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Moon's Girl

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Chasseur de l'Elit Daemonia
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MessageSujet: Moon's Girl Dim 18 Déc - 21:22



MOON'S GIRL
feat. Eva

" Hm ?
- Hey ! Salut. Désolée de te déranger je sais qu'il est tard.
- Qu'est-ce qui s'passe...
- J'ai besoin de toi pour garder Eva dès vendredi après ses cours, jusque disons maximum lundi. En cas de prolongation je te préviendrais. Je  … je dois me rendre à 2h de route de là. J'ai retrouvé les ossements de ma mère et … j'aimerai m'y recueillir.
- Des ossements. C'est quoi c't'histoire... j'croyais que ta mère était enterrée depuis logntemps...
- Je ne prendrai aucun risque inutiles. Je ne dirai rien à Eva pour ne pas l'inquiéter.
- Hm. Si tu veux. Essaye juste d'éviter les emmerdes.
- Merci Jake, je t'enverrai l'adresse exacte par message, c'est un peu perdu en forêt, mais tu sauras où chercher au cas où. Bonne soirée. A bientôt. "

Le chasseur raccroche en soupirant. La sorcière lui avait pas tout dit dans les détails c'est certain, et c'était peut-être mieux ainsi. Des trucs d'Inferis, p't'être bien. Quoiqu'il en soit, c'était pas trop de ses affaires et au final le résultat serait le même... Eva devra passer trois jours avec son tri-centaine de paternel. Sur le coup, ça semblait relativement simple comme requête, mais maintenant qu'il avait deux secondes pour y penser... c'était bien la première fois qu'il se retrouverait complètement seul avec elle... sa... sa fille. Oh, y'avait bien eu quelques moments dans l'monde magique où ils s’éclipsaient dans la forêt, mais jamais bien loin d'Abi'. Et dans le monde magique, les choses étaient toutes un peu plus simples, il faudrait surtout pas le nier... simples et sans conséquences... Pas qu'il avait particulièrement peur de l'échapper sur le crâne et de la briser... parce que c'était plus un bébé... juste que... on fait quoi avec une ado à peine arrivée dans l'monde réel ? Et puis quoi, elle pouvait pas passer 3-4 jours toute seule à la maison ? C'était presque une adulte et à son âge il avait déjà tué presque deux colonies d'arachnides. Tss. Bon. Why not. Et si t'essayais d'être un bon père pour changer. Ça lui laissait une journée pour aller acheter autre chose que des fuckin' crispie crounch.

...

Jake est appuyé, à demi assis le cul contre la selle de sa moto stationnée, les bras croisés sur le torse. Depuis un peu trop longtemps, avant l'heure de la fin des classes. Avoir su, il serait arrivé beaucoup plus tard vu que ça doit faire une bonne quinzaine de minutes qu'il poireaute comme un con. Étonnant qu'aucune voiture de flic soit venue sécuriser la zone. Le temps de fumer un cigare, de se demander si c'est bien la bonne école, la bonne journée, bref, jusqu'à ce que la cloche sonne et que des élèves se mettent à abonder partout, le sourire fendu aux oreilles à l'idée d'être libérés de cette prison du savoir pour le week-end. Des centaines de discussions viennent se percuter dans ses oreilles sensibles, il finit par sourciller, cherchant du regard une fine silhouette aux longs cheveux noirs et aux yeux pers qui se distinguerait des autres. Des groupuscules passent devant lui en l'ignorant, des yeux interrogateurs se perchent parfois sur lui un moment, peut-être à cause de l'épée qui lui passe bord en bord du dos ou bien du simple fait qu'il ne cadre pas vraiment dans ce paysage un peu trop pédagogique pour un type dans son genre.

Le chasseur finit par tourner la tête, intrigué, vers un groupe de cinq jeunes immobilisés près de lui. Une des donzelles se détache légèrement de sa bande, une blondinette qui manque pas de personnalité.

" Hey ! pas mal la moto. " qu'elle lâche dans un sourire mi-amusé, mi-assuré, en s'attirant des gloussements de ses amies, à croire qu'on l'a mise au défi d'aborder le chasseur dans un jeu de 't'es pas game' typique des ados. Ou des chasseurs qui ont un verre dans l'nez. Ce à quoi Jake se contente d'étirer un sourire en hochant la tête pour la remercier.

" T'es un chasseur, pas vrai ? Ton collier, c'est celui de l'Elit Daétenia...
- Daemonia. "

...

" ...une fois les tendons coupés, elles tombent au sol comme des limaces. Suffit de faire éclater la tête d'un coup de botte.
- ...dégueux ! " qu'elles ricanent.

Jake termine sa petite démonstration en rengainant son épée sous le regard amusé des jeunes donzelles qui ont formé un demi-cercle autour de lui. Il finit par relever les yeux vers une ado en retrait prend pas mal moins de plaisir que les autres à voir le chasseur offrir une démonstration d'annihilement de brumeux. Faut bien passer l'temps.

" Hey... Eva. " qu'il salut, lui qui ne l'avait pas vu arriver.

Toutes les paires de yeux se tournent vers Eva, certaines cachant très mal leur étonnement. Des p'tits chuchotements, des rires, again. Une subtilité qui échappe un peu au chasseur.

" Faut y'aller ! Aurevoir Jake, merci pour les conseils. À plus ! " s'amuse Blondie d'un clin d'oeil en s'éloignant avec sa troupe qui lui colle au cul comme des mouches à un tas de merde. Le chasseur répond aux salutations des étudiantes par un signe de la main, un hochement de tête.

" Show. " conclut-il en les regardant s'éloigner tout bonnement avant de contourner sa moto pour tendre son casque à Eva. ... Eva qui a l'air contrariée. Elle a peut-être eu une journée d'merde, qui sait.

" ...ça va... " qu'il finit par demander lorsqu'elle saisit le casque qu'il ne relâche pas sans avoir eu de réponse. Pourvu que ce soit pas des histoires de kotex.

...

La moto bifurque dans la cour du Fatdonald. Il s'était promis de réduire la dose après sa première malédiction, mais honnêtement l'appel du gras et des frites était trop prenant. Et pis les ado, ça aime le gras généralement. Eva avait hérité du gêne d'Abi' niveau poids, alors c'est pas une couche de graisse qui allait lui nuire. Le chasseur pousse la porte et s'avance vers le comptoir, s'attirant encore quelques œillades curieuses. Encore l'effet Daemonia. Avec le temps, on y accorde plus trop d'attention. Il repère déjà malgré lui trois jeunes vampires au fond du restaurant puis un couple de sorciers qu'il connait vaguement près de l'aire de jeux pour enfants en plus des deux sorties d'urgence. Déformation professionnelle oblige.

Il hoche la tête pour saluer l'adolescent boutonneux au comptoir. Adolescent qui fait tout pour éviter à ses yeux de dévisager le pommeau d'épée qui dépasse de l'épaule du chasseur.

" Bonzour m'sieur ch'peux prendre vo'te commande ?
- Un trio fat double quart de livre avec fromage. Extra fromage. Extra cornichons. Et mets moi une double-frite.
- Noté m'sieur. Vous voulez un chauzon aux pommes avec ça ?
- ... ouais.
- Ze s'ra tout m'sieur ? "

Jake fait un pas de coté pour laisser soin à Eva de commander ce qu'elle veut. D'ailleurs, le type au comptoir change de couleur lorsqu'il reconnait la donzelle et perd tout ses moyens lorsqu'elle s'adresse à lui. Le chasseur fronce un sourcil et se contente de le noter dans le coin de sa cervelle. Il en profite pour aller au comptoir libre service où il s'affaire à remplir beaucoup trop de petits gobelets de ketchup en tapant sur la distributrice. Il prend une bonne poignée de sachets de mayo et de sel en sachets pour finir par trouver un table en retrait, histoire de limiter les interactions sociales. C'est pas trop son genre de manger dans un restaurant, mais il avait l'impression que de se retrouver dans un lieu publique avec Eva aiderait un peu au malaise qui planait entre eux. Parce que c'était pas si naturel que ça, il fallait l'avouer.

D'ailleurs il ne parle pas, se contentant de planter les dents dans son énorme sandwich, de mastiquer grossièrement les frites et de prendre de longues gorgée de liqueur qui lui pique le fond de la gorge.

Parce que j'ai pas l'intention de te forcer à parler d'un truc dont t'as pas envie. Et j'aime pas trop parler, anyway.




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Dernière édition par Jake Rhodes le Lun 9 Jan - 5:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Moon's Girl Mer 21 Déc - 2:19



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« Et pourquoi je devrais y aller ? Je suis assez grande pour me garder toute seule pendant ton séminaire m’man ! »

Non. Elle répète « Non Eva. » alors qu’elle prépare ses affaires. Je trottine derrière elle presque furieuse qu’elle n’ait toujours pas compris qu’elle pouvait me faire confiance. Blabla tu es trop jeune, il pourrait t’arriver quelque chose, on ne rigole pas avec ça Eva blabla.
J’ai beau avancer tout un tas d’arguments la réponse est toujours non. Sauf que moi je n’ai pas envie d’aller chez mon père. Il habite à côté ! Il pourrait très bien me surveiller de sa fenêtre j’en suis à peu près persuadée.
Le retour à la réalité a été beaucoup moins idyllique que ce que je ne l’avais imaginé. Je pensais que ce serait différent maintenant, qu’il serait présent. Mais on ne va pas se mentir papa, tu ne l’es pas plus maintenant qu’avant. Pas plus maintenant que tous ces jours, ces mois où tu nous délaissais maman et moi. Et ça m’a blessé d’une manière dont il n’a pas idée. Alors non, je ne suis pas contente. Je tape du pied, grogne avant de claquer la porte de ma chambre et mettre mes écouteurs pour écouter la musique à fond de mon téléphone. La porte verrouillée je m’installe sur la petite banquette au bord de la fenêtre. Je contemple l’extérieur me laissant bercer par le tempo.

I gave you all of me
But it still ain't enough to make you happy
I gave you everything
You still don't measure up

Est-ce que tu me vois parfois par la fenêtre de ta maison ? Est-ce que tu vois que je te regarde déambuler dans la tienne, telle une Ombre ? J’aurai tant aimé que tu n’en sois pas une.

...

Le lendemain, malgré ma mauvaise humeur apparente, j’embrasse ma mère pour lui souhaiter un bon week-end d’un air peu convaincant. Je te souhaite qu’il soit aussi mauvais que le mien, tu sais. Je ne m’attarde pas sur le petit déjeuner qu’elle a préparé, après tout, elle n’avait qu’à m’écouter quand je lui ai dit que je n’avais pas faim.
J’assiste au cours et pour une fois j’aimerai que le temps passe lentement. D’ailleurs si cette journée pouvait durer l’équivalent de deux, cela me conviendrait pleinement. A la pause je traine avec Adam.

« J’ai pas envie tu sais.
-Allez dis pas ça Eva, je suis certain que ça va bien se passer. Ca doit être cool d’avoir un père comme le tien.
J’ouvre grand la bouche, effarée.
-Tu vas pas t’y mettre toi aussi hein ? Pas toi Adam !
-Mais non c’est pas ce que je voulais dire, tu le sais bien. Juste que, laisse lui une chance. Ce week-end sera peut-être pas aussi catastrophique que ce que tu l’imagines.
Les bras croisés je le regarde avec une moue boudeuse.
-Et puis si ça ne va pas tu pourrais toujours téléphoner à ta mère. Et puis je serais sur Skype, je t’attendrais le soir.
-T’es au courant que mon père va probablement nous empêcher de faire ça, pas vrai ?
-Peut-être, laisse-moi espérer. »

Il me gratifie d’un clin d’œil me rendant le sourire. Je soupire avant de le pousser avec mon bras. Pendant un instant je me dis qu’il a peut-être raison. Après tout, c’est mon père non ? On ne doit pas être si différent que ça… Ce n’est pas possible qu’on le soit à ce point, pas vrai ?
J’essaye de passer le restant de la journée en faisant taire les montagnes d’à priori qui me percutent l’esprit. L’heure de mon dernier cours vient de sonner, je file dans les vestiaires pour quitter ma tenue de sport et enfiler un débardeur blanc, une chemise à carreaux, un jean noir et ma paire de converse. Il faut dire que je prends mon temps, appréhendant énormément ce week-end. Je me répète comme un espèce de mantra que tout ira bien. Oui c’est ce que je fais, en traversant la cours, en rejoignant la grille mon sac à dos négligemment porté par une lanière sur mon épaule. Je balaye l’air d’une main en quittant Adam jusqu’à ce que je vois mon père. Mon sourire se fige et je m’arrête au beau milieu de l’allée me faisant bousculer par un camarade. « Fais attention Clarke ! »
Je le dévisage sévèrement alors que j’avance très lentement contemplant la démonstration de mon père face à ce petit attroupement qui s’est formé autour de lui, sa moto et sa foutue épée.

Sérieusement, t’es vraiment en train de me faire ça papa ? T’es vraiment en train de me foutre la honte devant mon lycée ? Merde !
Je me poste en retrait, m’appuyant sur un arbre en croisant les bras. Tu me feras signe dès que tu auras terminé d’anéantir ma vie sociale au lycée… Evidemment il fallait que ce soit Cindy et sa bande de copines qui tournent autour de lui. Elle me dégoute. Et je crois que ce qui me dégoute le plus c’est qu’il se donne en spectacle, son épée venant trancher l’air. Quand j’étais petite c’était à moi que tu racontais ces histoires, ça me faisait me sentir spéciale. Mais en fait, c’était de la poudre aux yeux… Il semble enfin remarquer ma présence et au lieu de congédier tout le monde il préfère me foutre doublement la honte en me saluant. Les filles se retournent et j’imagine déjà le niveau de leurs chuchotements. Je roule des yeux avant de me détacher de l’écorce gardant un bras contre mon ventre, levant mon autre main pour agiter mes doigts dans un faux sourire.
C’est ça, casse-toi, pétasse.
Elles partent et une fois arrivée devant mon père mon sourire s’efface totalement alors que mes yeux tentent de le fusiller.
T’aurais jamais dû faire ça papa, moi je voulais bien te donner ta chance mais t’as tout gâché. Adam avait tort. Ce week-end sera parfaitement catastrophique. Je passe mon sac à dos correctement avant d’attraper le casque qu’il me tend en me demandant si ça va. Je ne réponds pas, tire sur le casque qu’il ne lâche pas. Tu veux vraiment savoir si je vais bien p’pa ? T’es certain ? Parce qu’en fait je ne suis pas certaine que tu apprécies la réponse, là, tout de suite.

« Ouais, ça va. » que je me contente de dire sans faire plus d’effort que ça. Casque vissé sur la tête, j’enfourche sa moto et passe mes bras autour de sa taille pour m’y accrocher.

I try to show you that I'm strong
Why do I even bother?
'Cause it's the same old damn song
You call yourself a father

Je repère l’enseigne de fastfood, me dit qu’il ne va sans doute pas s’arrêter là sauf qu’il s’engouffre dans l’allée. Je me demande à quel moment t’as cessé de savoir ce que j’aimais bien manger. En plus t’y comprends rien toi. Je n’ai pas envie de grossir et d’avoir le cul aussi gros que celui de Flore. Je me contente de le suivre sans rien dire. On nous dévisage encore, si bien que j’espace un peu mes pas des siens. Tu sais comme c’est désagréable tous ces regards qui se posent sur nous, enfin plutôt, sur toi ? T’es sûr qu’il y a assez de place dans ton univers pour ta fille ?
Je sors le téléphone de ma poche et commence à converser avec Adam et Léa. Mes doigts pianotent sur l’écran tactile à une vitesse folle. Certaines réponses me tirent un sourire ou un semblant de rire.

-C’est si horrible que ça en a l’air ?
-Carrément !! #help #needhug
-LOL prends 1 salade !
-Fuck. Atta c mon tour

Je lève le nez de mon téléphone tombe sur… Harry. C’est un gentil garçon qui passe son temps à la bibliothèque. A vrai dire, je ne savais même pas qu’il travaillait ici ou ailleurs en fait. Parfois on travaille ensemble à la bibliothèque mais c’est rare parce que lorsqu’il est avec moi il ne parle pas du tout et ce n’est pas très agréable. Je lui demande s’ils ont quelque chose qui ressemble à de la salade et ce qu’il y a exactement dedans. Il bégaye. Il bégaye fort. Je fronce les sourcils me sentant totalement démunie. « Non bah met la première qui vient s’il te plait, ça ira, merci. »
Je lui souris et j’ai l’impression que c’est pire… Harry se décompose encore alors qu’il me tend ma commande. Je le remercie avant de filer. Avant qu’il fasse une syncope.
Munie de mon plateau repas composé de ma salade trônant fièrement au milieu avec une bouteille d’eau, je rejoins mon père qui a décidé de prendre une table à l’écart, chose qui me convient parfaitement. Et on est là, comme deux idiots. Lui croquant dans son sandwich qui dégouline de gras et moi croquant mes feuilles de salade et le poulet frit qui l’accompagne. Le silence est pesant, totalement dérangeant. Je fais une pause, attrape ma bouteille d’eau avant de le regarder. Allez Eva, fais des efforts.

« T’as prévu quoi pour ce week-end ? Je veux dire, tu vas m’emmener quelque part en particulier, t’as prévu des choses ? Jasper il sera là ? Oh et laisse-moi deviner, maman t’a dit de ne pas m’emmener chasser ? »

What do I got to do?
I just want you to look at me
And see that I can be what you love
I just want you to look at me
And see that I can be

« J’aimerai que tu m’y emmènes tu sais. Comme… avant. Ce serait bien, tu ne crois pas ? »

J’ai besoin de te retrouver p’pa.

Les tables se remplissent peu à peu. Ils ont tous cette même expression de surprise sur le visage dès qu’ils aperçoivent l’épée dans le dos de mon père. J’ai mangé la moitié de ma salade seulement mais tout ça me coupe l’appétit.

« Les gens nous regardent et je ne me sens pas à l’aise p’pa. On commandera à emporter la prochaine fois… »

T’as des airs de bêtes de foire et je n’apprécie absolument pas tout ça. Je ne suis pas habituée.




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★ You were comforting and quiet. How did love become so violent? Teddy bear, you were my teddy bear, everything was so sweet until you tried to kill me. ★
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MessageSujet: Re: Moon's Girl Mar 17 Jan - 4:36



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feat. Eva
Le regard plissé du chasseur vacille entre le téléphone portable d'Eva et la mine déconfite du gringalet planté derrière le comptoir. Obnubilée par les mots qu'elle lit sur son écran et qui semblent l'amuser, Eva pianote là-dessus comme si ce truc était l’extension de ses doigts et que le monde autour d'elle n'était qu'une grosse insignifiance. Wtf... Et lui qui pige rien à toute cette... technologie moderne qui lui échappe complètement. L'idée de lui arracher ce truc des mains pour l'enfoncer dans la gueule de boutonneux lui traverse brièvement l'esprit. Mais il se contente de grimacer lorsqu'elle daigne enfin commander quelque chose à manger. Une salade. Une salade, wtf. T'es aussi maigre que ta mère, c'est pas un bout d'poulet pané qui va y changer grand chose.

Assis à cette table mal lavée, le temps s'écoule un peu trop lentement. Il peut sentir le malaise d'Eva entrainer le sien dans son sillage. Dis-lui un mot. N'importe quoi. Tu devrais dire un truc qui lui ferait plaisir. Parle, fuck. N'importe quoi ! Mais surtout pas sur ses cours ou ses amies. Jake reste muet. Il avale. Mastique, again. Il chercher encore, ce qu'il doit dire, comme toujours. Ses yeux se lèvent finalement pour croiser ceux de sa progéniture alors qu'elle fait les premiers pas, des pas qu'il espérait secrètement à défaut d'articuler quelque chose qui le fouterait dans la merde.

" T’as prévu quoi pour ce week-end ? Je veux dire, tu vas m’emmener quelque part en particulier, t’as prévu des choses ? Jasper il sera là ? Oh et laisse-moi deviner, maman t’a dit de ne pas m’emmener chasser ?
- Non. Et Jasper, il a des trucs à régler. "

Et m'demande pas quoi, j'en sais rien. Pour ta mère, autant t'enfermer dans le sous-sol jusqu'à son retour, ce serait moins risqué.

" J’aimerai que tu m’y emmènes tu sais. Comme… avant. Ce serait bien, tu ne crois pas ? "

Le chasseur immobilise son mouvement, la bouche légèrement entrouverte, prête à gober ce morceau de viande dégoulinant de ketchup et de mayonnaise qui s'écoule sur le cabaret. Comme avant. Comme avant, où les expéditions étaient sans conséquences ? Comme avant, dans un monde qui existe pas, là où tout est rose et blanc ? ... quand personne nous forçais à passer du temps ensemble et qu'il y avait pas cette tension dégueulasse entre nous...

" Ta mère dit que c'est dangereux. Elle a raison. " qu'il finit par conclure sèchement en enfonçant le morceau dans sa bouche. " Vaut... mieux.... rester à la maison. " qu'il mastique entre deux croquées. Fin d'la discussion. Ça m'emmerde, ça t'emmerde... mais c'est comme ça. Si tu crèves la seule fois où ta mère me fait confiance et que j'suis responsable de toi, j'ose même pas imaginer les conséqences...

Jake passe une serviette de papier au travers de sa gueule puis se redresse sur son assise pour avaler les dernières gorgée de coke. Le brouhaha devient de plus en plus pesant tout comme la colère d'Eva se décuple pour lui couper son maigre appétit. Elle finit par se plaindre de ce trop plein d'attention, des regards et des murmures qui leur sont adressés, à elle, mais surtout à lui qui affiche sans gêne de son statut de chasseur.

" Les gens nous regardent et je ne me sens pas à l’aise p’pa. On commandera à emporter la prochaine fois…
- Hm. "

Jake se lève, sans plus de cérémonie. Il laisse le cabaret sur un des chariots après avoir jetés les détritus, sans accorder d'intérêt à ses regards qui mettent sa fille si mal à l'aise. Ils te regardent avec mépris, parce qu'ils te prennent pour un des leurs jusqu'à ce que les goules viennent bouffer les squelettes dans leur placard et que soudainement tu deviennes leur héros. Un jour, t'apprendras à te foutre de ce que les merdeux peuvent penser du moment qu'ils te remplissent les poches. Le chasseur s'attarde un moment devant le comptoir libre service. Il agrippe une poignée de sachets de sel juste avant de prendre la direction de la sortie. Normal. C'est en s'affairant à fourrer les condiments dans sa poche qu'il détecte la présence d'un papier rose calé au fond. Qu'est-ce que c'est qu'ça... Il tourne et retourne la note entre ses doigts pour la déplier, des mots sont tracés à l'encre violette. Une écriture féminine, jeune, aux grosses lettres arrondies. Une écriture nerveuse, tracée à la hâte. Un mot glissé dans sa poche à son insu. Un appel à l'aide, une adresse avec une heure de rendez-vous. Jake jette un coup d’œil au soleil qui se couche à l'horizon, les sourcils froncés. Puis il observe Eva, les bras croisés qui attend que le moment où elle pourra se fourrer dans ses draps... ou le moment de sa mort, c'est selon. Jake finit par soupirer... il sait qu'il le regrettera... mais c'est rien comparé à cette déception qui voile le regard de la jeune donzelle. Un mélange de mépris, de hargne et tristesse.

" ... finalement... j'crois qu'on a un truc de prévu ce soir... "

...

20h45. Le chasseur tourne le coin de rue, accompagné d'Eva qui n'a eu droit a aucun détail concernant ses intentions. Il faut dire que des détails, il en avait pas tellement. Il foule le trottoir, le regard perché sur les adresses qui défilent, dans ce quartier résidentiel huppé où les maisons sont assez éloignées les unes des autres. Mais il ne pouvait pas garer sa moto près de son lieu de rendez-vous. Le tueur de monstres finit par plisser les yeux lorsqu'un écho sourd lui parvient, écorchant ses tympans affinés d'un boum-boum qui manque cruellement de créativité. Les jeunes appellent ça de la musique. Il approche du terrain, enjambe la clôture qui le borde puis suit la haie pour atteindre la cour arrière. C'est toute une baraque qui se trouve devant eux, des gens de la haute. Eva peut facilement reconnaître la résidence de sa bonne amie Cindy Ellington. Il semblerait d'ailleurs que la donzelle organise une petite fête chez elle pendant que ses parents sont en voyage d'affaires. Un détail que le chasseur était loin d'avoir prévu. Ça ne l'empêche pas d'aller s'immobiliser derrière le garage, de jeter un coup d’œil à sa montre avant d'expirer un soupire agacé. Il prend appui sur le mur, le pied replié contre la brique, les bras croisés.

" On attend... "

Voilà ce qu'on fait. Pour le moment.

Les minutes passent et puis un rire se détache de la foule. Un rire cristallin, hautain. Une voix qui prétexte aller chercher plus d'alcool. La lumière du garage s'allume et puis la porte de derrière s'ouvre, pour laisser apparaître la silhouette de Cindy moulée dans une robe beaucoup trop courte au décolleté proéminent. Elle ne semble pas surprise de voir un intrus chez elle, cela dit, les traits de son visage se muent dans un dédain difficile à dissimuler. Elle pose une main sur sa poitrine, faisant mine de sursauter. Ses yeux voguent de Jake à Eva. Quelle mauvaise comédienne.

" Qu'est-ce que vous faites chez moi !? C'est une propriété privée, dégagez avant qu...
- Je suis venu pour le contrat. Eva chasse avec moi. Donc à moins que tu connaisses un autre chasseur pour régler ton problème, parles... ou on s'en va. "

Elle ouvre la bouche, insultée, puis fronce les sourcils, ne sachant pas trop quoi répondre à ça. Oui, elle voulait le chasseur, mais certainement pas qu'Eva soit au courant de... de toute sa p'tite histoire. Elle finit par croiser les bras sous sa poitrine, la remontant un peu du même mouvement avant de soupirer. La blonde ramène une mèche de ses cheveux derrière son oreille, les gestes nerveux.

" C'est bon, ça va ! Mais pas un mot... je tiens pas à c'que toute l'école soit au courant...
- ...pour ça, faudrait commencer par éviter de donner rendez-vous à un chasseur en invitant une vingtaine de témoins.
- Justement. Cette fête me servira d'alibi... c'est pour ça... que vous devez l'faire ce soir...
- Et si tu commençais par raconter tes emmerdes. "

Elle prend une lourde inspiration puis se rapprocher, baissant la voix pour ne pas être entendue.

" Y'a deux semaines. J'étais dans un bar avec les filles quand des mecs se sont mis à nous offrir à boire. Au début ils étaient sympa, on a dansé... ça devenait...enfin, vous voyez... et puis on a réalisé que c'était des... des vampires. Kloe trouvait ça marrant de trainer avec eux, mais ils se sont mis à faire des trucs bizarres... et franchement, j'ai eu peur. J'voulais partir, mais les autres sont restées... alors j'suis sortie... quand j'ai voulu appeler un taxi... " elle prend un moment pour respirer et se calmer, sentant les larmes lui monter aux yeux "...c'est là qu'il m'a... qu'il m'a pris par derrière. J'ai essayé d'le repousser mais il m'a dévisagé... tellement que j'arrivais plus à parler ! J'voulais crier, mais rien sortait de ma bouche. Ça l'a amusé... et puis il m'a mordu. J'savais plus quoi faire, ça faisait tellement mal... et j'pouvais rien faire... et puis des gars saouls sont sortis, ils ont crié un truc du genre heyy les amoureux... et puis il a détalé. J'arrête pas d'me dire que si ces gars avaient pas été là je... qu'est-ce que j'aurais du faire ? hein ?...  
- Rien. Les jeunes vampires contrôlent mal leurs pouvoirs et se croient au dessus de tout... vaut mieux les tuer plutôt que de les laisser s'transformer... tu serais probablement en train de t'faire bouffer par les vers à l'heure qu'il est. Ou tu lui servirais de calice... "

Elle grimace de dégoût en hochant la tête. Ses doigts essuient une larme au coin de ses yeux puis elle se redresse, cherchant le peu de dignité qu'il lui reste.

" Depuis... j'ai... j'ai toujours cette impression d'être suivie. Je suis sure qu'il est là, quelque part et qu'il attend. Je veux me débarrasser d'lui... avant qu'il se débarrasse de moi.
- Tu pourrais m'le décrire. Lui... ou ses potes.
- ...mieux que ça. "

Un sourire victorieux brise mesquinement l'amertume qui régnait sur son visage, elle sort son iphone de sous sa robe, à croire qu'elle le cachait dans son... L'appareil glisse entre les doigts de Jake qui plisse un oeil. Plusieurs photos ont été prises, de jolies donzelles qui savent se mettre en valeur, surement ivres. Jolie vue. Bien trop jeunes pour sortir dans les bars. Voilà les vampires. Trois. Figés dans la jeune vingtaine qui transpirent l'égocentrisme. Jeunes en apparence comme en attitude. Des vampires imprévisibles et dangereux avides d'assouvir leurs moindres caprices, de goûter à tous les vices en découvrant toutes ses sensations décuplées par leur nouvelle nature d'immortels.

" Et les autres... elles sont toutes rentrées chez elles... "
- On m'a dit qu'ils sont avant elles, qu'il s'est rien passé... mais j'y crois pas vraiment. On évite d'en parler. J'sais rien.
- Une idée d'où ils pourraient être...
- Parait qu'ils trainent au purgatoire tous les vendredis... "

Jake tend le portable à Eva, qu'elle puisse identifier l'ennemi elle aussi. Qui sait à quel point elle lui sera utile sur cette mission. Le chasseur hoche la tête, d'un air entendu. Cindy avait décidément pensé à tout quand elle a glissé cette note dans sa poche...

"  3000$. Et on s'occupe du reste. "




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MessageSujet: Re: Moon's Girl Mar 31 Jan - 23:20



MOON'S GIRL
I just want you to look at me

Je fais des efforts. Plein d’efforts. Je lui parle, lui demande ce qu’on va faire ce week-end. Je vais même jusqu’à quémander d’aller chasser avec lui. Je me moque qu’on chasse une arachnide ou une biche moi tout ce que je voulais, c’était passer du temps avec lui. Comme avant. Quand tu me racontais tout ce qu’il y avait à savoir dans une forêt. Quand tu me montrais les traces à suivre, que tu m’expliquais la faune et la flore, quand tu m’apprenais à me repérer. Ouais. Comme avant. Un avant qui ne semble plus exister dans ce monde-là. Je me renfrogne. Me sens blessée. Et tous ces gens qui nous regardent, qui l’envient ou qui se demandent s’ils ne doivent pas appeler la police parce qu’un fou furieux dévore de façon dégueulasse son sandwich avec une fille beaucoup trop jeune. J’ai déjà du mal à trouver ma place et toi, tu rends ça encore plus difficile... Je n’ai plus envie de manger, je veux juste partir, aller me mettre en boule dans mon lit et ne plus sortir du week-end, voir, ne plus le voir Lui. Quand maman rentrera je lui dirai que je ne veux plus jamais qu’il me garde. Qu’il est nul. Que ça peut pas être mon père. Que je le déteste.

J’essaye de me souvenir du moment où nous deux ça a commencé à être différent. Du moment où tout mon monde a basculé. J’ai l’impression qu’on a jamais été aussi éloigné. J’ai l’impression que tu ne m’aimes plus vraiment et tu sais, c’est difficile pour moi de me sentir rejeté par toi. Tu étais mon tout, mon monde, mon repère. Maman t’a raconté le nombre de fois où j’ai pleuré ? Est-ce qu’elle t’a expliqué mes crises de larmes, mes crises tout court où je t’appelais ? Elle t’a dit que je t’appelais dans mon sommeil et que ça la rongeait elle ? Alors pourquoi tu ne fais pas d’efforts, toi ? Pourquoi tu n’essayes pas de venir vers moi ? Pourquoi il faut que ce soit maman qui nous force à nous voir ? J’aimerai te comprendre, savoir ce qui cloche avec moi. Je te jure que je veux faire tous les efforts du monde pour te plaire, pour que tu me regardes les yeux brillants et fiers. Mais plus ça va… plus j’ai l’impression que ce moment n’arrivera jamais…

Il ne dit rien et se contente de reposer son sandwich dans le plateau. Il se lève alors que je le regarde faire sans trop savoir ce que je dois comprendre. Il balance le tout dans les poubelles à disposition et je l’imite, marchant sur ses talons. De toute façon, ce n’est pas comme si j’avais encore faim… Un mélange de sentiments me compresse la poitrine. J’ai tellement envie d’être ailleurs. Partout ailleurs qu’ici, avec lui. Tu ne le sens pas ? Tu vois pas que tu me fais de la peine ? Je ne suis pas comme toi. J’ai tous ces sentiments qui s’entrechoquent et c’est pire qu’un cocktail Molotov. Alors que l’on rejoint l’extérieur, je vois la porte briller juste à côté de la moto. Mon monde m’appelle et toi, tu n’es pas capable de le voir. Au fur et à mesure que je marche, elle scintille plus fort. Il m’observe et j’hésite à cet instant précis à le laisser là, à me réfugier dans un monde plus joli, plus coloré. Un monde où personne ne me rejettera. Encore moins ma propre famille. Un monde où tu ne viendras pas me chercher parce qu’il te rejettera comme toi tu le fais avec moi. Et alors peut-être que tu comprendras ce que ça fait. Ou peut-être que tu t’en ficheras. Mais moi j’irai bien dans mes illusions. Je vais pour poser la main sur la poignée de cette porte onirique lorsqu’il échappe quelques mots. Je plante à nouveau mon regard dans le sien, plissant les yeux comme pour comprendre ce qu’il cache derrière ses mots. Mais rien. Il ne m’en dit pas plus alors que le casque rejoint ma tête. La porte s’efface en même temps qu’un espoir naît.

On se retrouve dans un quartier où les belles maisons s’entassent. Les trottoirs sont si propres qu’on se demande si on ne pourrait pas manger dessus. Le silence règne. Il ne me dit rien, ne m’offre aucune information alors je me contente de le suivre dans ce silence quasi religieux qui nous entoure. Tu vas pas me dire que t’as prévu de me déposer chez une amie à toi en espérant que je m’entende bien avec sa fille pendant que tu batifoleras dans la pièce à côté, rassure-moi ? J’enjambe la clôture en manquant de trébucher et de m’étaler de tout mon long. Fort heureusement, papa ne semble avoir rien remarqué. Sans doute que ça l’aurait dissuadé de m’emmener. Parait que j’ai pris ça de maman. Ce n’est pas vraiment de ma faute.
Je cours un peu pour le rattraper ayant pris du retard en m’accrochant bêtement le t-shirt. Je me fige en reconnaissant la maison de cette peste de Cindy.

« Qu’est-ce qu’on fait là ?
-On attend… »

Ce n’est pas tellement la réponse que je cherchais. Non moi ce que je voulais savoir c’était pourquoi on se trouvait devant la maison d’une des pires conne de mon lycée. Tu sais que c’est le genre de fille qui écrabouille les autres parce qu’elle a de l’argent, qu’elle est populaire, blonde et belle ? Tu sais comme cette connasse elle essaye de pourrir la vie de la moitié des étudiants de mon lycée ? Merde ! Je déteste viscéralement cette fille. Et de l’avoir vu se dandiner devant mon père plus tôt ça ne me donne qu’une seule envie, lui cogner son nez refait. Je ronge mon frein, évite soigneusement de tout foutre en l’air et de péter une durite là tout de suite alors que ma porte réapparait comme un signe que partir reste une très bonne idée. Je fais mine de l’ignorer, cette porte, je veux savoir en quoi venir dans la propriété des Ellington peut être intéressant. Je suis presque en train de me demander si c’était pas mieux que tu m’emmènes me faire une copine. C’est pour dire l’envie que j’ai d’être ici.
Bientôt quelqu’un s’approche. Je reconnais son rire de pimbêche, faut dire qu’elle prend toujours le même pour se donner des airs ce qui la rend encore plus ridicule. Elle nous regarde, accroche surtout mon regard à moi tandis que je la mate les bras croisés, dans sa petite robe rose si moulante qu’on dirait qu’elle va exploser la capote dès qu’elle va se pencher. J’ai dit que je ne l’aimais pas… Mon père lui boucle le clapet ce qui fait naître un petit sourire au coin de mes lèvres.
Ah bah on fait moins la maline hein maintenant, connasse. JE chasse avec MON père. Tu saisis l’information. MON père. Ça n’inclus aucunement ta jolie face.

Cindy accepte finalement de parler tout en spécifiant qu’elle n’a pas envie que toute l’école sache ce qui s’est passée. Pourtant, ça te ferait les pieds. Toi qui aime colporter des choses que tu inventes. Moi je pourrais faire la même chose, te regarder chuter de ton piédestal. J’imagine déjà le titre du journal des étudiants : Mise à mort de la reine des abeilles – Toutes les victimes sortent du silence – Edition spéciale de plus d’une trentaine de pages. Avoue que ça envoie des paillettes.
Alors elle raconte, Cindy, sa langue se délie tandis que mes mirettes la jaugent et la jugent. Le pire dans tout ça ? C’est que j’arrive à compatir à l’histoire qu’elle nous conte. J’aurai préféré que tu restes une éternelle garce à détester, c’était bien plus facile. Ses mots s’étranglent, pris par l’émotion qui la submerge. Je décroise les bras, je ne la juge plus aussi durement, je me contente d’écouter à la place. C’est là que je me dis que finalement, avoir une mère qui me surprotège c’est peut-être pas plus mal. Je ne sors pas boire un verre dans des bars bizarres, je ne rencontre pas des gens allumés et surtout je n’essaye pas de me faire sauter derrière un fourré. Ma virginité m’en remercie. Il ne faut pas s’étonner des mauvaises rencontres lorsque l’on traine trop tard, avec des gens plus âgés, qui eux se moquent bien de ce qui peut vous arriver. J’imagine qu’il est trop tard pour lui faire la morale bien que je me dis que dès que cette affaire sera réglée, ça ne l’empêchera pas de recommencer jusqu’à ce qu’elle finisse un soir, par ne plus rentrer. Parce que ce sera trop tard cette fois. Le téléphone dernier cri de Cindy rejoint mes mains, je regarde les photos, décident de mes les envoyer par MMS. Je m’assure de bien les recevoir avant d’effacer le message. Je ne suis pas folle au point de te faire confiance et de te laisser mon numéro de téléphone à porter de doigts. Un coup à ce que je me retrouve avec des dizaines d’appels réclamant une pipe ou une baise rapide. Tu vois comme je te connais un peu… ta réputation n’est plus à faire depuis longtemps.

Ses yeux s’arrondissent comme deux soucoupes lorsque mon père annonce le tarif pour qu’on s’occupe de son petit problème. Elle triture ses doigts, tire un peu sur sa robe. Et quoi, tu pensais qu’il allait le faire gratuitement pour la prunelle de tes jolis yeux ? Me dit pas que t’avais l’intention de coucher avec mon père parce que ce serait vraiment, vraiment dégoutant ! Mais il faut croire que si puisqu’elle n’a rien sur elle.

« Vous acceptez les chèques ?
-Non. » répondis-je sèchement à la place de mon père.

« Ok.. ok.. Attendez-moi là, je reviens dans cinq minutes. »

C’est ça ouais.
Elle reprend le chemin en sens inverse et je regarde mon père avec un petit air victorieux dessiné sur mes traits fins d’adolescente.

« Je croyais que maman avait dit que c’était dangereux ? »

Je le nargue un peu avant de lui sourire plus franchement. Excitée à l’idée de pouvoir enfin faire une activité qui forcément allait nous mettre d’accord sur le mode opératoire.



On arrive devant le purgatoire. S’il y a l’excitation de la chasse, il y a aussi celle de la découverte. Je n’ai jamais mis un pied dans cette boite contrairement à bon nombre de mes amis. Il n’est pas très tard, l’heure pour les habitués d’être déjà installé devant le bar. Les meilleures tables sont déjà prises, celles un peu à l’écart du brouhaha donnant tout de même un point de vue très sympa. J’analyse les gens et le personnel mais il n’y a pas de doutes. Ca n’a rien à voir avec les repérages en forêt. Du coup je ne suis pas très efficace et je me contente de me laisser trainer au bar, en plein centre par mon père. La vue est dégagée jusque loin, j’imagine que ce positionnement est stratégique – ou pas, peu importe. Je commande sagement un jus de fruit tandis qu’il réclame un whisky. Ou quelque chose comme ça. La musique électro ce n’est pas ma tasse de thé, ça boum boum trop fort et ça fait des sons trop aigus mais je ne vais pas m’en plaindre non plus. Cette soirée est inespérée tant je pensais me coucher juste après avoir mangé pour ne pas avoir à ruminer toute la soirée. Il s’éclipse pour faire je ne sais quoi alors je reste bien sagement à ma place. Je joue avec ma paille faisant tourbillonner le jus de fruit comme si c’était la plus belle découverte de ma vie. N’exagérons rien quand même.
Je finis par sortir mon téléphone pour envoyer des messages à Adam.

-Tu devineras jms où jsuis !?
-Enfermée au sous sol dans la cave et il a oublié de te confisquer ton tel ?
-LOL t’es con ! NON, jsuis au purgatoire c trop cool !
-OK tu fais quoi la bas ? jpeux te rejoindre ?
-Non pas possible jsuis ac mon père.
-T sûr que jdois pas venir ?
-Tkt je te SMS tout à l’heure pour te dire que je vais bien et que je suis vivante.
-Pense à moi <3
-Promis <3


Quelqu’un vient s’asseoir à côté de moi et je pense qu’il s’agit de mon paternel. Je tourne ma tête pour le gratifier d’un sourire resplendissant. Sourire qui se fane instantanément. Sa tête me dit vaguement quelque chose et sur le moment je bug ne m’attendant pas à voir quelqu’un d’autre.

« Salut moi c’est Jérem’ qu’est-ce qu’une mignonne comme toi fait toute seule ici ? Tu veux pas venir danser ?
-Non, non merci ça va aller. Je vais attendre ici. »

Il me regarde fixement, ses pupilles se dilatent. Non mais t’es sérieux à vouloir m’hypnotiser ? Tu sais pas sur qui tu es tombé toi. En bonne fille de chasseur je bois de la verveine tous les jours. Raté.

« Lève-toi et viens avec moi, on va aller discuter dehors. Ce sera cool. Tu peux me faire confiance. »

Sa main enlace ma taille pour me rapprocher de lui. J’hésite. Faire semblant et le suivre en sachant que je vais faire paniquer mon père et probablement me mettre dans des emmerdes jusqu’au cou. Ou refuser, ne pas jouer le jeu et risquer peut-être de me faire agresser alors que mon père n’est pas là. Ou encore, crier et me faire tuer en une fraction de secondes. Hm.

« D’accord. » dis-je dans un faux sourire.

Tu vas avoir des problèmes Eva…
Il enlace mes doigts pour me trainer à sa suite, je cherche vaguement des yeux mon père en regardant derrière moi mais n’arrive pas à le trouver bien que l’endroit ne soit pas encore bondé. A l’extérieur une voiture et deux autres gars fument à côté. Jérem’ se pavane à côté de moi.

« T’as vu comme elle est belle ? Ca te branche de faire un tour. Oh et t’inquiètes, eux c’est mes potes ils sont cool dites bonsoir à… - il me regarde –
-Cindy.
-Cindy ? Okay c’est cool dites salut à Cindy !
-Salut ! – qu’ils disent en chœur –
-Allez grimpe bébé, souviens toi, fais moi confiance ce sera chouette j’te promets. »

J’inspire profondément, essaye de ne pas perdre la face. Tu vas vraiment avoir de gros problèmes Eva… répète cette petite voix à l’intérieur de ma tête.
Je ferme les yeux avant de m’installer à côté de lui dans sa camaro bleu électrique. Le moteur vrombit.

Papa, t’es où ?...





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★ You were comforting and quiet. How did love become so violent? Teddy bear, you were my teddy bear, everything was so sweet until you tried to kill me. ★
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