, plaquant son épaule contre la paroi pour s'aider à marcher, aspirant l'air à plein poumons.

" Il faut continuer... " qu'il marmonne parce que la donzelle commence à s'inquiéter.

Ce serait con de payer un chasseur qui crève après trois quart d'heure, pas vrai... Il passe le revers de sa main contre son front couvert de sueurs pour faire taire ses voix qui n'existent qu'entre ses deux oreilles. La douleur de sa main ne s'engourdit pas, en fait, il ne s'habitue pas à cette infection suintante qui grimpe maintenant le long de son poignet. Ce... n'était... pas... un... poison... ordinaire...

Le chasseur se redresse, maintenant debout dans une autre salle. La sorcière bouge mais il ne la voit plus. Qu'importe ce qui l'intéresse ici, ce qu'elle y a trouvé... L'obscurité danse tout autour de lui, s'amuse et se moque. Les rires raisonnent dans sa caboche perturbée. Sa gorge se serre, l'air entre difficilement jusqu'à ses poumons. Un geignement, puis un cri à demi-étouffé, il frappe de son épée un ennemi aux contours flous. Un humanoïde qu'il croit présent mais qui ne l'est sans doute pas. wtf...

Il arrache le gant de sa main, sa main noircie qu'il dévisage avec dégoût. Ses tissus presque morts... comme... ceux... d'une goule...


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sorcière de la Terre
avatar

Date d'inscription : 02/01/2017
Messages : 101
Rp postés : 10
Points-Bonus : 89
Avatar : Margot Robbie *.*
Âge du perso : 30 ans
Groupe du perso : Sorcière
Liens infos : Fiche ~ Liens ~ liste des RP
MessageSujet: Re: Under my skin Mar 25 Avr - 15:40

Under my skin...

You can talk with the devil



Cet endroit me déplaît au plus haut point. Glauque, sombre, nauséabond, dégoûtant. Mais s’il faut passer par là pour rester sur cette terre, même si c’est dans ce corps qui n’est pas le mien, je l’accepte, sans vraiment avoir d’autre choix que d’être là. Ce maigre combat excite mes sens, mes envies de sang, de mort. J’ai toujours eu un penchant pour le morbide, tuer n’a jamais été un soucis pour moi pour arriver à mes fins. Acquérir plus de pouvoir, connaitre de nouvelles incantation ne se fait pas en payant ou en faisant amis-amis avec des sorciers aussi puissants soient-il. Il faut parfois se salir les mains, empoisonner, charmer, détruire, torturer pour cela. Il semblerait que pour certaines personnes nous soyons le sexe faible, quelle bonne blague, bien des hommes me sont inférieurs et pour le moment, j’estime que le chasseur s’approche d’être mon égal. Un duo parfait pour cette mission vitale pour moi. Je suis celle qui attaque à distance et lui danse avec sa lame face à ces êtres peu intelligents. Ils tentent de mordre alors qu’il est tel une tortue dans sa carapace de métal. Les fluides giclent tout autour de lui, m’éclaboussant au passage m’arrachant un rictus de dégoût. Voilà pourquoi je préfère la distance, moins salissant. Sa réponse me fait lever les yeux au plafond.

- Tu es là pour garantir que je sorte de cette crypte en vie… Mais je ne comptais pas me dévêtir entièrement ici… Je ne suis pas si sotte que ça.

Ma voix est froide malgré le léger sourire qui flotte sur mes lèvres. Il est certain que le parfum de la mort est bien plus adéquate que celui de mon gel douche ou de mon shampooing mais je n’avais pas pour projet de me rouler dans la carcasse encore fumante d’un charognard avant de venir ici. Il me rejoint près de la tombe qui est de nouveau illuminée par mes soins, tous deux regardons le paysage de pierres glaciales qui nous entoure, inutile de parler, il est intelligent et a remarqué par où nous allons devoir nous enfoncer plus loin dans la crypte. Si tout va bien, il n’y aura uniquement des pièges et non des ennemis de l’autre côté de la porte. Il retient ma main alors que j’allais me saisir de l’objet à qui j’allais devoir donner mon sang pour progresser. Un froncement de sourcil, sans pour autant aller contre son intention de le faire à ma place.

- Tu as le goût du risque Rhodes…

Un rire léger filtre d’entre mes lèvres, j’admire l’initiative, on en voit plus beaucoup de hommes chevaleresques. Par contre, ni lui ni moi ne savons ce qui va se produire au moment d'enclencher le verrou. Juste donner son sang? Non le grand cornu n’aurait fait un mécanisme aussi simple, il veut que la personne qui récupère la faucheuse ait le cran, la force physique et mentale de lui offrir un champ d'âmes de premier choix. Pas d’un vulgaire chasseur de pacotille qui lui livrerait des âmes de qualité médiocre. Par cette quête, il cherche à éprouver les courageux qui voudraient à nouveau fouler cette terre malgré leur trépas. Je suis cette personne, je serais la Mort, violente, sournoise et implacable. Je me redresse donc, alerte, laissant le chasseur prendre les choses en main, le suivant du regard avant de lui emboîter le pas à distance raisonnable, sait-on jamais. Un bruit sourd suit le déclic de la clef, je me tiens prête à nous protéger si besoin. Une odeur de mort, encore, plus ancienne, le parfum âpre des cadavres pourrissant dans un lieu clos, humide, un rictus de dégoût marque mes traits déjà tendu. Puis ce son, celui de la chaire et du sang. Mes yeux reviennent sur le chasseur, surtout sur sa main qui est transpercée par un pique en métal semblable à une grosse aiguille. Payer de son sang, la bonne blague. Je reste à distance, attendant de savoir si oui ou non il y a quelque chose à faire pour l’aider. Le chasseur m’indique qu’on peut continuer, d’un signe de la tête j’approuve et passe dans le boyau avec à ses côtés. On progresse lentement, trop à mon goût, mes yeux se posent par moment sur Rhodes qui est de plus en plus esclave d’un poison qui coule dans ses veines. Voilà donc la nouvelle épreuve de cette quête, survivre. Il n’était pas question de donner son sang dans la première salle mais de se faire inoculer une merde dans le corps. Une chance que le chasseur se soit porté volontaire, pas certaine que ce corps aurait tenu le choc.

Il marque un arrêt, je fais de même. Alors oui je suis une personne dénuée de compassion mais le chasseur est comme un investissement, je paye pour ses services, il m’est utile ce soir et je n’ai pas la moindre envie qu’il me claque entre les doigts et que je sois obligée de revenir plus tard avec un de ces congénères. La parfum de la mort devient plus présent, pas uniquement entre ces murs mais surtout sur l’homme qui est près de moi. Il marmonne, reprend sa marche et je fais de même, résistant le bougre. On se retrouve dans une nouvelle pièce, d’un revers de main j’envoie la boule lumineuse au plafond pour voir ce qui nous attend ici. Pas un seul monstre mais des cadavres flottant dans une eau noir et au milieu de ce lac macabre un piédestal avec la fameuse dague qui y trône. Un ponton pour traverser, trop simple pour être la solution. Avant de me préoccuper de ce mystère à résoudre, je me dois de faire quelque chose pour le chasseur… Fuck, la lame lacère mon bras droit manquant de peu de me transpercer l’abdomen. Je dois mon salut à un saut en arrière. Le poison semble violent et si je ne fais rien, il risque de me faire la peau ce con. Il s'arrête, se préoccupe à présent de sa main. A nouveau le dégoût se dessine sur mon visage, il est dans un sale état. Rapidement, je prononce une formule très proche de la précédente, la pierre se meut, pour encercler ses jambes et se saisir de ses bras pour qu’il reste parfaitement immobile et inoffensif. Sa lame tombe sur le sol dans un bruit métallique qui résonne dans la pièce, je scelle à nouveau notre sortie, c’est pas le moment d’avoir de la compagnie.

- Tous les mêmes, dire que ça va alors que le poison te ronge de l'intérieur… Je ne peux pas gaspiller mon énergie à tenter de te soigner d’un mal que je n’ai pas identifié… On va se contenter de freiner ça pour le moment, j’peux pas faire mieux dans ces conditions.

Heureusement qu’il est un peu groggy par le poison sinon il m’aurait tranchée en deux, mon ondex passe sur la plaie à mon bras pour en prélever un peu de sang que je dépose dans sa main. Les yeux clos, je formule silencieusement une incantation que je n’ai pas utilisée depuis des siècles, un sort trouvé dans le grimoire de Nate. Le sang sur mon doigt semble s'illuminer d’un rouge vif avant de s’infiltrer dans la plaie du chasseur, je sens dans mon corps la progression de mon sang dans ses veines, freiner l’infection, la ralentir jusqu’à la stopper pour de bon. Impossible pour moi de la détruire, c’est un peu comme si j’ai mis le poison sur pause pour une durée d’environs une heure ou deux selon sa constitution. Cette opération ne me prend pas trop d’énergie, il ne faut juste pas qu’on se fasse attaquer à nouveau sinon je serais hors service et ça voudra dire que Jen’ reprendra sa place…

- Ça va aller maintenant? Et dis les choses franchement, je ne répéterais à personne que le chasseur bourru a failli crever.

J’esquisse un sourire, lui offre un petit clin d’oeil un brin moqueur au vu de la situation et de son corps encore cloué en croix près de l'entrée. Un claquement de doigts et je le libère avant de me pencher devant lui pour me saisir de son épée que je lui présente. Une fois qu’il a récupéré son armes, je tire sur la manche de mon pull pour l’arracher sèchement, nettoyant la plaie avec ce morceau tissus. J’avais bien dit que cette tenue allait finir à la poubelle.

- Faut que je prenne cette dague là-bas. Tu te sens d’attaque pour trouver comment y aller. Et cette fois évite de venir jouer de ta lame sur mon corps… Le poison est en pause, un mot et il ira plus rapidement rongé ton cerveau et ton cœur.

Pas vraiment une menace ni même un avertissement, mon ton est neutre quoique un peu joueur. La mort est une chose si fascinante à observer, ce poison semble vraiment être ancien et terriblement redoutable, la main du chasseur se rapproche plus de la bête que de l’humain.



_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— ADMINISTRATEUR —
Chasseur de l'Elit Daemonia
avatar

Date d'inscription : 23/03/2016
Messages : 6899
Rp postés : 218
Points-Bonus : 182
Avatar : Tom "Fuckyeah" Hardy
Âge du perso : 36 / 310 ans
Groupe du perso : Elit Daemonia - Ancienne école
MessageSujet: Re: Under my skin Mer 24 Mai - 5:59



UNDER MY SKIN
feat. Amélia
L'air entre difficilement dans ses poumons compressés. Comme une main serrait ces organes si précieux pour en faire une bouillie infecte. Puis... un désir sournois nait... une impulsion sordide, là, dans le creux de ses entrailles... Le chasseur hoche la tête, se passant le revers de la main dans le front à nouveau, cherchant à balayer la sueur et toutes les pensées qui s'accrochent griffes déployées à son crâne. Il se sent entravé par la magie, il entend ses mots, mais n'en comprend pas le sens. Ce ne sont que des échos qui font vibrer lourdement ses tympans, intensifiant cette migraine qui lui grignote les tempes alors qu'une fiévreuse chaleur l'envenime. La sorcière s'affaire à apaiser ses tourments, y allant d'un incantation à laquelle il assiste, vacillant entre la conscience et les limbes. Puis il aspire l'air... soudainement, comme le souffle lui avait manqué depuis trop longtemps.

" - Ça va aller maintenant? Et dis les choses franchement, je ne répéterais à personne que le chasseur bourru a failli crever. "

Il gigote, sans un mot. Sans un remerciement. Ni une excuse. Sans rien. Seuls ses sourcils froncés par l'agacement trahissent son inconfort... Peu à peu, il reprend conscience de son corps, de sa propre existence. Si la douleur grinçante et les bourdonnements se sont momentanément tus, les lésions sur sa main demeurent... il lève un regard sévère sur la donzelle qui croit l'avoir tiré d'affaire, en réalité... elle n'a que retardé l'inévitable...

...je suis... immunisé... aux poisons, aux maladies...
Alors quel genre de mal le ronge ?
Jamais j'aurais mis la main sur un truc en sachant qu'il allait me tuer. Je savais que le poison s'éliminerait dans mon organisme. Mais c'était pas un poison...
Un sort. Un sort de protection assez puissant pour lui infliger la nécrophagie.
Ou une malédiction digne d'un esprit dérangé qui ne juge pas digne n'importe qui de récupérer ses vieilles babioles magiques... J'espère qu'il en vaut la peine, ce fuckin' artefact que tu cherches...

Il ramène sa main devant son regard puis toise la donzelle qui le libère. Son sorbier a grillé plus rapidement qu'il ne l'aurait cru, sans doute à cause de ce qui circulait dans ses veines. Ses tatouages brûlaient son derme, la sueur envahissait la racine de ses cheveux. ...wtf... La sorcière avait peut-être endormi le maléfice, mais le maléfice avait le sommeil léger... Jake reprend la lame tandis que la donzelle s'affaire à panser cette vilaine blessure qui avait laissé sa peau dans un état primaire de putréfaction.

Jake secoue la tête jetant un regard suspicieux à l'étendue d'eau qui s'allongeait devant eux. Puis il analyse sommairement la situation. Le socle qui détient une dague, les cadavres qui flottent... que d'la merde. Si on est arrivé au Styx, ça expliquerait pourquoi il fait aussi chaud dans l'coin.

" Faut que je prenne cette dague là-bas. Tu te sens d’attaque pour trouver comment y aller. Et cette fois évite de venir jouer de ta lame sur mon corps… Le poison est en pause, un mot et il ira plus rapidement rongé ton cerveau et ton cœur.
- ...y'a pas 36 méthodes. " souffle l'homme qui reprend sa main presque sèchement, ne voyant pas la nécessité de lui spécifier qu'elle ne pourra sans doute rien faire pour le sauver lorsque la malédiction viendrait de nouveau ronger l'intérieur de ses veines, quoiqu'elle en pense.

Il s'avance vers le ponton et s'affaire à le mettre à l'eau, parmi les cadavres flottants. Il y en avait pour tous les goûts là-dedans. Difficile de deviner de quoi étaient morts ces types, leur corps étant déjà trop gorgés d'eau pour les rendre facilement analysables. Homme, femme, jeune, vieux, certains plus frais, d'autres dans un état cadavérique avancé. L'air était d'ailleurs vicié, pesante et l'atmosphère saturée d'énergie négative. Difficile d'imaginer que ces eux là n'étaient pas infestés de noyeurs. Pourtant, elle était calme... beaucoup trop calme pour abriter des nécrophages rassasiés.

" Inutile de t'faire des films, quelque chose finira par nous attaquer, y'a rien d'plus certain qu'ça... alors tiens toi prête à faire tes... abracadabras. Selon moi, aussitôt que la dague quitte son socle, elle va réveiller l'armée de morts qui va se faire un plaisir de nous recruter dans leurs rangs... "

Il lui fait signe de s'avancer, la laissant embarquer sur le ponton de bois rudimentaire la première. Pas tant parce qu'il voulait tester la solidité et la voir tomber le cul à l'eau que par galanterie, mais une fois qu'elle est installée, il décroche la rame puis pousse le fond vaseux pour mettre l'embarcation à l'eau. Lentement, il guide le ponton à travers les cadavres, tâchant de ne pas trop les percuter, ne serait-ce que par respect pour les morts... ou plutôt, pour éviter de trop les foutre en rogne si ils venaient à se réveiller...

Ils progressent lentement... en silence... un silence de mort...

...sssshhh shhhhh shhhhhhh shhhhh...

Jake plisse les yeux, se concentrant sur le mouvement de la rame, sur l'orientation du bateau. Mais il entendait... il entendait les chuchotements. Et à en juger par les mouvements nerveux de la donzelle, elle les percevait sans doute elle aussi... Puis... quelque chose se passe. Sournoisement... dans les ombres. La lumière au dessus de leurs têtes s'éteint tout à coup, les plongeant dans les ténèbres les plus obscures. Les pupilles du chasseur se dilatent déjà pour s'accoutumer à cette nouvelle pénombre. Puis les murmures s'intensifient, comme un souffle, comme un appel sournois...

Pouvait-elle entendre les murmures... ? Bien sûr que oui... Les voix décharnées qui l'appelaient, elle. Elle ?

" Amééééliaaaaa... Ammmmmmmééééliaaa. A-mé-lia. Aaamméliiaaaaa.... "

L'atmosphère s'alourdit... comme si l'air les compressait tout à coup. Soudainement, l'eau d'ébène s'illumine... comme si une lumière jaillissait depuis le fond. Cristalline, limpide, brillante et magnifique, comme un lac de cristaux sublimes. La lumière en est presque éblouissante... et surtout, dénuée de cadavres... C'est comme si ils étaient perdus au-dessus de cet océan surnaturel. Plus de dague à l'horizon, ni de rive derrière... juste l'étendue majestueuse.

...inutile de lui demander ce que c'est... il l'ignore complètement... quelque chose se joue d'eux... et ce n'est certainement pas lui...

" Amééééliaaaaa... Ammmmmmmééééliaaa. A-mé-lia. Aaamméliiaaaaa.... "

Who's the fuck is Amélia... ? Jake se redresse. Observant tout autour de lui... et puis... ça recommence... une bouffée de chaleur, insupportable... cette.... cette... faim qui gronde sournoisement... la malédiction... elle revient... elle revient parce que quelque chose distrait la donzelle, parce que quelque chose absorbe leur énergie vitale sournoisement, se joue de leur psyché... à nouveau la folie l'aveugle... la rame lui glisse des doigts et sombre dans les abysses. Les orbes noirs, il ne bouge plus. Inerte. Envahit par le silence, envahit par les murmures qui le déchirent et qui ne s'adressent pas à lui. Son regard ne quitte plus le corps de la donzelle si près de lui... si près qu'il peut sentir son délicat parfum... Elle est... si... belle... si... appétissante... D'un bond, il est sur elle, déchirant son chandail par les fils déjà tirés de sa manche arrachée. Et lorsque le derme tendre se dévoile, il y enfonce les dents, y prend une violente bouchée, sur le gable de son sein. Dans ses débats, elle chute et s'enfonce dans l'eau brillante... et les bulles dansent, les murmures se transforment en échos à travers les vagues. Les formes apparaissent autour d'elle et semblent s'accrocher à son corps frêle...

Son sang écarlate brillant dans les lueurs cristallines... magnifique... n'est-ce pas ?...




_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sorcière de la Terre
avatar

Date d'inscription : 02/01/2017
Messages : 101
Rp postés : 10
Points-Bonus : 89
Avatar : Margot Robbie *.*
Âge du perso : 30 ans
Groupe du perso : Sorcière
Liens infos : Fiche ~ Liens ~ liste des RP
MessageSujet: Re: Under my skin Jeu 6 Juil - 2:15

Under my skin...

You can talk with the devil



Ça sent la mort. La mienne, la sienne. Peu importe quelqu’un va y passer. Il y a tant de cadavres dans chaque pièces qu’il semble qu e l’un de nous devra payer de sa vie pour parvenir à poser la main sur ce fichu poignard. Le grand cornu est vicieux, joueur, malin. Il ne veut pas que le premier trou du cul obtienne cette arme redoutable. Il lui faut quelqu’un qui n’a peur de rien et surtout pas de se salir les mains. Pour le coup, j’empeste la mort, le chasseur est dans un état second qui va finir par le rendre complètement fou, ivre de combats avec des ennemis invisibles. J’en fais encore les frais, après les giclures de monstres infâmes, c’est le fil de la lame qui déchire ma peau fine. Jennifer va avoir un mal fou à s’expliquer son état à son réveil et si le chasseur ne tient pas le coup avec mon sort, elle pourrait ouvrir les yeux sur un spectacle cauchemardesque. Là, j’ai comme un doute sur la réussite de cette mission mais il est hors de question de faire demi-tour si près du but, il faut qu’il tienne le coup ou qu’il y passe une fois mon but atteint. Il ne décroche pas le moindre mot après ma petite incantation. Le gars n’est pas du genre bavard mais un “merci” n’aurait pas été de trop après cette dépense d'énergie et le fait que je lui ai sauvé les miches. Je fronce les sourcils moi aussi, agacée. *Les mecs tous les même! Ego et fierté mal placés. Un merci lui aurait pas écorché la gueule.* J’ai envie de lui rentrer dedans mais, ça n’est ni le lieu ni le moment, manquerait plus qu’il se casse, j’aurais l’air bien conne avec ma dague sur son promontoire.

Toujours pas le moindre son. Il est muet, semble moins à l’ouest qu’il y a deux secondes, je consens à le libérer de ses liens terrestres et à lui rendre sa fichu lame avant de m’occuper de panser ma blessure. Jennifer va avoir un réveil des plus que douloureux demain. C’est à cause de ce genre de “soucis” qu’elle devient suspicieuse, qu’elle va finir par comprendre qu’elle n’est pas totalement seule dans son propre corps. Il faut que je redouble de vigilance à présent. En plus du temps perdu, l’énergie que je dépense avec ces sorts amenuise la barrière dans son esprit, son état de sommeil ne peut demeurer tel quel indéfiniment malheureusement. Le chasseur n’a pas ces données pour mener à bien l’affaire pour laquelle je le paye et je ne lui fais pas suffisamment confiance pour lui livrer une telle information. Mon retour sur terre, cette lame, ces petits détails doivent rester secrets tant que je n’ai pas croisé la route de ceux qui ont causés ma perte, ils sont si influents qu’ils pourraient avoir la ville toute entière à leurs pieds et des oreilles partout. Avoir donné mon nom est déjà une erreur, simple habitude à prendre à présent, continuer de me faire passer pour Jen’ le temps de dévoiler mon jeu à ceux qui avaient banni mon âme.

Mon sort n’a rien de définitif et c’est ce qui me chiffonne grandement, je ne sais pas quand tout ça partir une nouvelle fois en couille et il ne faudrait pas que ça soit au milieu de cette étendue d’eau. Je reste donc là, mes yeux posés sur lui, scrutant la moindre de ses actions et réactions, ma mort caresse son derme, embrasse ses organes et baise sa volonté. Cette pause est trop éphémère, une fois le voile brisé il sombrera sous l’effet du maléfice qui le ronge. Si peu de temps… L’odeur qui chatouille mes naseaux ne laisse rien présager de bon, la mort plane, semble s’approcher encore un peu plus de nous. Le chasseur pose son regard sur l’eau et il ouvre enfin la bouche. Je hausse un sourcil, clair net et concis, il ne s’embarrasse pas de paroles inutile et ne perd plus un instant pour se mettre en branle, nous trouver de quoi nous approcher de la dague. Sa voix déchire le silence précaire de cette partie de la crypte. Je hoche la tête à sa réflexion, sous l’eau calme ou bien sous son crâne, le danger est là et présent.

- Et toi évite de me trancher un bras… Vu ce que tu viens de prendre dans les veines, je me doute qu’on ne va pas entendre chanter des petits oiseaux et débarquer des coupes de champagne frais…

Oui, j’ai mal pris qu’il parle de mes sortilèges comme des “Abracadabras”, s’il se rendait compte du temps qu’il m’a fallu pour les apprendre, les retenir, les maîtriser, l’énergie que je dépense et surtout celle que j’ai dépensé pour ses miches. Pas un merci et il semble dénigrer ce que je suis. Je soupire avant de prendre place sur le bois trempé, imprégné de l’odeur de mort. Mon regard glisse sur lui un instant, bourru, buté et ancré dans sa formation de chasseur. Il est un peu vieux jeu sans doute, les dents longues en parlant de vampires sans doute. Le moment n’est pas du tout à l’analyse de mon partenaire de la soirée, la mort nous attend à quelques mètres. Aux aguets, je sonde la profondeur presque hypnotique de cette eau presque trop limpide pour ce qu’elle renferme. On se fraye un chemin entre les cadavres, à chaque fois que l’on en touche un, mes yeux se plissent, recherche un signe de “vie”. Rien. Rien ne bouge. Rien ne bouge et pourtant quelqu’un ou quelque chose semble chuchoter dans cette partie de la crypte. Je me crispe, cherche l’origine de ces murmures que le chasseur perçoit lui aussi. Mon regard scrute les moindres détails de l’endroit comme y déceler un détail omis, je ne trouve rien de plus que ce que je sais déjà; l’eau, les cadavres et le poignard.

Puis la lumière disparaît, laissant place à la plus obscure des pénombres. Les voix se font plus présentes, plus audibles, plus fortes. Mon prénom? Je me fige, c’est mon prénom qu’elles ne cessent de répéter de leur ton monocorde? Je déglutis difficilement, impossible que je sois la seule à les entendre, cette complainte, cet appel d’outre-tombe martèle aussi son esprit déjà mis à mal par la malédiction que j’ai mis en pause, c’est certain. L’air devient soudainement plus lourd, presque palpable, rendant la mélodie des voix encore plus hypnotique, pénétrante, lancinante. Elle est telle le vieux vinyle que l'on se passe malgré les années, le son poussiéreux et la répétition d’un tour qui ne passe plus depuis bien longtemps déjà. Mais on ferme les yeux, on se laisse bercer par la douce mélodie qui nous fait frissonner bien malgré nous. Peu à peu, je perds le fil de mes pensées, me laisse prendre par cette voix qui devient ces voix, toujours plus fortes. Un juron quitte mes lèvres quand l’eau change à son tour, limpide, illuminée par les hauts-fond d’une lueur irréelle, tout aussi hypnotique que le chant mortuaire qui nous accompagne. L’étendue d’eau ne semble plus avoir de limite, de cadavre pour la souiller ni même le promontoire avec la dague. Un nouveau juron m’échappe, ce sortilège est puissant, cette épreuve nous coûter encore très cher et je ne suis pas certaine d’être suffisamment d’attaque pour payer un lourd tribu. Mon prénom, encore et encore. Je ne sais comment ils savent, mais ils le savent et je crois que ce détail me terrifie. Sans m’en rendre compte, la musique des mort s’infiltre dans mon esprit et défait un à un le maillage complexe de ma concentration qui me relie à Jake en cet instant, impossible de briser la barrière qui me sépare de Jen’ par contre, c’est d’un niveau bien supérieur à ce sortilège simple.

Un bruit me fait quitter un bref moment ma contemplation hypnotique. Un plouf sourd? Je n’ai pas encore le temps de me retourner pour en connaître l’origine que Jake fond brutalement sur moi pour mettre en lambeau le reste de tissu que j’avais sur le dos pour que ses dent déchirent ma chair dans un hurlement sinistre qui fait écho dans toute la crypte. Le sang vient maculer mon visage qui blêmit aussitôt. Je ne tenais plus le fil qui le maintenait en état de m’aider correctement, j’ai manqué de vigilance, tout cet endroit sait se jouer de nous, de nos faiblesses, de nos forces pour en tirer un putain d’avantage pour nous briser en milles morceaux. Je me débat pour qu’il me lâche, lui en fait tout autant pour ne pas me perdre. Je perds l’équilibre, son poids me fait basculer, lui semble s’enrouler autour de moi pour continuer de déguster ma chair. L’eau nous accueil dans son étreinte glaciale qui transperce mon corps de toute part. C’est la fin si je ne fais pas ce qu’il faut. Agir, vite, intelligemment. L’eau nous offre un silence assourdissant terriblement salutaire quand la surface nous martelait le crâne de sa mélodie envoûtante. Des ombres approchent dangereusement de moi, des mains passent à mes jambes, des griffent lacèrent mon pantalon, des dents se mêlent à cette valse macabre. Je ferme les paupières, je ne me résigne pas à mourir, bien au contraire. Je sais que je ne pourrais puiser dans mon énergie que deux fois après ce sort et encore.Il faut que je sorte de l’eau, que je reprenne le contrôle de la malédiction et qu’il m’aide à en finir. Des bulles jaillissent tout autour de nous, des stalagmites sortent du tréfonds de l’étendue d’eau pour clouer sur place les êtres qui gravitent autour de nous. Jake? Impossible de lui infliger le même traitement sans une égratignure pour ma part. Un piédestal nous transporte hors de l’eau où je respire enfin avant d’hurler à nouveau à ses dents fermement ancrées dans ma chair sanguinolente.


- Putain… Chasseur de merde! C’pas me bouffer que tu dois faire c’est me protéger pour toucher ton fric ! Ressaisis-toi!! J’vais y passer sinon!

Le choix est vite vu, si j’utilise le peu d’énergie qui me reste pour me débarrasser de lui et me soigner, je serais parfaitement incapable d’aller plus loin, si plus loin il y a. Il me faut cette dague et le chasseur est ma seule arme viable. Savoir s’avouer vaincue et accepter que se démerder seule est impossible. Je me fais violence pour ne pas tourner de l’oeil, profite d’avoir une main de libre pour me saisir du poignard dans ma botte. D’un geste vif et habile, je le plante dans sa cuisse musclée, un quart de tour à droite pour ouvrir la plaie et j’actionne le bouton dans le manche qui lui injecte un tranquillisant de ma fabrication. Rapide, il sera conscient mais vivra la scène au ralenti, c’est un poison de courte durée mais ça sera largement suffisant pour que je reprenne le contrôle. A peine quelques instants et ses bras autour de mon buste sont moins puissants, une seconde de plus et il s'affaisse sur notre îlot de fortune déjà entouré d’ondes menaçante. Mes jambes flagelles et je tombe face à lui, mes mains passent de part et d’autre de son visage que je cueille presque amoureusement, je glisse sur le sol en grelottant, pose mon front contre le sien, je n’ai pas la force d’une incantation longue. Cette proximité me permet aussi de partager le lien, mes propres blessures sont en pause elles aussi, le temps que je puisse prendre une potion ou que je trouve un médecin efficace. Partage du sortilège et moins d’énergie dépensée… Je me recule, toujours grelottante te trempée de notre baignade improvisées, mes yeux croisent ceux du chasseur qui ont retrouvé une lueur humaine. Les voix reprennent leur chant, il ne faut pas que je me laisse endormir cette fois.

- Jake?? Tu m’entends? T’es avec moi? Faut qu’on trouve cette foutue dague avant qu’on ne soit les suivant à hanter cette crypte. A mon sens, une fois qu’on l’aura en main tout cessera, ta malédiction aussi sans doute… Par contre pour ça.. Je lui montre la plaie béante à mon sein et mon flanc qui portent l’empreinte de sa dentition. - Faudra pas traîner pour que je sorte de là… Comme pour toi c’est en “pause”, une fois affaiblie, je perdrais tout mon sang et adieu… J’te filerais une prime pour toute cette merde.

Je suis blême, frigorifiée et je trouve quand même la force d’esquisser un sourire accompagné d’un clin d’oeil. Mon regard se pose sur les vagues qui s’écrasent sur notre îlot, ils sont tout proche, la dague reste invisible à nos yeux pour le moment...



_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Under my skin

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» [Achat]Skin de chat
» Conseils pour créer une skin avec pixia[tutorial]
» Skin Interface
» [skin]Magie sur ma skin de chat
» skin d'interface?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: . :: North of Salem :: Harmony grove cemetery-
Sauter vers: